EXPOSITION AU MUSÉE PICASSO JUSQU’AU 5 FÉVRIER 2017
Picasso et Giacometti dialoguent dans cette très belle exposition. « Picasso, le Peintre, Giacometti, le sculpteur? » ai-je entendu dans les commentaires. C’est plus complexe! De nombreux points réunissent ces deux artistes.
Giacometti autoportraitPicasso autoportrait
Fils d’artistes, ils fréquentèrent l’atelier paternel et leur talent fut reconnu à un âge précoce. Tous deux eurent pour modèle Rodin.
Giacometti fut formé à l’atelier de Bourdelle. Ils se rendent compte de l’impossibilité de sculpter la « vérité » il choisirent des chemins de traverse. L’exposition présente dos à dos le Fou (Picasso)et la Tête d’Otilia. Souvent les oeuvres se répondent, dialoguent. Parfois, je suis incapable de reconnaître l’auteur. Les deux artistes étaient amis, des croquis et études d’oeuvres de l’un par l’autre montrent qu’ils travaillaient ensemble.
Le fou de PicassoTête d’Otilia
Tous deux firent des recherches du côté du cubisme et dusurréalisme.
giacometti : femme cuillère
Influences lointaines : Cyclades, Afrique ou Océanie.. La femme cuillère est-elle cycladique ou océanienne?
giacometti
La salle suivante s’intitule Passage au plan (1927-1929), une vitrine regroupe encore des figures anthropomorphiques Homme Apollon et Figure.
Au centre de la pièce un grand cristal blanc rhomboèdre tronqué ne porte pas la signature de l’auteur? Deux femmes plates sont de Giacometti qui n’a pas toujours sculpté des figures longilignes.
Les thèmes D’Eros et Thanatos sont exploités aussi bien par Giacometti que par Picasso qui peignent ou sculptent des crânes.
Crâne oursins et lampe sur la tableL’homme qui marche
A la base de l’escalier qui mène à l’étage suivant L’Homme qui marche accompagne un tableau du peintre, sur le palier on voit deux groupes, les Baigneurs de Picasso se déploie sur un vaste espace tandis qu’une Forêt de Giacometti occupe une vitrine(arbres ou personnages?)
Baigneurs de Picasso
Forêt de Giacometti
Dans les années 50, une salle appelée Retour à la réalité présente des animaux, un magnifique singe et une chèvre de Picasso avec le chien et un chat de Giacometti.
Dans un film Alberto Giacometti parle à Igor Stravinsky de ses rapports avec Picasso, étroite amitié avant et pendant la Guerre qui s’est étiolée au départ de Picasso dans le Midi. On voit aussi une longue séquence du film de Clouzot : Le Mystère Picassoet celui de Scheidegger montre Giacometti au travail.
Le Jade est à l’honneur au Musée Guimet, principalement le jade chinois qui fut collectionné par les empereurs de la dynastie Qing (1723-1795)
montagne avec un arbre et deux cervidés
Trois minéraux existent sous cette appellation : jadéite, trémolite et kosmochlor. Ce sont des silicates Ca et Mg du groupe des Amphiboles pour la jadéite nephrite, Na et Al du groupe des Pyroxènes pour la jadéite. Le kosmochlor est le Jade de Birmanie. Sa dureté sur l’échelle de Mohs est de 6.5 à 7(diamant =10) en fait une pierre qu’on taille assez facilement. La première salle est ornée de très belles illustration d’un manuel de taille du jade, découpé à la corde et au foret, poli ….Son contact est très agréable: on incite le visiteur à toucher l’échantillon.
A l’époque des empereurs de la dynastie Qing la Chine atteignit sa plus grande extension vers l’Ouest, ayant alors accès à de nouveaux gisements de jade aux frontières du Turkestan.
