Amélie-les-bains, premières impressions

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Céret : le Canigou enneigé
Céret : le Canigou enneigé

Le merle a chanté à 5 heures ce matin, j’ai pensé à Roméo et Juliette ! Peut- être avait-il froid ? Soleil éclatant, neige étincelante sur le Canigou mais le pare-brise était gelé ; il a fallu gratter. Pourvu que les arbres en fleur ns’aient pas trop souffert !

Amélie-les-Bains

Amélie-les bains

Amélie-les-Bains est plus souriante que samedi sous la pluie. Les curistes rejoignent les thermes avec leur sac et pressent le pas. Les boutiques ouvrent les commerçants sortent les vêtements soldés sur des portants. Tourisme vieux ! Chemises de nuit en flanelle des marcels blancs. Heureuse trouvaille, un libraire vend des livres d’occasion : beaucoup de romans à l’eau de rose et Harlequin, sans doute appréciés des curistes, mais aussi des beaux livres, même Citadelle et Mazenod. Je retournerai sûrement fureter !  Amélie vit encore au 20ème siècle, pas de boutiques « de marques » à la mode, pas de téléphones mobiles, un photographe, des souvenirs à l’ancienne. Le bijoutier est spécialisé dans les grenats, de toute beauté et originaux ! De nombreux restaurants proposent des menus à des prix raisonnables.

Je commence par explorer la petite ville toute en longueur le long de la Tech. La circulation est en sens unique : on monte le long de la rivière et on redescend par l’avenue du Vallespir : la route principale. Les établissements thermaux dominent la ville : en voiture, il faut faire une grande boucle ; à pied une rue pentue y conduit. Une petite église se trouve à mi- pente. Si les boutiques rappellent les années 60, l’architecture est encore plus ancienne, début de 20ème siècle. Toits pointus, balcons tarabiscotés, décoration de carreaux de céramique.

J’arrive au bord de la rivière, une promenade est aménagée dans un parc puis le sentier continue plus sauvage parmi les buissons. Le torrent a emporté deux personnes en 2011 dans une crue, le sentier s’arrête et la promenade tourne court.

Nous déjeunons au gîte sur la table de jardin au soleil.

 

Collioure : Fort Saint Elme

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Fort saint Elme

Pour pique-niquer, changement de décor : le Fort Saint Elme perché sur une colline à 160 m d’altitude, accessible en voiture.Très jolie balade dans les vignes de Banyuls sur des terrasses petites et très soignée. La route très étroite, est à sens unique, mais nous ne le savions pas. Un peu d’excitation, et si quelqu’un venait en sens inverse ? Nous nous arrêtons pour des photos, avec les ceps en premier plan, avec un arbre tout blanc (peut être un poirier ?) des genêts jaunes…La route décrit une grande boucle passe devant un autre fort : le fort Dugommier moins imposant que le Fort Saint Elme.

Les vignobles de Collioure et de Banyuls

Devant le Fort Saint Elme,  il y a un petit parking, en saison un petit train y accède, pas aujourd’hui. La plupart des visiteurs sont venus à pied par le sentier (30 minutes à la montée raide, 15 environ pour descendre).

banyuls cep de vigne

La visite n’est pas guidée mais commentée. Le gardien me raconte l’histoire du fort : au début les Maures avaient construit une tour pour surveiller la terre et la mer. Il existe d’autres tours dans la région La tour Madeloc(656 m) et la Tour  de la Massane(800m) qui sont des tours à signaux. L’une d’elle est surnommée en catalan la tour du diable à cause de l’essaim de chauve- souris qui s’en échappent par temps d’orage. Charles Quint décida de restructurer les défenses de Collioure et fit entourer la Tour d’une enceinte en étoile à 6 pointes et d’installer des pièces d’artillerie. En 1552 les travaux furent achevés. Plus tard Vauban améliora la forteresse en construisant une troisième enceinte.

armure dans l’escalier

Après le tour des extérieurs, le gardien complète les explications à la base des marches « coupe-souffle » que l’ennemi devait monter en file indienne chargé de son équipement, d’au moins une dizaine de kg. Des portes très étroites devaient l’obliger à ralentir. Au premier pont-levis des archers gardaient la porte. Un carreau tiré sur le premier assaillant faisait chuter les autres selon l’ »effet-domino ».  Des assommoirs étaient  prévus à la deuxième porte, tandis que, par les meurtrières, ont pouvait lancer toutes sortes de projectiles ; pas d’huile bouillante ni d’eau selon mon conteur ce sont des matières bien trop précieuses pour les gardiens de la forteresse, plutôt de la poix (résine) et des cailloux. La tour était donc imprenable (elle fut quand même prise une fois).

Après la « pénible » montée je découvre le petit musée avec des cottes de mailles, des armures des casques dont beaucoup de morions espagnols.

De nombreux panneaux délivrent un cours d’histoire . Charles Quint (le bâtisseur du fort) ses possessions, ses voyages, son blason… . Soliman, autre un personnage marquant avec ses corsaires (j’ai retrouvé Barberousse et le célèbre Dragut (rencontré à Malte et à Djerba) .

En revanche, François 1er joue le mauvais rôle,  traître qui n’est pas de parole allié des Turcs.

Le siège du fort de Salses

Une surprise pour moi : la Fresque du Moli dels Frares,   découverte en 1997 en Espagne près de Valence,  illustre la Guerre de Trente ans (1618-1648) en Catalogne du nord ainsi que les différents sièges de la Forteresse de Salses. Son auteur semble être un italien.

La descente sur Collioure est une très agréable promenade qui passe par le Moulin de Collioure. Il est très ancien, on conserve la preuve que « le chevalier Raymond de Toulouse, procureur du Roi de Majorque, céda à Jacques Ermengard la parcelle pour y édifier un moulin à grain.

Musée de Collioure

Le sentier continue dans une olivaie et arrive au musée au milieu d’un joli jardin avec des arcades comme un cloître.

