Peniscola : château du Papa Luna

CARNET DE  BENICASSIM

Peniscola
Peniscola

Hier nous avons eu vraiment très chaud, la terrasse était une fournaise. Nous partons au lever du soleil entre les pins tordus près de la Tour Saint Vincent. La route court entre la côte et la montagne aux roches rouges, très escarpée, aux sommets pointus tantôt roses tantôt gris, piquetés de buissons. A Oropesa nous montons sur l’autoroute dont les chaussées sont séparées par des lauriers roses. Les vergers d’agrumes sont florissants, avec  leurs feuilles sombres vernissées. Il y a aussi des champs d’artichauts  et des choux. Plus on remonte vers le nord plus les agrumes cèdent leur place aux oliveraies et pêchers. Qui cueille les fruits ? Un château se profile sur un éperon rocheux, en contre-jour dans le soleil éblouissant, puis un autre, un peu plus loin. En face il y a un village avec une belle église.

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Peniscola est composée de deux parties : le village blanc aux maisons blotties sur un cap coiffé de son château d’une part, de l’autre une station balnéaire coquette avec une corniche soignée, une plage ratissée de frais. A la jonction des deux, un parking souterrain.

Le village ancien est interdit aux voitures – sauf exceptions –Les handicapés sont-ils une exception ? C’est un affreux gymkhana dans le village aux ruelles pentues, étroites et tortueuses. La conduite est éprouvante : Dominique ne profite pas de cette visite éclair.

Papa Luna
Papa Luna

Je monte seule au château par la rampe Felipe 2 qui passe sous un porche où un  panneau signale que Peniscola a servi de décor à des films : Le Cid d’Anthony Mann (1961), Games of Throne (2015) et une série télévisée espagnole Chiringuito del Pepe. Les rues sont pavées de petits galets disposés verticalement. Après avoir passé la Porta Fosc, je découvre l’Eglise de la Mer (18ème siècle)qui a une façade baroque mais une nef très simple.

Le château est impressionnant. Il semble en parfait état. A-t-il traversé les siècles sans dommages ? ou a-t-il été parfaitement restauré ? Une statue du Papa Luna (2007) accueille le visiteur. Ce personnage, Benoit XIII fut élu en Avignon en 1394 avec le soutien de Charles VI à condition de mettre fin à la division entre Pape d’Avignon et Pape de Rome, en démissionnant. Il causa donc la colère du roi qui fit assiéger son palais avignonnais le contraignant à l’exil. Son successeur Clément VIII fut élu, en 1411, il y avait trois papes.

Malheureusement, le château ne contient pas de souvenir du Papa Luna sauf la « salle du Conclave ».

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Les Templiers construisirent cette forteresse en 1294 sur les fondations d’un fort arabe, et ils furent expulsés par Jacques II  en 1307 (contemporain de Philippe le Bel). Elle résista aussi bien aux guerres civiles du XVIIIème siècle, aux Français et à la Guerre Civile du XXème siècle.

On entre par le Corps de Garde où l’on pouvait stocker les vivres. Les Templiers étaient riches, la région, irriguée depuis le temps des Arabes fournissait des récoltes abondantes. La pièce attenante – la salle d’armes – pouvait servir de citerne. Les chevaliers possédaient des arbalètes, des épées et construisaient aussi des machines de guerre comme des catapultes.

De l’autre côté de la cour, les Caballerizas, les écuries étaient installées dans une très belle et très vaste salle voûtée. Dans une salle attenante on projette un vidéogramme racontant la vie au château et les symboles des Templiers qui étaient la Croix pattée et la cape blanche.

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Au niveau supérieur, ouverts sur une belle terrasse, l’église et la grande salle gothique. L’église est de belles dimensions, nef rectangulaire et voûte en berceau. La grande salle est meublée, ornée de blasons brodés sur du velours grenat. Une tenture de velours fait le tour de la pièce.

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Quand je sors du château, le village s’est réveillé. Restaurants, chambres d’hôtes et magasins de souvenirs occupent les jolies maisons blanches. Tant d’enseignes, tant de marchandises accrochées gâtent le charme. Maisons blanches, volets bleus, sempiternelles poteries, dentelles ou écharpes de soie. Nous pourrions être n’importe où en Méditerranée, Grèce, Sicile ou Tunisie. Originalité de Peniscola : les épées de bois et les écus en carton, ou l’un et l’autre en plastique.

