Les cochons au paradis

LITTERATURE AMERICAINE

 

Avis aux amateurs de charcuterie, ou aux amis des animaux de la ferme : il sera fort peu question de cochons ici. Deux références : une ancêtre élevait des cochons, mais elle n’intervient pas dans le récit. Ces cochons sont une légende indienne et figurent dans le ciel sous forme de la constellation des Pléiades.

Périodiquement, je reviens à Barbara Kingsolver et toujours avec autant de plaisir. Dernièrement avec Demon Copperhead, CLIC qui revisite David Copperfield dans les Appalaches  avec la crise des opiacées en filigrane.Il y a quelques temps avec Un autre monde CLIC entre Mexique et Etats Unis entre Frida Kalho, Trotsky et chasses aux sorcières. Quand j’ai vu Les cochons au paradis dans une boîte à livre je l’ai embarqué et commencé illico. C’est la suite de L’arbre aux haricots, lu, il y a bien longtemps. 

Hockney Grand Canyon

Trois femmes, trois générations, Taylor qui travaille dans une boutique d’équipements automobiles, vit avec un musicien, sans se décider à l’épouser, femme active et libre. Turtle, 6 ans, adoptée dans des circonstances étranges très fusionnelle. Alice, la grand-mère, qui décide à la soixantaine de quitter son mari très ennuyeux et de vivre une vie nouvelle. Dans cette famille, les femmes sont fortes, indépendantes et ne comptent pas sur les hommes.

Black hills with Cedar O’Keefe

Turtle est témoin d’un étrange accident sur le barrage Hoover sur le Colorado. Elle sauve la vie d’un jeune homme. Cette histoire fait l’objet d’une émission de télévision d’Oprah Winfrey très regardée. Ce moment de célébrité ne va pas lui porter chance. Une avocate, militante des droits des Cherokees, reconnaît en la petite fille une Cherokee et va poursuivre Taylor pour adoption illégale. En effet, jusqu’à très récemment, des enfants indiens ont été enlevés à leurs familles pour être adoptés par des blancs. Elle va pourrir la vie de la mère et de la fille.

Je ne vais pas spoiler, je m’arrête donc ici.

Encore une fois, Barbara Kingsolver est une merveilleuse conteuse qui va entraîner le lecteur dans les grands espaces de Tucson à Las Vegas, et jusqu’en Californie. Canyon du Colorado, désert, du Kentucky à l’Oklahoma, nous allons suivre un road -trip haletant. Et aboutir au Paradis  (Heaven, le nom d’une petite ville dans une réserve Cherokee). Là nous serons initiés à l’histoire, la culture cherokee. Passionnant.

 

Barbara Kingsolver nous transporte avec bonheur dans de nouveaux territoires avec leur histoire, leur culture. J’ai découvert à chaque reprise des horizons nouveaux. 

Musée de la Vie Romantique : autour de George Sand

CHALLENGE DES DEUX GEORGE AVEC CLAUDIALUCIA

Portrait de George Sand par Auguste Charpentier (1837 -1839)

On célèbre le 150 ans de la mort de George Sand.  Depuis que nous nous sommes fixé le défi du Challenge des deux George, George Sand m’accompagne dans mes lectures et mes promenades. J’ai donc tenu à lui rendre visite dans la maison d’Ary Scheffer qui héberge de nombreux souvenirs, représentations de l’écrivaine et de ses familiers

Le musée a été rénové mais j’ai retrouvé les objets proches de George Sand, peut-être dans une autre vitrine: sa plume et le matériel pour la tailler et écrire, le moulage de la main de Chopin …mais j’ai défit des découvertes inattendues comme les dendrites paysages artificiels de la main de l’écrivaine et de Maurice

Dendrites

Des peintures de Maurice ont attiré mon attention, après l’écoute des podcasts de RadioFrance, 

maurice sand

De même les nombreux portraits de Pauline Viardot, dont un petit peint par Maurice également :

Pauline Viardot peinte par Maurice Sand

En revanche, l’écoute de l’histoire de George Sand m’a fait prendre en grippe Clésinger  dont plusieurs oeuvres sont présentées ici, pas de portrait de Solange

Une découverte qui n’a pas de rapport avec l’écrivaine : la sculpture de Marie D’Orléans deux élégants plâtres dont cette amazone qui m’a bien plu.

Marie d’Orléans : Amazone

Il me faudra revenir à une prochaine occasion, ce musée est très riche, trop riche pour tout explorer, surtout après une exposition.

