C’est avec grand plaisir que je me laisse entraîner par les blogueuses Maggie, Cléanthe, dans les lectures communes qui me conduisent dans des chemins que je n’aurais sans doute pas trouvés seule. sortir de la routine en explorant les Classiques qu’on croit connaître alors que les lectures datent parfois du lycée.
Je n’avais jamais entendu parler du Bal de Sceaux avant qu’il ne soit proposé à la LC. C’est une agréable surprise même si ce ne sera sans doute pas ma nouvelle préférée.
Le comte de Fontaine, noble vendéen et bien sûr royaliste, à la Restauration vient à Paris pour se mettre au service du roi et solliciter la faveur royale pour l’établissement de ses nombreux enfants. Après avoir assuré la position de ses fils et marié ses deux filles aînées, il cherche pour la plus jeune Emilie, la préférée, un beau mariage. Mais Emilie, la dernière, est une enfant gâtée, une capricieuse qui décourage tous ses prétendants malgré les efforts de son père qui organise repas et invite tous les partis avantageux.
Au Bal de Sceaux, elle croit trouver enfin le fiancé de ses rêves. Elle en tombe même amoureuse. L’amour la rend presque sympathique. Un beau mariage se prépare? Le promis est bien mystérieux. Est-il noble?
Je me suis un peu ennuyée à lire tous les détails de la cour que Monsieur de Fontaine a fait au roi, le protocole, les subtilités des fidélités, des exils….J’ai été un peu agacée par l’importance accordée au « sang bleu » des nobles, le « snobisme » (quel anachronisme) d’Emilie quand elle repousse ses prétendants.
En revanche, la fin est inattendue et très réussie. Quelle leçon!
Petit déjeuner : 5h30, départ pour Corcovado : 5h50.
Les heures du matin son précieuses avec la fraîcheur. Il convient de pas les gaspiller. Hommes et animaux sont actifs au lever du jour. Après 11h la chaleur est écrasante. Johnny nous conduit en minibus à la plage où nous attend Roy, le guide.
Embarquement pieds nus. Le bateau à auvent bleu saute dans les vagues. Quand on quitte la Drake Bay on découvre du large les resorts dispersés. Des roches noires, sans doute volcaniques, bordent la côte. Ils sont frangés d’écume blanche. Des arbres magnifiques s’étagent au flanc de la montagne ; Quand nous avons quitté Sierpe sur le fleuve dans la mangrove, j’avais imaginé que nous serions dans un pays plat ; pas du tout ; Les rives sont escarpées. Le voyage vers Corcovado dure un peu plus d’une heure. La côte plus lointaine est baignée dans la brume. Au loin, on devine la forme bizarre d’un rocher, tête ronde comme un champignon. Quand on s’en rapproche, on voit qu’il n’est pas seul mais accompagné d’aiguilles à l’allure étrange, un phénomène volcanique, sans doute.
En face de la plage où nous débarquons le relief est plat. On se rechausse. Roy nous emmène vers le haut de la plage où se trouvent des aigrettes blanches, un faucon Black hawk est perché, non loin le Crested Caracara – un rapace dont le nom est inspiré de son cri en vol – . Près d’une lagune en retrait, un Petit Green heron( Butorides virescens) qui n’est pas si vert qu e cela mais qui est le plus petit des hérons. Seul son bec ressemble aux hérons que je connais.
basilisc noir
Dans le scope de Roy : un petit basilisc noir .
Nous passons près d’un nid de guêpes comme une boule, de guêpes blanches, les guêpes de lait, mieux vaut ne pas s’attarder, elles sont dangereuses. En haut d’un arbre d’autres guêpes ont construit un nid en forme de guitare qu’elles ventilent activement.
Un coati musarde ; C’est une femelle. En cette saison, les femelles sont presque toutes gravides et s’isolent de la meute pour faire un nid dans les arbres où elles vont mettre bas.
« Hum, Hum « un son très grave se fait entendre. On imaginerait un buffle au moins, Roy cherche dans les arbres. C’est une sorte de dindon avec un bec jaune qui perche sur les branches. Invisible, nous le verrons plus tard.
Dindon perché
Une autre espèce de dindon est perchée sur une branche arquée. Nous passons tout près sans le déranger. La plupart des animaux sont étonnamment tranquilles. Un agouti picore à moitié assis ; les agoutis sont des semeurs d’arbres ; Ils enterrent les graines en creusant des trous pour stocker des provisions dans le sol, puis les oublient.
Roy « sent l’odeur du pécari » et le déniche dans un fossé plein de feuilles. La mère est entourée de nombreux petits qui ressemblent à des marcassins. Chez nous, trouver une laie et ses petits est une situation dangereuse. Ici, la mère semble habituée aux touristes.
Le tapir dort profondément près d’un marigot à ‘ombre d’un buisson. Roy laisse s’approcher Ram, le photographe hollandais. Endormi, le tapir est peu attirant. On dirait un gros cochon.
Dans l’inventaire des bêtes bizarres du Costa Rica, il nous reste à voir, le tamanoir, le tatou, le lamentin…Sans parler des félins et des serpents.
le petit singe-écureuil (merci à Anja qui m’a donné la photo)
La rencontre la plus touchante est toujours celle des singes. Les singes-araignées sont en haut des branches ; On les voit s’épouiller haut dans leur arbre. Quand nous repasserons après déjeuner nous els retrouverons.
Les singes-écureuils, les plus petits des singes costariciens, nous ont encore plus divertis. Ils n’ont pas de queue préhensile. Ils se nourrissent d’insectes qu’ils débusquent en sautant de feuille en feuille. Justement l’un d’eux capture une grosse sauterelle verte de près de dix centimètres de long. Quelle aubaine ! Il ne se cache pas pour la déguster et s’installe juste au-dessus de nous. Il nous offre un spectacle passionnant. Il commence par les pattes (bien charnues pour une sauterelle) et facile à manger. Puis il déchire les ailes coriaces. Il lui reste l’abdomen, bien gros pour un si petit singe qui ne se décide pas à l’attaquer tout de suite. Il change de perchoir et saute.