Les deux plages sont fort belles : une petite se niche à l’arrière du port, une grande bordée de palmiers et d’immeubles luxueux.

Nous poussons vers le nord jusqu’à Benicarlo qui n’a rien de mieux à nous offrir.

Si nous rentrions maintenant nous pourrions nous baigner à Benicassim qui est sans conteste la plage la plus belle de la région. Nous pourrions griller les sardines pour déjeuner.

Alcala de Xivert : façade baroque
Alcala de Xivert : façade baroque

Nous rentrons donc par la N-340 qui traverse au plus près les vergers d’agrume et d’amandiers. Nous la quittons pour jeter un œil à l’église de Alcala de Xivert, très baroque, très décorée. Même la base des colonnes est sculptée et au sommet, un homme à terre gesticule et grimace. Le village se prépare à la fête du 9 octobre et suspend des écussons en toile de jute en travers de la rue principale de la Purissima. Les autres rues sont tranquilles. On achète des fruits et légumes dans un Frutas y verduras où ils sont beaucoup plus beaux et surtout beaucoup moins chers qu’au supermarché. Je me sers moi-même sans façon. Le patron interrompt une conversation en arabe pour me servir en espagnol. De nombreuses femmes voilées bavardent sur le pas de leur porte. Sont-ce les anciens Sarrazins d’avant 1232 et 1492  ou les cueilleurs de fruits ?

Sagunto

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la forteresse sur la colline
la forteresse sur la colline

Sagunto

La  forteresse coiffant deux collines,rejointe par un mur crénelé, se voit de l’autoroute Sagunto est une grosse agglomération entouré de zones d’activités industrielles ou commerçantes.

Le nom de Sagunto m’est familier. Je pense confusément aux Romains sans bien savoir pourquoi. Hannibal fit le siège de Sagunto et la prise de la ville déclencha la seconde Guerre Punique. En 212 Scipion l’Africain reprit la ville.

La ville historique est pavoisée: un marché médiéval s’y installe ce week end à l’occasion du 9 octobre, la fête de la Communauté de Valence :  le 9 octobre 1238, Jacques Ier d’Aragon entra dans Valence (c’est aussi la fête des amoureux).

Théâtre romain
Théâtre romain

Le Théâtre romain adossé à la colline, est ouvert à la visite. Dès que je franchis les arcades (d’époque), je découvre un théâtre « romain » complètement reconstruit. Les gradins en calcaire genre comblanchien sont prêts à accueillir les spectateurs. La scène st en planches, le mur de scène reconstruit en brique. Le plan antique a été respecté. On a mis des éléments du décor antique, une unique colonne est en place. Le résultat est surprenant, pas franchement réussi pour les puristes.

Hypogée : tombe juive
Hypogée : tombe juive

A proximité du Théâtre, se trouvait les quartier Juif ( au dessus de la route actuelle). Les tombes juives étaient des grottes à l’entrée des maisons. 50 de ces hypogées se trouvent le long d’un sentier creusé dans la roche. A partir de 1492, les tombes furent abandonnées et saccagées. Elles ont servi de refuge pendant la Guerre Civile (1936-1939). Dans la Juderia de Sagunto on produisait du vin cacher, de la cire, les juifs étaient des commerçants, négociant de textiles, soie et laine. Des témoignages écrits attestent que la  présence juive remonte à l’Empire Romain. On a retrouvé des incantations écrites en latin sur un support de plomb. Jacques 1er aida les juifs à s’installer renforçant ainsi la colonisation chrétienne. En 1321 on construisit un mur enfermant la Juderia. Le premier bailli  de Sagunto était juif.

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Le site fortifié est actuellement en restauration – restauration durable est-il précisé – allusion aux restaurations antérieures à grand renfort de ciment et de briques. Le site est immense. D’un aménagement précédent, il reste quelques plaques avec des noms mais pas d’explications. Je grimpe au sommet de la colline, plus pour la vue et le sport que pour l’histoire ;

L’antiquarium est un long bâtiment bas adossé à la muraille. Le jeune homme qui se tient là me fait toute une conférence sur les guerres napoléoniennes : l’antiquarium est installé dans les écuries des armées françaises et sur les inscriptions hébraïques. Comme je suis bon public, il me montre comment les épigraphistes lisent le latin sur les stèles, une seule lettre souvent suffit pour un nom entier.

