Arrivée à Ignalina – maison du parc de l’Aukstaitija à Palüse

l'église de Palüse et son clocher octogonal

La route vers le nord est traverse de belles forêts de pins et peu de villages. Ici encore nous frôlons la Biélorussie. Ignalina est une petite ville précédée d’un grand supermarché Maxima, entourée de nombreuses barres grises. La ville s’étale dans le plus grand désordre. La municipalité a pensé à flécher le moindre centre d’intérêt, la piscine, le centre culturel, l’hôtel…

L’hôtel Zuvedra est situé sur le bord d’un petit lac traversé par un ponton et agrémenté d’un jet d’eau. Un jardin public est en train de s’organiser autour d’une statue de bois noirci qui se dresse comme un totem. A côté de l’hôtel il y a deux courts de tennis tout neufs. L’hôtel Zuvedra est un hôtel traditionnel de bois foncé comme un chalet d’une station alpine.sur la terrasse inférieure des parasols carrés à la mode baltique abritent les tables du restaurant. A l’étage les trois plus belles chambres s’ouvrent sur une vaste terrasse. Comme à Roja, nous avons une vraie suite avec entrée, chambre et un petit salon et deux télévisions, comble du luxe des double-rideaux.

Palüse

A peine arrivées, nous allons à Palüsé à la Maison du parc de l’Aukstaitija où nous sommes très bien accueillies en français. Edouard, guide volontaire, nous commente la carte du par cet nous indique des randonnées à pied et des excursions en voiture. Il propose de nous montrer les curiosités de Palüse.

Son église de bois de pin date de 1750. Elle  a un clocher octogonal séparé. C’est la plus vieille église de la région. Les églises de bois brûlent. Au fil du temps, on les reconstruit.

Croix dans l'église de Palûse

Nous avons de la chance : la porte  est ouverte pour un mariage. Cette jolie église sur le bord d’un lac est très prisée pour les cérémonies. Nous avons donc le privilège d’entrer dans l’enclos. Nous  découvrons les autels baroques peints d’un vert très gai souligné de blanc.

Sous un abri, Edouard  nous fait découvrir le mode de sépulture entre le 5ème et le 14ème avant la christianisation : un tertre funéraire  a été découpé, le corps est posé par terre paré de ses bijoux. Les archéologues ont retrouvé des évidences de cérémonial funéraire, des traces de feu aux points cardinaux. Des chevaux ont aussi été inhumés avec leur cavalier. Ces tertres sont dispersés dans la forêt. Certains ont été pillés pour les bijoux.

En Lituanie, encore de nos jours, explique Edouard, des traditions païennes survivent mêlées aux cérémonies chrétiennes. Le diable est aussi très présent : une représentation se trouve non loin sur le sentier des sculptures de Meironys.

Tertre funéraire

Une habitation préhistorique (comme à Roüge) a été reconstruite avec les techniques de l’Âge de pierre avec des rondins dont on a rempli les interstices avec de la mousse pour garantir l’isolation. Un foyer de pierre est au milieu de la maison. Au dessus sèche une peau d’animal. Au sol, une collection d’outils de bois et des paniers et des filets. Ces hommes étaient chasseurs-pêcheurs, cueilleurs.

Pique-nique sur des tables installées sur le bord du lac. La limousine du mariage s’approche. Sortant de l’église, une dizaine de personnes viennent boire du champagne. Mariage dans l’intimité, romantique, amis photographe et limousine tout de même !

Vilnius sous la pluie, château, Musée Historique, Eglise Romanov, Halles…

Tour du château supérieur

la tour octogonale du château supérieur

Pour aller au château, il aurait suffi de suivre la Néris,mais on se laisse embarquer dans la circulation pour un nouveau tour de ville, encore Uzupis, Ste Anne, la Cathédrale….Au pied du château je retrouve le parc et le club de tennis chic où nous laissons la voiture. On pourrait monter en haut de la colline en funiculaire, nous préférons grimper une rampe aux pavés inégaux et malaisés. La colline de Gediminas ne culmine qu’à 48m. C’est un bel observatoire : nous reconnaissons tous les clochers et les coupoles, celle de la Cathédrale toute proche, Saint Casimir dont le lanternon est ceint d’une couronne, Sainte Anne apparait encore plus gracieuse. Au sommet d’une colline nous apercevons les bulbes verts de l’église des Romanov, vert très vif !

