Chassez vos préjugés anti-chasse et venez visiter l’exposition Galleria d’Eva Jospin au Musée de la Chasse et de la Nature!
Eva Jospin : balcon 2015
Le Musée de la Chasse et de la Nature est logé Rue des Archives, Hôtel Guénégaud, occasion d’une balade dans le Marais. Il accueille de très belles expositions contemporaines comme celle de Sophie Calle (2018) et Garouste (2028). Il met à disposition de l’artiste et de ses invités les salles du rez-de-chaussée et des espaces au 2ème étage, mais surtout permet aux artistes d’installer des œuvres dans l’écrin des collections permanentes. Le jeu est de les découvrir au milieu des animaux empaillés (je n’aime pas trop), des armes (je déteste) ou des tableaux d’époque.
ici la contribution d’Eva Jospin est minuscule, de minces filets que le gardien nous montre . la colonne de bois de cerf est l’œuvre d’une autre plasticienne
Certaines installations sont très discrètes et il faut l’aide des gardiens très coopératifs pour les trouver.
Galleria 2021: plafond à caissons
Eva Jospin sculpte, coupe, colle, cisaille, travaille le carton ondulé. Elle joue avec cette matière, construit une galerie roccoco, baroque, sorte de cabinet de curiosité avec des niches
Galleria 2021 : niche
Colonnes ou broussaille? taillis ou masse rocheuse? comme dans Matera qui double un mur, roche ou liège?
Un de ses motifs de prédilection est la forêt, taillis, branchages : une œuvre – Forêt 2010-fut acquise autrefois par le musée et se trouve à l’étage supérieur en compagnie du tableau de Philippe Cognée, Paysage vu du train
Philippe cognée : Paysage vu du train
le Nymphée occupant toute une pièce (toujours accompagné d’un tableau de Cognée)
Nymphée
C’est une œuvre d’une topographie compliquée qui m’évoque la vue d’une cité antique avec colonnade, arène ou théâtre antique, escaliers monumentaux ne menant nulle part un peu à la manière de ceux de Escher. Cette structure complexe comporte une grande variété de détails, une passerelle, une tonnelle métalliques, des imitations de rochers, des arches…. on pourrait rester des heures à s’y promener virtuellement<;
Nymphée, escalier et tonnelle
Ces constructions de carton d’une finesse et d’une richesse d’imagination m’émerveillent, comme cette technique sophistiquée à partir d’un matériau si commun, si simple métamorphosée par la technicité de la plasticienne; à suivre. D’ailleurs, j’ai bien envie d’aller la suivre à Giverny où elle expose aussi!
Sève et pensée – pensieri e linfa – est une sculpture : un tissu de lin posé sur l’écorce d’un arbre frotté avec des feuilles de sureau.
« j’ai pensé que je pourrais associer à ce geste manuel celui de l’écriture. l’écriture est comme la sève qui irrigue la vie de l’arbre, elle porte un flux continu d’idée »
dit Penone, dans un entretien avec Jean-Christophe Bailly qui a traduit le texte qui accompagne le frottage.
Il sera beaucoup question d’empreinte, empreintes d’écorce, de feuilles, empreintes digitales.
pensieridi foglie
Avec ses empreintes digitales et de la couleur verte, il compose plusieurs tableaux
Leaves of grass
Leaves of grass fait référence à l’œuvre de Walt Whitman. En plus des traces de ses doigts il a planté au centre du tableau une sculpture d’argile que j’ai prise de loin pour un coquillage et qui n’est que l’empreinte de son poing serrant la terre.
Plus sophistiqué le petit bois
Verde del bosco (le spectateur donne l’échelle)
Si les empreintes d’écorce, de peau, de feuilles… restituent la surface des choses, le plasticien fait aussi surgir les structures internes de l’arbre. Il cherche à redonner vie à ces poutres de charpente qu’il dessine avec précision pour retrouver l’arbre à l’intérieur du bois
gli alberi dei travi
il pousse le travail plus loin en décapant autour des noeuds du bois
alberi libro
Penone sait aussi dessiner et graver très finement
151 nomi di alberi
parfois, avec beaucoup d’humour, on trouve l’arbre dans la gorge du personnage
paesaggio
Une œuvre spectaculaire illustre le thème du regard. Je n’ai pas beaucoup aimé l’expérience du regard inversé où de minuscules lentilles-miroirs obturant la pupilles reflètent la rue que devrait capter l’œil sur une série de photos. En revanche j’ai beaucoup aimé ces yeux fermés composés d’épines d’acacias et de marbre évidé à la même manière que l’arbre ci-dessus pour mettre en évidence les veines.