Exposition temporaire Jacques Capdeville: Les Nanas

Nana Jacques Capdeville
nana dejacques Capdeville

De grands tableaux souvent sur des toiles sans cadre représentent le visage d’une femme sur un fond le plus souvent laissé blanc, de grands yeux dépassent du visage, cils et sourcils hérissés, cheveux en toupet ou en pétard ; elles tirent la langue. Certaines sont blondes aux yeux bleus. D’autres sont noires. Toutes les Nanas ont un sacré caractère. Je les aime bien mais je trouve l’exposition un peu répétitive. Je regrette l’absence des collections permanentes. Certes, je n’ai pas été privée de Collioure après la grande exposition Derain à Pompidou.

Nana de Jacques Capdeville

Collioure le village et le château royal

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Le fort de Collioure

Au réveil, pas un nuage ; allons voir la mer !

Collioure, 36 km en passant par le Boulou,  sur des voies rapides parallèlement à la chaîne des Albères. Les sommets sont saupoudrés de neige, tandis que derrière nous, le Canigou est bien blanc. De chaque côté de la route, des vergers de pêchers fleurissent rose, c’est une merveille ! j’espère seulement qu’ils ne pâtissent pas des températures frisquettes de ce matin. Les mimosas sont encore jaunes. On a taillé les vignes, les ceps sont bien propres, alignés sur les restanques.

9h30, sur le bord de l’eau, déjà, le parking face à la mer est complet. Nous garons la voiture sur le glacis sous le fort au parking payant même le dimanche.

Première promenade est au bord de l’eau.

Le fort vu des remparts
Le fort vu des remparts

La mer est agitée, de jolies crêtes blanches décorent le bleu profond, des vagues viennent se briser sur les rochers de schiste. L’air est comme lavé, les couleurs des maisons sont ravivées sous le soleil du matin. Un ruban dallé et cimenté court sous les murs du château royal.  Un musicien joue  d’une curieuse guitare électrique. Les passants prennent le soleil en dépit de la température. Une dame mûre est bras nus.  Un jeune homme frime en maillot, il va à l’eau pour la photo que sa copine prend en vitesse. Les restaurants proposent des « formules-petit-déjeuner ».

Soleil porté – Francesca Cardana
le fort de colliourex

Sur la bande de ciment sous le fort, une sculpture Soleil Porté – monument rappelant qu’en 1493, partirent de Collioure les 39 derniers Juifs non convertis, familles G.N. Mossé, Fuentes, Asday, Stelina, Bendit, ….

Collioure soleil porté

L’église Notre Dame des Anges

Du dehors Notre Dame des Anges est très sobre, accompagnée de son clocher rond coiffé de rouge qui ressemble à un phare.

Notre dame des anges
Collioure Notre Dame des Anges

A l’intérieur, l ’église est très sombre. J’ai envie de voir les riches retables de style catalan (beaucoup de dorures, des colonnes torsadées, grappes de raisin). On peut éclairer le grand retable du chœur. Comme je ne trouve pas de pièce d’1€, je demande à deux dames espagnoles de faire de la monnaie de 2€, l’une d’elle fouille dans son sac et me tend deux pièces. Quand elle voit que je glisse la pièce dans la minuterie pour illuminer le chœur, elle se précipite pour me donner une pièce ! Mon téléphone claironne sa musique arabe. Confuse je cours vers la sortie pour prendre l’appel. J’ai loupé le retable illuminé!

La promenade se poursuit sur une passerelle jusqu’à la petite chapelle et jusqu’au petit phare sur la jetée. Le vent souffle très fort.

histoire récente !

A l’entrée du Château, une plaque commémorative rappelle le souvenir des Républicains espagnols  de la Retirada qui furent incarcérés dans le château devenu prison en 1939. Un peu avant une autre plaque rappelle les « chemins de la Liberté », plus tard en 1943 quand les juifs tentèrent de passer en Espagne par les chemins des Albères.

Le Château Royal , histoire ancienne,

Le Château fut d’abord construit au 7ème siècle, cité en 672. En 1207, le Roi Pierre II d’Aragon céda la place aux Templiers, qui passa aux Hospitaliers après 1312 à la suppression de l’ordre des Templiers. Le château royal fut construit en 1242, devenant résidence princière du Roi de Majorque et de sa femme Marie de Montpellier.  Au XVème siècle, il devint une forteresse abritant une garnison.

Collioure : château

Sans attendre la visite guidée, je m’engage un peu au hasard, monte une rampe sous une haute voûte pour arriver dans la place d’armes petite et un peu biscornue. Dans les salles et dans la chapelle on a installé une Exposition Art sacré 66 par la Confraria de la Sanch de Cotliure. Cette année, le thème est l’Eucharistie. J’ai bien aimé la sculpture de Loussyane : Vision du cœur. Des peintures un peu naïves de la Cène, les hosties, un tableau inspiré par Leonard de Vinci ou de Dali, je n’ai rien retenu.

Bonduau
Bonduau

La chapelle est occupée par un seul peintre Jean Luc Bonduau Qui a peint deux tableaux sur le thème imposé avec une Cène mais qui a surtout peint des personnages joyeux, même si on peut imaginer des migrants. « Ils portent leurs enfants et leur mémoire » explique l’artiste devant un tableau d’un bateau surchargés de personnes, dans un autre une foule court, on dirait qu’ils débordent du cadre du tableau. J’ai bien aimé cette peinture bienveillante, souriante même dans le tragique.

Bonduau

J’ai repris au hasard ma promenade, suivant les remparts dans des angles très aigus, dans un parcours bizarre. J’ai emprunté des souterrains et me suis retrouvée à nouveau dans la place d’arme. J’ai bien aimé l’hétérogénéité des matériaux de construction : murs de schistes avec des moellons plats, gros blocs de basalte noirs dans les coins ou dans les encadrements, briques oranges, galets ronds pavant le sol…

 

le château de Salses et l’arrivée à Céret

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Château de Salses

Au réveil, le ciel est dégagé. Il a plu la nuit dernière, le petit pêcher et le citronnier qui a subi un traitement anti-cochenilles au savon et au digestif, ont été lavés. Il faudra traiter à nouveau, les cochenilles n’ont pas toutes disparu.

