le Musée Picasso est installé dans le Château Grimaldi où Picasso avait un atelier en 1946.
hartung au Musée Picasso
Avant de découvrir les œuvres du Maître nous trouvons les tableaux de deux peintres établis à Antibes :Hartung et Ana Eva Bergman qui fut la femme de Hartung. Du premier, un grand tableau très sombre, noir, brun comme lacéré et un autre vertical presque figuratif. d’autres sont plus colorés.
Anna-Eva Bergman : Le Grand Nunatak
De Ana-Eva Bergman, le Grand Nunatak(mot groenlandais signifiant pic rocheux isolé)qui me fait penser à un volcan doré, acrylique et métal, d’autres petits formats sont aussi des nunataks à l’envers.
Nicolas de Stael : Le concert
Nicolas de Staëla aussi vécu à Antibes, il s’y est installé en 1954 et y est mort en mars 1955. Une grand salle lui est dédiée. Le Concert est un tableau immense sur fond rouge qui occupe tout un mur. C’est l’ultime tableau du peintre (mars 1955) .
Nicolas de Stael : Nu couché bleu
Le Nu couché bleu : sur fond rouge uni le nu marque par de grands coups de peinture le mouvement sur un « drap » blanc. Lui faisant face, trois grands fusains, études de nu . Face au concert des formats plus petits : Le Fort carré d’Antibes et une Nature morte sur fond bleu.
Nicolas de Stael Le fort carré d’Antibes
J’aime beaucoup Nicolas de Staël.
Une exposition CHEMINS DE TRAVERSE regroupe20 œuvres de plasticiens différents. Hommages ou clins d’œil à Picasso.
Louis Cane – Hommage à Picasso d’après Manet
L’Hommage à Picasso d’après Manet de Louis Cane, m’a amusée. on peut y déceler plusieurs influences Manet, bien sûr puisqu’il s’agit d’un déjeuner sur l’herbe, Picasso pour la femme nue mais aussi Cézanne avec le traitement des arbres.
Hervé di Rosa: grande fête mythologique
Soulages (impossible à photographier)
Antonio Saura : Dora Maar revisitée
Antonio Saura: Dora Maar revisitée
Il y a aussi des collections de peintres reconnus du XXème siècle :
Calder, Fernand Léger, Nikki de Saint Phalle, Arman, César, Edouard Pignon Mathieu, Dubuffet
j’ai aimé les papiers découpés de Prévert.
Prévert : Collage
On arrive enfin aux tableaux de Picasso : la Joie de Vivre(1946) et tous les personnages de la mythologie : centaure, faunes(mi-chèvre/mi homme) et nymphe qui succèdent au minotaure, Ulysse et les sirènes.
Picasso : La joie de vivre
Il y a aussi toute une série de natures mortes avec des oursins, des poissons, calmars, pastèques et en même temps des pêcheurs et des marins…
Picasso – Pêche nocturne à Antibes
collection de plats de Vallauris
Les portraits de Picasso qui pose avec ses œuvres ou ses pinceaux sont l’oeuvre de Michel Sima (Michaël Smajewski de retour d’Auschwitz)
Sur la terrasse , les statues de Germaine Richier.
La route M18 qui descend de La Gaudeà Cagnes-sur-Mer dans la pinède est charmante. Cagnes-sur-mer est une petite ville qu’on traverse à petite vitesse. Sur la colline le village ancien (Hauts-de-Cagnes) se blottit sur sa colline. Entre la route et la mer l’Hippodrome est un bel espace vert.
Villeneuve-Loubet : Marina Baie des Anges vue de Cagnes-sur-mer
Villeneuve-Loubetest assez repoussante, les panneaux publicitaires encombrent les bas-côtés, zones artisanales et commerciales n’arrangent rien. Une curiosité architecturale « Marina Baie des Anges » : un groupe d’immeubles qui s’enroulent eux-mêmes avec de belles terrasses parfois arborées. Selon l’angle d’observation, on imagine des bateaux de croisière ou des pyramides, ou l' »écho des baous« (les sommets calcaires qui marquent le relief.
juan-les-pins par gros temps
Nous entrons dans « Antibes-la chic« , Antibes, l’urbaine, à l’urbanisme soigné qui ressemble plus à Neuilly-sur-Seine qu’à Nice (pourtant déjà chic). Circulation à petite vitesse. Le GPS nous conduit au départ de la randonnée du Tour de Juan-les-pins à la Plage de la Garoupe à travers des propriétés enfermées dans de grands murs.