En introduction : un crapaud-presse papier. André Breton en avait placé deux sur sa table. Des anneaux, disques polis trouvés en Bretagne et datant de 4500 av.JC témoigne de la fascination qu’exerce ce minéral au delà des frontières chinoises…
feuilles de lotus et tortues
Les objets des collections des Empereurs chinois sont de toute beauté, la finesse du travail est époustouflante. Les usages du jade sont très variés : tablettes officielles, coupes et vases décoratifs ainsi que tout le matériel des lettrés : « lave-pinceaux », « repose-bras » pour les plus anecdotiques. A l’occasion on montre le goût naturaliste du cabinet du lettré au 18ème siècle. De nombreux objets sont ornés d’animaux et de plantes finement rendus en plus des thèmes typiquement chinois de dragons. Les objets les plus spectaculaires sont sans doute ces « montagnes » avec rochers, végétaux mais aussi animaux.
Les couleurs du jade sont beaucoup plus variées que je ne l’imaginais : vert, bien sûr, mais aussi presque blanc, avec parfois des nuances de rose ou brun. La géologue remarque que certaines oeuvres taillées comme du jade sont faits de cornaline(jade de feu), d’opale ou même de lapis-lazuli ou de cristal de roche. (jade d’eau).
Au delà des frontières chinoises le jade fut travaillé et apprécié par les Mongols, en Asie Centrale ou en Inde, une section montre l’art islamique du travail du jade. On voit les objets de jades offerts à Tamerlan.
tigre
A côté des objets très précieux et très sophistiquées une salle présente des jades très anciens avec des anneaux polis du
j’ai beaucoup aimé ce petit cochon
Néolithiques analogues aux anneaux bretons et des plaques à motifs animaliers qui m’ont beaucoup plu.
Le jade était un cadeau prestigieux. Une salle est intitulée « jade à Fontainebleau« , y est présenté un rosaire géant ayant appartenu à Eugénie et les cadeaux de l’empereur de Siam à Napoléon III me rappellent le tableau de Gérôme immortalisant la visite des ambassadeurs de Siam, exposé en ce moment à Orsay.
Une salle Art Déco montre des objets, nombreuses pendules et bijoux de Cartier utilisant cette matière.
pendule Cartier
L’exposition se termine avec le magnifique paravent de Coromandel 12 panneaux magnifiques que je n’ai pas réussi à photographier parce qu’il était dans l’ombre.
Après la visite de l‘exposition Bauhaus aux Arts Décoratifs, j’ai eu envie d’en savoir plus sur cette école prestigieuse dont le nom évoque aussi bien l’architecture, le design que la peinture avec Klee et Kandinsky et surtout le passage à la modernité dans l’art et la vie quotidienne. Cette exposition a des résonances avec des visites récentes comme l’exposition Oscar Wilde avec le mouvement anglais de Ruskin et Morris, Arts and Crafts qu’avec l’Exposition Schoenberg au Mahj, où j’ai découvert que le musicien était aussi peintre et les correspondances des recherches esthétiques entre Schoenberg et Kandinsky. J’ai donc emprunté à la Médiathèque deux gros livres La bande du Bauhaus de Nicholas Fox Weber (Fayard ed.) et Bauhaus de Magdalena Droste (Taschen).
Nicholas Fox Weber est un écrivain et journaliste qui se consacre depuis 40 ans à la Fondation Joseph et Anni Albers .Plusieurs ouvrages ont été traduits en français: La bande du Bauhaus, C’était Le Corbusier, Balthus ainsi que L’Art de Babar. D’autres écrits en anglais sont consacrés à Josephet Anni Albers, et d’autres artistes comme Miro, Kandinsky.
Wassily kan dinsky composition8
La bande du Bauhaus est un gros (et lourd) pavé de 600p. divisé en six biographies, Gropius, le fondateur, Klee, Kandinsky, artistes déjà consacrés en 1919 au début du Bauhaus, Joseph Albers,Anni Albers, Ludwig Mies van der Rohe. Une centaine de pages pour chacun de ces personnalités.
