Sous une pluie battante, nous avons du mal à sortir de Vallauris. Les voitures parechoc contre parechoc. le GPS s’entête à nous faire monter sur l’A8. Seule ruse, le programmer pour une destination précise : Cannes, la Croisette pour être sûres de voir la mer et de longer le littoral.
Nous déjeunons de pizzas du boulanger à la mer à l’entrée de Cannes face à l’île Marguerite et son fort.
Nous suivons la Croisette. Je guette le Carlton, le Martinez, le Palais des Congrès toutes les images mythiques du Festival de Cannes.
Esterel entre la Napoule et Théoule
La route est coincée entre la voie ferrée et la mer. Le trajet est très agréable jusqu’à la Napoule. Après Théouleelle grimpe sur l‘Estérelentre les mimosas en fleur. je n’en ai jamais vus de si hauts ni de si fournis. les roches rouges, la montagne escarpée hérissée de pitons. Grand spectacle même sans le soleil. Dans les calanques, les vagues battent les rochers. J’attends qu’une grosse se brise en un paquet d’écume . Il faut de la patience pour appuyer sur le déclencheur au bon moment.
Esterel au dessus d’Agay
Un peu avant 16 heures nous sommes aux portes d’Agay sur le Chemin des Beaumettes nous découvrons la Résidence Agathos et notre nouveau gîte : un « bastidon » (une maisonnette) qui donne sur une pelouse verte puis la plage. Il suffit de pousser le portillon pour aller se baigner à la belle saison.
Le bastidon est minuscule. Dans la chambre, on ne peut pas tourner autour du lit. Les placards sont pleins avec la literie. Je fais un tri entre ce qui est indispensable et ce qui restera dans la voiture, entre les provisions périssables et celles qui retourneront dans le coffre. Il faudra apprivoiser cet espace exigu. On apporte toujours des affaires inutiles.
Un tour dans Agay pour les courses. Beaucoup de boutiques sont en « fermeture annuelle ». Les horaires d’hiver sont étonnants : entre 10h et 13h, ce qui ne nous convient pas du tout; si on compte randonner.
Agay : la plage
Je termine la journée par une promenade sur la longue plage de sable rouge-brun arrondie et dominée par la verdure, le mimosa et les rochers rouges.
Vallauris est une ville assez laide et embouteillée au-dessus de Sophia-Antipolis. Immeubles hauts et sales, centre commerciaux. Sous la pluie, elle n’est guère séduisante. Dans le Centre Historique, le Château 16ème (ancien prieuré) a quatre tours rondes coiffées de poivrières. Il loge plusieurs musées de la ville.
La chapelle : « La Guerre et la Paix »de Picasso est fermée. C’était le site le plus réputé, dommage!
MUSEE DE LA CERAMIQUE
Vallauris Picasso Assiette chèvre
Le rez de chaussée présenter les céramiques de Picasso . la plupart sont des assiettes colorées ou non avec des reliefs (ou non) . J’ai bien aimé la Chèvre (déjà à Antibes) et les motifs espagnols.
Vallauris : Picasso Corrida
En 1946, Picasso rencontre S et G Ramié, fondateurs de l’atelier Madoura. Il emménage à Vallauris en 1948 et acquiert en 1949 une ancienne usine à parfum pour y travailler. Un documentaire-vidéo de 24 minutes : « Picasso-les années Vallauris » montre l’artiste en famille, qui se baigne sur la plage, réalise des plats, sculpte dans son atelier. Des photographes renommés, des cinéastes viennent le voir. Picasso est une véritable star. Chaque année Picasso organise une corrida et on le voit défiler au milieu des habitants de Vallauris.
Vallauris : Cestino de la discorde
Au premier étage le musée des Céramique expose des céramiques contemporaines . Certaines sont très colorées, violentes, d’autres blanches avec de curieuses protubérances comme celles des Radi avec coupes et boudins, d’autres jouent avec les contrastes entre la surface vernissée et celle brute. j’ai beaucoup aimé les insectes et les argonautes de Frédérique Bourguet.
Vallauris argonautes
Des céramiques japonaises sont de toute beauté, sculptures abstraites loin des utilitaires?
Usuelles et traditionnelles : celles qui sont réunies dans le Potager qui n’est pas un jardin mais qui rassemble la vaisselle domestiques pour cuisiner le potage : collection de plats de toutes tailles décorés ou non.
Clément Massier
Une découverte : Clément Massier(1844 – 1917) a réalisé des vases et objets Art Nouveau très sophistiqués aux surfaces métallisées.
Je regrette d’avoir consacré beaucoup de temps avec Picasso, la star, alors qu’il y avait tant à découvrir.
Musée Magnelli
magnelli 1910
Magnelliest un peintre italien né à Florence en 1888. il s’est réfugié à Grasse pendant la guerre. il a fréquenté les artistes de la Côte d’Azur et fait don de sa collection à Vallauris.
magnelli 1914 Japonaise
La présentation est chronologique et un médiateur nous montre comment Magnelli part du figuratif, entour les motifs de traits et par la continuité des traits fait disparaître la forme.
