Les Oxenberg & les Bernstein – Catalin Mihuleac (Roumanie) Les éditions Noir sur Blanc

 LECTURE COMMUNE AUTOUR DE L’HOLOCAUSTE (Roumanie)

Comment évoquer le pogrom de Iasi le 29 Juin 1941, au cours duquel 15000 juifs furent assassinés?

 

Les voix de Iasi de Jil Silberstein est un essai historique très détaillé de 700 pages. Il  cherche les sources de l’antisémitisme en Roumanie dans le contexte historique, sociologique et intellectuel.

 

 

 

 

Eugenia de Lionel Duroy est un roman qui met en scène une jeune femme amie de l’écrivain Mihail Sebastian. Il se déroule principalement à Bucarest mais on y évoque le pogrom de Iasi.

 

 

Catalin Minhuelac, l’auteur, un journaliste roumain, a choisi de construire son roman autour de l’histoire de deux familles Les Oxenberg et les Bernestein.

Les Oxenberg sont de grands bourgeois.  Jacques Oxenberg est un gynécologue de renom recherché par toutes les femmes de la bonne société. Roza, sa femme traduit des nouvelles roumaines en allemand.  Leurs enfants ont une excellente éducation. Voyages à l’étranger, musique. Rien ne  laisse présager  de leur destin, même si depuis longtemps les étudiants en médecines subissent des tracasseries et le numérus clausus, même si les incidents antisémites se multiplient, les Oxenberg se croient protégés par leurs relations.

Ici repose pour l’éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à
lui pour une paire d’ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des
sabots comme chez lui, vous n’en trouverez nulle part. »

La famille Bernstein vit à Washington. Ils ont bâti une confortable fortune sur la vente de vêtements et accessoires de seconde main. Les schmattes,  textiles récupérés par des organisations humanitaires sont triés et vendus dans le monde entier, soit dans les pays pauvres, soit relookés, conditionnés, vintage assortis d’une story ils peuvent être vendus à des snobs, américains ou même japonais.

Sache-le, Suzy, on n’emporte pas son pays à la semelle de ses souliers, mais on garde toujours un petit quelque
chose dans le talon.

Susie, la narratrice,  roumaine, suit Ben Bernstein, se convertit au judaïsme et participe activement au commerce de la famille. Elle invente des stories pour vendre cher des objets quelconques.  Elle s’implique dans l’histoire de la famille Bernstein racontée par son beau-frère Joe, elle veut transmettre à ses enfants leur histoire d’Europe de l’Est et découvre petit à petit l’histoire de Iasi, la ville dont elle vient, de l’exil.

Les chapitres Bernstein et Oxenberg, se mêlent, se répondent. Souvent humoristique – humour juif ou burlesque roumain – alternent avec le récit tragique des vexations, des brutalités et des horreurs. Peut-être est-ce la seule façon d’aborder une réalité insupportable – irracontable – celle des violences, des arrestations, de la déportations en trains… mais aussi celle plus cachée du viol des femmes.

« Sur les femmes violées, l’Histoire se tait. L’autocensure l’empêche d’accorder de l’importance à ces êtres marqués pour toute l’éternité, à la suite de l’assaut militaire le plus vieux au monde, au cours duquel les soldats, les sous-officiers et les officiers combattent au corps à corps la foule des femmes ennemies. Ils combattent en rugissant férocement, ils se battent jusqu’à l’apogée de la victoire en se servant sans gêne de leurs armes intimes. »

60 ans plus tard, Susie cherche dans les musées juifs, dans les anciennes photos, des témoignages. La vérité est difficile à mettre en évidence. les responsabilités ont été diluées, facile d’attribuer les crimes aux Allemands alors que des Roumains étaient impliqués.

« L’histoire brise des cristaux précieux de la vitrine nationale. Le patriotisme conçu pour garder un éclat éternel se transforme en fer-blanc. Des décennies durant, la responsabilité
de ce massacre a été malhonnêtement mise au compte des nazis.

[…]Mensonges. Le copyright du pogrom est la propriété des autorités roumaines. Militaires, policiers et gendarmes
se sont chargés de la mise en œuvre. Et les légionnaires qui guettaient cette occasion depuis longtemps.

[…]Les Allemands avaient participé aussi au massacre, mais de manière dispersée. »

Malgré la noirceur du thème, c’est une lecture agréable. On se prend de sympathie pour les personnages. Le thème du recyclage des objets usagers est aussi intéressant. 

 

 

Retour de Croatie par la Slovénie et l’Italie

MITTELEUROPA un mois à travers l’Autriche, la Hongrie, la Croatie, la Slovénie et l’Italie

20

Nous serions bien restées quelques jours de plus à la mer.

Réveil à l’aube, derniers regards de la terrasse

Ce matin, je me suis levée, comme chaque jour, dès l’aube. le ciel est rose à l’horizon, une énorme  lune brille encore. Autour de la ville les collines s’éclairent progressivement tandis que les toits restent dans l’ombre. Camaïeu de tuiles romaines plus ou moins patinées, toits neufs uniformes, toits rapiécés, fatras d’antennes, râteaux, grilles, quelques paraboles si laides. La lessive sur la terrasse voisine attire le regard avec ses couleurs vives : un maillot fluo, la robe rose bonbon d’une petite fille, des shorts orange et les robes noires de la grand- mère. Je m’amuse à noter la fantaisie des mitres surmontant les cheminées. 6H30 la cloche se déchaîne pour sonner l’angélus. Bientôt nous allons quitter ce paysage et je m’efforce de l’observer avec l’acuité maximale.

