Arcimboldo & Cie – Revue DADA N° 254

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Merci à Babélio et à la revue DADA pour le cadeau! Je n’avais pas coché la case au hasard dans la liste., le numéro consacré à Botticelli m’avait beaucoup plu. Revue d’art destinée aux grands et aux petits, elle porte un éclairage particulier sur l’œuvre d’un artiste. Les ateliers pratiques peut être plus pour les petits mettent l’accent sur une technique particulière, les parents apprécieront. 

Arcimboldo (1526 – 1593) est un peintre milanais, dessinateur, portraitiste, mais aussi ordonnateur de fêtes, dessinateur de cartons de tapisserie et de vitraux. Il fut invité à la cour de Vienne par Maximilien de Habsbourg pour réaliser les décors des fêtes de la cour autrichienne, des portraits classiques de la famille Habsbourg. Ce sont les têtes composées qui confèrent à l’artiste sa célébrité. 

Le cuisinier

Têtes amusantes, tirant sur la caricature, comme celle du Bibliothécaire composée de livres. Têtes comme des énigmes quand il faut retourner le tableau pour découvrir Le Jardinier qui se cache sous des légumes, ou le Cuisinier dont le visage de viandes assemblées ne se devine qu’après un examen attentif. Si l’empereur est magnifié en Vertumne la dénonciation des travers des courtisans parfois monstrueux comme le Juriste, est d’une méchanceté acérée. 

Assemblage est le maître-mot. L’atelier propose une « Tête al dente » : collage de pâtes, farfalle, penne, serpentini. A la manière de….

Oublié, Arcimboldo est redécouvert par les surréalistes la revue Dada présente un certain nombre d’œuvres inspirées par Arcimboldo Dans le chapitre A la Cour d’Arcimboldo, Dali, Tinguely, Klaus Enrique, Marcel Duchamp, Di Chirico et d’autres sont mis en regard des tableaux d’Arcimboldo utilisant les procédés d’assemblage. Une belle collection!

Coïncidence (ou pas) au Musée Pompidou-Metz s’ouvre une exposition Arcimboldo. Cette revue est une excellente introduction à la visite. 

Notez que la Revue Dada, comporte toute une partie Actualités consacrées aux expositions dans le monde de l’art, entre autres les expositions commémorant Napoléon, Peintres Femmes au Luxembourg, et d’autres…

Les origines du monde – L’invention de la nature au XIXème siècle à Orsay

Exposition temporaire au Musée d’Orsay

Après la lecture de l’Invention de la Nature d‘Andréa Wulf, des Arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann,  Terre Prodigieuses Créatures de Tracy Chevalier visiter cette exposition était une évidence. Pendant le confinement, je suis passée sur les quais de Seine devant le Musée d’Orsay fermé, avec une rage terrible à l’idée que la date de clôture approchait et que ces accrochages sans visiteurs étaient un véritable gâchis. 

Les Origines du monde à Orsaysûrement pas une coïncidence, on pense immédiatement au célèbre tableau (qui d’ailleurs figure en fin de l’exposition). L’Invention de la Nature est datée – selon le prologue – d’un « long XIXème siècle » allant de la Révolution à La Première Guerre mondiale, parfaitement à sa place à Orsay. 

Le Paradis terrestre et la Création d’Eve
  1. Prologue : les récits bibliques fondateurs de la Genèse et du Déluge sont illustrés par des tableaux plus anciens dIsaak van Osten : Le Paradis terrestre et la Création d’Eve et Breughel . Plus récent : Après le Déluge de Philippo Pazzi (1864) où l’on voit les animaux quitter l’arche de Noé/ Egalement une très belle gravure repliée en accordéon représentant les différentes espèces. 
  2. Philippo Polizzi (1864) Après le Déluge. les animaux quittent l’Arche (détail)

2. Nommer les espèces :  les Cabinets de Curiosités furent en vogue dès le 16ème siècle – « modèles en miniature de la Nature Universelle » ils furent la possession des aristocrates et préfigurèrent les collections naturalistes.

Anne Vallayer-Caster 1769 Panache de mer Lithophytes et mollusques

Collectionner, classer Linné (1707-1778); Buffon (1707 -1788)aspire à  un inventaire mais délaisse les classements en recherchant « les causes naturelles ». 