11h30 : Déjeuner au centre Sirena où l’ont pourrait aussi passer la nuit. Bâtiment vert, d’une architecture élégante, couvert de tôles dépassant largement en faisant des auvents en V emboités. Des petits lits enfermés par de moustiquaires font penser à des petites cages sont alignés. Le parquet est en beau bois vernis ; Il est interdit de circuler chaussé. Des étagères sont prévues comme à l’entrée d’une mosquée. C’est un endroit très agréable ; pour déjeuner, un buffet avec des salades, des fruits frais, des gâteaux et des sandwiches : un froid sorte de wrap, un autre chaud enveloppé dans une feuille de banane qui contient une pâte avec des ingrédients mystérieux. Roy explique que les feuilles de bananes sont les meilleurs lunch-box, conservant la fraîcheur mieux que les boîtes plastiques.
figuier étrangleur : matapalo
J’ai oublié de parler des arbres. Le plus grand est un géant d’Ail Noir, ainsi nommé à cause de l’odeur de ses fleurs. Impossible de l’approcher au moment de la floraison. D’autre géants sont les figuiers étrangleurs appelés aussi Matapalo . La jeune pousse vit d’abord en parasite sur un autre arbre, laissant pendre les racines avec une croissance du haut vers le bas et tuant l’arbre-hôte.
Quand nous retournons le bateau la chaleur est écrasante jusqu’à la plage qui sert de port. Sur le bateau il fait bon mais il faut se garder des coups de soleil. Je rentre toute rouge à la Finca Maresia. Après la douche et un bon tartinage de Biafine, je découvre les délices du hamac sur la terrasse. Je ne sais pourquoi, j’avis des a-priori contre la sieste dans le hamac que j’imaginais nauséeuse. Par grosse chaleur on respire beaucoup mieux que sur un lit et c’est plus confortable pour le dos qui épouse la courbure, sans parler de la détente les pieds en l’air. Mieux qu’une chaise-longue ou un lit de plage ! Seuil défaut, il est malaisé d’écrire. Le rêve ce serait un bon livre mais j’ai pris du retard dans mes comptes-rendus ?
Pécari
Les grands cris des perroquets rouges qu’on appelle lapas ou macaw, m’ont tirée du hamac. Ils sont très bruyants et traversent à tire-d’aile le ciel entre leur perchoir, un très grand arbre et les almendros, arbres à feuilles épaisses vernissées et arrondies om ils trouvent leur provende, des fruits verts « almendron » qui ressemblent à de grosses amandes très dures. Gretel, la femme de Johnny, m’appelle et me montre les macaws attablés. « Quand ils mangent, ils sont silencieux ». Soudain passe un perroquet solitaire « un veuf ou un juvénile qui n’a pas encore de compagne ; les perroquets vivent par paire et sont fidèles jusqu’à la mort » explique-t-elle. J’ai raté encore une fois la photo. Avec le Coolpix le zoom n’est pas assez puissant, ils sont tout petits. Quand au Lumix, il s’est éteint « pour surchauffe » justement quand je les avais bien visés. Je descends au bungalow, dégoûtée !
Dîner excellent en compagnie d’un couple allemand qui a fait l’excursion des autrichiens. Mon allemand est bien lointain mais je donne le change. Entrée ceviche de thon à l’ananas servi dans des ramequins en forme de poisson, lasagnes très fines au légumes gratinées au gruyère. Au dessert, une crème caramélisée au goût un peu étrange. Flan ? ou gâteau au fromage un peu trop cuit, i l’un ni l’autre c’est de la citrouille ;
A nouveau boucler les valises et cette fois-ci ranger tout puisque nous allons rendre la voiture à Sierpe.
Petit déjeuner à la carte : « typico » avec riz aux haricots, une petite salade très pimentée, deux œufs au plat et bien sûr plantain frit. Mais le grand luxe c’est le jus de fruit : à la place des boissons chimiques tirées d’un distributeur, la serveuse apporte deux coupes d’ananas frais. Depuis le temps que je voulais essayer les batidos, c’est fait. Exquis !
79 km entre Dominical et Sierpe – 1h05 selon Googlemaps – une route bien roulante Pacifica Fernandez. Les gros camions ne sont pas encore sortis.
Uvita, station balnéaire plus développée que Dominical. C’est là que nous aurions dû venir pour les courses et pour trouver un restaurant. Passé Dominical, nous avons deviné les resorts luxueux bien cachés dans la campagne. Il y a même des maisons à étages (premiers immeubles rencontrés depuis Jaco), un golf est signalé.
palmiers à huile
A l’horizon se détachent des sommets déchiquetés. A Palmar Sur, nous quittons la route principale. Nous faisons un tour dans la petite ville commerçante où l’on ne vend rien d’extraordinaire, de l’électroménager, des vêtements, des motos. Les devantures n’ont rien de spécial mais cela déborde de vie de bruit, de musique dans les bars. La route de Sierpe se trouve à droite après le pont métallique sur le Rio Tenere, elle zigzague autour des parcelles cultivées : palmiers à huile, bananeraies – exploitations familiales sans doute, rien à voir avec les bananeraies industrielles entre Limón et Tortuguero.
Récolte
On récolte en ce moment les dattes rouges des palmiers à huile réusines en un régime serré. Deux garçons remplissent une charrette tirée par des bœufs. On a fini de les couper ? J’aurais bien voulu voir comment ; Les garçons sont d’accord pour être filmés. D’une maison voisine s’échappe de la musique cubaine qui sonorisera le film. Nous photographions les maisons de bois d’un village construite autour d’un terrain de foot herbu ; Elles sont le plus souvent basses mais certaines ont un balcon à l’étage.