9H, nous arrivons sur le célèbre terrain de boules où Yves Montand, Lino Ventura, Henri Salvador et d’autres célébrités de Saint Paul de Vence jouaient. Un petit marché touristique s’y est installé.
Saint paul de Vence : jeu de boules
le sentier d’interprétation des fortifications bastionnées court à la base des remparts en parfait état élevés par François 1er à la suite de sa victoire à Ceresole en 1544.Saint Paul de Vence gardait la frontière entre la Provence et le Comté de Nice. Des explications techniques sont présentées sur des panneaux notant l’évolution de l’artillerie et des fortifications
Saint paul de Vence : Remparts
Dans ce matin ensoleillé la vue est merveilleuse sur la campagne plantée de citronniers, orangers, oliviers. Cyprès et pins se détachent; la mer brille au-delà de Cagnes. une bordure d’artichauts décore les pelouses. Cette promenade est plus longue que je ne m’y attendais. J’aboutis au cimetière où est enterré Chagall près de la Porte de Nice par laquelle j’entre dans le village.
Saint Paul de Vence : rue à arcade
La Rue Grande serpente entre les maisons de pierre. Village soigné, très soigné, peut être trop. Boutiques chics, très chics, trop chics. Pas de bazars à souvenirs pour les touristes fauchés, rien que du beau. Pareil pour les galeries d’art : en vitrine, deux lithographies signées Chagall, excusez du peu! Très jolis objets, sculptures en marbre ou bronze. Après avoir visité tant de musées et expositions, mon ambition serait d’être capable de distinguer ce qui est beau du tout-venant. Je ne suis pas encore au point.
Le village est désert. Deux commerçantes bavardent sur le pas de leur boutique. Un troisième arrive : « nous avons une clientèle étrangère qui ne vient pas à cause du Covid et cette guerre en Ukraine, quelle catastrophe! »
Saint Paul de Vence : fontaine
J’arrive sur la placette de la Grande Fontaine, un raidillon à grimper et me voilà sur la place de l’église collégiale et du Donjon. Les deux tours carrées s’élèvent à peu près au même niveau. L’église est vaste avec plusieurs nefs aux arcs romans meublées de retables baroques. Tout près se trouve la Chapelle des pénitentsblancsdécorée par Folon, fermée, elle n’ouvrira que cet après-midi.
J’entre dans la cour de l‘Ecole de Célestin Freinet sur un mur, des carreaux ont été décorés par des enfants pédagogie Freinet? ou souvenir du Maître?
à l’Office de Tourisme : mauvaise nouvelle! la Fondation Maeght procède à l’accrochage d’une exposition temporaire, la plupart des salles sera fermée.
FONDATION MAEGHT
La Fondation Maeght se trouve à l’extérieur de Saint Paul de Vence sur le Chemin des Gardettes dans la pinède.
Chagall
A la mort de leur fils, Bernard, Aimé et Marguerite Maeght, sur le conseil de Fernand Leger, partent en voyage aux Etats Unis et visitent les Fondations Barnes et Guggenheim. A leur retour, ils décide de créer une fondation. De nombreux artistes collaborent à cette œuvre : Miro, Giacometti, Braque, Calder etc.. A la suite de la visite de l’Atelier de Miro, ils choisissent le même architecte Josep Luis Serp. Le bâtiment de la Fondation fut inauguré en 1964?
Jardin des sculptures
Chouette Miro
Nous n’avons pas de chance! Avec l’accrochage de l’exposition plusieurs salles sont fermées et les jardiniers sont en train de labourer la pelouse sur laquelle se trouvent les statues de Calder, Miro, Arp et Zadkine qui se retrouvent au milieu d’un champ retourné ce qui ne les met pas en valeur. je n’ai même pas photographié celle de Arp qui m’a beaucoup plus. la chouette de Miro a encore un petit tapis vert.
Collections permanentes
Miro Giacometti
Tout un mur est occupé par des grandes lithographies de Miro (234 cmx122 cm) La Guerrière de cent ans, La Meneuse de lune,
La Grande Ecaillère, La Folle au piment rageur, l’Haltérophile, tandis que des Giacomettioccupent l’espace ; j’ai bien aimé les Trois Hommes qui marchent.
Bonnard : l’été
Un grand Bonnard (260 cmx340 cm) L’été (1909) est très coloré, deux femmes sur fond orange, quatre enfants bleus sur fond bleu jouent avec un petit chien.
