Balade facile de Sucy-en-Brie à Boissy-Saint Léger

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Suivant le GR 14, c’est une petite randonnée facile  (13 km) que j’ai beaucoup de plaisir à faire.

Accessible de Paris par le RER A de la Gare RER de Sucy-en-Brie retour toujours en RER A à Boissy-Saint Léger. En cas de défaillance (travaux estivaux) sur le RER A, Métro ligne 8 jusqu’à Créteil-Pointe-du Lac et Autobus 393 (en site propre très fréquent et rapide) retour par les Bus 21, 23 ou K en gare routière de Boissy  reliant Créteil et la ligne 8.

Le sentier est très bien balisé (rouge et blanc) .

La balade est décrite sur l’itinéraire 13 du Topoguide PR Le Val de Marne : les chemins de la découverte. 

De la Gare de Sucy  prendre la Rue Montaleau bordée de petites résidences et de très jolis pavillons, certains cossus avec tourelle, tourner à gauche dans la Rue de Sévigné et prêter attention aux pavillons de meulière caractéristiques de la banlieue parisienne au début du XXème siècle. Se laisser guider par les balises rouge et blanches dans d’étroites sentes entre les jardins.

 

On atteint une agréable placette pavée et fleurie de roses trémières, contourne un petit étang, franchit un petit pont sur le Morbras (Moulin de Touillon) pour monter au Parc du Morbras (parc départemental, vérifier les horaires d’ouverture qui varient selon la période de l’année. Le Morbras est un affluent de la Marne qui prend sa source à Pontcarré dans la Forêt d’Armainvilliers, traverse La Queue-en-Brie, Ormesson et se jette dans la Marne à Bonneuil. C’est un joli ruisseau qui serpente au bas du Parc arboré et fleuri, soigné et tondu pour certaines parties, prairie sous des arbres fruitiers vers le haut.

Après la sortie du parc, on traverse une route assez passante (autobus 308 De Villiers/marne à Créteil) , on franchit la rivière en limite de Sucy/Noiseau pour trouver une coulée verte le long du petit Ru de la Fontaine de Villiers que tondent deux vaches.

Le sentier entre alors dans la Forêt Notre Dame entre Noiseau et Sucy , il traverse aussi des zones construites de pavillons plus récents avant de s’enfoncer plus dans le bois sur le Chemin des Gueules Noires. A un carrefour en étoile de plusieurs allées blanches, ne pas oublier de tourner à droite (balisage discret) pour trouver plus loin l’Allée Royale. 

Après une centaine de mètres sur une route tranquille, on trouve le Parking du Centre Aéré de Boissy et on pénètre dans le Parc de Grosbois planté de très beaux arbres.

Pour rejoindre le métro, le GR14 contourne le village en passant par le château du Piple. A la sortie d’une allée de marronniers on a une vue étendue sur Créteil et même Paris. On arrive devant une église et on descend sur la Gare.

C’est donc une randonnée facile à faire en toute saison ;ombragée et près de l’eau par temps de canicule, fleurie au printemps dans les jardins et le Parc du Morbras, et même sous la pluie car les allées sont bien entretenues et pas trop boueuses. L’été préférer manches longues et pantalons : on pourrait être embêté par les moustiques et les tiques dans la Forêt Notre-Dame.

Bonne promenade!

L’Exil est mon pays – Isabelle Alonso – Ed. Héloïse d’Ormesson

Je connaissais l’auteure, Isabelle Alonso, de l’émission de télévision de Ruquier autrefois à 19 h. Ce livre lui ressemble, sympathique, drôle, avenante.

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Troisième roman, de l’auteure.  La narratrice est une petite fille, née en France dans une famille de républicains espagnols. Angel, le père, communiste, métallo, grand lecteur de journaux, a fait la Guerre Civile et des années de prison. La mère, Libertad, est la parfaite mère au foyer, composé de 4 enfants, deux garçons et deux filles. La petite fille parle espagnol à la maison, français à l’école.  Ils ont obtenu la nationalité française et paradoxalement c’est ce qui leur permet de passer des vacances à Madrid.

Lecture facile, agréable, un peu convenue, sans surprise.

Maître Cornelius – Balzac

LECTURE COMMUNE 

Nous continuons ensemble l’exploration de l’oeuvre de Balzac, si diverse.