Il est très facile de quitter Montpellier par l’autoroute malheureusement encombrée de nombreux camions. Toute l’Europe s’y croise, deux camions bulgares, un roumain, un car pour Agadir, beaucoup de camions réfrigérés espagnols et portugais, des polonais….on les a doublés un peu trop vite (limite 90km/h, flashées à 92 !).

185 km séparent Montpellier de Céret, presque une promenade. Près de Gigean, une barre blanche, lointaine, à l’horizon : je crois à un banc de nuages. Les crêtes se précisent : le Canigou se détache. Son apparition est toujours un choc, une grande beauté. Dans les vignes, on travaille. Le paysage est varié : pins maritimes sur les collines, étangs avec des bouchots, un clocher carré, des pêchers en fleur un village…rapidement Narbonne. Et toujours la présence du Canigou enneigé ! Mais pour le prendre en photo il ne faut pas tarder parce qu’il s’encapuchonne d’un gros nuage gris. Pour la photo, nous nous arrêtons sur l’Aire de repos de Salses et j’ai la surprise de découvrir un panneau « promenade et château ».

Château de Salses

Salse dans les amandiers

Je n’avais pas imaginé qu’on puisse visiter le château de Salses sans quitter l’autoroute! Il est niché dans un creux. De l’autoroute, un cheminement en ciment et briques passe sous l’autoroute. De petits muscaris, des asphodèles pas encore écloses, des violettes, on a planté des buissons de romarin qui fleurissent bleu. Je passe un portillon et arrive dans la colline plantée d’oliviers et d’amandiers dont la floraison se termine. Le château de briques roses surgit, émergeant à peine de profondes douves d’un vert éclatant en cette saison. J’essaie de cadrer la photo avec une fine tourelle entre deux rameaux d’amandier fleuris. L’appareil choisit de mettre au point sur la tour et les fleurs sont floues.

château de Salse fortifications

La forteresse n’est pas perchée comme un château-fort médiéval, elle semble enterrée au milieu d’un passage stratégique entre l’étang de Leucate et les Corbières au bord de l’antique Via Domitia. ; entre Roussillon et Catalogne, entre Espagne et France,. Viollet-le-Duc et Mérimée en donnent une description détaillée. L’ensemble des bâtiments et fortifications est compliqué, j’ai du mal à l’appréhender.

La visite (8 €) est soit libre soit accompagnée. Comme Dominique m’attend au parking et que mon Pass Education m’offre la gratuité, je fais une courte visite. Je suis impressionnée par l’ampleur de la place d’arme. Les écuries et casernements sont en contre-bas dans de longues pièces sombres accessibles par une rampe qu’on descend. Tony Grand a coulé une étrange sculpture qui est une racine torturée comme un cep de vigne ; occasion de découvrir un plasticien que je ne connaissais pas.

Tony Grand
Tony Grand

Sur deux côtés de la place d’armes, des arcades font de l’ombre. Le sol est soigneusement pavé de gros galets arrondis. Un côté est bordé par le « réduit », donjon appelé Tour de l’Hommage où se trouvaient les bureaux du gouverneur et les appartements des officiers. Au rez de chaussée, jouxtant la boulangerie où l’on cuisait le pain, se trouve une « salle de bain », sorte de hammam profitant de la chaleur du four. On voit les grands bacs taillés dans la pierre et des rigoles pour l’écoulement de l’eau. Une étable et une laiterie complétaient les installations. Le puits avec une petite tourelle était au centre de la cour. Le temps me manquant je ne suis pas allée dans les étages et le regrette ; C’était une belle visite.

Salse entrée

Céret et Amélie sous la pluie

Pour arriver à Céret avant la fermeture de l’office de Tourisme, nous ne ferons pas d’autre arrêt. Le temps s’est gâté. Le Carnaval prévu cette après-midi est annulé. Le pittoresque marché sous les platanes des boulevards est aussi écourté, les marchands remballent la marchandise fragile aux premières gouttes qui tombent. C’est un marché d’artisans et de luxe plutôt qu’un marché alimentaire traditionnel. Je n’y trouve pas les ingrédients nécessaires au pique-nique ni à la soupe du soir. Puisqu’il est trop tôt pour arriver au gîte, et que la pluie ne prête pas à la promenade, nous allons à Amélie-les-bains repérer les Thermes et les rues. Sous la pluie, hors saison, la station thermale est morte, vieillotte et un peu déprimante. Pas un chat dans les rues, des cafés, restaurants et magasins fermés.

Le gîte

notre gîte à Céret

Le gîte ressemble à la photo du contrat : une petite maison précédée d’une grille sous une touffe de plante grimpante, dans un jardin déjà fleuri. Un banc sur le devant, un banc et une table de jardin sur le côté. En revanche, la dame nous avait parlé de 300 mimosas, nous croyions que nous serions dans la campagne, nous sommes dans un quartier tranquille mais très construit près du Pont du Diable aux abords de la ville, moderne sans charme particulier. La dame a allumé un bon feu dans la cheminée qui dégourdit un peu l’atmosphère. Heureusement toutes les pièces sont équipées de convecteurs qui seront encore plus efficaces. Grande salle à manger salon, un grand canapé, un buffet ancien, c’est un gîte à l’ancienne, pas RB&B décoré à l’IKEA ! Et tant mieux. La chambre bleue   est encore plus traditionnelle avec sa commode au-dessus de marbre avec un ensemble de faïence bleue, horloge et deux vases, et une madone bleue. La grande armoire est bien commode. Salle d’eau avec une douche à l’italienne toute neuve. Tout ce qu’il faut dans la cuisine, micro-onde et four électrique, plein de casseroles et de poêles. Nous cuisinerons !

