Traversée de la Mangrove (1989)- Maryse Condé

GUADELOUPE

C’est une veillée funéraire, sans famille éplorée ni pleureuses. Pendant que les femmes prient, les hommes boivent du rhum. Au cours de la nuit les voisins, habitants de Rivière au sel racontent :

« Qu’est-ce que les gens racontent sur Francis Sancher ? Il m’a regardée et ses yeux me brûlaient : — Il
t’intéresse ? — Est-ce qu’il n’intéresse pas tout le monde ici ? — Les gens disent que c’est un Cubain. Quand Fidel a ouvert les portes du pays, il est parti. »

Francis Sancher est vient de Cuba, a parcouru l’Afrique. Il  a débarqué à la propriété Alexis, lieu abandonné, peut-être hanté, il ne cherche pas à se lier avec ses voisins, exerce une certaine fascination surtout sur les femmes.

Roman choral.  Chacun livre sa version de l’histoire de Francis Sancher, et en même temps, se raconte. Diverses personnalités composent cette société métissée. Aussi bien, le propriétaire de la pépinière qui a l’ambition d’exporter ses fleurs jusqu’à la cour de la Reine d’Angleterre, Sylvestre le « zindien », Léocadie l’institutrice, Désinor le travailleur haïtien exploité qui rêvait de New York, Cyrille le conteur, Sonny le demeuré, Xantippe l’homme des bois, le sauvage, aussi bien que les intellectuels Emile Etienne l’historien, Lucien, le révolutionnaire….Les femmes souvent mariées très jeunes, femmes délaissées ou mères déçues, secrètement (ou pas) amoureuses de Francis Sancher. On devine de lourds secrets de famille. l’histoire et la politique affleurent dans les récits.

« Car dans la Guadeloupe d’aujourd’hui, ce qui comptait, ce n’était plus la couleur de la peau, enfin plus seulement, ni l’instruction. C’étaient nos pères qui s’échinaient pour pouvoir coller sur leurs cloisons des
diplômes de papier sur lesquels chiaient les mouches. À présent, les bacheliers, brodeurs de français-français,
assis sur le pas de leurs portes, attendaient leurs chèques de l’A.N.P.E. Non, ce qui comptait, c’était l’argent et elle, Vilma, en aurait à revendre. »

Il en résulte un livre passionnant, riche, qui soulève différents thèmes : le racisme toujours présent même si les sangs sont mêlés et les couleurs de peau nuancées, la lutte des classes, déclassement de l’ancien béké qui s’est allié à une femme noire, zindiens parvenus, allers et retours en métropole, en Afrique,  négritude ou créolisation?

Et décor naturel luxuriant aux flancs du volcan, cultures de canne ou de bananes….

« À quoi ressemblait son île avant que l’avidité et le goût du lucre des colons ne la mettent à l’encan ? Au
Paradis que décrivait son livre de catéchisme. »

[…]
Hélas, à présent la forêt était une cathédrale saccagée. Il fallait se contenter de piètres prises…

[…]

A mille mètres d’altitude, la forêt de Guadeloupe se rabougrit. Disparus, les châtaigniers grande feuille, les
acomats boucan, les cachimans montagne, les bois rouge carapate. C’est le royaume des côtelettes aux feuilles gaufrées d’un vert noirâtre qui ne s’élèvent guère au-dessus de deux mètres du sol. La terre se couvre de broméliacées aux fleurs violettes et sans parfum, d’orchidées blanches striées de veinules couleur robe d’évêque.

Un véritable coup de cœur pour le style inimitable de l’écrivaine!

pirogue dans la mangrove

« On ne traverse pas la mangrove. On s’empale sur les racines des palétuviers. On s’enterre et on étouffe dans la boue saumâtre. »

 

Moi, Tituba Sorcière… Noire de Salem- Maryse Condé

GUADELOUPE

Maryse Condé est une écrivaine, journaliste, universitaire guadeloupéenne. J’ai donc lu ce livre en prévision de notre prochain voyage : Guadeloupe! 

« Qu’est-ce qu’une sorcière ? Je m’apercevais que dans sa bouche, le mot était entaché d’opprobre. Comment
cela ? Comment ? La faculté de communiquer avec les invisibles, de garder un lien constant avec les disparus,
de soigner, de guérir n’est-elle pas une grâce supérieure de nature à inspirer respect, admiration et gratitude ? En conséquence, la sorcière, si on veut nommer ainsi celle qui possède cette grâce, ne devrait-elle pas être choyée et révérée au lieu d’être crainte »

Mais Moi Tituba… se déroule à la Barbade , île colonisée par les Britanniques aux Antilles, île à sucre où sévit l’esclavage. Tituba est  vendue à un pasteur  qui l’emmène à Salem au moment du célèbre procès des sorcières de Salem , sujet de la  pièce d‘Arthur Miller  (1692).