J’ai moins aimé la première partie consacrée à Gropius, génial inventeur du concept du Bauhaus, architecte articulant l’idée de bauhütte, reliée au compagnonnage, aux bâtisseurs des cathédrales, à l’artisanat et en même temps au monde industriel, ancrant l’école dans la production moderne. Dans la fondation de l’école, Alma Malher, épouse de Gropius, est présente, séductrice et aimant attirant les meilleurs talents d’alors. L’évocation très détaillée d’Alma Malher m’a un peu agacée, j’y ai trouvé une somme de ragots mondains et l’auteur ne la montre pas sous un jour sympathique.
paul klee polyphonie
Les biographies de Klee et Kandinsky sont passionnantes, elles montrent les recherches esthétiques en cours. Ces deux artistes s’appréciaient, se fréquentaient et se promenaient dans les parcs de Weimar puis de Dessau.
albers vitrailanni albers tissage
Mais c’est dans l’évocation de Joseph et d’Anni Albers que l’auteur se révèle comme un biographe chaleureux et comme un ami. Ces relations très proches se sentent dans l’écriture. La correspondance de Albers et de son ami Perdikand est une approche précieuse tout comme les rencontres avec Anni Albers qui révèlent la personnalité de l’artiste, à la période du Bauhaus comme par la suite aux Etats Unis.
A travers ces histoires individuelles, c’est aussi tout un pan d’histoire qui est raconté : de la vie artistique viennoise avec Malher(Freud en un clin d’oeil), Klimtqu’a fréquenté Alma Mahler.Berlin, ville cosmopoliteou à Munich. La Première Guerre mondiale a été traversée diversement, selon les artistes. A l’issue de la Grande Guerre on devine tous les bouleversements, l’inflation et les luttes d’influences pendant la République de Weimar. Ces luttes politiques ont eu une grande influence sur le Bauhaus qui dut quitter Weimar pour Dessau, puis finalement Dessau.
On voit la montée du nazisme, l’antisémitisme (déjà présent) s’étend et le Bauhaus cosmopolite n’échappe pas au recensement des juifs, des étrangers.
Grande richesse des rencontres du Bauhaus où des mazdéens suivant Itten pratiquèrent leur culte, des socialistes rêvèrent d’un monde nouveau, des peintres éttaient aussi d’assez bons musiciens pour donner des concerts….où le théâtre était assez pris au sérieux comme un atelier de menuiserie ou de tissage..
Une leçon d’Histoire de l’Art mais aussi une leçon d’Histoire tout court.
Seul reproche (qui n’en est pas vraiment un), j’aurais aimé plus d’illustrations encore. Les photographies en Noir et blancs présentent des portraits à travers le texte mais les oeuvres en couleur sont regroupées en deux cahiers, j’aurais aimé en voir plus. Mais alors le livre -déjà très lourd-aurait été intransportable et aurait donné des crampes au lecteur.
J’ai donc feuilleté le livre Bauhaus de magdalena droste au cours de ma lecture du livre de Nicholas Fox Weber à la recherche des images manquantes. Et j’y ai trouvé une iconographie magnifique. Les meubles, les objets de design occupent une place importante ainsi que l’architecture qu’on voit à peine dans la Bande du Bauhaus.
EXPOSITION TEMPORAIRE AUX ARTS DECO du 19.10.16 au 26.02.17
Munio Weinraub Gitai (1909-1970)
Munio mon père
Comme ceux de sa génération
Appliquait à son architecture
La notion de modestie, de retenue
D’obéissance au projet collectif
C’est aussi cela, la tradition Bauhaus
Et pas seulement les bâtiments orthogonaux
Amos Gitai
Du Bauhaus, je ne connaissais que la géométrie architecturale de certaines anciennes rues de Tel Aviv et l’évocation qu’Amos Gitai a fait de son père dans l’installation Traces avec le film Lullaby for my father.