Immendorf
Face au Bonnard, un très grand tableau de Jörg Immendorff (288 x330) un singe- homme, silhouette très sombre fait voler une série d’images colorées vers une pyramide de singes, au fond une pyramide, sculpture ou humains attaqués par des serpents(lacoon).
labyrinthe
De cette salle on peut aller sur la terrasse où l’on découvre le Labyrinthe Miro. C’est un jardin en terrasses accueillant des céramiques de Miro : une sorte de lézard rampe sur un mur, quand je m’approche je constate que ce n’est pas un lézard : il a une tête humaine. un gros cône semble faire un doigt d’honneur, de près il présente toutes sortes de protubérance? Il y a aussi une sorte d’oiseau blanc, un coq maniant une fourche….Sous les pins je reste un moment à photographier toutes ces inventions de Miro.
Chapelle dédiée à Saint Bernard
Vitrail braque
Elle se trouve un peu à l’écart. Braquea dessiné le vitrail, Raoul Ubac a réalisé un chemin de croix en ardoise
Entre les bâtiments il y a aussi un bassin en mosaïque avec des poissons, oeuvre de Braque . Sur la façade, encore une mosaïque, de Chagallcette fois.
Exposition temporaire Moninot : Le Dessin Elargi
Monninot chambre d’Echo
Difficile de rendre compte de l’exposition qui n’est pas montée entièrement et que je découvre sans guide ni explications en dehors de cartels pas terminés.
Une pièce contient une installation : La chambre d’écho en son centre un dispositif avec un cadre un cadre très fin dessine un parallélépipède où sont suspendus ces mobiles métalliques qui font le bruit du vent. Des larmes de résine transparente et au fond sur une feuille plastique il y a la photo très stylisée d’une montagne , est-ce la montagne qui renvoie l’écho?
Sur les murs le projet en 2D (préparation de 3D?) est un long ruban de papier plié.
Un texte explique que « l’idée est de matérialiser le trajet de la mémoire longue, comparaison avec le phénomène d’écho en montagne » il cite le Lustre sonore (le cylindre?) le rideau de patience, objets de mémoire.
Une citation de Char « les yeux seuls sont capables de pousser un cri »
Monninot nuages
Dans la salle suivante, changement de registre, des feuilles blanches sur lesquels Moninot a tracé le trajet des nuagessur la ligne d’horizon en notant l’heure. Cela fait rêver.
Le bâtiment dessiné par l’architecte André Svetchine est très sobre. il est revêtu de mosaïques. la façade est une adaptation d’un projet pour Hanovre combinant céramique et mosaïque. Les céramistes ont réalisé des médaillons figuratifs Jeu de ballon et Lecycliste.
Fernand Leger céramiste, Femmes au perroquet
La première salle présente Fernand Léger, Céramiste : dans les années 50 Fernand Léger développe une collaboration avec le céramiste Roland Brice comme Picasso, Chagall ou Braque. Contrairement aux précédents, il ne confectionne pas d’objets usuels. Il ouvre sa création au relief et à la monumentalité.
Fernand Leger : les toits de Paris 1912
Les collections permanentes montrent l’évolution de l’œuvre de Fernand Léger selon l’ordre chronologique. Ses premiers tableaux en 1903, 1907, les fortifications d’Ajaccio avec l’influence de Cézanne.
Dès 1912, Toits de Paris, cubistes
1913/14 Bleu, Blanc Rouge toujours cubistes mais la couleur devient plus vive avec l’apparition du vert.
1921 Sous les arbres : trois toiles à fond blanc avec des traits noirs encadrant les figures toujours plus ou moins cubistes mais plus reconnaissables
1924 : abstraction
1927 : nature morte ABC
Fernand Leger la Joconde et les clés
1930 la Joconde et les clés . Les clés sont des éléments récurrents que je retrouve dans d’autres tableaux.
1934 : Adam et Eve me plaisent beaucoup, Eve tient une rose et Adam en maillot à rayures me fait penser à un gondolier.
Fernand Leger : Adam et Eve
la suite des collections sont à l’étage, dans l’escalier un vitrail (1950)
Une grande salle lumineuse contient des grands formats qui sont des projets pour des peintures murales (1950)
Liaisons américaines
Fernand Leger : les plongeurs
Dès les années 1930, Léger est fasciné par New York. pendant la seconde guerre mondiale, il s’établit aux Etas Unis près de la frontière canadienne.
De cette période, je retiens Les plongeurs polychromes (1942-1946), Les Quatre cyclistes (1943-1948) et Loisirs sur fond rouge(1948) Le Campeur (1954)
Fernand Leger : le Campeur
Le Transport des forces
Ce décor monumental (1937) a été conçu pour l’Exposition Internationale de 1937 et ornait le Palais de la Découverte. Il a fait l’objet d’une récente restauration et actuellement d’une exposition temporaire au musée de Biot. Elle est accompagnée d’une vidéo montrant sa restauration et son transport qui n’est pas une mince affaire : le tableau mesure 4,90 m x 8,70 m et pèse 250 kg et mobilise 10 personnes pour le manipuler.
Fernand Leger : le Transport de Force Exposition 1937
Ce tableau, commande du Front Populaire, montre la fusion entre peinture et architecture et fait l’éloge de l’électricité, symbole de la modernité . Un paysage est encadré par deux installations industrielles est une allégorie du progrès technique.
