L’Aventure Champollion – Dans le secret des hiéroglyphes – BnF

Exposition Temporaire du 12 Avril 2022 au 24 juillet 2022

Champollion

Le 27 Septembre 1822, dans sa Lettre à Dacier annonçait le déchiffrement des hiéroglyphes. Cette exposition en fête donc le bicentenaire.

Jean-François Champollion est né à Figeac en 1790. A 10 ans il rejoint son frère ainé, archéologue qui supervise son instruction. A 11 ans, il s’initie à l’Hébreu, il sait déjà le Grec et le Latin, 2 ans plus tard, il apprend le Syriaque et l’Araméen, en 1805, le Copte. Sa connaissance de nombreuses langues et alphabets, va être une des clés du déchiffrement. 

Rosette – Charles -Louis Balzac

En 1799, l’officier Bouchard découvre la stèle, la pierre de Rosette où le même décret figure en Grec, en Hiéroglyphes et en démotique. Les Anglais confisquent la pierre en 1801. Entre temps, heureusement on procéda à son estampage qui put être étudié par Champollion. 

Stèle d’Agathodaimon et Isis-Thermoutis découverte à Saqqarah

L’exposition de la BnF commence donc avec l’Expédition d’Egypte de Bonaparte et présente de magnifiques aquarelles du Caire, Rosette, divers journaux de bords et d’objets divers rapportés par ses savants. Les 23 volumes de la Description figurent en bonne place. 

Entailles et reliefs en positif

Dans le déchiffrement des hiéroglyphes, toutes sortes d’inscriptions sont présentes : étiquettes de bois attachées aux momies, bandelettes enveloppant les momies (en hiératique) , petites entailles sur des monnaies, bijoux gravées sur des pierres semi-précieuses ou des métaux.

D’autres savants ont essayé de déchiffrer les écritures antiques. Une curieuse thèse publiée au XVIIIème siècle faisait état d’une parenté entre les hiéroglyphes et l’écriture chinoise « Mémoire sur lequel on prouve que les chinois sont une colonie égyptienne ». Plus sérieusement William Waburton propose que les noms des rois étaient entourés dans des cartouches. Depuis l’Antiquité avec Maneton, on dispose de la liste des pharaons.

A côté des inscriptions multilingues et des travaux de déchiffrement au cours du XIXème siècle sont exposés des curiosités : deux documents étonnants : calligrammes d’Apollinaire : La figue, l’oeillet et la pipe à opium et d’Isodore Isou.

Cercueil de Padiimenipet

le cercueil décoré de Padiimenipet a fait l’objet d’une étude détaillée par Champollion. Le livre publié est présenté ici. Comme nous sommes à la BnF des manuscrits et livres anciens sont nombreux. Il y a aussi une collection de précieux papyrus. 

Angelelli – Champollion, barbu est assis au milieu

Expédition de Champollion en Egypte (1828-1829) Expédition franco-Toscane lui permit de parcourir tous les sites antiques des Pyramides à la Haute-Egypte. Curiosité : les lunettes de soleil du savant et une  longue pipe rapportée en souvenir.

les oiseaux colorés de Beni- Hassan

Des photographies anciennes de Maxime Du Camp (1851) de Teynard (1851-52) montrent l’aspect des sites qui n’ont pas encore été dégagés avec les statues géantes d’Abou Simbel émergeant du sable. On voit aussi les dessins et les photographies de Mariette, le plafond astronomique de Dendera…. les statuettes de nombreuses divinités. 

Horus sur les crocodile et sous la tête de Bès

Diverses visites peuvent êtres envisagées, celles qui s’attachent plus spécifiquement aux hiéroglyphes, ou aux objets égyptiens. Il y en a pour tous, pour les spécialistes, pour les enfants, les curieux, les amoureux des vieux livres et manuscrits….

ostracon de Deir el Medineh : bélier étudié par Champollion

Une exposition très riche

Le sentier côtier de Saint Raphaël à Agay

CÔTE D’AZUR

Sentier côtier dans les rochers

Le sentier commence à la sortie du port de Santa Lucia où se trouvent, alignés,  les restaurants qui proposent les petits déjeuners aux plaisanciers amarré en face. je marche d’un  bon pas le long du quai. 

Visorando m’avait avertie que ce sentier n’en est pas vraiment un mais plutôt une succession de marches et de rochers. Prévenue, j’ai chaussé les Merrel qui accrochent mieux que les tennis et je n’ai pas oublié mon bâton. Un équipement de randonnée est indispensable. Un panneau met en garde : « parcours escarpé et sportif! » pas question d’essayer en tongs ou en sandales.

Dès les premiers mètres je suis au parfum : escaliers et marches puis roches rouges! Il faut être attentive aux balises jaunes (peu nombreuses) . Il faut surtout bien choisir ses appuis. Certains passages ont été cimentés pour stabiliser les pierres branlantes. En l’absence de marques jaunes, je cherche le ciment. parfois je dois m’asseoir : les marches sont bien hautes et mes jambes trop courtes. parfois il faut mettre les mains. je crois tomber sur un à-pic, au dernier moment je découvre des marches. parfois on a installé une main-courante – pas forcément là où c’est le plus vertigineux. Surout ne pas s’écarter de l’itinéraire.