Cabinet de Curiosités : oiseaux exotiques

3. Immensité et diversité du monde

La nature comme spectacle : un diorama montre la tournée de Zarafa, la girafe de Nubie (1827)

Diorama : Zerafa la girafe nubienne

1741 Clara, rhinocéros, fit « Le Grand Tour «  de l’Europe en 12 ans et fut célébrée en peinture ou sur différentes représentation comme cette horloge monumentale

Clara le rhinocéros

les animaux exotiques inspirèrent les artistes comme les lions de Delacroix 

Détail de la Chasse aux lions de Delacroix

ou le tigre dévorant un gavial de Barye

Barye : Tigre dévorant un gavial

Dans les collections j’ai admiré ces cires botaniques de Louis-Marc-Antoine Robillard des fruits exotiques restés frais à travers les siècles!

Dattes, anones et calamondins de cire

Trois expéditions emblématiques  : le Voyage en Australie (1800 -1804) de Nicolas Baudin; L’expédition de Humboldt et Bonpland (1799-1804) et Darwin sur le Beagle (1832 -1835)

Humboldt et Bonpland

Et c’est là que l’émotion arrive : dans une vitrine se trouve deux spécimens de feuilles(Cordia sebestene Cuba Oreopanax de l’herbier de Bonpland,

!coupe géologique par Humboldt et carnet de terrain de Bonpland

son carnet de terrain d’une très fine écriture au papier que je n’arrive pas à déchiffrer sous la vitre, une coupe géologique des Andes de Humboldt et une esquisse des principales hauteurs des deux continents dressée par Goethe! Les biographies de ces deux savants restent vivantes dans mon esprit, je n’aurais jamais rêvé m’approcher de si près des originaux. Je retrouve Humboldt plus loin dans la peinture de la serre tropicale de palmiers de Frédéric- Guillaume III construite sous les directives de l’explorateur.

Palmeraie de Guillaume III à l’Ile aux Paons

4. Antiquité de la Terre : fascination pour la géologie. Emotion encore devant l’édition ancienne des Principes de Géologie de Lyell et devant une coupe stratigraphique de Cuvier et Brongniart. la salle est ornée de tableaux à l’huile représentant des sujets géologiques dont l’éruption du Vésuve et un très étrange paysage de glaciers sur un lever de soleil avec un ours blanc qui se détache sur la crête

Au delà de l’Homme (1894) Briton Rivière

Essor aussi de la paléontologie et mode des dinosaures. Je trouve en cherchant bien le nom de Mary Anning, j’aurais aimé que l’exposition l’honore plus. Bien sûr en majesté un os de dinosaure, et un sujet sur la reconstitution de liguanodon à Cristal Palace (1853) avec l’invitation à un dîner de gala dans le ventre de l’animal préhistorique. Projections de film sur le thème des dinosaures dont la jolie et ancienne animation (1914) de Gertie le Dinosaure

Reconstitution d’un paysage du Dorset

Quelques aquarelles illustrent le voyage du Beagle mais curieusement Darwin apparait dans un champ inattendu : la psychologie avec l’étude des émotions faciales des chiens et des enfants.

L‘Evolution et les arbres de la phylogénèse occupent un mur entier mais c’est le tableau de Kupka qui m’a le plus étonnée

Kupka : Anthropoïdes

J’ai oublié Les Trésors de la Mer 

Argonaute, pieuvre

Et toute une série de dessins les plus fins et les plus décoratifs qui soient

pour arriver à la série des radiolaires et des méduses de Haeckel

Haeckel : radiolaires
Haeckel : méduses

Non seulement Haeckel est un scientifique de premier plan mais il a inspiré les artistes de l’Art Nouveau : architecture, décoration….Une collection de vases de Gallé rend compte de cette influence

Gallé : vase avec coquillage et algues

 

La fin de l’exposition est moins axée sur les sciences et plus sur la création artistique avec les chimères et même avec Odilon Redon  et Böcklin un glissement vers le fantastique. 