Fernand Leger : les constructeurs
1950 : les Constructeurs sont de la même veines ainsi que L’avion dans le ciel, projet pour le Décor du Centre d’Aviation de Briey.
Pour faire quelques courses à Cagnes-sur-mer je marche sur la route principale avant de trouver la Librairie, un marché couvert et des constructions Art Déco – petit centre-ville animé contrastant avec les quartiers plus modernes résidentiels où les seuls commerces sont des coiffeurs, esthéticiennes, terriblement ennuyeux.
Cros-de-Cagnes
Cros-de-Cagnes est décrit comme « village de pêcheurs » par le Guide Vert avec son port et sa Chapelle des Pêcheurs. Le « village » est vraiment minuscule et encombré ce matin par le marché qui limite les accès et l’entrée en voiture. Dans le port 3 « pointus » pour promener les touristes; 4 bateaux de pêche(pas très bien entretenus) .
Plage de galets gris, on n’a vraiment pas envie de s’y tordre les pieds. Sur la promenade il y a du monde malgré le ciel nuageux et la saison.
Les piétons doivent partager le trottoir avec les cyclistes. Des écriteaux spécifient que la piste cycliste est une « piste familiale » où la vitesse est limitée à 10 km/H. Des cyclistes (hommes habillés en tenue de cycliste) en ont fait leur piste d’entrainement. Il est plus dangereux de traverser la piste que la route (il y a des feux et les voitures s’arrêtent sur les passages-piétons protégés, ce que ne font pas les cyclistes enragés).
Cros de Cagnes base nautique et en face Villeneuve-Loubet
La mer est grise et lisse. Je regrette ma promenade annulée à Juan-les Pins pour cause de vagues dangereuses et je devine le Cap et Antibes barrant l’horizon. les immeubles de Marina Baie des Anges de Villeneuve-Loubet sont immanquables.
les Hauts de Cagnes
Hauts de Cagnes-sur-mer : château Grimaldi
C’est le nom donné au bourg médiéval dominant la station balnéaire et la ville moderne. Quand j’arrive au Château-musée Garibaldi à 11h40 la dame de la billetterie me dit que c’est trop tard. Je me promène dans le village médiéval. Le château et l’église donnent sur une jolie place dallée de galets gris posés sur la tranche. Deux gros arbres déploient leur silhouette hivernale. Le château élevé en 1310 et rénové en 1610et crépi de ciment gris . Son entrée est monumentale avec un double escalier peint en jaune sur un perron arrondi. En face, une maison avec trois arcades s’avance devant l’entrée très discrète de l’église crépie de jaune. Curieusement, on entre par la tribune pour descendre dans la double-nef. Beau retable mais surtout une collection de grands santons (30 à 40 cm) tout à fait remarquable.
hauts de Cagne : place de l’église
Le long des maisons, dans des jardinières de grosses plantes grasses sont fleuries, elles ont de véritables troncs comme des arbres. D’après Pl@ntNet il s’agit de Crassulata ovata, l’arbre de jade.
hauts de Cagnes, ruelles au premier plan arbre de jade
les galets sont utilisés pour daller le sol mais aussi pour la construction des maisons avec, parfois, des briques. les bougainvillées sont verts en cette saison mais je les imagine colorés l’été.
Dominique a réservé par téléphone une table au Restaurant Josy-Jo (2 rue du Planastel). Exceptionnellement le parking est facile, le restaurant a des places réservées. C’est un restaurant chic avec une jolie salle . La carte est alléchante mais un peu chère. le midi ils proposent des formules à 29€ (entrée+plat ou plat+dessert). Dominique choisit des petits farcis (courgette, tomate, oignon) présentés avec du mesclun et moi, une saucisse Du Roc de Batallé grillée servie avec deux tomates cerise et deux gousses d’ail en chemise. le tout accompagné d’un gratin dauphinois pommes de terre, courgettes épinards très léger, délicieux; Au dessert il y a une crème brûlée à la lavande décorée d’un bouquet de menthe et un physalis piqués sur du caramel croquant. Le patron est charmant. C’est un très bon moment!
Restaurant Josy-Jo
Château-musée Grimaldi
14h, sous une petite pluie, je retourne au Château. sur la Tour, flottent les couleurs de l’Ukraine. Il me faut me dépêcher pour monter à la tour sur la terrasse panoramique. A l’étage, l’exposition sur l’agrandissement de l’école ne présente aucun intérêt pour moi. Au premier : le grand salon est décoré d’un magnifique plafond en trompe-l’oeil : la chute de Phaeton peinte en 1625 par Giulio Benso (école génoise). Dans la salle suivante une série de peinture à l’huile. Mon préféré est le paysage des Baux peint par Yves Brayer.
