Anni et Josef Albers, L’Art et la Vie au Musée d’Art Moderne de Paris

 EXPOSITION TEMPORAIRE du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022

 

Une rétrospective chronologique où les œuvres d‘Anni et celles de Josef Albers se répondent, se complètent, de leur rencontre au Bauhaus en 1922,  leur exil américain en 1933 à la suite de la fermeture du Bauhaus avec l’arrivée des nazis où ils partent enseigner au collège de Black Mountain . 

Bauhaus Josef Albers vitrail « éclat dans la grille

 Bauhaus

« le but de toute activité artistique est la Construction«  Gropius

Chaque étudiant doit rejoindre un atelier, Josef Albers entre au Bauhaus en 1920 dans l’atelier de verre. Avec la crise économique qui règne alors en Allemagne il est contraint d’utiliser des objets récupérés à la décharge et crée des assemblages avec des matériaux composites. 

Anni Fleischmann est admise en 1922 dans l’atelier textile « la classe des femmes »

Anni : 1925 tenture : soie, coton, acétate

Josef utilise aussi des plaques de verre dépoli peintes

Josef : verre dépoli

Il semble que les motifs et les constructions se répondent. Les lignes horizontales rappellent le bâtiment neuf de l’école à Dassau. Une vie sociale intense s’y déroule. Josef qui s’adonne aussi à la photographie y fait de très beaux portraits d’Anni mais aussi de Klee et de Kandinsky. Les photographies sont présentées en diptyques ou mosaïque.

Le Bauhaus est une école de design où l’on réalise des meubles et des objets usuels : tasse en verre ou compotier. 

typographie Bauhaus

1933 nouveau départ en Amérique

Anni et Josef partent enseigner dans un collège expérimental au Black Mountain college . De très belles vidéos montrent cet enseignement original où la devise est « Open eyes » . On voit Josef exposer ses théories sur la couleur, effectuer un pliage de papier zigzag, démontrer bandes de papier en main que 1+1 =3 et même parfois 4. Anni raconte qu’elle a enseigné le tissage sans métier à tisser réalisant des assemblages et collages avec des graines, des tortillons de papier simulant le tissu. 

Apparition de la couleur

« Je crois que l’art est parallèle à la vie. La couleur, selon moi, se comporte comme un être humain[…] de deux manières distinctes : d’abord dans son existence autonome, puis dans sa relation à autrui » 

En 1947 Josef réalise toute une série de Variants et de Constellations . le variants, comme leurs noms l’indiquent, sont des tableaux colorés avec des variations de couleurs sur une structure analogue. 

 

Découverte des arts précolombiens

Entre 1935 et 1967 les Albers effectuent une douzaine de voyages au Mexique, Pérou et Amérique latine. Une belle collection de statuettes précolombiennes occupe une vitrine. Josef photographie pyramides et paysages. ils rapportent également des textiles.

Tentures

 

 

Anni fabrique des bijoux avec des objets usuels de la vie quotidienne : joints et rondelles, anneaux de plastique entiflés sur des rubans de gros grain coloré.

collier réalisé avec une bonde d’évier, des trombones..

Sur le mur faisant face aux bijoux sont exposés des dessins de Josef sur le thème des noeuds et enchevêtrements

 

josef : noeuds

Commande religieuse :pour la synagogue B’nai Israel Woonsocket Rhode Island

Ark panel

A côté des grandes tentures, Anni réalise aussi des petits formats comme des tableaux.

Hommage au carré

hommage au carré

De 1950 à 1976 Josef peint plus de 2000 tableaux sur le thème du carré. les cimaises de deux grands salles en sont remplis. Là, j’ai un peu décroché!

Giorgia O’Keeffe à Pompidou

Exposition temporaire 8 septembre 2021 – 6 décembre 2021

Inside the  Red Canna

Merveilleuse exposition O’Keeffe à Beaubourg, à ne pas rater!

Giorgia O’Keeffe (1887 – 1986) est une figure de l’art moderne américain. 

Elle a commencé sa carrière en 1916 en exposant à New York au 291, la galerie de Stieglitz, où l’on pouvait voir les dessins de Rodin, de Picasso et la peinture de Cézanne, des aquarelles de Demuth et bien sûr les sublimes photographies de Stieglitz.

