arrivée à Palerme, Vendredi Saint

CARNET SICILIEN 2004

 

 

Le génie de Palerme
Le génie de Palerme

Vol Meridiana -Orly 12h15
Méridiana  dessert les lignes intérieures italiennes. L’avion, Mc Donell, a deux sièges d’un côté de l’allée trois de l’autre. Service minimum : un sandwich jambon fromage, un jus d’orange, un café.Arrivée à Palerme à 14h30 sous un chaud soleil.

A 15h30, à bord d’une Fiat Punto  neuve  gris métallisée,  l’autoroute longe la Méditerranée toute bleue sur une dizaine de kilomètres, de l’autre côté, des collines très escarpées. Tunnels. Nous quittons l’autoroute trop tôt, traversons des quartiers modernes sans intérêt, allant tout droit, au jugé.

Vers le Centre de Palerme

Notre hôtel Orientale via Maqueda
Notre hôtel Orientale via Maqueda

La Maqueda,  est une des artères principales de Palerme. Nous dépassons l’hôtel Orientale, cela se corse. Autant la circulation  dans les grandes rues est sans histoire – bien que sportive et agressive – en Italie, nous avons connu pire – autant conduire dans les ruelles est une véritable galère. Soit la rue est  à sens unique, soit elles sont occupées par le marché, ou trop étroites et tortueuses.  Comment allons décharger les valises, comment trouver un parking ?
Finalement tout se passe à merveille.

L’Hôtel Orientale

L’hôtel Orientale occupe deux étages d’un vaste palais du XVIIème siècle qui possède une vaste cour. La réservation a bien été notée, parking dans la cour pour 10 Euros.
Détail « folklorique » : le propriétaire avise mon collier (la chaîne en or que les cousines m’ont offert pour mes 50 ans). Il faut absolument retirer ce collier qui va attirer les voleurs. A Palerme, il ne faut ni sac à main ni bijou !

Plafond historique!
Plafond historique!

J’essaie de photographier l’entrée monumentale. Pour arriver à la réception au premier étage, on monte un escalier théâtral aux marches de marbre rose très larges, presque plates qui se divise en deux sur un petit pallier rond. Au premier, deux volutes de marbres embrassent la montée. Des lanternons, des arcades soulignées de gris soutiennent les plafonds. Au dessus de l’entrée, une plaque gravée représentent le Palais, est surmontée d’un buste. Des moulures de stuc en arabesques compliquées entourent la porte. Ne pas imaginer un hôtel luxueux. Tout est bien vieux, défraîchi, au bord de la ruine, ce qui le rend encore plus pittoresque.

 festivités de la Semaine Sainte.

Procession via Maqueda
Procession via Maqueda

A 18 h, une procession doit partir de l’église la plus proche. Nous sommes comblées. Avant de quitter notre Palais, nous découvrons le salon avec ses grands rideaux drapés, plafond peint d’une fresque, balcons sur la Maqueda où une foule attend la procession.Les  rues adjacentes ont de curieux panneaux en italien, mais aussi en hébreu et en arabe. Notre quartier, aristocratique autrefois est maintenant habité par des immigrés. Les boutiques sont «orientales», arabes ou hindoues.

Pénitent
Pénitent

En tête de la procession, une rangée de pénitents cagoulés, soufflant dans une sorte de trompe au son affreux. Les crécelles de bois font un bruit sinistre. Derrière, des Romains casqués, au plumet en balai rouge.  Jésus en robe beige, tachée de sang, porte une grande croix, la couronne d’épines est en fil de fer. Derrière, un enfant porte une petite croix sur roulettes. De l’église sortent des statues : le Christ est couché dans une châsse transparente aux montants dorés surmontée de bouquets magnifiques : une sorte de palme tressée très haute, des orchidées, des lis et des anthuriums blancs. La foule suit la statue en chantant des chœurs de Verdi. La Vierge est debout habillée de noir. Des jeunes filles tout en noir avec un béret de velours noir escortent en pleurant le cercueil de verre. Derrière, les corporations avec des étendards puis une fanfare. Tout le monde se presse. Il règne une curieuse ambiance : de la religiosité, mais pas trop de solennité, une agitation bon enfant. On se pousse, on se parle.
Au bout d’un quart d’heure, nous cherchons à nous échapper, rejoignons la Via Roma, boutiques très chics, puis une petite place de vendeurs de ferblanterie et de vélos.