8heures, « Turist Biro » nous rendons les clés.

En route à travers l’île jusqu’au ferry

La route de Porozina serpente dans une partie très montagneuse de l’île. Cela nous fait bien rire : les virages sont notés sur les panneaux triangulaires SERPENTINA. Puis nous traversons un bois de chênes. Le vent s’est levé cette nuit et a chassé la brume, les couleurs sont intenses et la mer est agité de petites vagues
9h le ferry quitte l’île pour la côte de l’Istrie toute proche, la traversée ne dure qu’un quart d’heure.

Istrie, la corniche

Nous remontons vers le nord et Rijeka sur une corniche très haute . il y a peu de plages, de jolis villages et surtout des stations balnéaires aux belles villas 1900 et aux grands hôtels Belle Epoque plutôt italiens. Les plages sont aménagées : restaurants, cafés et parasols. Dominique me propose de prendre un dernier bain mais cela ne me dit rien, trop de monde, la mer trop agitée, rien à voir avec l’eau calme et limpide de notre île.

La montagne et la Slovénie

Juste avant Rijeka, la route quitte la côte et monte dans la montagne. Nous arrivons rapidement en Slovénie, très verte. Les maisons sont soignées très fleuries, transition entre la Croatie et l’Autriche. Je ne comprends toujours pas l’éclatement de la Yougoslavie. Les Slovènes étaient très nombreux à Cres, peut être plus que les Croates. Ils parlent la même langue, pratiquent la même religion. Quel besoin d’avoir une nouvelle frontière, une autre monnaie à l’heure où on abolit les douanes à l’intérieur de la Communauté Européenne et où on passe à l’Euro ? En attendant, les prix dans la boutique « hors taxe » sont exprimés en DM.

Arrivée en Italie

Nous arrivons en Italie avec 3000 lires, à peine de quoi payer un café.  La carte de crédit sera bien utile pour les péages.
Trieste. Nous longeons, sans la voir Venise sous la chaleur de midi. La plaine est monotone, grise sous le soleil. Il y a beaucoup de camions. Padoue, puis Vérone, près des villes  des paysages industriels, des aciéries, des usines énormes. Au lointain, le paysage devient intéressant. Nous ne perdons pas de vue les Alpes. Plus près de nous, un paysage de collines avec des villages perchés et des clochers qui  ressemblent à des tableaux de la Renaissance.

Brescia, les panneaux annoncent Turin par une autre autoroute, nous suivons le fléchage et évitons Milan. L’autoroute est moins chargée, mais elle n’a que deux voies. Nous passons devant Crémone, Piacenza, la plaine du Pô couverte de maïs, un peu monotone. De temps en temps, pour varier, des tournesols  fanés.
Turin,  17h45 : la tangentielle. Il faut être attentives pour ne pas louper notre sortie .l’autoroute qui conduit au Fréjus est spectaculaire. Dès la sortie de la ville, elle s’engage dans une étroite vallée bordée de montagnes gigantesques, il semble qu’il n’y a que l’autoroute, ni village ni maisons .Le soleil bas donne un éclairage étrange. A travers des nappes diffuses de brumes certains sommets apparaissent un instant pour disparaître aussitôt. Nous sommes privées de paysage dans les très longs tunnels. L’un d’eux est si long que je crains d’arriver en France par le Fréjus. A la sortie nous sommes complètement éblouies. Les villages ont des noms français mais nous sommes toujours en Italie. Dernier effort pour la voiture : le col de Montgenèvre.
Dès que nous avons passé la frontière, nous nous arrêtons pour chercher une chambre. Au premier hôtel nous trouvons. Il est 19 heures.

 

Cres, Valun

MITTELEUROPA un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

Cres Valun : à la plage

Encore une belle journée pour terminer notre séjour balnéaire sur une jolie plage.

Trois jolie plages aménagées à Valun

Valun est un petit hameau de quelques maisons et de plusieurs restaurants pimpants au fond d’une crique avec un petit port .Trois belles plages de galets sont aménagées, on loue même des lits. Pour terminer les vacances en beauté, j’essaie d’en louer un, ils sont réservés, on me propose d’en retenir un pour le lendemain.

Naturiste ou textile?

Dominique s’est bien organisée pendant que je suis partie nager. La première plage était déjà bien peuplée, heureusement des pins donnent de l’ombre. De l’autre côté des rochers, je lorgne une belle plage bordée par une pinède touffue, complètement vide à part quelques nudistes. Entre 20 personnes nue et 200 habillés, je n’hésite pas. Dominique non plus!  Mais  elle ne fait pas le même choix. Je suis furieuse de tant de pudibonderie ! Je pars à la nage vers la plage naturiste et fais un record de longueur.

Coloniser un territoire:

Quand je reviens, je ne trouve plus Dominique sous son arbre. Elle me fait signe : elle a colonisé un rocher. Elle met toute son énergie à conquérir le meilleur territoire possible en tenant compte de plusieurs critères : d’abord l’ombre, puis l’accès à l’eau puis vient la délimitation des frontières.
Après la conquête, il faut toute une stratégie pour ne pas laisser l’ennemi nous assiéger. Nous étalons donc rabanes et serviettes, chaussures et sacs pour occuper le terrain . La troisième étape est une veille permanente pour dissuader les intrus. Dominique ne va même pas se baigner et cette occupation quasi-militaire la mobilise. Elle me fait penser à un fou de Bassan défendant son nid. Cette fois l’emplacement en vaut la peine. Nous passons de longues heures au frais. Il fait si bon à l’ombre et au vent que je me demande si la température n’a pas baissé.