Comment classer ce court roman, une nouvelle médiévale, fantastique, romantique ou réaliste?

Deux histoires s’entremêlent : l’histoire d’amour entre  la fille naturelle de Louis XI mariée au sinistre et jaloux Comte de Saint-Vallier et un gentilhomme aventureux et les rapports entre le roi Louis XI vieillissant et Maître Cornelius, son torçonnier, collecteur d’ impôts.

L’épithète tortionnaire, restée au Palais, explique assez bien le mot torçonnier qui se trouve souvent écrit
tortionneur.

La maison de Maître Cornélius est voisine de celle du Comte, leurs toits se touchent presque. L’amoureux rejoindra sa dame par les toits. Rocambolesque!

Le morceau de bravoure est le portrait de Maître Cornélius, l’avare qui vit avec sa sœur, une véritable sorcière dans leur maison verrouillée de partout, pleine de pièges et de chausse-trappes.

« De chaque côté de cette porte se trouvait une figure encadrée entre les deux barreaux d’une espèce de meurtrière.
Il avait pris d’abord ces deux visages pour des masques
grotesques sculptés dans la pierre, tant ils étaient ridés, anguleux, contournés, saillants, immobiles, de couleur
tannée, c’est-à-dire bruns ; mais le froid et la lueur de la lune lui permirent de distinguer le léger nuage blanc que
la respiration faisait sortir des deux nez violâtres ; puis, il finit par voir, dans chaque figure creuse, sous l’ombre
des sourcils, deux yeux d’un bleu faïence qui jetaient un feu clair, et ressemblaient à ceux d’un loup couché dans
la feuillée, qui croit entendre les cris d’une meute. La lueur inquiète de ces yeux était dirigée sur lui si fixement,
qu’après l’avoir reçue pendant le moment où il examina ce singulier spectacle, il se trouva comme un oiseau
surpris par des chiens à l’arrêt… »

J’ai été surprise, amusée mais ce ne sera pas l’oeuvre de Balzac que je préfère.

Lire le billet de Claudialucia et de Maggie

Le Grand-Paon – Jean-Henri Fabre : Souvenirs entomologique L7-chXXIII

SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES

Surprise! les deux papillons accouplés!

 

 » Ce fut une soirée mémorable. Je l’appellerai la soirée du Grand-Paon. Qui ne connaît ce superbe papillon, le plus
gros de l’Europe, vêtu de velours marron et cravaté de fourrure blanche ? Les ailes, semées de gris et de brun,
traversées d’un zigzag pâle et bordées de blanc enfumé, ont au centre une tache ronde, un grand œil à prunelle
noire et iris varié, où se groupent, en arcs, le noir, le blanc, le châtain, le rouge-amaranthe [….]

Or le 6 mai, dans la matinée, une femelle quitte son cocon en ma présence, sur la table de mon laboratoire aux
bêtes. Je la cloître aussitôt, tout humide des moiteurs de l’éclosion, sous une cloche en toile métallique.
D’ailleurs, de ma part, aucun projet particulier la concernant. Je l’incarcère par simple habitude d’observateur,
toujours attentif à ce qui peut arriver.

Bien m’en prit. Vers les neuf heures du soir, la maisonnée se couchant, grand remue-ménage dans la chambre
voisine de la mienne. À demi déshabillé, petit Paul va, vient, court, saute, trépigne, renverse les chaises, comme
affolé. Je l’entends m’appeler. « Viens vite, clame-t-il ; viens voir ces papillons,

Combien sont-ils ? Une vingtaine environ. Ajoutons-y l’appoint des égarés dans la cuisine, la chambre des
enfants et autres pièces de l’habitation, et le total des accourus se rapprochera de la quarantaine. Ce fut une
soirée mémorable, disais-je, que celle du Grand-Paon. Venus de tous les points et avertis je ne sais comme,
voici, en effet, quarante amoureux empressés de présenter leurs hommages à la nubile née le matin dans les
mystères de mon cabinet….. »

 

Pendant des années, nous avions étudié en classe ce texte  suivi du compte-rendu détaillé de toutes les expériences auxquelles le naturaliste s’est livré pour identifier le stimulus attractif. Le récit de ses expérimentations est raconté avec précision et rigueur. Modèle de méthode expérimentale.  Les élèves devaient le résumé avec des schémas. Certains faisaient de véritables bandes dessinées.  J’ai photocopié celle de Pierre V. et j’ai gardé sa BD dans mes archives précieusement pendant des décennies.