Musée de la Vie romantique : salon de thé et jardin

Nous aurions aimé profiter du jardin et du salon de thé. Malheureusement, nous n’étions pas seuls. J’ai enragé de voir des tables occupées par des gens qui travaillaient sur leur ordinateur : aucune chance qu’ils nous cèdent une table.

 

 

Madame de Sévigné au Musée Carnavalet

Exposition temporaire jusqu’au 23 aout 2023

A l’occasion du 400ème anniversaire de la naissance de Marie de Rabutin-Chantal (1626-1696), une exposition se tient comme une évidence au Musée Carnavalet. Madame de Sévigné est chez elle dans son hôtel où elle s’est installée en 1677 situé au 23 Rue de Madame de Sévigné

Hôtel Carnavalet vers 1740

Elle est née tout près d’ici, Place Royale, actuellement Place ds Vosges. Elle a grandit dans le Marais, s’y est mariée dans l’église Saint Gervais

 

Madame de Sévigné vers 1645 Jean Nocret

Madame de Sévigné fréquentait les salons littéraires. Des portraits de Ninon de Lenclos, de Madame de Scudéry, de Mademoiselle de Montpensier illsutrent cette vie intellectuelle et politique avec la Fronde

la Grande Mademoiselle

Madame de Sévigné, dans sa correspondance a fait une chronique politique (et mondaine) racontant la vie à la Cour, l’arrestation de Fouquet, le suicide de Vatel et la vie parisienne. C’est donc une vraie leçon d’histoire qui se déroule sous nos yeux. On peut écouter la lecture de certaines de ses lettres. On voit son écriture, si claire et lisible. 

Bains dans la Seine devant le Pont Rouge

Vie de cour, mais aussi vie quotidienne comme ces tableaux des Bains dans la Seine devant le pont rouge et du Marché aux Fleurs

Statuette en argile fin 19ème siècle Allouard

Cotton Queen – film soudanais de Suzannah Merghani

SOUDAN

Je chronique plustôt les films sur mon blog Toiles Nomades mais la  sortie très discrète de ce film soudanais début Aout dans 3 salles parisiennes seulement, m’incite à doubler cette chronique ici pour encourager ce film  excellent. Oubliez De Gaulle ou l’Odyssée et courrez voir Cotton Queen avant qu’il ne disparaisse des écrans.

On parle peu du Soudan, on le montre encore moins dans les médias malgré une guerre très meurtrière qui n’intéresse personne. On parle encore moins du cinéma soudanais ; et pourtant, tous les films soudanais (ou à propos du Soudan) que j’ai vus m’ont beaucoup plu : Soudan souviens-toi(Hind Meddeb) Tu mourras à Vingt ans (Amjad Abu Alah) Talking about trees (Souheil Gasmelbari) et Goodbye Julia (Mohamad Kordofa). Je les cite tous parce qu’ils ont eu aussi une sortie éclair et auraient mérité plus de buzz. 

J’étais partie avec des idées de guerre civile, de ruines et de femmes voilées. Erreur!

Le film montre des femmes magnifiques, prises entre tradition et rêves d’adolescentes dans une campagne bucolique au bord du Nil. Des jeunes filles cueillent à la main du coton en chantant, elles se baignent dans le fleuve, rêvent comme toutes les adolescentes au prince charmant. Nafisa, l’héroïne, écrit des poèmes à son amoureux qui lui offre des oignons….

la Reine du coton c’est une autre Nafisa, la grand-mère, Al-Sit, la dame, qui règne dans la cour et qui file son coton sur une quenouille antique. Al-Sit est un personnage, elle possède des champs qu’elle cultive traditionnellement pour obtenir un coton vierge et pur, tellement pur que seules des jeunes filles vierges sont autorisées à cueillir. Si son champ est si fertile c’est que l’engrais provient des cadavres des Anglais que Nafisa, dans sa jeunesse aurait tué. Al-Sit serait une héroïne de la décolonisation. 

Survient le Businessmanun commerçant qui veut acheter le champ de Al-Sit et commercialiser des graines de coton OGM. Pour les parents de la jeune Nafissa, c’est aussi un très bon parti. La mère de Nafissa met tout en oeuvre pour marier sa fille – même de la magie. 

A côté de l’intrigue principale, surgissent des scènes pittoresques : l’arrivée des vieilles acheteuses de coton, un spectacle de marionnettes, avec toujours le fil de coton, et suggérée ou explicitée l’excision des jeunes filles, leur liberté impossible. Je n’ai npas toujorus compris mais c’est passionnant. 

