Michel Strogoff – Jules Verne

DE MOSCOU A IRKOUTSK….

Depuis longtemps j’ai envie de prendre le Transsibérien, mais ce n’est vraiment pas le moment! alors j’ai choisi une lecture pour patienter. Des Palais de Moscou à Irkoutsk assiégée par les Tartares j’ai suivi la traversé haletante du courrier du Csar voyageant incognito, en train, en steam-boat, en tarentass (mieux que la télégue des journalistes restée à moitié enlisée), à cheval, à pied, en charrette à foin et même sur un radeau de troncs d’arbres….

Cinémascope ou même opéra, ces scènes colorées de fêtes au palais, de la foire de Nijni-Novgorod, de revue militaire et fête tartare…

De l’aventure, du rythme, une poursuite entre le vrai courrier et l’imposteur, qui arrivera le premier à Irkoutsk?

De l’amour aussi, maternel, fraternel.

Qui a dit que Jules Verne avait écrit des romans-jeunesse? Ou peut être cette lecture m’a donné un coup de jeune pour quelques jours.

A lire sans modération

 

Makhno et sa juive – Joseph Kessel

UKRAINE

J’ai rencontré Makhno à plusieurs reprises dernièrement : dans la Cavalerie Rouge d‘Isaac Babel et dans Les Loups de Benoît Vitkine. Ce révolutionnaire anarchiste de la Révolution de 1917 m’a intriguée et je suis tombée sur ce court roman de Kessel de moins de 100 pages que j’ai lu d’une seule traite. 

Dans un café parisien, le Sans Souci (cela ne vous rappelle rien?) un camelot qui fut autrefois journaliste, après boire de la bière mêlée de vodka poivrée et et salée, fait cadeau à l’écrivain d’une belle histoire:

« – je vous dirai la vie de batko Makhno »

Nestor Ivanovitch Makhno.

il y a un triple destin dans ces syllabes : la ruse, l’insouciance et la férocité. Vous pensez que j’exagère, que c’est de la prophétie après coup. Possible.

C’est une histoire d’amour entre l’ataman terrible et sanguinaire et une jeune fille juive, qui a osé le défier. Belle histoire contée avec le style inimitable de Kessel dans la fureur de la guerre civile dans le décor improbable d’un train qui traverse l’Ukraine dans la dévastation et les massacres. 

Pour le plaisir de lire Kessel plus que pour se renseigner sur le personnage de Makhno et sur l’histoire du mouvement anarchiste dans la Révolution. De la vie de Makhno, j’apprends ses années d’apprentissage, et ses combats

« chef de bande, il commence par piller les grandes propriétés, puis fait en partisan la guerre aux Allemands puis aux bolcheviks. Avec l’ataman Grigorieff, il prend Odessa, le trahit, l’assassine, massacre les juifs, les bourgeois, les officiers, les commissaires, bref, pendant deux années terrorise l’Ukraine entière par son audace, sa cruauté, sa rapidité de manœuvre et sa félonie… »

C’est un peu court et je n’en apprendrai pas plus pour la Grande Histoire.

Il me faudra d’autres sources. Il n’empêche que Kessel est un merveilleux conteur!

Musée de Cluny : Rénovation!

TOURISTE DANS MA VILLE

La Dame à a Licorne

Les Provinciaux et Touristes étrangers visitent Paris mieux que les Parisiens! C’est souvent à l’occasion d’une de leur arrivée que je visite les collections permanentes d’un musée. pour les expositions, l’urgence me presse. C’est donc la visite de Claudine et Francis qui m’a décidée à retourner aux Thermes de Cluny devant lesquels je passe avec indifférence. 

Et ils viennent d’être rénovés!

Je suis passée avec beaucoup de scepticisme par la nouvelle entrée en ferronnerie contemporaine rouillée comme il se doit, en râlant que la jolie cour gothique de l’Hôtel des abbés de Cluny avait quand même plus d’allure!

Frigidarium

Et c’est injustifié parce que cette rénovation met en valeur les Thermes que j’avais toujours négligés. Il est d’ailleurs judicieux de descendre directement au Frigidarium où sont exposés les antiquités romaines : remarquables Piliers des Nautes Les thermes font un hall d’exposition extraordinaire (comme à Rome où j’avais vu dans les Thermes de Dioclétien les œuvres d’Henry Moore). 

