Juvisy-sur-Orge avec le Voyage Métropolitain

GRAND PARIS

La Gare de Juvisy-sur-Orge

Notre Voyage commence par un pique-nique à bord de la péniche l’Alternat amarrée sur la Seine à quelques encâblures du Pont de Juvisy . Eric, le batelier nous fait le, s honneurs de sa péniche, ou plutôt de ses deux embarcations. La plus grande, la plus ancienne aussi, 1936 est aménagée avec parquet, scène, bar comme un espace festif. Elle a échappé à la réquisition allemande qui a tronqué nombreuses péniches en vue d’un éventuel débarquement sur les côtes anglaises. C’est un gros gabarit autrefois chargeait du sable, gravier ou du blé. Eric nous fait prendre conscience de l’enjeu écologique du transport fluvial dramatiquement négligé en France. Une seule barge peut emporter le chargement de nombreux camions, avec l’équivalent du moteur d’un seul petit camion. De plus, les particules d’usure des pneus n’existent bien sûr pas sur un bateau! 

Sur la Seine : la péniche Alternat et le pont de Juvisy

L’Alternat m’a d’abord suggéré des politiques alternatives. En effet l’Alternat s’inscrit dans un mouvement de la Paix. Eric nous a invités à réfléchir à ce concept. Il est engagé dans des actions pédagogiques avec les écoles et collèges de Juvisy et Corbeil. Une belle exposition sur le thème de l’eau se trouve étalée dans la cale. Eric emmène les écoliers en croisières sur la Seine. Croisière qui peut durer plusieurs jours puisque la péniche est équipée de cabines, douches, cuisine. Dernièrement ils ont navigué jusqu’à Rouen. 

Avant qu’on quitte la péniche Eric a attiré notre attention sur un projet de mobilité fluviale RIVERCAT  : le projet MonBeauBateau pour l’Île de France : une navette de 100 passager qui desservirait l’Île de France de Soisy sur Seine à Saint Denis . C’est un projet coopératif qu’on peut soutenir. Il me rappelle la navette Voguéo qui reliait Maisons Alfort à Austerlitz et que j’avais plaisir à utiliser puis qui a disparu brusquement.

l’horloge de la gare de Juvisy a survécu au bombardement mais pas à la modernisation elle émerge d’une passerelle moderne

Juvisy-sur-Orge fut un temps la plus grande gare ferroviaire du monde : la ligne allant de la Gare d’Orsay, puis Austerlitz à Orléans et la ligne PLM partant de la Gare de Lyon y convergeaient. En plus des Grandes Lignes, les RER C et le RER D  s’y retrouvent. Le 18 avril 1944, Juvisy a payé très cher cette célébrité : le bombardement britannique a détruit non seulement les installations ferroviaires utilisées par les Allemands mais aussi tout le centre ville fut rasé avec 392 victimes. 

La reconstruction de la ville qui a suivi les destructions est particulièrement intéressante : les pavillons en meulières furent reconstruits presque à l’identique, un œil exercé remarque cependant que la meulière est utilisée seulement en parement sur le béton, les encadrements des fenêtres en relief sont des cadres préfabriqués. Les garages montrent l’importance de la voiture individuelle dans une vie « à l’américaine » . Certains ont eu la chance de voir leur pavillon reconstruit, d’autres furent relogés dans des petits immeubles collectifs toujours en meulière. On élargit aussi les rues en bordant certaines d’arbres d’alignement.

Dans le Centre-ville, l’actuelle Halle de marché, conçue par les architectes Ohnenwald, Aubert et Valdin, bâtiment remarquable, est actuellement classé. Un grand centre culturel est attenant au Marché mais il a été rénové avec façade en verre qui tranche avec la halle de béton.

L’Orge à Juvisy ici canalisée

Juvisy-sur-Orge est bien sûr irriguée par cette rivière de 54 km qui prend sa source  on loin de Rambouillet, traverse les Yvelines et l’Essonne. L’Orge est partiellement couverte dans le centre-ville mais elle est aussi canalisée et offre une belle promenade. 

Le centre-ville et la Gare se trouvent le long de la Seine bordé par un coteau bien raide, rebord du plateau de la Beauce. Autrefois, des vignes étaient cultivées à flanc de coteau, remplacée après le phylloxera par des arbres fruitiers. Il reste encore des espaces couverts d’une végétation sauvage, arbres, buissons et lianes. Nous empruntons un sentier au dessus de la rivière et au hasard de la promenade découvrons une jolie source : bassin arrondi au rebord de pierre contenant une eau très transparente. A Athis-Mons, la commune voisine on nous avait aussi parlé de sources.

Une source cachée dans la& végétation du côteau

Un château gardait la ville, lieu stratégique où embarquait le blé de la Beauce, seul pont sur la Seine jusqu’à Paris. De ce château dominant la vallée de la Seine, il reste un beau parc. Juvisy fut (dit-on) pressentie pour la construction d’un royal à la place de Versailles. Le parc aurait peut-être été dessiné par Lenôtre.  Il reste une splendide terrasse avec une vue dégagée sur la forêt de Senart de l’autre côté de la Seine. Un joli bassin agrémenté de grottes en rocaille nous sert d’abri pendant l’averse. A l’occasion le groupe dérange un couple de petits amoureux. Joli endroit pour un flirt!

