Comme Céline, Drieu La Rochelle et tous ceux qui ont collaboré avec l’occupant nazi, Chardonne ne m’a jamais tenté.
« Madère est une île assez semblable à un Eden. Il n’y fait jamais froid, ni trop chaud, et l’océan qui la baigne n’est jamais furieux. C’est Charles qui m’en a parlé pour la première fois en 1936, quand il a décidé de quitter la France et d’aller vivre à Madère. »
Pourtant, j’ai ouvert cet ouvrage à cause de son titre Vivre à Madère. j’ai l’habitude d’accompagner nos voyage par des lectures. Je pensais anticiper notre visite et peupler notre voyage de héros de lecture. Déception, le narrateur vient à Madère chercher son ami Charles qui a disparu quelques temps auparavant et qu’on n’a jamais retrouvé. Accident, suicide probable… Le voyage à Madère ne durera que quelques jours, et le premier chapitre du livre.
Monet maison de l’artiste vue du jardin
La suite se déroule à Lisbonne puis à Cintra et le narrateur rentre en France où il acquiert et aménage une maison dominant la Seine avec un jardin inspiré ce celui de Monet. J’ai beaucoup apprécié ce thème du jardin et l’attachement de l’écrivain (qui n’écrit guère) à son aménagement.
182 pages, de lecture fluide et agréable dans un style soigné. Lecture agréable. Comme Chardonne l’affirme lui-même :
— Si un écrivain a du style, ce qu’il dit n’a aucune importance. On le lira toujours avec plaisir.
152 pages, lu d’une traite une après-midi pluvieuse. Lecture agréable. Histoire un peu triste de liens familiaux très forts qui se défont à la suite de deuils, de brouilles, de la guerre en Abkhazie qui a détruit la maison familiale où la mère et les soeurs passaient les vacances d’été.
Roman d’exil, pour la mère, danseuse géorgienne qui a quitté Tbilissi pour épouser un Géorgien exilé à Paris, double culture pour les filles, nées à paris dans une famille où la culture géorgienne est maintenue vivante mais qui grandissent dans un environnement français.
Noyau familial chaleureux, virées en voitures, le père la mère, les deux filles chantant Jules Dassin…Intimité partagée des deux soeurs qui ne se cachent rien et se tiennent la main. Famille géorgienne accueillante et finalement tracasseries soviétiques stressantes mais supportables.
Le bonheur, sont ils éternels? Usure au fil du temps, divorces, maladies, ressentiment. Délicatement racontés avec l’élégance d’un roman court qui reste léger.
Entrée gratuite, de lundi au samedi -inscription obligatoire
La Rue Amusée?
Comment présenter du Street Art dans une exposition ou un musée? Le Street-art appartient à la rue, au métro en tout cas à l’espace urbain. Il surgit par surprise, colore notre quotidien. Il provoque . Il est vulnérable aussi menacé aussi bien par les services de nettoyage que par les tags d’autres artistes. Ephémère, sur une palissade de chantier ou sur le wagon du métro. Il amuse la rue, est-il soluble dans un musée?
Ernest Pignon Ernest : Corps bloqués
L’exposition Capitale(s) est ambitieuse : elle présente 60 ans d’art urbain.
Les précurseurs,ont occupé l’espace de la rue dès les années 1960 avec les papiers collés de Ernest Pignon Ernest, ou les affiches lacérées et graffitis de Villéglé . Silhouettes bombées héritiers de Calder ou de Miro de Zlotykamien.
1982 : arrivée des Tags avec BANDO réunissant graffeurs, DJs, Break Dance et rappeurs. Les Writers décorent les rives de la Seine, puis les palissades du Louvre, et à partir de 1986 investissent Stalingrad quand ils ne tagguent pas le métro C’est là que la scénographie devient problématique : pour rendre compte de leur travail il faut montrer des photos qui fatalement seront petites et en petit format l’effet est détruit.
le Ticket-choc montre le détournement d’affiches du métro avec comme point commun l’introduction du fameux ticket jaune à bande rouge
La vidéo permet de montrer les graffeurs à l’œuvre, donner la parole aux artistes, aux institutions (le métro, la SNCF). Un reportage sur les tags de la Station Louvre-Rivoli est particulièrement intéressant. La télévision montre le scandale des statues peinturlurées, parle de saccage, les voyageurs du métro sont outrés. On imagine la transgression, l’action subversive tandis qu’un taggueur interviewé dit qu’il cherche seulement à montrer sa production au plus grand nombre de spectateurs.