Santa Catarina, marqueterie de marbre

Santa Catarina
Santa Catarina

Au hasard des petites rues nous découvrons une place très théâtrale. A droite, la façade baroque de l’église Santa Catherina. On y entre par un haut escalier. L’intérieur,  est marqueté de marbres et de stucs, une merveille. C’est l’office, des femmes chantent. Toute une file fait la queue pour se confesser. Ici encore, le recueillement est tout relatif, on y téléphone même. Il faudra revenir faire des photos en dehors de la messe.
En face de Santa Catharina, en haut d’un escalier comme sur une estrade deux petits édifices cubiques surmontés de coupoles rouges très arabes, un campanile élégant, normand et plaquée, une façade baroque étrange. Sur un  troisième côté de la place, le petit théâtre Bellini avec des trompe l’œil. La Via Maqueda borde le quatrième côté.

Procession grecque à la Martorana

San Cataldo et la Martorana avec son campanile normand
San Cataldo et la Martorana avec son campanile normand

Une procession sort d’un de ces édifices cubiques. Plus petite mais bizarre. A l’avant, le prêtre tout en noir, avec une sorte de chignon, ressemble à un pope grec.

la procession grecque sort de la Martorana
la procession grecque sort de la Martorana

Des hommes costumés d’orange précèdent le cortège Une plate-forme vide en natte tressée est portée par des porteurs. Des prêtre en rouge aspergent les passants à grands jets d’eau bénite. Des nuages d’encens s’échappent de l’église. Le cortège fait le tour du bâtiment et retourne dans l’église des grecs: la Martorana dont les mosaïques sont présentées dans tous les guides.

Martorana mosaïques byzantines
Martorana mosaïques byzantines

A l’intérieur, l’église est pleine. On ne laisse entrer les curieux qu’au compte goutte. La liturgie est bizarre : des hommes chantent en grec mais je ne reconnais pas une église orthodoxe; pas d’iconostase pas d’icônes. L’assistance est assise sur des bancs comme dans n’importe quelle église catholique. Les mosaïques, en revanche, sont byzantines. Nous nous arrêtons  devant l’autre église cubique San Cataldo. D’ici, on découvre des coupoles, des tours des façades. Enchevêtrement d’époques, de styles, d’influences …
Un peu plus loin, une autre place est entièrement occupée par une fontaine toute blanche ornée de statues énormes. J’ai envie de tout photographier.

San Giuseppe Teatini
San Giuseppe Teatini est une grande église très baroque très grande, très peinte. Ici, on prépare, on remmanche les bras d’un Christ manchot qu’on raccroche à sa place. Le curé fait répéter une troupe d’enfants, plus loin, on confesse à découvert.

Sur la Maqueda, les processions font bouchon, on klaxonne, les deux roues pétaradent. Nous retrouvons le calme dans de petites rues souvent très ruinées, parfois taguées. A chaque coin de rue, une surprise : une église baroque transformée en mosquée, un grand chantier de restauration, des bougainvillées et des jardins donnent un air champêtre. Si nous voulons dîner, il faudra rentrer avant 8h, heure de fermeture de la pizzeria où nous achetons deux parts une à l’aubergine pour moi, une tomate mozzarella pour Dominique.

La procession encore
Nous retrouvons la procession, plus impressionnante avec les cierges allumés. Les hommes qui portent les brancards de la statue (16 devant et 24 derrière) ont l’air complètement fourbus, ils se soutiennent les uns les autres et s’accrochent aux brancards. Une grande fanfare suit. Nous les regardons du balcon du salon de l’hôtel.
Dernières courses au marché éclairé, encore actif à 20h.