Snorkelling

Pour ma part, j’ai l’intention de profiter au maximum de ces dernières baignades. Je parcours de grandes longueurs sans aucune peine. Sécurisée par les nombreux baigneurs, je m’aventure loin de notre base sans être isolée. L’eau est si claire que je peux voir le fond sans le masque. A la limite d’un talus la couleur change, au delà c’est le bleu marine des profondeurs, en deçà, la mer est verte. Les poissons affectionnent cette zone, je vois aussi des éponges. J’essaie de nager avec une économie de gestes pour ne pas troubler la surface de l’eau .
Je maîtrise mieux l’usage de mon masque bon marché et défectueux, dès qu’il se remplit d’eau je le vide sans poser le pied, ce qui me permet de nager plus loin du bord, pas trop, c’est inutile, il n’y a plus personne. Un banc de tout petits poissons argentés m’accompagne, ils n’ont pas l’air dérangés par ma présence, je suis ravie.

Les villages

Le four de Lubenice

Vers 15 h nous quittons la plage pour visiter les villages.
La petite route court entre deux murs de gros rognons de calcaire. Il me vient l’idée que ces murs rassemblent les pierres gênantes comme à saint Etienne en dévoluy, en gros tas, les clapiers. Ici, au lieu de les jeter en tas, ils les empileraient pour construire des murs.
Deux voitures peuvent à peine se croiser. Il faut reculer quand les grosses berlines germaniques arrivent en face.

Pernat, vin ou ail

Pernat est un village perdu, pas touristique du tout. Les anciens, rassemblés autour d’une table, nous proposent en italien d’acheter du vin ou de l’ail puis nous découragent de visiter le village.

Lubenice, un peu plus touristique

Lubenice : arcades

Lubenice, perché sur les hauteurs, possède un parking payant très cher (15 Kuna), un plan à l’entrée indique toutes les curiosités. Le touriste est attendu : de belles peaux de mouton bien blanches sont étalées pour tenter les passants ? Des femmes pétrissent le pain dans une sorte d’auge rectangulaire en bois. Dans le four, les braises sont rouges, la pelle traditionnelle noircie attend les prochaines miches.

Nous rentrons vers six heures, la lumière est belle. Notre mansarde est écrasée de chaleur, après la douche on s’étend sur les lits : bouger le moins possible.

Ce n’est qu’à sept heures qu’on commence à revivre. Je sors chercher le Monde chez la marchand de journaux qui me le garde sous le comptoir. Dans les rues étroites à l’ombre il fait maintenant meilleur qu’à l’intérieur? Tous les bancs de notre avenue sont occupés. Les magasins ouvrent à 18h30 aujourd’hui dimanche.

passeggiatta

Cres : à l’italiennes!



Après le dîner, passeggiatta comme tout le monde ici, je choisis une glace,  au tiramisu. Nous préférons nous perdre dans les petites rues

 

Beli, pointe nord ouest de l’île de Cres

MITTELEUROPA un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

Beli, pointe nord ouest de l’île de Cres

La pointe nord-ouest de l’île est très montagneuse : le sommet ne culmine qu’à 650 m mais les pentes sont si raides qu’on ne peut plus parler de collines. Une belle forêt de chênes immenses la recouvre : les arbres sont magnifiques, quelques châtaigniers se mêlent aux chênes. Des villages minuscules sont perchés.

Le camping de Béli

Au dessous de Béli, la route descend à un petit camping installé sous des oliviers, une jolie plage de galets et son petit port.
Bien sûr, la plage est occupée par les estivants avec parasols et divers équipements, mais ce n’est pas la foule. Le problème est de se faire de l’ombre. Nous avisons des rochers en  gradins avec de larges marches bien plates. Nous occupons l’espace avec serviettes, chaussures, sacs pour dissuader les importuns. Après cette première étape stratégique, il faut suivre le cours du soleil pour obtenir deux places confortables à l’ombre, Dominique déplace quatre fois le parasol : au début nous sommes confortablement installées, mais on ne voit plus la mer, enfin, la vue est dégagée, mais il n’y a plus qu’une place à l’ombre . Finalement sous avons le meilleur emplacement de la plage, en hauteur, à l’écart .

Cela me fait un peu penser aux fous de Bassan ou aux cormorans défendant leur nid sur le rocher.

Poissons et mouettes


Spectacle : les campeurs viennent nettoyer des caisses entières de poisson à quelques mètres de notre rocher. Par principe, au début on râle un peu : la mer va être pleine d’écailles et de boyaux. Très vite les goélands rappliquent. Ils saisissent les morceaux que le pêcheur leur lancent, attendent en se disputant, tirent à deux ou à trois sur le même lambeau de peau de raie. On prévoie les prises de bec en regardant  l’homme dépecer son poisson. C’est un spectacle bien plaisant.

Comme d’habitude, je passe plus de temps dans l’eau que dehors. Je m’enhardis à nager plus loin puisque je ne suis plus seule. Les viscères de poissons ont attiré toute une flottille de poissons vivants. Certains nagent complètement à la surface. Ce qui est étrange c’ est que les goélands les négligent complètement préférant les morceaux tout coupés aux proies vivantes.

