J’ai lu avec grand plaisir Le voyage au Pays du coton, Sur la route du papier et l’Avenir de l’Eau qui sont les autres volets du Précis de Mondialisation. La biographie de Pasteur : la vie , la mort, la vie s’inscrit aussi en introduction logique à ce nouvel opus.
Orsenna est un merveilleux conteur et un vulgarisateur doué. C’est aussi un grand voyageur. J’aime me laisser guider dans les pays lointains où il mène son enquête. Panama, Guyane, Cambodge, Sénégal, Vietnam, Ouganda et j’en oublie….Il nous introduit dans les laboratoires des chercheurs de terrain, dans la forêt Zika qui a donné son nom au virus Zika. Il rend compte de l’histoire de sciences avec les découvertes de Carlos Finlay (fièvre jaune 1870) Laveran(paludisme1907) , Manson et Ross.
Les moustiques sont les vecteurs du paludisme et de la fièvre jaune – c’est connu depuis longtemps! mais actuellement des maladies émergentes : Ebola, Zika, Chikungunya sont aussi transmises par des moustiques. Au fait, qu’est-ce qu’une maladie émergente? « une maladie émergente est une maladie qui commence à toucher des pays riches ». Orsennaest toujours conscient des données sociales et économiques liées au développement des épidémies
« chaque orpailleur est un réservoir d’agents infectieux particulièrement malfaisants. puisqu’il vit en forêt l’orpailleur est en permanence piqué : il ne peut donc qu’être infecté. Il n’est jamais soigné, car; toujours en situation illégale, il se garde bien de rendre visite aux dispensaires… »
Orsennaraconte l’histoire des découvertes des remèdes – passionnante et prometteuse, celle de l’artémisine mais aussiles reculs, les échecs, les résistances des insecte ou des agents infectieux. Le mieux c’est de ne pas être piqué! mais faut-il éradiquer les moustiques?
« Contrôler? Oui, mille fois oui de toutes nos forces ! Eradiquer? Jamais ! »
Il aborde aussi les pistes de la génétique et des organismes génétiquement modifiés, avec prudence….
C’est donc encore un ouvrage passionnant, avec un petit bémol dans la première partie, c’est bien de vulgariser et de simplifier, mais là, je m’ennuie un peu.
9h nous quittons la villa Bronja où nous avons passé une semaine très agréable. Nous avions prévu de faire un tour à Mgarr-ix-Xini pour voir encore une jolie baie mais à Munxar et àSannat nous ne trouvons pas la route.
le port de Mgarr : ferries, pêche et marina
Nous arrivons très tôt sur le port de Mgarr, le port du ferry . Faisons un tour dans la marina et le port de pêche. Détail amusant : nous assistons au bain des chevaux à côté d’un bateau de bois. Les ferries se succèdent toutes les 45 minutes mai avec l’embarquement l’attente est finalement très courte. Notre ferry s’appelle Ta’Pinu. L’aller-retour s’achète à Mgarr : 24€ pour deux passagers. (15.7€ pour la voiture et son conducteur). Le vent s’est calmé, la mer est d’huile. Le passage nous semble trop court.
A Cirkewwa, queue des voitures monstrueuse jusqu’au rond point. Le 21 septembre est jour férié, fête nationale de Malte. Peut être les Maltais vont faire un tour sur Gozo et Commino ?
Tour rouge ou Tour sainte Agathe
La Tour Rouge
Entrée 2€ le Multipass Heritage n’est pas accepté. C’est un château plutôt qu’une tour comme nous les avons vues. Elle est perchée est perché au sommet d’une colline dominant les îles de Commino et de Gozo sur la Marfa Ridge. Carré flanqué de 4 tourelles carrées et entouré d’un mur d’enceinte à 8 pointes comme la Croix de Malte. On y entrait par un pont-levis dans une grande salle carrée très éclairée décorée de drapeaux et oriflammes des chevaliers de Malte. De nombreux panneaux explicatifs rendent la visite très vivante.
La Tour Sainte Agathe fut construite en 1647-48 par le Grand Maître Lascaris pour surveiller le détroit contre les corsaires. Lascaris est un lointain descendant des empereurs byzantins chevalier français remarquable par sa longévité mort à 93 ans et par sa vigueur.