Le parc a été loti au fil du temps,  les perspectives ont été tronquées mais il reste de jolis coins comme ces fontaines que nous découvrons à la nuit tombante. Elles ont été déplacées et se trouvaient autrefois  sur le pont sur l’Orge.

les belles fontaines qui ornaient le pont à la tombée de la nuit

Des fontaines sur un pont? Etrange, pas tant que cela si on pense que le Roi Soleil le franchissait avec son carrosse et la Cour en route vers Fontainebleau. Approximativement, la RN 7 (la Route du Soleil) suit une Voie Romaine vers Sens, Lyon…Rome? A Juvisy, le dénivelé était important et peu confortable pour les équipages royaux, on inventa alors une déviation avec une grande courbe pour obtenir une pente douce.

l’Observatoire Camille Flammarion

Sous la nuit nous montons sur la RN 7 pour découvrir l’Observatoire de Camille Flammarion (1842-1925) . En son honneur un astéroïde a été nommé  (605) Juvisia clic

Sur la nationale on peut encore voir la pyramide de Cassini (1742)  qui a servi à mesurer le méridien de la Terre par triangulation avec celle de Villejuif. le cinéma Eden a disparu.  La fin de la randonnée est sous le signe des étoiles avec la projection du fillm Gagarine clic que j’ai déjà vu et beaucoup apprécié : destruction de la Cité Gagarine à Ivry vue par un jeune passionné par les étoiles.

A la gare panique totale : les tableaux des départs sont en panne tous rouge, quel quai? quel train? la foule court en tous sens. Des trains sont supprimés mais en l’absence de panneaux personne ne sait lesquels. Sur le quai 51 il faut pousser pour entrer dans le wagon, deux dames avec des poussettes renoncent juste devant moi et les portes se ferment. Sur le quai 49 des jeunes en gilet rouge dissuadent les voyageurs et les renvoient sur le 51 bondé attente 22 minutes, je retourne sur le 49, le train est là, vide, départ dans 3 minutes. Partira-t-il? Et bien oui contre toute attente.

 

 

Rosa Bonheur à Orsay

Exposition temporaire jusqu’au 15.01.2023

Rosa Bonheur dans son atelier

Depuis notre visite au Château de By j’attendais avec impatience cette exposition. Un billet d’un blog que je suis avec beaucoup d’intérêt m’avait un peu irritée : avec condescendance le blogueur comparait les peintures de Rosa Bonheur aux illustrations des anciens calendriers des Postes. J’étais donc pressée de voir les tableaux de Rosa Bonheur dont je n’avais vu que des photos ou des copie. 

labourage

j’ai aimé l’attention que Rosa Bonheur accordait aux animaux et au monde rural : charbonniers, laboureurs, bergers, marchands de bestiaux. le monde rural est décrit avec minutie et exactitude. Même si parfois les couleurs font un peu « chromos » (surtout dans les barques d’Ecosse).

Berger des Highlands

Le tableau qui l’a rendu célèbre en France, à Londres et en Amérique : le Marché aux chevaux exposé à New York n’a pas fait le voyage mais la copie londonienne si, toute une salle montre les différentes gravures, études pour ce chef d’œuvre

le marché aux chevaux

je ne vois aucune « miévrerie » dans la course musclée des percherons ni dans les attitudes des maquignons

course des chevaux sauvages fuyant l’incendie

Le tableau américain des chevaux sauvages est le contrepoint du précédent : impression de liberté de ces animaux sauvages.

Cerfs dans la brume

les cerfs de la forêt de Fontainebleau sont aussi peints dans toute leur majesté comme ces bisons menacés par les « blancs usurpateurs »

Bisons

La personnalité de Rosa Bonheur transcende  son talent de peintre. Même si la peinture animalière n’est pas à la mode, sa figure de femme libre, défenseure des animaux, des Indiens, qui a adopté le pantalon quand les femmes n’y avaient pas droit, qui a vécu au grand jour avec une femme toute sa vie, en font une icone très moderne. En passant lire le petit livre  de la collection féministe la petite ixe.

Joan Mitchell rétrospective – Monet/Mitchell – Vuitton

Cyprès

Exposition temporaire jusqu’au 27 février 2023

Eblouie! Impressionnée par les immenses diptyques, triptyques, polyptyques éclatants de couleurs qui explosent et emportent tout.

J’ai adoré ces jaunes chaleureux qui évoquent des tournesols

Je suis captivée comme au spectacle d’un feu d’artifice. Je m’arrête pour détailler les traces des coups de pinceaux, des coulures, des reliefs, parfois des grosses taches épaisses (j’aime moins).

Difficile de mettre des mots sur ces sensations violentes. D’ailleurs, Joan Mitchell  ne donne que de très rares indices pour une analyse ou une description. Rares références de lieux ou de circonstances. 

No birds

No Birds est une allusion à Van Gogh : même champ de blé mais pas de corbeaux comme dans Le Champ de blé aux corbeaux . Joan Mitchell est à Vetheuil non loin d’Auvers-sur-Oise. 

.

 

J’ai beaucoup aimé les jaunes, mais Mitchell sait aussi varier les couleurs et les techniques : j’ai imaginé des prés, des champs dans ces à-plats rectangulaires, imaginé des fenêtres sans qu’aucune indication n’y fasse allusion.

Vétheuil

 

ici, dans cette salle où les toiles de Joan Mitchell dont confrontées à celles de Monet, le cartel précise qu’il s’agit bien de la vue de sa terrasse de Vétheuil. La mise en scène de cette confrontation est réjouissante!

Joan Mitchell et Monet : l’heure des bleus

Entre saule et nymphéas, les tableaux de Joan Mitchell s’insèrent parfaitement, se répondent. Accrocher un tableau face aux nymphéas pourrait être dangereux. Et bien non! Mitchell prend sa place en face du Maître de Giverny qui aurait pu être son voisin à cinquante ans près.

Monet : Pont Japonais

Le Pont Japonais frôle l’abstraction. Il figurait auprès des Peintres abstraits américains dans l’exposition à L’Orangerie en 2018 : Nymphéas : l’abstraction américaine et le dernier Monet .