Juan les pins : sentier côtier
la mer est agitée. Sur la corniche, de belles vagues se brisent. plus tard, nous découvrirons le panneau « Attention, coup de mer! ». par gros temps, le sentier côtier est fermé. Au début, je ne comprends pas pourquoi, il est dallé protégé par des garde- corps puis par des buissons. Je ne suis pas seule : des promeneurs munis de gros appareils-photos viennent immortaliser les vagues. Les pins tordus à contre-jour, les branches des buissons sont très pittoresques. je me serais volontiers arrêtée avec mon carnet-moleskine. La promenade tourne court : porte close cadenassée! Il faut faire demi-tour.
Juan les pins plage de la Garoupe
J’improvise une promenade de remplacement sur la route qui longe la mer jusqu’à Antibes sur le Boulevard de la Garoupe. Parfois les murs des propriétés cachent la mer, mais j’entends le fracas des vagues. Il y a peu de circulation. la silhouette de la vieille ville s’approche, le Château massif et la Tour Carrée.
la vieille ville dr’Antibes
Nous garons la voiture sur le très grand parking du vieux Port près de la Porte Marine. Il y a quelques bateaux de pêche, des filets mais ils sont éclipsés par des yachts énormes immatriculés à Malte, et même au Luxembourg!
Dans l’axe de la Porte Marine, dans la ville close, toute une série de restaurants précèdent le Marché Provençal très bien achalandé et coloré. je monte sur les remparts pour découvrir la petite Plage de la Gravette, bien abritée et fréquentée. A l’arrière des remparts, la vieille ville est pittoresque avec ses ruelles et ses maisons hautes. Je trouve la maison où a logé Nicolas de Staëlmais je rate celle de Kazantzakis au Safranier et la plaque qui le rappelle.
Un pan bagnat qui déborde de thon, œuf dur, tomate et roquette sur la plage de la Salis.
Le château deCarros est le siège d’un Centre International d’Art contemporain que j’ai visité avec grand intérêt. A côté de musées prestigieux d’artistes célébrissimes comme Picasso, Matisse, Chagall ou Fernand Léger, je suis ravie de découvrir des inconnus qui m’interpellent avec ces deux expositions.
Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif.
Puivif – Entre temps
Francis Puivifa d’abord réalisé des collages puis il a collectionné différents objets pour en construire d’autres, une mappemonde agglomérant des boîtes, des morceaux métalliques. il a fabriqué des tableaux avec des cadrans d’horloges avec des tiges, des mécanismes et des clés formant des personnages « Entre temps » …
Puivif – L’atelier de Zeus
D’autres compositions sont de plus grandes taille, agglomérant des couleurs, des crayons, des cartes colorées comme cet « Odyssée nocturne » dont la coque du bateau est en papier à musique ou « L’atelier de Zeus » à la coque rouge. Il recycle toute sortes d’objets. Son installation recrée l’univers de l’atelier de l’artiste dévoilant son travail, son désordre et le hasard de la création artistique.
Véronique champollion
Véronique Champollion a investi le château en l’interprétant. Elle l’a habité de compositions fantaisistes en papier mâché, s’est inspirée des gypseries des plafonds, des fresques et d’éléments mythologiques.
Fresques du château de Carros
Elle utilise le papier mâché le papier plié coloré et vernis. parfois ses compositions sont de grande taille. Je n’ai pas trop aimé ses grandes femmes blafardes soulignées de noir. Elle réunit animaux et personnages : sa forêt en papier plié présente des dizaines d’oiseaux, papillons, personnages suspendus à des fils. Elle a inspiré les enfants des écoles qui ont réalisé leur forêt que j’avoue préférer à celle de l’artiste chevronnée, plus colorée.
Champollion : La fuite
Une pièce du château avec une magnifique cheminée et une frise sert de support à « la fuite« , course très réussie d’animaux, lapins, oiseaux qui s’élancent entres des jambes humaines sur le mur blanc .
V Champolion : saisons
Dans le même esprit, une salle a pour thème les Quatre saisons, celles de Vivaldi, de Hölderlin, tableaux colorés avec faunes satyres ou musiciens répondant à la frise végétale. j’ai peu apprécié les tableaux individuellement mais l’ensemble est convaincant.
Hommage à Bruno Mendonça
Mendonça : Morse
Le peintre décédé en 2011 avait en 2002 créé à Carros des Bibliothèques éphémères . Le CIAC lui consacre plusieurs salles dans le château de Carros. j’y découvre une œuvre très diverse avec de grands tableaux colorés sur papier (350cmx200cm) représentant des eskimos débitant un morse et des chameaux et des compositions géométriques plus abstraites, « Triangulations » jeu de formes et volumes dans le projet de bibliothèque ainsi que des composition à base de codes-barres très réussies.