Kandinsky : après le Déluge

Bilbao 2 : musée des Beaux Arts, Bermejo, Amable Arias

ESPAGNE ATLANTIQUE 2003

Bartolomé Bermejo :Retable de la Vierge de Montserrat

    Petit déj au café

     L’hôtel Ariaga qui occupe le premier étage d’un immeuble ne sert pas le petit déjeuner. La réceptionniste me conseille le Café Boulevard à quelques pas. Je commande un délicieux petit déjeuner jus d’orange frais, beignet à la crème anglaise, café au lait. Le cadre est fastueux : marbre, dorures, colonnes et miroirs. Des habitués lisent le journal, un jeune travaille sur un ordinateur portable. Cette formule me plaît bien.

Musée des Beaux Arts : Exposition Bermejo

bartolome_bermejo_virgen_de_la_leche

Tramway jusqu’au Musée Guggenheim, puis, nous traversons un chantier trouver le Musée des Beaux arts , construit au début du XXème siècle, rénové et précédé d’une façade de verre.

L’exposition, autour du peintre Bartholemeo Bermejo, fait le lien entre la peinture flamande et la peinture espagnole au début du XVIème siècle. Cela me rappelle que les Flandres étaient espagnoles au temps de Charles Quint. Bermejo vivait un peu avant cette époque, toutefois. La technique la peinture à l’huile vient donc de Flandres,  de Van Eyck. Les retables sont apparentés à ceux de Gand ou de Bruges. Mêmes trognes pittoresques à la limite de la caricature. Même souci du détail. Monstres qui pourraient être ceux de Bosch.

Cette peinture est bien gothique. La Renaissance italienne est toute proche : perspective qui use et abuse des sols carrelés et paysages en lointain.
Le plan de l’exposition épouse les étapes du périple de Bermejo qui a beaucoup voyagé : Valence, Aragon, Castille, Baléares, Catalogne … chaque fois, il est confronté aux œuvres des peintres locaux. Quelques fois le tableau est le fruit d’une collaboration. Des rencontres historiques sont peintes : celle avec saint Dominique et Ferdinand d’Aragon, seul vers 1470, puis avec Ferdinand et Isabelle de Castille réunis sur un seul tableau sous l’égide de la Vierge . Introduction idéale à l’histoire de l’Espagne !

Je compare ces tableaux avec les souvenirs récents de Chypre. Après tout, ces tableaux sont contemporains des fresques même si la technique est très différente et si l’inspiration byzantine est très éloignée.

Devant la peinture de Bermejo et de  ses contemporains, la pertinence des questions sur l’art qui m’ont interpellée hier, n’a pas de sens. Le sujet déborde du tableau. Il faut un regard multiple pour maîtriser le trop plein. Qu’est ce qui me fascine le plus ? L’Histoire Sainte, l’anecdote narrée par le peintre, la technique, le savoir faire de l’artiste ? Les influences picturales ? Ou les couleurs chatoyantes, les décors, les costumes ? Tellement de lectures sont possibles ! On ne se pose pas la question si c’est de l’art ou pas. Cette question n’était d’ailleurs pas d’actualité, on ne peignait pas alors pour faire de l’art ! Après la visite de cette exposition bien commentée, bien éclairée, didactique, nous avons moins de concentration pour admirer les collections permanentes.
Heureusement une prospective sur l’urbanisation de Bilbao fait diversion avec plans, maquettes, photos de chantier.

Collections permanentes

Les collections permanentes se vantent de posséder des Zurbaran, Goya, un Gauguin etc.…Goya me déçoit un peu : deux portraits et pas les meilleurs. Zurbaran m’avait frappée à Budapest. Les autres peintres sont moins connus, sûrement intéressants si je n’avais pas épuisé mes capacités de m’émerveiller plus tôt.

Exposition Amable Arias

Nous  passons, indifférentes, à l’étage des contemporains (encore !) et très critiques à l’exposition d’Amable Arias. : Dessins de l’invisible. La moitié de la salle est occupée par des « gribouillis-cra-cras » sur fond de café ou vagues lavis . Certains dessins retiennent mon regard pour leur humour : toute une série sur Sartre me fait sourire.

L’art donne de l’appétit !