Serie I White and blue flower (1918)

Elle peint une « série synesthésiste » suivant l’idée de Picabia selon des abstractions organiques correspondant à des ondes sonores jouant des mélodies. Elle s’inspire également du livre de Kandinsky . J’ai moins aimé les tableaux abstraits Black abstraction et Abstraction white que les œuvres d’inspiration végétales comme ce maïs

Corn dark 1

Pour se forger un style bien à elle, elle peint des fleurs en les zoomant, fleurs géantes, sensuelles, colorées que certains jugent érotiques (dans une vidéo Giorgia O’Keeffe s’en défend arguant que chacun peut y voir ce qu’il veut.)

White iris

« O’Keeffe, c’est l’Américaine qui peint de grosses fleurs?  » me demande une de mes copines. Oui, certes , mais pas que!

« Il est rare que l’on prenne le temps de regarder une fleur. j’ai peint ce que chaque fleur représente pour moi et je l’ai peinte suffisamment grande pour que les autres la voient telle que je la vois »

Jimson Weed/white flower (1932) – datura

Elle a aussi peint la campagne, les maisons et les granges des environs de Lake George où Stieglitz,  devenu son mari, avait une résidence, la Gaspésie..

Elle a aussi peint des paysages industriels rappelant les photographies de Stieglitz

New York East End

ou les gratte-ciels newyorkais spectaculaires mais toujours avec sa fascination pour le cosmos et le ciel.

New York with moon

mais c’est le Nouveau Mexique qui deviendra le sujet de paysages de prédilection.

Montagnes rouges du Nouveau Mexique

montagnes rouges et parfois montagnes noires

new mexico dark

Dans les déserts arides, elle ramasse des ossements blanchis de bovins ou de chevaux et s’en sert comme de motifs

Ram’s head & white Hollyhock – New Mexico

Spectaculaire encore ce ciel avec la lune  qui apparait dans la cavité du bassin, ou les montagnes au lointain….

Pelvis with distance
Black hills with cedar

Et il en reste d’autres à découvrir!

Chagall le Passeur de Lumière au Centre Pompidou-Metz

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 31 Août 2021

Surtout dépêchez-vous de la visiter! C’est vraiment une exposition majeure!

Chagall a exploré de nombreux domaines et de nombreuses techniques des arts plastiques. Cette exposition met le projecteur sur sa création de vitraux.  On associe volontiers vitraux aux églises et moins aux édifices laïques, encore moins aux synagogues.

Comment Chagall, le juif est-il devenu le Passeur de Lumières? 

Chagall gravure Rebecca

En introduction, une série de très belles gravures aux sujets bibliques va conduire doucement le visiteur dans la progression du travail qui va aboutir à la décoration du baptistère de la Chapelle d’Assy

Chagall gravure : passage de la Mer Rouge

Chagall va reprendre le sujet de cette gravure, l’Exode, à plusieurs reprises, ajoutant de la couleur, puis passant à la céramique. Ces transformations progressives vont me fasciner. J’ai l’impression de voir l’artiste au travail.

Chagall l’Exode Baptistère de la Chapelle d’Assy

La chapelle d’Assy est un véritable musée d’Art moderne de nombreux artistes de renom ont collaboré à sa décoration grâce au Frère Marie Alain Couturier qui voulait faire appel aux meilleurs artistes, peu importe qu’ils soient protestants comme Le Corbusier ou Juifs  comme Chagall qui a choisi un thème de l’Ancien Testament mais qui fait figurer une crucifixion dans le coin en haut à droite. D’ailleurs ce Christ en croix figure aussi sur d’autres tableaux  comme celui d’un autre exode après un pogrom ou le crucifié figure les souffrance des Juifs en Russie. Je m’amuse à une sorte de « jeu des 7 erreurs » pour voir ce que Chagall a ajouté (ou supprimé) dans cette version très grand format. Je découvre encore une autre facette de l’œuvre de Chagall : la sculpture du marbre qui me plait beaucoup. 