Têtes des rois de Juda

Des vestiges provenant des églises et des monastères de la Région Parisienne sont mis en valeur. Ces têtes géantes de Notre Dame de Paris ont été retrouvée relativement récemment. Elles avaient un temps servi de bornes. Toute une série de chapiteaux romans me fascinent.

tissu copte

le parcours est chronologique, logiquement, après les Gaulois et les Romains, la Salle 2 propose un véritable trésor des couronnes d’or et de pierreries du trésor wisigothique  de Guarrazar(7ème siècle) suspendues sont entourés de vitrines contenant des merveilles orientales comme les tissus byzantins ou coptes et surtout les ivoires finement ouvragés.

Ivoire

le XIème -XIIème,  entre Roman et Gothique,  livre ses trésors. mais c’est avec les vitraux qu’on a les plus belles surprises : c’est rare de pouvoir les contempler à hauteur d’homme, généralement on se dévisse le cou sans distinguer les détails que les verriers de l’époque ont soignés.

vitraux

Il faudrait de nombreuses visites pour s’attacher à chaque style, chaque provenance. La Sainte chapelle (1241-1248) nous enchante.

Nous sommes restés longtemps à admirer un coffret en ivoire : l’Assaut du Château d’Amour d’une finesse exceptionnelle et que le sujet profane nous a séduit

L’Assaut du château d’Amour
l’Assaut du Château d’Amour

Ces ivoires (parfois os) sont pour moi un véritable coup de cœur

 

 

 

 

 

 

j’ai aimé ces Saintes Barbe si douces et ces Vierges

Sainte Barbe

Tant de sculptures, lesquelles choisir?

Le chef d’oeuvre du musée est bien sûr la tapisserie de la Dame à la Licorne mais ce n’est pas la seule tapisserie. j’ai bien aimé ces départs à la Chasse

Départ à la chasse

ou les vendanges

Vendanges

et le bain qui racontent la vie quotidienne

Le bain

la tapisserie de la licorne est si merveilleuse qu’elle mériterait à elle-seule un billet de blog. Et que dire de la Tapisserie de Saint Etienne que j’ai tout juste entraperçue, j’était fatigué, comme repue. Il me faudra revenir!

Misy-sur-Yonne par une journée ensoleillée

BALADES EN ILE DE FRANCE

L’Yonne à Misy-sur-Yonne

Pour mon anniversaire, Dominique a cherché un restaurant un peu spécial avec une terrasse au bord de l’eau et, a trouvé : l‘Auberge des Cygnes à Misy-sur-Yonne que je vous recommande vivement!

Le chèvrefeuille sur le chemin de halage

Un peu loin, 80 km par Brie-Comte-Robertet l’autoroute A5, sortie 18 Marolles. Par une matinée de semaine ensoleillée le voyage a été un plaisir. La sortie 18 est juste après Montereau qui se voit de loin avec ses tours . Après le péage on trouve le joli village de Barbey fleuri avec une curieuse tour évidée en face de l’église. Il y a aussi un château (propriété privée, on ne visite pas) dont une plaque à l’entrée raconte l’histoire, construit sous Louis XIII, il passa entre les mains de différents propriétaires avec un épisode révolutionnaire et d’autres sous Napoléon….Juste ensuite la route conduit à Misy-sur-Yonne. on peut garer la voiture près de la rivière juste avant une esplanade gazonnée (terrain de sport?) Là on trouve le chemin de halage que j’ai emprunté vers l’Ouest en me repérant sur la carte de Visorando (les Sablières de l’Yonne). 

la terrasse de l’auberge des Cygnes

Une belle carte indique la Randonnée des Deux Fleuves : circuit  en boucle par Montereau et Marolles . Je trouve plus loin le barrage de Barbey avec bien sûr une écluse pour la navigation. Le chemin de halage est très bien entretenu et goudronné jusqu’au barrage, plus loin il est pavé et finalement c’est un chemin blanc. Comme nous avions réservé au restaurant je ne suis pas allée plus loin. Dominique, pendant ce temps, a entendu le coucou et nombreux oiseaux, vu un martin-pêcheur et bien sûr les cygnes qui ont donné leur nom à l’auberge. 

Assiette de mezzés

Déjeuner libanais, mézés ou grillades accompagnés de vin libanais. Excellentes pâtisserie avec café libanais à la cardamome. une très bonne adresse.

Sentier côtier de La Londe-les Maures à Cabasson

CÔTE D’AZUR

Pointe d’Estagnol

Randonnée de Visorando  : De la Plage de l’Argentière à Cabasson (A/R)16 km – 4h45

L’Argentière est une très belle plage à La Londe-les-Maures. un très grand parking est prévu. 