Keith Haring 1987 réalise une œuvre de grande taille à l‘hôpital Necker
Autre champ investi par les artistes : les catacombes
« les Catacombes sont le Musée du Graffiti[…] en prise directe avec le passé »
2015 Psykose dans les Catacombes (2015)
une vidéo montre la réalisation d’une œuvre s’apparentant à la mosaïque, les calligraphies, les silhouettes blanches et le travail au pochoir.
La suite de l’exposition montre une série de styles très variés, d’œuvres très différentes allant de la petite mosaïque d’émoticônes pixellisées réparties dans tout Paris
l’invasion de Paris par les émoticones
Une vidéo montre le mur du square Karcher investi par différents artistes pour faire une fresque très sophistiquée pour certains. On peut suivre les différentes techniques.
Banksy : Bonaparte à cheval
la suite de l’exposition se consacre à des vedettes de l’art urbain comme C215, Banksy ou Miss.tic. Une vidéo Banksy/Géricault montre le cri d’alerte du plasticien en faveur des migrants et son œuvre : un radeau s’inspirant du célèbre tableau du Radeau de la Méduse.
Miss.tic
D’autres artistes que je ne connaissais pas sont mis à l’honneur comme Swoon et son collage sophistiqué.
Swoon collage
On montre donc les œuvres du jeune André, sous plexiglas (?) celle de Cristobal Diaz . Dans une salle on voit une calligraphie se défaire comme si on rembobinait le film et s’effacer les fioriture pour découvrir à la fin le motif initial. Ne pas oublier les fragiles fresques à la craie de Philippe Beaudeloque , les ombres électriques de Zeus… L’art urbain est beaucoup plus complexe que je ne l’imaginais.
Jonone : l’Abbé Pierre
C’est dans la rue de Rivoli, sur les grilles de l’Hôtel de Ville que j’ai trouvé les œuvres qui m’ont le plus parlé. Elles se trouvaient à leur place !
Vendémiaire an VIII, (sept 1799) de Mortagne à Falaise
Roman d’aventures, roman historique, roman d’amour,Balzac s’essaie à tous les genres pour le plus grand bonheur des lecteurs.
Quand je fais une pause dans mes challenges, ou lectures de voyage, je reviens toujours à Balzac avec la certitude d’une lecture agréable. D’ailleurs nous avions une lecture commune Balzac, copines blogueuses avez-vous abandonné?
Dans l’Ouest, à la limite de la Normandie et de la Bretagne, les Chouans sont en armes et attendent l’arrivée d’un chef Le Gars pour prendre la tête de la révolte. Les soldats de la République, les Bleus, commandés par un vieil officier, Hulot essaient de venir à bout des foyers de chouannerie et lèvent le conscription
« Cette colonne était le contingent péniblement obtenu du district de Fougères, et dû par lui dans la levée que le Directoire exécutif de la République française avait ordonnée par une loi du 10 messidor précédent.[…] une gasconnade législative : ne pouvant rien envoyer aux départements insurgés, il leur donnait sa confiance…. »
La première partie du roman se nomme L’Embuscade, dans le cadre verdoyant du bocage nous allons assister aux échauffourées et à l’attaque de la Turgotine , roman de cap et d’épée, sifflements de chouettes, peaux de chèvres, version bretonne du western.
Cette turgotine était un méchant cabriolet à deux roues très-hautes, au fond duquel deux personnes un peu grasses auraient difficilement tenu.