Mendonça : triangullations
Au rez de chaussée, je fais connaissance avec Octave Guillonet (1872-1967)
Circuit du Guide Vert p.306: Le circuit des Crêtes 59 km
SAINT JEANNET
Saint Jeannet domine le paysage sur son rocher en dessous des Baous, village d’où partent les amateurs d’escalade : j’en croise deux, équipés chacun d’une belle corde verte autour du torse. Ma promenade dans le village est beaucoup plus tranquille sous le soleil matinal dans le calme des rues et placettes. Des plaques en céramique racontent l’histoire du village.
La place de la Soucare ou place des Masques était celle où se réunissaient les sorcières.
Saint Jeannet Tour Sarrazine
Sur la place principale, un grand lavoirfait face à une tour ronde, la Tour Sarrazinequi donne son nom à la rue.
Saint Jeannet
La rue du Treillard rappelle que des vignes couraient le long des murs. Saint Jeannet est réputé pour son vin et possède un cépage original. Un belvédère domine la vallée. Sur cette terrasse : « maisonnette de Tzara » J’arrive à une porte : La Porte du Ferrage qui n’a rien à voir avec les fers des équidés mais avec le fourrage. le four à pain communal a été transformé en cinéma. Cette promenade est charmante et me rappelle celles que je faisais dans les villages grecs.
Place de l’2glise à Saint Jeannet
GATTIERES
Gattières est un autre village perché. Le panorama, sur les sommets des Alpes enneigés me fascine. En revanche, la vallée du Var occupée de barres d’immeubles et couverte de serres en plastique est beaucoup moins séduisante. Le Varcoule au milieu de galets et de rochers gris (en hiver c’est l’étiage).
Gattières village perché
De la voiture, le village se détache sur les montagnes et ferait une belle photo. Dès qu’on a trouvé une place sur le bas-côté pour la voiture je ne retrouve plus la photo idéale. Quatre poteaux en ciment encadrent le village, ou il se devine derrière la ramure d’un arbre défeuillé. je remonte pendant cinq bonnes minutes la route. Rien! A mon retour, furtivement je trouve le cadrage.
je monte au Château Grimaldi par la Montée du château, raidillon entre les « maisons-remparts ». Dans ce village piétonnier on a disposé des poteries avec des plantes grasses dans la rue. Au sommet de la Montée l’église est fermée, je ne verrai donc pas Saint Nicolas polychrome promis par le Guide Vert. Du château Grimaldi, il ne reste qu’un tour arrasée, sa base haute de quelques mètres.
CARROS
Le château de Carros
Pour arriver à Carros la route serpente à flanc de la montagne au dessus de la plaine du Var. on devine le village perché, puis on le perd, et le retrouve. De grands parkings ont été aménagés pour préserver le calme du village. L’office de tourisme se trouve dans une belle villa XIX ème : la Villa Barbary. il est fermé. Nous garons la voiture dans le Parking du Moulin Briquet qui a aménagé un belvédère avec une table d’orientation à 360°. Je note l’altitude des sommets enneigés : la Cime de Malédie 3059 m et le Gelas 3145 m dans le Mercantour à la frontière italienne.
Par les petites rues de Carros
le village entièrement piétonnier est très tranquille et ses rues sont joliment décorées. Mention spéciale à une minuscule placette sous la treille. je grimpe des marches (faciles) pour arriver au château médiéval XIIème s. occupé depuis 1998 par le CIAC (Centre International d’Art Contemporain) qui accueille deux expositions en plus des collections permanentes : Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif ainsi qu’un Hommage à Bruno Mendonça
Carros : Treille
Après Carros, Le Broc est notre étape suivante dans le circuit. la route est spectaculaire, dominant le Var et son affluent l’Esteron. Les montagnes des Alpes et le Mercantour semblent très proches.
LE BROC
La Danse à sur le mur de l’église
Le Brocest un bourg tranquille avec une placette entourée d’arcades avec un restaurant et une fontaine. le guide Vert signale que l’église a été décorée par Guillonet dont je viens de faire la connaissance au musée de Carros. Malheureusement, l’église est fermée. je n’aurai pas fait le détour pour rien : un joli ensemble en fer forgé figure une danse et une ronde sur le mur à l’arrière du monument. Je me promène dans les rues aux noms pittoresques. Cela m’amuse de constater que la Grande Rue est à peine assez large pour qu’une Twingo y passe, je dois m’effacer sous une porte pour la laisser passer.
Notre route décrit une épingle à cheveux pour franchir le ruisseau et nous conduire à Bouyon.
BOUYON
Bouyon : Place de la Fontaine
Encore un village perché qui se distingue des précédent par ses façades colorées autour de placette : place de la Fontaine, Place du Four communal. je découvre une terrasse formant belvédère aménagée avec un petit amphithéâtre en creux (jeux de balle interdits, sans doute à cause du ravin).
COURSEGOULES
Dernier village avant le retour par le Col de Vence.
