Monsieur le Ministre, Nous soussignés, habitants de la commune de Chaudun […] avons l’honneur de vous adresser respectueusement la requête suivante. Il n’est douteux pour personne qu’un des tristes privilèges conférés par la nature au département des Hautes-Alpes est celui de compter parmi les plus pauvres et parmi ceux où les conditions de l’existence sont les plus rudes et les plus précaires. Les montagnards alpins, sans cesse aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille. Pour ces déshérités de la nature, le combat de la vie est terrible, continuel et souvent fatal.
Privé de toute communication avec les villages environnants, enfoncé dans les replis abrupts de rochers dénudés, Chaudun est éloigné d’environ 19 kilomètres de son centre d’approvisionnement. L’élévation des montagnes, l’extrême déclivité de leur pente, le mauvais état des sentiers rendent le parcours du pays excessivement difficile et périlleux.
Vaincus par l’indigence, nous avons l’honneur de proposer au gouvernement l’achat du territoire de notre commune. »
p. 44 du livre de L Bronner
Chaudun évoque tant de promenades en montagne en Dévoluyoù j’ai passé mes vacances d’été pendant plus de trente ans.
Col de Rabou
Chaudun, c’était à l’ombre du Pic de Bure, entre Dévoluy et Champsaur, une montagne sauvage au delà du col du Noyer du col du Rabou où je n’ai pas eu le courage d’aller seule tant l’endroit est perdu. Vague souvenir d’une randonnée accompagnée il y a si longtemps. Je m’y suis installée souvent au-dessus du Col de Rabou avec mes jumelles cherchant mouflons et chamois ou surveillant les rapaces : une fois j’ai même vu un aigle chassé par un vol de choucas agressifs. J’aurais dû emprunter le sentier des bans en balcon au dessus du vallon. Chaudun est resté le graal, inatteignable pour la randonneuse solitaire.
Dès que j’ai vu le titre « Chaudun, le village sacrifié » de Jean Luc Fontaineje l’ai téléchargé dans la liseuse, sans me douter qu’il existait un autre livre « Chaudun, la montagne blessée » de Luc Bronner(Seuil) que j’ai également téléchargé sans même m’en rendre compte. Un troisième ouvrageLe destin brisé d’un village françaisde Pierre Bussière raconte l’histoire de ce village que les habitants, qui, dans une pauvreté extrême, l’ont cédé à l’Etat et ont dû abandonner leurs maisons en laissant la porte de leur maison ouverte.
Chaudun, le village sacrifié de Jean-Luc Fontaine
J’ai commencé par le livre de Jean-Luc Fontaine : Les trois premiers chapitres se déroulent à Chaudun
« Ce village de bouscatiers têtus est l’un des plus pauvres du canton, il est bâti là, coincé entre ces hauts sommets enneigés une grande partie de l’année.
(…)
Pour survivre les habitants n’ont d’autre solution que de continuer inlassablement à couper des arbres. »
Alimenter en énergie les machines de la Révolution Industrielle. a la fin du siècle, ils ont tout déboisé:
« Là où il y a encore quelques années la forêt prospérait, rien ne repousse, sans les racines qui s’ancrent sous terre et maintiennent le sol, les éboulements deviennent fréquents, les sangliers, chamois et bouquetins s’en vont ailleurs, privant les chasseurs d’un gibier bienfaiteur. Arides, les versants deviennent dangereux. »
En dehors du bois, quelques troupeaux et de pauvres champs. Mauricette, petite bergère, privée d’école parce que fille, a appris seule à lire et rêve de liberté et de grands horizons. Avec son amoureux Elzéard, ils s’enfuient à Marseille avant que le village ne soit déserté. La suite du roman raconte les amours de Mauricette et de sa fille , Marie, née en Argentine revenue à Marseille en 1939 juste avant que n’éclate la guerre. Résistance, déportation, Marie, se cache à Chaudun sous la garde d’ Elzéard.
Je suis un peu déçue, pas assez de vie en montagne. Le roman s’est éparpillé dans la romance.