En marchant, je remarque des cavités dans les roches, des inclusions qui m’évoquent du volcanisme. Les roches rouges, porphyre rouge, rhyolites sont les mêmes qu’en Corse. Sur le site Estérel-Côte d’Azur   Je trouve l’explication de la formation du Massif de l’Estérel il y a 290 MA (Stéphanien) puis Permien avec ouverture de failles et coulées d’ignimbrites. A l’ère Tertiaire, un épisode magmatique a permis la remontée d’esterellite (roche magmatique bleue très dure qui a cristallisé dans des sills entre Boulouris et Agay.). Si j’avais lu cet article avant la randonnée, j’aurais peut-être cherché les prismes de trachytes en face du Port de Santa Lucia.

Plage de Péguières

A l’approche de la plage de Péguière je trouve un peu de repos en marchant sur les mates de posidonies bien plus confortables que les rochers. 

Des petites criques se succèdent, séparées par des rochers qui sont différents des roches rouges. Certains sont noirs, trachyte peut-être. Des maisons sont construites à l’aplomb du rivage si bien que le passage devient étroit et parfois acrobatique. Un petit port dessert une maison jaune avec des arcades.

Plage Val fleuri et temple d’Amour

La plage d’Arène, de sable comme l’indique son  nom se termine par le joli port de Boulouris. Un beau restaurant a installé ses tables dehors. Une belle promenade dallée équipée de banc change du gymkhana précédent. une grande propriété, presque un manoir est bordée de balustres blanc crème (les promeneurs passent en-dessous bien sûr). La plage de la Tortue est minuscule. Un petit temple d’Amour aux colonnes blanches termine la plage de Val Fleuri. Pour arriver à la Plage de la Pescade puis à celle de Boulouris le passage sur les rochers est à nouveau compliqué et les marques sont de plus en plus rares.

Roches vertes vers le port Pussai et îlre d’or

Selon Visorando, il faut remonter sur la route sur la Plage de Pierre Blanc quand les roches deviennent noires mais je quitte le parcours à la Plage de Garde Vieille, fatiguée d’escalader. je retrouve Dominique et la voiture sur le grand Parking de la Plage du Débarquement (grande plage de galets) où se trouvent des engins du débarquement américain. ?

Pointe de Dramont

Déjeuner au petit port de Poussaï (salade pommes de terre, thon anchois). j’y retrouve les marches du sentier littoral autour du Cap Dramont . Ici encore, j’herborise avec Pl@ntNet et découvre deux inconnues : la Passerine hérissée Thymelaea hirsuta qui a des fleurs jaunes minuscules et des feuilles épaisses formant des sortes d’écailles. L‘Anthyllide Barbe de Jupiter Anthyllis barba-jovis est un buisson aux feuilles argentées. Accompagnées bien sûr de Romarin, genêt, lavandes. Au-dessus  des rochers j’avais trouvé de jolis freesias. Je zappe le Sémaphore et la Batterie d’Agay que j’ai vus dimanche et arrive directement à Tikki sur la plage de Camp Long. Par les rochers je rejoins Agay, fin d’une longue promenade! 

 

 

Promenades dans le Massif de l’Estérel

CÔTE D’AZUR

les roches rouges de l’Estérel

Nous avions pourtant bien préparé la randonnée du Pic de l’Ours avec la belle brochure de l’Office de Tourisme et notre carte. Le départ en voiture semble bien expliqué:

D100 au Rond-point d’Agay, puis après une zone artisanale,  la petite route notée « Massif de l’Estérel » entre dans le Parc Naturel. la signalisation « Pic de l’Ours » sur les flèches en bois semble opérante. Nous passons à côté de la retenue d’eau de Grenouillet.

le petit lac de Grenouillet

Il fait un temps splendide, les sommets rouges se reflètent à la surface de l’eau.  La petite route est un peu crevée-rapiécée mais bien carrossable et bien agréable puisque nous ne rencontrons personne. En revanche, notre carte routière ne nous sert à rien. Nous passons un premier parking (noté nulle part) puis arrivons à un second où il y a une très belle vue et plusieurs départs de sentiers mais aucune indication. Est-ce le Col Notre-Dame d’où part notre circuit du Pic de l’Ours? Rien ne correspond et surtout pas la localisation GPS. une voiture s’arrête, à son bord quatre randonneurs bien équipés qui ont téléchargé l’itinéraire d’une belle randonnée  qui comporte la Dent de l’Ours et le Pic de l’Ours mais 18 km (pas du tout ce que je m’apprête à faire, 2h d’après la Brochure de l’Office de Tourisme). Confirmation : ce n’est pas le Col Notre Dame mais le parking que nous avons passé est le Parking de la Sainte Baume d’où part (toujours selon la documentation de l’Office de Tourisme) une autre promenade de 2 heures.

promenade du Pic du Cap Roux

Sentier du Roc roux

Au parking de la Sainte-Baume : une belle carte montrant le circuit balisé en bleu vers le Pic du Cap Roux 2 heures 360 m de dénivelé, chaussures de marche recommandées car le sentier traverse des pierriers. Après quelques marches, je découvre la grotte avec un croix : c’est une chapelle. . j’ai pris mon bâton télescopique et grimpe allègrement le sentier bien tracé, bien balisé et facile (malgré les cailloux ). de pittoresques rochers rouges se détachent. Je rejoins un couple sympathique. A l’arrêt-photo suivant un petit groupe nous rattrape. Cela me rassure de ne pas être seule. on se dépasse, on se retrouve chaque fois que le paysage change. Avant d’arriver au sommet, halte devant le panorama sur la Baie de Cannes, je reconnais les Iles de Leyrins, le monastère, la mer bleue, les calanques, le train qui passe à nos pieds. Encore un raidillon et nous arrivons au sommet à la table d’orientation.