Un vaste parking bétonné accueille les voitures des randonneurs et des campeurs équipé d’un ascenseur et de toilettes. Mais quand je me promène dans le village j’ai l’impression d’un village-fantôme.
Retour par Vence : j’en profite pour visiter la Chapelle du Rosaire décorée par Matisse. (interdit de photographier à l’intérieur de la chapelle, mais permis dans le petit musée en annexe)
Je remarque les vitraux somptueux, le grand Saint Dominique à côté de l’autel. le chemin de Croix est original, au fond de la chapelle dessiné sur le carrelage.
Saturée d’images répétitives de guerre, de ruines, bombardements que la télévision montre en boucle, je suis curieuse de littérature qui nourrirait mon imaginaire. Avoir de l’empathie pour un personnage, suivre ses aventures, me sentir happée par un livre, il me semble que je comprendrais mieux les actualités.
J’ai donc lu Les Abeilles Grises de Kourkovet j’ai beaucoup aimé le personnage de l’apiculteur demeuré dans la zone grise, entre les deux fronts tenus par l’armée ukrainienne et les séparatistes du Donbass. Ce livre est sorti en français en février 2022, juste avant l’invasion de L’Ukraine par l’armée Russe. Il se déroule donc pendant la guerre que les séparatistes du Donbass livrent à l’armée ukrainienne depuis 2014.
Donbass de Benoît Vitkine se déroule dans la ville d’Avdiivka en 2018
Avdiïvka marquait une limite. Derrière, à l’ouest, commençait l’Ukraine des plaines et du blé, celle des terres noires. Un autre monde. À l’est, c’était le pays des houillères, des puits d’extraction, là où les séparatistes s’étaient le mieux implantés. Les terrils étaient les gardiens de ce territoire secret, de ses richesses souterraines. Ceux du Donbass s’y accrochaient comme des montagnards à leurs sommets. […] Dans ce monde-là, les villes s’appelaient Anthracite, Prolétaire, Bonheur… On y construisait des jardins d’enfants, des hôpitaux, des tramways aux couleurs pastel et naïves comme des slogans révolutionnaires.
[….] Ceux qui avaient gardé leur boulot avaient découvert leur nouveau statut de sous-prolétaires, de déchets de l’histoire. On ne les comparait plus aux cosmonautes mais aux ouvriers bangladais. Les filles l’avaient compris, elles aussi. Dans les bals, s’il y en avait encore, elles ne se disputaient plus les jeunes mineurs aux bras durs comme la pierre.
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L’auteur, Benoît Vitkineest journaliste, correspondant du journal Le Mondeet a couvert l’actualité de la région pendant 6 ans . Il est le lauréat du Prix Albert Londres . Le livre est donc très bien documenté. L’interview de Mollat ci-dessous est passionnante mais il vaut mieux lire le livre avant parce que certains détails peuvent spoiler.
Polar ou Docu-fiction?
L’auteur revendique le terme de roman-policier puisqu’il correspond aux codes du genre : un policier doit élucider l’affaire à la suite d’un meurtre. Il utilisera les facilités d’enquête que la police lui confère. L’intrigue permet de pénétrer dans la grande usine de coke qui fait vivre la région (voir la carte ci-dessus), de rendre compte de cette guerre de positions qui fait rage depuis 2014. Il met en scène une galerie de personnages variés : les grands-mères qui jouent un rôle insoupçonnés et qui font vivre leur quartier apportant un peu de chaleur humaine, gardant les enfants
« Malgré leur enthousiasme un peu enfantin, malgré leur obstination à préserver dans la guerre l’illusion d’une vie normale. Elles étaient des survivantes. Le quartier était rempli de ces veuves impassibles. Le pays pouvait bien s’étriper, elles continueraient à fabriquer des confitures et à mariner des champignons. Leurs maris s’étaient agités toute leur vie, puis leurs cœurs avaient lâché, fatigués de tant donner à des corps trop massifs, à des vies trop brutales. Elles, elles restaient. Elles vivaient quinze ans, vingt ans de plus que leurs hommes. Pendant vingt ans, elles enfilaient chaque jour les mêmes chaussons, les mêmes robes de chambre. Elles accomplissaient consciencieusement la routine de leurs petites vies. »
Il rencontre les soldats avec leur violence, l’alcoolisme, mais aussi les questions et les doutes. les hommes d’affaire et la corruption, les trafics. Le policier Henrik est un vétéran de la guerre d’Afghanistan, il en conserve des séquelles, homme intègre il est tout à fait désabusé quant à l’honnêteté des hommes de pouvoirs, même des amis de longue date.
Il n’y avait pas d’anges gardiens dans le Donbass. Ou bien leurs ailes étaient chargées d’anthracite.
