Cortona : Bramasole, la maison de Frances Mayes auteur de « sous le soleil de Toscane »

Bramasole maison de Francès Mayes

Cet hiver la lecture du livre Sous le Soleil de Toscane nous a incité à choisir cette destination pour les vacances de Juillet. Lecture facile, lecture sympathique, récit d’une journaliste américaine qui vient s’installer en Toscane et retaper une maison. Découverte de Cortone et de ses habitants, de la vie italienne si différente et exotique pour une américaine.

Dernier temps fort de la journée : Bramasole, la maison du livre !

Située à la sortie de Cortona sur une petite route au dessus d’un vallon sauvage dans les oliviers et les cyprès. Ici, tout le monde la connaît. Deux jeunes gens qui se restaurent de salami à la terrasse d’un café nous pilotent : « c’est après la courbe vous verrez un grand portail et un grand jardin »Bramasole est facile à identifier avec sa madone en terracotta (genre della Robia) et son magnifique jardin.

 

Bramasole madone

Nous sommes surprises. On ne l’imaginait pas si proche de la ville. Moi, je ne la voyais pas si rouge et si grande. Le jardin en terrasse est soigné et fleuri. On la mitraille de photos. Un peu déçues, l’écrivaine n’y habite plus.

Il faudra relire le livre maintenant !

Cortona : tombes étrusques

 

tombe de "Pythagore"tombe de Pythagore

Rendez-vous au parcheggio du torrente Loreto. Nous trouvons le ruisseau ( torrente), pratiquement à sec, mais pas le parking !

Une dame qui arrosait ses fleurs, me fait traverser la  route très passante (Arezzo-Pérugia) pour me montrer le parking.

Visite privée : nous sommes seules. Notre guide est une archéologue américaine, sur son badge : « dottore », en anglais donc. Les conférences en Italien m’amusent mais je suis incapable de poser des questions précises. Comme la visite  sera un dialogue, l’anglais me convient parfaitement.

Le premier tumulus est encore plus imposant que celui de la tombe des chars de Populonia. Des chênes centenaires masquent le dôme de terre. On ne voit pas non plus le tambour de pierre. Les archéologues ont dû creuser sous le niveau du sol. Ce tumulus comporte plusieurs chambres. Il a été utilisé pendant longtemps:  durant six siècles les habitants de Cortona ont pris l’habitude de se faire enterrer ici, Étrusques ou Romains, ou autres.

La structure circulaire a été dégagée pendant les différentes fouilles ainsi, récemment, qu’une sorte de plate-forme (un autel ?) précédé d’un escalier monumental. De grosses palmettes sculptées dans le grès servent de rampe. Des sculptures ornent la base de l’escalier : l’une d’entre elles est bien reconnaissable : un guerrier luttant avec un fauve. Cette tombe est contemporaine de celles de Populonia (VI ou VIIème siècle). Ces tumulus étaient construits à proximité d’un grand axe de circulation devenu la Via Cassia. Ils étaient visibles de la route et marquaient ainsi le prestige du dignitaire et de sa famille. Comme à Populonia, inhumation et crémation ont coexisté. Des fouilles récentes ont mis à jour des objets très nombreux sauvés des pilleurs de tombes grâce ou à cause des inondations du petit torrente. Des bijoux en or sont tombés dans la boue et ont été préservés.

La seconde tombe a été reconstituée au cours de fouilles anciennes (1909). On peut pénétrer dans la chambre.Le matériau employé est remarquable: une belle pierre rose (calcarénite) provenant de Pienza et du travertin. L’utilisation d’un matériau de construction importé de loin (même de très loin, compte tenu de la taille imposante des blocs) est aussi un indice de la richesse du propriétaire de la tombe. Autre intérêt : la fausse voûte. A cette époque, les Étrusques ne savaient pas construire de vraies voûtes. Ils empilaient les blocs en gradins, ce qui aurait dû donner un escalier. Pour faire plus joli, on a scié le bloc en diagonale pour donner un plafond lisse en faisant disparaître les marches. Pas de ciment, les blocs taillés très soigneusement s’emboîtent très proprement les uns dans les autres.