L’Argentière : sentier côtier

L’escalier monte sur la corniche boisée de pins est facile. Les marches sont consolidées par des traverse de bois. il y a même une main courante. Aucune comparaison avec les sentiers de Saint Raphaël ou de Ramatuelle! j’arrive à une petite calanque remonte et trouve la grande plage de Pellegrin. Au beau milieu du sable, un pin parasol s’est écroulé, son tronc est à l’horizontale mais une branche s’est redressée il a repris son port caractéristique : un parasol au milieu de la plage!

Plage Pellegrin et son pin parasol couché

Le sentier remonte sur le Cap Pellegrin puis une petite descente raide mais facile jusqu’à une anse. Sur le sable fin je longe la plage de Léoube. A l’extrémité sous une pointe rocheuse, un beau voilier attend dans une eau très transparente : la plage parfaite! 

Plage Léoube

Au Cap de Léoube, le sentier est barré, pour réhabilitation de la batterie de Léoube (1794), terrain militaire, on ne visite pas. La déviation est très raide avec des marches si  hautes que je suis forcée de m’asseoir.  J’arrive sur une crique rocheuse. Pas une balise! Pour où passer? heureusement deux autres randonneurs me rejoignent. L’homme, sportif ne se laisse pas intimider, la femme est plus circonspecte. Je mets mes pas dans les leurs et escalade sans trop de mal le rocher. J’attends le reflux entre deux vagues. Enfin, nous trouvons le sentier en balcon plus haut. C’est très joli avec tous les rochers, les îlots. je découvre le fort de Brégançon sur son île.

Fort de Brégançon vu du sentier

Une flèche « sentier côtier » attire notre attention ; très bien tracé, au milieu d’un massif de lentisques. Seule la direction me paraît bizarre. j’avance, les yeux fixés sur l’écran du smartphone. le point bleu s’éloigne du tracé du parcours de Visorando. Nous sommes bien sur le sentier, mais nous retournons en arrière. Ceci explique la galère sur les rochers. il n’y avait pas de balise simplement parce que le sentier passait par l’intérieur! Nous n’étions plus sur le parcours.

Jolie rencontre avec deux chèvres très tranquille, presque apprivoisées qui se prêtent aimablement à la photo.

La Plage de l’Espagnol a un sable blanc, très fin, gris quand il est mouillé, très doux. Après cette plage, il y a encore La longue Plage (c’est son nom). Autour de la Pointe de la Vignasse, cela se gâte. Au moins on est prévenu par un écriteau « SENTIER LITTORAL PAR LES ROCHERS ». je suis distancée par les randonneurs que je suivais. les rochers sont mouillés mais pas trop glissants. la schistosité du gneiss fait presque des marches. Et quand c’est lisse on a taillés les marches. 

Piquenique à Cabasson

Enfin j’arrive à Cabasson, jolie plage, parking ombragé, tables de pique-nique.

Retour par la très jolie D42A à travers le vignoble. nous passons à côté de très beaux « châteaux » : le Château de Brégançon plus beau que la résidence présidentielle; flanqué de tour rondes, vaste demeure du 17ème siècle, dans la famille Tezenas depuis 1816, cru classé, 350 ha. On peut visiter le domaine et acheter des produits du terroir.

Le château de Léoube est impressionnant. Je m’y attendais, après l’avoir longé côté rivage pendant longtemps. il se visite également, dégustation de vins bio, mais aussi huile, fruits…le café Leoube propose des menus méditerranéens. On peut aussi acheter des robes, louer kayaks et paddle.

Le château Mireille est de taille plus modeste quoique très beau avec ses pierres de schiste apparentes. Egalement en agriculture biologique.

Brebis dans les vignes

Dernière surprise : les moutons gambadent dans les vignes parmi des fleurs si blanches que tout le sol en est blanchi.

Dernier jour de vacances réussies!

Sentier côtier de Hyères-les-Palmiers à La Londe-les Maures

CÔTE D’AZUR

Hyiers : vieux salins

La Londe-les Maures n’est pas encore bétonnée par les promoteurs et a gardé son charme villageois, ses façades pastels égayés de volets vert tendre, bleu clair, gris et de nombreux petits commerces dans sa rue principale. En périphérie, on trouve des Centres commerciaux et des résidences, le tourisme moderne arrive en rampant mais le charme opère encore. 

Visorando propose des randonnées sur la côte et d’autres dans l’intérieur.  Je choisis celle qui s’intitule : « Des vieux salins d’Hyères à La Londe-les-Maures » 10 km A/R notée facile. 