Panorama sur la Baie de Canne et les îles de Leyrins

Pour le retour, on redescend le raidillon, puis on emprunte un sentier en balcon au-dessus de la mer puis on fait une boucle qui s’enfonce dans la forêt. le balisage bleu a disparu, remplacé par du jaune; heureusement je croise un groupe qui a fait le circuit à l’envers et qui me rassure.

Arrivée 2h15 après le départ, dans les temps.

mimosas

Pause-apéro sous un très haut mimosa très fourni. Mimosas, pins et chênes lièges, arbousiers et lentisques.

Pique-nique sur  le Plateau d’Anthéor et botanique sur le sentier des senteurs. 

Un parking, c’est le départ d’une route bien cimentée mais interdite aux voitures, empruntées par des cyclistes et des piétons. Un « sentier des senteurs » est organisé avec de nombreuses bornes explicatives détaillant la flore. il fait trop frais pour que les fleurs du maquis n’exhalent leurs parfums. Le printemps est presque arrivé : les bruyères arborescentes sont déjà couvertes d’inflorescences blanches en forme de pyramides. Les lavandes sont spéciales Lavandes des Maures Lavendula stoechas, également appelées lavande papillon ou lavande toupet à cause des pétales étalés au sommet. Je m’amuse avec Pl@ntnet sur mon smartphone, qui détermine le Genêt très ras en fleur très jaune comme Genêt épineux  Genista scorpius ou genêt scorpion. Il y a aussi de petites euphorbes jaunes : Euphorbia spinosa.

je descends tranquillement jusqu’à la route côtière  après être passée sous les sommets du Rocher Saint Barthélémy et du Pic Roux, j’arrive à l’arrêt d’autobus « Le Cap Roux » . Dominique a garé la voiture sous els arcades du Viaduc d’Anthéor mais je ne me situe pas par rapport au viaduc. Est-ce à droite ou à gauche? Je fais le mauvais choix et marche sur le bord de la route passant La Pointe de l’Observatoire, puis au dessus des calanques presque jusqu’à Théoule. Magnifique promenade sur la Corniche d’Or s’il y avait moins de circulation voiture et motos. 

Sur la Pointe de l’Observatoire il reste de nombreux vestiges de la Seconde Guerre mondiale, des casemates de la DCA allemande protégeant le Viaduc d’Anthéor et la ligne de chemin de fer, sites stratégiques non loin des plages du Débarquement allié du 15 Aout 1944.

Rosa Bonheur au château de By

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Rosa bonheur dans son atelier

Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822, aurait eu 200 ans! A l’occasion du bicentenaire, une exposition lui est consacrée à Bordeaux (lieu de sa naissance), puis en septembre au Musée d’Orsay à Paris. Oubliée, inconnue du grand public, elle fut une peintre célèbre en son temps, la première à recevoir des mains de l’Impératrice Eugénie la Légion d’Honneur . Connue dans le monde entier,  des petites filles américaines ou allemandes jouaient avec  des poupées à son effigie.

Le monumental tableau du Marché aux chevaux  (exposé au Metropolitan NY) fut acheté 40.000 Francs-or par le marchand de tableaux Gambart qui lui organisa une tournée en Grande Bretagne et en Amérique et lui procura cette notoriété internationale. Le produit de la vente de cette seule toile lui permit d’acheter et rénover le Château de By à Thomery (77) avec l’aide de l’architecte de la chocolaterie Menier de Noisiel, Jules Saulnier qui lui adjoint un atelier. Je reconnais le style de briques décorative de Noisiel. 

Château de By côté cour et atelier

J’avais visité le château de By en 2013. Entretemps, le château a été acquis par une nouvelle propriétaire et la Mission de Stephane Bern contribue à l’entretien de cette Maison d’Artiste. La propriétaire a laissé tel quel le matériel de Rosa Bonheur dans son atelier où tout est d’origine. Une salle a été aménagée avec des vitrines contenant des documents (lettres, compte-rendu de la vente aux enchères qu’ont organisé les membres de sa famille, dessins d’anatomie, souvenir de sa rencontre avec Buffalo Bill…) .

Rosa Bonheur étude moutons

La Salle des Etudes est tapissée d’études préliminaires au crayon ou à l’encre.  Anna Klumpke, l’amie peintre américaine qui a partagé les dernières années de la vie de Rosa Bonheur qui en fit son unique héritière, a photographié toutes les œuvres qui se trouvaient à By. On a retrouvé les plaques photographiques qui font l’objet d’une étude récente.