Enfin, des inscriptions ont été retrouvées. L’écriture étrusque utilise des caractères grecs et phéniciens écrits de droite à gauche. On connaît ainsi le nom du dignitaire inhumé ici. Il ne s’agit pas d’un Etrusque mais d’un Ombrien, sa femme étrusque était d’une famille bien connue à Cortona .Malgré la précision de la lecture, ces inscriptions funéraires sont de peu d’utilité pour le déchiffrement de la langue étrusque : sur chaque tombe toujours la même chose « ci gît … ».
A partir du cinquième siècle la pression des Romains sur les villes étrusque se fait menaçante. Les cités étrusques, au lieu de s’unir contre l’ennemi romain, ont continué à guerroyer entre elles. Elles n’avaient aucune chance contre Rome. Cortona a préféré payer un tribut à Rome. La richesse des dignitaires s’est trouvée amoindrie ; la taille des monuments funéraires a donc diminué. Plus de tumulus imposant, seulement des niches pour des urnes contenant des cendres.

La troisième tombe s’appelle improprement « tanella de Pitagore » (confusion avec la ville de Crotone où est mort le philosophe). C’est un monument plus récent, un édicule rond fait de blocs énormes soigneusement taillés. Les sédiments ayant dévalé de la colline ont protégé la moitié située vers l’amont. La moitié aval a été utilisée comme carrière pour la construction des maisons de Cortona.

Cortona : au musée, déçue par les étrusques ravie par les mammouths!

CARNET TOSCAN

Cortona : Santa Maria Nuova dôme de Vasari

Cortona- Santa Maria nuovva dôme de Vasari

La visite du Musée est décevante.

J’espérais trouver les objets étrusques provenant des tombes. Un lampadaire de bronze ciselé orné de têtes et de motifs végétaux  est à l’honneur dans une sorte d’édifice à colonnes de marbres ? Mais statuettes de bronze et céramiques sont présentées dans des vitrines démodées et vieillottes sans aucune explication.

Les collections du Musée sont très hétéroclites :  des tableaux de Signorelli de second ordre (bâclés), des épées, une collection égyptienne, belle mais déplacée, des monnaies… Enfin une salle de paléontologie avec les ossements de trois mammouths retrouvés dans la région. Déçue par les étrusques, je suis ravie par les mammouths !

Cortona : Ermitage de le Celle

le celle, ermitage francescain

Le Celle est un ermitage franciscain où Saint François d’Assise a vécu.. Il se trouve à la sortie de Cortona, au creux d’un vallon.
L’endroit est très paisible (de nombreux écriteaux invitent au silence). Les cellules des moines sont  au flanc de la falaise. Rien de monumental. Les maisons en pierre sèche s’encastrent les unes dans les autres reliées entre elles par des marches. Sur les terrasses : des jardins et des vignes. Sur la rampe, des taches de bougie, et on imagine une procession de moines avançant à la bougie. Pourtant il y a un lampadaire électrique.

Dans le creux du vallon, le torrent a creusé la roche. A la saison, l’eau doit descendre en cascade. En Juillet nous voyons seulement la roche polie .

Sur le chemin du retour nous essayons d’atteindre le château fort du 11ème  siècle situé » entre Castiglione Fiorentino et Cortona. Inaccessible !

A six heures, nous poursuivons la promenade dans les vergers, découverte hier. Une heure sur la strada bianca entre poiriers, pommiers, cerisiers mais aussi dans les champs de tomates. Je regarde avec curiosité les systèmes d’irrigation.

Monte San Savino

CARNET TOSCAN ENVIRONS D’AREZZO

Monte San Savinonotre ville », pour les courses à la Coop et l’Office de tourisme  qui nous a trouvé l’agroturismo La Foresteria. J’aime bien m’approprier des lieux,  m’ysentir chez moi.