Occhi chiusi
Une vidéo montre Penone au travail. il commente d’autres réalisations .J’ai beaucoup aimé le jardin construit sur le plan d’une branche qui se ramifie en rameaux, les sentiers figurant la même structure et le promeneur par son mouvement personnifiant la sève circulant dans l’arbre.
Penone aboli la séparation entre végétal et homme, dans le sens des flux de la pensée humaine….
Le Musée Jacquemart André est un écrin parfait pour l’exposition Botticelli qui voisine avec la collection permanente de peinture italienne de la Renaissance.
Vierge à l’Enfant
Cette exposition va rendre compte de l’œuvre du peintre, de son apprentissage dans l’atelier de Lippi jusqu’à sa peinture tardive quand Savonarole a donné une ambiance tragique à Florence. Elle montre la proximité de la peinture de Botticelli avec celle de son maître Lippi que le jeune Sandro copie .
Vierge à l’enfant s’appuyant sur un ange sous une guirlande
La production de Botticelli est variée, c’est ce qui justifie le sous-titre de designer, il a peint de magnifiques cassoni
la bataille de Pydna
Il a aussi dessiné des cartons pour des broderies somptueuses ou des marqueteries ou des tapisseries.
marqueterie
La Naissance de Vénus n’a pas fait le voyage mais a inspiré ces Vénus plus ou moins pudiques dont Botticelli a peint plusieurs exemplaires, celle de Turin est même habillée mais d’un voile si transparent qu’il souligne plus qu’il ne cache ses appâts.
Venus pudique
Un format qu’affection le maestro est le Tondo dont les constructions savantes sont particulièrement séduisantes. Celui nommé le maitre du gothique montre la construction de Venise en arrière-plan
Tondo : le maître du gothique
Deux petites compositions m’ont bien amusée
Les Vandales dévorés par les oursSaint Juste expulsant les démons de la région de Volterra
Comme d’habitude, le Musée Jacquemart André a réalisé des vidéos très intéressantes.
Exposition temporaire du 22 septembre 2021 au 22 février 2022
Matisse : corbeille de fruits
Exposition spectaculaire qui réunit les chefs d’œuvre français et russes, de Renoir à Picasso en passant par Cézanne,Bonnard, Matisse, Gauguin, van Gogh… et j’en oublie, des plus fameux. Les deux frères Mikhail et IvanMorozovn’ont pas seulement collectionné des tableaux magnifiques, ils ont surtout fait des commandes. Les tableaux ont souvent été peints pour être vus ensemble comme ceux de la salle Bonnard dont les formats sont inhabituels. Après la nationalisation de la collection en 1918 les tableaux ont été répartis dans différents musées entre Moscou et l’Ermitage. Les voir réunis ici leur donne une meilleure cohérence.
Bonnard : printemps
Quel éblouissement que ces deux grands tableaux presque carrés Printemps et Automne encadrant le triptyque Méditerranée. L’été se trouve en face. Dans cette salle consacrée à Bonnardon peut aussi admirer le Triomphe de Cérès de Ker-Xavier Rousseldont les gais coloris s’harmonisent avec les tableaux voisins.
Ker-Xavier Roussel : Le Triomphe de Cérès
Certains tableaux sont surprenants comme le Cézanne sombre ou le Bouchon de Manet peint à grands coups de pinceau
Cézanne : scène d’intérieur
J’ai bien aimé les deux saltimbanques de Picasso
Picasso 2 Saltimbanques
Une salle entière est consacrée à Sisley, Pissaro, des petits formats de paysages de Louveciennes ou de Pontoise, la surprise vient d’un peintre russe Korovine : ubn café à Paris et d’un merveilleux paysage de Golovine
Golovine ; paysage Pavlovsk
Au fond, de très beaux Monet : des fleurs et un étang, mais nous ne sommes pas à Giverny, c’est Mongeron.
