Aber Wrac’h – l’Abbaye des Anges

CARNET DES ABERS

Abbaye des anges : chapelle

En saison, les visites guidées se succèdent toutes les heures. Le dernier dimanche de septembre est la dernière occasion de visiter l’Abbaye. Je ne suis pas seule à la visite de 16 heures.

1507-1509 : des Franciscains s’installent après 60 ans sur l’île Vierge où les conditions de vie étaient très difficiles. Les derniers frères quittèrent l’Abbaye en 1791. Un particulier y tint une auberge et un hôtel jusqu’en 1936. 

En 2002 commença la restauration. Plus qu’une visite historique, c’est celle d’un chantier de restauration encore en cours, passionnante!

Abbaye des anges : porte

On entre sous une arche au motif des choux frisés. le conférencier nous explique que l’église fut endommagée après que des aviateurs américains en 1917 en  avaient démonté les poutres  pour la construction d’une base aérienne à proximité. Les Compagnons du Devoir ont reconstruit la chapelle. La couverture est en ardoises de Sizun : la taille des ardoises est décroissante à  mesure qu’on monte, ce qui facilite le travail des couvreurs et qui donne un aspect plus élégant.

Abbaye des anges : sablière sculptée motif marin

A l’intérieur la voûte est en carène de bateau renversée. Le sculpteur  Bernard Duvillers,  avec l’aide des jeunes du Père Jaouen qu’il a formé a sculpté des poutres de la chapelle : les sablières – poutres horizontales sont décorées de motifs marins du côté de la Mer et des animaux et végétaux terrestres du côté Terre. Les engoulants aux extrémités des poutres représentent des animaux fantastiques. 

sablière motif terrestre

Dans les murs on remarque des trous circulaires, ce sont les cols de poteries: 122 pots acoustiques en céramique améliorent l’acoustique de la chapelle – 60 sont d’origine. En projet, des concerts auront lieu ici dès 2023.

Les vitraux sont aussi remarquables, œuvre du verrier d’art de Nantes Eric Boucher . Le verre thermoformé est constitué de trois couches ce qui leur confère du relief.

Abbaye des Anges : mur de séparation du chœur et pots acoustiques

Un mur de séparation (1792) isole le chœur de la nef, pour séparer les Récollets des laïcs.

La Bibliothèque des moines contenait 1200 livres à la Révolution. Il reste une galerie ouverte marquant la limite entre le cloître  occupé par le jardin des simples  – Haute-Cour consacrée à la vie religieuse et la Basse-Cour où se trouvait le puits, les logements des frères converts, le pigeonnier, la buanderie et l’écurie où se déroulait la vie quotidienne.

Abbaye ds anges : fontaine

Deux petites sculptures ont été réalisées par Joseph Pinchon.  A côté d’une petite source à l’extérieur des murs il y a également une statue :La Vierge et l’Enfant  du sculpteur local François Breton dont nous allons voir d’autres sculptures dans la région. 

Joseph Pinchon, (1871 – 1953) l’inventeur de Bécassine, illustrateur, a  aménagé toute une aile pour en faire une résidence qu’on peut visiter et admirer les décors originaux.

 

Plouguerneau : Eco-Musée des Goémoniers et de l’Algue

CARNET DES ABERS

26 septembre : dernière occasion pour visiter l’Eco-musé des Goémoniers et de l’algue, en octobre tout sera fermé! 

Dès l’entrée, une présentation des algues selon la zonation

  • dans les grands fonds : les algues rouges fixent le calcaire. Le maerl forme des amas solides, il est utilisé en agriculture, dans le traitement des eaux et en chirurgie osseuse
  • les laminaires, algues brunes disparaissent en dessous de 25 m. Des échouages permettent la récolte. jusqu’au 20ème siècle les laminaires fournissaient l’unique source d’iode. On a aussi mis en évidence le relâchement de grandes quantité d’iode dans l’atmosphère en situation de stress (fort ensoleillement à marée basse)
  • sur l’estran : les ulves . leur développement est dépendant de la quantité d’azote. Le fucus vesiculus et ascophyllum sont capables de supporter des variations de température et de salinité. On les utilise pour faire des engrais. 