Rosa Bonheur bergers sur des échasses

Les tirages sont exposés dans la salle des études ainsi que dans l‘Orangerie. On découvre que Rosa Bonheur, peintre animalière s’est aussi intéressée à d’autres sujets, elle s’est inspirée de Walter Scott et surtout a fait des études de paysages très détaillées. Elle n’aurait pas placé les animaux dans un simple décor ébauché. Au contraire, elle a tenu à faire une reconstitution fouillée du milieu de vie, forêt de Fontainebleau, mais aussi Côte Provençale, et même elle a tenu à étudier l' »herbe à bisons » après avoir vu les bisons de Buffalo Bill.  le conférencier a raconté une anecdote savoureuse de Anna Klumpke arrêtant le train américain pour herboriser! 

Rosa Bonheur arbre

La visite guidée (1h30) est passionnante (il faut réserver).

Alors que j’avais été rebutée à ma  première visite  par toutes les têtes d’animaux, chevaux, moutons, sangliers naturalisés comme des trophées de chasse au murs de l’Atelier, j’ai eu le plaisir d’apprendre que tous ces animaux étaient les amis de la peintre et non pas des trophées de chasse. Rosa Bonheur vivait entourée d’animaux. Certains avaient leur enclos dans le terrain, d’autres étaient en liberté, apprivoisés comme la lionne Fatma ou les marcassins qui ont été élevés comme des animaux domestiques. Notre guide a su faire revivre tout ce monde et montrer que Rosa Bonheur accordait aux animaux une âme et des émotions qu’elle voulait faire ressortir dans ses tableaux.

Châtreau de By côté jardin

Une visite passionnante et une promenade agréable dans le parc fleuri en ce moment.

 

 

Saint Raphaël, Fréjus et le Cap Dramont

CÔTE D’AZUR

porty de Poussai : barques

Pluie au réveil et prévisions météo médiocres. 

9h15, le dimanche matin, la route d’Agay à Saint Raphaël est déserte. Nous avions prévu de longer le bord de mer, laisser la voiture au « vieux port » et de se retrouver un peu plus loin au port de Plaisance, Dominique en voiture et moi à pieds. D’après notre documentation, un marché des pêcheurs se tiendrait au vieux port. Poisson pour déjeuner?

Passé le grand et moderne Palais des Congrès, la circulation est déviée: le Carnaval se tiendra cet après-midi. La déviation nous conduit à l’intérieur de la ville et à la sortie à Fréjus. Fréjus et Saint Raphaël se touchent : un pont les sépare.

A Fréjus, c’est jour de marché qui se tient sur la corniche en bord de mer. Les marchands forains ont déballé leurs étals : fringues « pas du tout Côte d’Azur », bas de gamme. Sur une place, un peu en retrait se tient le marché alimentaire.

Sur le front de mer de Fréjus, des immeubles de ciment, constructions un peu vieillottes. Au rez de chaussée des cafés et des restaurants populaires et bien sympathiques. Nous retournerons à Fréjus, la ville historique est intéressante avec des antiquités romaines.

Saint Raphaël : vieux port

Encore une déviation et nous revoilà au Palais des Congrès de Saint Raphaël et nous trouvons une place de parking au port Santa Lucia où je peux retrouver l’itinéraire prévu sur la corniche et observer les préparatifs du Carnaval. Un vigile me chasse alors que je m’approchais pour photographier un éléphant. Plus loin on gonfle des animaux colorés : éléphant bleu, zèbre, panda qui s’envoleront comme des cerfs volants. 

Saint Raphpaël : Carnaval

Stèles et statues, et nom des rues commémorent le Débarquement de 20.000 GI le 15 Aout 1944. 

Un autre débarquement s’est déroulé à Saint Raphaël  : le 9 octobre 1799, Bonaparte, de retour d’Egypte, célébré par un obélisque et rappelé par le jardin Bonaparte qui surmonte un parking, jardin contemporain très réussi. En 1814, Napoléon s’embarque de Saint Raphaël pour l’Ile d’Elbe. 

le Marché des pêcheurs, poissonnerie moderne ne correspond pas à ce que j’imaginais.

Déjeuner à La Canne à Sucre

Pendant que j’arpentais la Croisette, Dominique a exploré la série de restaurants qui bordent le port Santa Lucia et a retenu une table à La Canne à Sucre joli petit restaurant avec une terrasse derrière des rideaux de plastique transparent : jolie salle blanche et bleue bien décorée au thème marin. L’accueil est très chaleureux : le patron se tient à la porte, invite les passants, il passe entre les tables, présente els plats, les desserts et revient bavarder avec les clients. Au menu, plats de poissons et salades exotique, y compris arménienne. La marmite du pêcheur luxueuse avec homard, gambas, poisson, moules et crevettes est à 44€. Nous nous contentons plus modestement de moules et Frites pour Dominique et sardines grillées. Mention spéciale pour les frites-maison délicieuses. le serveur commente « je les ai épluchées, coupées.. » Un café gourmand pour terminer. Nous recommandons!

Randonnée au Cap Dramont

la plage du Camp Long vue de la Batterie d’Agay

la  promenade commence à La Plage du Camp Long qu’on trouve sur la route principale en direction d’Agay. La quitter au  panneau « Tikki plage ». Le sentier part du parking (balisage jaune).