Une découverte, à côté de Derain, Louis Valtat : la Mer à Anthéor
Louis Valtat : La mer à Anthéor
Une journée en Polynésie, c’est bien sûr Gauguin
Gauguin : Matamoé
j’ai beaucoup aimé ce paysage aux paons.
Encore de la couleur avec Martiros Sarian
Martiros Sarian : rue à Constantinople
Une salle entière est dédiée à Cézanne :calme et verdure des Bords de Marne à Créteil ou saint Maur des Fossés ainsi qu’un très beau pin
Cézanne : le Pont de Créteil
On retrouve Cézanne à de nombreuses reprises, paysages et natures mortes, des portraits aussi.
Contrastant avec les paysages colorés, une salle entière contient des grands portraits d’hommes dans une dominante de gris, Picasso, Cézanne, Kontchalovski, Malevitch et Ilia Machkov. Certains sont étranges voire inquiétants.
KontchalovskyIlya Machkov : autoportrait
Une salle met à l’honneur la Ronde des Prisonniers de Van Gogh
On revient à la couleur avec Matisse, ses fleurs, ses natures mortes et le triptyque marocain
Exposition temporaire du 28 septembre jusqu’au 16 janvier 2022
1826 : premières photos de Niepce
1895 : première séance de cinéma des Frères Lumière.
Depuis le milieu du XIXème siècle, les représentations de la réalité évoluent, les images s’animent.
Pygmalion et Galatée Rodin
En introduction à l’Exposition, la sculpture de Rodin s’anime sur l’écran comme une blague : la statue quitte son piédestal et devient femme vivante – illustration de cette arrivée du mouvement. Mouvement, transformations et bouleversements dans Paris documentés par la photographie qui témoigne de la construction des Boulevards haussmanniens, de la construction de la Tour Eiffel, de l’enterrement de Victor Hugo ou tout simplement de la circulation Rue Royale.
Caillebotte : Pont de l’Europe
La peinture aussi préfigure le cinéma comme ce passant sur la gauche du tableau qui s’éloigne à grandes enjambées tandis que le train Gare Saint Lazare s’annonce avec son panache blanc.
Pissaro : La Place du Théâtre français
Cadrage cinématographique pour ce carrefour peint par Pissaro vu de dessus. L’idée de mouvement, d’images animées s’impose dans ces séries de photographies, dans les jeux d’animations de disques qui tournent, de photographies stéréoscopiques, même dans la peinture où les personnages virevoltent comme dans la Valse de Valotton
la Valse : Valotton
Valotton illustre cette vie moderne trépidante
Valotton : le Bon Marché
Evidemment, le sujet de l’exposition est illustré par de nombreuses projections qu’il est plus difficile de photographier et de commenter.
Corps en mouvement des gymnastes et athlètes, corps musclés, à saute-mouton, aux agrès à la course. Différentes des images sportives d’aujourd’hui qui font plus de place au record, à la performance qu’aux exercices . Sport masculin et danse. Loïe Fuller est une muse inspirant de nombreuses réalisations, photographies, films mais aussi sculptures ou lampes.
Loïe Fuller
Photographies, et films montrent aussi le corps féminindans un but érotique et même un esprit voyeur. toute une salle montre films et photos coquines.
Vers la fin de l’exposition on arrive à représentation historique : panorama comme cette bataille de Champigny/Marne(2 décembre 1870) peinture géante de 120 m de long sur 9m de haut (seul un extrait est ici présenté), peinture et films historiques et bibliques.
Après la surprise de la vie quotidienne qui a ravi les premiers spectateurs, les réalisateurs doivent présentent des sujets plus élaborés : au début du XXème siècles les différents genres de cinéma sont développés : comique, érotique, historique, le cinéma est bien là!
Exposition temporaire de Taysir Batniji jusqu’au 9-01-2022 au Mac val de Vitry
hannoun (1972-2009) performance installation, photographie couleur, copeaux de crayon Champ de coquelicot
QUELQUES BRIBES ARRACHEES AU VIDE QUI SE CREUSE
Je suis un très mauvais public pour l’art contemporain.
Si la visite n’avait pas été guidée en présence de Taysir Batniji et commentée par d’excellents conférenciers, je n’aurais sans doute rien compris et j’aurais été très déroutée par cette installation dont le thème est la disparition, l’effacement, l’arrachement, l’absence et l’exil.