Historique de l’exploitation du goémon

A l’origine le goémon servait à l’amendement des terres en particulier dans le Léon pour les cultures maraîchères.

Dans les îles il servait de combustible.

les exploitations industrielles : soude pour la fabrication du verre, iode, récemment , alginates.

25 tonnes de laminaires, séchées donnaient 5 tonnes de matière sèche, 1 tonne de soude et 15 kg d’iode.

tonne d’algues donne 30 à 40 kg dalginates utilisés comme épaississants alimentaires, dentifrices, gaviscon…

les carraghénanes entrent dans la composition des desserts lactés, des crèmes flans, mousse au chocolat…

Le travail des goémoniers était une activité de complément pour les petits agriculteurs. Il suffisait d’adapter les outils agricoles pour la récolte du goémon. Les agriculteurs pauvres l’utilisaient à la place du bois de chauffage, ils s’en servaient  comme bourre pour les matelas, même de nourriture, on confectionnait des sortes de flans. Enfin pour la teinture des coiffes ou comme soin de beauté. C’était un travail pénible, toute la famille y travaillait et on connaissait peu de protection sociale. L’exposition montre ces conditions de travail, les outils et aussi les bateaux : les sloups

La recherche scientifique est développée dans la région. On mesure la biomasse pour ne pas épuiser la ressource. Une vidéo passionnante montre les méthodes de mesure , sur place comptage dans des cadres, ou par des photographies aériennes et des mesures physiques.

Bien que le musée ne soit pas imposant de l’extérieur, il faut compter près de 2 heures pour lire tous les panneaux. Et encore! je n’ai pas vu les vidéos.

Aber Wrac’h – Saint Antoine, Gîte du Lavoir

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le lavoir Saint Antoine

Nous avons tourné dans la campagne avant de trouver la flèche de bois indiquant le Lavoir en descendant la route de Landeda. Nous étions arrivées trop tôt et avions fait une halte au Port de l’Aber Wrac’h à l’Office de Tourisme. Les indications de nos hôtes ne correspondaient plus et le GPS s’entêtait à nous faire passer par un sens interdit. 

Une belle maison de bois très contemporaine est construite en contrebas du jardin sec : graminées, arbustes et fleurettes des Pâquerettes des murailles et agapanthes dans des copeaux de bois. De grands baies vitrées laissent largement pénétrer le soleil  sur trois orientations dans la grande salle meublée avec une grande table, six chaises de skaï orange, coin salon avec deux canapés et une télévision écran plat XXL. Dans un placard peint nos hôtes ont laissé à notre disposition toute une bibliothèque, Guide Vert et beaux livres sur la Bretagne. La cuisine laquée de blanc contient tous les accessoires, four, lave-vaisselle, micro-onde, robots et des plaques à induction. Le réfrigérateur est caché par une porte de bois brut sous l’escalier d’où on peut tirer un plan de travail supplémentaire et un tiroir profond pour les sacs des courses et les réserves.

La chambre du rez-de-chaussée a un lit King size, avec de jolis coussins et une tète de lit très originale, porte lazurée de gris . Une guirlande de boules de verre comme des boules de Noël  qui s’éclairent. En guise de table de nuit, un casier de bois accolé au mur.

A l’étage se trouvent de belles chambres et une salle de bains. Nous n’y sommes montées qu’une fois pour visiter.

Accueil parfait, situation parfaite, proche du port et du GR34. Les courses sont à Lannilis (grandes surface) et à Landeda (superette et excellente boulangerie).

La surprise c’est le ruisseau qui coule au milieu de la pelouse et surtout le lavoir de l’autre côté du muret : un enchantement!

