Exposition temporaire au Musée de la Chasse et de la Nature jusqu’au 1er Juillet 2018 (Garouste) et 2 septembre (Laurie Karp)
Racontée par Ovide dans les Métamorphoses, l’histoire du chasseur Actéon qui, par hasard, assista au bain de Diane. La déesse, furieuse d’avoir été surprise nue le métamorphosa en cerf. Ses chiens n’ont pas reconnu leur maître et l’ont dévoré.
Etude pour actéon
L’exposition occupe les deux salles du rez de chaussée du Musée et comporte une douzaine de grandes huiles sur toile ainsi que des études au dessin que j’ai trouvées intéressantes
Garouste étude au dessin
Il présente surtout la scène de la dévoration, assez peu celle de la rencontre avec Diane. D’ailleurs il a prêté peu d’attention à la déesse qu’il a dessiné avec un visage lunaire correspondant peu à l’image que je me fais de la chasseresse.
Garouste
Belle exposition, mais un peu restreinte, j’aurais aimé en apprendre plus sur Garouste
Les œuvres de Laurie Karp sont tout d’abord disséminées dans les collections permanentes. Il faut les chercher, ce qui n’est pas évident parce que ce sont des céramiques de petite tailles plutôt discrètes parmi les animaux empaillés, les armes, les tableaux et autres présentations. Si je n’avais pas visité récemment, à l’occasion de l’exposition Sophie Calle, j’aurais sans doute consacré plus d’attention et de temps pour me laisser surprendre, j’ai utilisé le plan et trouvé les petites figurines : femmelettes dans une coupelle, ours miniature et femme dans une position suggestive (sur le moment je ne savais pas que l’artiste était une femme).
Au deuxième étage deux salles sont offerte pour ses parcours sur le thème de la forêt et de l’eau : coupelles bizarres remplies d’une matière imitant l’eau, personnages qui grimpent. Je n’ai pas été convaincue.
Espagnol ou Catalan? Par les temps qui courent….Il se déroule à Barcelone.
Roman policier? Burlesque, barré, invraisemblable. Il y a bien un commissaire Florès qui n’enquête pas beaucoup, préférant libérer un de ses indics qui se coltinera toute l’enquête. Il y a bien quelques cadavres, morts ou pas tout à fait.
Mendoza ne fait pas dans la dentelle mais quel humour! C’est un livre qui se déguste ligne par ligne, mot par mot, le sourire aux lèvres, parfois franchement en riant à haute voix.
Exposition temporaire à l’Orangerie jusqu’au 20 Août 2018
Monet : pont japonais
Monet est-il un peintre abstrait?
Monet : Saule pleureur (1920-1922)
Cette exposition célèbre le centenaire de la décision de Monet d’offrir les nymphéas à l’Etat français, elle met en évidence la postérité de Monet dans l’art américain. En 1955 le MoMA acquiert un Monet et les tableaux de l’exposition sont souvent introduits par le Critique Greenberg qui publia en 1955 un grand essai sur la peinture américaine faisant de Clyfford Still,Barnett Newman, Pollock ou Tobey des héritiers de Monet.
Pollock : Untitled 1949
Intéressante confrontation de peintres de continents et d’époques éloignées.
Si la couleur « devient autonome » et primordiale, on saisit mieux la parenté entre les nymphéas et les toiles de Monet qui sont un feu d’artifice de couleurs.
Rothko et Clifford Still peignent selon le Colour field painting avec de grands champs de peinture
Clifford Still 1965
Les grandes taches ont des contours déchiquetés, la peinture au couteau donne un certain relief aux taches, on regarde le très grand tableau un peu comme un paysage
Pollock : the deep (1953)
Dans les tableaux de Rothko, rien pour raccrocher l’oeil à du figuratif : de grande taches colorés
Rothko
De Kooning dans sa Villa Borghèse, après avoir peint des paysages urbains retrace à New York des souvenirs, recollections de Rome
De Kooning villa Borghese
On peut aussi citer Morris Louis avec ses acryliques délavés qui font comme des bandes verticales (j’aime moins, donc pas de photo) ou Helen Frankenthaler également des acryliques
Helen Frankenthaler (non! ce n’est pas la photo qui est floue mais le tableau!)
j’ai beaucoup aimé le tableau de Guston « impressionisme abstrait »
Guston détail du rouge au centre du tableau
Riopelle, peintre canadien, établi en France expérimente une technique originale de « mosaïques »
Détail d’un tableau de Riopelle (bord du tableau)
Et je termine par un de mes préférés Round the world de Sam Francis (1958-1959)
Around the world
Bien sûr, on n’a qu’une envie : monter au rez de chausser dans les deux salles des Nymphéas. On aimerait les avoir pour soi et méditer devant mais gare aux groupes de Chinois ou Japonais!