Occasion aussi de découvrir un jardin de Monet que je n’avais jamais vu

Monet : Maison de l’artiste vue du jardin

ainsi que des hémérocalles, des agapanthes de toute beauté. Quelques fois j’ai des doutes, cet arbre est-ce Monet ou Mitchell?

Impressionnante, la série de la Grande Vallée dix immenses tableaux peints en 1983-1984

La Grande Vallée

J’ai volontairement photographié les visiteurs pour donner une idée de l’échelle.

la Grande Vallée

Une exposition réjouissante. Laissez-vous séduire par cette explosion de couleurs et de sensations!

voyage du retour par Saint Malo et Domfront

CARNET DE GUERNESEY

 

La tempête attendue sur la Manche est passée vendredi après-midi. Déjà le samedi le beau temps est revenu. Notre ferry pourra appareiller ce midi (13h55) . Après le magnifique breakfast nous quittons Fleur du Jardin et nous avons devant nous une belle matinée pour refaire le sentier côtier une dernière fois sous le soleil des Grandes Rocques à Pembroke. Malgré le vent, les nageurs sont nombreux dans la petite baie abritée de Port Soif.

Belles vagues sur le sentier du Vazon à Port la soif

Nous arrivons 90 minutes avant le départ du ferry et passons les formalités de sécurité (miroir sous le châssis, ouverture du capot du moteur) je maudis silencieusement le Brexit qui a rétabli les frontières. Je comptais poster une carte postale de l’autre côté de la route. On m’interdit fermement de ressortir de l’enclos du port. Le bateau est plus grand, plus beau que celui de l’aller. J’ai encore pris la précaution d’avaler un cachet de Mercalm avant d’embarquer. Nous choisissons un fauteuil à côté de la grande baie vitrée et j’ai regardé la mer, plutôt moins agitée qu’en venant à Guernesey.

Le retour à bord du ferry qui s’éloigne du Cha^teau Cornet

Saint Malo était baigné de soleil. Nous avons garé la voiture sur le parking à l’arrière de la Plage des sablons tout près de l’Hôtel Cunningham où nous avions passé une nuit l’an passé. J’ai repris le sentier côtier avec grand plaisir.

Arrivée à Saint Malo sous le soleil

Nous avions réservé au Brit Hôtel Transat choisi pour son parking et ascenseur bien pratiques pour une étape. Déception, l’hôtel se trouve dans une zone commerciale au-dessus des parkings et bien loin de la ville historique. Comme horizon, l’enseigne Carrefour…les vacances sont bien terminées !

Dimanche 2 octobre : Retour par Domfront et la RN 12

Le donjon de Domfront

Il pleut, il y a même du brouillard, normal le 2 octobre. Nous ne nous attardons pas à Saint Malo et nous pouvons donc choisir l’itinéraire plus lent par la nationale (une trentaine de km en moins de l’autoroute, économie d’essence et de péages). Nous avons aussi le loisir de faire une étape touristique à Domfront.

La ville historique est située sur une butte à l’écart de la route où est perché le donjon. Bien ruiné un pan de muraille donne une idée de ses dimensions impressionnantes. L’histoire de cette forteresse est très bien contée par des panneaux que je recopie studieusement.

Au début du XIème  siècle, les Bellême construisent un château de bois. Sous Guillaume le Conquérant, Domfront est rattaché à la Normandie en 1049 et constitue sa principale défense contre le Maine, l’Anjou et la Bretagne.

Le donjon roman fut édifié par Henri 1er de Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant seigneur de Domfront depuis 1092 qui devint Roi d’Angleterre en 1100 puis duc de Normandie 1106. La forteresse restera possession personnelle du roi puis celle des Plantagenet jusqu’au 13ème siècle.

Philippe auguste devient Roi de France en 1160, le domaine royal est peu étendu. Certains seigneurs vassaux possèdent de très gros fiefs. Le roi d’Angleterre Jean Sans Terre fils d’Henri et d’Aliénor d’Aquitaine refuse de s’acquitter de ses devoirs de vassal, le roi de France décide de confisquer tous ses fiefs français dont le Duché de Normandie.

Domfront fortifications

Pendant la Guerre de Cent Ans la vocation défensive l’emporte sur la fonction résidentielle. Le système défensif a été modifié pendant la seconde occupation anglaise (1418-1450) afin de l’adapter à l’artillerie à poudre. Domfront reste la dernière place forte tenue par les Anglais jusqu’en 1450.

Pendant les Guerres de Religion au 16ème siècle le château est occupé tour à tour par les catholiques et les protestants. En 1610 un édit royal ordonne le démantèlement des fortifications. A partir du 17ème les habitants de la cité s’approprient les murs subsistants.

L’église en béton de Domfront

La ville historique comporte de pittoresques maisons à pans de bois autour de l’église Saint Julien  en béton édifiée en 1924-1926 par Albert Guilbert, contemporain d’auguste Perret en remplacement de l’ancienne église endommagée par une tempête/ Elle est en béton armé sur un plan carré d’inspiration byzantine. J’aurais volontiers passé plus de temps à visiter l’église, mais aujourd’hui dimanche c’est la messe et je n’aime pas jouer les touristes pendant l’office.

Nous achetons le pique-nique de midi dans la rue commerçante qui court sous la ville haute, andouille de Vire et fromage crémeux du Mont Saint Michel.