Une belle surprise tout de même : déplorant le déboisement, Mauricette a semé des glands, Elzéard poursuit les semis de la bergère, et rencontre un certain Jean Giono . Elzéard serait-il le héros de L’Homme qui plantait des arbres que j’ai tant aimé?
Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner (Seuil)
Contrairement au roman précédent qui est une fiction, le livre de Bronner est une enquête historique rigoureusement menée sur tous les témoignages que l’auteur a pu trouver, au cimetière et à l’Etat Civil, dans les registres de l’armée, dans les documents de la paroisse et de l’évêché, les rapports de l’Inspection Académique, des Eaux et Forêts… et dans la Presse de l’époque.
Et le résultat est passionnant! Nous imaginons la vie du village dans ses moindres détails, de la naissance à la mort des habitants. Nous connaissons leurs noms (quelques familles), le nom des maires, des curés ou des instituteurs. L’auteur a même retrouvé l’inventaire du mobilier de la pauvre église. Nous connaissons la taille, la forme du menton et du nez des conscrits pour le Service militaire (l’armée est une bureaucrate tatillonne).
Pas de roman, pas de fiction, mais tant de détails de la vie.
L’Homme qui plantait des arbres n’est pas un berger-ermite. Il n’aurait pas pu rencontrer Giono dans sa randonnée, c’est un fonctionnaire des Eaux et forêts : Le Vérificateur général du Reboisement. On ne planta pas au hasard des promenades des glands dans des trous mais on fit appel à des équipes de planteurs, parfois des italiens
« la République veut effacer le désastre des humains ; la République va donc replanter des arbres par milliers, en réalité par millions, une fois l’homme parti.
Les équipes de planteurs se composent généralement de 30 à 40 personnes,
63 000 feuillus et 3 363 280 résineux, des mélèzes, des pins noirs, des épicéas, des pins cembros, des pins à crochets, des pins sylvestres.
Chaudun, ce sont des millions d’arbres qui ont été plantés après le départ de l’homme… »
Renaissance de la montagne : en l’absence d’activités humaines, la nature a retrouvé ses droits, la biodiversité est remarquable, le loup est revenu, une orchidée rare pousse. Un territoire difficilement accessible est devenu une réserve intégrale. Et l’auteur nous livre avec gourmandise l’inventaire de ces richesses nouvelles, flore et faune.
Il existe un troisième ouvrage racontant l’histoire de Chaudun : c’est le livre de Pierre Bussière : Le destin brisé d’un village français (pocket) je l’ai inscrit dans mon pense-bête de babélio, pour plus tard!
Après de très belles journées ensoleillées, la dépression attendue est arrivée à grand fracas : vent et averses, pendant la nuit. Dès 10 heures du matin, elle est déjà passée. Cette météo pessimiste ne nous a pas incitée à préparer la randonnée et le pique-nique mais plutôt à prévoir un déjeuner le déjeuner de crêpes que j’attends depuis le début des vacances.
J’ai pris mon bâton de marche en prévision des chemins mouillés et glissants et je trouve le GR à deux pas de notre gite de Saint Antoine le long de l’Aber Wrac’h vers l’intérieur. Je me méfie, dimanche dernier, je me suis perdue à Kerviré, une ferme un peu à l’écart de la côte, j’avais fait au moins 3 km de plus pour retrouver le sentier (grâce au GPS de Visorando) . Au lieu de suivre le chemin agricole dans les maïs, je trouve le GR qui s’engouffre dans les taillis, petite trouée que je n’avais pas remarquée, le chemin creux est aussi bien gadouilleux, je me félicite d’avoir mon bâton. j’arrive rapidement au chantier naval où une belle épave est répliquée à neuf. Un jeune homme explique qu’ils ont prélevé les 3 mâts pour les mettre sur le nouveau bateau. C’est un gros chantier : 30 charpentiers y travaillent parfois.