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Nous n’avons plus le temps pour visiter le Musée Historique  en bas, en ville,  le marché médiéval qui a colonisé la rue, rend le stationnement impossible.

Le GPS nous mène directement à Benicassim. Il est un peu trop tôt, je vais me tremper les pieds sur la plage très bien aménagée. Il y a même une « Bibliothèque de la mer ». Quelle excellente idée ! Plage et lecture vont bien ensemble.

L’appartement de Rosa est encore plus beau que sur les photos. La terrasse est merveilleuse ; C’est là que nous passerons le plus de temps !

 

Départ de Valence, un petit tour à la mer

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Ce n'est pas une lyre géante mais un pont suspendu!
Ce n’est pas une lyre géante mais un pont suspendu!

Nous quittons vers 10h30 l’appartement Negrito de la Rue des Valencians avec des regrets. J’ai beaucoup aimé cette ville variée et tranquille où il me reste encore tant à voir.

Avec la voiture nous faisons un tour à la Cité des Arts et des Sciences puis pousser vers le port ? Circuler dans le Port en voiture est interdit. Nous empruntons des routes au hasard et tombons sur des zones encloses dans des grillages. Les grues bien visibles de l’Oceanographic semblent effacées du paysage. De guerre lasse, j’allume le GPS qui nous ramène en ville au Pont de l’Aragon. Nous suivons attentivement les indications de madame GPS sans nous préoccuper de tourisme dans la ville moderne.

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On nous a recommandé de ne pas arriver avant 19h pour cause de sieste espagnole, une centaine de km séparent Valence de Benicassim, nous prenons le chemin des écoliers. L’autoroute gratuite pour Castellon longe le rivage. Au bord de l’eau, il nous vient des envies de plage.

Pour marcher au bord de l’eau nous prenons la première sortie vers Playa Pobla de Farnals, traversons cette station balnéaire modeste mais surtout déserte composé d’immeubles peu avenants. Nous cherchons un supermarché pour faire un pique-nique et surtout pour acheter une carte routière. La première boutique vend la presse locale et tout un assortiment d’hameçons, de fil de pêche et de leurres, la seconde est riche en boîtes de conserves de moules, sardines et calamars que nous dédaignons. La plage de sable est agréable, vierge de toute installation(la municipalité a enlevé et mis de côté les chemins de planches et même les poubelles). Au loin, on devine les grues du port de Valence. Quelques retraités ont apporté sièges de plage et parasols, on se baigne ici en Octobre. Ma jupe est plutôt longue, je la remonte pour marcher le long de l’eau. J’atteins la plage de Puig station plus chic avec une jolie promenade plantée, mais pas de restaurant en cette saison. Un petit kiosque en bois a installé quelques tables où l’on peut boire ou manger des glaces. Et déjeuner ? « je peux préparer des bocadillos. » propose la jeune femme. Déjeuner simple, impromptu : sandwich au saumon (bien rempli) et tortilla de patates.

Retour à la grande route, qui traverse une mer de vergers d’agrumes, bien entretenus, jeunes touffus, oranges ou mandarines.

Valence : Almudin, Musée de la Céramique et autres promenades dans le centre historique

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Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..

Je ne trouve pas le premier : la crypte saint Vincent à lAlmoina où j’ai visité le Musée Archéologique.

Almudin
Almudin

Derrière, l’Almudin – la halle au grain – du temps de Balentsya. Le nom des rues rappelle cette fonction : rue de la Farine, Rue de la Pesée de la farine. L’Almudin est un bâtiment rectangulaire, très simple qui s’ouvre sur une placette Plaça de Sant LLuis Bertrand : le saint est une petite sculpture en bronze orant une fontaine au bassin octogonal. Le porche d’entrée d’un palais est très ouvragé.

Un peu plus loin, se trouve la massive église S. Esteban avec son mince clocher de brique. L’Almudin sert de hall d’exposition, lorsque l’une est en préparation, on ne visite pas. Je n’entrevois que de la porte les peintures murales représentation de la vie populaire.

Les Bains de l’Almirante qui ont rempli leur fonction de 1313 à 1959 pendant donc six siècles se trouvent à proximité. Malheureusement le créneau des visites est de 13h à 14h selon le panneau (et jamais pour les individuels selon un voisin). Troisième site de ma liste, troisième porte close .