Faith Ringgold : slave rape

Comme Solitude, Tituba est née d’un viol sur le bateau qui faisait voile vers les Antilles. Sa mère Abena, achetée pour distraire la maîtresse blanche est rejetée à cause de sa grossesse, mariée puis pendue quand elle s’est défendue avec un coutelas en se défendant de son maître qui voulait la violer. Tituba est chassée de la plantation et recueillie par Man Yaya détentrice d’un savoir ancestral, guérisseuse et sorcière. 

« Man Yaya m’apprit les plantes. Celles qui donnent le sommeil, celles qui guérissent plaies et ulcères[…]

Man Yaya m’apprit à écouter le vent quand il se lève et mesure ses forces au dessus des cases qu’il se prépare à broyer. 

Man Yaya m’apprit la mer. les montagnes et les mornes.

Elle m’apprit que tout vit, tout a une âme, un souffle. Que tout doit être respecté. que l’homme n’est pas un maître parcourant à cheval son royaume »

Quand Man Yaya meurt, Tituba n’est pas esclave. Elle vit dans sa case, cultive son jardin, cherche les plantes avec lesquelles elles soulage les douleurs de ses voisins. Elle sait aussi converser avec les disparus, sa mère, Man Yaya. Elle serait peut être restée libre et  heureuse sur ses terres si elle n’était pas tombée amoureuse de John Indien, l’avait rejoint dans la belle demeure de Carlisle Bay puis s’était retrouvée vendue au Révérend Parris.

Bien  triste personnage ce pasteur qui fait vivre tout son entourage dans la crainte de Satan. Aussi  terrible que le pasteur luthérien des Graciées qui mena en 1613   une chasse aux sorcières en Laponie. Même composante raciste, les femmes samis étant soupçonnées, comme les noires à Salem. Et Tituba ne sera même pas nommée dans le procès de Salem, ni graciée en 1693 avec les autres accusées blanches. 

« Je sentais que dans ces procès des sorcières de Salem qui feraient couler tant d’encre, qui exciteraient la curiosité
et la pitié des générations futures et apparaîtraient à tous comme le témoignage le plus authentique d’une époque crédule et barbare, mon nom ne figurerait que comme celui d’une comparse sans intérêt. On mentionnerait çà et là « une esclave originaire des Antilles et pratiquant vraisemblablement le “hodoo” ». On ne se soucierait ni de mon âge ni de ma personnalité. On m’ignorerait. »

Pour payer les frais de son séjour en prison, Tituba est à nouveau vendue, à un marchand juif qui fera aussi l’objet de persécutions. Finalement elle pourra retrouver la Barbade et sa case. Et l’histoire ne se termine pas là….

 

 

La Recherche de l’Absolu – Balzac

LECTURE COMMUNE BALZAC

Un roman, 383 pages.

« L’archéologie est à la nature sociale ce que l’anatomie comparée est à la nature organisée. Une mosaïque révèle toute une société, comme un squelette d’ichthyosaure sous-entend toute une création. De part et d’autre, tout se déduit, tout s’enchaîne. La cause fait deviner un effet, comme chaque effet permet de remonter à une cause. »

Balzac nous entraîne à Douai dans la demeure cossue où 5 générations de marchands flamands ont accumulé des trésors : tableaux de maîtres, panneaux de bois sculpté, meubles anciens, argenterie jusqu’à une collection de tulipes précieuses. La Maison-Claës est un élément central du roman et Balzac se fait un plaisir de la décrire minutieusement.

Il nous rappelle que les Flandres, Pays Bas et Belgique, furent autrefois espagnoles et la famille Claës a aussi des titres de noblesse espagnole. 

Balthazar Claës a tout pour être comblé : riche, beau, instruit (il a étudié la chimie chez Lavoisier , rencontré Helvétius). Il épouse Josephine de Temninck, en 1795, riche héritière de noblesse espagnole très pieuse,  mais un peu contrefaite, 

« Peut-être faudrait-il graver dans l’Évangile des femmes cette sentence : Bienheureuses les imparfaites, à elles appartient le royaume de l’amour. »

C’est un  mariage heureux, mariage d’amour qui a donné de beaux enfants..

Rien ne présage de la suite de l’histoire qui déraille en 1809 quand un soldat polonais est logé chez Claës pour un très court séjour. Quel secret a-t-il transmis à Balthazar? Il s’éloigne de sa femme et de ses enfants, néglige la vie sociale et s’enferme à la « Recherche de l’Absolu ». Cette expression qui donne son titre à ce volume n’est évoqué que p.62, au tiers du livre et j’ai hésité à le dévoiler dans ce billet pour ne pas divulgâcher le plaisir de la découverte. Un seul indice seulement :  il s’agit de chimie (Balthazar a été l’élève de Lavoisier).