Encore une petite grimpette et j’arrive sur l’aber près du petit port à côté du Pont de Paluden où se trouve la petite Crêperie du Pontoù nous avons réservé une table. Dans une ancienne maison de pierre deux salles sont meublées traditionnellement : tissu à carreau rouge et blanc, vieux et lourds meubles sculptés en bois sombre, une belle cheminée de granite. nous commandons des galettes Mont d’Arrée(chèvre chaud et miel) et Océane (saumon) et deux crêpes paluden (pommes caramel au sel) pour dessert.
Le soleil brille, je reprends le GR à la Plage de Saint Cava où nous avions piqueniqué dimanche. Entre le Pont Paluden et Saint Cava, le GR suit la route, puis s’éloigne de l’Aber en prenant de la hauteur sur un bon chemin agricole à 50 m au dessus du niveau de l’eau. Chemin facile, tout droit dans les champs de maïs qui descend au niveau du lieu-dit Perros en suivant une petite route. Après, c’est un peu compliqué parce que la côte est construite et qu’on ne peut pas suivre le littoral, il faut contourner les maisons (ce n’est pas très bien balisé non plus).
Après la plage de Saint Cava, le sentier colle bien à la côte, impossible de se tromper, une plage est bordée de restaurants, la pointe en face des phares de l’île Vierge – vue spectaculaire . A un tronçon plus sauvage vers Reun, succède une pointe un peu plus construite avec de jolies maisons bretonnes fleuries. Enfin, je retrouve Dominique à Porz Gwenprès de viviers. Mais c e sont aux viviers de Paluden que nous achèterons les dernières moules des vacances!
Départ de Korejou et à la petiteîle de Penn Enez accessible en voiture jusqu’à la Maison de la mer qui abrite le SNSM, un club nautique et un club de plongée. Le reste de la petite île est encore sauvage et herbue. La petite maison du garde date de Vauban qui a fortifié la côte et le Fort Cézonsur une petite île de l’Aber Wrac’h. Le GR fait le tour de l’île.
Marin de pierrer de François Breton
Vers le large un marin de pierre regarde vers le large. Je reconnais le style de François Breton vu à l’Abbaye des Anges et la grande Vierge à l’Enfant de Lilia.Un peu plus loin on voit une femme de pierre qui se tient sur un rocher.
Un ensemble de sculpture forme un Calvaire accompagné par un poème de Xavier Grall. L’œuvre est inachevée, un peu disparate. Les bas-reliefs racontent la vie des marins et des pêcheurs, on y voit aussi des bateaux.
Le GR34 se confond avec la route jusqu’à Moguéran puis il suit une petite pointe rocheuse jusqu’à la plage de Zorn. je marche dans un chemin creux, les buissons forment des arceaux. S’il pleuvait je pourrais marcher au sec sous cette voûte. Mais aujourd’hui, le ciel est sans un nuage. je m’amuse à faire des photos à travers les frondes des fougères.
A travers les fougères
Après la Plage de Zorn, le GR grimpe dans la colline; fougères et prunelliers forment un chevelu végétal impénétrable. je découvre d’en haut la Plage du Vougo, inaccessible. Après cette belle grimpette et le détour puis la descente parmi des maisons qui n’étaient pas détectables sur la carte je parviens enfin à la longue plage de sable fin, de temps en temps barrée par des amas rocheux qu’il me faut escalader. Le GR est tracé dans la dune appelée la Sècherie.
Salle à manger de luxe
Dominique m’attend à la Pointe près d’un centre nautique. Elle a sorti les chaises de camping dans une luxueuse « salle à manger » : des blocs de granite qui nous abritent du vent et elle est tapissé d’un vert et doux gazon. Le poissonnier de l’Intermarché de Plouguerneau a cassé les pattes de tourteau. Soudain, le vent forci et les morceaux de chair de crabe péniblement extirpés des pinces risquent de s’envoler. le soleil s’est caché, de gros nuages gris obscurcissent le ciel. le froid tombe. Repli dans la voiture.
Nous avions prévu d’emprunter la digue qui relier Le Curnic à Nodeven et qui enferme une lagune, site ornithologique réputé. Avec le vent fort, l’observation des oiseaux est inconfortable et il n’y a que quelques canards impassibles.
Guisseny est un village très tranquille à l’heure de midi.