 

 

 

 

 

 

A travers la Normandie vers Cherbourg

CARNET DE GUERNESEY

Pour Guernesey, les ferries partent de Cherbourg (lundi et vendredi) ou de Saint Malo. Le passage des voitures est assurés par Condor Ferries . D’autres ferries partent  de Dielette ou de Granville pour les piétons seulement. Nous souhaitions partir vers la mi-septembre ; le décès de la Reine Elisabeth II a contrarié nos plans, impossible de réserver quoi que ce soit dans le Royaume Uni pendant la période de deuil.

 

Vers Cherbourg

Autoroute A13 jusqu’à Caen, RN13 par Bayeux.  Il est encore tôt.  Détour par La Pointe du Hoc qui fait partie d’un circuit de mémoire : Débarquement le 6 Juin 1944 : blockhaus et belvédère surplombant la mer. Les touristes sont nombreux malgré la pluie. La mer est grise et agitée.

Grand Camp-Maisy

Petit port de pêche actif avec sa halle au poisson, un front de mer sympathique. La mer est grise et les vagues battent la digue, et recouvrent la plage. Dans la rue commerçante, nous achetons des sandwiches originaux à la boulangerie : grignettes à l ’andouille et au camembert. La statue de la paix, en acier étincelant sculptée par l’artiste chinois Yuo Yuan, sur la route de la pointe du Hoc ne m’avait pas convaincue. Sur le port, un monument de granite gris foncé dans lequel est évidée la silhouette d’un avion portent les grandes inscriptions Guyenne/Tunisie honore la mémoire de 216 aviateurs.

Isigny

Acheté de retour de Guernesey : excellent

 

Une usine agro-alimentaire se trouve à l’entrée de la cité d’Isigny-sainte Mère. On a décoré le rond-point de vaches normandes en plastique. Un peu plus loin nous trouvons la fabrique de caramel d’Isigny qui parfume la route.

Nous passons la Vire et traversons les Marais du Cotentin et du Bessin .

Cherbourg

Le port de Cherbourg vu du Ferry

Nous évitons la ville  par une rocade  conduisant directement au Terminal des Ferries. Pas facile de trouver une station-service pour faire le plein avant d’embarquer (le 95 est à 1.7€ à Guernesey), nous traversons la ville de part en part pour nous retrouver au point de départ de la rocade. Refaisant un tour, nous avons parcouru 15 km pour rien ! Pique-nique face à une mer grise et agitée qui ourle de blanc la digue et le chapelet de forts alignés gardant la radehttps://www.netmarine.net/g/dossiers/cherbourg/forts.htm. Cette fortification a commencé en  1783, ordonnée par Louis XVI sous le conseil de Suffren, reprise plus tard par Napoléon, et terminée  au 19ème .

Si nous avions disposé de toute la journée j’aurais aimé visiter la Gare maritime Transatlantique qui abrite la Cité de la mer. Je me contente d’admirer de loin le monument.

 

Des Rives aux Pistes – De Vigneux-sur-Seine à Orly en passant par Ablon et Athis-Mons

VOYAGE METROPOLITAIN

Rives de Seine à l’écluse d’Ablon

Explorer le Grand Paris, à pied. Ecouter ce que les riverains ont à nous raconter. Echanger les points de vue et les regards, regards affutés des spécialistes, urbanistes, architectes ou paysagistes, points de vue naïfs des randonneurs lambda, passants d’occasion…

Boucle dans Vigneux-sur-Seine

Skyline avec les 7 gratte-ciels avant leur démolition

La balade a commencé à la Gare du RER D à Vigneux-sur-Seine à la découverte du dernier gratte-ciel de la Croix Blanche . Autrefois 7 tours formaient une Skyline culminant dans la campagne à 24 étages. Il en reste un aux ouvertures fermées par du contre-plaqué, en attente de désamiantage et de rénovation.

le 27 en attente de rénovation

Le panneau officiel date le début des travaux à 2019. Entre-temps Covid et confinements sont passés par là. Des panneaux colorés proposent aux futurs acquéreurs une opération immobilière de prestige sous le patronage de lAtelier Castro Denissof Associés, Cette Tour 27 aurait été acquise pour un € symbolique, le projet fait état de services partagés, d’une terrasse partagée au 15ème étage, d’un jardin suspendu au 18ème….A suivre….

Port aux cerises

Un petit kilomètre peine plus loin, nous entrons dans la Base de Loisirs du Port aux Cerises étang et ruisseaux. Les sablières et gravières ont permis de construire routes, voies ferrées et bâtiments du Grand Paris. Après avoir dragué la Seine pour extraire le sable, on a creusé dans les alluvions, et laissé des trous de taille diverses alimentés par la nappe phréatique, les pluies et crues de la Seine. Depuis des décennies, les habitants ont utilisé pour leurs loisirs ces étendues d’eau. Les travaux paysagers ont été réalisés vers la fin du XXème siècle. Le nom provient de l’ancien port d’approvisionnement des marchés parisiens en fruits frais au XVIIIe siècle. Occasion de réfléchir aux trous, mais aussi aux buttes résultant  des grands travaux (entre autres ceux des nouvelles lignes du Métro du Grand Paris). Paysages anthropisés, néanmoins réserves de nature.  

Une petite route tranquille bordé d’un long mur passe à côté d’une belle ferme ancienne, la Ferme de Noisy. A l’intérieur du vaste paysage boisé se cache le Château de Port Courcel dont l’histoire est assez mystérieuse d’après le site de la Ville de Vigneux  les premières traces datent du 15ème siècle faisant état d’un bac à Port Courcel, d’un château. Depuis 1842, c’est le domaine de la famille Chodron de Courcel. Nous entendrons parler de cette famille (qui est celle de Bernadette Chirac) à plusieurs reprise dans notre promenade à Athis-Mons.