» Cette tour est dédiée à sainte Agathe, d’origine sicilienne qui s’est enfuit à Malte e 250 ap . JC pour échapper aux avances d gouverneur Quintianus qui la poursuivit et lui coupa les seins avec des tenailles »
La tour pouvait contenir 49 soldats et avait 5 canons sur la terrasse. Sa citerne contenait 42m3.
Le chemin continue dans une réserve Natura2000 donc sauvage, quoique desséchée en cette saison. Pour jouir d’une très belle vue on a installé un banc de pierre lisse (de l’albâtre peut être) sur lequel est gravé un poème. C’est là que nous pique-niquons en face des falaises.
Baignade à Mellieha
la plage de Mellieha
La grande plage de sable de Mellieha Bay est couverte d’installations balnéaires ; le sable est fin, la baie peu profonde. En ce jour férié, il y a beaucoup de monde sur le sable et même dans l’eau . Le problème est de trouver une place de parking. Dominique s’installe sur le seul endroit disponible malgré les bandes jaunes et le KEEP CLEAR écrit en gros sur le bitume ; qu’elle interprète en Keep clean » . On ne va pas salir la plage ! Comme Dominique reste dans la voiture, elle libérera l’endroit en cas de problème. Les gens ne nagent pas, ils se trempent là où ils ont pied. Je les dépasse en allant à la limite des bouées orange et jaunes qui séparent la « swimming zone » des bateaux et engins motorisés. Je nage le long de cette ligne seule dans l’eau limpide. Quel plaisir !
Un livre à glisser dans le sac de voyage pour Malte, ou à feuilleter au retour avec les photos de vacances….ce ne sont pas des souvenirs de vacances mais des tableaux du séjour maltais de son ambassade de 2008:
« A Malte, attaché à ce rocher par mes lettres de créance, je vois de ma fenêtre tourner le manège des saisons, et fleurir les orangers. le soleil de Zebbug éclaire de façon rétrospective les étapes du chemin qui m’a conduit jusqu’ici…. »
Après Tanger, Beyrouth, Alexandrie, Daniel Rondeau poses ses valises deux ans à Malte qui’l raconte par touches variées. Il raconte aussi bien les Grands Maîtres de l’ordre que ses baignades à Ghar Lapsi (un souvenir mémorable pour nous). nous fait revivre la chaleur de midi quand « la température monte, tout le monde est liquéfié! » . Passion des Maltais pour les feux d’artifices (ils en tirent même de jours, nous les avions entendus sans bien comprendre), pour les courses de chevaux, la boxe… processions religieuses aussi.
C’est aussi un texte érudit qui convoque nombreux écrivains. Pas étonnant, Rondeau a été le directeur de la collection Bouquins. Paul Morand, Umberto Eco, Braudel ou Kundera, Tim Willocks, Cervantes, Burgess …
…..« Et Byron?C’est en Méditerranée que Byron a construit sa destinée sur lesroutes où il suivait les aventuriers normands et les chevaliers errants en même temps qu’il précédait Garibaldi, dit Barrès… »
J’en oublie …. Nous sommes en bonne compagnie.
De son poste d’ambassadeur de France, son regard historique est quelque peu focalisé sur les Grands Maîtres de la Langue de France et sur l’influence française dans la Méditerranée, la rivalité avec la Grande Bretagne. Une semaine avec Bonaparte raconte la conquête de Malte par Bonaparte Bonaparte alors qu’on lui avait conseillé de ne pas aborder le sujet. L’auteur ne se contente pas de la Grande Histoire, celle des grands personnages, des corsaires, il n’oublie pas les plus humbles, les esclaves qui construisirent la Valette, ou ramaient dans les galères – sujet que les guides touristiques taisent. Bonjour alikoum! montre la trace du français dans le Maltais seule langue sémitique d’Europe.Les esclaves, les Rois Mages et Balthazar. Le chapitre Ulysse et Balthazar est consacré aux migrants, il se déroule à bord d’un Falcon de Frontex qui surveille les embarcations aux confins des côtes libyennes.
Succession de tableaux impressionnistes qui ont prolongé le film de notre voyage.