L’interview de Mollat ci-dessous est passionnante mais il vaut mieux lire le livre avant parce que certains détails peuvent spoiler.
Par cette journée ensoleillée, nous partons à la mer!
Nous avons soigneusement planifié l’itinéraire, le GPS prévoyait 45 minutes pour le départ du tour du Cap Ferrat. C’était sans compter sur les bouchons, les chantiers du Grand Arenas près de l’aéroport de Nice, du démontage du Carnaval et de nos erreurs dans les petites rues de Villefranche…paysages merveilleux de la Côte d’Azur que nous n’apprécions pas à leur juste valeur parce que tel virage en épingle à cheveux dabs Villefranche était impossible à prévoir et que déviations et sens interdits contrarient les directives de Madame GPS. Après deux heures de route nous nous promettons de ne plus mettre les pieds dans Nice (tant pis pour les beaux musées Chagall et Matisse que je me faisais une joie de visiter), tant pis pour les sentiers côtiers à l’Est de Nice!
Cap Ferrat : les belles villas
Excellent accueil à l‘Office de Tourisme de Saint Jean Cap Ferrat. la dame me remet deux plans détaillés et nous donne de précieux conseils.
Tour du Cap Ferrat
Cap Ferrat : le sentier côtier
Le sentier qui fait le tour du cap commence dans le village : chemin de la Carrière : une entaille dans le rocher du Cap. A ses pieds : des oliviers. Le « sentier » est une route dallée et cimentée assez large pour que circule la voiture de la police municipale au-dessous, très au-dessous de villas, hôtels invisibles très gros format. On sait qu’ils existent à cause des grillages et parfois des murs mais on ne voit rien. En face, de m’aitre côté du golfe on voit des villas somptueuses à flanc de colline. La bande de ciment bien lisse est déposée sur des rochers très pointus et très ravinés jusqu’à ce que le phare se profile. Des marches y conduisent. un belvédère est aménagé avec des banquettes de ciment. La rive ouest du Cap Ferrat est plus verte, plus sauvage. Le sentier moins bien cimenté conduit en une petite heure jusqu’à la Plage des Passables – petite plage de graviers bien fréquentée pour la saison (lundi 28 février). Des intrépides nagent. Après le pique-nique cette eau transparente me tente pour un bain de pieds. Elle est glacée.
Villa Ephrussi-Rothschild
Villa Ephrussi-Rothschild palais Renaissance vu des jardins
Non loin de la plage des Passables, à l’endroit le plus étroit du Cap Ferrat : la villa Ephrussi-Rothschild . Un grand parking est prévu à l’entrée mais au portail, un hôte, très élégant, très gentil, scanne nos pass sanitaires, vérifie la Carte handicapé de Dominique et ouvre la barrière. Devant la Villa d’autres Messieurs très élégants, très gentils font garer la voiture et gardent les clés. Au bureau on nous prête des audioguides (indispensables il n’y a pas de cartels).
la Villa est un véritable palais Renaissance rose à l’Italienne, construit entre 1905 et 1912. Béatrice Ephrussi-Rothschild collectionnait les meubles, les tableaux, tapis, porcelaines avec une prédilection pour le XVIIIème siècle.
patio
La profusion des objets d’art est éblouissante comme leur provenance. Certains tapis portent les monogrammes royaux, tissés à la Savonnerie pour Louis XIV. Des tapisseries ont appartenu à Marie Antoinette? les boiseries du Salon proviennent de l’Hôtel de Crillon. le Grand Salon est impressionnant : colonnades et arcades mettent en scène le merveilleux panorama. On imagine les fêtes, les réceptions, le train de vie extravagant de la Baronne Béatrice qui possédait une véritable ménagerie avec des caniches, une mangouste, des singes, des gazelles…Dans le petit salon sont exposés les petits fauteuils du caniche et de la mangouste.
Porcelaine de Meissen
La villa est un véritable musée des arts décoratifs. Au XVIIIème siècle, les chinoiseries étaient à la mode avec les boiseries peintes de singes et le spectaculaire paravent de Coromandel.
A l’étage plusieurs salles contiennent une véritable collection de porcelaines : Sèvres et Vincennes(magnifiques verts), Meissen sophistiqués. Collection de soieries.
J’ai oublié de citer les tableaux de Boucher, Carpaccio, le plafond spectaculaire de Giovanni Pelegrini : Phaeton et le Char du Soleil, un autre de Tiepolo. J’aurais dû prendre mon temps et disposer de toute la journée mais il faut prévoir du temps pour les jardins.