Quelques palmeraies plus loin : Sierpe, petite agglomération au bord du fleuve animée par le trafic fluvial qui relier Drake Bay et la Péninsule d’Osa. Des bateaux de toute taille font la navette. Les touristes laissent ici leur voiture de location ; stations de lavages et parkings se sont installés, sans parler des restaurants et cafés où touristes et mariniers attendent.
au village de Sierpe
En attendant 11h30, l’heure de notre passage, nous regardons passer les îles flottantes de jacinthes qui dérivent et les oiseaux noirs voletant d’île en île. Va et vient des bateaux, petits bateaux des hôtels, plus gros. Le nôtre est « l’autobus », le service régulier. Le capitaine appelle les passagers selon leur destination, range les valises et désigne des bancs. 24 passagers et nombreux hommes d’équipage qui seront indispensables à l’arrivée. Pour débarquer, il faut se déchausser. Le bateau s’approche de la plage mais il n’y a pas de ponton et il y a de l’eau jusqu’aux genoux ; les valises sont sorties en vitesse et les marins les portent sur la tête ; Je reçois ma petite valise bleue au milieu de l’eau et manque de la tremper ; son bain ne dure que quelques secondes mais je suis déjà chargée avec le sac de plage rose et les deux paires de chaussures attachées par les lacets. La sortie de Dominique a été sportive, les marins efficaces et serviables mais le bas du pantalon trempé.
1h30 sur la navette de Sierpe à Drake Bay
Le « taxi » qui vient nous chercher est un vieux minibus bordeaux conduit par Johnny, le patron de la Finca Maresia. Les présentations sont en Espagnol. Johnny parle parfaitement Anglais mais il est ravi de mes efforts. Tout en conduisant, Johnny commente la route : le village (pueblo) qui a quelques supermarchés (petits) et de nombreux restaurants ; le minibus grimpe ensuite une piste poussiéreuse sur 3 km ; nous arrivons sur un terrain bien accidenté à la pelouse grillée par la sécheresse mais entourée de grands arbres. « Une finca de montagne » dit-il. La mer est à un quart d’heure à pied par une autre piste.
une finca de montagne
La terrasse est le mot-clé caractérisant l’architecture des bungalows et du bâtiment -restaurant. Terrasses perchées sur des poteaux, suspendues dans le vide, abritées par de grands auvents de tôle peinte en vert dépassant largement le plancher de bois. Le restaurant est prolongé d’une vaste terrasse avec canapés, hamacs, fauteuils suspendus, dominant tout le terrain et les alentours.
bungalows
Notre bungalow, le n°5, est aussi posé sur pilotis. Il repose sur un beau parquet. Une immense baie vitrée sépare la chambre de la grande terrasse où sont suspendus deux hamacs avec une balustrade de bois, seul mobilier une tranche de tronc d’arbre pour faire le plateau d’une table. Nous nous trouvons à la hauteur des feuilles multicolores d’une haie qui nous isole de la pente herbue qui monte au bâtiment-restaurant. Une autre haie sépare la chambre du bungalow voisin. Suspendues en pleine nature
hamacs sur la terrasse
La décoration de la chambre est contemporaine, bois et béton brut. Somptueux parquet, au murs lambris mal équarris. En guise de placard, une niche avec des planches brutes. Des moustiquaires en baldaquin au-dessus de chacun des lits, gaze cousue aux quatre coins d’une toile blanche. Comme il n’y a pas de moustiques en cette saison, on a noué d’un simple nœud, la mousseline. Un ventilateur à longues pales brasse l’air chaud et réussit même à bien rafraîchir la pièce après la tombée de la nuit ;
Un grillage surmonte le bois au-dessus de la salle de bain communiquant par une porte de bois coulissant. Par le grillage, la nuit on voit les étoiles. Eclairage discret : 2 petits spots sur des tiges orientables et des appliques carrées. Rideaux jaunes d’un côté, vert de l’autre ; La salle de bain, gris ciment mais soigné façon tadelakht. Douche séparée par une plaque de verre. Dans le ciment du sol on a pris des galets noirs, décoratifs et pratique : on ne glisse pas. Chambre très séduisante, mais je passerai le plus de temps dans le hamac.
Le déjeuner est simple et très fin : poulet parfumé mélangé à des oignons dorés et des oignons crus , riz blanc.
Je descends à la plage par une piste sableuse qui se termine par une allée d’hibiscus entrelacés en un tunnel arrondi, puis par un charmant petit pont suspendu sur un ruisseau. Entre maillot de bain et appareil-photo, j’ai choisi la photo ; je le regrette la baignade devant les eaux tièdes et tranquilles de Drake Bay où enfin je pourrais nager. La remontée est plus facile que je ne craignais.
Belle surprise en arrivant à la Finca. Johnny me montre les aras, magnifiques perroquets multicolores avec le dos rouge. Ils se gavent des fruits très durs de l’almendro (Dipterix oleifera) qu’ils broient avec leur gros bec.
Le dîner est servi à la table d’hôte, tout le monde mange ensemble. C’est plus convivial. Le menu est affiché au tableau blanc avec les horaires des excursions. Si on est végétarien, il suffit de mettre une croix au tableau. En hors d’œuvre, la pâte de haricots rouge épicée est accompagnée de chips de plantain. Soupe orange, courge ou potiron. Pavé de bœuf grillé, délicieux. Depuis notre arrivée au Costa Rica, le bœuf est excellent. Au dessert une mousse de fruits de la passion.
Nous dînons en compagnie de deux Néerlandais qui ont fait un circuit similaire et c’est un plaisir d’échanger des souvenirs.
La nuit tombe vers 18h, il fait complètement noir quand nous descendons sous la nuit étoilée. Je serais bien restée regarder les étoiles dans le hamac mais j’ai peur des moustiques. C’est idiot il n’y en a pas.