Un panneau discret explique que le triangle compris entre la petite route et la Seine serait un site protégé pour les oiseaux, chauve-souris, l’écureuil roux et certains reptiles. « compensation » pour un bétonnage qu’on ne cite pas. Pour permettre des réalisations artificialisant les sols, il faut « compenser » Quelle bétonisation permet aux oiseaux, écureuils et chauves-souris de vivre tranquillement à Port-Courcel ? Mystère!

Ecluse d’Ablon

Lécluse d’Ablon

Nous traversons la Seine sur la passerelle de l’écluse d’Ablon. Nous sommes accueillis par la responsable des écluses de la Seine et de la Marne de la région (de Nogent sur Marne à Ablon) . Elle nous explique le principe des écluses pour la navigation. Le souci est de maintenir le  niveau d’eau suffisant pour la navigation. En cas d’étiage, il faut demander aux retenues d’eau en amont des lâchers d’eau (Lacs d’Orient pour la Seine). Nous sommes invitées dans la salle de commande où se trouvent une batteries d’écrans pour visualiser les écluses et les bateaux. L’écluse d’Ablon a deux passages : rive droite, plus large pour les péniches et gros bateau, rive gauche seuls les petits peuvent passer. 

Ablon

D’Ablon nous ne verrons que le Parc des Soeurs . Ablon se trouve dans le couloir aérien et la conférencière, pourtant équipée d’un micro, doit arrêter ses explications quand passe un avion. 

Athis-Mons 

Le clocher 12ème siècle d’Athis

 Sur les pentes, on cultivait la vigne qui donnait un vin agréable,  sur le plateau, les céréales. Athis-Mons est la réunion de deux villages, deux grosses fermes dont il reste quelques vestiges, la ferme de Mons a gardé sa grange ancienne (15ème siècle) et  la ferme d’Athis un bâtiment avec une tourelle où logeait un intendant qui fut déplacé au 18ème siècle parce qu’il se trouvait dans la cour du château d’Athis. L’église était à Athis il reste un clocher du XIIème siècle.  Avec le phylloxéra, la vigne a disparu. 

Belle villa de Mons en meulière

L’arrivée de la voie ferrée dans la vallée de la Seine a changé le paysage : la colline de Mons s’est construite d’élégantes maisons de villégiature pour les parisiens fortunés : architecture éclectique, régionalistes avec maisons basques, normandes ou italianisantes. Une constante : l’utilisation de la meulière. la voie ferrée n’a pas apporté que des visiteurs pacifiques. Elle a aussi été la cible de bombardements et de destructions massives, le triage était visé. 

Bel endroit pour un pique-nique!

Nous nous promenons dans cet agréable quartier résidentiel et arrivons dans au Jardin Paul Jovet « Un Jardin à partager » , jardin participatif géré par une association. Chacun participe aux tâches. Jardin botanique, jardin d’agrément, cultivé selon les règles de la permaculture, agrémenté de plusieurs bassins hébergeant une faune diverse d’invertébrés et de batraciens. Il y a  même un poulailler avec un « pouloduc » tunnel reliant l’espace pour la nuit et un autre espace où on les nourrit. L’aménagement du jardin correspond à la destruction de villas importantes en vue de l’édification l’édification d’un pont routier qui devait relier la RN6 de Montgeron  par Vigneux jusqu’à  l’aéroport d’Orly, enjambant ainsi la Seine et permettant aux camions d’accéder directement à l’aux zones de fret aériens. Ce viaduc, imaginé dans les années 60, reste encore comme une menace suspendue  sur le quartier, le projet a été réactualisé en 2019. Les habitants d’Athis-Mons sont vent debout contre ce projet. il n’en est malheureusement pas de même de ceux de Juvisy ou de Villeneuve-Saint-Georges  dont les routes et les ponts sont congestionnés par des bouchons. 

maison de la Banlieue et de l’Architecture (ancienne maire-école)

Après un pique-nique dans cet endroit de rêve nous poursuivons la randonnée par des sentes très pentues qui nous conduisent sur le plateau à la ferme de Mons puis au village d’Athis. Nous passons devant un lavoir alimenté par une source. les sources sont nombreuses sur la pente. Nous visitons le village d’Athis et faisons un arrêt à la Maison de la Banlieue où se trouve une belle exposition sur le thème du regard que l’on peut poser sur la Banlieue, regard ou plutôt regards pluriels. Je reconnais  les  pochoirs de C215 et la photographie de la chorégraphe Bintou Dembélé que j’avais admiré dans les Indes Galantes. Le café offert est le bienvenu avant de repartir pour de nouvelles découvertes. 

Le Château d’Athis héberge maintenant l’ établissement scolaire privé Saint Charles  (lycée et post-bac). C’est un imposant château construit au 17e siècle, par Messire Thibault de la BROUSSE, vendu en 1743à Mademoiselle de Charolais petite fille de Louis XIV, qui  fit agrandir la cour d’honneur en lui donnant de justes proportions, avec une grille en demi-lune, flanquée de pavillons symétriques.  En 1881, le Baron de Courcel devient le nouveau propriétaire et fait construire les deux tourelles et la bibliothèque. On retrouve donc la famille Chodron de Courcel! Elle était aussi propriétaire du très joli pavillon qui héberge maintenant l’Hôtel de Ville d’Athis-Mons Mademoiselle de Charolais  en fit une dépendance du Château d’Athis et fit construire un nymphée. La vue de la terrasse sur toute la vallée de la Seine est très étendue, on reconnait Montgeron, Vigneux, Juvisy, Grigny… et la Forêt de Sénart.

mairie d’Athis-Mons

L’urbanisation d’Athis-Mons se fit par lotissement du plateau, d’abord en habitat pavillonnaire puis récemment en immeubles.  Une petite cité-jardin aux maisons roses et aux potagers encore bien cultivés est l’occasion de revenir sur ce concept social des Cités-jardins. Le paysage se modifie, des arbres ombragent des pelouses vertes entourant des maisons basses à l’américaine sans clôtures.

cité de l’Air

C’est la Cité de l’Air en bordure des pistes de l’aérodrome, construite en 1946 pour le personnel de l’aéroport et le personnel navigant. Verdure et calme, malgré la proximité des pistes on n’entend pas un avion, les couloirs aériens ne passent pas par là. Etrangement, ce quartier n’est pas privilégié, au contraire des pavillons sont murés, ils ont été squattés, on y a installé des réfugiés et une rénovation est prévue avec la construction d’un écoquartier. 