Pendant la nuit le vent a soufflé fort. Au matin il fait très frais. Mauvaise surprise au réveil : l’écran du smartphone est noir, bloqué. Manoel me recommande la boutique Sound & Vision à l’entrée de Victoria en venant de Munxar. Comme par magie le technicien débloque l’appareil.
vue de plus près
Pour Xewkija c’est facile, il suffit de prendre pour cap l’énorme coupole qui dépasse de tous les bâtiments et qui se voit de partout. Xewkija (prononcer cheoukiya) est un village tranquille avec de belles maisons de pierre, des balcons à balustre, des frontons, des colonnettes torses et des statues pieuses. La monstrueuse église « Rotunda » ou église Saint Jean Baptiste se dresse sur une vaste place on atteint le parvis par une volée de marches. Selon le guide Evasion, ce serait la 3ème plus grande coupole au monde et elle aurait pour modèle Santa Maria della Salute de Venise. C’est une église très récente construite de 1951 à 1971 par les habitants qui se seraient cotisés, donnant des fonds mais aussi de leur travail, ayant mobilisé leurs charrettes pour aider les bâtisseurs. Dans l’église au moins 6 femmes et un homme sont armés de balais et de chiffons. Etrangement, ils balaient des plumes et astiquent les bancs.
l’église baroque ancienne dans l’église modernel’église baroque dans l’église moderne
Au fond de l’église, derrière des rideaux rouges, se trouve « le Musée des statues »qui n’a rien d’un musée, c’est l’ancienne église baroque qu’on a installé dans une chapelle . Très baroque ! marbres polychromes, angelots, tableaux encadrés de coquilles …une petite dame charmante fait l’article et encaisse les 3€ pour l’ascenseur qui va nous emporter sur la terrasse à la base de la coupole.
De là la vue est très étendue sur tout Gozo mais aussi sur Comino et la côte maltaise. De là on peut grimper au clocher. L’escalier est plein de fientes, je comprends maintenant l’origine des plumes. En haut du clocher, 5 cloches, et en dessous, occupant toute une pièce le mécanisme des cloches avec des engrenages compliqués. L’intérieur de l’église moderne est dépouillée et les décors modernes d’un seul et même artiste ne me plaisent guère. La seule œuvre d’art est un tableau de Mattia Preti que je n’ai pas trouvé.
Nous nous promenons dans l’est de l’île de Gozo que nous ne connaissons pas encore. On passe par In-Nadur (2ème ville de l’île) pour trouver la petite baie de Dahlet Qorot. En dessous de la petite route ures maraîchères irriguées sont très soignées : salades, choux et derrière des rangées de cannisses quelques agrumes. Au milieu de la petite vallée serpente une rangée de roseaux, indice d’humidité. Ne éolienne actionne une pompe près d’une citerne. L’éolienne remplit-elle la citerne ou au contraire actionne-t-elle l’irrigation ?
Dahlet Qorot garages à bateaux troglodytes
Dahlet Qorot est une très petite baie avec un tout petit port de pêche. On a creusé dans la falaise jaune des garages à bateaux troglodytes avec des portes colorées, rouges, vertes, bleues, du meilleur effet. Certaines barques sont devant leur garage. Les a-t-on protégées de la tempête ou est-ce parce que la saison est finie ?Des toutes petites barques à fond plat sur des roulettes ressemblent à des jouets, elles doivent permettre de rejoindre les barques amarrées plus loin La petite cantine roulante est fermée. Le propriétaire est passé, a constaté qu’il n’y avait pas assez de monde et il est reparti. La « plage » , des gradins cimentés, est envahie de posidonies.
Il faut expliquer aux touristes sur des panneaux que les herbiers de posidonies sont importants pur la biodiversité offrant un milieu favorable pour les poissons et pour les crustacés ainsi que la laisse sur le littoral qui n’est pas de la « saleté » mais un milieu de vie. Personne n’a envie de se baigner dans l’eau très agitée aujourd’hui. Le vent a rafraîchi l’atmosphère, la lumière est vive, les couleurs ravivées, les contours précis. Au large l’eau est d’un bleu très foncé.
Sur la colline qui fait face au port la tour Ta’Sapu monte la garde. Elle fut un relais télégraphique iimportant pour els britanniques pendant la 2ème guerre Mondiale. Un chemin est balisé par des points rouges, je le suis tant qu’il reste sur la côte et l’abandonne quand il grimpe dans la colline ;
A notre programme d’aujourd’hui, il y a aussi la Baie San Blas de l’autre côté de la tour. Mais la route n’y arrive pas il faut descendre beaucoup et le temps n’est pas à la baignade avec le vent.