C’est un des problèmes majeurs de notre monde moderne, vous savez. L’oubli. La victime n’oublie jamais.
Demandez à un Irlandais ce que lui ont fait les Anglais en 1920 et il vous dira le nom de chaque homme qu’ils
ont tué, quel jour et à quelle heure. Demandez à un Iranien ce que les Anglais lui ont fait en 1953 et il vous le
dira. Son fils vous le dira. Son petit-fils vous le dira. Et quand il en aura un, son arrière-petit-fils vous le dira
aussi. Mais demandez à un Anglais…
Barlach
Depuis longtemps, je lis avec plaisir John Le Carré . Depuis que j’ai commencé à le pratiquer en VO, j’ai découvert la richesse du vocabulaire et apprécié encore plus son humour très british. Lire Le Carré nécessite un véritable effort et l’aide du dictionnaire. Quand le Rideau de fer est tombé, j’ai craint que ne tarisse sa source d’inspiration : la Guerre Froide. Mais l’écrivain a élargi son domaine de prédilection, restant dans l’espionnage, il s’est adapté au monde contemporain et à ses nouvelles complexités.
Un Homme très recherché se déroule dans un décor familier : Hambourg. Les Services Secrets de Sa Majesté qu’il connait bien subissent la concurrence des Renseignements allemands (qui après tout sont chez eux) et des Américains avec la brutalité qu’on leur reconnait après le 11 Septembre.
L’Homme très recherché est-il Issa, le Tchetchène? le terroriste ou le Dr. Abdullah; Docteur en Islam modéré, connu des médias, et collecteur de fond pour des causes humanitaires? Les deux intéressent les services secrets qui essaient de les utiliser dans la lutte anti-terroristes, à leur insu peut-être, sous la contrainte sans doute. Les deux autres personnes qui sont également manipulés : Annabel, l’avocate idéaliste et Brue, le banquier d’affaire. Manipulations, mensonges et vérités s’entremêlent avec virtuosité.
Issa n’a jamais été et n’est pas musulman. Mensonge. Issa n’a jamais été un militant tchétchène. Il n’a jamais été
militant de quoi que ce soit. Mensonge. Issa n’est qu’un fils d’espion tout ce qu’il y a de plus ordinaire, comme
moi, sur le point de réclamer son legs d’argent sale auprès de moi. Mensonge. Et il n’a certainement pas été
torturé ou emprisonné, et il ne s’est pas évadé, ça non ! Et il n’a pas le moindre rapport avec un prétendu
terroriste islamiste en cavale recherché par les Suédois et placardé sur les sites web de toutes les polices – y
compris, peut-on supposer en toute logique, celui des omniscients services secrets britanniques. Non, non et
non ! Le problème d’Issa, si c’en est un pour lui, est lié à des scories du passé….
L’auteur distille progressivement les finesses de ces manipulations avec des détails qui étoffent le récit. plus de psychologie que d’action dans ces manœuvres et ces jeux de guerre qui opposent les différents services entre eux. Les espions aussi jouent aux échecs entre eux. On se promène dans Hambourg, ses lieux chics, le port, la campagne du nord de l’Allemagne. Histoire et Géographie : Le Carré rappelle les affaires de blanchiment des fortunes des Russes à la génération précédente, coups tordus qui refont surface….
Tanager (pris à Pedacito de cielo) Hacienda Baru est accessoirement un hôtel, c’est surtout une réserve biologique avec un centre de recherches et des activités autour de la faune : promenades commentées, birdwatching.
Lorsque je me suis inscrite à une promenade guidée? J’ai demandé la promenade en forêt, mais comme il faut au moins être deux, on m’a fait rejoindre deux Canadiens inscrits pour l’observation des oiseaux. Ils reviennent pour la seconde fois, connaissent le guide, et surtout, sont des spécialistes.Nombreux oiseaux hivernent au Costa Rica mais nichent au Canada, ils leur sont donc familiers.
La promenade commence dans l’allée de l’hôtel et je suis saisie de doute. Ces gens ne jouent pas dans la même série que moi. Je risque de m’ennuyer et de les retarder dans leurs observations. Et puis, la promenade guidée est chère.
Je me suis laissé prendre au jeu même si je sais que je ne retiendrai rien des noms et des caractéristiques des oiseaux. Même si, je prendrai aucune photo. Je progresse un peu dans le repérage des oiseaux : ici, une branche qui bouge, là, un craquement. Aussi dans la description des caractéristiques : couleur de la tête ou de la gorge. Tant d’oiseaux sont jaunes ou bruns !
J’ai surtout apprécié la rencontre avec le couple de Canadiens et avec Deiber, le guide. J’avais été choquée à Pedacito de Cielo par la goujaterie de certains photographes, leur égoïsme : « moi et ma photo » – « moi et mon oiseau ». Ces trois-là, prennent leur temps pour bavarder, partager des histoires, demander des nouvelles des études de Deiber, de ses projets. Bien sûr, ils parlent aussi matériel, objectifs, boîtiers…La promenade se fait dans une agréable convivialité et pas seulement avec compétence et professionnalisme comme tous les guides-naturalistes que j’ai rencontrés.
A Hacienda Baru, on ne nourrit pas les animaux. En revanche l’arrosage des arbres les regroupe. Nous passons un long moment à voir les oiseaux « se baigner » .