Béli

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Nous déjeunons d’un sandwich au beurre de sardines de la Belliloise, puis remontons à Béli, petit village ancien ayant gardé son crépis vieillot grisâtre et attaqué par le sel . Les rénovations n’ont pas encore donné l’aspect pimpant et touristique du reste de l’île. Les rues en pente sont pavées de galets glissants. Curiosité locale : le nombre de puits de pierre avec leurs gracieuses ferronneries peintes en vert.

Au café

Nous nous arrêtons dans un café à l’entrée du village. Une bande de Croates boit des bocks impressionnants de bière, puis du vin blanc. Les hommes chantent tandis qu’on installe les corbeilles de pain et les amuse-gueules. Ils sont presque tous blonds. Curieux mélange : un paysage très méditerranéen qui fait penser à l’Italie est peuplé de gens qui ressemblent à des Russes.

KRK

Ce matin, nous avions le soleil dans les yeux, les brumes noyaient le paysage. Au retour les côtes de l’île de Krk sont bien visibles avec un liseré clair délimitant le vert des forêts et le bleu violent de la mer sillonnée par les nombreux bateaux, voiliers ou ferries. A la sortie de la forêt, nous traversons une lande de plantes sèches qui embaument.

le 45ème parallèle

Une grosse borne signale le 45ème parallèle. De retour au studio je regarde le petit atlas : le 45ème parallèle traverse Grenoble, St Flour, Bordeaux. …..Encore un  sujet d’étonnement : ces oliviers, cette chaleur, cette sécheresse m’auraient fait penser à une position beaucoup méridionale. Alors que les petits nuages passent le soir et se désagrègent sans donner de pluie, qu’il fait une chaleur comme en Grèce ou en Turquie je me demande si nous n’avons pas simplement de la chance ou si c’est le climat normal au début Août ?

La petite plage déserte près de Cres

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au marché

A la poissonnerie du petit marché, nous achetons des darnes de poisson, si la poêle avait été plus grande, nous aurions eu le choix entre plusieurs sortes de petits poissons tout frais pêchés . Pour midi, nous emportons un pique-nique  à la plage que nous ont recommandé les français.

le chemin pour aller à la « plage déserte »dans les terrasses

Après la marina, nous contournons les tennis, puis une route de terre monte dans la colline. Des petites terrasses entourées de murettes à claire-voie ont été soigneusement construites par des générations et des générations de paysans. Sur certaines terrasses poussent trois ou quatre oliviers, sur les plus petites, parfois un seul. Je n’arrive pas à imaginer que tout ce travail a été fait uniquement pour des arbres, peut être sous leur ombre y avait il des jardins ? En tout cas, elles sont soigneusement entretenues, les arbres sont jeunes, bien taillés et, dans de grosses cages, on protège des plants récents de l’appétit des moutons ou des chèvres. Quelques figuiers sont couverts de figues presque mûres. Aux branches des oliviers pendent des pièges à insectes en plastique .Les oliviers sont chargés de tout un  mythe, il me semble qu’ils portent toute la civilisation méditerranéenne immuable depuis des siècles. Ainsi les Crétois recelaient l’huile précieuse dans leurs gigantesques pithoï . Cette huile est symbole de vie, richesse de cette terre sèche et brûlée de soleil. La vue sur la rade est somptueuse : au premier plan, les oliviers verts un peu poussiéreux, puis une langue de mer bleu marine éclatant et, resserrée autour de son port, la ville aux toits rouges et aux façades multicolores, comme des jouets, les beaux bateaux blancs.

Le sentier s’engage dans un pierrier inconfortable, il serpente entre murettes, cabanes de pierres sèches écroulées. Heureusement il est bien balisé à la peinture !on ne saurait deviner le passage parmi tous ces cailloux.. J’imagine que nous allons trouver un vrai sentier, non nous poursuivons d’abord entre les jolies terrasses plates où les oliviers adoucissent la descente en fournissant de l’ombre. La pente devient encore plus escarpée, quelquefois la terre ocre donne l’illusion d’un chemin plus facile, ne pas s’y fier, elle est glissante. Nous progressons lentement en s’accrochant aux troncs quand ils sont proches .En s’approchant de la mer nous percevons des éclats de voix : notre plage ne sera pas déserte !

Les envahisseurs viennent de la mer!

 

En effet, dans la petite crique, trois gros bateaux blancs ont jeté l’ancre. Leurs occupants viennent de se lever, une fille se lave les dents à l’eau de mer, une famille prend tranquillement le petit déjeuner à bord, un Apollon bronzé mais complètement nu s’exhibe en figure de proue.. Tandis que nous descendions péniblement notre raidillon, d’autres se sont payé les services d’un bateau taxi : trois italiennes arrivent avec matelas de plage et tout le saint frusquin, et font du bronzage intégral sur un ponton ; nous désertons le nôtre pour réserver un coin à l’ombre sous un olivier. Pressentant que d’autres peuvent arriver.
Les bateaux arrivent tous en même temps, un beau rouge et blanc, danois, un voilier italien (à moteur). Ces belles embarcations n’ôtent rien au paysage, au contraire, c’est plutôt amusant de les regarder manœuvrer. L’équipe italienne n’a pas l’air dégourdie, à cinq, ils installent à grand peine une sorte de vélum destiné à leur faire de l’ombre, ils ne doivent pas souvent hisser les voiles, ceux là ! D’ailleurs, depuis que nous sommes sur l’île, nous n’avons vu personne naviguer à la voiles, les mats sont là pour la décoration.