Tamara Lempicka
Deux salles sont consacrées à Suzy Solidor : 35 portraits couvrent les murs dont un de Foujita avec un beau chien et un autre d’Yves Brayer, Tamara Lempicka, Cocteau,. Comme je ne connaissais pas la chanteuse je suis passée bien vite.
Yves Brayer : Oliviers
Au rez de chaussée, il y a un musée de l’olivier, avec un moulin à huile et divers accessoires.
Je suis revenue très vite pour la suite de la journée : Le Musée Fernand Léger à Biot.
le Musée Picasso est installé dans le Château Grimaldi où Picasso avait un atelier en 1946.
hartung au Musée Picasso
Avant de découvrir les œuvres du Maître nous trouvons les tableaux de deux peintres établis à Antibes :Hartung et Ana Eva Bergman qui fut la femme de Hartung. Du premier, un grand tableau très sombre, noir, brun comme lacéré et un autre vertical presque figuratif. d’autres sont plus colorés.
Anna-Eva Bergman : Le Grand Nunatak
De Ana-Eva Bergman, le Grand Nunatak(mot groenlandais signifiant pic rocheux isolé)qui me fait penser à un volcan doré, acrylique et métal, d’autres petits formats sont aussi des nunataks à l’envers.
Nicolas de Stael : Le concert
Nicolas de Staëla aussi vécu à Antibes, il s’y est installé en 1954 et y est mort en mars 1955. Une grand salle lui est dédiée. Le Concert est un tableau immense sur fond rouge qui occupe tout un mur. C’est l’ultime tableau du peintre (mars 1955) .
Nicolas de Stael : Nu couché bleu
Le Nu couché bleu : sur fond rouge uni le nu marque par de grands coups de peinture le mouvement sur un « drap » blanc. Lui faisant face, trois grands fusains, études de nu . Face au concert des formats plus petits : Le Fort carré d’Antibes et une Nature morte sur fond bleu.
Nicolas de Stael Le fort carré d’Antibes
J’aime beaucoup Nicolas de Staël.
Une exposition CHEMINS DE TRAVERSE regroupe20 œuvres de plasticiens différents. Hommages ou clins d’œil à Picasso.
Louis Cane – Hommage à Picasso d’après Manet
L’Hommage à Picasso d’après Manet de Louis Cane, m’a amusée. on peut y déceler plusieurs influences Manet, bien sûr puisqu’il s’agit d’un déjeuner sur l’herbe, Picasso pour la femme nue mais aussi Cézanne avec le traitement des arbres.
Hervé di Rosa: grande fête mythologique
Soulages (impossible à photographier)
Antonio Saura : Dora Maar revisitée
Antonio Saura: Dora Maar revisitée
Il y a aussi des collections de peintres reconnus du XXème siècle :
Calder, Fernand Léger, Nikki de Saint Phalle, Arman, César, Edouard Pignon Mathieu, Dubuffet
j’ai aimé les papiers découpés de Prévert.
Prévert : Collage
On arrive enfin aux tableaux de Picasso : la Joie de Vivre(1946) et tous les personnages de la mythologie : centaure, faunes(mi-chèvre/mi homme) et nymphe qui succèdent au minotaure, Ulysse et les sirènes.
Picasso : La joie de vivre
Il y a aussi toute une série de natures mortes avec des oursins, des poissons, calmars, pastèques et en même temps des pêcheurs et des marins…
Picasso – Pêche nocturne à Antibes
collection de plats de Vallauris
Les portraits de Picasso qui pose avec ses œuvres ou ses pinceaux sont l’oeuvre de Michel Sima (Michaël Smajewski de retour d’Auschwitz)
Sur la terrasse , les statues de Germaine Richier.
La route M18 qui descend de La Gaudeà Cagnes-sur-Mer dans la pinède est charmante. Cagnes-sur-mer est une petite ville qu’on traverse à petite vitesse. Sur la colline le village ancien (Hauts-de-Cagnes) se blottit sur sa colline. Entre la route et la mer l’Hippodrome est un bel espace vert.
Villeneuve-Loubet : Marina Baie des Anges vue de Cagnes-sur-mer
Villeneuve-Loubetest assez repoussante, les panneaux publicitaires encombrent les bas-côtés, zones artisanales et commerciales n’arrangent rien. Une curiosité architecturale « Marina Baie des Anges » : un groupe d’immeubles qui s’enroulent eux-mêmes avec de belles terrasses parfois arborées. Selon l’angle d’observation, on imagine des bateaux de croisière ou des pyramides, ou l' »écho des baous« (les sommets calcaires qui marquent le relief.
juan-les-pins par gros temps
Nous entrons dans « Antibes-la chic« , Antibes, l’urbaine, à l’urbanisme soigné qui ressemble plus à Neuilly-sur-Seine qu’à Nice (pourtant déjà chic). Circulation à petite vitesse. Le GPS nous conduit au départ de la randonnée du Tour de Juan-les-pins à la Plage de la Garoupe à travers des propriétés enfermées dans de grands murs.