Jan Davidsz de Heem : la desserte Intérieru bourgeois flamant

Balzac a déjà emmené le lecteur dans les ateliers d’artistes, les théâtres, l’étude de notaire. Dans la Recherche de l’absolu,  il l’entraine dans le champ de la Science. Chimie ou alchimie? Quelle est la chimère qui va dévorer toute la fortune des Claës? En rédigeant ce billet j’ai eu la surprise d’apprendre qu’un procès avait été intenté  en 1831 par le banquier Arson au mathématicien polonais Wronski, l’accusant de l’avoir escroqué en lui vendant le secret de l’Absolu.  

Les admirables portraits des personnages féminins : Josepha, la mère et Marguerite, la fille contrastent avec les caricatures de vieilles filles ou les femmes de salon intrigantes que j’ai rencontré dans nombreuses œuvres de l’auteur. Au moins un roman où les femmes sont à l’honneur!

Encore une fois, Balzac a réussi à me surprendre là où je ne l’attendais pas!

Avis très mitigé de claudialucia ICI 

Pluie et Vent sur Télumée Miracle – Simone Schwarz-Bart – Le Seuil

LIRE POUR LA GUADELOUPE

Dépaysement total!

« Tout contents qu’ils fussent de la nouvelle, les nègres étaient encore dans l’expectative, hésitaient à se réjouir
vraiment, attendaient d’avoir le cabri et sa corde en main pour s’éviter la peine d’avoir affûté en vain leur
poignard. Et comme ils épiaient voici ce qu’ils virent : Toussine coupait les herbes folles
[…]
les nègres attendaient encore pour se réjouir, la regardaient faire, de loin… Ils songeaient à la Toussine
d’autrefois, celle en haillons, et puis la comparaient avec celle d’aujourd’hui qui n’était pas une femme, car
qu’est-ce qu’une femme ?… un néant, disaient-ils, tandis que Toussine était tout au contraire un morceau de monde, un pays tout entier, un panache de négresse, la barque, la voile et le vent, car elle ne s’était pas habituée au malheur. Alors le ventre de Toussine ballonna, éclata et l’enfant s’appela Victoire, et c’était ce que les nègres attendaient pour se réjouir. »

Télumée m’a emportée dans sa case de planches juchée sur 4 pierres, au bord de la forêt non loin des champs de cannes. plongée dans l’inconnu d’une végétation tropicale  d’orangers à colibris, canne congo, cochléarias, makanga, malaccas, mombins, mahoganys, courbarils....Il faudrait que j’emporte cette liste dans un jardin botanique pour vraiment voir à quoi ces végétaux ressemblent . Le décor est exotique avec des parfums, des odeurs inconnus, une cuisine dont j’ignore les saveurs.

Le style de Simone Schwarz-Bart est différent de tout ce que je connais, imagé, riche de mots inconnus. Je découvre une langue qui ne m’est pas familière avec des tournures étranges, que je comprends (mais pas tout) d’une grande richesse et qui me transporte ailleurs. Ne pas tout comprendre, deviner, me ravit, un peu comme ces films en VO que j’écoute avec attention mais où des phrases entières m’échappent. Je suis sous le charme.

« Man Cia chère, à quoi peut bien ressembler un esclave, et à quoi peut ressembler un maître ? – Si tu veux voir un esclave, dit-elle froidement, tu n’as qu’à descendre au marché de la Pointe et regarder les volailles ficelées dans les cages, avec leurs yeux d’épouvante. »

Je découvre un monde, une histoire, héritage de l’esclavage qui  poursuit les gens à travers les générations.

Des personnages hors du commun me séduisent!

Une très belle lecture!

Le Curé de Tours – Balzac

SCENES DE LA VIE DE PROVINCE / LES CELIBATAIRES

Avec Pierrette et La Rabouilleuse, Le Curé de Tours  forme la trilogie des Célibataires . Court roman qui se lit d’un seul trait.

« Être le pensionnaire de mademoiselle Gamard et devenir chanoine, furent les deux grandes affaires de sa vie ; et peut-être résument-elles exactement l’ambition d’un prêtre, qui, se considérant comme en voyage vers l’éternité, ne peut souhaiter en ce monde qu’un bon gîte, une bonne table, des vêtements propres, des souliers à agrafes d’argent, choses suffisantes pour les besoins de la bête, et un canonicat pour satisfaire l’amour-propre, ce sentiment indicible qui nous suivra, »

Il contient les ingrédients balzaciens. Le décor bien planté et décrit avec minutie : une maison dans le Cloitre , rue de la Psalette, à l’ombre de Saint Gratien. Une collection de caractères : deux ecclésiastiques, l’un débonnaire et naïf : l’Abbé Birotteau, l’autre ambitieux et retors, l’abbé Troubert, la vieille fille logeuse des deux prêtres, mademoiselle Gamard. A ces célibataires s’ajoutent les personnages gravitant dans les salons, avec intrigues, ragots et ambitions politiques. 

La tragédie de l’Abbé Birotteau s’annonce par des contrariétés minimes :

« quatre circonstances capitales de la porte fermée, des pantoufles oubliées, du manque de feu, du bougeoir porté chez lui, pouvaient seules lui révéler cette inimitié terrible « 

Des vétilles, dont l’accumulation trahit l’hostilité subite de sa logeuse. L’abbé Birotteau et loin de savoir qu’elles ne sont les prémisses du drame.