Rouge Impératrice – Léonora Miano

LIRE POUR L’AFRIQUE

J’ai rencontré Léonora Miano dans Télérama qui lui a consacré un long article avec ce titre: 

Léonora Miano : “Je déplore la tendance du féminisme à vouloir tout coloniser” 

J’ai été interpellée par cette phrase et par ses accusations envers les féministes de victimiser les femmes africaines. J’ai voulu en savoir plus et j’ai chercher un de ses livres.

Au hasard, j’ai téléchargé Rouge Impératrice. 600 pages, 11 jours d’une lecture laborieuse.

C’est une dystopie : le roman se déroule au XXII ème siècle dans un état-continent Katiopa, sans doute l’Afrique mais sans plus d’indication géographique. Je suis mauvaise lectrice pour les dystopies : j’ai du mal avec la géographie inventée, les langues inventées, les diverses innovations techniques. Leonora Miano a prévu un glossaire, je m’y suis souvent référée, ce qui a ralenti la lecture. J’espérais retrouver des ambiances africaines, des saveurs, des animaux, les arbres…l’univers est aseptisé, dans cette Katiopa moderne on se déplace en superTGV qui traverse le continent, un tramway et des bicyclettes électriques, et des passerelles électrifiées sont installées dans des villes piétonnières où seuls les privilégiés ont des véhicules personnels…pas très exotique. 

Rouge Impératrice est un roman d’amour : Boyadishi, la quarantaine, universitaire, évidemment, très belle, très séduisante, très libre, est remarquée par Ilunga qui est le chef d’état de Katiopa. Ilunga aussi est très intelligent, très beau, très puissant (puisqu’il règne) ; il n’est pas aussi libre, il est marié mais ce n’est pas un problème puisque la polygamie est la règle et qu’il vit séparé de sa femme lesbienne. Les deux quadragénaires parfaits filent le parfait amour. Trop de perfection nuit à la littérature, à mon goût tout au moins. Et les passages érotiques m’ennuient prodigieusement. Heureusement il y a des méchants, Sheshamani, la lesbienne et Igazi, le ministre de l’Intérieur (cela ne s’appelle pas comme cela à Katiopa). il y a aussi l’amant que Boyadishi a éconduit et qui veut se venger….

Rouge Impératrice peut aussi être lu comme fable politique. Katiopa s’est libérée du colonialisme vient  de s’unifier et à vit en autarcie dans le rejet total des anciens colons. Par une inversion (que je ne suis pas arrivée à éclaircir) l’Europe est anéantie et les anciens colons deviennent des réfugiés : les Sinistrés. Quelle politique adopter vis à vis de ces Sinistrés : les expulser ou chercher à les intégrer? 

« Cependant, il pouvait se révéler néfaste pour la société d’abriter en son sein un groupe humain amer et revanchard. »

Au cours d’une allocation télévisée Ilunga fait cette déclaration:

« Katiopa, tu l’aimes ou tu le quittes.

Cela sonnait bien, et on avait en effet les moyens d’une telle politique. »

Cela ne vous évoque rien?

« Elles refusaient que ces étrangers fassent l’objet d’un rapatriement forcé, mais se satisfaisaient de les voir mordre la poussière, faire l’expérience de l’infériorité, de l’invisibilité, du silence. Ce n’était pas le comportement le plus charitable, mais c’était ainsi, le passé avait laissé des traces. Sans se l’avouer, on se réjouissait de voir les maîtres de l’ancien monde réduits à leur plus simple expression humaine, passés de premiers à derniers. Cette petite revanche n’avait pas encore duré assez longtemps pour que l’on en soit repu. Le mokonzi devait tenir compte de cela. »

Un autre groupe se distingue, des sortes de hippies, babas cools qui ont fondé des communautés qu’il convient de surveiller  mais qui s’avèrent peu dangereux.