Sans titre -1998 – valise sable; le sable est un leitmotiv dans le travail de Taysir Batnijj « ma patrie est une valise » Mahmoud Darwich
Dans le vaste espace que le Macval offre à cette monographie, je suis désorientée. Aux murs : des cadres assez petits et à l’intérieur, des feuilles blanches, des aquarelles minimalistes, sur le mur du fond un grand tableau noir, dans un couloir des photos, au sol une valise pleine de sable, un pavage avec de vrais pavés, un empilement de savons…Des cartels avec du texte, nécessaires.
Pères photographies couleurs intérieur de boutiques à Gaza
Heureusement, une conférencière anime la visite. Elle nous conduit à la série de photographies en couleur « Pères« . Très belles photos de simples boutiques ou d’ateliers à Gaza. Entre les marchandises on voit les photographies de famille, les Pères, ainsi que les portraits de leaders politiques ou ceux des martyrs. Ces boutiques sont des lieux de socialisation, ces portraits accompagnent les clients et vendeurs, avec le temps ils jaunissent, puis disparaissent, effacés, arrachés….
aquarelle imitant les traces que les scotchs arrachés ont laissé sur le cadre : disparition de la photo!
Cette disparition des visages joue en « basse continue » dans l’œuvre du plasticien . Taysir joue avec cette disparition, peint à l’aquarelle, un arrachement imaginaire de photos qui ont disparu bien avant que l’oeuvre ne soit peinte. Sans l’intervention de la conférencière, je serais passée complètement à côté.
Les cadres semblant ne contenir que des feuilles blanches nécessite l’initiative du visiteur : si on s’approche, on pourrait deviner les traces en fine gravure des photos effacées d’une noce : celle de son frère. Mais il faut être prévenu pour venir les chercher d’assez près. De même ce mur noir n’est pas vraiment noir : c’est un assemblage de portraits de martyrs de l’Intifada. C’est seulement les variations de l’éclairage qui font apparaître les visages.
Pour revenir à la « basse continue » qui accompagne la visite : les bombardements aériens sur Gaza qui pilonnent la ville. Toujours comme accompagnement la musique I will survive de Goria Gaynor, provenant d’une vidéo où Taysir s’est filmé dansant sur cette musique, qui se mêle aux bombes.
Un mur ressemble à s’y méprendre à la vitrine d’une agence immobilière avec description des maisons qui ne sont pas à vendre, elles ont été bombardées et les destructions sont bien apparentes.
« On note la permanence de certains motifs, de certaines procédures plastiques. il y a des arrachements, des vides, des recouvrements, des réserves, des reconstitutions? Des simulacres? Du non fini, de l’inachèvement…. »
selon le livret de présentation
Une autre conférencière a préparé tout un topo sur l’exil, la disparition, citant Pérec et Hannah Arendt, Edward Saïd….je décroche un peu du commentaire très très intello. Intéressant, certes, pour découvrir par moi-même les oeuvres qui n’ont pas été commentées en détail.
L’oeuvre qui m’a le plus émue : ces toiles de peintres ligotées, roulées, rouillées maculées de la trace de la clé de la maison de ceux qui en ont été chassés et qui la conservent précieusement.
Taysir Batniji assis derrière les toiles roulées. Au fond le simulacre de vitrine d’agence immobilière
Cette exposition qui paraît très conceptuelle, difficile à aborder a été un moment très émotionnellement chargé du fait de la présence de l’artiste d’une grande simplicité et gentillesse.
Le concert de Kamelya Joubrans’inscrit dans la suite de l’exposition; La chanteuse palestinienne oudiste, a une démarche similaire à celle du plasticien :
Kamilya Jubran et Werner Hasler
J’aime l’oud et la musique arabe même si je ne comprends pas les paroles . Kamilya Jubran présentait son nouveau spectacle Wa. J’ai du mal à caractériser cette musique : jazz arabe? jazz électronique. Werner Hasler joue de la trompette mais surtout du clavier électronique. j’ai été un peu désarçonnée par l’électro.