On s’ennuie parfois en province. Les soirées sont occupées par des parties de whist ou de boston en bonne société. Et c’est la première faute de l’abbé Birotteau que de s’être soustrait aux parties de Mademoiselle Gamard pour fréquenter le cercle de Madame Listomère. Et privant mademoiselle Ggamard de sa société il s’attire l’inimitié de la vieille fille – caractère redoutable que caricature Balzac

« restant fille, une créature du sexe féminin n’est plus qu’un non-sens : égoïste et froide, elle fait horreur. »

En effet, Balzac n’est pas tendre avec les femmes et sa misogynie est poussée à l’extrême dans le cas des « vieilles filles »

préjugé dans lequel il y a du vrai peut-être jette constamment partout, et en France encore plus qu’ailleurs, une grande défaveur sur la femme avec laquelle personne n’a voulu ni partager les biens ni supporter les maux de la vie. »

Jalousie et ambition politique sont le moteur de l’intrigue qui pousseront à sa perte le naïf abbé, sûr de son bon droit, qui ira se jeter dans un procès perdu d’avance…

Un roman écrit au vitriol, bien méchant et diablement mené!

 

La traversée de Bondoufle – Jean Rolin

AUTOUR DU GRAND PARIS

la gare de Juvisy

« Du moment où j’ai découvert la campagne à la périphérie d’Aulnay-sous-Bois, même sous l’aspect peu
engageant d’un champ de maïs desséché et d’un chemin sans issue, l’idée m’est venue de suivre tout autour de Paris sa limite, ou du moins la ligne incertaine, émiettée, soumise à de continuelles variations, de part et d’autre de laquelle la ville et la campagne, ou les succédanés de l’une et de l’autre, se confrontent. »

A la suite de la lecture du Pont de Bezons, j‘ai suivi avec beaucoup de plaisir le parcours à pied autour du Grand Paris à la recherche des confins entre la métropole urbanisée et la campagne. Rolin a bouclé ce tour complet  en commençant à Aulnay-Sous-Bois le 2 Août 2020 pour y revenir le 24 avril 2021, parachevant son périple par une seconde Traversée de Bondoufle

Rolin a noté avec une précision confinant à la maniaquerie parfois, toutes ses observations avec le noms des rues et routes. A l’occasion j’ai appris un mot odonymie. Sa démarche ne manque pas d’humour :

 » Que le chemin des Glaises soit justement boueux, c’est le genre de petites satisfactions que ménage de temps à autre une entreprise aussi vaine que la recherche de la limite entre ville et campagne. »

Cette entreprise coïncide avec la tentative d’occuper une ZAD à Gonesse :

« dimanche 7 février 2021, « par un froid glacial », comme la presse ne manquera pas de le souligner, quelques dizaines de militants ont établi à Gonesse une nouvelle ZAD, ou « zone à défendre », en plantant leurs tentes sur un terrain vague enclavé entre la D 317, la carcasse évidée d’un hôtel de bas de gamme en cours de démolition, la ferme de la Patte d’Oie et le chemin dit « de la Justice ». De l’autre côté de celui-ci s’étendent sur quelques centaines d’hectares des terres agricoles, au milieu desquelles doit être implantée une gare du Grand Paris Express dont les occupants de la ZAD ne doutent pas qu’elle entraînera l’urbanisation accélérée »

Le promeneur recherche l’emplacement de la ZAD sans être investi d’une mission militante, d’ailleurs, la ZAD a été évacuée par la police à sa seconde visite. Cependant l’établissement de ces « zones à défendre » marquent une tentative d’arrêter l’urbanisation galopante et la bétonisation de la campagne. Plus loin dans le livre, à Brou- Chelles,  il note un autre emplacement menacé par l’entreprise Placoplâtre .

Sans entrer dans le détail de son grand tour, il note toutes les installations caractéristique de la limite entre ville et campagne

« Parmi les commodités qui fleurissent sur la limite entre ville et campagne, à côté des établissements
d’enseignement et des équipements sportifs, des Ehpad et des centres équestres, des plateformes logistiques et
des terrains de golf, des lieux à l’abandon et des installations militaires à demi enterrées mais trahies par leurs longues oreilles, à côté des fortifications déclassées ou des campements roms, il faut compter aussi, comme je devais le vérifier à maintes reprises au cours de ce périple, avec les petits aérodromes voués principalement aux activités de loisir. »

Je remarque la permanence de ces installations aussi bien dans le Val d’Oise, qu’en Essonne ou en Seine-et-Marne. Récurrence aussi des décharges de gravats ou de déchets qui enlaidissent la campagne quand ce ne sont pas des labourages sciemment organisés pour empêcher des squatteurs de s’y installer.