Deiber siffle un Wren ( en français roitelet ou troglodyte )qui lui répond. Selon Deiber, il est inutile de perdre son temps à les chercher dans la forêt touffue, ce sont de très petits oiseaux discrets. Mais ils sont aussi curieux, de voir ce concurrent siffleur ? Un dialogue s’établit, l’oiseau répond, s’approche. On finira par le deviner caché dans les feuilles d’un buisson. Les guides ne sont pas censés interagir avec les animaux. Deiber est particulièrement doué pour siffler. Je lui demande s’il imite les oiseaux depuis son enfance. « Non ! gamin il sifflotait mais pas les chants d’oiseaux ». Il a suivi des cours de « Birding » lors de sa formation de guide et a appris les chants. Il sait aussi où trouver les oiseaux. Il les repère au cours des promenade et les retrouve toujours aux mêmes endroits. Il nous montre un très joli oiseau orange le Manakin qui est souvent dans la même clairière. Les colibris ne trouvent que peu de fleurs à butiner ; ils se nourrissent donc d’insectes.
Nous rencontrons une autre famille de capucins, pas très actifs. Perchés au sommet d’un arbre, ils font la sieste.
A la fin de la balade, nous ne nous séparons pas comme aux autres visites. Deiber apporte une assiette de tranches de pastèques rafraîchissantes et nous bavardons. Deiber attend la réponse du Ministère de la Justice qui doit l’embaucher comme juriste administratif, suite logique de ses études de Droit. Il ne quitte pas le « birding » sans regrets, il aime la vie en plein air, le contact avec les clients et surtout, les oiseaux. Il rêve de créer sa propre entreprise sur les terres de son père plantée en vergers. Recevoir des touristes, leur offrir un repas, une promenade et observer es oiseaux. Mais pour l’instant il attend son emploi de bureau. Il prend nos adresses mails pour nous envoyer la liste des oiseaux que nous avons rencontrés ce matin (26) . Denis fait remarquer que Francophones et Anglophones ne s’attachent pas aux mêmes caractères morphologiques pour nommer les oiseaux. Je radote mon antienne que le nom latin arrangerait tout le monde.
Je reçois la liste que je copie ici :
1 Inca Dove
1 Colombe rousse
1 Ermite de Rucker
1 à couronne pourpre de fée
1 Blue-gorge Goldentail
1 White Hawk
1-Pivert couronne rouge
1 Antshrike à capuchon noir
Une cale à bec Woodcreeper
1 gui Tyrannulet
1 Bateau à bec Moucherolle
1 Gobemouche sociale
1 Piratic Moucherolle
1 col montant orange Manakin
1 Philadelphia Vireo
1 Grive fauve
1 couronne jaune Euphonia
1 Spot-couronné Euphonia
2 Paruline
3 Paruline à flancs marron
1 Scarlet croupion Tangara
1 Palm Tanager
1 Tangara d’or à capuchon
1 Dacnis bleu
1 à pattes rouges Honeycreeper
1 Bananaquit
Nombre de Taxons : 26
Après la balade, il fait bien chaud (33°C). Hier j’ai pris des coups de soleil à la plage. La Biafine a eu un effet souverain mais je ne souhaite pas renouveler l’expérience. Je me baigne dans la piscine en T-shirt.
Vers 13h, nous retournons déjeuner à Matapalo. En vacances, même très lointaines, nous aimons bien cultiver quelques habitudes, nous approprier des lieux familiers. Nous reprenons le menu pizza/casado. On rapporte la demi-pizza pour le soir avec un yaourt.
Retour aussi à Dominical et Dominicalito en fin d’après-midi. Il faut d’abord trouver un distributeur de billets. En prenant la première entrée à Dominical, juste après le pont sur la rivière Baru nous découvrons un quartier plus chic avec une boutique « organic » qui vend des produits bio de luxe, des restaurants, et le distributeur. La piste continue le long de la rivière. Cela modifie notre opinion sur Dominical.
A la plage de Dominicalito Dominique retrouve son banc entre deux cocotiers. Je marche sur le bord de la plage avec l’intention de me baigner. Je ne suis pas seule. Je marhe dans l’eau à mi-mollet, la vague vient mouiller le bas de la robe de plage. L’eau est tiède, la vague n’est pas méchante. Une surfeuse sur une grande planche arrive à se lever pendant que son mari la filme. Les autres restent couchés sur les petites planches.
Les nuages se sont accumulés, le devient grise. Aurons-nous un coucher de soleil ? Plus beau que celui d’hier ? Impossible. Voire, le disque solaire surgit sous la bande grise et inonde tout le ciel d’orange. Les reflets deviennent plus brillants. Gris et orangé, c’est tout à fait spectaculaire.
Dernières longueurs dans la piscine dont on a allumé l’éclairage. Je nage sur le dos pour surveiller le vol des chauve-souris. Dernière soirée dans le rocking-chair de l’entrée ; je me suis attachée au bungalow !
Deux longues nouvelles, contes, courts romans, publiés tous deux en 1830, se déroulant en Espagne, toutes les deux sur le thème de de la mort du père. Assez loin du réalisme de la Comédie Humaine, plutôt dans le domaine fantastique.
El Verdugo, publié dans les Souvenirs Soldatesques se déroule pendant les Guerres Napoléoniennes en Espagne. Massacres, scènes sanguinolentes. Heureusement c’est court; mais je n’ai pas trop accroché.
L’Elixir de longue vie est beaucoup plus complexe.
Il se déroule selon deux parties, la première Festin raconte la mort du père de Don Juan Belvito, mort souhaitée par Don Juan qui est pressé d’hériter. Fils tardif, il est pourtant choyé et son père lui passe tous ses écarts.
« Jamais sur terre un père si commode ne s’était rencontré! »
Le père a découvert un moyen de ressusciter : un flacon de cristal qui contient un élixir : L’élixir de longue vie qui a donné son nom au livre.
Que va faire Don Juan? A vous de lire!
« Pour les négociants, le monde est un ballot, ou une masse de billets en circulation ; pour la plupart des jeunes gens, c’est une femme ; pour quelques femmes, c’est un homme ; pour certains esprits, c’est un salon, une coterie, un quartier, une ville ; mais pour don Juan, l’univers était – lui! »
Dans la seconde partie, en Espagne, Don Juan a épousé Dona Elvire. Cela ne vous rappelle rien? Le ton change, les allusions à la littérature sont jubilatoires. Jubilatoires aussi les blasphèmes et la scène grand-guignolesque que je ne veux pas vous dévoiler.