La tour octogonale du 13ème se visite. Deux niveaux sont aménagés ; au premier des maquettes au second des cottes de maille, armures boulets et au sommet le panorama est encore plus dégagé que sur la plateforme.

 

Traversant le parc j’arrive au Château inférieur et aux Arsenaux où plusieurs musées sont installés. Je choisis le Musée Historique.

Les salles du rez de chaussée sont éclectiques : des silex taillés voisinent avec des sarcophages égyptiens. Bien peu de commentaires traduits en anglais. Heureusement, j’ai la chance de rencontrer des groupes accompagnés. Je tends l’oreille. Au 19ème siècle, les Tsars jugeant que l’Histoire était une discipline subversive, ont fermé le département d’Histoire de l’Université .De ce fait, les Lituaniens accordent beaucoup d’importance à ces collections.

Je m’attache à regarder les portraits et les gravures des souverains, rois de Pologne, gouverneurs de la voïvodie de Vilnius.

A l’étage : 19ème siècle : tableaux, gravures et témoignages du passage deNapoléon 1er et de la Grande Armée, souvenir de l’éveil des nationalités à partir de 1840, portraits d’universitaires et de patriotes. Une conférencière raconte la révolte de 1863 et la répression qui a suivi : pendaison des meneurs déportation dans les mines, montrée par un grand tableau très noir.

L’ autre aile est plutôt  ethnographique : des intérieurs ruraux ont été reconstitués avec costumes et meubles. La conférencière pointe un pressoir à lin sont l’huile est utilisée dans l’alimentation.

costumes lituanien

Des croix ont été réunies contre un mur blanc formant un ensemble saisissant. Un vidéogramme explique que la construction des croix, calvaires, sont une forme très élaborée de la culture populaire. Les images montrent les croix mais aussi les auvents à deux pans, parfois une maisonnette, souvent agrémentés de toute une décoration de sculpture sur bois.

En face des croix, sur des gradins on a rassemblé des statues de bois peint, des anciennes, des naïves, des pietas, des saints…si la gardienne ne m’avait pas surveillée j’aurais fait des photos.

Au rez de chaussée toute une salle est occupée par des cartes anciennes ; je vois les contours de la Livonie, de la Courlande, Prusse orientale, Salmogitie, Lituanie. Frontières à géométrie variables qui débordent selon les traités. Les frontières de la Lituanie actuelle débordent largement à l’Est sur la Biélorussie et au sud jusqu’à l’Ukraine. Difficile de retrouver la Pologne au 18ème et au 19ème siècle. Difficile aussi d’identifier les villes dont les noms ont changé, parfois écrits en cyrillique que je peine à déchiffrer.

Une dernière exposition concerne le retour des déportés en Sibérie. Photos de Krasnoiarsk, des enfants sibériens, de neige. Ces déportations et l’affirmation de l’identité lituanienne sont encore d’une actualité criante.

La conférencière, tout à l’heure expliquait que les Tsars avaient interdit la publication d’écrits en lituanien. Des livres étaient toutefois imprimés à Königsberg, dans la Prusse voisine. Empêchés de parler leur langue, niés en tant que nation, il n’est pas étonnant que ces frustrations n’aient déclenché des réactions nationalistes.

A l’heure de la Crise Grecque et des remises en cause de l’idée européenne, celle–ci me paraît d’autant plus importante. L’affirmation de nations nouvelles de quelques millions de citoyens à peine, doit s’inscrire dans l’Union européenne sous peine de voir rallumer des conflits comme actuellement au Kosovo. D’autant plus que certaines affirmations ne sont pas tellement fondées. Linas affirmait que la Lituanie avait une population homogène où la nationalité se définit par la langue. Par ailleurs nous rencontrons des Russophones qui ne sont pas des touristes. Sans parler des absents, des Juifs qui parlaient Yiddish. Vilnius célèbre le Prix Nobel Czeslaw Milosz(1911-2004) exilé en France puis aux États Unis , mort en Pologne, dont on fête l’année 2011 « année Czeslaw Milosz »  sans parler de Pouchkine !