Première étape : La Batterie d’Agay (installations militaires qui ont servi aux Allemands) . Elle est située sur un piton, le panorama à 360°. la mer est merveilleuse, verte, transparente dans la crique du Camp Long, bleue brillante vers Agay avec des roches rouges très découpées et le vert des pins et des buissons. les asphodèles sont prêtes à fleurir.  La lavande déjà fleurie ne sent rien, trop frais. Les chêne-liège ont des troncs tortueux, les pins sont fournis. 

Cap Dramont

Pour grimper au Sémaphore (terrain militaire grillagé) une route cimentée très raide est en construction. Arrivée en haut, il n’y a rien à voir et il faut redescendre par le même chemin.

Le sentier littoral est très bien entretenu et très fréquenté en corniche sur un versant très escarpé. les roches rouges sont spectaculaires.

Cap Dramont Île d’Or

Le Port de Poussaï est très mignon avec ses petites barques colorées et de vrais bateaux de pêches. En face, sur l’Île d’Or, se dresse une haute tour.

Agay, résidence Agathos notre bastidon

De retour à la Résidence Agathos, à notre bastidon, sous une belle lumière nous traversons notre pelouse pour profiter de « notre » plage, la Plage des Beaumettes , je découvre les très belles maisons du voisinage. Dommage il fait trop frais pour se tremper les pieds!

la Stupeur – Aharon Appelfeld –

LITTERATURE ISRAELIENNE

Encore dans cet ouvrage publié en français récemment, (avril 2022) en hébreu (2017) Aharon Appelfeld nous entraîne en Bucovine, sur les bords du Pruth  pendant l’occupation allemande et évoque le massacre des Juifs dans les petits villages. Alors que Mon père et ma mère, Tsili, Les Partisans  avaient pour narrateur un enfant-juif, le personnage principal, Iréna est une paysanne orthodoxe. 

Elle alla machinalement vers la fenêtre. Une scène sidérante s’offrit à ses yeux : le père, la mère et les deux filles étaient alignés devant l’entrée de leur magasin. le corps ceint d’un tablier bleu, la mère avait le buste penché en avant comme arrêtée en plein mouvement<; 

Le mari se tenait près d’elle dans ses vêtements gris habituels, un sourire flottant sur ses lèvres tremblantes, comme s’il était accusé d’une faute qu’il n’avait pas commise.

 » Qu’est-ce que c’est ça? » murmura Iréna en ouvrant sa fenêtre.

Elle les distingua mieux. leur position alignée lui rappela les enfants à l’école. C’était bien entendu une mauvaise comparaison. Ils se tenaient comme des adultes, sans piétiner et bousculer……

La stupeur : c’est celle d’Iréna, sidérée par le sort de ses voisins, les Katz que  le gendarme Illitch, sur ordre des Allemands fait d’abord aligner, puis agenouiller, creuser une fosse avant de les fusiller. L’épicier du village, sa femme et ses deux filles vont être assassinés devant tous les villageois qui déménagent leurs meubles, creusent la cour pour trouver des trésors enfouis. Seule, Iréna, les prend en pitié mais n’a pas le courage de s’interposer.

Iréna, simple paysanne ukrainienne, est  victime d’un mari violent, elle souffre de maux de tête. Adéla Katz, étudiante-infirmière était son amie d’enfance comme Branka, la simplette. Les parents ont toujours entretenu des relations de bon voisinage malgré l’antisémitisme virulent des paysans.

« les Juifs se sont infiltrés dans mon âme et ne me laissent pas en paix. »

A la suite du massacre, Iréna  décide d’aller dans la montagne visiter sa tante qui vit comme une ermite. Le remords de n’avoir pu aider ses voisins la tenaille, elle sent la présence des Juifs morts l’obséder. Elle trouve un peu de paix auprès de sa tante très pieuse puis d’un ermite, un sage. Elle entreprend une sorte de vie errante et interpelle les paysans dans les auberges où elle s’arrête :

« Jésus était juif. Il faut être clément envers ses descendants qui sont morts, et ne pas se comporter avec eux en usant de la force. Il faut les laisser s’installer aux fenêtres, marcher dans leurs cours et leurs maisons
abandonnées. Il est interdit de lever sur eux un bâton ou de leur jeter des pierres. »

Les hommes réagissent très violemment à ces paroles tandis que les femmes l’accueillent avec bienveillance, les prostituées, les femmes battues, les simples fermières la protègent.  Elle rencontre d’autres femmes sensibles au sort des juifs assassiné dans la région, l’une d’elle cache un enfant. Certaines la prennent comme une sainte, pensent qu’elle peut accomplir des miracles.

J’ai été étonnée de cette figure chrétienne mystique, parfois j’ai eu du mal à la suivre. Heureusement j’ai écouté Valérie Zenatti – la traductrice d’Appelfeld  par les temps qui courent et j’ai eu l’occasion d’écouter le poème de Celan : Todesfuge très impressionnant que Celan lit dans la vidéo ci-dessous : Celan est né comme Appelfeld à Czernovitz mais a continué à utiliser l’Allemand alors qu‘Appelfeld a choisi l’hébreu. 