Nous contournons un petit aber : Port de Tresseny en voiture . Le soleil est revenu. Je reprends la promenade juste avant Neiz Vran contourne un petit cap puis parcours pieds nus la longue plage de Kerlouarne sur le sable fin et doux.
Menez Ham, au bord de la carte IGN 0416 est un lieu touristique avec un grand parking, des attractions et des restaurants. Mais il est tard et les nuages sont très menaçants. Nous rentrons donc (25000 pas au podomètre)
La promenade le long de l’Aber Benoit est une des plus belles de la région. Mais attention! Elle est plus longue qu’il n’y paraît. Félicitations à l’Office de Tourisme ou à la Mairie : le parcours est très bien entretenu. le début après le pont à Tréglonou est bien signalé. Les marches solides sont équipées de grillage antidérapant. Parfois on a installé une rambarde ou une corde. J’avais pris mon bâton de marche par peur des glissades. Aucun souci de ce côté là. Le bâton facilite les petites montées raides. C’est donc une randonnée facile en sous-bois de hêtres, châtaigniers, près de l’eau à marée haute. Le miroir de l’eau est calme. on voit de nombreux oiseaux. Le sentier colle aux renfoncements imprévus et aux petites pointes, l’évaluation de la distance en comptant un index pour 250 m sera complètement fausse.
des surprises : un manoir caché, une petite guérite de pierre, une plage…je marche parfois entre de très hautes fougères. Un ruisseau je jette dans l’aber, formant une profonde échancrure que je confonds avec celle du Garo de la vallée des Moulins. L’heure tourne, je ne pourrai pas faire le détour par les moulins qui me tentait.
moulin
Cette dernière partie de la balade s’éternise. Je monte des marche, le GR s’éloigne de l’eau, monte sur des petites routes, contourne des propriétés . les six kilomètres deviennent onze.
J’arrive enfin à Saint Pabu au quai deStellac’h. Je passe devant un chantier naval avec d’assez gros bateaux et de grands catamarans. plus loin, se trouve le petit port avec le club nautique où Dominique m’attend pour un pique-nique délicieux avec les rillettes de thon de la Cancalaise, du pâté au poivre vert et kouing aman.
Après midi : tour de la presqu’île Sainte Marguerite entre l’Aber Benoit et l’Aber Wrac’h. Dominique me lâche dans l‘anse de Brouesnou . Je découvre de très belles plages de sable découvertes par la marée basse, me déchausse et préfère marcher pieds nus que suivre le sentier. Approchant de la pointe , je devine le phare de l’île Vierge qui annonce l’Aber Wrac’h. La pointe est rocheuse, il y a de beaux thuyas. Le Fort Cezon(construit par Vauban)coiffe une petite île accessible par marée basse.
Fin de la soirée au Sémaphoreun trois mât passe sur l’eau bleu marine.
Je me faisais une joie de cette exposition – bonus en plus de Répine. merveilleux, enchanteur, poète…les qualificatifs des critiques sont très élogieux. A l’entrée du Petit Palais les briques de verre bleue formant la rivière ne me convainquent pas, d’autant plus que le technicien les frotte avec de grandes lingettes jaunes jetables. On ne connaît pas les chiffons et les serpillières dans le monde de l’Art Contemporain?
La marque de fabrique du plasticien : les perles de Murano
la Couronne de la Nuit
la Couronne de la Nuit qui coiffe l’escalier prend bien sa place, mais ne m’éblouit guère. Encore des perles!
le complexe de Narcisse
Il fait descendre au niveau bas pour découvrir le Complexe de Narcisse ou des colliers de perles de verre de Murano forment des nœuds. C’est joli, brillant mais un peu gratuit. Il faut des explication préalable pour imaginer l’homme-fleur qui se mire dans le miroir de l’eau.
xx
Dans le jardin, ce sont des perles d’or qui forme le Lotus d’Or
Lotus d’or
je suis un peu déçue, j’avais beaucoup aimé les fontaines de Versailles.