 

l'église des Romanov avec ses bulbes verts

Sous la pluie nous allons voir l’église des Romanov St Constantin et Michel, construite en 1913 dont nous avons remarqué les bulbes verts. La pluie devient déluge. Les rues en pente ruissellent. Des cascades dégoulinent d’un escalier que j’avais pris pour une fontaine. Nous restons un moment à contempler l’église à l’abri dans la voiture. Elle était plus belle de loin.

Les Halles

Comme la pluie ne faiblit pas nous passons par les halles proches de l’hôtel. Les marchands de vêtements et de chaussures occupent une grande partie du bâtiment. Pauvre qualité, pauvre goût, mais prix étonnamment élevés. J’avais pensé que les petits étals dehors,  des grand- mères vendant un bocal de myrtilles, un bouquet d’aneth et une botte de carottes, auraient disparu sous la pluie. Non ! Ils sont encore là ! Des sacs de plastique transparents en guise de protection sur la tête ou les marchandises. Il y a quand même quelques charcutiers et poissonniers sous la halle.

La pluie nous retient à l’hôtel. Nous visionnons les photos sur la télévision. Les trier est un  crève-cœur. Nous en avons 600, c’est beaucoup trop. Mais la plupart ont déjà subi de nombreuses éliminations.

16h30, la pluie a cessé. Nous retournons boire un pot à « notre » café sur la « place des français ». Sous les parasols carrés le garçon apporte des coussins sur les canapés de rotin gris et des plaids en polaire. Nous avons découvert à Kaunas cette coutume locale : quand il fait frais on s’emmitoufle, même au mois de juillet.

Vilnius : Pierre-et-Paul

la coupole "nacrée"

Par un temps très gris, nous prenons la voiture pour aller au château. Pour éviter la ville historique, il faut faire un grand détour au dessus d’Uzupis, rejoindre Sainte Anne puis la Cathédrale mais nous ratons le tournant à gauche et nous trouvons sur une 4voies dans la campagne. Avec les collines, les rivières et les quartiers piétonniers, il n’est pas facile de s’orienter dans Vilnius. La topographie et les sens uniques contrarient les trajets directs. Par hasard, on aboutit sur les bords de la Néris près de l’église St-Pierre-et-Paul.

St-Pierre-et-Paul

la chaire : évangélistes

Un guide parlant Espagnol qualifie cette église de « Perle de Vilnius » sous ses dehors quelconques (coquille) elle cache ses stucs blancs « la nacre ». Toute la surface des murs, des plafonds de la coupole, des piliers, de la chaire est d’un blanc éclatant orné de 2000 personnages. Les putti des sculpteurs italiens Giovanni Perti et Giovanni Maria Galli, les évangélistes, les animaux font un spectacle extraordinaire ? Dans la chapelle sainte Ursule, on voit Ursule avec ses suivantes voguer sur un bateau, en face les soldats romains arraisonner le navire, au plafond, la sainte et les jeunes filles flottent sur des nuages. Sainte Catherine, Sainte  Appolline et deux autres se tiennent aux quatre coins. Faisant face, une autre chapelle rend hommage aux Saints Guerriers,. Dans celle de Saint Augustin des éléphants remplacent les Atlantes. Et partout aux plafonds, des anges musiciens !

anges musiciens

Vilnius : sainte Anne, gothique

Sainte Anne, Vilnius

De l’Université,  à la Cathédrale , nous bifurquons dans les ruelles pour atteindre Saint Anne (1495-1500) très jolie église gothique de briques. On dit que Napoléon aurait dit qu’il aurait aimé l’emporter dans le creux de sa main. Les briques  forment des entrelacs gracieux, les pinacles portent des dents et même de petites maisons. Cette construction atteint un  haut degré de sophistication.