Le Musée du Patriarca est recommandé dans mes deux guides. Peinture ancienne, Caravage, le Greco, Goya sont annoncés sur une énorme affiche suspendue sur les murs du palais ; Impossible de trouver l’entrée. Et sur la place personne ne connait les horaires d’ouverture. Encore raté !

Palais du Marquis
Palais du Marquis dos Aguas

Enfin j’ai plus de chance au Musée des Céramiques qui se trouve dans le Palais du Marquis dos Aguas, construit au XVème rénové en 1740. La façade est ornée de bas- reliefs en albâtre, Atlantes soutenant le linteau du porche, Vierge dans une niche, mais aussi autour des fenêtres. Je n’ai jamais vu une façade aussi surchargée, l’albâtre semble un miel liquide qui dégouline.

Façade rococo ou rocaille?
Façade rococo ou rocaille?

Les murs des patios intérieurs sont également très décorés mais dans un style plus sage. A propos de style Baroque ? Roccoco ou rocaille ? Le Palais est meublé. Même impression de surcharge, trop meublé, trop riche, trop décoré. Les céramiques sont intéressantes. Après une présentation d’œuvres contemporaines au rez de chaussée, la scénographie est classique : vitrines dans l’ordre chronologique. Beaucoup de très belles choses.

Horchateria Santa Catalina
Horchateria Santa Catalina

Après tout ce circuit, j’ai besoin d’une pause que je prends à l’Horchateria Santa Catalina dont je ne me lasse pas. Dominique m’attend à la terrasse du restaurant BonGust à deux pas du gîte sous la dame dans son plat à paella. J’y reste toute la fin de l’après midi et pour dîner (à l’heure touriste) : tartare de saumon avec sauce à la mangue présenté sur une ardoise, très bon !

Valence contemporaine – Jardins de Turia – Cité des Arts et des Sciences

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Cité dees Sciences et des Arts
Cité dees Sciences et des Arts

Pour rejoindre les Jardins Turia je traverse à 8h30, la vieille ville par l’Almudin, la calle Almirante jusqu’à la petite place du Poeta LLorente occupée par un triangle de verdure où un chevalier se tient debout sur un socle. Ce n’est pas un chevalier (malgré l’épée) mais le peintre Ribera, un pinceau dans la main droite  la palette dans la gauche.

Ceiba
Ceiba speciosa

Je descends la première rampe dans le lit du fleuve devant le Palacio Iglesia . j’avais prévu une promenade architecturale et c’est la botanique qui m’occupe. La coulée verte est plantée d’essences exotiques. D’abord de grands mûriers (Morus alba)aux belles feuilles vertes – pas de trace d’automne dans ce parc, les  Yuccas fleuris sont hauts comme des arbres. Un arbre aux fleurs rose me surprend son tronc renflé est couvert d’épines comme les fromagers africains, ses feuilles composées de plusieurs folioles légèrement dentées, 5 pétales allongés et charnus veinés de rose vif avec un stigmate proéminent. (d’après Google il s’agit de Ceiba speciosa, arbre d’ Amérique du sud) d’autres arbres restent mystérieux. Des ficus, d’autres qui portent des fruits ressemblant à ceux du magnolia. Certains troncs sont tortueux et ressemble à des pattes d’éléphants.

On se croirait dans une oasis, un mirage
On se croirait dans une oasis, un mirage

Plusieurs parcours sont aménagés. La promeneuse ne doit pas s’attarder sur la piste cyclable où circulent des vélos très rapides. La piste de jogging est rose, d’un sable souple sous les pieds des repères métalliques bornent les 5km du parcours (les jardins ont une longueur totale de 9km). Des panneaux commentent la promenade.  On arrive à des bosquets de chênes verts. Des lauriers-roses forment des haies colorées et touffues sur les bords.

Après le vénérable Pont Real en pierre, une élégante passerelle enjambe le lit à sec pavé de granite : c’est le Pont de l’Exposition : à son niveau se trouve la station de métro Alameda. Curieuse, je descend. C’est une correspondance importante ; 4 lignes y passent. Les quais sont parallèles. Un tableau lumineux comme dans une gare de trains ou dans un aéroport. C’est neuf, fonctionnel. Ce métro ne sert à rien en centre-ville, il dessert plutôt la périphérie. La piste passe sous une « passerelle » fleurie où la masse des géraniums roses ou rouge isole les piétons de la circulation automobile complètement invisible; (au retour l’autobus passe dessus, ce n’est pas une passerelle mais un pont bien large). Un pont de pierre d’une dizaine d’arches se reflète dans l’eau d’un bassin à travers une palmeraie. Je crois à un  mirage, à une oasis.