Montpellier : L’écusson

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Fontaine des 3 Grâces sur la place de la Comédie

Le tramway n°1 passe devant la gare Saint Roch, nous en descendons place de la Comédie qui doit son nom à l’Opéra-comédie construit initialement en 1755 mais détruit plusieurs fois, reconstruit en 1888 par un élève de Charles Garnier. Des immeubles Belle Epoque aux sculptures un peu délirantes, entourent la place ovale, en forme d’œuf d’où son nom familier de Place de l’œuf. Le contour de l’ovale est matérialisé par un liseré orange se détachant sur le marbre beige. Une fontaine, sorte de rocaille, porte Trois Grâces :  Aglaé, Euphrosine et Thalie, filles de Zeus. Montpellier n’a pas attendu Bofill pour faire appel à la mythologie grecque. Œuvre d’Etienne d’Antoine (1773) elle ornait autrefois la Place de Canourgue en 1793 (en même temps que la statue de Louis XIV). L’original en marbre de Carrare a été remplacé par une copie.

Le petit train sur la place de la Comédie

Le petit train touristique ne partira qu’à 11 heures, nous avons le temps de faire un tour dans la ville ancienne, le quartier de l’Ecusson.

Dans la rue des Augustins, nous passons devant un petit temple protestant puis devant le Couvent des Dominicains et entrons dans l’église très sobre, très dépouillée aux vitraux modernes abstraits colorés.

la cour de l’Hôtel de Manse

L’Hôtel de Manse (1667- 1669) rue de l’Embouque d’or – j’adore ces noms un peu énigmatiques – est signalé comme monument historique ; malheureusement il n’est pas ouvert à la visite. Que cela ne tienne, Mimi sonne aux interphones des appartements, se présente. Et miracle, on nous ouvre, et mieux encore, le monsieur du rez de chaussée nous ouvre l’escalier ! Manse était le trésorier du Roi. Nous attendions l’escalier signalé par les guides, surprise : dans la cour nous découvrons une belle loggia, avec un balcon à balustres et surmontée d’un registre finement sculpté.

Hôtel de Varenne

L’Hôtel de Varennes,  Place Pétrarque, est un musée, y pénétrer n’est donc pas un problème. Sa façade est 18ème siècle.  A l’origine, construction médiévale, il a conservé de belles ogives gothiques. Sa cour est très belle avec un puits et un encadrement avec un fronton soutenu par des pilastres orné de crânes de bovins.

Gypserie

29 rue de l’Aiguillerie, adjacente à l’Hôtel Guilleminet, nous entrons dans une boutique, admirer des gypseries (stucs) illustrant les Fables de La Fontaine (1757). Je reconnais le Corbeau et le renard, la Cigogne et le Renard.

Le petit train parcourt l’Ecusson, offrant une rapide (40 minutes) visite guidée qui parcourt l’essentiel de la ville historique. Il passe par la Place de l’œuf, la Rue de la Loge, la Place Jean Jaurès,place de la Canourgue, le Tribunal passe devant l’Arc de Triomphe et le Parc du Peyrou pour revenir par l’avenue Foch, l’Eglise sainte Anne et les Halles.

Nous avons donc une idée générale qui me permettra de mieux me repérer dans la visite de l’après-midi et comme cela Dominique aura un aperçu de Montpellier.

EsplanadeCharles de Gaulle ancien cinéma Pathé

L’Esplanade Charles de Gaulle est occupée par un grand jardin arboré bordé par le Musée Fabre, le pavillon Populaire, l’ancien cinéma Pathé et se termine par le Corum. Le long de ses allées il y a des guinguettes et restaurants de plein air où nous déjeunons. Nous choisissons le Kiosque à Malices qui propose des plats du jour et café pour 12€ assis à table ou de la restauration rapide, burgers et frites où des lycéens et étudiants font la queue debout. Nous choisissons des saucisses de l’Aveyron grillées accompagnées de haricots verts.

Déjeuner au Kiosque à malices

Mimi a prévu pour moi une promenade à pied dans l’Ecusson (la ville ancienne a la forme d’un écusson). Nous reprenons les rues parcourues ce matin, Augustins, Aiguillerie. Rue de la Barralerie se trouve l’ancien Mikvé du 12ème ou 13ème siècle – paraît-il très bien conservé. Mais il faut s’inscrire à une visite guidée pour pouvoir y entrer. II était alimenté par la nappe phréatique.

Rue du Palais de Guilhem, Mimi me montre la fameuse « coquille » ou « trompe » de l’Hôtel de Sarret (1630) :  le mur extérieur est évidé pour permettre aux carrosses de tourner à angle droit dans la rue étroite.

Fontaine des Licornes

Place de la Canourgue, nous entrons dans l’Hôtel de Cambacérès (18ème siècle) . la cour est superbe l’escalier (1723) est très élégant et très sobre. La place de la Canourgue est charmante, toute en longueur et plantée. La Fontaine des Licornes est d’Etienne Antoine (1770) Elle représente des chevaux marins ou licornes dressées, au-dessus d’un bas-relief où figure la bataille de Closterkamp, en l’honneur du maréchal de Castries. C’est curieusement l’œuvre du même sculpteur que les 3 Grâces et cette fontaine fut également déplacée. (Curieux jeu de chaises musicales des fontaines).

Cathédrale Saint Pierre

Par une descente bien raide et pavée, arrivons à la Cathédrale Saint Pierre dotée d’un très curieux et très grand porche à baldaquin porté par des piles circulaires et coiffé de fines poivrières. Les amusantes gargouilles sont bien usées. Deux hautes tours carrées gothiques assez massives Malheureusement, elle est fermée, nous n’aurons pas le temps d’attendre 14 heures .