Notre plage déserte se peuple rapidement, une famille slovène est descendue comme nous par le chemin de chèvres avec bébé, parasol bouée et bateau gonflable, rejointe par le reste de la troupe en canot à moteur. Les hommes enlèvent leurs slips en descendant du voilier. Dominique est furieuse surtout quand un gros lard s’étale sur la table, tout à l’air, cela lui coupe l’envie de se baigner, elle fulmine. Moi, cela ne me gêne pas, je suis bien trop occupée par mes baignades avec ou sans masque, la lecture du Monde et le spectacle des arrivées et des départs.

Un nouveau groupe arrive par mer avec glacière, grill, trois bouteilles de vin et même une guitare. Nous avalons en vitesse notre salade de concombres.
Sauve qui peut
Vers deux heures Dominique qui veut fuir le naturisme commence la remontée seule. J e prends un dernier bain, me rhabille sans acrobaties, puisque tout le monde est à poil, inutile de se cacher ! Je remonte quatre à quatre le sentier, c’est une erreur, après la baignade, je n’ai plus de jambes et. j’arrive en haut de la côte complètement à bout de souffle . Après une pause je continue sur la route à pied pour goûter mieux du panorama et des oliviers.

De retour à l’appartement, le propriétaire et la femme de ménage sont là, il faut patienter pour se doucher. Après la douche, sieste dans l’air conditionné, nous profitons bien de notre joli studio !
C’est un privilège d’avoir une terrasse, je n’en compte que trois aux alentours, la voisine a installé son matelas de plage sur les tuiles. Dès que le soleil baisse, il fait bon . Nous y dînons et lisons en écoutant la musique venant du restaurant de l’autre côté de l’avenue.

Goetz et Meyer – David Albahari (traduit du Serbe)

HOLOCAUSTE (SERBIE)

138 pages, d’un seul tenant,   à peine de la ponctuation, un point de temps en temps. J’en fais une lecture hachée, pour reprendre mon souffle. Le contraire d’un livre léger.

L’auteur enquête sur la disparition de la communauté juive de Belgrade en 1941-1942.  9500 Juifs se sont présentés au recensement. 4000 hommes furent fusillés, femmes, enfants et vieillards conduits au camp de la Foire des Expositions de Belgrade. Du camp, 5000 furent gazés dans un camion conduit par deux sous-officiers : Goetz et Meyer.

De quelle sorte d’hommes étaient Goetz et Meyer? De quelle sorte d’hommes est celui qui, comme eux deux accepte d’accomplir un devoir qui implique la mise à mort de cinq ou six mille âmes? Moi, j’ai du mal à me décider à mettre une mauvaise note à un élève en fin de semestre en fin d’année scolaire n’en parlons pas, mais cette épreuve est dérisoire comparée à celle que devait subir Goetz et Meyer. Et que dire s’ils n’avaient nullement le sentiment d’endurer une épreuve quelconque.

Le narrateur, un professeur juif qui a survécu caché, reconstitue son arbre généalogique. Il recherche les survivants de sa famille, l’identité de ceux qui ont disparu. Mais surtout il s’interroge sur les mécanismes de leur élimination. Comment des gens ordinaires ont pu conduire à la mort des femmes et des enfants? Goetz et Meyer hantent les pensées du professeur peut être plus que les disparus.

Une lecture essentielle mais éprouvante.

Arrivée à Cres

MITTELEUROPA un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

Cres port

Nous quittons Nézérine à 8 heures. Comme le  voyage n’est pas  long, nous faisons  le détour par Ustrine pour photographier les murettes. L’image du soleil brillant dans les interstices nous avait plu malgré nos soucis hier soir. Le matin, l’impression est différente. Le réseau des murettes dans la montagne est étonnant, mais plutôt vu d’avion.

Une route latérale conduit à la mer. On arrive à un village moderne, plutôt un lotissement de villas avec terrasses. La côte est aménagée avec des escaliers et quelques plates-formes en ciment. A 9h, très peu de baigneurs. L’eau est lisse, immobile, limpide. Je nage le long de la côte d’un côté puis de l’autre. Sans aller bien loin.  Cela me paraît être une expédition. Au fond, je regarde les paquets de posidonies, les algues rigides un peu roses qui font penser à des coraux, d’autres brun clair en forme d’oreilles ou de pleurotes translucides. Même sans le masque je devine les poissons vif argent.