Le pont
Le pont de la mer

C’est le Pont de la Mer (1592-1596) emporté au 18ème siècle. En 1936, les statues furent détruites et remplacées en  1943. Le pont suivant est en ciment : Puente de Aragon, ensuite le jardin est structuré de part et d’autre de colonnades successives : double péristyle ouvert, de colonnes doriques en béton beige clair entourée par des oliviers, deux pinèdes sont plantées parallèlement aux berge de l’ancien fleuve.

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Palais de la musique

Aux colonnades succède un bassin rectangulaire dans lequel se reflète le Palais de la Musique (1987) illusion de la présence de l’ancien fleuve. Vu du jardin, le Palais ressemble à une immense serre coiffée d’un toit hémicylindrique reposant sur une colonnade et une mosaïque argentée qui brille sous le soleil du matin. En m’approchant, je vois des orangers dans des bacs : une orangeraie. Côté rue, l’entrée se fait dans un bâtiment cubique avec deux avancées pour alléger le volume et des baies vitré, très sobre.

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En plus des joggers, des cyclistes sur les esplanades près des colonnes se déroulent des cours collectifs de gymnastique. Des jeunes femmes ont déroulé des tapis et font des exercices sous la direction d’un coach. Autour des placettes les hauts lauriers sont taillés en fin cônes.

Gulliver est allongé et bien isolé : les enfants sont à l’école. Ce doit être plus vivant quand les enfants escaladent les jambes et les bras, glissent sur les toboggans. Impossible de le photographier : il est trop grand, pas de recul. Et puis il est bien laid. Je monte sur le Pont du Règne, ce n’est pas mieux. Il est toujours trop grand.

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Le palais des Arts dans la Cité des Arts et de la Science ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Une sorte de géode sphérique semble très aérienne. Une galerie borde tout le site. Au dessus une chaussée pavée de granite et l’Umbracle résille ou moucharabieh enjambant de hauts palmiers, jardin d’hiver ou d’été ? Une haute lyre relie la Palais des Sciences. Sur la chaussée les sculptures de Francisco Simoes sont exposées. Au fond la cité Océanographique ressemble à une immense cheminée de paquebot. Les grues du port se profilent à l’horizon. De l’autre côté de la route il y a un centre commercial à l’échelle de la cité et un Multiplexe de cinéma.

Simoes
Francisco Simoes corps de femmes

Le Palais des Arts se profile au dessus de la verdure. Il est vraiment énorme. De dos il ressemble à un énorme coléoptère ailes et élytres à peine soulevées se reflétant dans un bassin turquoise. Quand je m’approche  je découvre les ouvertures latérales qui bouleversent mes perceptions antérieures. Sur un « balcon »des végétaux donnent l’échelle : les palmiers poussent à mi-hauteur, à peine plus remarquable que des pots de fleur sur un balcon ordinaire. A la base du Palais des Arts l’eau est très présente sous forme de bassins et de ruisseaux.

Cité des sciences
Cité des sciences

L’Hémisphère – jumelle de la Géode de la Villette – enserrée dans une résille aérienne – est plantée au milieu d’un des bassins. Reflets, miroirs à l’infini. Je m’amuse à photographier l’objet, l’objet et son reflet, le reflet seul. Jeux d’optique et de géométries.

L'umbracle

Résille ou moucharabieh l’Umbracle est un passage planté, une palmeraie à l’abri d’une voûte aérienne, légère, destinée au repos des visiteurs éblouis par des structures métalliques ou minérales. On peut s’asseoir dans des recoins fleuris. Le long de l’Umbracle, une chaussée surélevée longe les bassins et la Cité des Sciences. On y a exposé les sculptures de Francisco Simoes « corps de femmes ». Ces statues de pierre à taille humaine regardent la halle. Contraste entre le gigantisme de l’architecture et ces femmes.

Ici aussi, transparences, jeux des pleins et des vides, des vides surtout. Le squelette de baleine ou de vertébré géant a-t-il inspiré l’architecte ?

Plutôt qu’une visite expresse (très chère) je préfère renoncer. Il faudrait consacrer à ce Musée une journée entière.