Le quartier des Salins à Hyères-les-Palmiers n’est pas très glamour (barres HLM) . On arrive sur  un petit port à l’embouchure du Gapeau que l’on passe sur un pont très étroit mu ni d’une chaîne qui s’enroule : pont mobile? 

le sentier littoral se faufile entre plage et marais salant. Des ganivelles le bordent. De nombreux panneaux notent tout ce qui est fait pour fixer le cordon dunaire et protéger al plage de l’érosion, mettant en évidence le rôle des mattes de posidonies et soulignant l’importance de ne pas souiller la plage avec des déchets. Le nettoyage mécanique est agressif pour al biodiversité et pour l’érosion.

les vieux Marais salants sont abandonnés depuis longtemps et les bassins sont en eau tandis que les petites levées qui séparent les bassins sont roses de salicornes  et vertes d’herbes.  Roseaux et joncs font un rideau ajouré. je prends tout mon temps pour observer els oiseaux. un  petit faucon est en vol stationnaire, que cherche-t-il, un oiseau, un poisson? Mouettes et goélands. Surprise : des flamands roses!

Flamands roses

Côté mer, des pins parasols. le vent qui a sévi tout le début de la semaine s’est calmé. l’eau est lisse comme un miroir argenté. Trois km à plat, courte balade. Dominique m’attend au port de Miramar (La Londe-les-Maures). Petit port de plaisance et aussi départ pour les Îles d’Hyères à partir d’avril. La Capitainerie est futuriste, arrondie, brillante. Autour, une série de restaurants. Nous avons réservé au Président qui est une grande pizzeria  qu’on a choisie à cause de sa belle salle vitrée côté port/côté plage. 

LaLonde plage

Comme il est encore trop tôt, je poursuis le circuit de Visorando sur les quais du port de Miramar et le long de la petite rivière Maravenne;

Nous sommes très bien accueillies au restaurant. je commande une pizza provençale (tapenade maison avec des morceaux d’olives, roquette, pignons, jambon de pays et des copeaux de tome. Pâte très fine, excellente. Dominique a pioché dans la carte des entrées : petite friture et beignets de courgettes. On lui apporte une ardoise chargée d’un gros tas d’éperlans, de la salade et de la rouille et une autre ardoise avec dix beignets ronds et une fleur de courgettes, présentés comme une grappe de raisin. C’est si abondant que je renonce au café gourmand et qu’on mangera les restes (doggy bag) le soir.

Germandrée arbustive

La seconde randonnée proposée par Visorando commence à la plage de l’Argentière, une autre plage de La Londe-les-Maures. Je pars explorer le début, passe le petit pont qui enjambe la rivière, suis la plage sur une sorte de quai. je trouve la Plage de l’Argentière, l’escalier qui monte sur la corniche boisée. je continue un moment cette randonnée qui semble très belle. Nous reviendrons demain pour la faire en entier!

le Jardin du Rayol – la Plage de Cavalaire et la balade au col de Canadel

CÔTE D’AZUR

jardin du Rayol : hôtel de la mer

Le Jardin du Rayol – « Jardin des Méditerranées « – invite le visiteur à un tour du monde dans les régions au climat méditerranéen, aussi bien aux Canaries qu’en Australie ou en Californie. 

pergola

Le domaine fut initié en 1910 par le banquier Courmes, puis en 1940 par le constructeur aéronautique Potez. En 1989; le Conservatoire national du Littoral fit l’acquisition de ce terrain de 20 ha. le jardin a été dessiné par le paysagiste Gilles Clément.

Autour d’un axe qui ondule de l’Hôtel de la Mer, beau pavillon peint en jaune où se trouve l’accueil, à la Ferme, le restaurant et le salon de thé, jusqu’à la très belle Villa Rayolet , le paysagiste a créé des parcelles variées comme un patchwork de jardins exotiques. le reste du domaine est recouvert de maquis endémique des Maures. A l’accueil on fournit un plan et le visiteur choisit les sentiers et les itinéraires à sa guise. A 14h30, il y a une visite guidée mais je préfère me promener seule. 

jardin des Canaries

Au premier coup d’œil, j’ai reconnu les succulentes graphiques, les Aenium, et les vipérines des Canaries Echium, fleuries en cette saison avec leurs grandes inflorescences. Insensiblement, on passe des Canaries à la Californie. Oxalis et freesia, fleuris en ce moment dans les Maures ont envahi les carrés exotiques. Sympathique floraison jaune faisant un abondant couvert végétal. le jardin Australien embaume de 7 variétés de mimosas et les eucalyptus fleuris mêlent leurs senteurs. Un buisson rose, couvrant, ressemble à de la bruyère (mais Pl@ntNet est dubitatif). Le jardin Sudafricain est rose. Ambiance tout à fait différente dans le Jardin de l’Amérique centrale aride : volumes et formes, plantes grasses et piquantes.

jardin Amérique Centrale aride

Après la Ferme,  trois petits ânes très fringants viennent à ma rencontre, joyeusement et bruyamment.