Face à la Villa : un jardin à la française est organisé sur deux terrasses. des massifs de cyclamens forment des bordures roses ondulantes autour d’un bassin. Toutes les minutes, les Grandes Eaux se déclenchent en musique. Les jets d’eau tournoient, c’est très joli. les choix musicaux, en revanche sont un peu faciles( Nabucco, Peer Gynt, Le Bolero…). Dans l’axe du bassin, sur une petite éminence on a construit un petit temple de l’amour (tholos) sous de grands pins parasols accompagnés d’un cyprès. A l’arrière se trouvent le Jardin Provençal, un Jardin Japonais, des cactus et autres succulentes. Plus loin, la Roseraie n’est pas à son avantage au mois de Février : rosiers taillés court et mulch sur le sol.
jardin à la Française
Le retour vers La Gaudeest plus facile que le trajet-aller, par la Moyenne Corniche et la Promenade des Anglais que nous parcourons avec plaisir : mer bleue, palmiers et bâtiments spectaculaires. C’est bien beau! Nous évitons les travaux d’Arenas en longeant la mer jusqu’à Cagnes-sur-mer. La remontée sous les pins par une route boisée qui ne traverse aucune urbanisation est très agréable. Je croyais la Côte toute construite, il reste de la nature!
Tourrette-sur-Loup est un charmant village perché sur un éperon rocheux. Cîté des Violettes. Le parking payant est installé en plein centre sur la Place de la Libération. Je suis un circuit par la Grande Rue qui fait le tour du château. Cette « Grande Rue » est plutôt une ruelle bordée de maisons médiévales en pierre ornées de potiches fleuries.
Tourrette-sur-Loup : ruelles
Hors saison (février) je ne croise que 6 personnes et la promenade est très agréable mais les Galeries d’art sont fermées. Il n’y a pratiquement pas de boutiques de souvenirs (sauf violettes) sculpture, peinture tout est de bon goût.
Pont sur le Loup et les Gorges du Loup
Pour piqueniquer nous suivons la petite route dans les gorges très rocheuses et très profondes. Si le temps avait été ensoleillé nous aurions apprécié la fraîcheur des cascades. Mais il fait gris et froid<; On passe un tunnel puis la route s’élève vers Gréolières et la Montagne de Cheiron ourlée de neige.. La route qui nous ramène à Vence par le col de Vence traverse des forets de feuillus (sans feuilles)et passe près de Coursegoules. mes endroits sont sauvages. Arrivées au dessus de 1000 m, l’hiver se fait ressentir : l’herbe est grillée, les buissons n’ont pas de feuilles. De petits flocons, des paillettes de neige volètent.
Coursegoules
Le Col de Vence (963m) marque une limite climatique juste après avoir amorcé la descente, nous voyons le soleil briller sur la mer bleue et les arbres fleurir.
Vence le frêne planté par François premier et peint par Soutine
De La Gaude à Vence , 7 km sur un itinéraire assez urbanisé fréquenté par de nombreux cyclistes le dimanche matin qui passe devant la Chapelle Matisseou Chapelle du Rosaire.
Matisse : chapelle du Rosaire, Vierge et l’enfant
La ville moderne de Vence est assez étendue, la ville ancienne, enclose dans ses remparts, petite.
Place du Grand Jardin, se tient un petit marché qui vend surtout des fleurs. Les remparts enserrent presque entièrement la ville car les maisons y sont accolées. les portes sont aussi très bien conservées. A l’intérieur un lacis de ruelles pavées décorées de plantes en pots conduisent à la Place Clémenceau où se trouve l’Hôtel de Ville peint en jaune et précédé d’une sculpture cubique : la Vençoise de Jim Ritchie (1987).
Vence, Cathédrale et au premier plan la Vençoise
Non loin, la Cathédrale Notre Dame de la Nativité est bâtie sur l’emplacement d’un ancien temple romain de Mars puis d’une église mérovingienne. on peut encore y observer des pierres carolingiennes. Difficile de qualifier le style de cette église qui possède 5 nefs contenant des retables baroques avec une façade baroque. Dernier décor : la mosaïqu pu admirer les stalles de e de Chagall sur le thème de Moïse dans le baptistère. Je n’ai malheureusement pas pu admirer les stalles de bois sculpté 5ème siècle dans les tribunes fermées.
Au fond de la place un bâtiment avec un porche abrite une sorte de préau pavé orné d’un bélier de pierre.
Chaïm Soutine : Le Frêne de Vence
LeMusée de Venceest logé dans le Château construit au 17ème siècle, accolé à la Tour de Peyra (12ème) ouvre à 11 heures . Le frêne planté par François 1er en 1538 a été peint par Soutine. Sa taille est vraiment impressionnante.
Au premier étage Scénocosme de Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancx est une série d’ installations interactives d’art numérique et sonore. Je suis assez imperméable à ces installations mais une médiatrice se présente. Sans elle je n’aurais jamais trouvé le mode d’emploi de ces œuvres.