L’unique rue commerçante avec deux petites places, va d’une porte à l’autre. Elle est bordée de palais . Le plus grand palazzo, l’Hôtel de ville, a une façade à bossage comme celle du Palais Pitti – un peu prétentieuse ici. En face, la loggia avec ses pilastres et chapiteaux corinthiens, est tout en finesse.
Eglises.
Dans la première, nous poussons la porte, découvrons un intérieur baroque et ressortons illico.
San Agustino: un homme s’adresse à moi. Comme je suis juste à côté du bénitier j’ai peur qu’il n’en exige l’usage. Comme c’est bête ! Il commente les fresques fort belles et une Assomption de Signorelli (encore ! il a dû en peindre toute une série !). Il nous raconte l’histoire de l’église et nous fait découvrir un petit cloître tranquille.

Au Musée nous retrouvons l’homme excité de l’Office de Tourisme, la « mouche du coche », toujours aussi affairé. Il nous dit dans son affreux langage mélangé anglo-franco-italien qu’on peut « visiter la structure senza ticket ». La « structure » est un château médiéval. On accède au donjon par un bel escalier et nous découvrons les salles d’exposition d’un peintre toscan s’inspirant des surréalistes et de Dali. Rien de sensationnel.
musiciens
Le château est investi par des musiciens : au rez de chaussée, leçon ou examen de piano, dans les étages des violoncellistes s’exercent. Les musiciens occupent toute la place.
Dans l’église la plus proche, leçon de violoncelle. Nous admirons les retables de Della Robia avec une bordure très colorée de fleurs et de fruits au jaune dominant entourant des personnages blancs et bleus. Plus loin, au Conservatoire, encore des musiciens.

Lucignano, Civitella, jolis villages

civitella arcades

Civitella

Nous retrouvons toujours avec plaisir Lucignano, notre « plus joli village ».

A la recherche de Civitella, place forte dominant l’entrée de la Val di Chiana et de la vallée de l’Arno vers Florence.Un château fort, des murailles. Le long de la rue principale, des arcades font de l’ombre. Les maisons sont décorées de blasons.  La chaleur de l’après midi écrase la petite ville endormie.

Après le farniente à la piscine,  promenade dans les vergers ….
Nous ne quittons pas Foresteria sans avoir visité la grande maison occupée par les Australiens.
Dernière soirée autour de la piscine, les Australiens, Amanda et nous. Il fait très bon. Mais c’est déjà la fin du voyage

WORDPRESS, Le Monde : Progrès???? J’aimerais retrouver la couleur!

Il me semble avoir échangé ma belle télé HD, couleur écran plat contre une version des année 60 en noir et blanc!

J’attendais avec impatience la nouvelle présentation du tableau de bord!
Plus synthétique, plus facile d’accès etc…. certes.

Mais dès que j’ai cliqué sur « Nouvel article » quelle fut et quelle est toujours ma déception!

Les boutons sont b,i link, béquote (non je n’embrasse pas!) del barré (non je ne rature pas) ins (????) img (plus compréhensible) ul???? ol????? li???? code (non j’écris en clair!) more (cela suffit n’en jetez plus la cour est pleine) dictionnaire et pour terminer le tout fermer les balises!quelles balises? Html non merci, depuis quelques années j’écris en clair directement sans m’embarrasser de ces balises préhistoriques.

Et je ne vous raconte pas la relecture de ce texte hérissé de < < strong, < em em qui m'em….

En revanche j'avais l'habitude de mettre des titres gais en rose, vert, orange selon le carnet ou mes humeurs, surtout de mettre en bleu les citations qui se détachaient de ma prose. Impossible j’ai perdu les couleurs!

Il y avait également un bouton avec une flèche retour qui permettait de récupérer mes erreurs : disparu!
Sans parler de l’insertion qui a changé!

Dang Thuy Tram – les Carnets Retrouvés (1968 -1970) ed Picquier

LIRE POUR LE VIETNAM

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1970, Whitehurst, chargé par l’armée américaine de trier les documents pris sur l’ennemi, s’apprêtait à brûler ces carnets. Son interprète vietnamien l’arrêta : « ne brûle pas celui-là, il y a déjà du feu là-dedans« . les carnets ne furent publiés à Hanoï qu’en 2006 et Thuy devint une véritable héroïne nationale.