A l’origine, la cathédrale était la chapelle du couvent des bénédictins qui lui est accolée. C’est là que se trouve la Faculté de Médecine. On croirait qu’il n’y a qu’un seul bâtiment, cette grande homogénéité de construction m’a frappée. En 1181, le seigneur Guilhem VIII, stipula que quiconque, quelle que soit sa religion pouvait y enseigner. En 1220 fit crée la première école de médecine. Des plaques de marbre à l’intérieur attestent le nombre de médecins juifs qui y professèrent au 13ème et plus tard. Le vestibule est orné de nombreux bustes en bronze. Le patio est en face du « théâtre anatomique » où l’on procédait à des dissections. Nous ouvrons la porte de la bibliothèque sans s’attarder pour ne pas déranger les étudiants qui y travaillent, découvrons furtivement les belles boiseries et les livres anciens rangés jusqu’aux hauts plafonds.

Au premier étage, se trouve le très joli Musée Atger (entrée gratuite) Des dessins anciens sont conservés sous verre dans des classeurs : nous aurions pu admirer un portrait de Vigée- Lebrun, un Tiepolo, de nombreuse aquarelles de Natoire(1700_1777). Il y a aussi une exposition d’organes humains en cire et de dessins humoristiques ayant trait à la médecine, certains de fort répugnants.

Le Jardin des Plantes fut créé sous Henri IV (1593) pour l’étude des plantes médicinales. Actuellement fermé on peut le découvrir de la rue qui le surplombe.

Arc de Triomphe

Parc du Peyrou : l’arc de triomphe se photographie plus facilement à pied qu’en petit train ! la statue équestre de Louis XIV dominait la ville de sa hauteur, aucun immeuble ne devait être plus haut. Elle fut fondue à la Révolution pour faire des canons. En 1828, une nouvelle statue remplaça la première. J’ai préféré celle de Lyon, plus impressionnante. A l’extrémité du parc, le Château d’eau est une construction très élégante, aérien, sur des arches hautes et gracieuses ornées de filets et de poissons. L’eau est convoyée par l’aqueduc Saint Clément, (1766) inspiré du Pont du Gard, 14 km sur deux étages. Il a donné le nom de Quartier des Arceaux au quartier plus bas

 

Château d’eau

Retour par la rue Foch avec une halte aux Halles (marché de luxe très soigné et très coloré). Les boutiques de la petite Rue du Bras de Fer sont très chics. J’aime tellement les noms imagés que je note la Rue de l’Ancien courrier. L’église saint Roch (patron de Montpellier) ne soulève pas mon enthousiasme ; les églises trop XIXème siècle m’ennuient.

La Chambre de Commerce est installée à l’Hôtel saint Côme (1747-1757). Nous pouvons donc y pénétrer pour admirer un vitrail et des ferronneries sur le thème de la vigne (ceps et grappes de raisin). L’Hôtel avait été construit par Lapeyronie qui voulait y installer un amphithéâtre d’anatomie.

les rues étroites de l’Ecusson

Nous retrouvons Dominique sur l’Esplanade Charles de Gaulle et j’ai le plaisir de rentrer à pied traversant le Polygone et Antigone.

Montpellier : Antigone de Bofill

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Place de l’Europe

Descendues du bus, en face de la piscine, nous nous dirigeons d’abord vers le Lez  à travers la Place de L’Europe, place en arc de cercle où se trouve une copie de la Victoire de Samothrace et plus bas une statue d’Orlando Furioso d’Appel les Fenosa (1889-1988) : un homme(Roland) portant un cheval mort sur son dos sur son dos, illustrant la force de l’homme face à l’adversité. Sculpture originale d’une grande force d’expression.

Orlando furioso Apel les Fenosa
Orlando furioso

La place de l’Europe ressemble aux autres ensembles de Bofill que j’ai vus à Noisy-le-Grand et à Cergy, architecture monumentale mais qui ne m’avait pas entièrement convaincue. Plus conçue pour être décorative que pour être habitée ; façades avec fenêtres sans balcon ni volets. Mégalomanie d’un architecte plutôt qu’attention à ceux qui sont destinés à passer leur vie ?

Hôtel de la Région Bofill
Hôtel de la Région Bofill

De l’autre côté des berges du Lez, l’Hôtel de la Région répond à la place et reflète les bâtiments sur sa façade de verre, fermant l’ensemble l’Antigone par un arc de triomphe énorme, malheureusement on a suspendu une banderole LGV (réclamant ou célébrant la ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan). La banderole géante occulte le vide de l’arche et en détruit l’effet.

Non loin de là, on est en train de bâtir une tour originale l’Arbre blanc de Sou Fujimoto. Tout le contraire des façades lisses d’Antigone : de grands balcons blancs sortent de l’immeuble de 16 étage qui domine les constructions de la ville. Evidemment c’est tentant une grande terrasse avec vue sur toute la ville et la mer, le site des promoteurs les montre paysagés avec des végétaux …

Dionysos devant la médiathèque

Nous parcourons toute la perspective d’Antigone vers le Polygone en repassant entre la piscine et la médiathèque, sur l’allée de Délos, axe Est/Ouest qui est un axe de symétrie . La copie de Dionysos de Coysevox (1640-1720) – l’original est au Louvre –  va servir d’introduction au théâtre de plein air, simples gradins de bois.

Place de Thessalie

La très belle place de Thessalie, carrée, est ornée d’un bassin rond . Ici, les logements en demi-lune possèdent des balcons ce qui humanise le logement. Traversant la Rue de Zeus, on  arrive à la Place du Millénaire, une esplanade entre deux rangées de pins et cyprès florentins, végétation méditerranéenne, Grecque ou Italien. Je remarque qu’il y a aussi des restaurants, des cafés, des boutiques, des bancs, me rendant cette Antigone sympathique à l’inverse des ensembles de Noisy ou de Cergy, trop monumentaux, trop énormes, trop minéraux. La Place du Nombre d’Or est bordée d’immeubles à corniche « à casquette », les appelle Mimi, qui forment comme de fausses arches de triomphe. Au fond, les Echelles de la ville montent au Polygone qui est un centre commercial, une galerie marchande, comme il existe généralement aux périphéries des villes, ici en plein centre proche de la ville historique, mais invisible au passant non averti. Encore une réussite de ce quartier.