L’origine de l’expression Bauhausm’évoquait l’architecture : bauen = construire, Haus = maison. D’entrée, une autre origine est proposée : celle de Bauhütte qui renvoie aux chantiers des cathédrales, aux maçons et compagnons. Le Bauhaus est une école d’artsur les principes du compagnonnage. La hiérarchie maître-compagnon-apprenti héritée de cette tradition est encore d’usage à l’école fondée par Gropius à Weimar en 1919. Un lutrin gothique et un pinacle doré rappellent cette filiation, relayée, plus tard, par le Romantisme allemand.
La vie quotidienne comme utopie
photo très composée
L’exposition s’articule autour de la vie à l’école à Weimarpuis à Dessau. Elle présente les différents acteurs, professeurs et élèves dans leur vie communautaire également, leurs fêtes dans des photographies étonnantes. J’ai beaucoup aimé celle où Klee et Kandinskyposaient en imitant une statue de Schiller et Goethe. Dans la présentation, on perçoit la vie communautaire intense et festive.
Klee et Kandinsky
Les sources
Après les origines médiévale, le Bauhaus est replacé dans le contexte artistique de l’époque, Arts and Crafts avec Morris et Ruskin (croisés dans l’exposition Oscar Wilde). Inspirations asiatiques avec des pochoirs japonais d’une finesse extraordinaires, et de très beaux objets. Sécession Viennoise et Klimt, bien sûr, (moins que ne l’aurais pensé), KolomanMoser. 1ère Modernité Allemande avec des meubles de Van der Velde.
différents ateliersde l’école
Présentation des exercices des élèves du cours de Kandinsky (1930-1931) polyptyques présentant, mélangés, les dessins des élèves et du maître pas toujours identifiés (le cartel est difficile à lire). Je m’étonne de toutes les gammes que les élèves ont décliné pour arriver à ce qui parait si simple, si facile, à la spectatrice ignorante que je suis.
A côté des ateliers de sculpture, de photographie, de théâtre ayant des vocations clairement artistiques, d’autres ateliers sont plus techniques.
tissage Gunta Stozl
L‘atelier de Tissage est réservé aux femmes (déception pour moi, dans ce contexte d’utopie communautaire, que les femmes aient des rôles assignés).
tasse Albers
Céramique, travail du verre Itten, du métal(beaux objets de Marianne Brandt) menuiserie (multiplicité de tables gigognes), mais aussi de peinture murale produisant du papier peint, sont des ateliers dirigés vers la production. La logique de production en série s’oppose à la production artisanale ce qui entraînera une crise en 1923.
Une projection nous fait visiter une maison d’architecte.
Un boutre omanais, en figure de proue sur le parvis de l’IMA, la Nizwa invite à la visite. Les aventuriers des mers ont sillonné la Méditerranée, la Mer Rouge, l’Océan Indien du 6ème au 16ème siècle. Marchands ou marins, géographes ils ont repoussé les limites du monde connu.
Sindbad est un personnage des 1001 Nuits, marin de Bassorah,personnage mythique du temps d’Haroun-ar-Rachid (765-809). On peut voir dans une vitrine le manuscrit ayant appartenu à Antoine Galland qui traduisit les 1001 nuits entre 1700 et 1715. Sindbad nous parle d’une vitrine noire (ces hologrammes parlants ne sont pas de mon goût, ils m’avaient déjà passablement agacée dans l’exposition Quoi de neuf au Moyen Âge? à la Villette).
Le même procédé nous fait entendre Ibn Jubayr, natif de Valencequi raconta son pélerinage à la Mecque en 1184-1185, en passant par Saint Jean d’Acre, Damas, Alep, Djeddah et qui fait naufrage devant Messine.
Marco Polo (1254-1324)
Les voyages d’Ibn Battûta (1304 à Tanger – 1377 à Marrakech) sont représentés par un très joli spectacle d’ombres chinoises .
Ibn Mâjid né en 1432 était un géographe et un cartographe reconnu qui avait écrit des ouvrages de navigation et servit de pilote à Vasco de Gama sur la route des Indes.
Nous ferons aussi la connaissance Zheng He (1371-1433)de Vasco de Gama (1469- 1524 à Cochin) .