Bilbao

Midi et demie : il est temps de s’aérer ! Nous aurions bien pique-niqué dans le parc du Musée mais nous n’avons rien emporté. Il faut explorer les ressources locales. Ce n’est pas évident dans ce quartier chic où les magasins de meubles, les agences de voyages et les restaurants hors de prix sont les seuls commerces.
Il me semble que vers la Gare nous pourrions trouver de la restauration rapide .En chemin, j’achète deux tomates et des bananes au cas où nous ne trouverions rien. Je survivrai toujours !
Nous arrivons sur la Gran Via Lopez de haro, belle artère piétonnière bordée d’immeubles cossus avec caryatides et atlantes, coupoles genre pâtisserie ressemblant à ceux de Vienne ou de Pecs. Encore des magasins de vêtements, le Corto Inglese, de belles librairies, une merveilleuse pâtisserie. Mais nous n’en sommes pas au dessert.
Près de la Gare, enfin ! Nous trouvons des sandwiches et même des  salades que nous mangeons  sur la promenade le long de la ria près du pont qui fait face au Théâtre  et à notre hôtel.

Arrivée à Bilbao : musée Guggenheim

ESPAGNE/ATLANTIQUE 2003

Bilbao : Centre-ville

De la salle du petit déjeuner, nous observons les allers et venues des tracteurs qui nettoient le sable de la plage de Saint-Jean-de-Luz. Est ce routine ou suite de la marée noire ? On monte les toiles des cabines de plage, à rayures rouges, bleues, vertes.
Nous quittons la France  par la nationale 10 jusqu’à Irun sous un fin crachin. Tout est vert ici, pas de mystère : il pleut souvent.

Entrée en Espagne

Dès l’entrée en Espagne les changements dans les constructions sont notables. Plus de villages fleuris et de grandes maisons basques, des immeubles de briques très hauts serrés les uns contre les autres. Le fond de la vallée est occupé par la voie ferrée et les usines. Les montagnes escarpées sont recouvertes de forêts. Nous ne trouvons pas la route touristique qui suit la côte et suivons une nationale encombrée de camions traversant des villes hideuses.

San Sébastian

San Sébastian qui ressemble à Nice ou à Cannes : beaux immeubles 1900, grandes avenues, des banques et des hôtels. Sans nous attarder, nous cherchons la route en corniche et trouvons une piste cimentée très étroite surplombant l’océan de très haut sur des montagnes sauvages. Des chevaux paissent sur une pente couverte de fougères. Les prés sont tellement escarpés qu’ils sont fauchés à la main. Les meules coniques construites sur une perche centrale ressemblent à celles que nous avons vues en Croatie ou en Slovénie.

Sur notre carte au 1/1 000 000° cette petite route ne figure pas. Nous rejoignons l’autoroute au premier village. Elle traverse des montagnes par de longs tunnels courbes et tourne tout le temps. Dominique doit s’accrocher au volant.

 Bilbao : Hôtel Ariaga

Midi : Bilbao. Après avoir traversé des quartiers modernes nous descendons vers la rivière Navion dans les quartiers historiques. La circulation automobile est infernale. Les nombreux autobus très longs ne facilitent pas le trafic.  Pour trouver un hôtel nous  suivons les quais bordés d’une jolie promenade . Les immeubles sont agrémentés de bow-windows en bois et de décors de colonnettes et de boiseries. L’Hôtel Ariaga possède un garage souterrain. Il est situé en plein centre, près du théâtre et de la Gare (très belle façade Art Nouveau en céramique). Le prix est raisonnable (65 € + 10€ pour le parking). Il est tenu par une famille qui règne sur les portes et le parking où l’on se rend accompagnées. Pas questions d’allers et venues en voiture ! Elle restera sagement enfermée jusqu’à notre départ ! Notre chambre est propre avec un parquet vernis des meubles en bois foncé, pas de décoration mais une belle salle de bains.

Musée Guggenheim

Bilbao : la Ria et le musée Guggenheim

Le tramway – une jolie rame double verte futuriste – nous y conduit directement. Le Musée Guggenheim est un temple de l’Art Contemporain. Le bâtiment est tout à fait impressionnant. Recouvert de titane, il brille sur une esplanade claire près de la ria. Son architecture compliquée toute en courbes évoque tantôt une fleur aux pétales entrouverts, tantôt un navire aux multiples coques emboîtées, parfois un oiseau, selon la perspective. Des colonnes rondes, des statues bizarres – une araignée métallique, un chien d’une dizaine de mètre de haut couvert d’un pelage de fleurs formant des taches colorées.