L’an dernier a commémoré Rodin et le Musée Camille Claudel a ouvert à Nogent-sur- Seine. J’attendais les beaux jours pour aller le visiter.
La Seine à Nogent : le bateau-lavoir et au fond, la Centrale
Nogent-sur-Seine est dans l’Aube, en Champagne-Ardennes, à 130 km de Créteil. C’est un peu loin, mais il faisait si beau. Plusieurs itinéraires sont possibles, par l’A4 et Provins, par l’A5 et Bray-sur-Seine, ou par la Nationale 19, Brie-Comte-Robert- Nangis-Provins. A l’aller nous avons emprunté l’A5 bien roulante, sortie 18 et route) travers la Brie, colza en fin de floraison, blé déjà haut, pas un coquelicot, pas un bleuet, pas de moutarde sur les bords, pas étonnant que les insectes et les oiseaux désertent la campagne! Pas de haie, même pas un bosquet. La monotonie est rompue par des tapis roulants qui convoient le sable ou les graviers de carrières. On traverse peu de villages, la route évite Bray-sur Seine que nous voulions voir. Un arrêt devant le château de La Motte-Tilly précédé d’une majestueuse allée de marronniers et de pelouses.
Le château de la Motte-Tilly
Nogent-sur-Seine se devine de loin avec les grosses cheminées de la centrale nucléaire d’où sort un panache. Samedi c’est le marché autour d’une belle halle, joyeuse animation dans la rue principale, queue chez les boulangers. L‘église Saint Laurent est spectaculaire avec ses grandes statues surmontant le clocher carré. A l’intérieur, les tableaux sont bien mis en valeur, explication et lumière. Il va y avoir un mariage, les bouquets fleurissent le chœur, un homme (le prêtre ou le fleuriste?) met la main au plus grand bouquet de lys blanc en chantant en portugais.
Le moulin Sassot qui enjambe la Seine
Dans les rues je remarque de belles maisons à pans de bois. D’autres sont en brique ou brique et meulières. Les bords de Seine sont agréables; je remarque un bateau-lavoirvert, qui est une véritable blanchisserie. Un grand moulin enjambe la Seine : c’est le moulin Sassot construit au 19ème siècle détruit puis reconstruit en 1908, maintenant le Siège de l’entreprise Soufflet qui est justement une très grosse entreprise en minoterie et de malterie. Cette construction de brique ressemble un peu à la chocolaterie Menier de Noisiel. Nous aurions dû arriver plus tôt pour prendre notre temps de nous promener dans cette ville charmante, chercher peut être la Maison de Camille Claudelet celle où Flaubert est venu en villégiature.
Le Musée Camille Claudel
Inauguré en 2017, c’est un musée tout neuf, très bien conçu, clair. L’audioguide est compris dans le billet. Il faut le prendre, il est passionnant ; quoique je n’ai pas tout écouté parce que j’aurais pu rester toute la journée, tant les explications sont riches.
Alfred Boucher : Jeune fille lisant
Si on honore Camille Claudelen donnant son nom au Musée, il faut savoir que les sculpteurs fameux ont été nombreux à Nogent-sur-Seine. Le musée fait tout un panorama de la sculpture de la fin 19ème siècle, début 20ème, notamment aux artistes locaux :Alfred Boucher(1850-1934) qui fut le maître de Camille Claudel, Ramus (1805-1888) Paul Dubois (1829-1905). Ces trois sculpteurs jouissaient d’une certaine notoriété qui leur permis d’obtenir de nombreuses commandes officielles.
Alfred Boucher : Faune et Bacchante
La Salle 2 : être sculpteur au 19ème siècle donne une bonne introduction à la technique de la sculpture, on voit les étapes de la fabrication d’une statue, du modèle en plâtre ou en terre à la réalisation du bronze avec le moulage à la cire perdue, ou en pierre grâce à la « mise au point », pointage tout à fait visible avec des sortes de clous ou aiguilles régulièrement réparties sur le corps du plâtre.