Juan les pins : sentier côtier
la mer est agitée. Sur la corniche, de belles vagues se brisent. plus tard, nous découvrirons le panneau « Attention, coup de mer! ». par gros temps, le sentier côtier est fermé. Au début, je ne comprends pas pourquoi, il est dallé protégé par des garde- corps puis par des buissons. Je ne suis pas seule : des promeneurs munis de gros appareils-photos viennent immortaliser les vagues. Les pins tordus à contre-jour, les branches des buissons sont très pittoresques. je me serais volontiers arrêtée avec mon carnet-moleskine. La promenade tourne court : porte close cadenassée! Il faut faire demi-tour.
Juan les pins plage de la Garoupe
J’improvise une promenade de remplacement sur la route qui longe la mer jusqu’à Antibes sur le Boulevard de la Garoupe. Parfois les murs des propriétés cachent la mer, mais j’entends le fracas des vagues. Il y a peu de circulation. la silhouette de la vieille ville s’approche, le Château massif et la Tour Carrée.
la vieille ville dr’Antibes
Nous garons la voiture sur le très grand parking du vieux Port près de la Porte Marine. Il y a quelques bateaux de pêche, des filets mais ils sont éclipsés par des yachts énormes immatriculés à Malte, et même au Luxembourg!
Dans l’axe de la Porte Marine, dans la ville close, toute une série de restaurants précèdent le Marché Provençal très bien achalandé et coloré. je monte sur les remparts pour découvrir la petite Plage de la Gravette, bien abritée et fréquentée. A l’arrière des remparts, la vieille ville est pittoresque avec ses ruelles et ses maisons hautes. Je trouve la maison où a logé Nicolas de Staëlmais je rate celle de Kazantzakis au Safranier et la plaque qui le rappelle.
Un pan bagnat qui déborde de thon, œuf dur, tomate et roquette sur la plage de la Salis.
Le château deCarros est le siège d’un Centre International d’Art contemporain que j’ai visité avec grand intérêt. A côté de musées prestigieux d’artistes célébrissimes comme Picasso, Matisse, Chagall ou Fernand Léger, je suis ravie de découvrir des inconnus qui m’interpellent avec ces deux expositions.
Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif.
Puivif – Entre temps
Francis Puivifa d’abord réalisé des collages puis il a collectionné différents objets pour en construire d’autres, une mappemonde agglomérant des boîtes, des morceaux métalliques. il a fabriqué des tableaux avec des cadrans d’horloges avec des tiges, des mécanismes et des clés formant des personnages « Entre temps » …
Puivif – L’atelier de Zeus
D’autres compositions sont de plus grandes taille, agglomérant des couleurs, des crayons, des cartes colorées comme cet « Odyssée nocturne » dont la coque du bateau est en papier à musique ou « L’atelier de Zeus » à la coque rouge. Il recycle toute sortes d’objets. Son installation recrée l’univers de l’atelier de l’artiste dévoilant son travail, son désordre et le hasard de la création artistique.
Véronique champollion
Véronique Champollion a investi le château en l’interprétant. Elle l’a habité de compositions fantaisistes en papier mâché, s’est inspirée des gypseries des plafonds, des fresques et d’éléments mythologiques.
Fresques du château de Carros
Elle utilise le papier mâché le papier plié coloré et vernis. parfois ses compositions sont de grande taille. Je n’ai pas trop aimé ses grandes femmes blafardes soulignées de noir. Elle réunit animaux et personnages : sa forêt en papier plié présente des dizaines d’oiseaux, papillons, personnages suspendus à des fils. Elle a inspiré les enfants des écoles qui ont réalisé leur forêt que j’avoue préférer à celle de l’artiste chevronnée, plus colorée.
Champollion : La fuite
Une pièce du château avec une magnifique cheminée et une frise sert de support à « la fuite« , course très réussie d’animaux, lapins, oiseaux qui s’élancent entres des jambes humaines sur le mur blanc .
V Champolion : saisons
Dans le même esprit, une salle a pour thème les Quatre saisons, celles de Vivaldi, de Hölderlin, tableaux colorés avec faunes satyres ou musiciens répondant à la frise végétale. j’ai peu apprécié les tableaux individuellement mais l’ensemble est convaincant.
Hommage à Bruno Mendonça
Mendonça : Morse
Le peintre décédé en 2011 avait en 2002 créé à Carros des Bibliothèques éphémères . Le CIAC lui consacre plusieurs salles dans le château de Carros. j’y découvre une œuvre très diverse avec de grands tableaux colorés sur papier (350cmx200cm) représentant des eskimos débitant un morse et des chameaux et des compositions géométriques plus abstraites, « Triangulations » jeu de formes et volumes dans le projet de bibliothèque ainsi que des composition à base de codes-barres très réussies.