Un pont routier, haut de 60 m, enjambe la rivière. Un escalier monumental en calcaire blond nous mène à l’entrée du Musée. Tout cela forme un ensemble complexe.

Bilbao Musée Guggenheim vue d’ensemble

A l’intérieur, le verre donne une impression de légèreté et de lumière. Cathédrale de l’esthétique, on admire la prouesse du design plus que ce qui est exposé. Une salle toute en longueur à éclairage tamisé, sorte de crypte, contient trois sculptures monumentales : l’une d’elles  est un cercle pavé de dalles d’ardoises irrégulières, une autre est un serpent  formé de quatre tôles ondulant, la dernière, trois igloos de verre, fagots et toile plastique.

Très belle salle mais où sont les œuvres?


Où je me questionne sur l’Art Contemporain

Chien de Koons

Impression de vacuité, vide de sens, recherche de l’esthétique pure ou bluff ?

Cette énorme installation résume la création contemporaine : une bulle vide, abstraite, pourtant impressionnante. La beauté devient acte de foi. Il faut croire que c’est beau, plutôt que de chercher à comprendre. Et si notre crédulité  était seulement exploitée par les marchands de l’Art qui vendent hors de prix le kitsch ou pire, le rien ? Le contenant, l’emballage, plus important que le contenu ?

Deux expositions temporaires :  Calder parfaitement adapté à ce lieu, et la Collection Broad présentant des plasticiens très connus : Liechtenstein, Andy Warhol, Basquiat, Baldessari Schnabel.  Beaucoup de « déchets » : « grabouillages » me laissent complètement indifférente. Les Marylin répétitives de Warhol m’ennuient. Certains Liechtensteinpop art- me séduisent.

Toute une section du Musée est consacrée à l’interrogation  « qu’est ce que le bon goût ? ». Provocation gratuite : un chaton en plastique sort d’une chaussette en plastique encadré par deux marguerites en plastique, tout cela dans des couleurs primaires des jouets de bébés. Ce deuxième degré du kitsch me paraît facile, complaisant. La matière, volontairement vulgaire, est laide. En revanche, les séries de Baldessari, sortes de collages, montages de photos découpées et repeintes, sont plus intéressantes. La salle des années 80 montre des œuvres plus abouties : immenses toiles agglomérant des assiettes de Schnabel. Il me semble que le stade de la provocation toute pure est dépassé et que les plasticiens recherchent à nouveau à donner du sens et des images dans leurs œuvres (?). Plus d’intérêt de ma part, mais pas vraiment de jubilation. Où est le plaisir ? J’en éprouve, sans me poser de question, devant un Matisse ou un Picasso. Cette visite nous rappelle Vienne et le musée où nous avions découvert Hundertwasser. le bâtiment était moins impressionnant mais nous avions fait une rencontre . L’importance de l’artiste apparaissait comme une évidence.  On pense au Futuroscope : belle technologie au service de quoi ? De Maunoury ? Enveloppe creuse ? Toutes proportions gardées cependant. Le Futuroscope n’a pas l’ampleur du Guggenheim.

Retour à pied le long de la rivière : agréable promenade ensoleillée. Nous terminons dans les petites rues de la Vieille ville : magasins de fringues (ce sont les soldes), foule et musique de rue.

 

CARMONTELLE ou Le Temps de la douceur de Vivre – LES CARNETS DE CHANTILLY

Mozart enfant

Mille mercis aux éditions Faton et à Babélio pour ce joli cadeau à l’occasion de la Masse Critique Graphique. Cette collection des Carnets de Chantilly est vraiment délicieuse, à ranger en bonne place à côté du Miroir des Dames de Clouet. Tous les deux sont les catalogues d’expositions au Château de Chantilly et mon grand regret est de les avoir loupées. Jolis carnets, format carré, cartonné, beau papier, présentation très soignée. 

C’est d’abord une rencontre avec Carmontelle (1717 -1806)que je ne connaissais pas. Aquarelliste, portraitiste, mais aussi auteur de pièces : les Proverbes, organisateur de fêtes, paysagiste créateur du Parc Monceau. Honnête homme, convive aimable, roturier apprécié des salons et des grandes familles du temps de Louis XV et Louis XVI qui a traversé sans trop d’encombres la Révolution et l’Empire. 