Falaises de Sanap près de Munxar
Le soir, nous partons plus tôt qu’hier pour compléter la promenade en haut de la falaise jusqu’à Xlendi. De Munxar, je retrouve rapidement ma promenade matinale. La pente est très raide et il faut bien suivre les points rouges pour ne pas s’égarer et piétiner les petits champs et les jardins. Pour finir la semaine en beauté nous attendons que le soleil se couche entre la tour de Xlendi et la falaise
La Bièvre est un affluent de la Seine, couvert près de Paris (33 km), un joli ruisseau à Jouy-en- Josas, prenante sa source à Guyancourt. Elle était aussi appelée Ruisseau des Gobelins. Tapisseries des Gobelins, Toiles de Jouy, les eaux de la Bièvre n’étaient sans doute pas innocentes dans cette industrie textile? La promenade commence à la sortie de la Gare du RER C, Rue Jean Jaurès jusqu’au rond point. On trouve ensuite le chemin piétonnier en suivant la pancarte Musée de la Toile et on trouve le campus Thales. Le sentier suit la Bièvre et c’est une courte promenade tranquille jusqu’au Musée de la Toile de Jouy. Comme le Musée n’ouvre qu’à 11h, j’ai suivi les balises rouge et blanches du GR 22 (le sentier de Paris au Mont Saint Michel) qui m’ont conduite à la Gare du RER C du Petit Jouy – les Loges, puis qui est monté bien raide en forêt. Chênes et châtaigniers le jour de la Toussaint : des couleurs d’or et un tapis de feuilles.
Musée de la Toile de Jouy dans le château de l’Eglantine (19ème s)
Le Musée de la Toile de Jouy est une excellente surprise.
la manufacture et la fabrication
D’où me venait ce préjugé qui faisait de la Toile de Jouy un tissu mièvre et démodé, tout juste bon pour une chambre d’enfants? Je n’attendais donc rien de spécial de cette visite. Et j’avais bien tort!
A l’étage, une présentation technique illustrée en motifs de Toile de Jouy agrandis, détaille les étapes de la fabrication:
lavage des toiles blanches, grillage et calandrage, blanchiment sur l’herbe, pincettage à la main, sèchage, pliage….
les toiles étaient principalement teinte à la garance rouge et à l’indigo venant des Antilles. Poudres de colorants, tampons et plaques sont pr
ésentés au musée.
Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815)
Les Indiennes de coton furent importées à Marseille au 17ème siècle par les Arméniens. Colbert créa ensuite la compagnie des Indes Orientales.
E 1686, pour protéger les soieries françaises on interdit l’importation des toiles de coton. Les huguenots installèrent en suisse des fabriques d’indiennes et cet interdit fut levé en 1759.
En 1760, Oberkampf, allemand qui avait appris la technique d’impression en suisse fonda la Manufacture de Jouy en Josas.
La présentation historique de ce Musée est particulièrement intéressante et m’a passionnée. La proximité de la cour de Versailles et l’excellence des tissus a permis le développement de la manufacture. Louis XVI anoblit Oberkampf . La Révolution n’a pas mis fin à la prospérité, au contraire! c’est au début des années 1790 que la production atteignit son apogée nécessitant le travail de 10.000 ouvriers.
Tout juste les motifs changèrent. On imprima la démolition de la Bastille, puis la Fête de la Fédération, enfin la conquête de l’Egypte…Oberkampf devint en 1789 le maire de Jouy, fut décoré de la Légion d’honneur par Napoléon. Quand il mourut en 1815, les officiers prussiens lui rendirent les honneurs. Intéressants aspects aussi du blocus continental.
On peut aussi raconter l’histoire en examinant les motifs des toiles, fleuris et décoratifs pour certains, délicieusement colorés et extiques :
au motif de l’ananas!
D’autres racontent des histoires comme Paul et Virginie :
Paul et Virginie illustré!
L’Indépendance des Etats Unis inspira les illustrateurs, l Mythologie aussi, plus neutre en ces périodes de changement politique…
Grecques ou romaines?
Les médaillons me font penser aux wax africains. Ils racontent aussi l’histoire des idées. Existe-t-il un musée des Wax?