Chagall : maquette de la Cathédrale de Metz

Il n’est pas indifférent que les vitraux de Chagall soient célébrés à Metz. En effet, la cathédrale de Metz a subi de nombreux dommages pendant la dernière guerre, comme celle de Reims. Chagall a dessiné des vitraux pour cette cathédrale. A cette occasion, le visiteur de l’exposition peut voir les projets, les maquettes, les étapes de la fabrication d’un vitrail. si on compare la photographie du vitrail et cette maquette nous avons préféré la maquette, plus transparente, plus fluide. C’est le charme des expositions bien faites de nous raconter une histoire, de nous prendre par la main. Dans celle-ci nous découvrons une technique et toutes ses étapes. C’est passionnant. 

les femmes d’Israël

Vitrail et sculpture sur marbre, peinture à l’huile, aquarelle ou gouache…ne pas oublier la tapisserie: Aux Nations Unies à New York on commanda suite au décès de Dag Hammarskjöld un immense vitrail, Peacewindow qui inspira une tapisserie:

Tapisserie de la Paix réalisée par Yvette Cauquil-Prince

les vitraux de Chagall ornent nombreux édifices religieux de part le monde, en Angleterre, en France la Chapelle du Saillant, celle des Cordeliers à Sarrebourg, et même en Allemagne.

Etrangement c’est pour une synagogue, celle de l’Hôpital Hadassah à Jérusalem que Chagall fut restreint par des contraintes précises : la non-figuration de la personne humaine. Les animaux remplaceront les personnages! 

Hôpital Hadassah Jérusalem

Et bien sûr, on ne peut pas oublier les tableaux, toujours merveilleux

Chagall : roi David

La visite se termine par une vidéo où l’on voit toutes les étapes de la fabrication des vitraux destinés à l’Art Institute of Chicago, création de Chagall mais aussi œuvre du Maître verrier Simon Marq de Reims. Très intéressant! 

Nous sortons émerveillées de cette visite où nous avons passé plus de deux heures. Il n’en sera pas de même pour la seconde exposition Face à Arcimboldo qui nous a bien déçues. Une accumulation d’œuvres de toutes époques pas toujours de bon goût. mais surtout une présentation très peu commode; Alignement de fiches dactylographiées sur le mur face aux œuvres qu’il n’est pas facile d’identifier. Des grands noms, comme Picasso ou Max Ernst, Marcel Duchamp,  Ensor, Otto Dix (que j’avais confondus) des masques de Pompéi, de parfaits inconnus. Manque de cohérence et d’intérêt. 

Escapade à Metz : Centre Pompidou-Metz, promenade en ville

Le prétexte : deux expositions :  Chagall Le passeur de Lumière et  Face à Arcimboldo 

L’envie de bouger malgré le Covid 19 qui restreint notre horizon.

1h30 en TGV, possibilité de faire l’aller et le retour dans la journée confortablement.

Gare de l’Est, 8h13, le TGV est à destination de Luxembourg, un goût de voyage lointain, il quitte la région parisienne à grande vitesse, à peine je pense regarder le paysage que nous sommes en Champagne dans le vignoble, puis traversons une forêt que je ne connais pas. Les gares traversées sont « sur-Moselle » nous sommes loin….

La Gare de Metz

Gare de Metz, 9h44. Monumentale gare allemande inaugurée en 1908 en style médiéval-roman imposé par le Kaiser qui souhaitait marquer la puissance du Reich dans cette position stratégique. Le soin apporté au décor, aux chapiteaux de grès sculptés est tout à fait remarquable. Un passage conduit directement au Centre Pompidou-Metz.

le Centre Pompidou-Metz à la sortie de la gare

Un jardin, plutôt un verger sert d’écrin de verdure au bâtiment. Le gazon est ondulé, plissé presque.

La queue est tout à fait raisonnable, pas d’attente, seulement un scan du pass sanitaire, on ouvre soi-même son sac, pas d’installations de sécurité spectaculaires. La queue permet d’observer au-dessus de nos têtes les structures de bois des piliers et des alvéoles hexagonales sous la toile blanche de l’énorme chapiteau, au mât de 77 m.