Que recherchent les Chouans dans la turgotine? du butin, de l’or,
Ne savez-vous pas le proverbe : Voleur comme une chouette. Or, qu’est-ce qu’un Chouan ? D’ailleurs, dit-elle en élevant la voix, n’est-ce pas une action juste ? Les Bleus n’ont-ils pas pris tous les biens de l’Eglise et les nôtres, et ne nous faut-il pas d’ailleurs des munitions ?[…] Ni l’un ni l’autre, lui répondit Coupiau. Je suis postillon, et Breton qui plus est ; partant, je ne crains ni les Bleus ni les gentilshommes. – Tu veux dire les gens-pille-hommes, reprit le patriote avec ironie. -Ils ne font que reprendre ce qu’on leur a ôté , dit vivement le recteur.
La deuxième partie s’intitule Une Idée de Fouché, le roman bascule dans l’espionnage . Mademoiselle de Verneuil fait route de Mortagne à Alençon avec Francine, sa servante bretonne et fait la rencontre d’une dame et de son fils qui leur tiendront compagnie. Marivaudage entre la jeune fille et un étudiant de l’Ecole Polytechnique, futur marin. Evidemment l’étudiant n’est pas plus marin que la dame, sa mère….Je m’ennuie un peu pendant que l’intrigue amoureuse se noue. L’escorte républicaine tombe dans un piège dans le manoir de la dame
Les chefs de cette guerre entreprise pour Dieu et le Roi ressemblaient bien peu aux portraits de fantaisie qu’elle s’était plu à tracer. Cette lutte, véritablement grande, se rétrécit et prit des proportions mesquines, quand elle les vit[…]Ces physionomies paraissaient annoncer d’abord plutôt un besoin d’intrigue que l’amour de la gloire,[…]Si quelques têtes originales se faisaient distinguer entre les autres, elles étaient rapetissées par les formules et par l’étiquette de l’aristocratie.
Cette assemblée nocturne, au milieu de ce vieux castel en ruine et sous ces ornements contournés assez bien assortis aux figures, la fit sourire, elle voulut y voir un tableau symbolique de la monarchie.
Les Chouans, ou plutôt les aristocrates qui les manipulent ne sont pas à leur avantage dans cet épisode sanglant.
Falaise
Chacun se dévoile, (mais je vais m’arrêter ici, pour ne pas divulguer l’intrigue). Mademoiselle de Verneuil et son escorte de bleus échappera de justesse. Amoureuse, choisira-t-elle l’amour ou ses convictions républicaines?
J’en ai déjà trop écrit. La fin sera haletante.
Encore une fois, Balzac aura réussi à me surprendre et à me captiver.
Merci à Babélio pour cette belle revue illustrée, colorée, amusante pour les petits et les grands.
A la suite de la lecture de Gabriële de Claire et Anne Berest j’ai fait la connaissance de Picabia rencontré en compagnie de Arp, Breton et de nombreux artistes à l‘Exposition Apollinaire- le Regard du poète et celle Dada Africa avec Tsara, Taueber…. (toujours à l’Orangerie) . J’avais envie de mieux le connaître.
Feuilleter la revue DADAconsacré à Picabia c’est découvrir en raccourci toutes les tendances de l’histoire de la peinture au XXème siècle et même au XIXème. Picabia dès l’âge tendre fut un surdoué capable de maîtriser presque tous les styles, impressionniste il peint les Bords du Loing comme Sisley, la façade de Notre Dame de Paris comme Monet. Adam et Eve comme les Nabis, Les Bords de la Sédelle avec le style des fauvistes. Il s’essaie au cubisme,Apollinaire le qualifie même d’orphique et quand il part à New York, sont cubisme est plutôt futuriste. Bien sûr, c’est comme dadaïste et surréaliste que je l’ai connu. Transparences ou laque brillante, il métamorphose des œuvres connues Le Dresseur d’animaux détourne le Serment des Horaces, La Feuille de vigne s’inspire d’Oediped‘Ingres. Et comme la peinture ne suffit pas, il réalise avec Satie et d’autres une pièce de théâtre Relâche.