Paul Dubois : l’Alsace et la Lorraine
Salle 3 : Lla sculpture et l’espace public : A la fin du 19ème siècle, on construisit beaucoup et entre la défaite de Sedan et la Première Guerre mondiale les représentations patriotiques matérialisaient le souvenir de l’Alsace-Lorraine perdues, et la « héroïsation » de Jeanne d’Arc (nous ne somme pas loin de Domrémi) .
Paul Dubois : statue équestre de Jeanne d’Arc
Autre sujet : les représentations de scientifiques et médecins,(Pasteur, bien sûr) destinées à figurer sur les places publiques.
La mythologie était aussi sujet d’inspiration, comme les vertus chrétiennes (mais ce n’est pas uniquement à cette période).
Salle 4 : Paul Dubois chef de file des Néo-Florentins présente des bronzes délicats
idéal féminin
Salle 5 : Les métamorphoses de l’idéal féminin est un « cours de sculpture » un petit groupe Tres in Una de Richer illustre la beauté antique, la beauté de la Renaissance et la beauté moderne; De nombreux marbres accompagnent ces cours et les deux bas-reliefs de Bourdelle ont un style bien différent des recommandations académiques.
Salle 6 : Allégorie et Mythologie
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes est tout à fait remarquable.
Salle 7 : Représentation du Travail. L’oeuvre la plus spectaculaire est un ouvrier pelleteur représenté à l’ouvrage mais nu, sorte d’Hercule par Alfred Boucher
ouvriers à l’ouvrage
Après avoir traversé la salle 8 : La sculpture de la Sphère privée montre des collections variées.
Bourdelle inspiré par Loi Fuller
Enfin on arrive à l’étage pour Le corps en mouvement où je découvre des danseuses, danseuses classiques ou antiques mais aussi inspirées de Loie Fuller et sa danse du voile ainsi qu’Isadora Duncan : un groupe de Bourdelle. Les sportifs sont aussi montrés en mouvement.
A Boucher : tous au but
On entre enfin, dans l’atelier de Rodin avant d’aborder les salles dédiées à Camille Claudel. Camille Claudel a passé, adolescente, les années 1876 à 1879 à Nogent. A 14 ans elle sculptait déjà et se fit remarquer par Alfred Boucher. En 1881, elle étudie à Paris, Alfred Boucher venait corriger les travaux puis fut remplacé en 1882-1883 par Rodin pour qui elle deviendra praticienne et modèle dès 1884.
Camille Claudel : buste de RodinCamille Claudel : buste de Rodin
On peut voir côte à côte des oeuvres de Rodin et de Camille Claudel sur des sujets identiques, le portriat de Rodin par Camille Claudel.
Autour de la Valse
Apothéose du musée : la salle Autour de la Valse : une série de 4 couples de valseurs , bronze, grès, plâtre. le médiateur du Musée raconte que Debussy, très ami de Camille Claudel possédait un tel groupe.
Une autre salle est dédiée à une oeuvre spectaculaire : Autour de l’âge mur et al dernière à Persée et Gorgoneen marbre réalisé par Pompon, la maladie de Camille lse faisant déjà sentir.
EXPOSITION TEMPORAIRE au Musée du Quai Branly jusqu’au 06/01/19
Frise de personnage pour le pavillon d’Asie de Marie Antoinette Ballard-Devé
La peinture des lointains ne pouvait qu’attirer la voyageuse, les tableaux exotiques colorés, orientalistes, de marines, de déserts…..Quoique….les collections proviennent du Musée de La Porte Dorée, autrefois Musée des Colonies et nombreuses œuvres sont des commandes à l’occasion de l‘Exposition Coloniale de 1931. Ces images sont restées méconnues justement à cause de l’héritage colonial et du spectacle colonialiste et parfois raciste qui fut donné à l’Exposition. Exposition sulfureuse?
Les peintures exposées concernent des horizons plus lointains que cette exposition coloniale, éloignés par la distance et dans le temps.