Sur l’appli RadioFrance j’ai trouvé deux podcasts Dans la discothèque d’Ocora et En sol majeur (RFI) Taysir Batniji
Cette rétrospective nous fait connaître un peintre majeur en Russie qui laisse une œuvre très vaste aussi bien par la durée (presque un siècle) que par la variété de ses tableaux : nombreux portraits, scènes de la vie du peuple Russe, peinture historique, peinture officielle. Véritable illustration de la vie en Russie de 1870 à la Révolution.
Répine : Ivan le Terrible et son fils
Le visiteur est accueilli par une séquence du film Ivan le Terrible d’Eisenstein. Pourtant le célèbre tableau de Répine, objet de scandale et vandalisé à deux reprise (1913 et 2018) ne figure pas dans l’exposition. Un document vidéo lui est consacré.
Dans une première salle, on fait connaissance avec le peintre et le Mouvement des Ambulants autour de Kramskoïqui peignent une peinture réaliste reflet du peuple. A propos des Haleurs de la Volga, ce dernier écrit:
« Répine pense de manière actuelle. je ne sais pas ce qu’il fera après les Haleurs. nous ne pouvons pas revenir en arrière (…)non, décidemment l’Ecole Russe devient sérieuse… »
On fait connaissance avec le Cercle familial : Répine peint sa famille
Véra ChevtsovaLibellule (sa fille)Son fils : Youri Répine
Répine obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et part à Paris en 1873 . J’ai bien aimé ses tableaux de Montmartre encore en chantier avec ses carrières et ses fours à plâtre et ceux peints en Normandie.
Vendeur de nouveautés à Paris
Une vie intellectuelle russe très active gravite autour de Tourgueniev et de l’église russe de la Rue Daru (audiovisuel intéressant)
Portrait de Tourgueniev
il peint aussi de très jolis portraits comme ceux de la fille de pêcheur et de l’Ukrainienne.
La Vie en Russie
montre des épisodes de la vie du peuple encore majoritairement paysan : les traditions, fêtes et rites religieux
procession
procession religieuse, mais aussi veillée avec des jeunes gens et un duel
Répine portraitiste
Nous fait connaître les visages des musiciens russes : Cui, Moussorgski,Glinka, Glazounov ainsi que d’actrices et de célébrités de l’époque
Moussorgski
Il est aussi très lié avec Tolstoï. Toute une salle est consacrée à l’écrivain avec 4 portraits :
Tolstoï couché
Répine maîtrise aussi la Peinture historique dans de grands tableaux colorés où des cosaques sont truculents
Cosaques Zaporogues écrivant au sultan de Turquie
C’est aussi un peintre officiel qui obtient des commandes de Nicolas II avec des tableaux monumentaux. A côté de ces peintures royales il consacre des toiles au Narodniki(qui vont vers le peuple) . Un petit tableau montre un condamné à mort qui refuse la confession, l’arrestation d’un militant, et il existe plusieurs versions de Ils ne l’attendaient plus (retour de déportation avec également des femmes, étudiantes)
Ils ne l’attendaient plus
Ambiguïté des productions de Répine qui peint en couleurs joyeuses la Révolution de 1905et un rassemblement au Mur des Fédérés
Rassemblement au Mur des Fédérés
Répine s’installe dans sa propriété aux Pénates, à 40 km de Saint Pétersbourg sur le Golfe de Finlande.
Aux Pénates : Quelle liberté!
Après al Révolution de 1917, Kuokkala devient finlandaise et c’est en Finlande que Répine finit sa vie.
Je me faisais une joie de cette exposition – bonus en plus de Répine. merveilleux, enchanteur, poète…les qualificatifs des critiques sont très élogieux. A l’entrée du Petit Palais les briques de verre bleue formant la rivière ne me convainquent pas, d’autant plus que le technicien les frotte avec de grandes lingettes jaunes jetables. On ne connaît pas les chiffons et les serpillières dans le monde de l’Art Contemporain?
La marque de fabrique du plasticien : les perles de Murano
la Couronne de la Nuit
la Couronne de la Nuit qui coiffe l’escalier prend bien sa place, mais ne m’éblouit guère. Encore des perles!
le complexe de Narcisse
Il fait descendre au niveau bas pour découvrir le Complexe de Narcisse ou des colliers de perles de verre de Murano forment des nœuds. C’est joli, brillant mais un peu gratuit. Il faut des explication préalable pour imaginer l’homme-fleur qui se mire dans le miroir de l’eau.
xx
Dans le jardin, ce sont des perles d’or qui forme le Lotus d’Or
Lotus d’or
je suis un peu déçue, j’avais beaucoup aimé les fontaines de Versailles.