Le Berger d’Alep – Stéphanie Perez – Ed Récamier

SYRIE

Stéphanie Perez est un visage connu du Journal télévisé, Grand reporter pour France Télévision, elle commente les guerres en Ukraine comme au Moyen Orient. Au salon Créteil en Poche, elle a animé une rencontre en compagnie de Delphine Minoui. Les deux journalistes ont raconté leur expérience sur le terrain et comment sont nés ces romans quand la réalité dépasse la fiction. Images de reportages se succèdent dans le poste de télévision, dates, chiffres, écrasent l’impression de l’information précédente.

« des conflits sans issue, pour les guerres qu’on ne savait même plus définir. La leur, en Syrie, était devenue illisible.
Pas de récit clair, pas de héros surgissant drapeaux au vent pour vaincre les méchants. À la place : des milices
désorganisées, des fous de Dieu, des bourreaux en uniforme. Des hommes qui tuaient au nom de l’ordre, d’autres au nom de la foi. Des traîtres et des lâches, la violence partout. Comment résumer ce chaos en deux
minutes de journal télévisé, entre le prix de l’essence et la météo du week-end ?« 

J’ai besoin de personnages, d’histoires, d’individus, besoin de me projeter dans leur quotidien même s’il est misérable comme dans la bataille qui a fait rage à Alep dans les années 2016 et suivantes. Un roman pour donner de l’humanité, là ou chiffres de victimes s’additionnent aux  destructions. 

Là où cela se complique, dans cette guerre terrible, c’est que l’humanité va s’incarner dans un personnage inattendu : Zaatar, un chien au nom parfumé. Et sa présence va redonner vie à une petite communauté, à des familles qui ne se seraient pas parlé : des chrétiens, des musulmans, un pianiste, un tailleur…

« Il ne faut pas abandonner. Je vais faire une comparaison qui va peut-être vous faire sourire : moi, le tailleur, je dirais que la foi, c’est comme un tissu. Parfois, la vie le déchire. Mais on peut toujours le repriser. Même si ce n’ est pas parfait. Maya eut un sourire las. — Et en ce moment les coutures craquent un peu, c’est cela que vous voulez me dire ? »

J’ai pensé à un autre livre très tendre où une chienne consolait  un enfant malheureux : Bel Abime deYamen Manai CLIC

Grande tendresse, grande émotion, sans oublier la réalité douloureuse de la population syrienne coincée entre Daech et les sbires de Bachir El Assad, entre torture et exil. Et pourtant, même sous les bombardements et les snipers, même avec la peur, des habitants vivent, écoutent de la musique, s’entraident.

Badjens – Delphine Minoui – Le Seuil

FEMME,  VIE, LIBERTE – IRAN

J’ai adoré Les Passeurs de Livres de Deraya de Delphine Minoui. 

Quand j’ai lu le programme de Créteil en Poche j’ai choisi la rencontre avec Delphine Minoui et Stéphanie Pérez deux journalistes présentant des ouvrages de la même veine, retour de reportages dans des zones de guerre, romans imaginés à partir de rencontres. Delphine Minoui a présenté Badjens sans trop en dire. Ce qui a excité ma curiosité. 

Badjens seize ans en 2022 quand la mort de Mahsa Amini a déclenché le mouvement Femme, Vie, Liberté. Badjens, veut dire « insolente, effrontée, mauvais genre ». c’est un surnom affectueux que sa mère lui a donné. Mauvais genre, parlons-en, si genre désigne le masculin/féminin, naître fille est vraiment naître dans le mauvais genre. D’ailleurs, Badjens n’aurait pas du naître du tout, dès l’échographie de sa mère, elle n’était pas bienvenue. 

« Je me suis reprogrammée. Il y aura un dedans et un dehors. La vie imposée et la mienne. »

Badjens raconte l’enfance et l’adolescence d’une jeune fille voilée à l’école et dans l’espace extérieur mais terriblement moderne à la maison. Elle cherche des contacts sur Internet, sait jongler avec les VPN, se maquille et a même une vocation de tatoueuse. On n’imagine pas comme la contrainte aiguise l’imagination et l’habileté de celles qui cherchent la liberté.

Si notre génération n’a aucun pouvoir, elle a au moins l’esprit de contradiction.

 

On pense bien sûr à Persépolis (2003) et à Femme, Vie, Liberté de Marjane Satrapi CLICBadjens est un roman de lecture agréable qui se lit très bien. Et sous les missiles et bombes, n’oublions pas les jeunes filles et les femmes iraniennes qui subissent une double oppression!