Nous avons terminé en musique ce beau dimanche, au Café du Port de l’Aber Wrac’h. Sur une petite scène installée au fond du jardin, trois musiciens : un rouquin à bouille rigolote, accordéon et clarinette, un guitariste guitare et bouzouki, et le chanteur en maître de cérémonie: petit chignon sur le haut du crâne, petit gilet serré et boucles d’oreilles.
Ils chantent de vieilles chansons maritimes du Boulonnais. Trouvées dans les carnets de chanson, écrites par des gens du peuples, marins, conscrits mais aussi des femmes, parfois en patois boulonnais.
Chansons inconnues de moi, surprenantes. Chansons d’un autre siècles, certaines ont plus de ans. Accompagnement inattendu: clarinette jazzy, bouzouki chamarré, pas du tout grec par ailleurs. mandoline miniature. Ces instrument sont de beuax objets .
Si les marins sont boulonnais ou originaires des villages entre Boulogne et Calais, les airs naviguent entre Antilles et Algérie.
En saison, les visites guidées se succèdent toutes les heures. Le dernier dimanche de septembre est la dernière occasion de visiter l’Abbaye. Je ne suis pas seule à la visite de 16 heures.
1507-1509 : des Franciscains s’installent après 60 ans sur l’île Vierge où les conditions de vie étaient très difficiles. Les derniers frères quittèrent l’Abbaye en 1791. Un particulier y tint une auberge et un hôtel jusqu’en 1936.
En 2002 commença la restauration. Plus qu’une visite historique, c’est celle d’un chantier de restauration encore en cours, passionnante!
Abbaye des anges : porte
On entre sous une arche au motif des choux frisés. le conférencier nous explique que l’église fut endommagée après que des aviateurs américains en 1917 en avaient démonté les poutres pour la construction d’une base aérienne à proximité. Les Compagnons du Devoir ont reconstruit la chapelle. La couverture est en ardoises de Sizun : la taille des ardoises est décroissante à mesure qu’on monte, ce qui facilite le travail des couvreurs et qui donne un aspect plus élégant.
Abbaye des anges : sablière sculptée motif marin
A l’intérieur la voûte est en carène de bateau renversée. Le sculpteur Bernard Duvillers, avec l’aide des jeunes du Père Jaouen qu’il a formé a sculpté des poutres de la chapelle : les sablières – poutres horizontales sont décorées de motifs marins du côté de la Mer et des animaux et végétaux terrestres du côté Terre. Les engoulants aux extrémités des poutres représentent des animaux fantastiques.
sablière motif terrestre
Dans les murs on remarque des trous circulaires, ce sont les cols de poteries: 122 pots acoustiques en céramique améliorent l’acoustique de la chapelle – 60 sont d’origine. En projet, des concerts auront lieu ici dès 2023.
Les vitraux sont aussi remarquables, œuvre du verrier d’art de Nantes Eric Boucher . Le verre thermoformé est constitué de trois couches ce qui leur confère du relief.
Abbaye des Anges : mur de séparation du chœur et pots acoustiques
Un mur de séparation (1792) isole le chœur de la nef, pour séparer les Récollets des laïcs.
La Bibliothèque des moinescontenait 1200 livres à la Révolution. Il reste une galerie ouverte marquant la limite entre le cloître occupé par le jardin des simples – Haute-Cour consacrée à la vie religieuse et la Basse-Cour où se trouvait le puits, les logements des frères converts, le pigeonnier, la buanderie et l’écurie où se déroulait la vie quotidienne.
Abbaye ds anges : fontaine
Deux petites sculptures ont été réalisées par Joseph Pinchon. A côté d’une petite source à l’extérieur des murs il y a également une statue :La Vierge et l’Enfant du sculpteur local François Breton dont nous allons voir d’autres sculptures dans la région.
Joseph Pinchon, (1871 – 1953) l’inventeur de Bécassine, illustrateur, a aménagé toute une aile pour en faire une résidence qu’on peut visiter et admirer les décors originaux.
26 septembre : dernière occasion pour visiter l’Eco-musé des Goémoniers et de l’algue, en octobre tout sera fermé!