Une sorte de lyre relie la Cité des sciences à l’Océanographic. C’est un pont routier haubanné qui enjambe le lit du Turia asséché. Fin de la piste cyclable. La verdure provient des jardins maraîchers.

Je rentre avec l’autobus 95 qui me porte aux tours Serranos.

A midi, je suis de retour à l’appartement. On boit un café en terrasse avant un rapide déjeuner des restes de la paella. Pour l’après midi, j’ai fait une liste des sites que j’aimerais voir..

 

Sorolla à Giverny

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Cousant la voile
Cousant la voile

Sorolla, le peintre valencien, très parisien également, que j’ai cherché à Valence s’expose à Giverny chez Monet. Ce matin, dernier jour de l’exposition, et sous un ciel sans nuage, nous avons donc fait le voyage et ne l’avons pas regretté.

Sorolla au Musée Impressionniste, impressionniste? Pas vraiment, le peintre s’en est défendu, a même renié l’impressionnisme, le qualifiant de « toquade » et « d’invasion de fainéants ». Contemporain de Monet, s’intéressant à la couleur, à la lumière,  aux reflets sur l’eau , il trouve sa place à Giverny.

La Traite des Blanches
La Traite des Blanches

L’exposition se compose de 3 grandes salles et d’une galerie d’études, respectant d’une part l’ordre chronologique et d’autre part, groupant les tableaux par sujets.

Sorolla au Salon : il exposa à Paris d 1863 à 1909.  De grands tableaux d’inspiration réaliste, même naturaliste, de dénonciation sociale sont très loin de l’impressionnisme. J’ai beaucoup aimé La traite des blanches : 4 jeunes campagnardes dorment  dans un train sous l’oeil d’une sévère maquerelle. Trois autres toiles racontent la vie de la campagne valencienne : Préparation des raisins, Préparation des raisins secs, et des piments. un très grand tableau raconte le Retour des pêcheurs : 2 boeufs tirent la barque, la voile est gonflée, les hommes occupés aux tâches diverses et l’eau des vagues traitée avec un soin particulier.

Pêcheuses valenciennes
Pêcheuses valenciennes

Cousant la voile raconte un autre aspect de la vie des pêcheurs, occasion de montrer la lumière dans la blancheur des voiles. J’ai moins aimé Triste Héritage : un curé surveille des enfants nus squelettiques et malades qui viennent prendre un bain de mer, thalassothérapie de ces miséreux qui ont hérité leurs tares de l’alcoolisme, de la misère ou de la syphilis de leurs parents, dénonciation sociale très dure.

Bateau blanc à Javea
Bateau blanc à Javea

Bords de mer est une collection lumineuse et légère des baignades, surtout des baigneuses de la plage de Valence ou des rivages rocheux de Javea. Ces derniers sont traité à la manière impressionniste, on perçoit la diffraction de la lumière, les reflets sur l’eau. Les taches de lumière sur les fichus des pêcheuses valenciennes, les foulards blancs, les ombrelles sont particulièrement plaisantes.

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Portraits intimes : le modèle favori est sa femme Clotilde, ses enfants et ses amis.

Autoportrait
Autoportrait

Enfant de Velazquez est le titre de la salle suivante. A Madrid, Sorolla a copié, photographié de nombreuses oeuvres du maîtres. Les spécialistes retrouvent l’influence de Velazquez dans les portraits présentés dans cette collection. N’étant pas très versée dans la peinture espagnole, je n’ai pu que retrouver le clin d’oeil aux Ménines dans l’autoportrait de Sorolla (grâce à l’épreuve d’Histoire des Arts du Brevet des collèges, les élèves aimant analyser les Ménines)

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Enfin, j’ai adoré le côté spontané et coloré des études peintes sur de très petits formats, bois, carton, papier. Je les aurais toutes photographiées.

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Valence : Programme Beaux Arts

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Sorolla
Sorolla

Programme Beaux Arts pour l’après midi.

A Valence, les  deux musées de peinture moderne le MUVIM et l’IVAM sont sur la Calle Guillem de Castro qui fait le tour de la vieille ville sur le quart sud Ouest. Du Marché Central, je continue tout droit, ou presque et arrive au MUVIM situé dans un jardin très agréable, jardin de l’hôpital et de la Bibliothèque municipale. Le MUVIM n’ouvre qu’à 16h. je commande un café à la cafétéria.