Derrière Saint Anne, Saint François parait massif. L’intérieur recouvert de bâches, est en rénovation mais on aperçoit les grandes fresques de couleur pastel avec un saint François géant.

Vilnius, les églises proches de la Porte de l’Aube

Sainte thérèse, baroque

17h, sous un beau soleil, je repars à pied.

Sainte Thérèse est ouverte,c’est la messe. L’intérieur est baroque et le plafond peint dans les roses, je reste à la porte, pas de photo pendant l’office.

 

 

 

 

L’église orthodoxe du Saint Esprit est vert vif, elle a une iconostase magnifique et un lustre en cristal. Ici aussi, liturgie : 6 popes officient en belle soutane rouge sans économiser l’encens, l’air en est saturé. Les voix d’hommes sont magnifiques. Restée à la porte, je filme pour mettre en boîte les chants.

Saint Casimir

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu plus loin,  un porche jaune ressemble à un arc de  triomphe, trois arches contournées très baroques font un passage pittoresque vers une vaste cour devant une église catholique grecque ouverte. Les bancs sont alignés face à l’autel comme dans une église catholique mais l’iconostase est celle d’une église grecque.

portique baroquissime

les collines de Vilnius, Uzupis….

Vilnius, vue d'en haut : église de l'Université

Uzupis

Nous montons sur les collines pour avoir une belle vue, commençant par Uzupis qui se prend pour Montmartre. La route grimpe sec, nous ne trouvons pas de point de vue. Je descends en pénétrant sous les porches pour voir les cours herbues- un air de campagne – l’esprit de le République d’Uzupis m’échappe un peu, les tags et graphs qui maculent les murs en font-ils partie ?

Petite Vilnia

Du pont qui traverse la petite Vilnia,  un sentier longe la rivière dans un parc où les mamans avec poussette, familles et enfants, bandes d’adolescents allongés sur l’herbe ou assis par groupes, profitent d’une après midi de vacances. Des enfants se trempent les pieds dans l’eau. J’arrive à un Club de tennis, courts en terre battue. Une fille de 13/14 ans échange des balles avec un garçon plus jeune. Tous les deux ont une très belle technique, sont gracieux et frappent fort. J’arrive à la Néris et trouve encore un parc : la Colline des Trois Croix d’où nous avons une belle vue sur Vilnius.

 

Le retour en voiture est un peu compliqué, on emprunte Gediminio Prospekt, la belle avenue de Vilnius, on tourne pour arriver à Pylimo qui se trouve en sens interdit, le sens unique nous renvoie dans la vieille ville et on se retrouve à Uzupis !

Vilnius : université

les étranges fresques de Repsys


L’Université est crépie de jaune. Trois cours sont ouvertes ouvertes au public : la cour de Sarlievejus – 17ème siècle , belle libraire décorée à fresques. Un escalier monte au hall Ascial les fresques de P Repsys sont très étonnantes. Le Guide Vert les dit inspirées du monde rural. Peut être en ce qui concerne la présence des animaux. La faucheuse n’est –elle pas plutôt la Mort ? Cet homme rigide assis dans une barque paré de colliers de saucisses et d’oignons n’est-il pas dans la barque de Charon. Et ce prisonnier dans un traineau hérissé de pointes, n’est-il pas une vision infernale, que dire des loups hurlant ?

La Grande cour est bordée d’arcades, c’est le Panthéon de l’Université avec ces fresques et ses plaques honorant des anciens professeurs et savants. La grande église Saint Jean, très très baroque s’ouvre sur cette cour. On pourrait monter au cocher mais un écriteau prévient que l’ascenseur est en panne.

pour Repsys j’ai cherché sur Internet mais c’est tout ce que j’ai trouvé !

Une troisième cour donne sur l »’observatoire astronomique ».

Vilnius, lieux juifs rue Pylimo et un détour pour Romain Gary

La rue Pylimo, parcourue par des autobus doubles à soufflets, des trolleys poussifs et d’autres autobus, fait le tour de la ville historique. Au 39, nous trouvons la « Synagogue chorale »( fermée) – style mauresque 1903.