Pèlerins de DjeddahPèlerins de Djeddah
Le choix des sections, « Séduction des lointains », « bourlinguer », fait appel au thème du voyage comme « promesse heureuse de dépaysement« . On s’embarque avec les peintures de marines de Charles Fouqueray dans le port de Saïgon ou avec les Pélerins de Djeddah,
Port de Saigon
Les orientalistes du 19ème siècle sont bien représentés avec le Café maure à Alger
Café maure à Alger (1860) Germain Fabius Brest
la Mosquée de Basse-Egypte de Perilhat
Mosquée en Basse Egypte – Perihat
Au début du 20ème siècle l’Afrique du Nord a séduit les peintres
Djerba (1926) André SurédaDjerba (1926) André Suréda
Les laques de Jean Dunand (1877-1942) de Style Art Déco m’on beaucoup plu
Eléphant laque de Jean DurandEléphant laque de Jean Durand
Une autre section est intitulée : « L’appel du Désert – le rêve nomade »
Théodore Frère : La halte sous les palmiers
Fuir l’Occident est illustré par Emile Bernard et Paul Gauguin (très belles gravures de ce dernier). J’ai aussi bien aimé le tableau Ambohimanga (Madagascar) de Willi Worms
Toute une salle est consacrée à Paul et Virginie : gravures, tableaux assiettes et éditions illustrées. Le thème de l’odalisque est aussi présent
Odalisque : Ange TissierOdalisque : Ange Tissier
Visiteurs lointains, introduit toute une série de portraits, pittoresques, anthropologiques (ou pas), les portraits d’indiens d’Amérique de Catlin,
Emile Bernard : Abyssine à la robe de soieAbyssine
Duco Sangharé, Peule
sont mes préférés, mais j’aurais pu en présenter d’autres….
La suite de l’exposition fait plus explicitement référence à la colonisation : grands portraits de Savorgnan de Brazza et de différents militaires et politiques (Jules Ferry), les opérations militaires ne m’ont pas spécialement intéressée et encore moins les grandes fresques colorées légendées avec les différents produits minéraux ou agricoles des colonies. je suis passée sans m’arrêter.
En revanche le jardin indochinois d’un peintre vietnamien a su me séduire
Dernières visites : villages au pied des Albères, vus de loin de la route d’Argelès.
Saint André est un bourg tranquille. Un collège moderne est à l’entrée du village. On suit une rue commerçante. La jolie mairie est sur une place avec une fontaine moderne originale de schistes de montagne imitant le cours d’un torrent. Il a une église réputée et un musée d’art Roman qui n’ouvre qu’à 15 heures. Dans le musée, des moulages en plâtre de chapiteaux romans et quelques sculptures avec des explication. Rien d’exceptionnel si ce n’est un audioguide très bien fait pour visiter l’église au prix très modique d’1€ .
Façade de l’église Saint André
Pour visiter l’église on passe d’abord sous le porche qui était l’entrée de l’ancien monastère
L’église est « pré-romane », église du monastère bénédictin de Saint-André fondé en 823 sur des terres que Louis le Pieux octroya à l’abbé Miro et ses moines qui fuyaient l’Espagne maure. Située sur la Via Domitia et sur la route du Pèlerinage de Compostelle.
L’église primitive fut bâtie tout d’abord en galets roulés en arête de poisson. Elle fut reconstruite au 12ème siècle un appareil de pierres plus petites, et surmontée de moellons soigneusement taillés (remploi de pierres de taille antiques) avec une rangée d’arcatures aveugles lombardes.
Fenêtre avec son encadrement de marbre et les 6 médaillons
Une fenêtre au dessus du porche est encadrée de fine sculptures de marbre blancs ciselés d’entrelacs comme une dentelle (remploi) et décorée de sculptures de marbre 11èmeet 12ème. 6 médaillons ronds portent les symboles des évangélistes : lion ailé de Saint Marc, taureau de St Luc, et des séraphins.
Linteau
Le linteau (1030-1050) représente le Christ en Majesté entouré d’apôtres et d’anges. Deux curieux personnages émergent des murs : les simiots, chimères mi-singes, mi-lions qui terrorisaient le Vallespir autour de l’an mil en sortant des forets. L’abbé Arnulphe rapporta de pèlerinage à Rome les reliques de St Abdon et Sennen qui accomplirent le miracle de faire fuir les simiots. Cette légende est également rapportée à l’abbaye d’Arles-sur-Tech.