Annette Messager : Le Désir attrapé par le Masque (2021)

L’installation d’Annette Messager occupe un vaste espace : des filets sont disposés en formant des sortes d’anneaux ;  des animaux empaillés, des peluches, souvent des chimères formés d’un corps naturalisé et d’une tête artificielle, sont dispersés et me mettent mal à l’aise. le plus déstabilisant, ce teckel portant un masque chirurgical qui paraît presque vivant. Au dessus sur des plateformes suspendues d’autres oiseaux-chimères, souvent encapuchonnés complètent l’impression de malaise. Aucune explication. 

L’exposition Chagall, Le passeur de Lumière se trouve au 3ème niveau. A la sortie de l’ascenseur de verre, je cherche à avoir une vue d’ensemble de l’installation d’Annette Messager et je découvre une autre œuvre collective rassemblant les mots de plusieurs artistes 

 

les 11 commandements (difficile de tout photographie en restant lisible)

 j’ai découvert Bintou Dembélé récemment avec le film Les Indes Galantes de Philippe Beziat qui est mon film préféré de la rentrée d’après-confinement. Je ne veux pas rater sa prestation au Centre Pompidou-Metz au Studio : S/t/r/a/t/e/s avec sa troupe Rualité. Nous avons donc terminé la visite du Centre au Studio pour cette vidéo d’une dizaine de minutes qui nous a bluffées et consolées de notre déception à la sortie de l’exposition Arcimboldo. 

Bintou Dembélé à Metz

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https://www.facebook.com/plugins/video.php?height=314&href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpompidoumetz%2Fvideos%2F645176339674366%2F&show_text=false&width=560&t=0

maquette du Centre Pompidou-Metz

Les architectes du Centre Pompidou Metz : Shigeru Ban et Jean de Gastines ont établi leur studio au 4ème étage du Centre Pompidou-Paris, sur la terrasse. Shigeru Ban est célèbre pour son utilisation du carton, il a conçu la Maison du Carton, un musée en carton, et des habitats temporaires pour des causes humanitaires. Ce studio le PTS (Paper Temporary Studio) est maintenant installé devant le Centre Pompidou-Metz. C’est un  tunnel de 35 mètres de long en, carton, bois parfaitement démontable et re-montable. 

PTS

Il est utilisé pour MEND PIECE de YOKO ONO : sur des tables on  trouve de la vaisselle brisée, de la ficelle, de la colle et du scotch pour « réparer » cette vaisselle. Nous avons volontiers participé à cette réparation. Les œuvres de nos prédécesseurs sont exposées sur des étagères où l’on trouve également des livres à emporter (1 seul) déclassés de la bibliothèque municipale. Réparer la porcelaine est une tradition au Japon. C’est aussi un geste politique. Mais cela demande une habileté que je ne possède pas. La colle demande beaucoup de temps et de patience, la ficelle de la dextérité, le scotch est d’une utilisation plus simple, mais c’est moche. 

Metz Cathédrale

Comme il restait deux heures avant le train du retour, nous sommes allées flâner dans Metz, dans les grandes rues allemandes, dans les vieilles rues, le centre piétonnier. Le but de la balade : la Cathédrale pour voir in-situ les vitraux de Chagall. 

Vitrail dans la cathédrale

Et comme il faisait beau et chaud, nous avons terminé la balade à la terrasse d’un beau café.

 

Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme à la maison Caillebotte, Yerres

Exposition temporaire jusqu’au 24 Octobre 2021

Renoir : portrait de Durand-Ruel

Marchand d’art à Paris et à New York, Durand-Ruel fut le soutien des impressionnistes et s’intéressa à leurs héritiers, Gustave Loiseau,  Henry Moret , Maxime Maufra, Georges d’Espagnat, Albert André qui étaient liés avec lui par un contrat d’exclusivité.