Place du Nombre d’Or

Antigone me réconcilie avec Bofill. C’est vraiment une réussite d’avoir conçu un quartier monumental, certes, mais vivant, intégré dans la cité et résumant la culture méditerranéenne de cette ville, lieu de logements, d’administration, de culture et même de sport avec la piscine olympique. ¨Promenade piétonnière où la voiture n’est pas loin, mais heureusement absente, où le tramway n°1  dessert les points névralgiques. en faisant le tour d’Antigone.

Les Echelles de la ville

De Millau à Montpellier : les villages templiers du Larzac

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Granges du Larzac à l’entrée de La Cavalerie

Lever sous une pluie battante, véritable douche pour aller à la salle à manger du Campanile.

Nous avons tout notre temps pour rejoindre Montpellier; nous  sommes  attendues  à 15h.  Aucune raison de prendre l’A75, une autoroute très roulante. Nous préférons faire du tourisme sur le Causse du Larzac. L’évocation du Larzac me rajeunit de 40 ans.  Je n’ai jamais fait le déplacement, étudiante, je suivais les luttes avec passion. Bien sûr, Notre dame des Landes et sa conclusion récente m’a toujours fait penser au Larzac. Plogoff ! Parfois la lutte paie !

Le Larzac est hivernal, l’herbe  jaunie par la neige qui a fondu ; les végétaux semblent cuits. Les buis sont jaunes. Je n’ai jamais vu autant de buis ; buis et genévriers, rochers aux formes étranges.

La Cavalerie : Promenade sur les remparts

J’espérais que la route de La Cavalerie suivrait la Dourbie, mais non, dès la sortie de Millau, elle est montée très vite sur le plateau. Dépassant des granges basses et de grande taille, nous avons trouvé très tôt le village.

La Cavalerie n’est pas seulement le camp militaire qui a voulu s’agrandir en 1971. Bien avant c’était un village templier. La dénomination « Cavallaria » signifie « Chevalerie » c’est-à-dire lieu où résident les Chevaliers du Temple,  au bord de l’antique voie romaine En 1159 Raymond Bérenger, Comte de Barcelone et d’Aragon, donna aux Templiers son aval  pour construire villages et fortifications.  Les Templiersordre militaire créé pour la protection des pèlerins en Terre Sainte se sont établis au 12ème siècle sur le plateau du Larzac ; leur commanderie était à Sainte Eulalie-de-Cernon.

La Cavalerie est un village fortifié entouré de remparts impressionnants qui ont été très bien restaurés. Il faut laisser la voiture hors des murs. On entre sous un porche pour trouver l’Office de Tourisme qui propose soit une visite libre de la ville avec un petit plan, soit une visite audioguidée (1h30). Le temps étant incertain, la dame recommande la visite libre et m’ouvre la porte pour monter sur les remparts par la tour.

Histoire de Croisades :

Dans une grande salle, divers panneaux, objets, rappellent les Croisades. Une vitrine expose des monnaies de l’époque. La numismatique, pour peu qu’il y ait des commentaires , peut être passionnante. Les monnaies sont classées en trois groupes correspondant à la Principauté d’Antioche, celle de Tripoli et le Royaume de Jérusalem qui battirent monnaie. Les souverains ont  souvent  leur profil sur la face de la pièce.

A Antioche régnèrent successivement Bohémond de Tarente qui pris Antioche après le siège de 1098, de Tancrède (1101-1112), Roger de Salerne (1112-1119), Raymond de Poitiers, (1119-1149). Il y circulait deux types de monnaie : la monnaie byzantine avec des écritures en grec, de cuivre, d’or ou de bronze , à l’avers  gravés Saint Pierre, cathédrale d’Antioche, où Saint George à cheval. Il circulait aussi des monnaies de type occidental.

A Tripoli,  fondée par le comte de Toulouse Raymond de Saint Gilles, circulait des monnaies occidentales en argent.

Dans le Royaume de Jérusalem les monnaies étaient soit occidentales soit copiées des dirhems arabes avec des inscriptions chrétiennes en Arabe.

La Cavalerie, placette

Un chemin de ronde parcourt la partie restaurée des remparts. Pendant les guerres de religion, les tours furent abaissées pour les rendre inoffensives. Après la Révolution la population utilisa les remparts comme mur pour adosser les habitations ou même comme carrière pour prélever des pierres de construction.  Les remparts passent donc sur des maisons privées. On marche sur un revêtement que je croyais mis pour que le promeneur ne glisse pas. C’est en fait, un isolant pour éviter les infiltrations dans les habitations en dessous. La promenade est très plaisante avec une vue sur les toits, les terrasses que se sont aménagées les habitants.

Le circuit touristique dans les rues de la ville historique est amusant. J’adore chercher un détail signalé sur le plan, une fenêtre, un escalier. J’ai bien aimé les décors avec les chardons sur les portes, les tourelles des maisons nobles.

L’église de la Cavalerie, à l’origine, chapelle templière du 12ème siècle a subi de nombreuses restaurations, au 18ème siècle : le porche et la nef, au 19ème la sacristie, la chapelle et les vitraux, le clocher en 1875. Il ne reste donc plus guère de trace des templiers ou des hospitaliers qui leur succédèrent après la dissolution de l’ordre en 1312.

A l’écart de la ville close deux très beaux bâtiments : deux bergeries du Larzac aménagées.

La Couvertoirade

la Couvertoirade
La Couvertoirade

La Couvertoirade est un très beau village un peu plus au sud, qu’il ne fallait pas rater selon la dame de L’Office de Tourisme de Millau.  Les tours se voient de très loin.  La route fait une courbe vers le parking obligatoire. Le Village est enfermé dans de hauts murs. Mais c’est la belle au bois dormant ! Billetterie fermée, ville endormie, il n’y a personne en dehors de quelques artisans qui travaillent. Les boutiques et ateliers des artisans sont fermée. A une dame qui remettait en état son atelier, je demande où nous pourrions manger : « au Caylar » . Je monte aux ruines du château perché sur de vieilles marches inégales.