Frotter les pierres : au centre d’une salle obscure au sol en cercle des pierres. il convient de s’agenouiller ou de s’asseoir sur des coussins et de caresser les pierres qui produisent des ondes traduites par des images en noir et blanc sur un écran circulaire ainsi que des sons. la médiatrice insiste sur la connexion entre la pierre, le son et les interférences comme celle d’une pierre jetée dans l’eau. Référence aussi aux lithophones préhistoriques conçus pour effrayer les prédateurs (archéologie ou légende?) je suis sceptique.
Explorer la surface et la profondeur d’un voile qui est tendu comme la peau d’un tambour sur un cercle et qui vibre. Une caméra installée entre le voile et un miroir renvoie l’image de la de la silhouette sur le mur. C’est très futé, mais je n’adhère pas vraiment. La technologie m’amuse.
Vous êtes invités à caresser des plantes délicatement : Lierre et Pothos réagissent et font entendre des sons. Amusant!
Tourne-disque? Une curieuse platine en bois de mûrier
En revanche j’ai été beaucoup plus séduite par la sculpture de boisMatière sensible : une fine lame de frêne est installée dans un support qui évoque un diapason ou une lyre.
Lyre?
Le bois vibre pour donner des sons. Cela évoque Penone dont j’ai vu l’exposition à la BnF. Un disque est posé sur une chaîne HiFi, ce n’est pas un vinyle mais une tranche de tronc de mûrier avec les cernes. Alors que les premières installations ne m’ont pas vraiment touchée celles qui utilisent le bois me parlent.
Au second étage Matisse : études préparatoires pour la Chapelle du Rosaire
A la billetterie on m’a signalé que les photos sont interdites, j’irai visiter la chapelle un autre jour, le dimanche impossible.
chapelle du Rosaire
matisse : chapelle du Rosaire
Le dimanche il est difficile de visiter la chapelle. Nous y retournons le mercredi suivant en revenant du circuit dans les villages de montagne. Sur le bord de la route le bâtiment blanc, bas, ne se distingue pas des constructions environnantes. Il faut la chercher pour la découvrir.
(interdit de photographier à l’intérieur de la chapelle, mais permis dans le petit musée en annexe)
Je remarque les vitraux somptueux, le grand Saint Dominique à côté de l’autel. le chemin de Croix est original, au fond de la chapelle dessiné sur le carrelage.
Le GPS nous entraîne immanquablement sur l’autoroute si nous programmons la destination finale : La Gaude. Pour le contrarier nous lui indiquons Apt et suivons le chemin des écoliers la D900 qui se trouve être la Via Domitia (de Narbonne au Montgenèvre). Passons à travers des vergers très soignés taillés en espaliers, protégés par des filets roulés en cette saison, et abrités par des haies de cyprès ainsi que quelques oliveraies. Dans le Luberon, un Geoparcm’intéresserait bien Près d’Apt les crêtes bleues des Alpes bornent le lointain.
Apt
Capitale du Fruit confit, commune sans OGM. J’y découvre le plus joli marché provençal, animé même hors saison en février. Il s’étend dans toute la ville. Artisanat de luxe, bijoux de pierres dures, des paniers, miels de différentes couleurs et fleurs, fromages. Ici, le réparateur d’horloges comtoises, là le rempailleur. peu d’alimentaire. J’ai cherché les fruits confits, connus des cruciverbistes et je suis rentrée bredouille.
Moustiers Sainte Marie
Ville de la faïence, vue de loin accrochée à la montagne sous des falaises impressionnantes.
Gorges du Verdon
Verdon : Lac de Sainte Croix
Le lac de Sainte Croix est bleu turquoise très vif à travers les arbres. Malgré la saison hivernale il y a du monde sur la plage et même quelqu’un se baigne. La route s’engage alors dans un défilé au-dessus des gorges. On devine le ruisseau qui a entaillé la falaise beaucoup plus bas.
Verdon vu du belvédère
Le belvédère de Mayreste été aménagé à 200 m d’un parking. Le sentier passe dans les buis. Sur certains versants il ne pousse que des buis roussis en hiver. La pyrale est présente mais les buis résistent. Je regrette d’avoir coupé ceux du Vaurayet. La base du belvédère est vraiment très glissante, la roche est polie comme un miroir. Je m’accroche à la rembarde métallique qui sécurise l’observatoire.
Nous nous arrêtons pour déjeuner sous un arbre en fleur.
la D952 passe au Point sublime Après un tunnel elle s’enfonce dans le canyon dans l’ombre (surprenant il est 14h et il fait grand soleil). On passe Pont de soleil et l’on quitte la D952 avant Castellane pour entrer dans le Var.
l’Argelière, notre gîte à La Gaude
Nous arrivons à La Gaude à 16 heures. Notre gîte se trouve non loin du village historique qu’il ne faut surtout pas traverser en voiture (on nous avait prévenues mais le GPS nous y a entraînées). Les rues serpentent, les épingles à cheveux surprennent. Enfin! les mimosas en fleur! Notre gîte L’Argelière est bâti au dessus du jardin remarquable construit en terrasses sur un terrain très en pente. De petits iris sont fleuris. Notre propriétaire me le fera visiter demain.
« Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort. » dans LA COLERE
Antigone est l’héroïne du Théâtre grec qui me fascine le plus : Antigone est la femme qui dit NON! Celle qui le crie. C’est aussi la fille d’Œdipe qui l’a guidé, aveugle sur les chemins de Grèce, qui a mendié pour lui. Fille de Roi, de Reine, mendiante.
Antigone de Sophocle a inspiré de nombreux écrivains et metteurs en scène. C’est la tragédie la plus impressionnante, jouée chaque fois dans un paroxysme de l’Histoire. La version qui m’a impressionnée le plus est celle de Adel Hakim jouée par le Théâtre national palestinien aux Théâtre des Quartiers d’Ivry que j’ai été voir deux fois. Tragédie de Beyrouth dans le 4ème Murde Sorj Chalandon . J’ai même vu une Antigone Ukrainienne/Russe, un peu punk et musicale de Lucie Bérelowitsch qui a choisi une version de Brecht/Sophocle. Bien sûr, il y a celle d‘Anouilh(1944).
Antigone de Bauchau n’est pas une pièce de théâtre mais un roman qui fait suite à Oedipe sur la Route lu il y a douze ans qui m’avait laissé un souvenir inoubliable. Avec 368 pages, l’auteur développe une histoire plus longue avec de nombreux personnages, avec des retours dans l’épopée de Thébes : Œdipe et Jocaste et sur les pérégrinations d’Œdipe.
Antigone de Bauchau commence avec le retour de l’héroïne à Thèbes après la mort d’Œdipe. Antigone est entourée des compagnons de son père : Clios qui peint une fresque pour Thésée à Athènes et qui la met en garde:
« En retournant à Thèbes tu vas suivre, toi aussi, le chemin du rouge. Tu seras en grand danger, au centre de la guerre entre tes frères. Est-ce nécessaire Antigone? »
Bauchau développe l’histoire des jumeaux : Polynice et Etéocle, désiré et souverain, Etéocle toujours en rivalité. De la jalousie d’Etéocle et de la domination de Polynice, il ne peut que résulter le combat, combat à mort. Dédoublements, Etéocle demande à Antigone de sculpter deux statues de Jocaste , il offre un étalon noir à Polynice qui part à la recherche d’un cheval aussi fougueux, aussi beau, blanc.
« mon corps, bien avant moi, sait ce qu’il faut faire. Il se jette à genoux et, le front sur le sol, extrait de la terre elle-même un non formidable. C’est un cri d’avertissement et de douleur qui brise la parole sur les lèvres d’Ismène. C’est le non de toutes les femmes que je prononce, que je hurle, que je vomis avec celui d’Ismène et le mien. Ce non vient de bien plus loin que moi, c’est la plainte, ou l’appel qui vient des ténèbres et des plus audacieuses lumières de l’histoire des femmes. »
Au lieu de se tenir comme Sophocle, à l’épisode de l’interdit de la a sépulture de Polynice, par Créon, et du refus de la tyrannie par Antigone, privilégiant la loi des Dieux avec la tradition des honneurs dus aux morts, par rapport à la loi de la Cité (le décret de Créon), Bauchau inscrit les funérailles à la fin de l’histoire de la guerre de Thèbes. Il raconte toute une épopée. Epopée guerrière, histoire d’amour, relations familiales…La tyrannie de Créon n’entre en scène qu’après les trois quarts du livre.
« Nous les femmes, les sœurs, nous devons seulement enterrer Polynice et dire non, totalement non à Créon. Il est le roi des Thébains vivants, il n’est pas celui des morts. »
Antigone n’est pas seulement celle qui dit non. C’est aussi celle qui ne veut pas choisir l’un ou l’autre de ses frères, qui va tenter de faire la paix entre eux. C’est aussi l’héroïne qui va soigner les blessés, faire de sa maison un refuge pour les pauvres et pour des personnalités un peu étranges, comme le faux aveugle Dirkos qui chante les chants d’Oedipe, ou Timour, le Nomade cavalier et archer, qui apprend à Antigone le « chant de l’arc ». Antigone est une femme puissante, cavalière accomplie, archère.
Sans affaiblir la tragédie, Bauchau brode, interrompt son récit comme l’aède qui peut réciter des milliers de vers. Ce n’est pas un théâtre politique. C’est une véritable épopée.