Comme chaque fois, la Revue DADApropose des ateliers créatifs pour les enfants et les grands, avec papier calque, encre de Chine à la manière de Picabia. La revue donne aussi l’actualité des expositions de l’année.
la Vénus de Lespuguefut découverte le 9 Aout 1922 dans la Grotte des Rideaux de manière fortuite et fractionnée en 11 morceaux. Sculptée en ivoire de mammouth, elle date du Gravettien.
Une vidéo présente les recherches scientifique correspondant à la restauration et à la structure de la statue. Coppens raconte dans une autre vidéo comment, intrigué par la forme des fesses, qu’il trouvait illogiquement à l’envers, eut l’idée de la retourner et découvrit un autre personnage à l’envers, cheveux ou pagne? Cette structure double ajoute à son mystère et son charme
Sa silhouette en losange a inspiré de nombreux artistes dont Brassaï, Arp ou Zadkine
ou plus récemment Gabriel Sorbin qui a sculpté une belle pièce en albâtre (2019)
Alexandra Sanddessina une série d’études au charbon sur papier qui aboutirent à de grands panneaux à la suite d’un dialogue avec Coppens autour de la Vénus de Lespugue
Alexandra Sand
les Mountaincutters ont réalisé des répliques de la Vénus de Lespugue en verre soufflé (Bruxelles 1990)
Mountaincutters verre soufflé
tandis que Muriel Decaillet a décliné le thème en textile
sans oublier Louise Bourgeois qui l’imagine enceinte
louise Bourgeois
Une centenaire (si on se réfère l’année de sa découverte) ou une ancêtre… qui offre un modèle à une féminité moderne dans la vidéo d‘Ana Guinzburg : What is beauty
Et si les Hommes préhistoriques, Gravettiens(-34000- 26000) , Solutréens (-27000-22000) Magdaléniens (21000-14000) savaient faire mieux que des bifaces, haches, aiguilles bien utiles mais monotones.
Venus de Tursac 26000
Et si les petites Vénus aux formes généreuses, symboles de fécondité étaient chacune une œuvre d’art à part entière
Vénus brune de Grimaldi
D’autres Vénusmagdaléniennes voient leur silhouette s’étirer sur des supports et des matières variées, lignite ou bois de cerf. Certaines sont gravées sur la roche difficilement repérable comme cette Vénus de Pataud, pour d’autres les organes sexuels sont très marqués comme chez la Vénus impudiquedécouverte en 1863. La plupart d’entre elles sont de petite taille, la Vénus de Laussel mesure plus de 50 cm, elle brandit une corne
Vénus de Laussel
D’autres objets sont à caractère sexuel portent des phallus et parfois fente vulvaire et phallus coexistent sur le même objet.
petit cheval de Lourdes
Les animaux sont aussi source d’inspiration. Ils sont parfois gravés sur des objets usuels comme lissoirs ou propulseurs. parfois on a retrouvé des plaques avec une silhouette animale, ours ou bison…J’ai beaucoup aimé le petit ourson assis.
Ourson assis
le propulseur gravé atteint une forme de perfection dans l’attitude et la complexité.
Propulseur gravé faon et oiseau
L’exposition du Musée de l’Homme présente ces objets d’art mobilier ainsi que les diaporamas très variés et réussi d’Art pariétal non seulement les chefs d’œuvres de Lascaux mais aussi de la grotte de Niaux pour ce qui est du territoire français. L’art pariétal est répandu sur tous les continents, en Afrique, Tchad, Namibie, Egypte, Brésil, Australie, Vietnam…. Des écrans permettent d’identifier des techniques et des styles. A la Préhistoire les artistes disposaient déjà de techniques diverses : pochoirs, pigments soufflés, lignes droites et nettes gravées ou au contraire estompées, hachures, cupules ou points, rayures….