Arrivée à Cres, jolie petite ville touristique

Les rues de Cres



A 10 h nous rejoignons Cres (qui se prononce Tsres). La route s’élève dans les collines, il y a encore des murettes partout. Plusieurs centaines de mètres à nos pieds : un lac oblong lisse d’un bleu turquoise pastel épais, inaccessible. En haut d’une côte, nous découvrons Cres au creux d’une rade fermée avec ses toits de tuile, son petit port bordé de maisons hautes et étroites. C’est une toute petite ville, nous trouvons facilement le «Turist Biro». Dans la queue, des français nous précèdent :  ils rendent la clé d’un appartement. Je leur demande s’ils en sont contents. Sur leur recommandation, nous louons le même. Ils nous invitent à l’apéro sur le port…

Notre studio mansardé

Cres : les toits vue de la terrasse

A midi nous sommes installées dans un studio mansardé tout carrelé de neuf et bien équipé. Tout le charme du logement réside dans sa terrasse qui surplombe les toits de tuiles romaines les bâtiments de la vieille cité sont hauts de trois ou. Quatre étages extrêmement étroits. Les petits toits s’enchevêtrent sans aucun alignement de rue. Les ruelles sont tortueuses, avec des impasses et des courettes. Il y a des rajouts de terrasses, d’appentis, des cheminées surmontées de toutes sortes de mitres, des antennes, des cordes à linge. Tout cet aimable désordre me donne envie de dessiner. Au delà des maisons on aperçoit deux clochers et une grosse tour ronde et plus loin encore les collines couvertes de maquis ou de pinède formant un amphithéâtre naturel.

Cres ; arc de triomphe

Notre immeuble est situé sur la seule avenue de la ville encadrée de larges trottoirs sous une double rangée d’arbres sous lesquels on a disposé des bancs. Aux deux extrémités du cours des arcs de triomphe aux colonnes antiques surmontées du lion de Venise. Au milieu du cours, un monument aux morts moderne à la forme bizarre (peut être une lyre). Cette avenue borde la vieille ville, plus loin les maisons modernes sont clairsemées dans leurs jardins.

Nous sommes conquises et décidons que l’étape sera longue ! Puisque nous pouvons cuisiner nous déjeunons de poisson pané et d’épinards surgelés.

la  plage

Cres baignade

Sans se fatiguer, nous allons à la plage la plus proche. Cela ne démarre pas trop mal, nous nous garons près de l’hôtel, une corniche fait promenade, quelques tamaris donnent de l’ombre. Nous suivons le bord de mer jusqu’au camping. Là c’est l’horreur : le soleil cogne dur, les caravanes sont installées au ras de la digue.. La courte baignade a un but pratique : éviter l’insolation. Elle  ne procure aucun plaisir . Pour sortir de ce guêpier, nous traversons le camping surpeuplé, promenade déprimante. Pour finir, une FKK. Il y a peu d’accès à la mer sauf  aux embarcadères des ferries reliant Cres à l’île de Krk ou au continent.
Nous roulons dans une montagne très sauvage . Près de Cres les murettes enclosent des vignes toutes petites et il y a quelques oliviers. Ensuite le maquis tombe en pente escarpée vers la mer. De la route qui surplombe, on découvre une petite anse où mouillent des voiliers – inaccessibles – des îlots rocheux et les côtes des îles voisines. Puis la route s’arrête net sans prévenir au débarcadère les voitures font la queue. Nous voyons une toute petite route menant à un petit village au loin. Bien difficile d’y accéder, les voitures attendant leur bateau ont formé deux files. Heureusement ils reculent pour nous laisser passer.

Nous découvrons le plus petit port qui soit : un quai de ciment forme une rade rectangulaire, sur les bords un petit coin cimenté. Une femme se bronze allongée sur le ponton . Nous sommes seules à l’eau. L’eau est tiède presqu’aussi chaude que dans les piscines thermales. Je vais vers le large pour trouver la fraîcheur habituelle.  J’ai peur de m’éloigner, nous sommes tellement seules que je crains un piège. Plus loin, la montagne descend en formant des falaises, on se dirait à Madère, notre plage est vraiment la seule plage de cette côte ! Dominique nage avec moi jusqu’à une jolie grotte où des papillons volettent tels des chauve souris.

Vers 4h30 deux jeunes gens descendent des maisons perchées au dessus de nous, puis une petite fille, puis une femme …A cinq heures toute la famille est en bas. Ces gens ne nous dérangent pas, ils nous rassurent. Ici, pour éviter la foule mieux vaudra se baigner le matin tôt ou à l’heure de la sieste. Jusqu’à 4 h tout le monde ferme volets et persiennes.

En soirée

Comme en Italie : la vitrine du glacier

En revanche, le soir on vit dehors, dans les ruelles on a installé des chaises et des tabourets sur le pas des portes, certains dînent ainsi devant leur maison dans la rue, des femmes tricotent ou font de la broderie ?

Toute la jeunesse et les badauds des campings convergent sur la place de l’horloge devant le port. Un petit orchestre sur un podium fait une animation musicale (la danse des canards en Croate,  Macarena). On fait la queue devant les glaciers, toutes les tables des restaurants sont occupées. La foule est si dense qu’il faut que je m’accroche au sac à dos de Dominique pour ne pas la perdre.

Nous filons vers des rues plus tranquilles. Je constate le même désordre dans les volumes et les formes, que dans les toitures : lacis de ruelles, passages inattendus sous des arches, escaliers dérobés, immeuble surplombant toute une rue. Si on observe bien, on découvre de merveilles sculptées : ici une fine colonne, là un blason, ou un porche, deux lions usés par le temps… Il est temps de rentrer si on veut jouir de la terrasse.

Nézérine Osor Ustrine

MITTELEUROPA Un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

Eglise d’Osor

Nézérine

Le soleil se lève sur la montagne, au même moment la cloche de l’église sonne 6 heures, coïncidence « frappante ». Très vite il fait très chaud sur le balcon. Je me replie à l’intérieur quand les cloches carillonnent l’angélus à 6h30.