Anselm Kiefer

 

Lac de Créteil : inventaire de la biodiversité avec i-Naturalist

TOURISTE DANS MA VILLE

Lac de Créteil, au fond l’Hôtel de Ville, premier plan iris des marais

Le Collectif du « Lac de Créteil » a donné un Rendez-Vous iNaturalist  le samedi 9 avril  pour participer au dénombrement des espèces animales et végétales autour de nous. 

INaturalist est un application sur smartphone qui se présente comme

« un projet de science citoyenne et un réseau social en ligne de citoyens scientifiques et de biologistes construit sur le concept de cartographie et de partage de la biodiversité à travers le monde »

Après avoir téléchargé sur nos smartphones l’application, une douzaine de volontaires se sont rencontrés au Novotel pour photographier les bestioles et les fleurettes que nous allons rencontrer. 

La héron derrière les roseaux

Avantage ornithologistes et photographes (ce sont les mêmes) équipés d’appareils photos et téléobjectifs pour des photos professionnelles des hérons, grèbes, mésanges et autres oiseaux du lac. Avec mon petit android, je ne joue pas dans la même cour! Je me suis donc spécialisée dans la détermination des fleurettes avec l’aide de PlantNet que je maîtrise mieux.

Cette année, les jardiniers ont retardé les tontes de printemps ce qui nous vaut une belle floraison de pâquerettes (ils ont quand même ratiboisé les orchidées). Ras du sol, il suffit de se baisser pour herboriser des petites fleurs que personne ne remarque

Bleues les Véroniques et les Lierres terrestres (Glechoma hederacea), roses le petit Erodium musqué  plantes modestes qu’on piétine sans même les remarquer. Ne pas confondre l’Erodium musqué avec le Géranium mou (en haut à droite

rose!

 

Des fleurs décoratives (et horticoles ont été semées par le vent ou les oiseaux) :Monnaie du Pape (à gauche) et ancolies (à droite).Dans la série des fleurs jaunes, nous avons négligé les Boutons d’Or (Renoncule) si commune que personne ne s’est donné la peine d’identifier, en revanche tout ce qui ressemble n’est pas Pissenlit ! 

fleurs jaunes

Il faut plutôt regarder les feuilles pour déterminer la Crépide dorée (Crépis aurea) haute sur sa tige glabre – (en haut à gauche)

Le Laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) (en haut à droite)

Celui qui est en bas est aussi un Laiteron maraîcher ou rude? Et bien sûr vous avez reconnu l‘Iris des marais . 

Une fois ces végétaux déterminés avec l’aide du téléphone, géolocalisés, ils vont se retrouver dans la base de donnée d’iNaturalist qui va peut être confirmer, ou infirmer les déterminations. Je peux continuer tout le week en ce petit jeu puisque d’autres volontaires le feront jusqu’à lundi!

Je suis très fière de ma tipule sorte de cousin

Tipule

Les oiseaux nous ont procuré bien des joies : les Hérons sont les stars des photographes. les Grèbes sont très photogéniques mais plus difficile à photographier : un couvait mais au beau milieu des roseaux, un autre avait pêché une écrevisse et a mis un temps fou à le manger, l’écrevisse a des pinces et une carapace dure.

l’éducation collective des Bernaches est un spectacle plaisant

Un drame a failli se dérouler sous nos yeux, tandis qu’on visualisait les photos sur les ordinateurs près de la piscine du Novotel, un petit lapin a déboulé et s’est caché sous les jardinières en bois, poursuivi par deux corneilles menaçantes. Les corneilles se sont perchées pour surveiller leur proie. Elle auront attendu que nous quittions les lieux et que le lapineau se lasse sous son bac à fleurs…..

Piquenique à Cannes – arrivée dans l’Estérel – installation à Agay

CÔTE D’AZUR

Esterel : Calanques

Sous une pluie battante, nous avons du mal à sortir de Vallauris. Les voitures parechoc contre parechoc. le GPS  s’entête à nous faire monter sur l’A8. Seule ruse, le programmer pour une destination précise : Cannes, la Croisette pour être sûres de voir la mer et de longer le littoral.

Nous déjeunons de pizzas du boulanger à la mer à l’entrée de Cannes face à l’île Marguerite et son fort.

Nous suivons la Croisette. Je guette le Carlton, le Martinez, le Palais des Congrès toutes les images mythiques du Festival de Cannes.

Esterel entre la Napoule et Théoule

La route est coincée entre la voie ferrée et la mer. Le trajet est très agréable jusqu’à la Napoule. Après Théoule elle grimpe sur l‘Estérel entre les mimosas en fleur. je n’en ai jamais vus de si hauts ni de si fournis. les roches rouges, la montagne escarpée hérissée de pitons. Grand spectacle même sans le soleil. Dans les calanques, les vagues battent les rochers. J’attends qu’une grosse se brise en un paquet d’écume . Il faut de la patience pour appuyer sur le déclencheur au bon moment.

Esterel au dessus d’Agay

Un peu avant 16 heures nous sommes aux portes d’Agay sur le Chemin des Beaumettes nous découvrons la Résidence Agathos et notre nouveau gîte : un « bastidon » (une maisonnette) qui donne sur une pelouse verte puis la plage. Il suffit de pousser le portillon pour aller se baigner à la belle saison.