La société du Palais Royal, le Duc et la Duchesse d’Orléans

Au service des Orleans – « Des portraits mauvais mais ressemblants  » Grimm

C’est aussi la présentation de la bonne société du XVIIIème siècle. Lecteur (précepteur) du jeune Duc de Chartres, futur Philippe Egalité, fils du Gros Duc d’Orléans, Carmontelle est donc au service de la Maison d’Orléans qu’il portraiture abondamment. Ces portraits sont donc tout à fait à leur place à Chantilly ou le Duc d’Aumale les a réunis en 1886. 

Bathilde la soeur du Duc de Chartres

Carmontelle peint la douceur de vivre dans les salons, musique et comédie, jeu,  chasse aussi. La famille de Mozart faisant de la musique est le plus célèbre. Il fréquente aussi les Encyclopédistes grâce à son ami le baron Grimm : portrait de Rameau, Madame d’Epinay, et de Buffon.  Astronomie, expériences scientifique, cabinets scientifiques….La famille Calas fait penser à Voltaire. 

A côté des portraits à l’aquarelle Carmontelle a aussi fabriqué des transparents rouleaux de papiers peints de paysages (jusqu’à 42 m) qui se déroulaient dans une sorte de lanterne magique, cinéma avant l’heure.

Une belle leçon d’histoire

Art Nouveau – Paul Greveillac – Gallimard

BUDAPEST 1896 – 1914

Rentrée littéraire 2020. J’ai trouvé la référence sur le blog de Matatoune.

Un  voyage livresque à Budapest m’a tenté et la réflexion sur lArchitecture m’intéresse! Il y a tout juste un an, à la Cité de l’Architecture,  j’ai visité l’Exposition Otto Wagner

J’aime beaucoup le style Art Nouveau que j’ai appris à connaître à Paris avec Guimard puis à Vienne, le mouvement Sécession, à Riga, et dans nombreuses villes hongroises. 

Le héros du roman, Lajos Ligeti,  jeune architecte viennois, arrive à Budapest lors de l’inauguration du métro par François Joseph. Il entre comme apprenti au cabinet d’architecte d’ Ödön Lechner, le célèbre bâtisseur de l’Institut de Géologie, de la Caisse d’Epargne de la Poste de Budapest, du Musée d’Art décoratif et de nombreux édifices Art Nouveau en Hongrie. Il rencontre tous ceux qui comptent dans le mouvement de la Sécession hongroise. Je me suis promenée avec grand plaisir dans le Budapest du Millenium. Le fonctionnement d’un cabinet d’architecte est raconté: dessin des plans, choix du matériel, début de l’architecture en béton, mais aussi intrigues pour obtenir les commandes…L’auteur décrit en détail les bâtiments construits ainsi que les maquettes de ceux qui ne seront pas retenus. 

La seconde partie du roman intitulée  Le Chevalier raconte les succès du cabinet de Ligeti et de son associé Barnabas Kocsis, conducteur de travaux. Quand les commandes de prestige viennent à manquer Ligeti dessine des pierres tombales ou des immeubles de rapport. Ce dernier est même décoré et fonde une famille. 

La chute viendra d’un projet pharaonique, un complexe industriel près de Prague. Jalousies et intrigues, nationalisme des tchèques dans l’Empire Austro-Hongrois qui va se déchirer – la Cacanie – Ligeti est juif, cela n’arrange rien. J’ai moins aimé cette partie qui fait la part belle aux tractations avec moins d’éléments concrets décrits. On visite à Vienne les réalisations d’Otto Wagner. On croise Egon Schiele, furtivement Belà Bartok. 

Il ne s’agit toutefois pas d’un traité d’architecture, mais bien d’une fiction. Ligeti emprunte beaucoup à son maître Ödön Lechner (qui lui, est bien réel). Il y a aussi une histoire d’amour, un destin tragique. Le style un peu trop recherché de Greveillac m’a parfois agacée : on ne pend pas ses vêtements à une patère, on les append.

Une lecture qui m’a donné envie de revenir à mes photos de Hongrie, et à mes carnets Mitteleuropa.