» peindre comme Ingres et Soutine à la fois » de Kooning, 1940
J’aime les expositions qui font dialoguer les artistes, collectionneurs ou mieux peintres à la fois différents et proches. Faire apparaître des influences, des inspirations. Soutine (1893-1943) et De Kooning (1904-1997) sont plus proches dans le temps que je ne l’imaginais. je connaissais le Soutine de Céret ou de la Ruche proche de Picasso, Modigliani ou Kremègne, et De Kooning, le peintre de Woman newyorkais, plus contemporain.
Soutine : Grotesque dit autoportrait
l’exposition de l’Orangerie met en évidence les correspondances qui surgissent quand on met face à face les portraits .
Soutine : le Groom
et
De Kooning : Dame de coeur
1950, rétrospective au MoMA de Soutine
Soutine : Le Pâtissier
en 1950 c’est aussi le Tournant des « Woman » pour De Kooning
Seul, face aux « woman » le boeuf écorché de Soutine . Le regard s’y pose difficilement tant les rougeurs des chairs et du sang sont expressives et insoutenables. En face, 3 tableaux
De Kooning Woman
« C’est vraiment absurde aujourd’hui de fabriquer une image comme l’image de l’homme avec de la peinture(…) mais tout à coup, il m’est apparu qu’il serait encore plus absurde de ne pas le faire » De Kooning
la salle suivante est intitulée « Woman as Landscape »
Soutine : Femme entrant dans l’eau
parmi ces images de femmes, la permanence de l’eau résonne avec le portrait de La Femme entrant dans l’eau qui contemple son reflet.
De Kooning Femme Acabona flottant comme le reflet dans l’eau
En face de la Colline de Céret très expressionnistes où l’on voit les traits de pinceau et les empâtements avant de découvrir le paysage et le village (il me faut reculer de bien 3 mètres) on a accroché de grands tableaux le sujet s’efface devant les traits de peinture, les coulures blanches, les grandes taches. Je décroche un peu.
Vidéo intéressante où De Kooningparle en peignant, il fait référence aux idoles féminines antiques, à la figure de la femme américaine telle que l’affirme la photographie de mode. Lui, il barre les bouches alors que le modèle la peint au gloss…
J’avais été bluffée par la Rétrospective Hockney à Pompidou en 2017, surtout par la variété des œuvres et des techniques employées. David Hockney n’est pas uniquement le peintre des piscines californiennes, même si ces toiles sont géniales. J’ai regretté d’avoir raté son exposition à la Galerie Long Ma Normandie rue de Téhéran (2020) d’autant plus que j’ai vu sur Internet La place de Beuvron-en-Augeoù nous avions déjeuné quelques semaines plus tôt. Je me suis donc précipitée à l’Orangerie dès l’ouverture!
Hockney en majesté à l‘entrée de la salle des Nymphéas! Quel honneur! Certes, les deux tableaux d’ouverture sont très séduisant.
Hiver
L’idée serait venue à David Hockneyde la tapisserie de Bayeuxde réaliser une longue fresque imprimée sur papier de 90 m de long racontant le déroulement d’une année en Normandie, de l’hiver à l’arrivée du Printemps, puis de l’été et de l’automne. Variations de lumière sur un sujet récurrent : sa maison en Normandie, les pommiers et collines l’environnant.
printempsété
automne
L’ensemble est séduisant, on se promène avec plaisir dans cette composition monumentale.
David Hockney « peint » avec son Ipad et il faudrait expliquer comment. Les traits sont bizarres, souvent répétitifs. on n’imagine pas la main de l’artiste. Certaines fleurs dans la pelouse, pissenlits( ? ) sont figurés par des ronds parfaits, cette nature artificielle simplifiée me dérange un peu. L’ipad pourqjuoi pas? un procédé parmi les nombreux que le peintre a expérimenté comme le polaroïd, les collages, la vidéo (géniale arrivée du printemps vue à Pompidou) . Simplement le voisinage avec les Nymphéas parait présomptueux et dessert plutôt Hockney.