Le bastidon est minuscule. Dans la chambre, on ne peut pas tourner autour du lit. Les placards sont pleins avec la literie. Je fais un tri entre ce qui est indispensable et ce qui restera dans la voiture, entre les provisions périssables et celles qui retourneront dans le coffre. Il faudra apprivoiser cet espace exigu. On apporte toujours des affaires inutiles.

Un tour dans Agay pour les courses. Beaucoup de boutiques sont en « fermeture annuelle ».  Les horaires d’hiver sont étonnants : entre 10h et 13h,  ce qui ne nous convient pas du tout; si on compte randonner.

Agay : la plage

Je termine la journée par une promenade sur la longue plage de sable rouge-brun arrondie et dominée par la verdure, le mimosa et les rochers rouges.

Les Nuits de la Peste (2022) Orhan Pamuk – Gallimard

LIRE POUR LA TURQUIE 

Lecture au long cours : pavé de 683 pages !

« ce 22 avril 1901 où commence notre histoire, l’arrivée au large de l’île d’un vapeur non programmé, deux heures avant minuit, annonçait quelque chose d’extraordinaire. »

Ce roman-fleuve commence comme un roman policier :le pharmacien-chimiste Bonkovski Pacha, envoyé par le Sultan pour endiguer l’épidémie de peste sur l’île de Mingher, est assassiné. Le Docteur Nuri et son épouse Pakizê , en route vers la Chine pour un congrès sanitaire international, est rappelé en secret pour élucider ce meurtre.  Abdülhamid, le Sultan, grand lecteur de Sherlock Holmes a missionné ce dernier pour résoudre cette énigme en utilisant les méthodes du célèbre détective tandis que Sami Pacha, le gouverneur a plutôt tendance à obtenir des aveux par la torture.

« Au fond, peut-être que mon oncle Abdülhamid ne prenait pas cette histoire de Sherlock Holmes au sérieux, pas davantage que toutes les réformes qu’il a menées sous la contrainte des Européens. Le problème n’est pas tant que le sultan apprécie et parodie les mœurs européennes, mais que le peuple apprécie de bon cœur cette parodie. En conséquence, ne vous chagrinez pas trop. »

La narratrice, une historienne, plus d’un siècle après les faits  reconstitue l’histoire de la peste de Mingher  qui a proclamé son indépendance. Elle utilise les lettres de la Princesse Pakizê, présente sur l’île et témoin de l’histoire. La princesse, fille du Sultan Mourad V, déposé par Abdülhamid, a vécu recluse avec les pachas et sultans dans le sérail d’Istanbul. Orhan Pamuk nous raconte aussi la vie à Istanbul pour la famille règnante. L’empire Ottoman, au tournant du XXème siècle est « l’homme malade« , l’Empire se délite en guerres des Balkans, et luttes des Grecs de la Mer Egée (1897 la Crète est rattachée à la Grèce), la carte de l’Empire que le Sultan fait afficher est de plus en plus périmée…Les grandes puissances sont en embuscade.

 

En même temps, sur d’autres rivages Mustapha Kemal étudie à l’école militaire de Monastir (c’est moi qui fait le parallèle, l’auteur n’y fait aucune référence). Ce gros roman peut être lu comme un roman historique, d’ailleurs la narratrice racontera l’histoire jusqu’au XXIème siècle.

« Il fit des rêves et des cauchemars étranges, il montait et descendait sur les vagues d’une mer déchaînée ! Il y
avait des lions qui volaient, des poissons qui parlaient, des armées de chiens qui couraient au milieu des
flammes ! Puis des rats se mêlaient aux flammes, des diables de feu rongeaient et dépeçaient des roses. Le treuil d’un puits, un moulin, une porte ouverte tournaient sans relâche, l’univers se rétrécissait. De la sueur semblait goutter du soleil sur son visage. Ses entrailles se nouaient, il voulait s’enfuir en courant, sa tête s’embrasait puis s’éteignait successivement. Le plus effrayant, c’était que ces rats, dont depuis deux semaines on entendait les couinements aigus résonner dans les geôles, dans la Forteresse et dans tout Mingher, et qui prenaient les cuisinesd’assaut, dévoraient les nattes, les tissus, le bois, leurs hordes maintenant le pourchassaient dans tous les couloirs de la prison. Et Bayram Efendi, parce qu’il craignait d’avoir lu les mauvaises prières, fuyait devant les rats. »

C’est aussi l’histoire d’une épidémie de peste, maladie terrifiante puisque très létale et très contagieuse. Yersin, en Chine, (1894) a déjà mis en évidence la transmission par les puces des rats. Nous allons assister à toutes les phases de l’épidémie (un peu comme la Peste de Camus, et beaucoup comme récemment avec le Covid). D’abord l’incrédulité, puis des mesures pour limiter la contagion, fumigations, désinfections pièges à rats, enfin les confinements et quarantaines, mise à l’isolement de familles entières, hôpitaux saturés, et les révoltes des religieux, le fatalisme…

C’est aussi l’essor de l’identité nationale de Mingher. Au plus fort de l’épidémie, le major proclame l’indépendance. Tout un roman va se construire autour du personnage. Renaissance d’une langue locale (originaire de la mer d’Aral???) . Hagiographie, enrôlement de la jeunesse des école dans ce roman national. En filigrane, on devine certaines analogies. Introduction de l’idée de laïcité, pour éviter les conflits confessionnels entre musulmans et orthodoxes et aussi pour promouvoir les mesures sanitaires scientifiques face aux pratiques superstitieuses.