Dès l’entrée, une présentation des algues selon la zonation
dans les grands fonds : les algues rouges fixent le calcaire. Le maerl forme des amas solides, il est utilisé en agriculture, dans le traitement des eaux et en chirurgie osseuse
les laminaires, algues brunes disparaissent en dessous de 25 m. Des échouages permettent la récolte. jusqu’au 20ème siècle les laminaires fournissaient l’unique source d’iode. On a aussi mis en évidence le relâchement de grandes quantité d’iode dans l’atmosphère en situation de stress (fort ensoleillement à marée basse)
sur l’estran : les ulves . leur développement est dépendant de la quantité d’azote. Le fucus vesiculus et ascophyllum sont capables de supporter des variations de température et de salinité. On les utilise pour faire des engrais.
Historique de l’exploitation du goémon
A l’origine le goémon servait à l’amendement des terres en particulier dans le Léon pour les cultures maraîchères.
Dans les îles il servait de combustible.
les exploitations industrielles : soude pour la fabrication du verre, iode, récemment , alginates.
25 tonnes de laminaires, séchées donnaient 5 tonnes de matière sèche, 1 tonne de soude et 15 kg d’iode.
tonne d’algues donne 30 à 40 kg d‘alginates utilisés comme épaississants alimentaires, dentifrices, gaviscon…
les carraghénanes entrent dans la composition des desserts lactés, des crèmes flans, mousse au chocolat…
Le travail des goémoniers était une activité de complément pour les petits agriculteurs. Il suffisait d’adapter les outils agricoles pour la récolte du goémon. Les agriculteurs pauvres l’utilisaient à la place du bois de chauffage, ils s’en servaient comme bourre pour les matelas, même de nourriture, on confectionnait des sortes de flans. Enfin pour la teinture des coiffes ou comme soin de beauté. C’était un travail pénible, toute la famille y travaillait et on connaissait peu de protection sociale. L’exposition montre ces conditions de travail, les outils et aussi les bateaux : les sloups
La recherche scientifique est développée dans la région. On mesure la biomassepour ne pas épuiser la ressource. Une vidéo passionnante montre les méthodes de mesure , sur place comptage dans des cadres, ou par des photographies aériennes et des mesures physiques.
Bien que le musée ne soit pas imposant de l’extérieur, il faut compter près de 2 heures pour lire tous les panneaux. Et encore! je n’ai pas vu les vidéos.
Nous avons tourné dans la campagne avant de trouver la flèche de bois indiquant le Lavoir en descendant la route de Landeda. Nous étions arrivées trop tôt et avions fait une halte au Port de l’Aber Wrac’h à l’Office de Tourisme.Les indications de nos hôtes ne correspondaient plus et le GPS s’entêtait à nous faire passer par un sens interdit.
Une belle maison de bois très contemporaine est construite en contrebas du jardin sec : graminées, arbustes et fleurettes des Pâquerettes des murailles et agapanthes dans des copeaux de bois. De grands baies vitrées laissent largement pénétrer le soleil sur trois orientations dans la grande salle meublée avec une grande table, six chaises de skaï orange, coin salon avec deux canapés et une télévision écran plat XXL. Dans un placard peint nos hôtes ont laissé à notre disposition toute une bibliothèque, Guide Vert et beaux livres sur la Bretagne. La cuisine laquée de blanc contient tous les accessoires, four, lave-vaisselle, micro-onde, robots et des plaques à induction. Le réfrigérateur est caché par une porte de bois brut sous l’escalier d’où on peut tirer un plan de travail supplémentaire et un tiroir profond pour les sacs des courses et les réserves.
La chambre du rez-de-chaussée a un lit King size, avec de jolis coussins et une tète de lit très originale, porte lazurée de gris . Une guirlande de boules de verre comme des boules de Noël qui s’éclairent. En guise de table de nuit, un casier de bois accolé au mur.
A l’étage se trouvent de belles chambres et une salle de bains. Nous n’y sommes montées qu’une fois pour visiter.
Accueil parfait, situation parfaite, proche du port et du GR34. Les courses sont à Lannilis (grandes surface) et à Landeda (superette et excellente boulangerie).