Simiot
A l’intérieur, la nef est haute mais sombre, on distingue encore deux fresques. L’autel à lobe est emprunté au monde byzantin. Les ateliers du 9ème au 11ème siècle empruntaient les marbres à la ville romaine de Narbonne.
Santa Maria del Vilar
Au lieu de rentrer par la grande route à 4 voies, nous passons de villages en villages par Saint Genis en direction de Maureillas sur l’ancienne route départementale. Le prieuré Santa Maria del Vilar est indiqué par une flèche qui monte à l’assaut de la montagne. On passe devant de belles maisons pour arriver dans un endroit isolé mais soigné : le prieuré est occupé par des moniales roumaines orthodoxes qui accompagnent les visiteurs dans une visite guidée. des concerts se tiennent également dans la chapelle qui a une très bonne acoustique.
Tout d’abord, la bonne sœur me donne un livret dactylographié racontant l’historique du monastère, et me conduit sur un banc de pierre en face du porche de l’église.
porche roman
Des chanoines augustin arrivés des environs de Figueras fondèrent la première communauté de 1083 à 1535 quand la propriété fut confisqué et le monastère sécularisé. Les moines sont revenus en 1802 pour trouver l’église en ruine, vendue à un cultivateur qui avait installé vaches et chevaux dans l’églises, agneaux dans le cloître et cochon dans la salle carolingienne. En 1942, les agriculteurs abandonnent l’exploitation. Le prieuré fut redécouvert en 1993 par Madame Triadou qui entrepris de le restaurer et de le faire classer aux Monuments Historiques en 2004. En 2005, installation d’une communauté monacale orthodoxe roumaine.
Reste de la chapelle pré-romane
La sœur
nymphéum
vient alors me chercher pour me montrer les éléments architecturaux remarquables : le porche et sur la façade les trous carrés (boulins) trace de l’échafaudage. On voit aussi les fondations d’une très ancienne chapelle pré-romane 7ème siècle : Sainte Eulalie et les restes d’un nymphéumpaïen 1èr siècle avant J.C. Elle montre aussi un paratonnerre rudimentaire et les fresques dans l’église. La salle carolingienne a été entièrement reconstruite mais il ne reste rien de carolingien. dans le cloître est installé un petit musée.
« Loxandra vit le jour à Constantinople, du temps du padichah Abdül-Medjid « quela malemort »…-chut Loxandra ! Tu vas nous faire pendre! -Du temps que le padichah Abdül-Medjid, qu’il aille à la malheure ! – Tais-toi enfin ! Tu n’es pas folle de crier si fort? _ Je ne crie pas , voyons, je chuchote ! Quand Loxandra chuchote, ça résonne comme les cloches de Sainte Sophie. […]Vaste est son coeur, son appétit, son ventre. Une grande statue qui va sur terre sur ses grands pieds ; des pieds cambrés, à la cheville légère qui dépassent sous la jupe comme deux socles. une grande statue qui brandit de grandes mains ; des mains de patriarche, des mains orthodoxes, aux doigts longs et bien moulés ; des mains faites pour bénir et pour être embrassées ; des mains qui sentent bon l’encens et le mahaleb ; des mains faites pour offrir : « sers-toi, disent ces mains, mais mange, voyons mange….des mains pour tenir un nouveau-né. Elles sont alors un trône, avec la paume comme un coussin sous le petit derrière qui d’un seul coup l’emporte tout là-haut vers le ciel etc…. »
Depuis que j’ai lu Vacances au Caucasede Maria Iordanidou j’ai cherché Loxandra, malheureusement épuisé. Loxandra est la grand-mère d’Anna, héroïne de Vacances en Caucase que j’ai adoré. heureusement je viens de le trouver d’occasion! Et je n’ai pas été déçue.
Ce roman, raconte l’histoire d’une famille grecque de Constantinople entre 1874 et 1914. Famille nombreuse : Loxandra a élevé les enfants de Dimitros avant de mettre au monde Clio et Alekos, fruits d’une transaction avec la Vierge de Baloukli à qui Loxandra a offert tous ses bijoux. Loxandra est le pilier de la famille, la mère, celle qui invite à des festins, celle qui guérit avec l’eau bénite de Baloukli, qui nourrit chats et chiens, qui invite marchands et veilleur de nuit à partager son café. Générosité et autorité, elle règne sur enfants cousins et sur tout le quartier.