J’ai parcouru quelques uns de ces itinéraires avec le Voyage Métropolitain je retrouve ici les souvenirs de balades moins aventureuses puisqu’elles étaient en groupe et guidées. J’ai beaucoup souri aux passages de Boissy-Saint-Léger dans la forêt Notre Dame que je sillonne par tous les temps. mais où est donc cette Ferme de Beaurose que je n’ai jamais remarquée?

De Bondoufle, je n’apprendrai pas grand-chose, pourquoi a-t-il choisi cette commune pour la consonnance un peu originale qui rimerait avec pantoufle? Il ne la traverse que p. 140 sans y trouver rien d’extraordinaire si ce n’est une « extraordinaire monotonie » Et pourtant, il y est retourné avant de terminer son livre

 

« C’est alors que commence la traversée de Bondoufle à proprement parler, menée de bout en bout le long de la
rue de Villeroy, que je tiens à tort ou à raison pour l’artère principale de cette ville. Je n’ai pas songé, pas plus lors de ma première visite que lors de la suivante, au mois de juin, à minuter la durée de cette traversée de Bondoufle par la rue de Villeroy, mais je ne pense pas qu’en marchant d’un pas normal elle m’ait pris beaucoup plus d’une demi-heure, y compris plus longue, que j’ai remarqué à quel point l’homogénéité de l’habitat pavillonnaire, récent pour la plupart,
l’abondance et la qualité de la verdure, mais aussi l’extraordinaire monotonie qu’exhalait cet environnement, à quel point tout cela m’évoquait les quartiers résidentiels d’une petite ville australienne, »

j’ai préféré Le Pont de Bezons qui est un coup de cœur mais je relirai volontiers La Traversée de Bondoufle comme un topoguide quand mes pas me mèneront dans ceux de Rolin. 

Avec le collectif du Lac de Créteil : balade de sciences participatives et citoyenne

TOURISTE DANS MA VILLE

L’hôtel de ville vu derrière la roselière

Comme chaque fin janvier le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade guidée au Lac. Convivialité occasion de rencontrer des spécialistes : ornithologistes, entomologistes, urbanistes, jardiniers-paysagistes selon les années.

le site de Seine Amont et les gros yeux de JR sur les digesteurs

Cette année c’est le SIAAP (service public de l’Assainissement des eaux) qui ouvre la séance. La station d’épuration de Valenton (site Seine-Amont) traite les eaux usées (et pluviales) . Deux filières : eaux traitées et déversées dans la Seine, et valorisation des boues (agricole et énergétique avec production de biogaz dans les digesteurs décorés par JR) . Le service environnement est soucieux des nuisances olfactives éventuelles et recrute sur Créteil des Jurés de nez volontaires capables d’alerter de mauvaises odeurs éventuelles. Le site du SIAAP es très étendu (71 ha dont 12 ha d’espaces verts où vit une faune sauvage variée : hérissons, lapins, renards….

A l’occasion, le délégué du SIAAP nous signale le fléau des lingettes qui gêne l’épuration des eaux avec le slogan « pas de lingettes dans les toilettes ». 

Ce dernier week-end de janvier est également le Week end de Comptage des oiseaux des jardins comptage des oiseaux très communs que chacun peut faire sur son balcon ou son jardin en une heure. Avec ce comptage participatif, un grand nombre de données collectées par le Muséum d’Histoire Naturelle, sera un indicateur des tendances de la biodiversité

Ces sorties organisées par le Collectif du Lac de Créteil sont des occasion de science participative. Au printemps 2022, avec I-naturalist , nous avions participé à l‘inventaire de la faune et de la flore. Participer à ce genre de programme est tout à fait enthousiasmant. Chacun à son niveau peut apporter sa brique à la construction de la banque de donnée. Maintenant la science sait utiliser ces observations en très grand nombre (big data).

Dans le même esprit, les entomologistes de l’OPIE (office pour les insectes et leur environnement)sont venus avec leurs brochures mais aussi avec leurs outils de travail : filet « trouble-eau », pinces, loupes pour pêcher les chironomes du lac.

Les chercheurs de LICHEN-GO! avec loupes, clés de détermination et grillages font un inventaire des lichens , indicateurs de la qualité de l’air. On peut ainsi apporter ses observations au projet PARTICITAE (observatoire de recherche et dispositif participatif de l’environnement urbain). Ils ont distribué le Protocole que chacun peut suivre pour participer au dispositif. 

La grippe aviaire étant signalée sur le Lac de Créteil, nous avons évité le débarcadère où se rassemblent les bernaches qui quémandent du pain des habitués du nourrissage. Occasion de répéter que le nourrissage avec du pain est tout à fait nocif pour les oiseaux sauvages : très pauvre en nutriment, ce n’est pas un bon aliment pour eux, la mie a tendance à gonfler dans leur appareil digestif et à causer des gênes aux anatidés. C’est très difficile de faire passer le message. De nombreuses personnes sont heureuses d’attirer autour d’eux les oiseaux. Pour d’autres, l’impression de faire une « bonne action » en ne jetant pas le pain, a des origines presque religieuses.