Quelle a été mon émotion quand j’ai pu découvri Saturnia pyri, hier au cimetière de Créteil, à l’ombre et dans la fraîcheur d’une chapelle familiale. La conservatrice du cimetière qui l’avait repéré et qui nous l’a montré avait fait une photo avec sa main pour donner l’échelle.

un papillon géant presque de la taille d’une main

Surprise, le papillon n’est plus seul : ils sont deux, accouplés. A côté de la tombe pousse un cerisier, tout à fait favorable pour y installer la ponte.

Ce n’est qu’aujourd’hui, alors que je suis retraitée que j’ai le plaisir de cette rencontre avec le papillon vivant!

Les Souvenirs entomologiques de Fabre sont facile à télécharger (en plus c’est gratuit). Je vais les relire. C’est un livre délicieux!

Pour des renseignements détaillés et récents sur cliquer ICI un article qui raconte l’élevage de ce papillon géant.

Wikipédia bien sûr

et le blog  de Lequet

A-t-il profité du calme du cimetière fermé pour cause de confinement? Profité aussi de ce que la Ville de Créteil a banni les phytosanitaires?

Le Chemin des Roses de Servon à Yèbles

BALLADES EN ÎLE DE FRANCE

le buissons d’églantines qui bordent le chemin

Le Chemin des Roses est un parcours piétonnier ou cyclable sur l’emplacement de la voie ferrée du Train des Roses qui reliait Verneuil-l’Etang à la Gare de la Bastille. Elle fut ouverte  en 1853 et achevée en 1892. Ce « train horticole » transporta jusqu’à 85 tonnes de roses pour le seul mois de juillet 1900. La guerre de 14-18 mit fin à ce transport, les pratiques horticoles ayant changé. Le trafic voyageurs fut fermé en 1953, et le fret dans les années 80.

Les gares de Mandres-les Roses ( sur la Tégéval), de Brie-Comte Robert bordent encore la voie, celle de Grisy- Suisnes loge un petit Musée de la Rose  avec une jolie roseraie et celle de Coubert, un musée ferroviaire( je ne les ai jamais vus ouverts en semaine,seulement le dimanche). Le parcours est jalonné de panneaux explicatifs et de plans. Après Soignolles et Solers on passe l’Yerres qui est une rivière assez large. Sur le pont une plaque de marbre commémore un accident ferroviaire qui endeuilla le transport de troupes en 1918. Il faut faire un détour pour passer de l’autre côté du TGV, la campagne devient plus agricole et la promenade se termine au village de Yèbles, joli village briard. 

le chemin des roses ombragé

C’est donc un parcours bien plat, facile, sur une piste confortable en cailloutis blanc entre les haies ou les arbres d’essences variées. Les plus plaisants sont les acacias et les sureaux fleuris au mois de mai. En juin on pourra goûter aux cerises acides. Et par temps de canicule, il y a des parcours ombragés. La voie ferrée était bien isolée de la RN 19 qu’on ne coupe qu’une seule fois.

la cueillette des fraises

Un petit détour, quelques centaines de mètres après avoir traversé la route, on aboutit à un rond-point décoré d’une botte d’asperges. Un chalet vend des asperges en saison. De l’autre côté de la RN 19 se trouve la Cueillette de la Grange de Coubert. On peut y cueillir des fraises ou d’autres fruits selon la saison, des salades, des choux, des épinards, radis, pommes de terre courgettes, aubergines ou tomates plus tard dans la saison.

les pivoines sont de toute beauté

Il y a aussi des fleurs. Les pivoines étaient de toute beauté. Il faut apporter son matériel (sécateurs et couteaux) et,ses emballages (covid oblige). Des brouettes sont à disposition. Les fraises hors-sol sont faciles à cueillir mais pas extraordinaires au goût. Les prix sont comparables à ceux ce la grande distribution, la fraîcheur incomparable en plus et le plaisir de cueillir soi-même surtout pour les familles avec des enfants. Les asperges sont vendues en bottes, les cueilleurs massacrant les pousses et ne coupant que les bourgeons. Elles sont délicieuses! 

une gare du chemin des roses

Pratique : Parking facile à Servon derrière Léon de Bruxelles et La Criée, le départ est tout proche, parking facile également à l’ancienne Gare de Brie Comte Robert. En revanche la ballade est longue pour un aller/retour pour le retour il existe un autobus 21 se renseigner des horaires ou prévoir deux voitures.