Un Balzac romantique? Sûrement!
Merci aux copines qui m’ont incité à lire cette nouvelle. Lue avec du retard. Lire Maggie et Cleanthe
Les oiseaux sonnent le réveil à 5h42, juste avant le lever du soleil.
De 6 à 7 h Birdwatching dans les allées d’Hacienda Baru. Un guide naturaliste plante le scope et cherche les oiseaux perchés dans les arbres. Le guide est jeune, fin, beau comme une fille avec des yeux en amande et des cheveux bouclés relevés en chignon.
Ici on n’attire pas les oiseaux avec des bananes. Vient qui veut. Ou ne vient pas. C’est une Réserve Biologique. On n’interfère pas dans le comportement naturel des animaux.
Deux petits perroquets verts sont perchés très haut. Il n’y en pas de rouge ici. Il y a des toucans mais pas ce matin. Ils sont occupés ailleurs. En revanche un pic à tête rouge a creusé son nid. Une tourterelle a le même chant agaçant que les tourterelles européennes mais elle est plus petite et a un bien plus beau plumage.
Hacienda Baru
Je peine à retenir le nom de tous les petits oiseaux : Euphonia jaune (organiste m’apprend wikipedia), tanager en anglais tangara ou calliste en français, noir et rouge, colibris. La sécheresse sévit depuis deux semaines il n’a pas plu, et pendant deux mois avant. Pour que les plantes décoratives de l’hôtel ne meurent pas on les arrose. Le tuyau est perché dans un arbre, il en sort un très fin jet de gouttelettes qui fait le bonheur des petits oiseaux. Chacun à son tour prend une douche. Trois américaines se joignent à nous, munies de grosses jumelles d’un appareil photo avec téléobjectif puissant et du livres Birds in Costa Rica. Avec mes petites jumelles, je suis la touriste et ne vois pas grand-chose. C’est tout un apprentissage que de repérer un petit oiseau vert dans des feuilles vertes. A peine l’ai-je dans l’oculaire qu’il s’envole « se fue » est la phrase en Espagnol que j’ai prononcée le plus souvent depuis mon arrivée au Costa Rica. Pour la photo, pire encore. Ornithologiste est un métier que je n’ai pas appris. En vieillissant, je vois de moins en moins clair. Sans parler des lunettes que j’ai cassées dans l’avion. Heureusement, j’avais pris les lunettes de lectures ; mais pour les oiseaux, cela ne vaut rien. Les guides repèrent les oiseaux à l’ouuïe qu’à la vue. Il connaissent les chants, savent où chercher, et trouvent !
Petit déjeuner-buffet. Rien à dire !
La Réserve Hacienda Baru a tracé de beaux sentiers bien propres avec des panneaux explicatifs pour les promeneurs individuels. Le sentier « pizote »(coati) et « saino »(pécari) peuvent se combiner pour une belle boucle de 5 km en sous-bois. Je me promène à l’ombre par une température idéale. Evidemment, je passe à côté d’énormément de choses qu’un guide m’aurait expliquées. La Réserve a été crée en 1976 sur un terrain largement déboisé par les agriculteurs. On se promène en partie dans la forêt Primaire qui subsistait. Je ne verrai pas les jaguars et autres félins recensés ; j’aurais bien aimé voir le tatou mais il est nocturne. Iguanes et agoutis se promènent librement entre les bungalows comme des animaux familiers.
sur les sentiers d’Hacienda Baru
Je me promène avec une impression de sécurité sur les sentiers balayés ; les bêtes dangereuses se cachent peut-être dans les broussailles, peu de chances qu’elles en sortent. Ficus et palmiers font une ombre assez dense pour garantir la pénombre. Pénombre bruyante : cigales et oiseaux se font concurrence dans les « bruits de la jungle ».
On raconte que le ceibo – le grand kapokier – dépassait toutes les cimes des arbres et se voyait de la mer ; Il a donné son nom au secteur. Le restaurant et la station-service perpétuent son souvenir. Une tempête l’a abattu. D’autres kapokiers poussent mais aucun n’est aussi haut.
Un guide montre à un groupe de touristes le Grand Potoo, (Nyctibius Grandis) au Grand Ibijau, sorte de hibou nocturne qui se camoufle en ressemblant à une branche cassée.
Cette agréable promenade se termine par la rencontre avec les Singes capucins à face blanche.
Il y a quelques temps, les hommes ont contaminé les primates avec la fièvre jaune qui a exterminé les singes hurleurs de la région. Seuls les capucins sont revenus. Six familles ont colonisé la Réserve. Le groupe qui est apparu est peu nombreux : 4 ou 5 adultes et un bébé. Curieux de ma présence, ils se sont rapprochés. Nous nous sommes mutuellement regardés. Puis ils sont retournés à leurs occupations dans les branches hautes.
La plage
Hacienda Baru : la plage
10 minutes par la piste à l’ombre, 2×20 minutes de marche les pieds dans l’eau sur une plage extraordinairement propre. Est-ce le résultat de la campagne de panneaux et d’affiches contre l’abandon d’ordures sur les plages « même les déchets de coco », le tri sélectif proposé partout, ou la faible densité humaine ? Je profite bien de la balade et rentre un peu après midi.