Au rez de chaussée une exposition est consacrée au thème de l’amour : amours volages ou durables, célébrations du mariage et de l’amitié sur laquelle le temps a moins de prise. tous les symboles y sont expliqués.
Ne pensez pas que les toiles de Jouy n’ont pas d’avenir. il en existe aussi des contemporaines, JP Gauthier les a utilisées ainsi que d’autres créateurs actuels
Jouy 21ème siècle!
Le parc de l’Eglantine recèle de très beaux spécimens d’arbre, la promenade est un peu abrupte, on sort du parc dans la forêt de Versailles où on retrouve le GR22 et d’autres itinéraires balisés.
haras de Vauptain et aqueduc de Buc
Nous avons pique-niqué aux abords du très beau haras de Vauptain. En arrière plan,7 les arcades de l’aqueduc de Bucconstruit par Louvois en 1684 pour apporter l’eau au parc de Versailles.
Exposition importante couvrant 2000 ans d’histoire et tout le Moyen Orient, de l’Egypte à l’Anatolie, du Liban à l’Arménie……réunissant des pièces d’une valeur inestimables, certaines prêtée par des communautés et couvents. Grande variété aussi des objets, mosaïques et chapiteaux, icônes, manuscrits et textiles sans oublier les photographies et même des films…Chacun y trouvera ce qu’il cherche.
Bible arménienne enluminée
Pièces antiques des premiers chrétiens et objets liturgiques. Une étude très exhaustive présente les courants du christianisme avec les influences, les conciles, les théories qui les différencient: christianisme alexandrin, nestorien, arménien, melkite, maronite…. La naissance du monachisme, des stylites aux monastères du désert égyptien occupe une salle entière.
icône
Après la Conquête Musulmane au 7ème siècle, les Croisades au 11ème, et la Constitution de l’empire Ottoman, les influences se mêlent, les cultures s’hybrident, se répondent. Les objets s’échangent : objets de la vie quotidienne fabriqués par les artisans chrétiens pour les dignitaires musulmans, ou gravure des commerçants turcs à la Foire de Beaucaire.
maquette des lieux saints à destination des pélerins
Une Bible polyglotte en sept langues, imprimée à Paris par l’orientaliste Savay de Brèves, ambassadeur à Constantinople 1591-1614 – publiée de 1620 à 1645 permettait aux érudits de comparer la version hébraïque du texte sacré à sa traduction grecque, syriaque, copte, araméenne….J’ai été aussi très impressionnée par la lettre de Soliman à François 1er accordant les capitulations.
Détail du rideau d’autel en coton de madras
Un rideau d’autel de la chapelle arménienne de Jérusalem est en coton de Madras, venant d’Inde, illustrant le rôle des chrétiens dans le négoce des textiles dans la région et surtout à Alep…
Difficile de ne pas évoquer dans l’histoire récente, les persécutions : le Génocide Arménien ainsi que les massacres des Syro-Chaldéens au début du 20ème siècle. Une exposition photo des Pénélopes, femmes attendant un mari, un fils disparus, un film libanais…
Le Multipass Heritage n’est pas valable pour la Cathédrale. Une duègne revêche contrôle billets et habillement, distribue foulards pour les épaules découvertes et grands linges pour les jambes. Elle est tellement désagréable qu’elle me dissuade d’aller acheter un billet. Les groupes se pressent sur le parvis près de la statue de Jean Paul II.
La Prison
Prison : graffiti
A partir de 1548, cette prison était destinée aux chevaliers emprisonnés pour duel ou meurtre. Les conditions sanitaires étaient bonnes. Les nouveaux arrivants étaient examinés par un médecin, on leur changeait savon et serviette deux fois par semaine, et ils avaient droit à un bain chaque matin. La nourriture était celle autorisée par la règle catholique : deux onces de fromage ou de poisson salé, des olives les lundi, mercredi , vendredi et samedi tandis que jeudi et dimanche 4 onces de bœuf ou de porc., en plus du pain, du café de la soupe du thé et du lait.
Les prisonniers travaillaient ils étaient employés au balayage des rues et diverses corvée. En 1820 ce sont les prisonniers qui déblayèrent Ggantija.
Ils étaient peu nombreux en 1854 , 13 tandis qu’il n’y avait plus personne en 1856.