C’est un livre où la nourriture est très présente : tout au long du livre, on savoure les dolmas avec assez d’oignon dans la farce, sans oublier la menthe, on fait frire des anchois, fabrique du halva, du porc au coings auxquels il faut ajouter les pépins du fruit dans la sauce…sans lésiner sur l’huile d’olive….Presque un livre de recettes de cuisine stambouliote. Cette cuisine qui lui manquera pendant son exil athénien!
On se promène dans Constantinople, la Ville, cosmopolite où coexistent turcs, arméniens, bulgares ou kurdes(les bûcherons avec leurs haches). La société grecque est prospère, elle semble installée là depuis Byzance et pour toujours. Toutefois, pendant les quarante ans du livre, la vie change. Loxandra se préoccupe plus de la vie de sa famille et de son quartier que de la politique. Ce livre est aussi un livre d’histoire qui raconte leTraité de San Stefano (1878) qui dépèce la Turquie d’Europe, la guerre greco-turque de 1897 à laquelle participe Epaminondas, un de ses fils, les massacres des Arméniens. Au début du siècle Loxandra part à Athènes, la vie politique est décrite pittoresquement, les rivalités entre les factions régionales montre plus de différence entre crétois ou athénien qu’entre les ethnies de Constantinople.
La vie de tous les jours est racontée avec simplicité ainsi que les traditions millénaires comme l’entrée de Basile à Constantinople, la grenade du jour de l’an ceci en fait un témoignage précieux de la vie grecque à la fin de l’empire ottoman. Le livre se termine avec la Première Guerre mondiale qui va tout bouleverser.
J’ai beaucoup aimé cette balade. Pourquoi ne pas la refaire sous le soleil ? J’ai pris mon bâton, pas tant pour me faciliter la montée qui n’est pas énorme, plutôt pour m’assurer là où le ruisseau a envahi le chemin. Je prête plus attention aux végétaux dans la chênaie, petit hou, salsepareille, ronces au bas de la pente, plutôt bruyères et genêts, plus haut ; Je croise un monsieur d’un certain âge, aux pantalons fendus comme ceux des ados. Il a dû capter mon regard :« je vais aux asperges qui sont dans les ronces, je ne vais pas abîmer un bon pantalon ! » annonce-t-il je lui réponds que j’aimerais bien en trouver mais que je n’ai pas mon couteau. « Pas besoin de couteau pour les asperge, il suffit de les casser ! En revanche, pour les pissenlits il faut un couteau ! ». Je continue la balade en cherchant les asperges que je ne trouve pas.
Toute la journée je vais croiser des gens avec un bouquet d’asperges dans la main. Cela doit vraiment être la saison !
Cap Béar
Port Vendre
A la sortie de Port Vendre en direction de Cerbère, le Cap Béar. Le vent marin a apporté une brume et un éclairage un peu bizarre. Le vent souffle en tempête soulevant des vagues spectaculaires. Les romarins sont couverts de fleurs bleues. C’est le début de la floraison des asphodèles. Je les aime beaucoup mais depuis que j’ai lu qu’elles étaient les prairies blanches des morts de l’Enfer dans l’Odyssée, je les trouve funèbres.
Asphodèles
En dessous du phare, des marches conduisent à l’anse Sainte Catherine, invisible de la route. Je découvre des petites maisons blanches ; on se croirait dans les cyclades. Des agaves aux belle feuilles lancéolées dépassent des épineux et des romarins. Ici aussi c’est la chasse aux asperges. Un sentier mène à un petit promontoire. Pour y arriver, il faut descendre dans les schistes argentés ; je marche avec précautions et agrippe les romarins, au moins il ne pique pas ! A la montée ce sera moins impressionnant, d’ailleurs je trouve un autre passage avec des marches.
Anse Sainte Catherine
Collioure
La mer est tellement agitée que la promenade sous le fort n’est pas possible ; de très grosses vagues viennent s’y briser sur la banquette de ciment.
Les vagues sur Collioure
Au retour, le Canigou semble irréel dans la brume, blanc, spectral. On le devine plus qu’on ne le voit.