Orly Delta Concorde

la balade se termine au Musée Delta om nous sommes attendus. Visite du Concorde prévue. 

les silences d’Ogliano – Elena Piacentini – Actes sud (2022)

POLAR MEDITERRANEEN

Elena Piacentini est une écrivaine d’origine corse dont j’ai déjà lu un roman policier : Un Corse à Lille CLIC

Les Silences d’Ogliano se déroule dans une île méditerranéenne : Corse, Sardaigne ou Sicile, j’ai aussi pensé à la Calabre. Pays de mafia, de bandits et culture de l’Omerta qui est la traduction littérale du titre. Pays de maquis où l’on peut se cacher, illusion de liberté, doublé dans le roman de grottes et de cavernes. Le livre s’ouvre sur les funérailles d’un mauvais sujet, « officiellement leveur de liège  braconnier et voleur de bétail » cinq étrangers louches sont présents. 

En même temps, le Baron, son fils et sa ravissante femmes viennent prendre leurs quartiers d’été. Deux mondes coexistent : les misérables et les nobles propriétaires.

Libero, le narrateur, est un jeune homme, encore lycéen, le fils de l’institutrice ami du fils du baron comme des jeunes du village. Entre ces deux mondes. Roman d’apprentissage ou d’amour? Libero connait comme sa poche la montagne. Roman de nature?

Je n’ai pas envie d’en dire plus. L’intrigue vous conduira dans des lieux secrets et vous découvrirez les secrets que Les Silences d’Ogliano recèlent. C’est une lecture addictive, très agréable, dépaysante. Et puis, en filigrane Antigone de Sophocle, ne peut que me plaire.

Cependant, j’ai été un peu agacée par le machisme, la virilité célébrée, même si elle est très couleur locale. Surprenant d’une écrivaine, ce rôle mineur dévoué aux femmes sainte mama ou putain, il y a aussi l’alternative folle… Antigone qui dit NON vaut mieux que cela.

Garouste au Centre Pompidou

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2023

Garouste : L’étudiant et l’autre moi-même

J’avais découvert Garouste au Musée de la Nature et de la Chasse dans une présentation du tableau Diane et Actéon qui m’avait bien intéressée CLIC

Pinocchio

Je ne connaissais pas la vaste production du peintre et cette rétrospective au Centre Pompidou a été une surprise. : elle retrace son œuvre sur une quarantaine d’années et se répartit sur plus de 18 salles (+ la chronologie). Il faut prévoir une bonne après-midi et peut-être, comme moi, vous fatiguerez avant la fin ; ce qui est dommage parce que les œuvres les plus récentes sont passionnantes.

EN CHEMIN LE PASSEUR S’INVITE DANS LES SALLES OBSCURES DU PALACE

Garouste, avant d’être un peintre reconnu à part entière se consacra à la décoration et au décor de théâtre. Il construisit une installation La Règle du Jeu avec des objets, des piquets figurant des personnages, un masque, des énigmes. Une série de tableaux  ayant aussi pour titre La Règle du Jeu représente une comédie policière, dispersant les énigmes comme au Cluedo. J’ai passé un peu trop de temps à chercher les indices…

Adhara

Après les décors on en arrive avec de très grands formats à des peintures impressionnantes: dans une atmosphère sombre, deux personnages, l’un d’eux, yeux bandés l’autre accompagné d’un chien, semblent dédoublés : sont-ils Le Classique et l’Indien, figures récurrentes à cette époque? D’autres tableaux sombres, gris ou bruns ont des titres lourds de significations, Constellations, Orthros et le Classique.

Orthros et le classique

Orthros est le chien bicéphale, psychopompe, dit le cartel je remarque une grande maîtrise dans le dessin. En même temps je cherche à mobiliser les souvenirs de la mythologie grecque, sans succès. Un autre tableau s’appelle Orion, encore une constellation, encore de la mythologie. Colomba, encore une constellation mais aussi des allusions littéraires à Prosper Mérimée, et à Henry James avec l’Image dans le le Tapis. 

Garouste nourrit sa peinture de clins d’oeil, un Déjeuner sur l’herbe est composé de  deux femmes habillées et d’un homme nu. Dans la Chambre rouge, encore une inversion aux codes habituels : l’homme git sur le lit alangui tandis que la femme est debout. 

La chambre Rouge

Personnages à l’antique (lutteurs) et nature morte géante avec un énorme vase bleu qui revient à plusieurs reprises dans la série de tableaux. La couleur violente fait apparition dans les années 1985. Le Commandeur, sa statue renversée sont aussi des sujets de la série.  La salle suivante nous plonge dans l‘Enfer de Dante avec des allusions à Delacroix avec le bateau qui conduit Dante et Virgile

Dante

Inspirée de Rabelais, La Dive Bacbuc, une curieuse installation cylindrique, peinte aussi bien dehors qu’à l’intérieur, visible par des œilletons. 