Rayol perspective

Le Sentier botanique s’enfonce dans le maquis. Des panneaux racontent la flore locale avec des anecdotes incluant la faune qui est inféodée à chaque plante. Même si je connais la plupart des espèces, c’est très instructif. je fais dons ici l’inventaire des végétaux rencontrés et expliqués : 

-Nerprun alaterne :  Rhamnus alaturnus

-le laurier-sauce abrite des forficules qui se nourrissent  d’acariens et de pucerons (ce n’est pas le privilège exclusif des coccinelles, bon à savoir et à protéger

-fragon : Petit-Houx Ruscus aculeatus 

-myrte : Myrtus Communis attire les oiseaux qui dispersent ses graines (zoochorie)

-filaire Phillyrea angustifolia proche de l’olivier

-le Chamaeropsis palmier nain pousse spontanément en  Europe.

-Chêne-liège : Quercus suberus est un réservoir de biodiversité

-Daphne garou: Daphne gnidium.

-Genévrier cade : Juniperus oxycedrus  (extraction de l’huile de cade)

(si vous trouvez cet inventaire ennuyeux, je le trouve bien utile surtout pour les équivalents latins qui me permettent de me repérer dans les contrées non francophones où chaque botaniste connait le nom scientifique. )
Ciste
J’arrive au jardin des cistes cistes et lavandes marquent des milieux ensoleillés. les cistes ne sont pas encore fleuris. Je viens de lire dans Maurin des Maures de Jean Aycart qui appelle mussugues les coteaux couverts de cistes. Selon les explications, les incendies seraient « un bain de soleil pour les cistes ». Le feu profite aux cistes car il stimule leurs gaines et laisse des paysages ouverts.
Associés aux cistes : 
-la bruyère arborescente
-pins d’Alep : les mésanges consomment les chenilles processionnaires dans les nids. 
-lavandes des Maures 
 Le pistachier lentisque profite à la tortue d’Hermann qui s’y réfugie l’été et peut y passer l’hiver. 
J’aime beaucoup cet éclairage écologique qui envisage non pas les espèces végétales seules mais avec toute la biodiversité associée.
Villa Rayolet chêne-liège
De la villa Rayolet part le sentier qui descend à la Pointe de l’olivier et à la plage où se trouve La maison de la plage dans laquelle une exposition ; Le Jardin maritime met en évidence les adaptations de certaines plantes au milieu maritime . je retiens les Barbes de Jupiter que j’ai trouvées dans l’Estérel : leur feuilles possèdent des poils blancs capable de filtrer (retenir) le sel et dont la couleur claire est réfléchissante.
Barbe de Jupiter
je rentre en passant par le jardin chinois et ses bambous. tout un versant est couvert de pervenches curieusement blanches. Dans un vallon poussent aussi des fougères arborescentes. Dans les bambous et les fougères j’ai perdu tout sens de l’orientation et je retourne à la villa Rayolet alors que je croyais trouver l’accueil.
Pointe du Figuier
Cavalaire
Pour le pique-nique à la mer, il faut aller à Cavalaire sur la belle plage longue de 5 km. Je pars ensuite vers l’Est sur la Digue du chemin de fer en bord de plage. Mars est le mois des travaux pour la remise en place des paillotes, restaurants et autres établissements de bains. Il faut que tout soit prêt pour l’arriver des vacanciers et on y met les grands moyens ; tractopelles, grues, chenilles. On interdit le passage avec des rubans blancs et rouge qui délimitent des périmètres fermés à la promenade. Je contourne ces zones interdites en restant au plus près de l’eau et arrive à la Croix Valmer où plusieurs restaurants permanents sont regroupés le long d’une allée. une pizzeria me semble bien située. Et si nous revenions demain? 
Du Rayol au Col de Canadel
Rayol : escalier fleuri
Pour terminer cette belle journée, une petite randonnée, la montée à pied au col de Canadel. D’abord par l’escalier fleuri orné de belles jarres. La floraison sera pour un peu plus tard dans la saison. L’escalier construit en schiste. il compte 882 marches. A mi-pente se trouve une pergola circulaire : le Patek. A l’origine les marches montaient jusqu’au rocher du Drapeau mais maintenant la deuxième partie de l’escalier n’est plus entretenue, le sentier se rétrécit et devient très escarpé. Mon bâton télescopique prend du service et devient même indispensable dans le dernier tronçon où le chemin est éboulé. je prends appui sur le bâton pour me hisser quand els traverses de bois des marches ont été bouleversées. ici, encore le randonneur n’est pas le bienvenu. Les riverains ont installé du fil électrifié en bordure du sentier délimitant leur pelouse verte (il ne me semble pas que paissent ici des bestiaux. je pense à Caïn et Abel, à l’antagonisme entre sédentaires et nomades, le marcheur dans le rôle du nomade. 
Un étrange fanion métallique matérialise « le Drapeau » qui est le sommet qui domine Rayol-Canadel (318 m) rappelant des faits de guerre de la seconde Guerre mondiale. Une bonne piste descend vers l’ouest croise la piste forestière jusqu’au Col de Canadel (265 m).
Col de canadel
la randonnée a été courte (une heure seulement) mais avec plus de 300 m de dénivelée j’arrive toute en sueur.