L’interprétation des fresques est parfois étonnante : la Scène du puits de Lascaux a donné lieu à diverses hypothèses et même à un livre de Marc Bruet
L’exposition livre quelques pistes pour observer un homme portant un harpon ou un oiseau sur une tige, un bison blessé, et plus loin un rhinocéros. L’homme a-t-il blessé le bison? Ou est-ce l’inverse ?(l’homme est raide, de travers) le responsable serait-il plutôt le rhino? Le commentaire de la vidéo invite le spectateur à mobiliser non seulement son imagination mais aussi son esprit critique
Voir du Street-Art à l’intérieur d’une galerie? A priori, cela ne va pas de soi, le Street Art c’est l’art de la rue, comme le cinéma a sa place d’abord en salle. Ce n’est pas ma première fois, j’avais été à Malakoff pour une exposition Banksy et j’avais découvert Jeff Aerosolà la MAC de Créteil. J’aime les découvertes au hasard (ou non) des promenades dans le 13ème ou à Vitryoù Christian Guémyalias C215 a beaucoup travaillé. Encore mieux, la découverte par hasard, à Sarcelles ou ailleurs du style et de la signature de C215 !
Clochard
Bonneuil est notre voisine, je ne pouvais pas passer l’occasion de mieux connaître l’artiste, graffeur et pochoiriste. Son Soulage est un hommage au peintre, autre hommage à Ernest Pignon Ernest
Soulage
C215 fait apparaître des visages sur les murs des cités, visages connus ou anonymes comme le clochard ou les amoureux de Catane
c215 les amoureux de Catane
portraits de hasards ou de circonstances parfois très politiques ou de mémoire, comme Joséphien Baker avec son calot militaire ou Cabu et une victime des attentats de Charlie Hebdo
Cabu
La plupart des œuvres présentées sont des œuvres présentées sont des photographies prises sur place dans la rue où même en prison
Dans la prison de Versailles
C215 peint aussi le mobilier urbain, j’aime bien les boîtes à lettres décorées ici ce sont des pompes à essences très politiques l’une d’elle porte d’un côté le portrait de Khomeini de l’autre le président Carter, aussi sur une autre Bush
« j’ai toujours aimé davantage peindre sur des objets que sur des toiles ou des feuilles blanches. Comme dans la rue les objets me fournissent un contexte avec lequel je peux interagir, qu’il s’agisse de la patine, de la matière de la forme de son époque ou de sa fonction… »
c215pompe à essence Khomeini
l’avantage dans une exposition en galerie est de lire les cartels où l’artiste s’exprime
En 2001, j’ai pleuré au Louvre devant un portrait de cheval poignant peint par Géricault. C’est ainsi que j’ai compris la puissance du portrait animalier »
Chat saint Petersbourg
« Dans la tradition du pochoir nombreux sont les artistes qui se sont identifiés à un animal urbain. chacun songe au rat de Blek ou de Banksy. J’ai pour ma part opté pour le chat, animal mutique et mystérieux »
J’ai bien aimé m’approcher des œuvres, lire les textes mais il me semble que la place du street-art est la rue et les cimaises des galeries sont trop tranquille pour cet art vivant.
Impeccable écriture, rien de trop dans cette cinglante critique des nouveaux riches, financiers parvenus. Tentative vaine de rejoindre une aristocratie dont il n’ont aucun code ni aucune idée.
Arriviste et ambitieuse, la mère d’Antoinette n’a aucune affection pour sa fille qui l’encombre. Antoinette a mendié un quart d’heure de danse dans ce bal . Il lui sera refusé. Sa vengeance est facile et cruelle!
Une Histoire de la Nature Mortede la Préhistoire à nos jours : Vaste programme !
Ce qui reste : De objets témoignent par eux-mêmes
Dès la première salle, je suis perplexe : de nombreuses œuvres contemporaines voisinent avec un estampage des haches de Gavrinis, un rêmeavissant flacon chypriote en forme de grenade et un bas-relief d’Abydos .
Une courte séquence de Stalker de Tarkovskyoccupe un mur. sur un autre, des photographies de Boltanski: les habits de François C 1971-1972.
Boltanski les habits de François C
L’installation la plus étrange est ce Repas Hongrois, avec assiettes (et restes de nourriture) couverts, verres, « tableau-piège » de Spoerri.
Le dialogue entre les œuvres est amorcé et cette démarche me parle. Deux pistes s’entremêlent : la Chronologie et cette confrontation.
l’Art des choses ordinairesa été représenté depuis l’Antiquité, des fresques d’Herculanum, mosaïques de Pompéi.