Thuy n’a pas rédigé un ouvrage littéraire pour la postérité. Elle confiait ses pensées à son journal quand elle en avait le temps, pour méditer, dire ses joies et ses peines. Ce journal intime d’une jeune fille, d’une parfaite sincérité, d’une grande simplicité raconte la guerre, les deuils, les destructions que les Américains infligèrent aux combattants, certes, mais aussi à la population civile.

Le nom d’Anne Frank surgit naturellement. Thuy a presque le double de l’âge d’Anne, mais le ton adolescent des deux journaux intimes est semblable. L’exigence de sincérité, la recherche du bonheur en pleine tragédie aussi.

Cependant la ressemblance s’arrête là. Thuy est médecin, elle aspire à devenir un cadre du Parti communiste. Elle est partie volontairement dans le sud pour combattre l’envahisseur Américain. Son courage, son efficacité dans la direction d’un hôpital de campagne, l’enseignement qu’elle continue à dispenser au milieu de la guerre font d’elle une héroîne. Comment garde-t-elle un moment pour écrire?

« Oh Thuy, jeune fille pleine d’amour, tes yeux sont baignés de larmes que de trop nombreux chagrins y ont déposé. Oh, jeune fille souris d’un sourire éternellement présent sur tes lèvres et ne laisse pas deviner à personne que derrière ce sourire on peut percevoir un soupir. tu as vingt-cinq ans maintenant, sois ferme et réfléchie comme on le doit à cet âge! »

Seul son journal peut recevoir ses doutes. Elle se doit, pour ses patients, pour ses collègues, pour le Parti, d’être irréprochable, d’égale humeur. Celle qui console, soigne et apaise. Celle qui évacue les blessés, reconstruit l’hôpital bombardé, celle qui opère souvent sans anesthésiants, celle qui reconstruit et qui voit à nouveau l’hôpital détruit.

Elle écrit aussi ses amours. Son amour c’est M. qui s’est éloigné et qui répond si mal à ses attentes. L’aime-t-il encore? L’aime-t-elle encore? Elle vit une fraternité et une camaraderie amoureuse avec nombreux combattants qu’elle appelle « petits frères ». De la tendresse des petits frères, pudique, elle ne raconte que les « yeux qui pétillent » les cheveux de soie qu’elle caresse, des embrassades fraternelles. On n’en saura pas plus. Et pourtant:

« Chaque fois que nous nous disons au-revoir, je m’aperçois que je t’aime davantage. je te serre dans mes bras, je t’embrasse sur les yeux et je sens que rien ne pourra nous faire oublier les moments que nous partageons (….)Je suis ta grande sœur et je ne dis pas que je t’aime pls que Nghia, plus que Khiêm, mais je peux te dire que je t’aime d’un amour sans limite. »

je me suis un peu perdue dans ces camaraderies amoureuses, j’ai un peu confondu tous ces combattants exemplaires qui ont tous des yeux noirs et des cheveux de soie.

Thuy n’est pas centrée sur elle même. Elle raconte des histoires tristes de familles décimées, de mères qui cherchent leurs fils, de grands frères qui soutiennent de loin des orphelins. C’était cela le Vietnam des années de guerre. D’une guerre qui a duré plus d’une génération.

Suarès – Voyage du Condottière : une invitation au voyage

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J’ai voulu suivre le Condottière en Italie  et d’entrée, j’ai lu une des plus belles invitations au voyage que je recopie ici:

« Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans un voyage. Quoi qu’on en pense, tant vaut l’homme, tant vaut l’objet. Car enfin qu’est-ce que l’objet sans l’homme? Voir n’est point commun. La vision est la conquête de la vie(…)Le monde est plein  d’aveugles aux yeux ouverts sur une taie; en tout spectacle, c’est leur cornée qu’ils contemplent, et leur taie grise qu’ils saisissent.

(…)

Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une oeuvre d’art : une création. De la plus humble à la plus haute, la création porte témoignage d’un créateur. Les pays ne sont que ce qu’il est. Il n’est de véritable connaissance que dans une oeuvre d’art. Toute l’histoire est sujette au doute(….)