 

Route des cols en passant par Gonfaron, la Garde-Freinet, toujours avec Maurin

CÔTE D’AZUR

 

Piquenique au col des Fourches où on trouve la route qui monte à Notre Dame des Anges perchée sur le deuxième sommet des Maures à 768 m La Sauvette (780 m). La 108 a grimpé assez de routes pentues qui tortillent pour la journée.  Nous piqueniquons au col .

Si nous avions lu Maurin des Maures de Jean Aicard avant de partir nous n’aurions pas renoncé à monter à la chapelle où Tonia, la Corsoise a fait le voeu de monter pieds nus pour que la Vierge la délivre de son amour pour Maurin. Dans une cahute, un ermite raconte de fameuses histoires et se fait même payer pour les raconter comme celle de la Messe de la Lièvre et celle d’ l‘âne de Gonfaron. 

le village des Tortues de Carnoules est l’étape suivante du circuit.  Les tortues de Hermann endémiques dans les Maures, victimes des incendies et du débroussaillage mécanique, sont accueillies dans le Centre de soin. Peut-on visiter le 15 mars?  Sont-elles sorties de leur hibernation? Dans le doute, je téléphone, le centre est fermé. 

Gonfaron

Selon le guide Vert, Gonfaron fut un centre bouchonnier. Selon Aicard, c’est surtout le village où les ânes volent  : 

« A Gonfaron les ânes volent. Les Gonfaronnais, des cent ans après, se dirent entre eux : « Du temps de nos pères les ânes volaient : si nous en faisions voler au moins un ? » Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand-
chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en lui soufflant, – sauf votre respect – par le trou que tous les ânes ont sous la queue…. »

la Garde Freinet

la Chapelle Saint Jean abrite l’Office de Tourisme et un petit musée.

la Garde Freinet

Au premier étage : une maquette du Fort Freinet dont on peut visiter les ruines : chapelle, four, caves et toutes sortes d’artefacts trouvés sur place : clous et fers d’équidés,  serpettes, points de flèches, grelots, scories témoignent d’une véritable industrie métallurgique.

exposition sur le thème du Ver à Soie avec des vidéos très intéressantes. On voit le ver en train de manger « la grande freze ». les étapes de l’élevage des vers est expliquée en détail : grainage : production des œufs, tri des cocons, papillonage : sortie des papillons. encabanage après la grande freze au bout de 30 jours on installe des haies de bruyère…

Cela me fait penser au livre Middlesex  de Jeffrey Eugenides que j’ai lu récemment.

Une autre exposition : SAUVONS NOS CHÂTAIGNES 

montre tout ce que vous avez voulu savoir sur les châtaignes…Les châtaigneraies sont de bons pares-feux mais les châtaigniers sont attaqués par une maladie fongique, le chancre de l’écorce, affaiblis par les insectes et la sècheresse. il faut donc renouveler les verger et greffer des sujets.

On montre le séchage des châtaignes, le décorticage, et les moulins à farine.

Dernière production locale :LE LIEGE

le chêne-liège, Quercus suber, ne supporte pas les sols calcaires et a besoin de précipitations annuelles d’au moins 600 mm. Il pousse donc à proximité de la mer. On procède à son écorçage tous les 12 à 15 ans, le levage du liège se fait à la hache (picoussin)

La fabrication de bouchons se faisait à la main : des photos montrent les bouchonniers autour d’une table, coupant d’abord des cubes puis les façonnant. Sont aussi exposées des Bruses : les ruches traditionnelles des Maures en liège.

Je n’aurai pas le temps de monter aux ruines du Fort, dommage.