Botticelli -Revue DADA, la première revue de l’art

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

 

REVUEDADA

 

J’ai gagné un joli cadeau à la dernière MASSE CRITIQUE une revue d’Art destinée « à toute la famille » . Illustrations de très bonne qualité et abondantes, plaisir de feuilleter encore et encore (et de retrouver la belle Simonetta que j’avais admirée dernièrement à Chantilly). Des chapitres courts et variés nous conduisent à Florence au Quattrocento, puis racontent l’apprentissage de Botticelli, comme orfèvre d’abord puis dans l’atelier de Filippo Lippi. Portraitiste , de beaux portraits illustrent la revue) . Il était une fois raconte les grandes œuvres religieuses,  ou mythologiques. Nous entrons ensuite Dans l’atelier de Botticelli où les secrets de fabrication sont dévoilés : œuvres en série, assistants qui peignent les parties moins importantes du tableau. Grands et petits pourront s’essayer en suivant les conseils du maître dans la réalisation des drapés ou des boucles, et même point par point réaliser un « poncif » en 6 étapes.

Et comme c’est une revue d’art : il y a aussi toute l’actualité des expositions importantes de 2020 (s’il n’y avait pas eu de confinement!).  Je chercherai le autres numéros.

Et si vous cherchez un cadeau de Noël pour les petits et les grands, pourquoi pas un abonnement?

Intrigue à Giverny – Adrien Goetz

POLAR IMPRESSIONNISTE ? PLUTÔT SNOBINARD

Je ne me prive jamais d’une visite à Giverny. Dès que j’ai découvert ce titre à la Médiathèque, je l’ai commandé (click&collect). Malheureusement, les scènes se déroulant à Giverny  sont peu nombreuses et je ne profiterai guère du jardin de Monet. En revanche, on traînera dans un vernissage au Musée Marmottan-Monet avec le gratin snob et assez détestable. Puis l’action se transportera à Monaco où se prépare un mariage princier. Tout aussi kitsch et snob. Fin navrante sur une piste de ski improbable dans les émirats. 

L’intrigue est légère :  deux spécialistes de Monet disparaissent du diner mondain succédant au vernissage. L’une d’elles est retrouvée égorgée dans un sarcophage de bronzage (j’ignorais que la chose existât) ; la seconde sera enlevée à Monaco. Il sera question de la vente d’un tableau de Monet, peut être un faux.  Wandrille, journaliste mondain, et sa fiancée Pénélope, conservatrice du Mobilier National (imbuvables) mènent l’enquête qui ne démarre vraiment que dans la seconde moitié du roman. Dans la première partie au charmant titre Des crocodiles dans les nymphéas, l’intrigue traîne et la lectrice s’ennuie, le livre manque de me tomber des mains.

Dans la deuxième partie, Les parfums de Giverny, il est plus question de Monet mais pas tellement de sa peinture, plutôt de sa fortune….la fin est plus réussie mais ce serait dommage de la raconter ici.

 

Olmèques au quai Branly

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 25 juillet 2021

Félin

Spectaculaires statues de basalte, délicates sculptures de jade, haches polies, et même ballon de caoutchouc pour des jeux de balle rituels.

Découverte d’une civilisation dont j’ignorais jusqu’au nom.

personnages de jade (environ 12 cm de haut)

Malheureusement, en vacances scolaires, il y avait foule, des familles avec des enfants, des provinciaux en vacances….J’ai un peu bâclé la visite, incapable de prendre des notes et de me concentrer. Je me contenterai de faire une galerie de photos.

J’ai quand même noté que les Olmèques formèrent la première grande civilisation du golfe du Mexique datée de 1700 à 400 avant JC avec San Lorenzo et La Venta et Tres Zapotes pour capitale. La terre humide a digéré tous les matériaux organiques, le bois, les ossements, il ne reste donc que la pierre (et les balles en caoutchouc) ainsi que les pyramides d’argile.

Le jade que j’avais découvert à San Jose Costa Rica fut aussi associé à des objets cérémoniels symbolisant fertilité, eau et éternité. Il était extrait au Guatemala.