Après la prise de Constantinople (1453) et la découverte du Nouveau Monde(1492), l’épopée se terminera par la Bataille de Lépante (1571) et la création de la Compagnie Neerlandaise des Indes (1602).
Si cette exposition s’intitule Les Aventuriers des Mers, elle va plus loin que l’évocation des explorateurs (ce que j’ai le moins apprécié). Elle raconte ces navigations avec de nombreux objets, cartes, manuscrits remarquablement disposés. Plus je visite d’expositions, plus je suis sensible à la scénographie. L’exposition occupe deux niveaux.
La première salle s’intitule LA MER ÉTRANGE ET REDOUTABLE. Un mur est occupé par une mer déchaînée filmé par Arthus-Bertrand, des monstrueuses mâchoires de requins, des monstres marins sur des miniatures illustrent ce propos. On voit aussi des esclaves des pirates, de merveilleuses miniatures indiennes et persanes de naufrages.
NAVIGUER : UNE INTELLIGENCE DU MONDE montre l’évolution de la cartographie.
mappemonde vénitienne (Europe et Méditerranée)
Un plafond bleu nuit est illuminé des constellations qui servaient aux marins pour s’orienter. Dans des vitrines, les maquettes des embarcations sont très jolies: bateau cousu et pirogue à balancier….Aux murs, la grande mappemonde vénitienne de Fra Mauro,1459 avec le nord en bas, comme le planisphère du Roger II de Sicile 1138 réalisé par Al-Idrisi où la Sicile et la botte italiennes sont tout à fait disproportionnées.
Feu grégeois
Le centre de la pièce est occupée par une vitrine composée de huit compartiments répartis autour d’une carte centrée sur l’Arabie. On y voit des manuscrits : le Traité de géographie de Ptolémée traduit par Al Khwârizmi(ancienne connaissance de Khiva) et le Traité des étoiles fixes de Al Sâfi1551 (souvenir de lecture de Luminet : Ulugh beg), ainsi que de très beaux instruments , boussole et astrolabes.
A l’étage MARCHANDISES ET CONVOITISES
jeu d’échec de Charlemagne
Changement de couleur : murs gris, vitrines rouges, impression d’être dans la cale d’un bateau. Les marchandises : épices et pierres précieuses sont contenue encore dans une vitrine découpée en six compartiments autour d’une balance. ON associé muscade, girofle, cannelle et poivre tantôt aux diamants et à l’or, tantôt aux saphirs et aux cauris qui servaient de monnaie d’échange, gingembre, curcuma, riz et garance vont avec rubis d’une part soufre de Sicile et orpiment de l’autre tandis que les deux autres cases renferment camphre, myrrhe, oliban et benjoin odoriférants sont associés au lapis-lazuli et au cristal de roche.
Bateaux sur une faïence d’Iznik
Aux murs, diverses cartes montrent les échanges commerciaux à travers les siècles, des Romains, Byzantins, Omeyades, aux républiques italiennes…et des vitrines contiennent des objets variés. J’ai beaucoup aimé une ancre de pierre, une lettre rédigée en judéo-arabe faisant un inventaire, le jeu d’échec en ivoire de Charlemagne en ivoire parmi de nombreux objets précieux.
autel indien
Une vidéo montre aussi les recherches des épaves. Une autre la reconstitution de la rencontre entre Richard Coeur de Lion et Saladin. Plus loin, de magnifiques meubles en marqueterie damasquinée et des céramiques chinoises sont de toute beauté. Tant de trésor que je ne peux énumérer….
(suite de l’article précédent, depuis que je suis passée à Windows10 j’ai des problèmes incessants avec le traitement des images)
La Révolution zapatiste fut sanglante et certains tableaux sont effrayants.
Les tableau d’Orozco aux teintes terreuses marron/gris noir sont extrêmement violents.