 

La Peste – Camus

CONTAGION

Hartung

« les fléaux, en effet sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête. Il y  a eu dans le monde autant de pestes que de guerres. Et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus. »

la Peste fait partie de ces classiques que tout le monde a lu ou croit avoir lu, étudié au lycée….une évidence en période d’épidémie. L’ai-je vraiment lu dans mes études? Peut-être, je me souviens de ces rats qu’on ramassait à la pelle, mes souvenirs n’allaient pas plus loin. Lecture de circonstance donc.

Comme aujourd’hui, l’épidémie fut abordée avec incrédulité : les grandes épidémies ne concernent pas une ville moderne au milieu du XXème siècle, Moyen Âge, contrées asiatiques lointaines….Qui penserait à la peste? Le vieux docteur Castel qui a fait une partie de sa carrière en Chine

« Seulement, on n’a pas osé donner un nom, sur le moment. L’opinion publique, c’est sacré : pas d’affolement, surtout pas d’affolement. »

[….]

« quelques cas ne font pas une épidémie et il suffit de prendre des précautions »

Une fois, la peste identifiée et admise, il faudrait prendre des mesures. Un sérum existe mais

« Savez-vous, lui dit ce dernier que le département n’a pas de sérum? »

Et comme le sérum mettra du temps à arriver de Paris, au lieu de peste  on parle de « fièvre à caractère typhoïde« , il convient d’attendre….

A l’allure où la maladie se répand, si elle n’est pas stoppée, elle risque de tuer la moitié de la ville avant deux mois. Par conséquent; il importe peu que vous l’appeliez peste ou fièvre de croissance. Il importe seulement que vous s’empêchiez de tuer….

Atermoiements, contestation de l’efficacité du sérum (qu’on n’a pas), cela ne vous dit rien?

On va installer des salles « spécialement équipées« , des quarantaines…..jusqu’à ce que la ville entière soit isolée du monde et que les habitants soient réduits à être séparés, exilés, prisonniers. Tout l’art de Camus est de faire vivre ce monde séparé, d’analyser les réactions des personnages. C’est un roman et non pas une étude épidémiologique!

Les personnages sont vivants, divers avec des occupations diverses et des préoccupations bien à eux. Le Docteur Rieux est happé par son travail à l’hôpital, mais il entretient aussi des relations de camaraderie voire d’amitié avec ses collaborateurs.

s’agit pas d’héroïsme dans tout cela. Il s’agit d’honnêteté. C’est une idée qui peut faire rire, mais la seule façon de
lutter contre la peste, c’est l’honnêteté.

Grand, le bureaucrate sort de ses obsessions depuis que la peste a donné un sens à son travail.

Cottard va tirer profit de l’épidémie, c’est un personnage assez mystérieux dont le secret restera caché.

En somme, la peste lui réussit. D’un homme solitaire et qui ne voulait pas l’être, elle fait un complice. Car
visiblement c’est un complice et un complice qui se délecte. Il est complice de tout ce qu’il voit, des
superstitions, des frayeurs illégitimes, des susceptibilités de ces âmes en alerte ; de leur manie de vouloir parler
le moins possible de la peste et de ne pas cesser cependant d’en parler ;

Rambert veut fuir à tout prix pour rejoindre la femme qu’il aime…..

Les personnages secondaires sont, eux-aussi, bien individualisés . On s’attache à chacun d’eux. 

Une interrogation, cependant : Oran se trouve bien en Algérie? Comment se fait-il que Camus n’ait animé que des Européens? les plus exotiques sont d’origine espagnole. Rien que des catholiques! Les Arabes et les Juifs étaient-ils vaccinés ou transparents aux yeux des colons?

A lire et à relire, même en dehors de l’épidémie. Un grand livre, mais tout le monde le sait

Diotime et les lions – Henry Bauchau – Actes Sud

CONTE ANTIQUE

Lions Géants

Henry Bauchau sait raconter des histoires, mythes, légendes avec son style envoûtant. Je l’avais suivi avec Oedipe sut la Route et Antigone, je cherchais depuis longtemps Diotime et les lions.

Grecque ou Perse?