Le matin, le temps bien gris avec menace d’averses n’incite pas à la promenade, d’autant plus que le club de Randonnée Vall »Respir d’Amélie-les-bains propose une randonnée au-dessus d’Arles-sur-Tech. Je reste toute la matinée à saisir mes notes à l’ordinateur.
cerisier
Rendez-vous à Amélie-les-Bains sur la Place de la Sardane. Nous sommes 15 et nous répartissons dans trois voitures. Traversant Arles-sur-Tech on passe devant la fabrique des meilleures rousquilles de la région. Un petit faon traverse la route, certain ont cru reconnaître les cornes recourbées d’un isard. Nous dépassons les Gorges de la Fou et empruntons une petite route qui monte jusqu’à un petit parking. Le repère dans le paysage est un énorme rocher qui fait une falaise dans la montagne. Nous allons nous retrouver au-dessus, après avoir grimpé un raidillon qui court en balcon au-dessus de la route à couvert dans la forêt. Puis encore un raidillon, et toujours un sentier en balcon qui monte, monte. Mes compagnons randonnent plusieurs fois par semaine et sont bien entraînés. Tout le monde grimpe avec une apparente facilité alors que je peine mais ne veut rien en dire, je reste dans le groupe de tête de peur de me faire distancer si je reste à la queue. Le groupe est très bien organisé, il y a une organisatrice en queue pour ne perdre personne. Nous arrivons à une minuscule chapelle avec une très belle vue sur toute la vallée.
fleurs bleues
La descente est moins difficile physiquement, mais plus aventureuse. Le sentier du retour n’est pas balisé, les organisatrices cherchent des chemins de chèvres (ou de sanglier). Un arbre barre le sentier, il faut le contourner, on descend au jugé à travers la forêt et atteint une piste qui descend ; J’en ai un peu assez de ces descentes dans les genêts et les ronces et suis bien contente de sentir un bon chemin sous mes pieds ; Mais c’est de courte durée, on retrouve le sentier. A la montée c’est essoufflant mais à la descente il faut être très attentif pour ne pas glisser. Heureusement j’ai mon bâton ! On se retrouve au parking pile à l’heure !
Retour sous le soleil. Les cerisiers sont épanouis, tout blancs. Magnifiques !
Ce haut-lieu touristique des Pyrénées Orientales est signalé depuis la route principale(N116) qu’on quitte en direction de Bouleternère -joli village dominé par une haute église, une tour ronde et des remparts mais nous n’avons pas le temps de nous y arrêter.
A la sortie de Bouleternère, un panneau annonce « Serrabone, 25 minutes ». La route tortille mais elle n’est pas étroite comme les routes de montagne que nous connaissons. La D615 suit le cours du Boulès, petite rivière très encaissée. Brusquement, une tête cornue : une belle chèvre, très familière elle ne s’enfuit pas à mon approche renifle ma main et la lèche. Encore 4 km en lacets pour découvrir le prieuré. Une haute tour carrée en schiste, sobre et austère et isolé dans la montagne. On découvre ensuite les bâtiments conventuels en dessous.
Histoire
Chapiteaux de la galerie extérieure
Le prieuré de Serrabone est attesté à partir de 1069, en 1082 le Vicomte de Conflent permet l’installation d’une communauté monastique suivant la règle de Saint augustin. A partir du 12ème siècle les constructions s’enrichissent d’un cloître, une salle capitulaire et un dortoir. La crise démographique du 14ème siècle, une mauvaise gestion du monastère (un prieur est déposé en 1448 pour « crime énorme ») entrainent le déclin de Serrabone.
La tribuneSerrabonne : la Tribune de l’Eglise
Passée la billetterie, je passe par une galerie en balcon, avec de jolis chapiteaux historiés, avec une vue sur la forêt. L’église est dépouillée, son ornement le plus extraordinaire est une merveilleuse tribune de marbre rose de Conflent. La sculpture est très fine, on voit les symboles représentant les quatre évangélistes : aigle, taureau, lion et homme. Les chapiteaux sont amusants avec des hommes grimaçants, des singes des animaux fantastiques ailés….
personnage
On peut se promener dans les alentours dans les collections botaniques : collection d’oliviers, vigne sur des terrasses minuscules qui semblent suspendues, des plantes aromatiques.
Le retour par la D615 est très agréable dans les Aspres couverts de très hauts chênes. On passe par deux villages : Boule-d’Amont, Oms et Llauro. C’est une promenade tranquille dans la belle lumière du soir.