La surprise c’est le ruisseau qui coule au milieu de la pelouse et surtout le lavoirde l’autre côté du muret : un enchantement!
J’ai rencontré Léonora Miano dans Téléramaqui lui a consacré un long article avec ce titre:
Léonora Miano : “Je déplore la tendance du féminisme à vouloir tout coloniser”
J’ai été interpellée par cette phrase et par ses accusations envers les féministes de victimiser les femmes africaines. J’ai voulu en savoir plus et j’ai chercher un de ses livres.
Au hasard, j’ai téléchargé Rouge Impératrice. 600 pages, 11 jours d’une lecture laborieuse.
C’est une dystopie : le roman se déroule au XXII ème siècle dans un état-continent Katiopa, sans doute l’Afrique mais sans plus d’indication géographique. Je suis mauvaise lectrice pour les dystopies : j’ai du mal avec la géographie inventée, les langues inventées, les diverses innovations techniques. Leonora Miano a prévu un glossaire, je m’y suis souvent référée, ce qui a ralenti la lecture. J’espérais retrouver des ambiances africaines, des saveurs, des animaux, les arbres…l’univers est aseptisé, dans cette Katiopa moderne on se déplace en superTGV qui traverse le continent, un tramway et des bicyclettes électriques, et des passerelles électrifiées sont installées dans des villes piétonnières où seuls les privilégiés ont des véhicules personnels…pas très exotique.
Rouge Impératrice est un roman d’amour : Boyadishi, la quarantaine, universitaire, évidemment, très belle, très séduisante, très libre, est remarquée par Ilunga qui est le chef d’état de Katiopa. Ilunga aussi est très intelligent, très beau, très puissant (puisqu’il règne) ; il n’est pas aussi libre, il est marié mais ce n’est pas un problème puisque la polygamie est la règle et qu’il vit séparé de sa femme lesbienne. Les deux quadragénaires parfaits filent le parfait amour. Trop de perfection nuit à la littérature, à mon goût tout au moins. Et les passages érotiques m’ennuient prodigieusement. Heureusement il y a des méchants, Sheshamani, la lesbienne et Igazi, le ministre de l’Intérieur (cela ne s’appelle pas comme cela à Katiopa). il y a aussi l’amant que Boyadishi a éconduit et qui veut se venger….
Rouge Impératrice peut aussi être lu comme fable politique. Katiopa s’est libérée du colonialisme vient de s’unifier et à vit en autarcie dans le rejet total des anciens colons. Par une inversion (que je ne suis pas arrivée à éclaircir) l’Europe est anéantie et les anciens colons deviennent des réfugiés : les Sinistrés. Quelle politique adopter vis à vis de ces Sinistrés : les expulser ou chercher à les intégrer?
« Cependant, il pouvait se révéler néfaste pour la société d’abriter en son sein un groupe humain amer et revanchard. »
Au cours d’une allocation télévisée Ilunga fait cette déclaration:
« Katiopa, tu l’aimes ou tu le quittes.
Cela sonnait bien, et on avait en effet les moyens d’une telle politique. »
Cela ne vous évoque rien?
« Elles refusaient que ces étrangers fassent l’objet d’un rapatriement forcé, mais se satisfaisaient de les voir mordre la poussière, faire l’expérience de l’infériorité, de l’invisibilité, du silence. Ce n’était pas le comportement le plus charitable, mais c’était ainsi, le passé avait laissé des traces. Sans se l’avouer, on se réjouissait de voir les maîtres de l’ancien monde réduits à leur plus simple expression humaine, passés de premiers à derniers. Cette petite revanche n’avait pas encore duré assez longtemps pour que l’on en soit repu. Le mokonzi devait tenir compte de cela. »
Un autre groupe se distingue, des sortes de hippies, babas cools qui ont fondé des communautés qu’il convient de surveiller mais qui s’avèrent peu dangereux.
Malgré les lourdeurs du style pompeux, malgré mon désintérêt de l’histoire d’amour, les aspects politiques, les rapports des hommes et des femmes m’ont assez intéressée pour que je poursuive cette lecture.