A l’arrière du NOVOTEL j’ai découvert la plantation d’une douzaine (peut être plus) de jeunes arbres. Les forêts urbaines sont à la mode! Nos édiles se vantent du nombre d’arbres plantés dans la commune et en font un argument de leur action environnementale. Encore faut-il respecter les grands arbres et ne pas les abattre quand ils sont « gênants » « malades » voire morts. Un jeune arbre ne remplace en rien un jeune. Un arbre c’est une communauté végétale et animale, de champignons, bactéries, insectes, oiseaux spécifiques. Si on remplace un arbre par une autre espèce on risque de perdre l’oiseau qui lui est inféodé : si on supprime un aulne, on perdra également le tarin des aulnes, si on coupe les phragmites on perdra le bruant des roseaux…. le saule ci-dessus a l’air en mauvais état mais on constate qu’il héberge de nombreux hôtes qui ne viendraient pas dans les « hôtels à insectes » (image attrayante en greenwashing). D’ailleurs l’arbre creux ne vit pas du bois du centre du tronc mais de l’aubier en périphérie et l’on voit bien que les rameaux sont tout à fait vivants.

A ce propos un intervenant de Saint Maur vient plaider pour le vieux chêne de Saint Maur , arbre remarquable, ayant posé pour des cartes postales, menacé par un promoteur qui a obtenu un permis de construire posthume signé d’un architecte décédé voici trois ans! pétitions et manifestations en ce moment à Saint Maur!

Surprise pour moi qui n’ai pas fréquenté le lac depuis un certain temps :  une nouvelle construction meuble la grande pelouse : un accrobranche géant qui va de platane en platane et qui a nécessité l’érection d’une grande cage en face de la piscine à vagues. Certains naturalistes soulignent que les dispositifs d’accrochages pourraient être vecteurs de maladie pour les platanes. Je n’ai pas d’idée.

 

Je remercie encore les organisateurs du Collectif du Lac de Créteil pour cette balade très intéressante!

 

Roi par effraction – François Garde

ROMAN HISTORIQUE

Pizzo : château aragonais

« Mourir à Pizzo ! Personne ne connaît Pizzo. Pizzo n’existe pas encore, et n’apparaîtra au monde que comme le lieu du martyre de Murat. »

Roi par effraction est un roman historique retraçant la vie de Joachim Murat

Pizzo que nous avons visité il y a quelques années en vacances en Calabre. Sans cette visite, je ne me serais peut-être pas intéressée à ce Maréchal d’Empire et à sa carrière militaire  bien que la fréquentation de Balzac a renouvelé mon intérêt pour l’épopée napoléonienne. 

selon Wikipedia :

« Le , le maréchal Joachim Murat, ancien roi de Naples, débarque à Pizzo avec ses partisans pour tenter de reconquérir son trône. Capturé par la foule et emprisonné au château de Pizzo, il est exécuté à la suite d’un procès joué d’avance le . »

Le roman de François Garde se déroule pendant ces 5 jours où Murat est prisonnier et revient sur sa vie, de son enfance, fils d’aubergiste dans le Quercy. Brillant cavalier, soldat intrépide de l’Empereur, il est remarqué par Caroline, la sœur de Napoléon qui en fera le Roi de Naples

« Roi par effraction » parce que Napoléon veut avoir le dernier mot et désavoue les initiatives qui feraient de lui un vrai roi et un champion de l’unité italienne.

« Il se prenait pour un véritable souverain ? Il reste le lieutenant de l’Empereur, voire le sous-lieutenant. Un simple délégué dépourvu de toute autonomie de décision. »

Et pourtant, il s’est attaché à l’Italie et s’est vraiment cru une mission en règnant à Naples. Après Waterloo, tandis que Napoléon prisonnier fait route vers Sainte Hélène, Murat croit encore en son destin à Naples. Réfugié en Corse,

« Lui qui a commandé les plus grandes charges de cavalerie de l’histoire et triomphé sur tous les champs de bataille d’Europe ne peut accepter l’idée d’être pourchassé comme un contrebandier dans la montagne corse, et au final capturé. Il ne se laissera pas enfermer dans un destin aussi médiocre.

[…]
toute hâte Murat fait imprimer des milliers d’exemplaires d’une proclamation célébrant son retour sur le trône et appelant tous les Italiens à se réunir sous sa paternelle autorité. »

Son destin s’arrêtera à Pizzo.