Malgré les lourdeurs du style pompeux, malgré mon désintérêt de l’histoire d’amour, les aspects politiques, les rapports des hommes et des femmes m’ont assez intéressée pour que je poursuive cette lecture.

Lecture curiosité plutôt que lecture -plaisir.

 

De Loguivy-de-la-mer à Ploubazanec sur le GR34

Pour arriver de Tréguier à Loguivy-de-la-mer la D786 passe le Trieux à Lezardrieux et arrive à l’entrée de Paimpol. Ensuite le GPS nous guide à travers la campagne et les champs de choux, choux-fleurs et maïs sur un itinéraire improbable et tortillant. Nous avons complètement perdu le sens de l’orientation quand on voit le port de Loguivy, joli et petit, tout à fait pittoresque.

les îles de Bréhat

Je trouve les balises du GR34au pied des marches et chemine un moment dans les maisons avant de rejoindre la grande baie de Ouern. Sentier facile sur la route d’abord puis près du rivage, de temps en temps dans les champs à l’abri de haies piquantes. Au large on devine les îles de Bréhat avec tout un cortège d’îlots, îlets, roches …

Bréha

Le sentier quitte la côte devant une belle propriété avec des chevaux dans un pré qu’il faut contourner, il monte très raide (j’ai regretté d’avoir oublié mon bâton, cela pourrait glisser),, traverse un petit bois puis redescend sur la Pointe de l’Arcouest dont le nom m’avait fait rêver et qui n’est vraiment pas pittoresque : un vaste parking accueille les visiteurs de Bréhat qui ne peuvent pas embarque avec leur véhicule et le terminal des ferries. A fuir!

D’ailleurs le GR34 tourne délibérément le dos à cette accumulation automobile : traverser la route et chercher le sentier qui monte très raide avec des marches au panorama sur Bréhat. De là, il faut être attentive aux balises parce que le parcours est un peu compliqué dans les maisons. (Visorando est d’une grande aide avec une description précise et toujours avec le point bleu qui se promène sur la  carte).  Je croise d’autres randonneurs perdus faute d’un balisage régulier. Je les snobe, le nez dans l’écran du smartphone pour vérifier que je suis bien sur l’itinéraire. On passe devant la Maison Noteric qui est la maison de la Réserve Naturelle (fermée ce jour-là). le sentier remonte encore bien raide, je loupe la Croix des Veuves mais pas la Chapelle de la Trinité et j’arrive à Pors Even où Dominique m’attend. 

Chapelle de Ploubazannec

Elle a garé la voiture sur la cale des ostréiculteurs et nous restons une bonne heure au soleil à observer le va-et-vient des tracteurs qui tirent des barges métalliques qui flottent dans l’eau et qui sont chargées des coussins sur lesquels grandissent les huitres. Le bateau devient remorque quand le tracteur le tire sur le rivage rocheux à côté de bassins de ciment. Les hommes déchargent des piles de ces coussins. C’est un  travail de fourmis. Je dessine pour observer plus précisément. Les Viviers Dauphin sont ouverts. j’achète un petit kilo de moules, sur la route il faudra aussi trouver de la crème dans un petit supermarché à l’entrée de Paimpol. 

chapelle de ploubazannec

Pendant que je marchais, Dominique a trouvé la très belle Chapelle de Ploubazanec avec ses sculptures de granite et les ex-votos sous le porche. Nous sommes dans le roman Pêcheur d’Islande de Pierre Loti et la toponymie nous le rappelle avec le Mur des Disparus en mer et la Croix des Veuves. 

Une année en Normandie – Hockney à L’Orangerie

Exposition temporaire jusqu’au février  2022

a year in Normandie (été)

J’avais été bluffée par la Rétrospective Hockney à Pompidou en 2017, surtout par la variété des œuvres et des techniques employées. David Hockney n’est pas uniquement le peintre des piscines californiennes, même si ces toiles sont géniales. J’ai regretté d’avoir raté son exposition à la Galerie Long Ma Normandie  rue de  Téhéran (2020) d’autant plus que j’ai vu sur Internet La place de Beuvron-en-Auge où nous avions déjeuné quelques semaines plus tôt. Je me suis donc précipitée à l’Orangerie dès l’ouverture! 