A 8heures nous partons faire des photos dans les rues de Nézérine, découvrons de nouvelles ruelles en pente qui nous conduisent chez la « voleuse » je regrette mon mouvement d’humeur, nous aurions été si bien ! En face un bateau tout rouillé remplace une digue, de l’autre côté : la plage, si j’avais été en tenue, je me serais bien baignée.

Osor, ville enclose

Osor

Osor est une ville enclose, comme Nin on y entre par un pont (ici il est en fer). Sur la place une curieuse église à façade festonnée en trèfle porte des statues de pierre très blanche tandis qu’au dessus du porche la madone se détache sur du marbre rose. Le campanile est ici aussi érigé à l’écart.. les voitures ne pénètrent pas dans la ville, il y règne une sérénité appréciable. Nous photographions les maisons fleuries.
Baignade dans le port, cela m’amuse de longer les murailles à la nage. Dominique se baigne aussi ;
Pour déjeuner, nous préférons la place tranquille d’Osor à la recherche d’un emplacement problématique dans la campagne. Après un café en terrasse, nous nous installons sous un tilleul bien fourni sur une sorte d’estrade en pierre. Entourée de bancs de pierre autour du puits, pas de fontaine, elles sont rares en Croatie. Il est midi, chacun est chez soi, le « turist biro » est fermé .Il se dégage une impression de calme, nous mangeons un pique nique simple : œufs durs, dolmas et yaourt.

Ustrine, village perché

Sur la carte, une route va à la mer à Ustrine : village perché sur le rebord de la colline. Nous y sommes déjà passées hier soir à la tombée de la nuit ; des murettes de pierre empilées délimitant des parcelles arrondies, laissaient passer les rayons obliques du soleil couchant. Nous pensons à l’Irlande ; sous le soleil de midi, il est urgent de trouver de l’ombre !

A la recherche d’un coin  pour se baigner

Une route, avec un panneau interdisant la circulation automobile descend la pente raide. C’est impressionnant : pas de lacets, un schuss. On retient son souffle, la 205 a de bons freins. Enfin, il le faut ! En bas d’autre véhicules sont garés faisant foi de la carrossabilité de la route. Un petit escalier, une plate-forme cimentée : un accès facile à l’eau, l’endroit rêvé. Bien sûr déjà occupé Des jeunes ont tendu une bâche sur le ponton et jouent tranquillement aux cartes. Des hollandaises très replètes lisent et plongent. Nous trouvons même un arbre qui nous donne de l’ombre. La baignade est merveilleuse, l’eau bleu profond. J’explore à la nage la rive pour chercher un meilleur emplacement, mais il faudrait escalader les rochers avec le parasol. Cette nage à l’aventure me plaît beaucoup. Dominique m’accompagne de l’autre côté, nous découvrons des maisons cachées sous les chênes verts, aucun accès par la route, elles ne sont accessibles qu’en bateau : une jolie plage avec des barques, des zodiacs et un magnifique voilier aux couleurs italiennes. Je fais des essais avec le masque. C’est une des plus belles baignades depuis la Grèce.
Une barque accoste au ponton,  soleil a tourné nous n’avons presque plus d’ombre sous notre arbre, il est 4h et il est temps de rentrer. La montée est aussi impressionnante que la descente, je retiens mon souffle ;
6h30, les cloches sonnent, nous commençons à sentir la fraîcheur. Une barre de montagnes sur le continent apparaît dans le lointain : les sommets de calcaire nu  semblent couverts de neige. La vue est merveilleuse. Au premier plan : une rangée de cyprès et un prunier couvert de prunes jaunes, plus loin de beaux toits de tuile ;
nous dînons sur la plage, des femmes se baignent nues, si j’avais eu une serviette, je les aurais bien imité.

Tour en ville : j’achète une glace et prends en photo les maisons qui se reflètent dans l’eau du port. Au retour, nous nous égarons et découvrons de jolies maisons aux balcons fleuris enfouis sous les lauriers roses et les figuiers.

Zadar et ses environs au sud

MITTELEUROPA un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

L’embarquement des ferries à Zadar

Aux premières heures de la matinée nous filons aux bureaux de la compagnie de navigation. Le ferry pour Mali Lošinj n’est pas quotidien mais hebdomadaire, seulement le mardi. Justement, nous projetions de partir mardi ! Reste t il de la place ? L’employée téléphone, demande la longueur de la voiture. Evidemment, je ne la connais pas mais je lui assure que la voiture est petite. C’est bon ! je passe à la caisse : 211 Kunas seulement ; je tombe des nues, j’avais calculé 4 fois plus, avec les prix du prospectus .Ce mystère s’éclaire facilement : le montant était indiqué en Lires italiennes, ce qui expliquait le nombre inquiétant de zéros.

La réserve ornithologique

Nous allons ensuite explorer un lac 30 km au sud de Zadar qui est aussi une Réserve ornithologique. La route côtière est toujours aussi fréquentée, ce qui nous confirme que la croisière est une idée de génie !  Elle traverse une zone industrielle très laide puis longe une mince pinède. Les stations balnéaires se succèdent ensuite, les campings, le club Med …

Au feu!

Juste avant d’arriver le trafic se ralentit et s’arrête. Un barrage ? ou le feu ? En effet une épaisse colonne de fumée s’élève de la gauche. Ce ne sont que des travaux. Encore une bonne raison de remonter la côte en ferry !