 

Diotime est fille de Kyros et petite fille de Cambyse. Kyros est-il Cyrus, le Roi des Rois, fondateur de l’empire Perse qui s’étendait jusqu’à l’Indus? Mais il y a eu au moins deux Cyrus et deux Cambyses…Il ne faut peut être chercher à coller à l’histoire et rester dans le domaine de la poésie. La mère de Diotime, elle est grecque. Des Grecs, elle cultive la modération et la mesure humaine contre la folie des Barbares. Diotime est un prénom grec.

Les Lions

Cambyse et Kyros, ont pour anciens ancêtres les lions et chaque année les hommes se livrent à une chasse rituelle, les lions jouent aussi un rôle initiatique. Pour faire partie de la tribu et épouser Diotime, Arsès, le grec devra affronter un lion dangereux et puissant.

Diotime, adolescente suit Cambyse qui lui apprend à monter à cheval, à chasser au faucon. Elle veut participer à la chasse rituelle, malgré l’interdit traditionnel qui exclue les filles et malgré l’opposition de sa mère. Sous le patronage de Cambyse elle brave les interdits….

La chasse est violente, sang, danse, bûchers….Ce très beau texte tragique va inspirer théâtreux et danseurs qui en, tirent des spectacles dont je n’ai vu que les extraits de Youtube.

 

Voyages minuscules dans mon quartier : les fleurs au printemps

TOURISTE DANS MA VILLE

Lorsque que le périmètre des promenades se rétrécit et que l’horizon est tout proche, mieux vaut aiguiser son regard et s’arrêter aux détails passés inaperçus pendant des décennies. La floraison d’une nouvelle fleur devient un événement notable. 

jonquilles (01.04.2020)

Après un mois de février très pluvieux et un début mars à peine mieux voici que les beaux jours sont arrivés dès le début du confinement et que les jonquilles ont devancé le printemps. Les jardiniers de la ville ont dispersé muscaris et narcisses au hasard (sans doute étudié) dans les pelouses. Ils ont également fait des massifs en forme de larges ondulations où narcisses, tulipes, primevères et pensées fleurissent . Au cours des jours qui vont suivre certaines fleurs plus discrètes vont occuper l’espace au fur et à mesure que d’autres se fanent.

24avril : tulipes myosotis derrière le Palais

Attentive également aux buissons : jaune éclatant et précoce des forsythias, blancheur fragile des magnolias, les camélias sont sur la fin de la floraison.

Les cerisiers blancs sont éblouissants

cerisiers (fin mars)

la splendeur du début d’avril : les cerisier roses aux pompons fournis

Splendeur éphémère, un coup de vent et les pétales jonchent le sol. Quand tulipes et narcisses fanent le iris, les giroflées et les grosses boules d’ail garnissent les bordures du Mail des Mèches

dans les buissons les azalées et rhododendrons flashent

Vers la fin avril je remarque les tamaris bien cachés sur les bords du parking de la fac de Droit

 

Hier 23 avril j’ai senti les premières grappes d’acacia au parfum sucré et entêtant

Le Mail des Mèches est décoré des grosses boules rondes de l’ail

Quel bonheur cet inventaire floral et merci aux jardiniers de la Ville de Créteil pour ce cadeau !

Le hussard sur le toit – Giono

ÉPIDÉMIE

Angelo partit à quatre heures du matin. Les bois de hêtres dont lui avait parlé le garçon d’écurie étaient très beaux. Ils étaient répandus par petits bosquets sur des pâturages très maigres couleur de renard, sur des terres à perte de vue , ondulées sous des lavandes et des pierrailles. Le petit chemin de terre fort doux au pas du cheval et qui montait sur ce flanc de la montagne en pente douce serpentait entre ces bosquets d’arbres dans lesquels la lumière oblique de l’extrême matin ouvrait de profondes avenues dorées et la perspectives d’immenses salles aux voûtes vertes soutenues par des multitudes de piliers blancs. Tout autour de ces hauts parages vermeils l’horizon dormait sous des brumes noires et pourpres….

Épidémie de choléra en Provence en 1830, lecture de circonstance dans la série inaugurée avec La Peste Ecarlate et l’Année du Lion.