Lavogne
Lavogne

A défaut de restaurant, nous faisons une pause apéro avec des biscuits salés à côté d’une Lavogne : mare artificielle pavée pour retenir l’eau. J’ai été étonnée d’apprendre que cette lavogne avait été construite à l’extrême fin du 19ème siècle. Rien de médiéval !

Le Caylar :

Le Caylar

Le bourg est situé dans l’Hérault, proche de l’A75, coiffé  d’un château sur son rocher. De nombreux restaurants, hôtels hébergent les touristes de la Couvertoirade. Nous trouvons des spécialités : un merveilleux croque-monsieur au Roquefort me servira de déjeuner.

En route vers Montpellier

La route descend dans des pins, puis le paysage vers Lodève devient plus ensoleillé, plus riant, plus méditerranéen. Avant Lodève, on retrouve la A75. Plus facile pour entrer dans Montpellier de se trouver sur un grand axe. Nous faisons confiance au GPS, ratons la sortie et arrivons pile à l’heure chez Mimi. Sa terrasse est ensoleillée. Le printemps est déjà arrivé à Montpellier

Millau et ses environs

CARNET CATALAN

Les halles de MiIllau et la tour du palais des Rois d’Aragon

Les hauts piliers haubanés du viaduc de Millau se voient de loin. Nous nous faisons une joie d’emprunter cet ouvrage d’art si célèbre. Hélas, la société d’autoroute fait des travaux, elle a dévié les deux sens de circulation sur la voie de gauche. L’aire du viaduc est inaccessible. Ce sera plus difficile de faire des photos et nous ratons toutes les explications. Pour Millau, il aurait fallu quitter l’autoroute avant le pont. A défaut de l’aire,  voulons au moins passer par le viaduc. Péage 8.30€. Il faut dépasser le pont sur 12 km avant de trouver une sortie.  Est-ce qu’on pourra rejoindre Millau par la route ou devrons nous repayer le péage ?

Le viaduc de Millau
Le viaduc de Millau

Deux possibilités , soit par la Cavalerie et le plateau du Larzac, à l’est, soit par St Rome-de -Cernon et Saint Georges de Luzençon à l’ouest. Les distances sont comparables. Nous partons vers la Cavalerie, traversons les paysages austères du Larzac avec de grosses coopératives de fromage.

Le village de Mélac

Puis nous changeons d’avis parce que l’itinéraire par le Cernon passe sous le Viaduc de Millau. Sur la carte je repère le château de Mélac. Le village de Mélac est dans un creux, petite église, maisons de pierres blotties les unes contre les autres et un château composite carré avec une grosse tour ronde. On pourrait y descendre à pied par un chemin creux dallé entre deux rangées de buis. Le buis est très présent dans ce paysage calcaire. Un étendard « des seigneurs de Rouergue » balise la route vers le château. Le village est charmant avec de très belles maisons. Les chiens semblent plus nombreux que les humains.Surpris de notre visite hors saison, ils aboient bien fort ce qui ne m’engage pas trop dans les explorations pédestres.

Château de Mélac

Nous traversons le village de St Rome-de-Cernon bâti de part et d’autre de la rivière que l’on longe jusqu’à Saint Georges de Luzençon qui est un assez gros bourg, très joli.

Millau est bâtie sur les bords du Tarn et d’une ancienne voie romaine. La vieille ville est d’abord cachée par les immeubles modernes qui s’étagent à flanc de colline. Ce n’est que quand on passe le pont Lerouge que les curiosités se dévoilent : un tronçon du pont vieux, qui s’avance dans la rivière et s’interrompt un peu comme le pont d’Avignon, avec un curieux bâtiment, un moulin qui s’avance dans l’eau, à la base creusée par l’érosion et le courant. On emprunte ensuite de larges rues animées pour arriver sur les boulevards de l’Ayrolle et de Bonald qui ceinturent la ville médiévale sur l’emplacement de ses anciens remparts. Boulevards agréables plantés de platanes avec des cafés, caractéristiques des villes du midi.

MIllau tour des rois d’Aragon

Sur la  Place des Consuls,  se trouvent des hôtels XVIème XVIIème et même plus anciens. L’Office de Tourisme  est installé dans la Maison Galy XIIème, XIIIème  XIVème.  J’y suis très bien reçue. Avec un plan, je vais pouvoir découvrir la ville !

La plupart des monuments  se trouvent  dans la ville médiévale.  De  très étroites ruelles piétonnières  relient trois places principales : la place des Halles avec une très belle halle style  Baltard (1898), métallique repeinte récemment de bleu, la grande place des Consuls avec La Tour des rois d’Aragon. Le Palais des Rois d’Aragon fut mentionné en 1172 mais  fut coiffé en 1613 d’un beffroi polygonal. Entre 1629 et 1825, il servit de prison

En route à travers le Massif Central jusqu’à Millau

CARNET CATALAN

la chaîne des puys

A travers la Beauce, le Berry, le Boischaut, nous profitons du paysage sous le soleil. J’attends avec impatience l’Aire des Volcans de l’autoroute A71 pour retrouver le panorama sur la Chaîne des Puys. Petite déception, la table d’orientation n’est pas accessible, on a bloqué l’escalier. Le long de l’autoroute je suis la silhouette du Puy de Dôme.

Après Issoire, nous déjeunons à l’Aire de Lafayette à la sortie de Lorianges. Il ne faut surtout pas être rebuté par l’aspect triste de la station-service et du petit supermarché Casino ; plus haut se trouve le point de vue. Les crêtes sont blanches de neige, et la pointe du Sancy étincelle. Dans le creux, dans un écrin vert vif d’une herbe toute neuve, un petit château. Les rochers de granite nous font des bancs sous de petits chênes. C’est vraiment une halte très agréable.

Le paysage est pittoresque. Deux églises montent la garde sur deux falaises surplombant le village de Massiac dans un vallon. La route suit un cours d’eau est-ce l’Allagnon ou l’Allagnonette ?