Femmes soldats
Je découvre aussi Siqueiros (sous-titré : La Lutte des classes) . Selon les explications, il privilégie la peinture murale, mais aucune image de ces fresques n’est donnée ici
la Mère prolétarienne Siqueiros
Dans le même thème, les photos de Bravo sont très belles. Un long extrait de Que Viva Mexicod’Eisensteinest projeté. Magnifique! on peut le visionner sur YouTube.
L’utopie sociale est représentée par Rivera dans la Rivière Juchitan (1953-1955) apporte les couleurs vives qui contrastent avec ces images bien sombres
J’ai gardé le plus vif souvenir de l’exposition de l’Orangerie en 2013 consacrée à Frida Kalho et Diego Rivera. L’exposition actuelle, bien qu’elle expose quelques tableaux qu’on y avait déjà vus, n’est nullement redondante. Même si Frida et Diégo étaient les vedettes les plus connues, ils n’étaient pas seuls, loin de là. Cette peinture est très riche. L’exposition de 1913 était surtout centrée autour de le personnalité de Frida et Diégo et leur relation de couple. Celle de 2016 est organisée autour de thèmes très variés. Il ne faut donc pas faire l’impasse au prétexte qu’on a vu celle de l’Orangerie
Diego Rivera : Femme au puits
LES MEXICAINS A PARIS présentent une série de gravures de Roberto Montenegro d’inspiration symbolistes où je retrouve une parenté avec les illustrations de Salomé de Beardsley vuesà l’Expo Oscar Wilde mais avec des thèmes bien mexicains, têtes de morts et squelettes Vulnerant omnes ultima necatde Roberto Montenegro ainsi qu’un Saint Sebastien. Zarraga dans la Femme et le pantin montre un clown grimé comme une tête de mort.
Rivera, Zàrraga, Montenegro ont une bonne connaissance des avant-gardes parisiennes, s’essaient au cubisme dans la Femme au puit de Rivera, le Paysage zapatiste. J’ai du mal sans l’aide des cartels à distinguer les peintures de Rivera de celles de Zarraga. Les thèmes mexicains et la révolution zapatiste dominent. j’ai aussi aimé la footballeuse de Zarraga ainsi que les deux tableaux où figure la même indienne aux tresses attachées et à la jupe rouge flamboyante.
C’est davantage une leçon d’Histoire illustrée qu’une exposition de peinture classique. D’ailleurs, les objets, les explications tiennent plus d’importance que les tableaux qui sont soit très connus, soit de moindre importance.
Meissonier : les ruines ddes Tuileries
A l’entrée, paradoxalement , le tableau de Meissonier représente les Ruines des Tuileries, marquant la fin du règne de Napoléon III avec la Commune.
La Fête impériale doit éblouir l’Europe dans le luxe et l’éclectisme.
Winterhalter : Eugénie
La première salle présente les portraits officiels de l’Empereur et d’Eugénie, de Winterhalter, diffusés à multiples copies tandis que Gérôme a peint la réception officielle des ambassadeurs siamois qui rampent en présentant leurs présents. Commande officielle, pour laquelle l’artiste s’est aidé des photographies des protagonistes.
Gérôme : réception des ambassadeurs du Siam
En face, autre tableau de commande : L’Empereur visitant les inondés de Tarascon par Bouguereau, autre facette pouvoir, l’Empereur le détenant directement du peuple (par le suffrage universel). Les couronnes d’Eugénie et une pendule complètent des attributs de l’empire. Le Berceau offert par la Ville de Paris s’inspire du berceau du Roi de Rome. C’est une nacelle (rappelant Fluctuat nec Mergitur) décorée par les meilleurs artistes parisiens. Il est amusant de remarquer que le Préfet de Paris était Haussman et l’architecte Baltard.
Résidences impériales
Des dessins de projets et des photographies montrent les travaux aux Tuileries et au Louvrequi furent alors réunis. L’inauguration du Canal de Suez et nombreux décors éphémères de célébrations impériales sont illustrées par des photos et des aquarelles. De grands tableaux montrent les autres châteaux occupés par la famille impériale : une résidence par saison, les Tuileries en hiver, Saint Cloud au printemps, Fontainebleau l’été et Compiègne à l’automne.