 

 

 

 

Moules et Sel – visite guidée d’une saline

NOIRMOUTIER 2026

Après avoir acheté 1 kg de moules au Port du Bonhomme, nous regagnons la route principale pour acheter du sel. La Bonne Pogne a un vaste parking un peu à l’écart de la route avec une petite boutique dans l’ancienne salorge ou je prends un kilo de gros sel et deux petits sacs de sel aromatisé »piccolo » aux saveurs italiennes.

Cabane à sel et girouette

16 heures, visite commentée de la saline. Ce n’est pas ma première visite de marais salants emais à chaque occasion j’apprends quelque chose de nouveau. Le vocabulaire m’enchante. A Noirmoutier les travailleurs du sel sont des sauniers, paludiersà Guérande.

le circuit du sel dans le marais

Notre guide présente les outils du saunier : l’ételle est une raclette à long manche. Elle sert à râcler l’argile au fond des œillets (bassins rectangulaires) et à  entretenir les petites levées d’argile sur lesquelles il se déplacera quand il nettoie le marais salant pendant l’hiver . L’ételle sert également à décoller la couche de sel déposée au fond. Chaque œillet  possède une petite plateforme en demi-lune sur laquelle on accumulera le sel très blanc, presque une pyramide blanche.

Avec sa brouette, le saunier transfère le sel sur un grand tas sur une bâche plastique qui s’appelle le mulon. Autrefois, le sel était stocké dans la Salorge

La lousse perforée de trous est utilisée pour la récolte de fleur de sel qui cristallise en surface si le temps est ensoleillé et venteux. La fleur de sel requiet des conditions météos particulières. On la dépose sur des plaquettes rectangulaires de bois où elle sèche. La fleur de sel n’a pas toujours eu un intérêt économique pour les sauniers. C’est seulement récemment qu’un grand cuisinier l’a mise à la mode comme exhauster de goût. Elle serait aussi riche en calcium, magnésium, et potassium.

 

Encore un vocable mystérieux : la Loire (rien à voir avec le fleuve). C’est le bassin qui garde l’eau de mer avant qu’elle n’effectue son circuit dans la saline. L’eau vient par l’étier qui n’est pas une rivière naturelle mais un canal creusé par la main des hommes. L’étier est tellement tortueux que je l’avais imaginé naturel.

 

 

 

 

 

 

 

bilan n°5 – Juillet – du challenge des deux George avec Claudidalucia

CHALLENGE DES DEUX GEORGE

Peu de titres pour ce mois de Juillet, pourtant de belles et longues lectures.
Avant de commencer les deux biographies de George Eliot j’ai préféré terminer Middlemarch et ce fut un très long moment de lecture avec 1200 pages.
Paysage anglais: Constable : vue d’Hampstead Heath
Je n’ai pas oublié l’autre George.
En 2023, on fête le cent-cinquantenaire  de la mort de George Sand(8 juin 1876). De nombreux podcasts sur RadioFrance ont accompagné mes promenades : George Sand, l’âme musicienne ICI m’a enchantée. George Sand et Chopin est un épisode connu, mais ce n’est pas la seule référence à la musique. Dès son enfance, sa grand-mère l’a initiée à la musique, elle a noué des liens d’amitié avec Liszt et Marie d’Agoult, ainsi qu’avec Pauline Viardot. La saga de France Musique comprend  7 épisodes d’une heure environ, 7 heures de plaisir d’écoute.
 
Nathalie
Claudialucia
George Sand : L’uscoque
Au mois d’août : nous lirons
George Eliot Scènes de la vie du clergé : la nouvelle :  Les tribulations du révérend Barton  ( Miriam ???? Claudialucia?)
George Sand :  Consuelo (Miriam et Claudialucia)
George Sand : Histoires de ma vie ( Claudialucia)
Au mois de  septembre nous lirons : 
 
George Eliot  : Daniel Deronda
Voir le bilan complet depuis le début du Challenge sur le blog de Claudialucia ICI

Promenade à la Guérinière et au Bois des Elloux

NOIRMOUTIER 2026

La Guérinière Grande Plage et la dune

Les plages de la Guérinière sont associées à Agnès Varda. Peut être à cause de l’exposition visitée au Musée de la Guérinière. CLIC

Voiture garée à La Plage de la Cour. Marée descendante, la plage est déjà dégagée avec quelques baigneurs. Un bateau de pêche se balance non loin. Le sentier côtier passe dans la dune entre des ganivelles et les jardins fleuris des maisons basses blanches aux volets bleus tapies dans une végétation verdoyante.

la Guérinière maisons et yuccas

Je marche ensuite sur une corniche pavée puis cimentée, marche plus facile que sur le sable sec. J’avance à grands pas et dépasse la Cale des Perles (la plage de mes baignades à notre séjour précédent).