Il est temps de rentrer au gite.  Sur la route entre La Garde Freinet et Grimaud  nous traversons des paysages calcinés par les incendies de l’an passé. les chênes lièges sont supposés ne pas trop souffrir du feu, ils sont quand même bien noircis, sans parler des pins. les buissons, bruyères ou arbousiers et genets se reconstituent. 

 

 

 

la Chartreuse de la Verne – Maurin s’évade

La Chartreuse de la Verne

Chartreuse de la Verne

L’hôtesse de l’office de tourisme me déconseille formellement de faire la randonnée seule de la Chartreuse vers la Môle, trop longue et difficile. La Chartreuse est accessible en voiture de Collobrières.

De Collobrières à La Verne : 12 km sur une route sinueuse très étroite. la montagne est couverte de châtaigniers. Des pancartes rappellent que le ramassage des châtaignes est formellement interdit et passible d’amende. Le parking est aménagé quelques centaines de mètres avant le monastère. il faut continuer à pieds sur une piste rocailleuse.

La Chartreuse se découvre ainsi de loin avec les toits de tuiles sur les cellules cubiques, ses hauts murs d’enceinte et son clocher. Quand j’arrive à la porte, je ne peux qu’admirer le très beau portail sculpté en serpentine verte qui se détache sur le très haut mur de schiste. Je suis toujours étonnée par les dimensions des Chartreuses que j’ai visitées.

Le mardi, pas de visite.

La première église romane fut consacrée en 1174, le monastère incendié à 3 reprises entre 1214 et 1318, pillé par les Sarrazins. Les reconstructions au XVIIIème siècle,  se sont succédé jusqu’à la Révolution. En 1968, l’Association des Amis de la Verne ont réalisé une rénovation impressionnante entre 1969 et 1982 jusqu’à ce que le monastère retrouve sa fonction initiale,  occupé par les soeurs de la Communauté des moniales de Bethleem de l’Assomption de la Vierge de Saint Bruno.

La Chartreuse de la Verne

C’est à La Verne que les gendarmes conduisent Maurin des Maures prisonnier et c’est d’une des cellules des moines que Le Roi des Maures réussit à l’évader. En 1908, le monastère n’a pas encore été rénové :

La Verne. C’est un couvent d’architecture romane et qui est tout ruines. Les encadrements des fenêtres et des
portes, les clefs de voûte, les consoles, les niches, sont en belle serpentine noire de Cogolin, et, luxe sur des haillons, ornent des murs dégradés où, dans les fentes, poussent des herbes. Le couvent est planté au bord d’un
plateau qui s’avance comme un cap sur le ravin. Au-dessous de la construction, des roches verticales, murs
naturels, prolongent par en bas ceux qui sont faits de main d’homme, en sorte que, du fond des ravins, le couvent paraît haut de toute la hauteur de la colline. Du pied de la roche montent, jusqu’au faîte de la toiture, des lierres collés aux murailles comme de gigantesques arborescences sur les pages d’un herbier démesuré.
[…]
le couvent est magnifique ainsi, au beau milieu des Maures, tout au bord de la forêt de vieux châtaigniers, si
vieux et si gros que chaque tronc peut abriter deux hommes, parce que le temps et les tonnerres les ont presque tous creusés, évidés, en ont fait, dit Pastouré, autant de guérites 

 

Châtaigneraie

Maurin offre le lapin cuit au romarin et aux herbes qu’il a dans son carnier. pour pouvoir déjeuner, il demande qu’on lui délie les mains. Comment refuser alors que le lapin est si appétissant et que les gendarmes ont grand faim.

Malgré le ravin profond Maurin va s’échapper…

Le circuit du Guide Vert nous conduit en direction de Gonfaron .

Piquenique au col des Fourches où on trouve la route qui monte à Notre Dame des Anges perchée sur le deuxième sommet des Maures à 768 m La Sauvette (780 m). La 108 a grimpé assez de routes pentues qui tortillent pour la journée et renonçons à nous y rendre! Nous piqueniquons au col .

le village des Tortues de Carnoules est l’étape suivante du circuit.  Les tortues de Hermann endémiques dans les Maures, victimes des incendies et du débroussaillage mécanique, sont accueillies dans le Centre de soin. Peut-on visiter le 15 mars?  Sont-elles sorties de leur hibernation? Dans le doute, je téléphone, le centre est fermé. 

Gonfaron

Selon le guide Vert, Gonfaron fut un centre bouchonnier. Si j’avais lu, à l’époque Maurin des Maures j’aurais savouré l’anecdote des ânes volants de Gonfaron. 