Avant Saint Flour, la route reste autour de 1000m. L’herbe est encore jaunie par le gel et la neige. Nous passons Saint Flour et Chaudes Aygues. On passe le Col de la Fageole à plus de 1100m.

Viaduc de Garabit

Nouvel arrêt dans une aire de l’autoroute : l’Aire de Garabit qui a une magnifique vue sur l’œuvre d’Eiffel enjambant la Truyère. Je suis surprise de trouver la rivière à l’étiage. Avec toute la pluie et la fonte de la neige je pensais que le niveau serait plus haut.

Des odeurs « de vache » proviennent non pas des bovins (nombreux) mais des épandages.

Nous profitons de cette traversée du Massif Central en nous arrêtant à chaque aire et en découvrant de nouveaux points de vue ; l’autoroute traverse l’Aubrac, la Margeride, le Gévaudan. L’aire près de Le Bécon est en pleine forêt un arboretum y est installé. Celle qui fait face à Marjevols a pour thème la Bête du Gévaudan. L’autoroute reste à l’altitude de 1000m dans des prairies de moyenne montagne ou traverse des forêts de résineux. Le col d’Issartets est à 1170 m.

le viaduc de MIllau

Les hauts piliers haubanés du viaduc de Millau se voient de loin.

A Clairefontaine-en-Yvelines, une expo design collection Jean Bernard Hebey

BALADE EN ÎLE DE FRANCE

Etang de Clairefontaine

Après des semaines de grisaille, beau temps annoncé! Nous cherchons un but de pique-nique alliant balade et visite. Télérama a mis TTT à la collection Jean-Bernard Hebey, Design et esthétique.

Tout le monde a entendu le nom de Clairefontaine, c’est ici que s’entraînent les footballeurs. Clairefontaine est à quelques kilomètres de Saint Arnoult, célèbre pour sa gare de péage sur l’autoroute A10. Elle est située dans le Parc Naturel Régional de Haute Chevreuse. 

Nous arrivons dans le brouillard qui ne s’est pas encore levé dans les futaies de la Foret de Rambouillet. Une chasse au gros gibier est en cours. Gilets orange pour les chasseurs et même leurs chiens. Vais-je revêtir le gilet jaune conservé dans la voiture?

Clairefontaine, place, église et jardin

Clairefontaine est un village charmant. Village de meulière, de grand murs enclosant des propriétés cossues qu’on devine dans des parcs. La Mairie préside au bout d’une place s’étirant le long d’un ruisseau, la Rabette. Une église en meulière est construite en hauteur. Au coin de la place, un restaurant chic (hors de prix).

La Route de Sonchamp longe un étang qui  n’est pas encore dégelé, des canards marchent sur la glace.J’entreprend d’en faire le tour, c’est une très agréable promenade entre étangs et ruisseau avec de jolis petits ponts, un lavoir…il n’y a pas qu’un seul étang plutôt trois. A l’extrémité,  la promenade balisée de la Marlotterie (4.1km)   m’aurait tentée si les chemins n’étaient pas si détrempés.

Continuant la Route de Sonchamp, nous faisons une halte au Parking Pinceloup d’où une belle allée traverse la forêt, on rencontre encore un étang, et je retrouve les balises du GR. Malheureusement ici aussi la route forestière est une fondrière et je rebrousse chemin après avoir croisé des cavaliers qui ne se soucient pas de la boue. Trois promenades sont possibles selon une carte sur un panneau.

Ferme de Louareux

A la sortie de la forêt, la grande ferme de Louareux propose à la vente jus de pomme, confitures et gelées. C’est aussi un centre équestre d’importance. Sur le bord de la route,  coqs, poules, et trois oies, des chèvres et deux chats nous procurent un charmant spectacle pendant le pique-nique de midi sous un franc soleil.

L’exposition se trouve au Centre d’Art de la Chapelle qui n’a rien d’une chapelle, une galerie toute neuve. à deux pas de la Mairie.

Est-ce une cafetière? je n’en suis pas sûre.

Des objets design sont regroupés sur des étagères, il y en a 600 selon le programme, mais ils sont disposés sur des étagères si bien qu’on n’a pas l’impression d’une foule d’objets. Les plus curieux sont mis en évidence sur des supports au milieu. Cette collection regroupe des objets de la vie quotidienne, certains plus recherchés, d’autres de la vie courante sont surtout curieux du fait de leur disparition et leur remplacement (télévision à écran bombé,vieux téléphone, appareil photo Kodak, ou machine à écrire) .

plastique coloré et bakélite

Les objets sont donc regroupés par thèmes « plastique et bakélite » la bakélite imite le bois, c’est une jolie matière, l’étagère voisine montre le plastique coloré des boîtes tupperware et des bouteilles isothermes rouges tout à fait quelconques.

Esthétique galactique

l' »esthétique galactique » est plus originale,. Aspirateurs, séchoirs à cheveux, ou ventilateur aérodynamiques imitent des bombes ou des fusées. Certains objets sont hérissés d’antennes agressives.

L’esthétique d’Amérique souligne le passage entre une industrie lourde destinée à l’effort de guerre vers la production massive d’objets domestiques comme des mixers ou des shakers.

Ces théières me plaisent bien!

Enfin on met en évidence une « esthétique médiatique » réunissant, vieux téléviseurs, téléphones toutes générations, ou machine à écrire..

Il est assez étrange de payer 6€ et de se retrouver en compagnie de « connaisseurs » pour voir des tupperware, un sèche-cheveux ou le vieil aspirateur Hoover qui doit encore être à la cave. Dominique rit sous cape du snobisme des visiteurs (elle a préféré faire des mots croisés au soleil).

Dans le parc, se trouvaient  les statues et panneaux décorés de A-Sun Wu qui m’ont bien intéressée.

Ce n’est pas ma première expérience de plan foireux de Télérama! Déjà,  j’avais été au fin fond de la Brie, au château de Bombon pour une installation insignifiante. Mais j’avais découvert une belle promenade, comme aujourd’hui!