Don Quichotte et les livres brûlés

Cervantès aussi : un portrait de Quichotte avec la figure de J. M. Ribes

Le théâtre de Don Quichotte

On voit maintenant les ânes qui vont peupler nombreux tableaux. Ânes bibliques ou non

Balaam 2005
L’ânesse et la Figue

l »âne et les ânesses figurent dans  nombreux tableaux y compris dans Le Pont de Varsovie et les ânesses

le Pont de Varsovie et les ânesses 2017

Comme j’ai beaucoup de sympathie pour les ânes je les ai photographiés!

A partir de 1990 Garouste s’intéresse à l’hébreu, aux épisodes bibliques mais aussi au Talmud et au Midrach. Il Illustre la Haggadah de Pessah et la Meguilat Esther.

 

Meguilat Esther

Une grande trilogie prend pour sujet Pourim : les masques m’avaient fait penser à Venise avant que je ne lise le titre,

Pourim

Nombreux tableaux sur des thèmes juifs, aussi bien bibliques que plus modernes comme les portraits de Kafka que de rabbins. Celui qui m’a touchée c’est la sculpture de Jonas une arche avec une voile sur des vagues qui contient dans un tiroir secret 4 chapitres du livre de Jonas pliés en leporello (livre accordéon) en hébreu, français, phénicien, yiddisch, latin, allemand. 

Jonas

A vrai dire, je suis arrivée fatiguée et saturée dans ces dernières salles aux thèmes juifs qui sont très intéressantes et j’ai regretté de ne plus être assez concentrée pour m’y consacrer plus sérieusement.

Pourim : le festin d’Esther

 

Dieppe, 19 Aout sous la pluie

Journée pluvieuse, tantôt crachin, tantôt averse violente, vent d’Ouest, ciel gris, mer grise, agitée. L’Office de tourisme a imprimé deux circuits pédestres : l’un va au Pollet et monte sur la falaise l’autre longe le quai Henri IV  et le front de mer, monte au château et passe au Centre-ville.

Visiter Dieppe le 19 Aout n’est pas forcément une bonne idée : la fête foraine occupe l’extrémité de l’esplanade en front de mer, neutralisant les parkings. Cette fête a lieu le 15 Aout, fête dd l’Assomption et aussi commémoration de la Victoire du 15 Aout 1453 rendant Dieppe tenue par les Anglais du Capitaine Talbot au roi de France, grâce à Charles Dumarais aidé du Dauphin, futur Louis XI . C’est une fête foraine assez banale : manèges, autos tamponneuses, grande roue.

Le 19 Août, autre commémoration : celle du débarquement le 19 Aout 1942 anglo-canadien : Opération jubilée 4963 canadiens et 1125 britanniques. Le quart des Canadiens périrent. Lees canadiens ont laissé un souvenir tenace dans la toponymie de Dieppe.

Aujourd’hui, 80 ans plus tard, la ville est pavoisée de feuilles d’érable. Presque tout le Centre-ville est bloqué à la circulation automobile pour les cérémonies. Il en résulte que parking et circulation sont un casse-tête : les itinéraires de déviations nous conduisent dans les quartiers périphériques et les zones commerciales. Quand enfin on parvient au centre, à l’Office de Tourisme proche du Pont Jehan Ango (départ des circuits pédestres) les parkings sont saturés. La ville n’en manque pourtant pas. Dominique trouve une place dans une petite rue et je pars seule sur le Port.

le Pont jehan Ango

Après le pont-levant bleu vif, Jehan Ango, le long du bassin Duquesne ; sous une pluie battante, je m’abrite sous les abris des étals des poissonniers. Il y a grand choix. Je longe ensuite le Quai des Carénages d’où il y a une belle vue sur les belles maisons du quai Henri IV derrière les mats des bateaux de plaisance. Le Pont Colbert est un pont métallique qui conduit au Pollet, le quartier populaire des marins et des pêcheurs aux étroites maisons de silex et de briques.

la falaise du Pollet

Place du vieux Port, je trouve les marques rouge et blanches du GR qui monte raide au Belvédère puis à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours perchée toute seule sur la falaise. Elle fut bâtie en 1876 en brique avec une frise en céramique colorée. Les murs de la nef sont tapissés de plaques de marbre à la mémoire des naufragés, le nom du patron du bateau et la liste des marins décédés, la date et les circonstance du naufrage. C’est impressionnant. Autour du chœur : des maquettes dans des vitrines.

Le parcours continue sur le sentier côtier. Les abords de la falaise, fragile, sont interdits par un haut grillage infranchissable, pas très joli gâchant les photos. J’arive à une bastille (blockhaus ?) un drapeau canadien flotte. Comme il pleut fort, j’&abrège le circuit en empruntant l’avenue des Canadiens bordée de pavillons avec des jardins fleuris qui sentent bon le parfum des roses. Le Chemin de la Bastille descend, puis le Chemin Dauphin Louis XI , enfin une rampe et des escaliers mènent au Pollet. Tout autour du Port, de nombreux restaurants font envie. Certains sont gastronomiques avec des cartes alléchantes de poissons variés, d’autres sont des bouisbouis sympathiques proposant des moules à 12 € ou des maquereaux à la moutarde. L’impossibilité de se garer tranchera.

Nous montons en voiture à la chapelle Notre Dame de Bon Secours pour déjeuner de quiches face à la mer, sur la falaise avec une vue panoramique, surplombant le port et l’avant-port, plus loin la plage. Dieppe est harmonieuse avec les maisons anciennes regroupées autour des bassins. Mais les barres d’immeubles vues du plateau la défigurent surtout en front de mer, les immeubles gris en ciment aux fenêtres carrées. Du château également on ne voyait qu’eux. Quel gâchis !