 

 

 

Le Détail du Monde – L’art perdu de la description de la nature -Romain Bertrand

HISTOIRE DES SCIENCES

En trois chapitres Romain Bertrand raconte l’entreprise de la Description de la nature de Bernardin de Saint Pierre et Buffon en passant par Goethe

« Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d’une « histoire naturelle » attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s’autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la « peinture de paysage » au rang d’un savoir crucial. »

Dans la première partie : La vie rêvée des coléoptères, l’auteur dresse un tableau de cet inventaire du monde par les naturalistes du XIXème siècle. Il présente Wallace (1823-1913) gallois qui a sillonné le pays pour arpenter les pâtures et labours pour le compte de l’Eglise d’Angleterre et qui, dans le sillage de Humboldt part en expédition sur l’Amazone,

Ivre de canopée, Wallace exulte : « Je ne me suis jamais autant amusé. » La remontée du Rio Negro lui offre
l’occasion d’une initiation à la vie de brousse. Il dort au beau milieu de la jungle, dans des huttes de fortune, à
même le sol de terre battue ; fouille à mains nues la boue …

Il part ensuite pour Singapour et Bornéo, rencontre Brooke, un aventurier, un peu bandit, qui s’offre un royaume à Sarawak.

« Wallace observe la déclinaison des espèces et de leurs attributs. Parvenant à la corréler aux états anciens des
terres émergées, il avance à pas de géant dans la compréhension des mécanismes de la « lutte pour l’existence » : séparées par accident géologique ou climatique de leur groupe-souche, des populations animales développent des caractères inédits »

Sous d’autres latitudes, observant d’autres espèces, il arrive à des conclusions analogues à celles de Darwin qui publie simultanément L’Origine des Espèces. Wallace se reconnaîtra darwinien avec fairplay.

Le XIXème siècle est celui des grandes collections qui ne se font pas sans un massacre systématique de la faune étudiée. Pour dessiner ses merveilleux oiseaux Audubon utilisera des techniques de thanatopracteur aussi sophistiquée que les égyptiens anciens dans leur momification. Des centaines d’oiseaux, de mammifères sont abattus pour la cause de la science sans état d’âme. Si

Alfred Russel Wallace, le grand et austère savant coauteur de la « théorie de l’évolution », donnant le biberon puis la becquée à un bébé orang-outan,

c’est parce qu’il a arraché le bébé à sa mère. Pour lui « il n’existe aucune contradiction entre la vie contemplée et la vie prise » et il est dit plus loin que la « somme des spécimens collectés par Wallace est tout bonnement collosssale pas mois de 125.660 pièces » .

Le chapitre 2 : Le bleu des choses commence au début du XXème siècle lors de l’Exposition universelle de Paris, plus précisément dans le Pavillon de Madagascar où se trouvent un diorama « une série de scènes d’après natures signées d’un certain Louis Tinayre ». Un des protagonistes de l’histoire sera le peintre Louis Tinayre – ancêtre des reporters de guerre qui a cheminé à Madagascar. Le « bleu » qui donne son nom au chapitre est celui du ciel, ou tout au moins la difficulté de rendre toutes les nuances de bleu.
Albert 1er de Monaco repère le peintre et l’associe à ses expéditions de 1904 à 1914 qui aboutiront à l’exploration des abysses.

La réputation de pionnier de la protection des milieux marins d’Albert Ier de Monaco ne sort d’évidence pas
indemne du récit détaillé des chasses auquel le prince s’est livré »

comme Wallace, dans le chapitre précédent, le prince est un « viandard »

Dans la palette des peintres se trouve le « Bleu Guimet » , encore un explorateur! L’auteur s’attarde sur la « Nomenclature des couleurs, devenue outil de référence de la description naturaliste » et nous fait rencontrer Syme et Werner.

A la croisée de l’art et de la science, Haeckel est un savant remarquable

« Toute la vie intérieure de Haeckel se trouve placée sous le double signe de Darwin et de Humboldt. […]
En 1866, c’est encore en hommage à Humboldt qu’il forge, dans sa Morphologie générale des organismes, le
terme d’« écologie » pour désigner « la science des relations d’un organisme avec son environnement ».

Il note la réciprocité de l’admiration de Darwin

« Darwin s’émeut de la qualité et de la beauté de l’oeuvre de Haeckel, et en conséquence, l’admet dans le cercle restreint de ses disciples »

« l’esthétique de Haeckel est, sous cet aspect, impeccablement darwinienne, qui donne à voir les marqueurs de surface de l’Evolution »

Peinture, dessin il manquait la poésie, déjà évoquée avec Goethe, au début du livre, maintenant Valéry et Ponge sont convoqués. Ponge puis DH Lawrence et toujours cette difficulté à rendre le bleu du ciel!

le chapitre 3 : Le sociologue et l’oiseau va introduire le Birdwatching , science ou passe-temps amateur particulièrement développé dans le Royaume Uni.

« Pour Nicholson, qui gravite dans l’orbe d’influence du célèbre zoologiste Julian Huxley, l’art de l’observation
des oiseaux, amusant passe-temps s’il en est, se doit de devenir une véritable science. Il n’est plus question de se
contenter d’identifier au jugé les espèces selon les seuls critères – pittoresques mais trompeurs – de leur ramage et de leur plumage, mais de décrire scrupuleusement leur habitat et leur comportement. »

Le héros de ces observations est Tom Harrison et son groupe de Birdwatchers qui vont opérer une véritable révolution en

« Prenant le contrepied de la théorie de Darwin – pour qui c’est toujours la nature qui opère, souveraine, la
sélection des espèces –, il y affirme qu’il existe un processus concurrent de « sélection de l’environnement par l’animal ».