Dominical et Dominicalito
dominicalito
la plage de dominicalito
Pas question de déjeuner au restaurant de la Hacienda ! Nous avons de visiter Dominical réputé pour ses vagues, un spot de surf attirant les surfeurs du monde entier. Sur la route, Dominical est très mal indiqué. Nous nous attendions à voir une station balnéaire, une petite ville. On ne voit rien. Du côté de la montagne on devine sous les arbres des villas dispersées ; en contre-bas de la route pas grand-chose, deux resorts. Quelques centaines de mètre plus loin, nous avons dépassé et arrivons à la petite plage de Dominicalito qui est une charmante anse bordée de cocotiers bornée à chaque extrémité par des rochers hérissés de cocotiers et même une petite île. Ainsi abritée, la plage est tranquille sans les grandes vagues de Dominical. A l’arrière une lagune avec des hérons, des aigrettes et des cormorans. Sur la plage une troupe de vautours qui se repaissent de restes de poissons laissés par les pêcheurs. Les barques et les cabanes sont cachées sous les arbres. Sur la plage il y a aussi des limicoles qui ressemblent à des courlis.
Dominicalito : lagune
En dehors d’une série de hutte où l’on propose des pipas (cocos) il n’y a pas de restaurant acceptable selon nos standards (une échoppe propose des sandwiches mais il n’y a pas de frigo). Nous reviendrons à Dominicalito. Mais l’urgence est de trouver de quoi manger !
La route de la plage de Dominical est bordée d’une sorte de marché hippie avec des fripes, paréos, pantalons de batik, sarouels et étoles aux motifs indiens. On vend également des bijoux artisanaux, pierres montées sur des lanières de cuir ou des ficelles. Surfs d’occasion. Sur la plage il y a tout un campement de tentes rondes Décathlon comme celles des migrants à Paris. Ce campement « déshérité » est peuplé par les surfeurs qui n’ont rien en commun avec Brice de Nice. Hippies de tout âge, dreadlocks ou chignons sur le haut du crâne, tatouages, piercings…On imaginerait un parfum de marie-jeanne, mais non ! nous sommes au Costa Rica, pays où il faut se cacher pour fumer et même pour vapoter.
Où mangent donc ces gens ? Un seul restaurant sur la plage et un seul plat au menu : ailes de poulet frites. Cher ! Nous n’avons pas envie de ces ailes ruineuses. Je trouve enfin un supermarché et achète un Fanta bien chimique en bouteille géante de 2.5 L (heureusement que nous avons un grand frigo !
Nous décidons de retourner à Matapalo au restaurant A Kachete où nous avons mangé hier ; Au moins nous ne serons pas déçues !Hamburgers pour changer. Pour dîner des yaourts.
coucher de soleil sur Dominicalito
Au coucher du soleil, nous sommes retournées à Dominicalito : couleurs somptueuses. Dominque fait photo sur photo, toutes aussi réussies.
J’aime qu’un film me transporte très loin dans l’inconnu , et le dépaysement fut total! Sébastien est un ami qui a fondé Voix Nomadesoù mon premier blog fut hébergé et qui était une communauté chaleureuse que j’ai quitté à regrets.J’ai suivi de loin ses explorations andines et j’ai beaucoup aimé son livre chez Transboréal : L’Appel de la Route ainsi que son premier film La Voix des Andes.
Nada queda sino nuestra ternura met en scène des Indiens après les « violences » : guérilla entre le Sentier Lumineux et les forces armées régulières – ou plutôt des femmes victimes de cette guerre. Ni le réalisateur, ni les femmes ne prennent parti clairement pour les « terroristes » ou pour les forces gouvernementales. Elles fuient la violence, les fusillades, et semblent victimes involontaires d’enjeux qu’elles ne saisissent pas. Pour elles, il n’y a que fuites, massacres, charniers et destructions. Pourtant nous ne les voyons jamais abattues. pour se donner du courage elles chantent. Il y a beaucoup de musique dans ce film. Chants de révolte. Folklore mais pas que, le rocker ancien policier, chante une musique électrique.
Il y a beaucoup de pauvreté, beaucoup de souffrance et toujours la dignité de gens debout qui marchent, franchissent des ponts sur des abîmes, voyagent, s’entraident. Beaucoup d’émotion Il me faudrait me documenter davantage pour tout comprendre. Mais ce n’est pas nécessaire pour apprécier ce film sensible et si beau. Merci Sébastien!
Les arbres de la Forêt Nuageuse se secouent furieusement, les nuages baignent les cimes. Le vent se déchaîne. L’averse est drue.
Après l’averse, nous traversons Monteverde et Santa Elena sur la route goudronnée. Au bout du village c’est la piste, bien entretenue et très fréquentée. Dès la sortie de Monteverde, nous découvrons le Pacifique enserré dans la baie étroite de la Péninsule de Nicoya. Le versant Ouest contraste avec la verte forêt. Peu ou pas de grands arbres, une végétation de pelouse sèche et rase. Quelques maisons dans les creux. La piste est creusée dans le tuf gris clair. Quelques gros blocs sont inclus. Quel volcan a craché de tels amas de cendres ?
vue sur le Pacifique!
vue sur le Pacifique!
Minibus, camions, autocars soulèvent la poussière. Un village construit dans une épingle à cheveu en est tout poudré. Au bas de la piste, nous retrouvons la verdure et les premières grosses bourgades sur une bonne route que nous croyons être la Panaméricaine. Un seul panneau indicateur : Libéria. Libéria est au nord, nous nous dirigeons vers le sud logiquement, faisons demi-tour. Aboutissons en pleine campagne dans un hameau parcouru de chemin de terre. Perdues ! j’entre les coordonnées GPS de notre destination finale ; madame GPS avec son accent québécois nous renvoie sur la route que nous avons quittée.
le grand Ouest!
Ici, de l’élevage : des cowboys, de grands ranchos, des affiches pour des corridas et des rodéos. Certains arbres forment des parapluies de dimensions impressionnantes. Le sol est sec, nous n’avons parcouru qu’une trentaine de kilomètre et découvrons une nouvelle géographie.