Dans l’entrée on voit une magnifique maquette de Valence au 18ème siècle quand la ville était enclose dans ses murailles et qu’elle comptait 45 000 habitants. Au MUVIM on peut voir plusieurs expositions temporaires.

Au sous-sol : Lignes de défenses immédiates

Des photographies en couleur récentes montrent ce qui reste des fortifications de la Guerre Civile, tranchées et bastions républicains. Il manque des explications pour les ignorants comme moi.

Gomis‘, Les ciutats del músic

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Cette exposition, en revanche est riche en panneaux à lire, en espagnol et en catalan. Je lis lentement l’espagnol pas du tout le catalan. Elle présente le musicien Gomis (1791-1836) musicien romantique dont on peut entendre des extraits de ses œuvres grâce à des écouteurs Le Diable à Séville (Paris, 1827) et l’Inverno (Londres). La vie de  Gomis coïncide avec un épisode de l’histoire de Valence dont j’ai entendu parlé ce matin : la Révolution libérale de 1808 contre l’occupation napoléonienne.

Del ocaso de los grandes maestros A la juventud artistica Valencia 1912 – 1927

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A l’occasion du centenaire de la mort du peintre Camarlench  cette exposition s’ouvre sur les peintres valenciens de 1912 à 1927. Tandis que le reste de l’Europe était dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, cette époque correspond à une ère de prospérité à Valence époque de construction de la Gare et des immeubles modernistes, du Marché de Colon, du Mercado Central, les Temps modernes et l’Art Déco.

Valence au début du 20ème siècle
Valence au début du 20ème siècle

Je découvre de nombreux peintres. Ici aussi l’exposition manque d’explications.

Bous en la Paret –Cartells de la memoria taurina valenciana

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Est l’exposition des affiches de corridas qui ne me passionnent pas vraiment, mais c’est couleur locale !

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Le Musée des Beaux-Arts se trouve en dehors de la Vieille ville de l’autre côté des Jardins de Turia – coulée verte dans le lit du fleuve asséché. De l’appartement je retourne à la Place Manises où je trouve la Calle Serranos qui conduit aux portes de la ville : deux portes reliées par un mur, en très bon état. Je grimpe les trois niveaux (6 étages) pour observer la vieille ville des terrasses et découvrir la ville nouvelle de l’autre côté de l’ancien fleuve : une véritable mer de béton.

Pont des Serranos
Pont des Serranos

Le vieux pont de Serranos enjambe les terrains de foot dans la coulée verte.

Une double ceinture de chaque côté du fleuve est parcourue par une circulation automobile infernale. J’ai pris l’habitude de la ville piétonnière. Je passe le Couvent de la Trinité et j’entre dans le grand Musée des Beaux Arts

L’entrée est décorée sur le thème de Rome : deux immenses tableaux : Le Sac de Rome et Le Dernier Martyr du Colisée qui s’accordent avec les sarcophages romains exposés.

Les retables du 14ème siècle de LLorenc Saragossa (1363-1406) sont magnifiques. Je remarque aussi Sainte Lucie du Maestro de Perez : en plus des dorures le rendu des brocards et des tapisseries est spectaculaire. J’ai vu cet effet il y a longtemps à Bilbao dans une exposition autour de Bermejo. Joan  Reixach (1451-1486) utilise cette même technique dans la Dormition de la Vierge. Vers la fin du 15ème siècle, de délicats paysages en arrière plan viennent remplacer les dorures. J’ai toujours grand plaisir à voir ces peintures anciennes. Il me faudrait beaucoup plus de temps pour examiner une à une les scènes des retables et même de m’arrêter à chaque personnage.

Sorolla
Sorolla

La salle est au nom de Joaquin Sorolla (1863-1923). On y trouve surtout des portraits très expressifs et aussi des marines. L’une d’elle des pêcheurs de Valence me fait penser aux pêcheurs sénégalais sur la plage avec toute cette foule et les barques hissées sur le sable.

Goya
Goya

A l’étage, les collections sont variées : peinture italienne mais surtout peinture espagnole. Les sujets religieux du 17ème et 18ème ne m’attirent pas vraiment, surtout quand la tête de la Vierge est auréolée d’étoiles et qu’une lueur jaune irradie derrière elle. Je remarque un Murillo qui se détache du lot. La salle Goya est intéressante : je photographie des garnements (il me semble que je les avais vus à la Pinacothèque).