Travaux sur la digue

Juste après les trois bunkers un énorme pelleteuse orange s’attaque à la corniche. Une tempête hivernale a fait une brèche. On colmate, on protège, on cimente.  Cela ne fait pas mon affaire, je sui rejetée sur la route. La D95 est passante, j’ai hâte de retrouver la corniche en passant par la Rue de la mer : la digue surplombe la plage. Elle a été rénovée, consolidée. Les propriétaires des maisons s’abritent derrière de hautes vitres ou des murs de pierre de 2 m de haut. Cela sert à quoi d’avoir une maison « avec vue sur mer » si on est forcé de se cacher derrière un si haut mur ? Après le parking de la Plage de la Coquette (ignorée par le GPS, c’est dommage j’aurais voulu que Dominique m’y rejoigne) le sentier quitte le bord de mer privatisé par un club de vacances qui a même colonisé la plage et le passage du sentier côtier. Le chemin longe un terrain clos par une palissade de genêts et bruyères, s’engage dans le Bois des Eloux : magnifique pinède sur des dunes assez hautes. Il faut bine surveiller les balises jaunes car le sentier fait des détours avant de nous conduire au sommet. Je goûte énormément la balade en forêt ombragée à l’heure de midi quand le soleil commence à taper.

De retour à la plage de la Guérinière je découvre les parcs à huitres avec de gros tracteurs qui s’activent au loin. Il y a aussi tout le peuple des pêcheurs à pied avec leurs outils, longues fourches à 4 dents, bâtons à crochets, pics pour décrocher les huitres.

J’ai trouvé au marché de délicieuse « mérines » (terrines de poisson) et des pêches parfumées et juteuses.

Shin Sung Hy – Coller, Couturer, Nouer – au Musée Cernuschi

Exposition temporaire jusqu’au 2 Août 2026

La Corée est à l’honneur cette année après deux expositions à Guimet. Si Shin Sung Hy est un plasticien coréen, né en Corée (1948), il s’est installé en France dès 1980 et s’est beaucoup inspiré de Supports/Surfaces des années 1969-1971. Sa démarche est la mise en question de la peinture, par déconstruction, trompe-l’oeil et collages. La peinture devient son propre objet. Cela m’a fait aussi penser à l’exposition de Morellet visitée ce printemps à Pompidou-Metz.

Cette déconstruction commence avec des tableaux de jute. Une toile de jute est peinte à l’endroit en représentant l’envers = le chassis, une autre présente des rangées de petits points colorés, ce qui ne m’a pas spécialement passionnée.

collages sur plexiglas (1984)

Une autre déconstruction consiste à peindre à l’acrylique sur du carton et déchirer de petits fragments et les recoller sur un autre support, autre carton ou plexiglas. Les collages sur pléxiglas ont de l’allure avec l’ombre portée à l’arrière et forment un ensemble assez séduisant. 

Beaucoup moins séduisants : des bandelettes collées à une moitié de chassis, ou même un T-shirt peinturé suspendu qui devient lui-m^me toile.

la salle suivante est nommée Retour à la peinture, des couleurs gaies : rose orange, rouge sur un fond clair , pas plus convainquant à mon avis.

Couturages (début des années 90)

La démarche suivante est de découper des bandelettes et de les piquer à la machine sur du caraton afin de réaliser des tableaux avec des rayures en relief.

Autoportrait

les Autoportraits m’ont bien plu : au centre, un miroir est entouré par des bandelettes nouées en relief, des pinceaux complètent l’autoportrait du peintre

peinture Spatiale : nouages

j’ai bien aimé les nouages de bandelettes peintes de 1 à 2 cm formant des réseaux en relief

Nouage vu de près

Comme cette exposition n’occupe que 3 salles assez petites, j’ai poursuivi ma visite de Cernuschi par les collections permanentes qui m’enchantent toujours. Les personnages d’argiles, comme des tanagras figurent des cavaliers, des musiciens (musiciennes), des figures du calendrier chinois ou des soldats ou ouvriers et même des maquettes de maisons.

Hâm Nghi : autoportrait

Deux expositions temporaires sont appelées l‘Eté Vietnamien avec des brûle-parfums métalliques de très belle facture. Une salle est consacrée à l’empereur en exil Hâm Nghi(1871 Hué – 1944 Alger); emperreur fugitif  traqué par les militaires français (1885) porte drapeau de la résistance anti-coloniale puis exilé à 18 ans à Alger .Il se réfugie alors dans l’étude  et la peinture qu’il a pratiqué pendant  ans. De beaux pastels sont exposés mais sous verre avec des reflets bien gênants pour les photographier.