Georges d’Espagnat : Crique au Lavandou (choisi pour l’affiche de l’exposition)

L’exposition à la Maison Caillebotte présente ces cinq peintres que j’ai le grand plaisir de découvrir. L‘exposition Vollard au Petit Palais est construite un peu dans le même esprit, réunissant autour de la personnalité d’un collectionneur et marchand d’art une pléiade de peintres. j’ai toujours beaucoup d’intérêt à admirer des Picasso, Chagall, Matisse… mais j’avais envie de découverte. Les Postimpressionnistes présentés à Yerres sont peut-être de moindre envergure mais je n’en connaissais aucun et j’aime les nouveautés et les surprises.

Gustave Loiseau, Maxime Maufra et Henry Moret occupent le niveau haut. peinture héritière des Impressionnistes, le plus souvent des paysages mais surtout des marines. Ces trois peintres se connaissaient et se sont retrouvés à Pont-Aven où ils ont rencontré Gauguin

Gustave Loiseau : Les Roches Vertes

J’ai beaucoup aimé les couleurs des paysages bretons de Henry Moret

henry Moret : Goulphar, Belle-Île

ainsi que ses personnages ayant une certaine parenté avec les bretons et bretonnes de Gauguin

Henry Moret : les Moissonneurs

Toujours des sujets bretons avec Maxime Maufra

Maxime Maufra : la Récolte du Goémon

On descend un escalier pour découvrir une toute autre ambiance avec Georges D’Espagnat, on quitte la Bretagne, les paysages marins pour des portraits, des enfants

G d’Espagnat : la Gare de Banlieue

ainsi que des couleurs chatoyantes comme la Crique au Lavandou ou l’après midi d’automne

G d’Espagnat :Après midi d’automne

Aussi coloré et décoratif, le travail d’Albert André a su nous séduire

Albert André : la femme aux paons
Albert André : la Tonnelle
Albert André : la Femme en Bleu

The Power of my hands au Musée d’Art Moderne

Exposition temporaire jusqu’au 22 Août 2021 

Je ne pouvais pas rater cette exposition féministe et très originale.

Le cartel présentant les œuvres précise que ces créations sont faites directement à partir de la vie quotidienne et des activités domestiques. La Sphère privée s’étend à la créativité et à la politique.

In the power of my hands – Tapisserie faite avec des nattes de cheveux artificiels

En effet ces plasticiennes utilisent les textiles, la terre, et même les tresses de faux cheveux des coiffures africaines . Mais j’ai aussi été bluffée par la modernité de ces œuvres qui utilisent largement la photographie et la vidéo.

« Mombathiseni de Bullieweze Siwani – il faut entendre les vagues des vidéos
textile
Dyptique de Njideka akunyali Crosby

Les techniques utilisées sont souvent métissée, composites avec surimpression photographiques et très sophistiquées. l’artiste nigériane vit à Los Angeles,.

Ana Silva : broderies sur sac

Ana Silva, Angola, a brodé des  femmes en fines broderies sur de la toile à sac servant à emballer des vêtements de seconde main arrivant en Afrique : dénonciation de la surconsommation de l’industrie de la mode.

D’autres œuvres dénoncent les violences faites aux femmes, ou l’impossibilité de représenter le sexe féminin.

Reinata Sadimba : Femme en train d’accoucher

j’ai beaucoup aimé la vidéo de Wura Natasha Ogunju (USA/Nigéria) dont est tirée l’affiche de l’exposition : Will I still carry water when I am a dead woman? Des femmes au visage masqué mais à la tenue courte, short ou robe courte trainent des bidons dorés qui les entravent. Elles défilent  dans les rues d’une ville nigériane dans l’indifférence des passants.

Comme le titre en anglais l’indique, ces artistes viennent presque toutes de l’Afrique anglophone, Afrique du Sud, Nigéria, Zimbabwe sauf Angola. C’et une région de l’Afrique que je ne connais pas du tout et j’ai été très dépaysée.

Edition Limitée au Petit Palais – Vollard, Petiet et l’estampe des Maîtres

Exposition temporaire jusqu’au 29 Aout 2021

Pportrait de Vollard par Renoir (1899)

Vollard, collectionneur, marchand d’art mais aussi éditeur, s’installa à Paris en 1890. Il achetait à un prix modique des ensembles d’œuvres de jeunes artistes d’avant-garde et  les vendait dans l’Europe entière et en Amérique.