Les cérémonies de commémoration du débarquement de 1942 se tiennent au Mémorial des Canadiens au bout de la plage. Deux camps militaires  ont été reconstitués, l’un canadien, l’autre britannique avec tentes et véhicules d’époque, figurants en uniforme ou pour les femmes en robes et coiffures des années 40. Nous sommes bloquées, la voiture ne peut ni avancer ni reculer. Nous avançons avec circonspection deans les quartiers piétonniers. Je regrette de ne pas avoir vu les fresques des indiens du Brésil dans l’église Saint Jacques.

Dieppe falaises

A la place de la balade urbaine, je suis le sentier côtier qui monte de la plage de Sainte Catherine au phare d’Ailly. Ici aussi il y a des jeeps de la Seconde Guerre mondiale et des uniformes, les cornemuses et des airs de jazz d’époque montent jusqu’au sentier. Le sentier littoral s’écarte du bord de la falaise. J’entends le bruit des vagues mais je ne vois rien. La pluie a rendu le sol glissant. En montée tout va bien, mais en descente je marche avec précautions, choisissant bien mes appuis pour ne pas dévaler la pente. J’arrive jusqu’à un bois et au phare. Avec le vent de face je rentre toute trempée

A la plage : Saint Aubin, Veules les roses, Sainte Marguerite

BALADE NORMANDE- PAYS DE CAUX 2022

Lever de soleil sur Quiberville

Réveil brumeux. Des écharpes noient le marais et les étangs de la Saâne. Mer et ciel se confondent en un bleu très doux. Je ne distingue pas l’horizon.

Au programme : le village de Veules-les-roses et le plus petit fleuve de France avec ses cressonnières.

Saint Aubin : bâteau de pêche

En chemin, nous nous arrêtons à Saint Aubin où, comme à Quiberville et Pourville, une haute digue barre la vue. Sur la digue les cabines de plage, ici sont multicolores pastels, rose jaune poussin ou bleu clair. Les propriétaires ont donné des noms et les ont personnalisées par des fresques et des dessins naïfs. La marée est basse, l’estran est dégagé, la plage de sable parait immense. Dans l’eau, au loin des silhouettes poussent des filets à crevettes, d’autres font du longe-côte. Après avoir passé en sandales le cordon de galets je me déchausse et marche sur le sable mouillé parfois vaseux et me dirige vers la falaise où des épis semblent bien rouillés et délabrés. Des rochers arrêtent ma progression. Ils sont bas, hérissés de silex coupants ou forés de trous de pholades, couverts d’algues glissantes. Avec des bottes et un seau, j’aurais pu faire une belle pêche !

la plage de Saint Aubin à marée basse

Je me rapproche de l’eau et marche à la limite de la vague dans la direction opposée (vers Veules-les-Roses) où m’attend encore des affleurements de ces rochers pointus.

Pendant que j’arpentais la plage Dominique s’est installée sur la plate-forme où le poissonnier a son étal : directement du bateau de pêche à la vente ! le bateau est encore là. Les pêcheurs tirent leurs filets pour les ranger. La coque est en métal brillant, à bord des piquets portent des drapeaux oranges. Un tracteur va tirer le bateau et le conduire à l’eau. J’assiste à son départ entouré d’un vol de goéland qui l’accompagnent jusqu’au large.

Dominique a acheté deux petites soles qu’on conservera dans la glacière. Il y avait aussi des roussettes (avec la tête on reconnait bien els petits requins), des moules, des crabes et araignées mais pas de bulots qui sont trop chers aujourd’hui.

Veules-les -Roses

Veules les roses : le plus petit fleuve de France

Veules-les -Roses est un village ravissant aux petites rues étroites avec de nombreux restaurants, très touristique aussi ! Pour préserver le calme et le charme du village, on canalise les voitures dans de grands parkings sur le plateau à l’extérieur du village (parking du Canon et Parking de la Falaise). Le bourg n’est pas interdit à la circulation mais il est impossible de se garer (30 minutes seulement quand on trouve une place). Il faut donc avoir de bonnes jambes pour visiter Veules-les-roses et faire la jolie promenade le long du plus petit fleuve de France (un peu plus d’un kilomètre). Les restaurants sont concentrés à l’intérieur du village près de l’église les terrasses dans des   recoins et des placettes ou à l’intérieur. Certains sont hors de prix. Il y a bien une brasserie sur le front de mer mais la : touristes sortis d’un car. Le déjeuner en bord de mer à Veules, c’est raté !

Dans mes recherches de restaurants je suis quand même entrée dans l’église : beau plafond de bois peint et les mêmes piliers sculptés qu’à Varengeville. Les motifs sont marins avec des coquilles Saint Jacques.

Sotteville

Sainte Marguerite : Restaurant Les Voiles

Les Voiles est un restaurant installé au milieu de la digue près des cabines de plage marron avec un liseré blanc. La terrasse est protégée du vent et du soleil par les voiles. Des canapés (demi-palettes de bois et coussins beiges confortables) face à la mer sont simples et rustiques et jolis. Le restaurant est complet, on nous fait attendre qu’une table se libère sur les canapés où nous aurions pu commander des tapas (assortiment de charcuterie, fromages, bulots ou rillettes de poisson) mais nous avons envie de moules. Il nous faudra attendre.

les parapentes débarquent

Au café, une surprise, un véritable débarquement de parapentes groupés, colorés gracieux. Un vrai plaisir des yeux !

Et puis, une baignade dans une eau verte un peu agitée mais pas trop.

Nous rentrons tôt pour profiter de la terrasse de note maisonnette.