La Panaméricaine est un peu plus loin. Les très gros camions forment deux files séparées par une double ligne jaune. Impossible de les doubler ; le réceptif de l’Agence nous a prévenue : « dans la montagne vous n’aurez pas envie de faire de la vitesse. Soyez vigilantes quand vous serez sur cette route. Respectez bien les limites de vitesse à 80 km/h hors agglomération (40 km dans les villages et même 25 près des écoles).
Enfin, nous touchons la côte Pacifique à Caldera qui est un port. La plage n’est pas très attirante mais il y a un grand parking qui permet de faire une pause après la conduite stressante. Je fais mes premiers pas dans le Pacifique devant des piles de containers.
Premiers pas sur la plage du Pacifique!
La route qui longe le littoral est bien passante aussi. Nous sommes pressées d’arriver. Nous passons Jaco et Queipos. Vers 13h30, nous sommes près du but et cherchons une plage e un restaurant. La route traverse des plantations de palmiers à huile. Monoculture monotone. Véritables usines que ces raffineries que je n’ai pas envie d’appeler huileries comme pour l’huile d’olive. Cultures industrielles d’une part, Parcs et Réserves biologiques, de l’autre. Avant de décerner un brevet d’écologie, il faudrait connaitre la proportion des unes et des autres. Après Jaco, sur une plage bordée de cocotiers, nous découvrons 7 magnifiques macaw– perroquets rouges.
Perroquets rouges
Matapalo
La mer se trouve derrière les palmeraies mais en dehors des chemins agricoles il n’y a aucun accès à la plage avant Matapalo, le dernier village avant d’arriver. Le restaurant A Kachete qui sert aussi bien des plats traditionnels que pizzas et hamburgers. Nous sommes bien accueillies, la pizza pequena est plutôt medium – excellente. Le casado est bien servi.
Hacienda Baru
Hacienda Baru : notre bungalow
Hacienda Baru : notre bungalow
L’Hôtel composé de bungalows est situé à l’intérieur d’une Réserve biologique privée qui s’étend dans la forêt, la montagne et jusqu’au fleuve Baru qui débouche dans le Pacifique à Dominical.
Notre bungalow n°21 est adossé à trois autres. En bois peint, vert à l’extérieur, bois verni à l’intérieur. Son plan est assez original : une grande chambre en L autour de la salle d’eau. Nous disposons d’une kitchenette avec cafetière, réfrigérateur, deux grands ventilateurs au plafond. Cette armada de ventilateurs est nécessaire : il fait 33°C, à Monteverde ce matin 16°C. nous ne sommes pas préparée à la grosse chaleur. De gros volets de bois arrêtent les rayons du soleil. Toutes les fenêtres sont grillagées de moustiquaires. La porte s’ouvre par un pan coupé sur un petit salon avec deux fauteuils à bascule e, cuir et un support pour deux parapluies. Cette entrée est charmante. En face : une grande et belle piscine dans un jardin fleuri d’hibiscus, héliconias, crotons et beaux arbres.
Tout juste installées, je me précipite à la piscine pour me rafraîchir. C’est raté ! l’eau est plus chaude que dans une baignoire. Pas de fraîcheur mais cela détend et fait un bien fou à mon poignet douloureux.
A La plage
17h, je vais à la plage par une piste ombragée et découvre la plus belle plage vierge qui soit. Pas une installation, pas un bateau, à peine une cabane de feuille de palmiers, quelques troncs échoués. Du sable fin, battu par une belle vague. Sur des kilomètres ! Des panneaux préviennent : attention courants dangereux. Je marche, les pieds dans l’écume. La plage est bordée d’arbres à grande feuilles rondes. Un autre panneau explique que ces arbres sont de meilleurs gardiens de l’érosion que les cocotiers plantés. Personne ne se baigne sauf une fille assise dans l’eau qui tente de rafraîchir son chien. Moins chaude que l’eau de la piscine, mais tiède. Le soleil se couche à 17h45, j’ai peur de rentre dans le noir. En ménageant des courants d’air, la température du bungalow est maintenant supportable.
19h30 : nous dînons au restaurant de l’hôtel el Ceibo. Pas de menu, c’est à la carte et cher. Comme nous avons bien mangé à midi nous commandons le plus simple : des pâtes au beurre et à l’ail et une salade César. Dans la Salade César, des croûtons de pain, très peu de poulet, ni sauce césar, ni parmesan de la salade verte en abondance. Pâtes infectes. Lot de consolation : on peut consulter les mails. On ne renouvellera pas l’expérience.
Valérie Zenatti est la traductrice d’Aharon Appelfeld – écrivain israélien majeur dont j’ai lu avec grand bonheur plusieurs ouvrages (Les Partisans, Tsili, Le garçon qui voulait dormir….). Dans le Faisceau des vivants paru en janvier 2019, est un récit très personnel qui raconte comment elle a vécu la courte période, 45 jours, séparant l’annonce du décès de l’écrivain début janvier et le 16 janvier – jour où il aurait eu 86 ans. Livre de deuil. Livre délicat et sensible. Evocation très personnelle d’Aharon Appelfeld dont la voix résonne encore. Valérie Zenatti traduit des vidéos anciennes, des interviews…elle cite abondamment des textes qui la touchent, réécoute son répondeur téléphonique…et fait le voyage jusqu’à Cernowitz, lieu de naissance d’Appelfeld, pour trouver lieux de son enfance et de son inspiration. Ce n’est pas une biographie de l’écrivain, et j’en suis satisfaite. Les livres d’Appelfeld puisent tant dans sa vie qu’une paraphrase eût été inutile. Je suis souvent frustrée par les écrits comme Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik ou certaines biographies comme celle de Duras par Laure Adler, pourtant excellente. Je préfère les mots de l’auteur. J’attendais plus de détails sur le travail de traductrice. La traduction m’intéresse. Traduction/trahison ? ou au contraire intimité avec l’auteur ? Je reste sur ma faim. Mais ce n’était pas le propos. Ce n’était pas le moment. La perte était trop récente.