Un homme voyage pour sentir et pour vivre. A mesure qu’il voit du pays c’est lui-même qui vaut la peine d’être vu. il se fait chaque jour plus riche de tout ce qu’il découvre. voilà pourquoi le voyage est si beau quand on l’a derrière soi : il n’est plus et l’on demeure! »

J’ai fait route avec Suarès et découvert une Italie étonnante, tellement littéraire (l’auteur lui suivait Stendhal) érudite, peuplée de personnages hors du commun Léonard à Milan, ou Dante, Monteverdi. Je ne suis pas encore arrivée en Toscane avec lui; La route va être longue, et merveilleuse….

Au hasard du surf…j’ai trouvé ceci

Bassani : Le Roman de Ferrare

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le Roman de Ferrare réunit 6 ouvrages:

  DANS LES MURS

LES LUNETTES D’OR

LE JARDIN DES FINZI-CONTINI

DERRIERE LA PORTE

  LE HERON

l’ODEUR DU FOIN

dans un gros QUARTO GALLIMARD qui réunit également une préface de PP Pasolini, des entretiens EN REPONSE, « CENT ANS D’HISTOIRE DE FERRARE, et une biographie de Bassani.

Prise come un tout, l’oeuvre de Bassani est mise en perspective.

Il ne m’est pas indifférent que le tableau illustrant la couverture représente un cycliste : la bicyclette est un personnage à part entière à Ferrare. Croyant à ue alternative écologique à la voiture en ville, j’ai aimé cette circulation silencieuse sans me doute que les Ferrarais n’ont pas abandonnée cette habitude  ancienne.

Le premier recueil  DANS LES MURS convie à une promenade lente, dans les rues de la ville à la rencontre de personnages modestes comme Lida Mantovani ou de notables, le médecin Elias Corcos, la militante Clelia Trotti….le rescapé des camps qui découvre son nom sur la plaque commémorative via Mazzini…Il nous introduit dans la vie provinciale, la communauté juive. Avec lui nous prêtons attention à des lieux secrets de Ferrare.

Aurais-je dû lire ces histoires avant le départ? Ou est-ce que je les goûte mieux en ayant parcouru la ville?

Si j’avais lu Bassani, j’aurais cherché sa tombe au cimetière israélite, je n’aurais pas été étonnée des jardins  entre les cimetières et les remparts. J’aurai sans doute cherché la belle propriété des Finzi-Contini. Et la découverte de Ferrare aurait tourné au pèlerinage…

Si Bassani est l’auteur de Ferrare, sa description n’est pas tant géographique : il fait vivre une époque entre fascisme et normalisation de la  vie après la seconde guerre mondiale. Sans complaisance : la communauté juive qui a subi les lois raciales de 1938 – période du Jardin des Finzi-Contini – s’était bien compromise avec le fascisme. a part la figure admirable de Clelia Trotti, les opposants à Mussolini n’étaient pas majoritaires à Ferrare dans l’avant-guerre. Les lois raciales ont mis le feu aux poudres.

 

 

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 Les Lunettes d’Or raconte la fin d’un notable, un médecin à la mode, homosexuel. Instinctivement je fais un parallèle entre l’exclusion raciale des juifs et sexuelle. Tant que le notable ne s’affichait pas, on faisait faisait mine de ne rien savoir….L’autteur s’échappe des murs de la ville. Nous prenons le train des étudiants pour Bologne, passons la belle saison à la plage à Cesenatico.

Le héron, enfin se déroule dans le delta du Pô, près de Codigoro. Roman délicat, d’une grande amertume. La guerre finie, les propriétaires terriens dans les terres bonifiées du Delta rencontrent l’opposition des communistes. Le narrateur  trouvera de fait une complicité avec un aubergiste, ancien fasciste. Désenchantement?

Bassani est un grand auteur : il recrée un monde, une société avec ses caractères mais aussi ses compromissions, son décor…L’analyse est toute en finesse et en filigrane. Peu nou pas de jugements de valeur.