Portraits
Cezannes : portrait d’Achille Empéraire
Une grande salle tendue de grenat montre les portraits d’une société narcissique (selon l’audioguide) de James Tissot qui flattait ses modèles, d‘Ingres (l’affiche de l’exposition) mais aussi moins officiel : Courbet représentant Proudhon, ou Cézanne qui a peint son ami, le peintre Empéraire, jouant avec l’homophonie Emperaire/Empereur parodie de portrait officiel, Empéraire en robe de chambre à la place du manteau d’apparat….Je reconnais aussi le Balcon de Manet, un Degas, bien à leur place à Orsay, un peu plus loin Lola de Valence de Manet …
Les tendances de l’architecturede l’époque sont détaillées dans les salles suivantes :
Style Néogothique avec Viollet-le-Duc
Orientalisme avec des meubles éthiopiens dans le château néo-gothique
La villa pompéiennedu prince Napoléon occupe toute une salle.
Villa pompéienne avenue Montaigne
Le château de Ferrière des Rothschild…
Toute une section est dédiée aux spectacles: théâtre et Opéra, aux grands Boulevards, aux Salons pour les peintres, et aux Expositions universelles.
Tandis que les nouveaux loisirs se déroulent hors Paris grâce au chemin de fer, courses, bains de mer avec l’architecture balnéaire à Trouville ou ailleurs.
On assiste à la naissance de l’Impressionisme dans ces nouveaux lieux à la mode comme Bougival ou les plages (je pense à l’exposition Sorolla, vue il y a peu).
Avec cette exposition, on passe en revue, non seulement les lieux de pouvoir mais aussi la vie quotidienne des classes privilégiées enrichies par la prospérité économique.
Exposition de photos : très belles photos animalières du japonais Manabu Miyazaki » un ours noir joue avec un appareil photo », « Geai et Mésange variée »
Vidéogrammes : Les Oiseaux artistes. Sur des écrans plats, des parades nuptiales de Paradisiers, d’un ménure tout à fait spectaculaire, de jardiniers qui décorent leur nid et offrent des cadeaux à leurs belles….
Les bruits de la nature – JP Mika
Peintures : principalement africaines.
Je reconnais les motifs d’Abomey par le béninois Cyprien Tokoudagba. Un amusant Concert de la Sape, de Pierre Bodo me rappelle une exposition de peinture africaine Beauté Congo présentée ici même, grands acryliques très colorés
Dans une autre salle une fresque spectaculaire du chinois Cai Guo-Quang rappelle étrangement l’art pariétal préhistorique. Une vidéo montre la réalisation de cette oeuvre « à la poudre à canon » dans un hangar un premier modèle posé au sol permet de réaliser des pochoirs, puis on saupoudre de poudres diverses le support qui est caché par du carton. Le feu se propage, le résultat est étonnant et ressemble plus aux techniques préhistoriques qu’aux fresques actuelles. Autour d’une mare blanche les animaux, grandeur nature, girafe, rhinocéros, tigres etc…viennent se désaltérer, on voit en bleu le reflet de leurs silhouettes.
Le plus étonnant, et aussi très intéressant, écolo-militant, dans une salle noire, photos et graphiques montrent le déclin de la biodiversité. Les courbes sont éloquentes, toutes les familles déclinent. Une illustration sonore réalisée par Bernie Krause montre le déclin des bruits de la forêt enregistrés à quelques années d’écart.
Le spectacle le plus original est dans une salle noire où l’on peut entendre une symphonie planctonique : Chroniques du Plancton. Des microphotographies de diatomées, radiolaires, larves d’oursins, méduses sont projetées sur des écrans au sol, ces micro-organismes déformés ou simplement agrandis, nageant, disparaissant, forment un spectacle zen.
Un spectacle étrange, contemplatif, écolo, militant!