« Les eaux de la rivière Arkaz étincelaient sous le pont comme un diamant vert du paradis, en contrebas s’étendait le Vieux Bazar, et de l’autre côté, c’était la Forteresse, et les cachots sur lesquels il avait veillé toute sa vie. Il pleura en silence un moment. Puis la fatigue l’arrêta. Sous la lueur orange du soleil, la Forteresse semblait plus rose que jamais. »

Pour construire ce roman foisonnant, Pamuk a imaginé une île, il l’a décrit avec pittoresque. L’arrivée dans le port est grandiose. Il décrit des quartiers populaires, des rues modernes avec des commerces, des agences de voyage, des bâtiments officiels. On pense à Rhodes, à toutes les îles du Dodécanèse (la 13ème?) avec ses ruines byzantines, ses fortifications vénitiennes, puis ottomanes, son phare arabe. Peuplée pour moitié de Turcs musulmans et de Grecs orthodoxes. Certaines communautés sont absentes, un seul arménien, un peintre qui ne vit pas sur l’île, pas de Juifs… Ces absents m’interrogent.

Nous nous promenons avec grand plaisir dans le landau blindé dans les criques rocheuses ou dans les vergers des belles villas bourgeoises. Cela sent le crottin, les plantes méditerranéennes, mais aussi le lysol souvent, et les cadavres parfois. Le lecteur est immergé dans cette île merveilleuse de Mingher, il aimerait qu’elle existe pour y passer des vacances.

« Aujourd’hui, à l’heure où le gouvernement de la République de Turquie, un siècle et quelques années plus tard, redécouvre Abdülhamid – sultan tyrannique, certes, mais pieux, nationaliste et aimé du peuple, toutes qualités dignes d’éloges – et donne son nom à des hôpitaux, nous savons désormais, grâce aux historiens spécialisés, à peu près tout ce qu’il faut savoir sur la passion de leur cher sultan pour les romans policiers. »

Peut-on imaginer, entre les lignes, des allusions à la Turquie contemporaine?

Vallauris : musées de la Céramique et Magnelli

CÔTE D’AZUR 

Vallauris : Picasso plat poisson

Vallauris est une ville assez laide et embouteillée au-dessus de Sophia-Antipolis. Immeubles hauts et sales, centre commerciaux. Sous la pluie, elle n’est guère séduisante. Dans le Centre Historique, le Château 16ème (ancien prieuré) a quatre tours rondes coiffées de poivrières. Il loge plusieurs musées de la ville.

La chapelle : « La Guerre et la Paix » de Picasso est fermée. C’était le site le plus réputé, dommage! 

MUSEE DE LA CERAMIQUE

Vallauris Picasso Assiette chèvre

Le rez de chaussée présenter les céramiques de Picasso . la plupart sont des assiettes colorées ou non avec des reliefs (ou non) . J’ai bien aimé la Chèvre (déjà à Antibes) et les motifs espagnols. 

Vallauris : Picasso Corrida

En 1946, Picasso rencontre S et G Ramié, fondateurs de l’atelier Madoura. Il emménage à Vallauris en 1948 et acquiert en 1949 une ancienne usine à parfum pour y travailler. Un documentaire-vidéo de 24 minutes : « Picasso-les années Vallauris » montre l’artiste en famille, qui se baigne sur la plage, réalise des plats, sculpte dans son atelier. Des photographes renommés, des cinéastes viennent le voir. Picasso est une véritable star. Chaque année Picasso organise une corrida et on le voit défiler au milieu des habitants de Vallauris. 

Vallauris : Cestino de la discorde

Au premier étage le musée des Céramique expose des céramiques contemporaines . Certaines sont très colorées, violentes, d’autres blanches avec de curieuses protubérances comme celles des Radi avec coupes et boudins, d’autres jouent avec les contrastes entre la surface vernissée et celle brute. j’ai beaucoup aimé les insectes  et les argonautes de Frédérique Bourguet. 

Vallauris argonautes

Des céramiques japonaises sont de toute beauté, sculptures abstraites loin des utilitaires?

Usuelles et traditionnelles : celles qui sont réunies dans le Potager qui n’est pas un jardin mais qui rassemble la vaisselle domestiques pour cuisiner le potage : collection de plats de toutes tailles décorés ou non. 

Clément Massier

Une découverte : Clément Massier (1844 – 1917) a réalisé des vases et objets Art Nouveau très sophistiqués aux surfaces métallisées.

Je regrette d’avoir consacré beaucoup de temps avec Picasso, la star, alors qu’il y avait tant à découvrir.

Musée Magnelli

magnelli 1910

Magnelli est un  peintre italien né à Florence en 1888. il s’est réfugié à Grasse pendant la guerre. il a fréquenté les artistes de la Côte d’Azur et fait don de sa collection à Vallauris.

magnelli 1914 Japonaise

La présentation est chronologique et un médiateur nous montre comment Magnelli part du figuratif, entour les motifs de traits et par la continuité des traits fait disparaître la forme.

magnelli 1954 fibrociment

Un très belle découverte.