Mendonça : triangullations
Au rez de chaussée, je fais connaissance avec Octave Guillonet (1872-1967)
Circuit du Guide Vert p.306: Le circuit des Crêtes 59 km
SAINT JEANNET
Saint Jeannet domine le paysage sur son rocher en dessous des Baous, village d’où partent les amateurs d’escalade : j’en croise deux, équipés chacun d’une belle corde verte autour du torse. Ma promenade dans le village est beaucoup plus tranquille sous le soleil matinal dans le calme des rues et placettes. Des plaques en céramique racontent l’histoire du village.
La place de la Soucare ou place des Masques était celle où se réunissaient les sorcières.
Saint Jeannet Tour Sarrazine
Sur la place principale, un grand lavoirfait face à une tour ronde, la Tour Sarrazinequi donne son nom à la rue.
Saint Jeannet
La rue du Treillard rappelle que des vignes couraient le long des murs. Saint Jeannet est réputé pour son vin et possède un cépage original. Un belvédère domine la vallée. Sur cette terrasse : « maisonnette de Tzara » J’arrive à une porte : La Porte du Ferrage qui n’a rien à voir avec les fers des équidés mais avec le fourrage. le four à pain communal a été transformé en cinéma. Cette promenade est charmante et me rappelle celles que je faisais dans les villages grecs.
Place de l’2glise à Saint Jeannet
GATTIERES
Gattières est un autre village perché. Le panorama, sur les sommets des Alpes enneigés me fascine. En revanche, la vallée du Var occupée de barres d’immeubles et couverte de serres en plastique est beaucoup moins séduisante. Le Varcoule au milieu de galets et de rochers gris (en hiver c’est l’étiage).
Gattières village perché
De la voiture, le village se détache sur les montagnes et ferait une belle photo. Dès qu’on a trouvé une place sur le bas-côté pour la voiture je ne retrouve plus la photo idéale. Quatre poteaux en ciment encadrent le village, ou il se devine derrière la ramure d’un arbre défeuillé. je remonte pendant cinq bonnes minutes la route. Rien! A mon retour, furtivement je trouve le cadrage.
je monte au Château Grimaldi par la Montée du château, raidillon entre les « maisons-remparts ». Dans ce village piétonnier on a disposé des poteries avec des plantes grasses dans la rue. Au sommet de la Montée l’église est fermée, je ne verrai donc pas Saint Nicolas polychrome promis par le Guide Vert. Du château Grimaldi, il ne reste qu’un tour arrasée, sa base haute de quelques mètres.
CARROS
Le château de Carros
Pour arriver à Carros la route serpente à flanc de la montagne au dessus de la plaine du Var. on devine le village perché, puis on le perd, et le retrouve. De grands parkings ont été aménagés pour préserver le calme du village. L’office de tourisme se trouve dans une belle villa XIX ème : la Villa Barbary. il est fermé. Nous garons la voiture dans le Parking du Moulin Briquet qui a aménagé un belvédère avec une table d’orientation à 360°. Je note l’altitude des sommets enneigés : la Cime de Malédie 3059 m et le Gelas 3145 m dans le Mercantour à la frontière italienne.
Par les petites rues de Carros
le village entièrement piétonnier est très tranquille et ses rues sont joliment décorées. Mention spéciale à une minuscule placette sous la treille. je grimpe des marches (faciles) pour arriver au château médiéval XIIème s. occupé depuis 1998 par le CIAC (Centre International d’Art Contemporain) qui accueille deux expositions en plus des collections permanentes : Autre temps, Autre lieu du 12/02/2022 au 29/05/2022 regroupe les œuvres de deux plasticiens Véronique Champollion et Francis Puivif ainsi qu’un Hommage à Bruno Mendonça
Carros : Treille
Après Carros, Le Broc est notre étape suivante dans le circuit. la route est spectaculaire, dominant le Var et son affluent l’Esteron. Les montagnes des Alpes et le Mercantour semblent très proches.
LE BROC
La Danse à sur le mur de l’église
Le Brocest un bourg tranquille avec une placette entourée d’arcades avec un restaurant et une fontaine. le guide Vert signale que l’église a été décorée par Guillonet dont je viens de faire la connaissance au musée de Carros. Malheureusement, l’église est fermée. je n’aurai pas fait le détour pour rien : un joli ensemble en fer forgé figure une danse et une ronde sur le mur à l’arrière du monument. Je me promène dans les rues aux noms pittoresques. Cela m’amuse de constater que la Grande Rue est à peine assez large pour qu’une Twingo y passe, je dois m’effacer sous une porte pour la laisser passer.
Notre route décrit une épingle à cheveux pour franchir le ruisseau et nous conduire à Bouyon.
BOUYON
Bouyon : Place de la Fontaine
Encore un village perché qui se distingue des précédent par ses façades colorées autour de placette : place de la Fontaine, Place du Four communal. je découvre une terrasse formant belvédère aménagée avec un petit amphithéâtre en creux (jeux de balle interdits, sans doute à cause du ravin).