Plus récentes que les Olmèques, la civilisation Huastèque a aussi laissé des statues magnifiques, très sophistiquées de pierre volcanique ou de céramique.

huastèque

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L’Atelier de la Nature (1860 -1910) Hommage à la Collection Terra à Giverny

EXPOSITION TEMPORAIRE JUSQU’AU 3 JANVIER 2021

Gifford : Crépuscule sur le Mont Hunter

Les expositions du Musée des Impressionnismes de Giverny sont toujours très intéressantes. Ce musée moderne est aussi très agréable, très discret contre la colline dans l’écrin naturel d’un jardin contemporain aux couleurs automnales,  créé en 1992 par le paysagiste Mark Rudkin. Jusqu’en 2006, le Musée des Impressionnismes était le « Musée Américain » créé par le mécène américain Daniel J Terra et administré au décès de ce dernier en 1996 par la Fondation Terra que se retira de la gestion  au profit de la Région Normandie et d’autres instances françaises. Cette exposition de la Collection Terra est, en quelques sortes, un retour aux sources. 

Bricher : TLeCity of St Paul sur le Mississipi

L’Atelier de la Nature fait allusion à la démarche des peintres américains, comme plus tard les Impressionnistes de sortir des ateliers pour aller peindre dehors sur le motif. Cette exposition retrace un demi-siècle de peinture américaine accompagnée de magnifiques photographies, toujours sur le thème du paysage. 

Bricher : Hudson River at West point

Hudson River School regroupe les peintres Sanford Robinson Gifford (1823-1886), Martin Johnson Heade (1819-1904) Alfred Thomson Bricher (1837-1908). La peinture est loin de l’impressionnisme mais elle donne une représentation précise de la Nature. Le Crépuscule au Mont Hunter  de Gifford, peint quelques temps après la Guerre de Sécession magnifie le paysage américain, les arbres coupés dans la clairière témoigneraient de la conscience (déjà!) de l’emprise de l’homme sur la nature. 

Crépuscule à Mont Hunter (détail de la Clairière)

Whistler  : l’art pour l’art « la nature n’a pas toujours raison »

Whistler : Variations en Violet et en vert

 La section suivante est presque entièrement consacrée à Whistler (1834 – 1903), peintre américain, certes, mais qui a beaucoup voyagé et qui fut plutôt basé à Londres  où il a peint ces variations en Violet et en Vert, plutôt japonisantes par le format vertical et surtout par les kimonos des femmes du premier plan. Japonisante aussi sa signature, un papillon dans un cartouche qu’il a également appliqué sur le cadre. Ce tableau est mon préféré de toute l’exposition. 

Whistler : Battersea (lithographie)

Ces lavis brumeux subtils subirent les critiques de Ruskin il s’en suivi un procès en  diffamation (1878) qui ruina Whistler. Whistler partit à Venise où il fit une série de très belles gravures

Whistler à Venise
Whistler : La Plage à Marseille

Les Américains à Giverny : Paysages d’émotion

Twachtman : Route près de Honfleur

La section suivante de l’exposition est beaucoup plus proche de l’Impressionnisme que nous connaissons. Les américains sont venus à Barbizon et peignent des paysages de Normandie ou de Bretagne.

Metcalf : l’Epte

Sept puis dix peintres américains s’installèrent à Giverny et peignirent le paysage de colline

Breck, à l’école de Monet a peint une série de meules : « Etudes d’un jour d’automne n°1 à 12″ : où trois meules se trouvent sous un éclairage changeant selon l’heure. Son tableau de 1892 Brouillard et soleil matinaux peint de retour en Amérique fut un succès

Breck : Brouillard et soleil matinaux

Une salle montre des série de tableaux fleuris colorés et plaisants mais qui n’ont pas retenu mon attention.

Une femme Lilla Cabot Perry s’installa à Giverny à l’hôtel Baudy et au fil d’une vingtaine d’annes et fréquenta Monet. Avec son mari critique d’art elle joua un rôle important dans la diffusion de l’Impressionnisme aux Etats Unis.

Lilla Cabot Perry

Cette exposition, très complète se termine par des tableaux plus modernes  avec Chase et Homer

HOmer : Nuit d’été

Quant à nous, nous avons imité les peintres en déjeunant à l’ancien hôtel Baudry : excellent repas, nous pouvons recommander l’omelette (très bien garnie) et la salade landaise et la promenade dans le parc à flanc de la colline

Hôtel baudy