 

Le Centre Communautaire et le Musée Gaon de Vilna se trouvent respectivement au 4 et au 6 de cette même rue. Les immeubles sont énormes,  il faut parcourir un bon kilomètre pour 40 numéros. Les maisons qui la bordent ne sont pas vilaines mais elles sont négligées, souvent à vendre, les balcons rouillés. Le badigeon qui a ravivé la vieille ville n’a pas été utilisé de ce côté de la ville.

le petit Romain et la chaussure en caaoutchouc qu'il a mangée pour épater sa Valentine

 

 

 

 

 

Un petit détour au coin de la rue Basanaviciaus  me permet de découvrir la statue honorant Romain Gary, natif de Vilnius) un enfant regarde une fenêtre de l’immeuble d’en face. Cet enfant est-il Romain Gary, lui-même ? Je lirai au retour la Promesse de l’Aube.

 

 

Au Centre communautaire,  je suis éconduite –fort accent russe- « Museum next door, Community » le dernier mot prononcé à la russe m’apparaît mystérieux. Next door, un vilain papier dactylographié explique que le Musée est fermé jusqu’à nouvel ordre. Je suis déçue. Que de portes closes ! Seule survivance de la culture yiddish aujourd’hui : un stage à l’Université de Vilnius qui a l’air très actif.

Nous quittons la rue Pylimo pour les quartiers plus anciens de la ville Historique, arrivons derrière le Palais Présidentiel tout bien repeint de blanc au toit vert.

 

Les tableaux de Chagall sont un lot de consolation pour une matinée un peu loupée. Chagall n’est pas de Vilnius mais de Vitebsk

Vilnius: première promenade, de la Porte de l’Aube à la cathédrale par Pilies

Porte de l'Aube, entrée de la Vieille ville


l’Hôtel City Gate est idéalement placé devant la Porte de l’Aube, entrée de la Vieille Ville. C’est un petit hôtel :  une cour bordée d’une galerie de bois fleurie de géraniums, une vigne grimpe sur le mur opposé Impression champêtre. La  chambre est simple mais vaste et confortable. La télévision a les bonnes sorties vidéos pour les photos. Il manque juste un frigo mais Maxima est  à 50m et les halles à côté. L’accueil est sympathique. Il y a un ordinateur à la disposition des clients. Nous serons très bien.

Première promenade dans Vilnius

porte de l'aube

Dès que nous passons sous l’arche de la Porte de l’Aube, nous entendons des chants. Dans la loggia se trouve une Madone miraculeuse en robe de feuille d’or et d’argent et au visage noir. Un groupe de femmes est en prières dans la galerie. Un guide italien commente : « vous voyez ici un exemple de piété populaire. » En touristes consciencieuses, on photographie la galerie.

 

 

 

 

Ce n’est pas cela que je suis venue chercher à Vilnius. Depuis Riga, je traine un remords. Je suis à la recherche des absents, des ombres. J’ai mauvaise conscience de passer d’agréables vacances sur les lieux où ils ont été anéantis. J’aimerais trouver au moins des traces du passé. L’Office du Tourisme propose un parcours sur les lieux où plane encore leur souvenir. Nous préparons la promenade avec soin d’après le dépliant, assises à la terrasse d’un café au milieu de la place Svarus (la Place des Français, selon le garçon, en raison de la proximité de l’ambassade de France) sous un  parasol carré près de beaux arbres rafraîchissants.

rue Sikliu, petit ghetto

Le Petit Ghetto est juste derrière la place encadré par les rues Sikliu, Zydu, Gaono et Antolko

. En 1941, 11000 juifs y ont été parqués puis liquidés. Contrairement au Ghetto de Kaunas qui a été rasé et occupé par des maisons modernes, ici, les maisons sont encore là, les rues étroites, tortueuses, pittoresques. Un hôtel de luxe est installé rue Sikliu , un joli restaurant a disposé ses tables. Je les contemple avec stupeur. Comment peut-on faire la fête ici. Il n’y a pas de prescription pour la Shoah. La taille des maisons me surprend : 10 000 personnes dans ce pâté de maisons ? Une plaque de granite rappelle les faits.  La grande Synagogue a été rasée par les soviétiques

monument au gaon de vilnius
monument auGaon de Vilnius

. Le monument au Gaon (ou à la Sagesse Juive) et le nom du Gaon qu’on a donné à la rue rappelle Eliahu Ben, Shlomo Zeiman (1720-1/97). Tête d’homme massive, barbe imposante et sourcils épais.