COURSEGOULES
Dernier village avant le retour par le Col de Vence.
Un vaste parking bétonné accueille les voitures des randonneurs et des campeurs équipé d’un ascenseur et de toilettes. Mais quand je me promène dans le village j’ai l’impression d’un village-fantôme.
Retour par Vence : j’en profite pour visiter la Chapelle du Rosaire décorée par Matisse. (interdit de photographier à l’intérieur de la chapelle, mais permis dans le petit musée en annexe)
Je remarque les vitraux somptueux, le grand Saint Dominique à côté de l’autel. le chemin de Croix est original, au fond de la chapelle dessiné sur le carrelage.
Saturée d’images répétitives de guerre, de ruines, bombardements que la télévision montre en boucle, je suis curieuse de littérature qui nourrirait mon imaginaire. Avoir de l’empathie pour un personnage, suivre ses aventures, me sentir happée par un livre, il me semble que je comprendrais mieux les actualités.
J’ai donc lu Les Abeilles Grises de Kourkovet j’ai beaucoup aimé le personnage de l’apiculteur demeuré dans la zone grise, entre les deux fronts tenus par l’armée ukrainienne et les séparatistes du Donbass. Ce livre est sorti en français en février 2022, juste avant l’invasion de L’Ukraine par l’armée Russe. Il se déroule donc pendant la guerre que les séparatistes du Donbass livrent à l’armée ukrainienne depuis 2014.
Donbass de Benoît Vitkine se déroule dans la ville d’Avdiivka en 2018
Avdiïvka marquait une limite. Derrière, à l’ouest, commençait l’Ukraine des plaines et du blé, celle des terres noires. Un autre monde. À l’est, c’était le pays des houillères, des puits d’extraction, là où les séparatistes s’étaient le mieux implantés. Les terrils étaient les gardiens de ce territoire secret, de ses richesses souterraines. Ceux du Donbass s’y accrochaient comme des montagnards à leurs sommets. […] Dans ce monde-là, les villes s’appelaient Anthracite, Prolétaire, Bonheur… On y construisait des jardins d’enfants, des hôpitaux, des tramways aux couleurs pastel et naïves comme des slogans révolutionnaires.
[….] Ceux qui avaient gardé leur boulot avaient découvert leur nouveau statut de sous-prolétaires, de déchets de l’histoire. On ne les comparait plus aux cosmonautes mais aux ouvriers bangladais. Les filles l’avaient compris, elles aussi. Dans les bals, s’il y en avait encore, elles ne se disputaient plus les jeunes mineurs aux bras durs comme la pierre.
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L’auteur, Benoît Vitkineest journaliste, correspondant du journal Le Mondeet a couvert l’actualité de la région pendant 6 ans . Il est le lauréat du Prix Albert Londres . Le livre est donc très bien documenté. L’interview de Mollat ci-dessous est passionnante mais il vaut mieux lire le livre avant parce que certains détails peuvent spoiler.
Polar ou Docu-fiction?
L’auteur revendique le terme de roman-policier puisqu’il correspond aux codes du genre : un policier doit élucider l’affaire à la suite d’un meurtre. Il utilisera les facilités d’enquête que la police lui confère. L’intrigue permet de pénétrer dans la grande usine de coke qui fait vivre la région (voir la carte ci-dessus), de rendre compte de cette guerre de positions qui fait rage depuis 2014. Il met en scène une galerie de personnages variés : les grands-mères qui jouent un rôle insoupçonnés et qui font vivre leur quartier apportant un peu de chaleur humaine, gardant les enfants
« Malgré leur enthousiasme un peu enfantin, malgré leur obstination à préserver dans la guerre l’illusion d’une vie normale. Elles étaient des survivantes. Le quartier était rempli de ces veuves impassibles. Le pays pouvait bien s’étriper, elles continueraient à fabriquer des confitures et à mariner des champignons. Leurs maris s’étaient agités toute leur vie, puis leurs cœurs avaient lâché, fatigués de tant donner à des corps trop massifs, à des vies trop brutales. Elles, elles restaient. Elles vivaient quinze ans, vingt ans de plus que leurs hommes. Pendant vingt ans, elles enfilaient chaque jour les mêmes chaussons, les mêmes robes de chambre. Elles accomplissaient consciencieusement la routine de leurs petites vies. »
Il rencontre les soldats avec leur violence, l’alcoolisme, mais aussi les questions et les doutes. les hommes d’affaire et la corruption, les trafics. Le policier Henrik est un vétéran de la guerre d’Afghanistan, il en conserve des séquelles, homme intègre il est tout à fait désabusé quant à l’honnêteté des hommes de pouvoirs, même des amis de longue date.
Il n’y avait pas d’anges gardiens dans le Donbass. Ou bien leurs ailes étaient chargées d’anthracite.
L’interview de Mollat ci-dessous est passionnante mais il vaut mieux lire le livre avant parce que certains détails peuvent spoiler.