Traversée de la Provence pendant un été torride et l’arrivée de l’ automne dans des paysages superbement décrits.

la chaleur pétillait sur les tuiles. Le soleil n’avait plus de corps : il s’était frotté comme une craie aveuglante sur tout le ciel ; les collines étaient tellement blanches qu’il n’y avait plus d’horizon

Roman historique : Angelo, le héros, colonel de hussards piémontais a tué en duel un espion qui dénonçait les carbonari aux autorités autrichiennes, il s’est réfugié en Provence et veut rejoindre son frère de lait Giuseppe, carbonaro, cordonnier à Manosque.

Roman d’aventure, Roman de cape et d’épée : les routes sont barricadées, ceux qui tentent de fuir l’épidémie sont enfermés en quarantaine. Angelo tente d’éviter les patrouilles en coupant par la colline, ou  livre bataille aux soldats, enfermé il s’évade. Réussira-t-il à rejoindre Giuseppe? Suspense garanti.

Roman d’amour  ou presque, quand il rencontre une belle inconnue qui fera la route avec lui. 

J’ai fait durer la lecture tant Giono écrit bien. J’ai goûté avec grand plaisir ses descriptions des paysages provençaux. Giono fait ressentir la chaleur, le soleil de craie, mais aussi les parfums des pinèdes. Les oiseaux et les papillons et même les abeilles adoptent des comportements inquiétants pendant l’épidémie……Il décrit aussi les affres de la maladie, pas très appétissante.

Si vous connaissez la campagne d’Aix en Provence à  Manosque, Gap et Théus vous goûterez encore plus le voyage.

Trouvé sur un blog intéressant

pour le détail de l’itinéraire cliquer ICI

Pourquoi ce titre de Hussard sur le Toit ? Angelo se réfugie sur les toits de Manosque, mais je vous laisse la surprise….

 

 

Cette nuit – Joachim Schnerf – ed Zulma

Cette nuit  différente de toutes les autres….

25

En léger différé, quelques jours après Pessah -étrange Pessah : commémoration  de l’Exode alors qu’on est confiné-  j’ai lu ce court et sympathique roman (158 pages) du petit format de Zulma. 

Avec retours en arrière, le récit du Seder et de ses préparatifs chez Salomon qui a perdu récemment sa femme Sarah. Sarah encore très présente autour de la table familiale – souvenirs d’autres repas familiaux. Une famille ordinaire. Salomon, veuf, a connu les camps et traîne ses blagues concentrationnaires.Les deux filles  -Denise et Michelle, les gendres Patrick a des faiblesses intestinales, Pinhas est séfarade expansif et folklorique, les deux petits enfants Tania et Samuel. En plus, Leyla, la correspondante allemande de Tania.

Livre de l’absence, du deuil. Comment Salomon conduira-t -il le Seder sans Sarah?

Traditions, et interprétations familiales. Nous assistons à toutes les étapes de la cérémonie, interrompues par des incidents prévisibles ou  non.

Salomon inflige à tous ces blagues des camps, humour très grinçant que seuls les survivants peuvent utiliser sans équivoque. Ma préférée, la plus courte : Salomon et Sarah visitent à Drancy une exposition sur la Déportation, ils rencontrent un ancien déporté :

A mesure que j’approchais, son rire devenait de plus en plus insistant, des gloussements morbides que j’aurais reconnus parmi cent autres. Je me plaçais à côté de lui et m’esclaffai à mon tour. C’était contagieux, il s’adressa à moi sans me regarder : « Struthof? » – « Auschwitz… » – « Prétentieux! »

Il en raconte d’autres, bien pires! 

Humour ravageur quand il parodie le texte

Sept ça doit être le nombre de rouleaux de papier toilette que Patrick peut utiliser en une soirée. Avec sept pour essuyer ses angoisses judaïques, les Six histoires de Pinhas qui font sortir Michelle de ses gonds, et mes Cinq doigts que je ne contrôle plus. Je ne suis plus certain d’aller au bout de la soirée, des Quatre coupes et de leur Trois faces affolées, je ne suis pas sûr de protéger mes Deux petits-enfants de ces adultes incontrôlables, alors je n’ose imaginer ce qui se passera dans Une maison où ce petit monde restera dormir après les dîner. 

Et termine

Me rassurer en imaginant les voix douces de Tania et Samuel égrénant une autre mélodie cumulative : Had Gadia

Quand tout est fini, Salomon retrouve l’absence, le deuil.

Un livre drôle tout en mélancolie et en tendresse.