Les cellules étaient petites, environ 2m x2m avec un banc seerant aussi de lit.
J’ai surtout aimé les graffitis : ceux représentant des bateaux sont magnifiques.
Gran Castello
Le Gran Castello est un Musée Ethnographique installé dans une très belle demeure seigneuriale. Outils, poids et mesures, charrettes, tamis et batteuses occupent le niveau le plus bas (rez de chaussée un peu enfoncé). Dans l’entrée, près de l’escalier, il y a un très joli petit puits dont la margelle est soigneusement polie. A l’étage, les pièces sont vastes et claires. Elles étaient occupées par les maîtres de maison< ; une collection de petits personnages en céramique de la taille de santons illustrent la vie populaire : musiciens avec accordéon, fileuse et sa quenouille, procession religieuse…c’est charmant.
zazfzafa
La salle suivante est consacrée à la musique : tambourins, pipeau de roseau, flûtes et cornemuse maltaise en peau de chèvre avec une corne de taureau. La zafzafa est un instrument à percussion avec la peau tendue sur une jarre de terre cuite présentant un morceau de bois fiché au centre de la peau.
Nasses et filets
Dans les encoignures des portes, des lampes à huiles sont placée pour montrer l’éclairage d’autrefois. La maison est très vaste. Différentes pièces communiquent entre elles et avec les terrasses si bien que je me suis égarée. Un tout petit garçon âgé tout au plus de 4 ans m’a dirigée dans le labyrinthe des pièces. Son anglais est tout à fait british mais il parle maltais avec sa mère.
A la plage, c’est la fin de la saison. Le port s’est vidé. Yachts et bateaux de plaisance sont partis mais également les vedettes pour les promenades des touristes et les plongeurs. Les barques des pêcheurs sont hissées à quai. La poutre et la corde à nœuds qui faisait la joie des jeunes et des moins jeunes, ont été démontées. Je nage à grand peine contre les vagues qui agitent l’eau dans l’anse. Du côté de la mer ouverte, de grosses vagues battent les rochers. Je m’y aventure pour un petit tour et rebrousse chemin aussitôt. Pépés et mémé maltais ne sont plus là, les familles avec enfants non plus. Il reste quelques jeunes téméraires et les touristes, certains affublés d’un masque et tuba de pacotille, le masque enfermant le visage entièrement que je n’avais vu auparavant que sur les très jeunes enfants. On parle allemand, scandinave et italien et on n’entend plus le maltais.
Ma deuxième baignade plus tard dans l’après midi confirme l’idée que l’été est terminé (dans deux jours officiellement c’est l’automne°.
Le soleil se couche aussi plus tôt vers 19h. Si je veux rejoindre Xlendi en partant de Sannat par le sentier côtier il aurait fallu être à Sannat au plus tard à 17h30. Il est presque 18h. Deux jeunes Allemands me découragent : ils sont partis à 16h et ont mis deux heures. Le vent a chassé les nuages et les brumes, la lumière est merveilleuse. Du côté de la terre le panorama est aussi saisissant de netteté.
Victoria vue des falaises de Sannat
Toute l’île se déploie, Victoria resplendit, je vois nettement la croix de Malsinforn sur la butte et reconnais la silhouette de Ta’Pinu. Il y a des randonneurs. « follow the red dots !». Je marche d’un bon pas. A 18h20 j’arrive au belvédère des falaises de Sanap (du nom de la moutarde qu’on y cultivait)à la jonction avec la route de Munxar. Eux jeunes français m’engagent à continuer jusqu’à Xlendi où j’arriverai avant 19h. J’essaie de téléphoner à Dominique. Il n’y a pas de réseau. Une belle allée dallée remplace le sentier, je la parcours jusqu’au bout et découvre la Tour de Xlendi dans le soleil du soir. Je suis à un jet de pierre de ma promenade du matin.
Je ne résiste pas à une couverture où figure une église des Cyclades! j’avais déjà noté ce titra à la veille de notre voyage à Santorin.
incipit :
« Il faisait nuit, à présent.
Jacqueline n’avait rien mangé depuis la barre de chocolat tut aplatie ramassée sur les marches de la pharmacie.
la volonté de Dieu, lui dit sa mère…. »
Il ne s’agit pas de tourisme. Une histoire de migrants, d’exil. De ces naufragés qui s’échouent sur les îles de la Méditerranée? Contraste entre le paradis des vacanciers qu’est Santorin et la quête d’un refuge, de quelque chose à manger.