Hockney en majesté à l‘entrée de la salle des Nymphéas! Quel honneur! Certes, les deux tableaux d’ouverture sont très séduisant.

Hiver

L’idée serait venue à David Hockney de la tapisserie de Bayeux de réaliser une longue fresque imprimée sur papier de 90 m de long racontant le déroulement d’une année en Normandiede l’hiver à l’arrivée du Printemps, puis de l’été et de l’automne. Variations de lumière sur un sujet récurrent : sa maison en Normandie, les pommiers et collines l’environnant. 

printemps
été
automne

L’ensemble est séduisant, on se promène avec plaisir dans cette composition monumentale.

David Hockney « peint » avec son Ipad et il faudrait expliquer comment. Les traits sont bizarres, souvent répétitifs. on n’imagine pas la main de l’artiste. Certaines fleurs dans la pelouse, pissenlits( ? ) sont figurés par des ronds parfaits, cette nature artificielle simplifiée me dérange un peu. L’ipad pourqjuoi pas? un procédé parmi les nombreux que le peintre a expérimenté comme le polaroïd, les collages, la vidéo (géniale arrivée du printemps vue à Pompidou) . Simplement le voisinage avec les Nymphéas parait présomptueux et dessert plutôt Hockney.

les chapelles de Penvenan

CARNET DU TREGOR

Chapelle de Port-Blanc

Nous avons vu ces chapelles, cet hiver, fermées. Les Journées du Patrimoine sont l’occasion d’en découvrir l’intérieur. Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à une sorte de rallye d’une chapelle à l’autre.

En route d’abord pour Port Blanc

L’estran est découvert à marée basse. Il se déroule une course à pied : Le Trail de l’Estran sous le patronage du Télégramme de Brest. Les coureurs passent par petits paquets, groupes d’amis ou en famille. Une voiture s’arrêt « Vas-y Papa » . Je voulais justement emprunter leur parcours. pas de problème, le commissaire de la course m’engage à marcher : » Au moins vous aurez le temps de profiter du paysage » . Trois dames de mon âge me demandent : « vous avez vu les coureurs? » moi :« oui devant! » – « bien sûr devant! » rigolent les coureuses qui n’ont aucune prétention de battre des records mais plutôt de finir le parcours. Ils courent sur le sable puis sur les galets, enfin sur les rochers. Comme c’est peu confortable en sandales je monte sur la digue où se trouve le GR 34

Premier pique-nique : crevettes grises,  nos préférées.

L’après midi est dédié aux chapelles ouvertes exceptionnellement aujourd’hui.

Chapelle Notre Dame de Port Blanc

la chapelle est fleurie comme pour un mariage

Bien cachée à l’écart du village, son toit à deux pans surgit de la pelouse, on la croirait enterrée. Elle est très ancienne. Au XIIIème il y avait là une tour de guet. Pour l’occasion des Journées du Patrimoine, on a décoré la chapelle avec de grosses têtes d’hortensias bleus comme pour un mariage. Deux belles maquettes de voiliers(sans doute des ex-votos) pendent du plafond. Dans un coin la chaire à prêcher est peinte avec un décor floral. 

Chapelle de Saint Gonval

Chapelle et tumulus de Tossen

Sur la route de Buguélés. c’est une chapelle toute simple rectangulaire de petite taille, moderne (1914-1915). Elle est décorée de statues anciennes en bois. 

A proximité de la chapelle ; un alignement de dalles de granite en cercle : reste du tumulus de Tossen du néolithique moyen (2300 av. J.C.). ces pierres entouraient la base d’une colline artificielle de 10 m de haut? 