Ces représentations de gibiers, crustacés avec des ustensiles du repas sont très proches des natures mortes qu’on a l’habitude de voir.
-Pierre Buraglio : Dessin d’après Six Kakis 1979-82
Les objets de Croyance correspondent aux représentations médiévales, les objets forment le décor d’une image pieuse, symboles qu’on savait lire alors comme le fruit qui évoque la tentation, ou le lys blanc la pureté de la Vierge lors de l’Annonciation. Le contour de la sandale du Prophète dans les représentations islamiques. Face à ces objets de croyance on a placé les kakis qui invitent à la méditation.
Jan Davidz de Heem (1606-1684) la Fermière Hollandaise
A partir du XVIème siècle la peinture s’émancipe de la représentation religieuse. De beaux trompe-l’œil, des marqueteries de Padoue Cette représentation profane est principalement flamande ou hollandaise.
Joachim Beuckelaer : Marché au Poisson
étaJoachim Beuckelaer : Marché au Poisson Joachim Breuckelaerbrosse des tableaux truculents du marché au Poisson ou de l’Etal du Boucher. Ces victuailles sont étalées, avec à l’arrière-plan un Christ dans le Lac de Tibériade, si loin, si petit. En face de ces tableaux truculents, et non moins truculents les collecteurs d’impôt et tous ces trésors dorés étalés suggèrent l’arrivée (déjà!) du capitalisme culminant en 2019 avec la Chambre des Trésorsde Gilles Barlier
Chambre des Trésors-2019 Gilles Barlier
La confrontation de deux œuvres m’a beaucoup intéressée : Matisse s’est inspiré de Jan Davidz de HeemdansLa Desserteil a peint les mêmes choses tout en composant un Matisse original.
Matisse : La Dessertejan davidz de Heem : La Desserte
On peut jouer au jeu des erreurs mais on n’en trouvera pas beaucoup.
Sélectionner, Classer, Collectionner, nous conduit au 17ème siècle du côté des Cabinets de curiosité, des monstres de la Nature au pillage colonial. Puis aux plus classiques coupes deCerises et melon (1633) de Louise Moillon .
Au milieu de ces natures mortes classique un étonnant Dali
Dali
Tout reclasser
commence avec une vidéo qui mélange les différents éléments, les regroupe, s’amuse à construire de nouveaux sujets comme autrefois Arcimboldo
Arcimboldo ; l’Automne
bizarrement, je préfère les fleurs de Séraphine de Senlis à un Delacroixbien terne
Vanitas : les vanités avec crânes ou putréfaction montrant la brièveté de notre vie terrestre
Franciscus Gijsbrecht(1670)
je traverse avec assez de répulsion une salle sinistre présentant des tableaux de gibier, tête d’animal sanguinolents, pieds humains coupés de Géricault, lapins morts, truites de Courbet, unBernard Buffet pour les modernes
la Vie simple me conduit vers de sages asperges peintes par Manet, la Chambre de Van Goghexposée en face d’un intérieur hollandais de Samuel van Hogestatenétrangement moderne.
Bonnard Le Coin de Table
le coin de table de Bonnard fait face à un Cezanne
Cézanne : la table de cuisine
Plus loin je repère Morandi que j’aime tant depuis notre voyage à Bologne.
Morandi
Braque est confronté au sculpteur italien Boccioni son contemporain et non loin de là Fernand Légeravec le Ballet mécanique
Umberto Boccini : Développement d’une bouteille dans l’espace.
nous sommes entrés dans le XXème siècle et la modernité, ready-made, compressions de déchets d’Arman, poupées de Schütte, coca-coladeWarhol et vidéos : film de Resnais et Queneau : Le Chant du Styrène. Une vidéo a retenu mon attention Semiotics of the kitchen vidéo féministe, parodie d’une émission de télévision culinaire où les choses de la cuisine se chargent de colère et de révolte. https://youtu.be/ZuZympOIGC0
L’exposition explose Les Choses en beauté avec Zabriskie Point (1970) d’Antonioni