Portrait de Vollard par Cézanne

Vollard sut s’entourer et collaborer avec les plus grands : Renoir,Gauguin,Toulouse-Lautrec mais aussi les Nabis, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Emile Bernard, Picasso, Marc Chagall….et j’en oublie…

Toulouse-Lautrec : l’Estampe originale

Cette exposition est l’occasion de découvrir des estampes . un mur est occupé par 22 estampes  des « peintres graveurs » aussi divers que Fantin-Latour, Munch, ou moins connus comme Ker-Xavier Roussel (que j’ai bien aimé)

Baigneurs de Cezanne

Picasso fit 100 estampe de la « suite Vollard »

Picasso Minotaure

Il illustra aussi L’Histoire Naturelle de Buffon

Picasso : Histoire Naturelle de Buffon

Vollard était aussi éditeur de « Beaux Livres » c’est la partie de l’exposition qui m’a le plus intéressée. Le premier livre d’artiste, en  1900, fut Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard. On peut le « feuilleter » virtuellement sur un écran

Parallèlement de Verlaine illustré par Bonnard

la collaboration avec Bonnard s’est prolongée avec l’illustration des Pastorales de Longus Daphnis et Chloé ainsi que Dingo d’Octave Mirbeau. 

Odilon Redon , la Tentation de Saint Antoine

Maurice Denis, L’Imitation de Jésus Christ

Ballade des pendus Villon

j’ai beaucoup aimé les illustrations d’Emile Bernard pour les Oeuvres de François Villon, L’Odyssée et Les Fleurs du Mal. Et bien sûr, Chagall pour els Ames mortes et les Fables de La Fontaine 

Chagall Le meunier son fils et l’âne

Cette exposition n’est peut être pas spectaculaire, mais il y a tant à voir! Et surprise, en sortant j’ai découvert un orchestre baroque : clavecin, violon, flûte et deux chanteuses qui ont interprété Lully, Rameau J.J. Rousseau (et oui, il a composé un petit opéra) entrecoupés de chants populaires: Le Pont d’Avignon, Frère Jacques...et rond et rond petit patapon....

Une belle sortie!

Signac Les harmonies Colorées – Jacquemart-Andé

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 26 Juillet 2021

Paul Signac – Opus 176 (1886)

Admirateur des impressionnistes et de Claude Monet, Paul Signac, autodidacte devient peintre et va avec Seurat utiliser une nouvelle technique pointilliste ou de « division des tons » pour fonder un mouvement que le critique Fénéon qualifiera de  Néo-impressionnisme.

signac paul

L’exposition LES HARMONIES COLOREES  au Musée Jacquemart-André présente les œuvres de Signac mais aussi des artistes néo-impressionnistes comme Cross, Pissaro,  Achille Laugé et Maximilien Luce, Van Rysselberghe 

Achille Laugé : L’arbre en fleur

Tout d’abord,  nous étudions les recherches de couleurs, la palette éclatante de Signac, les complémentarités des couleurs, l’utilisation de couleurs pures qui ne doivent pas se mélanger mais se rehausser, s’exalter. On parle parfois de pointillisme ; à y voir de plus près, ce ne sont pas des points (il y en a comme les points orange de l’Opus 176 qui rehaussent les barques bleues ou les arbres verts) mais il y a aussi ces virgules roses et bleues, éclairant la mer de Saint Briac

paul signac balises, Opus 210

parfois le peintre choisit de croiser les touches, parfois de jouer le mosaïste avec des touches carrées ou rectangulaires qui ressemblent à des tesselles. Cette exigence de couleurs pures suppose un travail préparatoire. Si la peinture sur le motif, comme les impressionnistes, est le début du tableau celui-ci sera accompli en studio. l’exposition présente donc de nombreuses études préparatoire, huiles en large touches très colorées et petits format, ou grands lavis à l’encre de Chine de la taille du tableau définitif en couleur.

Signac : Mont Saint Michel 1897

La visiteuse peut prendre son temps pour observer les détails de la technique qui varie selon le temps.