 

 

 

 

 

Nous parcourons les quartiers historique de la porte de l’Aube jusqu’à la Cathédrale par Pils suivant le flot des badauds. Pour la première fois, nous entendons parler Français. Sur notre parcours nous voyons des étals de souvenirs : tricots à motifs Jacquard, nappes et torchons, objets de bois, bijoux d’ambre ( véritable ???)Dans les jolies boutiques de Vilnius, il y a encore de l’ambre, mais pas au même prix.

Sous la lumière vive, les stucs blancs ressortent, les croix des églises brillent, une énorme couronne enserre le lanternon de la coupole de Saint Casimir. Clochers baroques, moulures surchargées, Vilnius est décorée et pimpante, l’antithèse de Kaunas sous la pluie.

cathédrale de Vilnius

Quand nous arrivons à la Place de la Cathédrale les dimensions m’étonnent. Je n’aurais jamais imaginé des colonnes aussi énormes.

Trakai, le château sur l’île, karaïtes

le château au milieu du lac


La route de Vilnius traverse des forêts magnifiques et sauvages. A l’approche de la grande ville, la circulation devient dense, les dépassements,  dangereux. Malgré les nombreux radars, les limites de vitesse ne sont pas respectées surtout quand il s’agit de grosses BMW ou d’énormes 4×4 aux vitres noires.

Trakai

 

Le château, sur son île, est une véritable carte postale. Un château fort de conte de fées avec ses poivrières pointues, son donjon. Malheureusement, dès la passerelle, la foule se presse. Une guide brandit un parapluie orange et fend la foule pour ouvrir le passage à son groupe.

La visite historique commence dans le donjon par la salle d’apparat (1977-1979).

 Trakai, comme les cités hanséatiques a obtenu son autonomie en 1409 avec les Droits de Magdebourg. Les Karaïtes obtinrent des droits en 1441.

En 1516, le Duc de Lituanie Sigismond I octroya à Trakai deux foires et des droits de pêche dans les lacs. La Renaissance s’imposa à Vilnius grâce à Bona Sforza, duchesse de Milan et de Bari, qui épousa Sigismond I et fit venir des artistes d’Italie.

Trakai perdit ses fonctions administratives et politiques au 17ème siècle avec Stephen Báthory et les guerres avec la Suède. La Lituanie fusionna avec le Duché de Pologne.

Le château de Trakai était en ruine au 19ème siècle quand le Romantisme s’attacha à retrouver les racines du passé. Un ancien soldat de Napoléon, La Beaume, suivant la campagne de Russie revint à Trakai en 1822 et publia l’ouvrage « La campagne de Russie » en 1841.

La restauration du château commença en 1902, sa reconstruction en 1951 et fut complétée brique par brique, pierre à pierre.

Tatars et Karaïtes sont venus en Lituanie à la suite du roi Vytautas quand le Duché de Lituanie s’étendait jusqu’à la Mer Noire et qu’il guerroyait la Horde d’Or. Il les prit comme gardes à Trakai. Nous avons déjà rencontré les Tatars en Roumanie et vu leur mosquée à Kaunas.

la knessa des karaïtes

Les Karaïtes, peuple turc, ont adopté une religion proche du Judaïsme se basant sur l’Ancien testament mais pas sur le Talmud et les traditions postérieures. La maison de culte s’appelle la Kenessa (proche de Beit Knesset).

J’étais très curieuse de visiter le Musée Karaïte malheureusement il est fermé non seulement le lundi mais aussi le mardi. Nous ne connaîtrons des Karaïtes que les petits chaussons au poulet, au mouton ou aux épinards qui nous serviront de déjeuner.