Le lac

Le lac a une belle couleur vert pastel un  peu laiteux, il se trouve dans un écrin (un écran !) de roseaux qui interdisent l’approche. la Réserve Ornithologique a prévu quelques sentiers d’accès pour l’observation, mais la promenade tourne court après quelques dizaines de mètres. Il n’est pas encore midi, trop tôt pour le pique-nique.

La plage du club Med

A  sortie d’une pinède nous trouvons une jolie anse rocheuse enfermant une minuscule plage de sable avec l’eau la plus transparente qui soit . Bien sûr, on n’est pas seules ! Sur le sable et dans l’eau peu profonde jouent des enfants. Dominique se pose sur un rocher tandis que je pars à la nage vers le large pour explorer les environs. Des gens arrivent par le haut de la pinède sur des rochers abordables. Il faut convaincre Dominique !
Je n’ose pas insister trop. L’expérience de la plage nudiste me fait adopter un profil bas, je ne veux pas deux jours de suite prendre des initiatives qui ne conviennent qu’à moi. C’est vraiment dommage, l’endroit est magnifique, le plus beau depuis notre arrivée en Croatie.
Nous retournons à l’étroite pinède coincée entre la mer et la route. Il y a du monde, mais pas trop. Nous y passons un bon moment à nager, nous sécher au soleil puis à lire à l’ombre. Nous observons aussi les évolutions d’un petit hydravion qui vient pomper l’eau pour éteindre un incendie de forêt.
Dernière soirée à Rovinjska : bon dîner avec de la viande et des épinards, dernière lessive. Puis encore une fois, la digue illuminée. Le vent s’est levé, de gros nuages menaçants viennent de la montagne.

Pag

MITTELEUROPA – un mois à travers l’AUTRICHE, la HONGRIE et la CROATIE

lapiez

Pag est une très longue île parallèle au continent. On y accède par un pont bombé en ciment.
Les vieilles, habillées en noir en jupe froncée et en grand fichu noir qui leur cache le visage à la mode turque, vont à pied à la messe. Nous avons déjà vu les mêmes vieilles à Harkany aux bains, peut être étaient elles Croates ?

Lapiez
L’île est désertique : le calcaire est nu ; de loin les falaises sont blanches, de près la patine est grise comme à Superdévoluy .Des figures d’érosion en lapiez font des arêtes pointues.

La saline

pag : marais salants

Une petite dépression occupe le centre de l’île, remplie de roseaux géants. Sur la carte un lac est indiqué : c’est une saline en activité avec des bacs rectangulaires. Une usine immense l’exploite, mais curieusement, en cette saison tous les rectangles sont remplis d’eau et on ne voit pas de tas de sel ni même ne croûte de sel à la surface.

la petite ville de Pag

Au milieu de l’île, la petite ville de Pag est ancienne. Comme Zadar ou Nin, elle est enclose dans ses murs de pierre et gardés par de jolies portes. A l’intérieur, les ruelles sont si étroites que le soleil ne pénètre pas. Certaines maisons portent de jolies sculptures, des balcons de pierre. Les dalles sont glissantes comme
à Zadar.

Dimanche : la messe

Sur la place de l’église nous prenons un pot. C’est l’heure de la messe, il y a affluence, l’église est peine, le portail ouvert, certains assistent debout .Impossible de visiter l’intérieur. pas de photos de l’extérieur de l’église romane : des échafaudages cachent la façade. De jolis anges se détachent sur le ciel bleu. Nous achetons Le Monde –encore un luxe appréciable- et des beureks comme en Turquie -et un feuilleté à la cerise.

Trouver une plage!

Il est temps de trouver une plage. Ce n’est pas facile sur cette île rocheuse. La route domine la mer à 100 m d’altitude, nous roulons dans une colline pierreuse où seuls dépassent des murets de pierres sèches délimitant d’improbables parcelles désertes. Nous descendons dans un village. Surprise ! Les chênes verts bordent la côte. Miracle ! L’eau est accessible. Une famille vient tout juste de libérer un emplacement bien plat à l’ombre d’un magnifique chêne vert. Je suis enchantée ! Des naturistes se baladent à poil, bon augure ! Les plages naturistes sont toujours moins fréquentées que les autres !
Dominique voit tout cela d’un autre œil : les naturistes lui gâchent la baignade. Elle se retranche sous notre chêne et y restera toute l’après midi sans bouger en observant les aller et venues des hommes et des femmes à poil.
Pourtant on aurait pu passer une très belle journée : l’eau est délicieuse. Je passe des heures avec mon masque à observer dans les rochers une faune très intéressante .Dominique a une idée géniale : elle découvre dans nos prospectus une liaison maritime entre Zadar et une île près de Rijeka qui shunterait toute la route à camions en corniche. Au lieu de s’énerver en conduisant nous allons faire une croisière!

Barrage de police

Le retour est retardé par une péripétie : au pont, les policiers ont monté un barrage et vérifient les identités et ouvrent les coffres des voitures. Nous n’avons pas nos papiers. Que va-t-il arriver ? Rien, quand vient notre tour, on dit au policier « Papir, Zimmer,Rovanijska » de l’air le plus bête possible et il nous laisse passer.
Le soir sur la digue, nous envisageons avec enthousiasme notre nouveau projet. Dominique souhaite tellement  le réaliser qu’elle est prête à allumer un cierge à notre petite chapelle de la plage. Malheureusement, il y a du monde