CARNET DES BALKANS/ALBANIE

A la suite d’Avril brisé et de Chronique de la ville de pierre, je poursuis la relecture des romans de Kadaré qui dorment bien sagement sur l’étagère, avec les livres que j’ai aimés dont je ne me séparerais pas, mais que j’ai un peu oubliés.
le Général de l’Armée morte raconte l’histoire d’un général italien, dans les années soixante, chargé de rapatrier les corps des soldats morts pendant la dernière guerre afin de les rendre à leurs familles. Cette mission en temps de paix s’avère pénible, dans les montagnes escarpées d’Albanie, dans la boue de l’automne et le froid hivernal. Le Général est accompagné d’un prêtre catholique qui lui sert de traducteur, de conseiller et de confident.
Après les négociations avec les autorités nécessaires pour entreprendre ces chantiers, le Général est pénétré de la solennité de sa mission, de son étrangeté aussi :
« et puis, ces derniers temps il m’arrive quelque chose d’étrange. Dès que je vois quelqu’un, machinalement je me mets à lui enlever les cheveux, puis ses joues, ses yeux comme quelque chose d’inutile, comme quelque chose qui m’empêche même de pénétrer son essence, j’imagine sa tête rien que comme un crâne et des dents (seuls détails stables) vous me comprenez? J’ai l’impression de m’être introduit dans le royaume du calcium…. »
Ils doivent extirper de la boue des ossements, mais aussi le passé de cette invasion repoussée par les montagnards albanais qui contraignirent à la retraite. Cette campagne ne fut pas très glorieuse et le Général en a conscience. Comme il craint l’hostilité des paysans que ses fouilles peuvent causer.
« il y a vingt ans, vous écriviez les mots d’ordre du fascisme sur les poitrines de nos camarades et maintenant vous vous révoltez à propos de cette phrase écrite sans doute par un écolier.[…..]Vous évoquez souvent les Grecs et les Troyens. pourquoi ne devrait-on pas parler de ce qui se passait il y a vingt ans? »
le général voulant fêter la fin de la campagne de fouilles, s’invite à une noce où les paysans chantent et dansent, une vieille femme fait resurgir sa douleur et on frôle le drame. Tout le roman est écrit sur le fil de l’ambiguïté. Générosité de celui qui offre l’hospitalité mais aussi méfiance vis à vis de l’ancien ennemi.
« ...en guerre il est malaisé de faire le partage entre le grotesque et le tragique, l’héroïque et l’attristant… »
J’avais d’abord fait une lecture sur le plan allégorique, mythique, tragique. Maintenant que je me suis familiarisée avec le monde de Kadaré, je replace les événements dans leur contexte historique : l’occupation italienne, Kadaré l’a raconté plus tard dans la Chronique de la ville de pierre. J’ai retrouvé au moins deux épisodes commun aux deux livres : celui de l’installation du bordel dans la ville et l’histoire du pilote anglais qui avait perdu une main. Une autre histoire, celle du prisonnier italien devenu valet du meunier a été racontée de manière analogue par Argolli dans l’Homme au canon. Dans les deux cas, l’italien, prisonnier ou déserteur avait écrit un journal intime.
L’auteur accorde une importance à la poésie des traditions, chants et musique des montagnards. A plusieurs reprise il s’attarde pour nous en faire ressentir la beauté étrange et sauvage :
» – moi je frémis à les entendre, ils m’effraient
- tout leur folklore épique est ainsi, dit le prêtre.
- – Le diable seul saurait dire ce que les peuples expriment par leurs chants, dit le général; On peut fouiller et s’introduire facilement dans leur sol mais quant à pénétrer leur âme, ça jamais…… »
C’est donc encore un roman tragique, prenant.
J’ai préféré dans le genre tragique Avril brisé et dans le genre historique,La chronique de la cité de pierre avec le regard naif de l’enfant.j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, je ne suis laissée emporter qu’après une centaine de pages.




Sur trois écrans sont projetées des animations vidéo qui se complètent mais différentes, des cartes, documents divers constituent le fond, carte de Chine, carte géologique de Normandie, Journal Officiel d’époque rendant compte de la commune de Paris….. Des danseurs affublés de cones, d’armes ou d’uniformes de l’Opéra révolutionnaire chinois exécutent des chorégraphies révolutionnaires inspirées de la gestuelle révolutionnaire chinoise brandissant un drapeau rouge ou un fusil, avec les mouvements corporels de la danse africaine…Des slogans révolutionnaires ou ironiques traversent l’écran sur des pancartes LISTEN TO THE ECHO _ NATIONALISE THE HEAVEN ou LONG LIFE TO THE SPARROW-LONG LIFE TO MOTHERLAND…..


















Pacha. Regroupé avec L’Homme au Masque de Fer, il est sous-titré Les crimes célèbres et si le nom d’Alexandre Dumas est en premier sur la couverture il est suivi d’Auguste Arnould et de Félicien Mallefille.


La forteresse d’Ali Pacha est beaucoup plus petite que je ne l’imaginais de loin. La plaque à l’entrée est gravée en Grec « Ali Pacha construisit ce château en 1804 avec l’aide des ingénieurs français ». son plan est triangulaire, une tour à chaque sommet, au centre à l’intérieur une rotonde, en haut une terrasse triangulaire porte une petite maison à toit de lauze. Dans la rotonde, l’exposition raconte la vie d’Ali Pacha illustrée par des gravures d’époque avec un portrait de Lord Byron.