« La connaissance fine des milieux modifie la perception même des paysages. Ceux-ci ne sont plus des étendues
étales, mais des damiers d’habitats, des chapelets d’orées ouvrant sur des univers où coexistent et s’entremêlent des formes de vie. »

Il ne s’agira plus de chasser, de décrire des espèces, de collectionner des plumages mais de se cacher, d’être à l’affût, de se mettre dans la peau d’une poule d’eau pour raconter le comportement de l’oiseau, du point de vue de l’oiseau!

Et de la description des sociétés animales à celle des sociétés humaines, en appliquant les méthodes d’observation mises au point avec les oiseaux, « anthropologie de nous-mêmes » conduit à une anthropologie de masse.

On note aussi l’évolution des scientifiques qui passent des massacres des chasseurs à la protection des oiseaux.

Penone Verde del bosco description contemporaine!

C’est donc un ouvrage très riche, parfois un peu touffu, mais toujours passionnant qui complète la lecture des Arpenteurs du Monde de Daniel Kehlmann et de l‘Invention de la Nature d’Andrea Wulf qui m’avaient fait connaître Humboldt et Haeckel et que j’avais dévorés. Souvenir del excellente exposition au Musée d’Orsay Les origines du monde en 2020 juste après le confinement

Face au soleil – Marmottan-Monet

Exposition temporaire jusqu’au 29 janvier 2023

Munch : Le Soleil

Le soleil pour thème?

Tout à fait à sa place au Musée Marmottan qui conserve Impression, soleil levant, le tableau fondateur de l’Impressionnisme,  mis à l’honneur au milieu de l’exposition sur un panneau doré. 

Le Soleil a été vénéré par les Egyptiens, dans l’entrée des scarabées solaires encadrent une jolie peinture ancienne. Le soleil perd sa position dominante ave le christianisme, créé le 4ème jour de la Genèse, il devient accessoire et périphérique. La lumière caravagesque de l‘Adoration des Bergers de Van Honthorst ou tombant sur l’Astronome de Giordano ne provient qu’indirectement. Le soleil a quand même été représenté dans la Vision de Saint Benoit de Del Biondo et sur les cartes du tarot d’Antonio Cigognara

Del Biondo Vision
Del Biondo : vision de Saint Benoit

Du Géocentrisme à l’héliocentrisme le soleil retrouve sa position centrale vers la Renaissance et Galilée. La mythologie fournit les mythes d’Icare et de Phaeton

Saraceni (1579-1620) Chute d’Icare

De merveilleux tableaux ensoleillés de Rubens, Le Lorrain et Vernet

Rubens : Paysage à l’oiseleur
Le Lorrain : l’embarquement de Sainte Paule à Ostie

le Soleil, c’est aussi le Roi-Soleil, Louis XIV représenté en tenue d’Apollon en costume de ballet, ou sur le plafond de Versailles : Lever de soleil dit aussi Char d’Apollon

Turner est vraiment le maître de la lumière avec le Soleil couchant à travers la vapeur, illustrant la diffraction de la lumière étudiée en ce temps-là. J’ai bien aimé le tableau doré 

Turner : Terrasse à Mortlake

Soleil romantique, soleil mystique de Caspar David Friedrich dans deux petits tableaux : La Croix dans le Bois ou Le Matin de Pâques

Caspar David Friedrich : Croix dans le bois

Impression au soleil levant, est accompagné d’un joli Boudinde Signac, Pissaro plus attendus dans le Musée de Monet. 

Signac : le port de Saint Tropez

j’ai beaucoup aimé les deux Vallotton un Coucher de soleil orange sur Honfleur  très spectaculaire et presque abstrait Le coucher de soleil à marée haute, gris bleu 

Vallotton, Coucher de soleil marée haute gris-bleu

Moins apprécié le Maurice Denis : Saint François d’Assise et la Crucifixion de Van Sauck. 

Otto Dix : Soleil levant (1913)

le Soleil levant de Dix , clin d’œil à Van Gogh , semble prémonitoire : peint en 1913, il semble annoncer le carnage de 14-18 . Pour mémoire, Delaunay. Inconnus de moi : Trachsel(1909) et Morgner. 

Après 1915 et la théorie de la Relativité, le soleil perd un peu de sa place centrale pour devenir une étoile parmi d’autres comme on l’imagine avec les constellations de Baranov-Rossiné peintre ukrainien que je découvre ici. 

Baranopv-Rossiné : nymphes , centaures

A l’occasion Fromanger a peint un énorme soleil jaune qui dégouline, à l’entrée  de l’exposition et un grand tableau très impressionnant

Fromanger

la procession qui va vers le soleil fait perdre l’équilibre des spectateurs, on est étourdi. Belle conclusion!