A Gonfaron les ânes volent. Les Gonfaronnais, des cent ans après, se dirent entre eux : « Du temps de nos pères les ânes volaient : si nous en faisions voler au moins un ? » Ils amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n’était plus bon à rien, pensant que si celui-là montait au ciel et ne reparaissait plus on ne perdrait pas grand-
chose ; et ils se mirent en posture de le gonfler de leur respiration, en lui soufflant, – sauf votre respect – par le trou que tous les ânes ont sous la queue….

la Garde Freinet

Un tour dans le Massif des Maures : route des cols jusqu’à Collobrières

CÔTE D’AZUR

Collobrières

Nous avons combiné les deux circuits proposés par le Guide Vert : La Route des Cols et la Route des Sommets (p. 77)

Nous quittons La Môle par la D.98 en direction de Hyères,  entre vignoble et forêt de chênes jusqu’au Col de Gratteloup où se trouve un arboretum, que nous passons à regrets, les arbres vus de la route sont magnifiques.

la D41 est plus fréquentée par les cyclistes que par les voitures, elle est très sinueuse et très étroite. Montée vertigineuse, épingles à cheveux, heureusement aucune voiture ne vient à notre rencontre.  les chênes-lièges sont impressionnants  mais on n’a pas prélevé le liège. Sous les arbres, des buissons surtout des arbousiers. Il y a de très belles échappées avec vue sur les îles d’Hyères.

A partir du Col de Babaou les chênes caduques et des châtaigniers remplacent les chênes liège . Un panneau nous met au courant de la réhabilitation de la châtaigneraie. En effet, les arbres semble en mauvais état. 

Collobrières

Collobrière surmontée de sa ruine : Saint Pons

Collobrières est la « capitale de la châtaigne » ou du marron. châtaignes et marrons sont le fruit du châtaignier. Si dans la bogue il n’y a qu’un seul fruit, gros et rond on l’appelle « marron« , s’il y en a plusieurs ce sont des « châtaignes« . Nous stationnons sur le parking de la Confiserie Azuréenne, ensemble de bâtiments  jaunes sur les bords de la rivière, comprenant une usine de marrons glacés, de crème de marrons et de crème glacée aux marrons, un petit musée du marrons où sont exposés les ustensiles accompagnés d’une vidéo qui raconte la récolte et la fabrication. De l’autre côté de la cour une boutique vend des marrons glacés sous toutes leurs formes ainsi que des fruits confits et du miel.

Collobrière pont de pierre sur le Real Collobrier

Une rivière,  Real Collobrier, traverse le village franchie par deux ponts et deux passerelles sur lesquelles sont installées les terrasses de deux restaurants. Un panneau signale les repères de crues : 4 crues importantes 1959, 1972, 2011 et 2014 . Quand je regarde le petit ruisseau qui s’écoule c’est difficile d’imaginer des crues destructrices. 

Près du pont de pierre, l’Office de Tourisme est installé dans une mignonne maisonnette. L’accueil y est chaleureux, l’hôtesse renseigne sur les randonnées dans le massif des Maures et sur les promenades dans le village et des parcours thématiques.

Collobrières Office de Tourisme

Un parcours géologique composé de 7 bornes mettent en évidence le métamorphisme. près du parking du stade, un panneau raconte l’histoire géologique des Maures : le métamorphisme aurait duré 100 Millions d’Années et se serait achevé au Carbonifère il y a 300 MA. Collobrières possède aussi un musée géologique, fermé hors saison.  Malgré le plan détaillé je ne trouve pas les bornes. La carte géologique signale  des affleurements de gneiss, des micaschistes à grenats, des amphibolites et leptynite ainsi que des phyllades.

Collobrières place de la Libération

La promenade dans rues, ruelles et places est tout à fait charmante. Nombreuses places ont des fontaines ; l’une d’elles le 15 Aout, ruisselle de vin(nous sommes dans un pays de vignerons) . Je suis le plan :  rue Voltaire à la rue Marat, rue Galilée, Kepler et Pasteur, cette toponymie révolutionnaire et scientifique m’enchante. De ruelles en passages j’arrive sur la place Castrale où s’élevait l’ancien château. Un peu plus haut les ruines de l’église Saint Pons domine le village, fière ruine actuellement en réhabilitation. Le clocher, devenu dangereux a été abattu au 20ème siècle. Derrière Saint Pons commence le chemin botanique, trop tôt dans la saison pour me tenter.

De nombreuses randonnées sont possibles au départ de Collobrières.

C’est aussi trop tôt pour aller au restaurant, il y en a pour tous les goûts (et les bourses) du très simple Chez Pa’ avec des burgers et des pâtes, des très chics, et les terrasses sur la rivières qui proposent des menus provençaux.