Saint Nicolas de Buguélés

Construite au Moyen Age, elle fut gravement endommagée au XVIème siècle et rebâtie à cette époque. L’aménagement intérieur le plus remarquable est un balustre (1649) séparant le chœur de la nef. le bois est gravé d’une inscription. 

Une dame et une petite fille m’accueillent gentiment et me donnent l’historique de la chapelle sur une feuille dactylographiée. La petite fille est toute fière de m’annoncer que c’est sont arrière-arrière-grand-père qui a réalisé la maquette de bateau suspendue. 

Saint Gonéry de Plougrescant

Le curieux cloché cassé de Saint Gonéry

le clocher de bois recouvert de plomb penche curieusement. L’enclos paroissial a une belle chaire à prêcher extérieure?

J’ai la chance d’assister à une visite guidée. Le conférencier détaille les fresques du plafond de bois peint au 15ème/16ème siècle et restaurées avec des couleurs très vives.

Adam et Eve au Paradis avant la Chute

Sur me registre du haut est figurée la Genèse. Adam et Eve, au Paradis nus sont curieusement  couverts de feuilles sur une sorte de collant. Après la Chute, ils trouvent des outils : une houe pour travailler la terre et une herminette pour construire une maison. Eve a une quenouille pour filer. Sur trois tableaux on constate l’amélioration de la maison et des habits. naissance de Caïn puis celle d’Abel, Caïn est déjà jaloux et se cache derrière un pilier.

Résurrection de Lazare

Le registre inférieur relate les scènes de la vie du Christ ; Résurrection de Lazare, la Cène et la Trahison de Judas?

la Cène

Le grand tombeau de pierres est celui de l’évêque Halesgoet.

Plougrescant

Il fait si beau que nous n’avons pas envie de rentrer. Arrêt à Porz Scaff. je suis le sentier côtier jusqu’au site du Gouffre parmi des rochers spectaculaires. 

Promenade dans Tréguier – maison d’Ernest Renan

CARNET DU TREGOR

Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »

Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.

Parking place des Halles juste en dessous de la cathédrale Saint Tugdal  Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge  surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)

Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher

En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…

Tréguier La Douleur

Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!

la Maison de Renan

Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale

10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port. 

Ernest Renan

 

La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque. 

Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies de Nadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.

Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.

J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus. 

Arrivée à Plouguiel – jardin Le Kestellic

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le manoir et le Jaudy

Ce « jardin suspendu » se  trouve sur une pente très raide  dominant l’estuaire du Jaudy. 

Son histoire remonte à 1880 quand Aristide Tallibart, un marchand revenant de Constantinople, fut mis en quarantaine au pied du roc et imagina d’y construire une villa d’inspiration orientale. Son fils bâtit au début du XXème siècle un  manoir néo-breton. En 1965, le nouveau propriétaire, ingénieur agronome,  dessina un jardin où se mêlent essences exotiques et indigènes. C’est donc un parc bien installé avec des arbres de haute taille, acclimatés depuis des décennies, pour figurer des zones climatiques (méditerranéenne, australe, himalayenne). Des sentiers serpentent en longues boucles, descendant la pente pour arriver au bord  de l’eau pour arriver au manoir fleuri (salon de thé).

Kestellic

Cette promenade est un enchantement parmi les hortensias et hydrangeas, aux grosses têtes fleuries bleues, blanches ou roses, certaines très originales. On passe des ruisselets qui vont de sources en bassins sous des bosquets.

Kesetellic hydrangéa bleu

Il était temps de venir : ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale!

le Jaudy

 

Autour de Portsall sous la pluie

CARNET DES ABERS

Pluie vent et vagues

La météo est exécrable mais on ne se laissera pas intimider! 