Après son séjour à Saint Tropez en 1892, Signac pratique l’aquarelle. Il peint un très bel éventail de Venise. Il utilise l’aquarelle pour peindre sur le motif, et  réalise un reportage complet des ports de France, du port de guerre de Toulon, aux petits ports de pêches bretons, des ports de Saint Nazaire. le dessin est très soigné, la couleur n’est plus le sujet principal et parît accessoire.

paul Signac : Villefranche

et pour le plaisir : Cross

Cross

et bien sûr, comme toujours à Jacquemart-André une vidéo permet de d’approfondir la visite avec un commentaire éclairé.

Chagall, Modigliani, Soutine…Paris pour école, 1905 – 1940 – MAJH

Exposition temporaire jusqu’au 31 Octobre

Sonia Delaunay – Philomène 1907

Chagall, Modigliani, je les aime tant que je ne raterais pour aucun prix une exposition qui leur est consacrée. D’ailleurs, dans l’exposition du MAJH, je vais naturellement les admirer.

Zak : marionettistes

Cependant, ce sont les moins connus, ceux que je découvre dont j’ai envie de parler. Zak, que je ne connaissais pas du tout, Jules Pascin portraitiste et dessinateur

Jules Pascin : Alfred Flechtheim en toréador 1925

Kremègne, découvert au musée de Céret, dont l’œuvre est variée

Kremègne

Et les sculptures de Lipchitz et de Chana Orloff qui me touchent énormément.

Lipchitz : marin à la guitare

et cette maternité si tendre

Chana Orloff : maternité

Nombreuses découvertes et plaisir de retrouver des œuvres connues.

Toutefois, le propos est L’école de Paris qui aurait réuni pendant plusieurs décennies une foule d’artistes juifs, russes ou polonais, hongrois, tchèques, allemands, venant de toute l’Europe, fuyant le numérus clausus des universités russes, les pogromes, la pauvreté ou tout simplement attirés par la vie artistique de Montparnasse ou des ateliers parisiens.

Indenbaum : La Ruche

Ecole? c’est paradoxal parce qu’il n’y a pas eu une seule école, ni un style particulier, parce que chacun a trouvé son atelier :le Bateau lavoir, la Ruche, qui fut peinte à plusieurs reprises par Kremègne et Indenbaum, qui accueillit Soutine, Modigliani, Brancusi (la liste est si longue…).

Artistes Juifs ou Cosmopolites? Sûrement les deux, quand Paris était une fête!

Chagall : Apollinaire et Cendrars

Cependant ces artistes juifs, artistes reconnus et célèbres durent aussi subir l’antisémitisme de certaines élites. L’exposition met en évidence la renaissance d’une conscience juive avec la parution de revues juives de langue française.

Les mots de la fin sont ceux de Chagall : un long poème en Yiddisch et en Français « Pour les Artistes martyrs « (1950)

Chagall encore, pour le plaisir!

Femmes-peintres au Musée du Luxembourg

Exposition temporaire prolongée jusqu’au 25 juillet 2021

Nina Villers : Portrait de Madame Soustas laçant son chausson

Si on a oublié certaines d’entre elles, ce ne sont pas des artistes mineures. De leur temps elles étaient célèbres, parfois riches, des peintres reconnues. Elles ont investi les peintures de portrait, de genre, parfois d’histoire, de paysage. L’exposition leur rend honneur dans leur diversité et les fait sortir de l’oubli.

Elizabeth Vigée Lebrun : autoportrait 1800

Elizabeth Vigée Lebrun est sûrement la plus connue de nos jours. en 1783 époque elle est admise à l’Académie  ainsi que Adélaïde Labille-Guiard.

Pour ma part je me suis surtout intéressée aux autoportraits afin de mieux les connaître. Elles se représentent au travail.

marie-Guillemine Benoist : autoportrait

l’enseignement de la peinture et des Beaux arts se faisait dans des ateliers réputés

l’atelier de Leon Coigniet : Catherine Caroline Cogniet-Thevenin
Autoportrait : Louise Duvidal

j’ai bien aimé cette petite fille.

L’enfant à la poupée : Anne Geneviève Greuze

je ne livre ici que mes tableaux préférés, il y en a beaucoup d’autres!

A vous de voir