Les clichés véhiculés par la télévision cachent les destins individuels. Jacqueline est libérienne. Ni la pauvreté, ni l’espoir d’un avenir européen ne l’ont jetée sur la plage. Evacués, les préjugés! Jacqueline veut passer pour une étudiante américaine en vacances, et elle donne le change, réussit à cacher la faim, se trouve même un moyen de survie : masseuse sur la plage.
Le premier acte de sa tragédie, n’est pas l’exil. Son histoire est au Libéria. Oubliés, les clichés! Elle n’est pas une « pauvre » africaine lancée par la misère sur les routes…Au contraire, elle a vécu une enfance est une jeunesse dorée dans les arcanes du pouvoir, a étudié à Londres. Les difficultés du quotidiens n’effacent pas son passé dans le Libéria de Charles Taylor, guerre civile, enfants soldats et massacres….
C’est un sujet grave qui contraste avec le cadre solaire de l’île, la beauté des paysages, l’insouciance des vacanciers. J’aurais quand même voulu en apprendre un peu plus sur le Libéria.
Nouvelle tentative au musée Karmini Grima de Gharb . La route, coupée à l’aqueduc, est déviée vers Kercem par les chemins. J’aime beaucoup ces itinéraires dans les cultures mais il ne faut pas rencontrer une voiture en face. La densité des voitures sur Gozo est démente. Le musée est fermé malgré les informations d’Internet. Aucun signe d’une ouverture prochaine.
Wied-il-Ghasri est bien fléché. Suivant les panneaux, on arrive à Ghasri ; on s’égare aboutissons à Zebbug, village perché sur une arête avec une grande église (encore !). Cul de sac ! La vue est magnifique depuis le belvédère face au phare construit sur une colline ; la résidence s’appelle Lighthouse. Le panorama est très étendu, surplombe Wied-il-Ghasri ; les villages de Ghasri et de Gharb bordent l’horizon, dans le creux , Ta’Pinu. Les collines pointues sont d’argile bleue d’autres, plus hautes surmontées d’un banc calcaire. Je dessine en pensant à mes carnets de terrain du temps de mes études de géologie. Les terrasses allongées soulignent les courbes de niveau, les figuiers de barbarie soulignent les bords, amandiers et caroubiers font de la verdure. Les grandes cannes des roseaux plient au vent.
Sous notre belvédère, on a signé les terrasses très verdoyants, remonté les murettes, consolidé le toit de la chapelle avec des cailloux, installé des tables de pique-nique et remonté l’abri de jardin rond Girna en pierre sèche qui fait un peu penser aux trulli des Pouilles. Il y a même une pelouse verte incongrue. En descendant la route vers Wied-il-Ghasri, e me retourne. Insoupçonnée au dessus des jardins une barre d’immeuble contemporain avec balcons métalliques et grandes baies vitrées coiffe le rebord de la colline. Les architectes se sont bien débrouillés. Nous ne l’avions même pas remarquée.
Pour Wied-il-Ghasri, c’est tout droit, à une fourchette je rencontre un touriste à pied. « La route est un peu bumpy, il vaut mieux continuer à pied mais il y a une voiture garée, après cde sont des escaliers. » On ne découvre le mini-fjord, comme un serpent émeraude au dernier moment en descendant es escaliers, fracture dans la falaise, un tout petit canyon dans lequel la mer s’et engouffrée. J’ai de la chance : il n’y a personne sauf un jeune couple avec masque et tuba qui barbote plus bas. C’est un privilège de découvrir un si joli endroit pour soi seule ! Je filme l’eau limpide qui va et vient sur les galets. Près du bord, elle est verte, plus loin d’un bleu profond, par endroits, turquoise. De temps en temps, une vague plus forte que les autres pousse l’onde plus loin et vient battre contre la paroi rocheuse.
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Je remonte en suivant les points rouges sur la falaise. Là où la mer est libre, elle est agitée et décorée de petites crêtes d’écume blanche. Un peu plus loin se trouvent les salines de Malsalforn. Nous traversons la station balnéaire pour regagner Victoria par la grande route bordée de beaux pins et de bordures fleuries.