Quand nous arrivons, le port de Portsall est très tranquille ce mardi de fin septembre. Je trouve les balises du GR34 rue des Pêcheurs. Il passe entre les maisons sur de petites rues puis suit la côte découpée de pointes rocheuses terminée par des rochers spectaculaires. Je retrouve Dominique garée devant un minuscule port, pas de quai mais une dizaine de bateaux à l’eau.

limicoles

En face, la très belle plage de sable  de Tréompan. J’aimerais la parcourir pieds nus mais il fait très frais et j’ai peur de ne pas passer les barres rocheuses qui coupent la plage. La mer est haute mais de faible coefficient. Cela passe. Une volée de limicoles s’est posée : gravelots, courlis ou bécasseaux. J’ai encore oublié mes jumelles. La pointe est sableuse et annonce les Dunes de Tréompan et la Plage des Trois moutons.

Depuis le début du séjour, nous avions décidé d’aller au restaurant le premier jour de pluie. Nous n’avons donc pas emporté de pique-nique. Ce matin les restaurants de Portsall étaient fermés. Le soleil se pointe : nous allons faire les  courses à Ploudalmezeau. Le chantier qui barre la route va nous compliquer les trajets toute la journée (le GPS l’ignore et nous dirige vers cette tranchée infranchissable). Dans un si petit bourg Leclerc a installé un magasin gigantesque où je trouve crevettes, salade carotte, ananas et surimi. 

L’après-midi,  nous explorons la côte au Sud de Portsall

Kersaint

Kersaint, juste à la sortie de Portsall possède une magnifique chapelle : Notre-Dame-du-bon-secours (1518). Kersaint « village des saints » doit son nom aux deux saints, Saint Tanguy et Haude. Selon la légende, Tanguy aurait décapité sa sœur Haude près d’une fontaine. Trois vitraux (1901) et deux statues rappellent cette histoire. De beaux vitraux contemporains très lumineux éclairent cette chapelle, église et sonorisée. l’association locale invite aussi à consulter leur site web

Donjon de Trémazan

Un peu plus loin dans les terres se trouve le puissant donjon de Trémazan. Donjon carré XIV ème siècle appartenant à la famille du Chastel.

le GR34 suit la côte en corniche (parallèle à la route touristique) jusqu’au petit village d’Argenton. 

chapelle Saint Samson

Sous une pluie battante nous faisons halte à la petite chapelle Saint Samson, toute petite, isolée dans la lande. A côté, une croix et une dalle. Autrefois il y avait un menhir miraculeux : il suffisait de se frotter le dos pour se débarrasser des rhumatismes. Construite en 1785, elle est toute simple. Saint Samson ait un moine gallois venu au VIème siècle évangéliser la Bretagne. 

Après Argenton, la côte devient plus échancrée, découpée avec des pointes, des îlots, des roches émergées. 

Saint Gonvel

La Chapelle Saint Gonvel est bien cachée à proximité d’un dolmen dans un écrin de verdure. Si j’avais eu l’information sur place, j’aurais cherché la stèle gauloise couchée à un angle. Le dolmen est d’approche difficile, on l’a juste entraperçu. 

A la pointe on signale des fours à goémon. Tout le long du littoral on peut retrouver ces anciens fours où l’on calcinait le goémon pour récupérer les cendres riches en soude qui servait, entre autres – à l’industrie du verre.  En général il s’agit d’une simple tranchée bordée de pierres mais ici il semble que ce soit un complexe plus important. 

Nous poursuivons la route jusqu’à Porspoder. Sous la pluie le village n’offre pas son visage le plus avenant. On s’engage dans la petite presqu’île du Vivier. Il y a bien des viviers mais on n’y vend ni huitre ni moules. Ce sont des bacs expérimentaux de la station de l’IFREMER. 

Je termine le circuit à pied sur le GR jusqu’à Saint Samson. il pleut, il vente, il grêle même. Par chance j’ai le vent dans le dos. Je me persuade que puisque nous ne sommes pas en sucre nous ne sommes pas solubles dans la pluie (surtout ne pas dire « qu’on ne fond pas« ). Cela ajoute même à la dramaturgie des vagues qui explosent sur les roches. Promenade sublime!