 

Arzachena : Tempio di Malachittu – plages Canagionne – Le Saline

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le Temple de Malachittu
le Temple de Malachittu

 

Tempio di Malachittu

Le Temple de Malachittu est situé sur un terrain privé. La visite se fait accompagné deux fois par jours à 9h125 et 17h45 et dure approximativement deux heures

La promenade est très jolie. On suit une allée poudreuse à l’ombre des oliviers menant à un agriturismo ravissant. Après avoir ouvert et refermé deux portillons de bois, on a grimpé dans la colline sur un chemin. Un gros rocher biscornu coiffe son sommet. Le temple se trouve juste derrière. On doit donc le contourner.

le temple se cache derrrière le gros rocher
le temple se cache derrrière le gros rocher

Construit à l’époque nuragique, il se trouvait à proximité d’un village dont on n’a retrouvé qu’une seule cabane circulaire. Ses habitants  occupaient aussi des grottes dans les cavités du rocher de granite évidé. Un nuraghe construit sur le rocher sommital s’est écroulé à la fin de l’âge de Bronze. Il surveillait les terres cultivables aux alentours ; Le contrôle des terres était important dans cette civilisation agricole. Après la chute du nuraghe, le village fut abandonné.

Le petit temple est très bien conservé. Seule la toiture en bois a disparu.  L’atrium est délimité par deux murs bien visibles. L’entrée est surmontée d’un linteau avec une petite fenêtre de décharge. Une petite fenêtre oblique dans l’épais mur permet de contrôle les arrivées par le petit sentier.

Le temple à megaron est rectangulaire. Quelques grosses pierres servaient sans doute e banquette. Le foyer au centre dans un recttangle permettait de cuire les offrandes. L’absence de texte écrits fait qu’on ne sait que fort peu de chose sur le culte.

Le retour est une descente dans les rochers, presque de l’escalade. La vue est magnifique sur les chaos granitiques.

caverne habitée dès l'époque nuragique
caverne habitée dès l’époque nuragique

Le reste de notre dernière journée en Sardaigne est prévue à la plage. Nous avons repéré un restaurant Le Lampara à Canegionne qui sert des pizzas sur la plage sur des tables de plastique sous des parasols. 3€ la demi pizza et des glaces.

La plage est fréquentée par des habitués. Les enfants jouent dans l’eau peu profonde. Je nage encore à côté des bouées dans l’eau profonde tranquille. La baie d’Arzachena est longue et échancrée, donc bien abritée. En revanche l’eau est très fraîche. A plusieurs reprises je dois sortir pour me sécher et me réchauffer.

Le Saline
Le Saline

Fin de l’après midi à la plage delle Saline , longue plage avec un petit marais à l’arrière.

Retour  tôt pour faire les valises. Les consignes de sécurités pour les bagages en cabine et le prix exorbitant de la valise en soute sur Easyjet font de l’opération un casse-tête. On laisse à regrets le beau parasol jaune, cadeau des Tchèques, le pare-soleil en alu bleu qui aurait bien convenu à la 207 bleue ainsi que toute sortes de choses.

 

 

 

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Un après midi à la plage : plages de Pallau et d’Arzachena

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Capo del Orso
Capo del Orso

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

 

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

les sites archéologiques autour d’Arzachena

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Tombe de géant
Tombe de géant: exedra

 

Sept sites archéologiques aux environs d’Arzachena : trois Tombes de Géants, deux nuraghes, une nécropole très ancienne et un petit temple nuragique.

Nous n’avons jamais vu de Tombe de Géants nous commencerons par la Tombe de Géants Tomba Coddu Ecchiu. On y parvient par la route de Sant’Antonio.

maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)
maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)

 Coddu Ecchiu ou cuddu vecchiu veut dire vieille colline. La tradition populaire attribuait à ces monuments la croyance qu’un géant était enterré dans ce grand monument. C’est une tombe collective et il n’y avait pas de géants chez les sardes.

La construction se fit en deux phases :

1)      Une allée couverte 1800-1600avJC, sorte de dolmen dont le couloir serait abrité par des dalles

2)      A l’âge nuragique, après 1600, il subit des transformations : la construction de murs périphériques puis de l’exedra formé d’une haute stèle centrale et de pierres orthostatiques de tailles décroissantes vers l’extérieur.

3)      Enfin, il faut couvert d’un tumulus de pierre et de terre.

La forme est symbolique, rappelant  la tête et les cornes d’un taureau, divinité masculine de force et de virilité tandis que la Déesse-Mère symbolisait la fertilité. La stèle centrale (4mx1.9m) est orientée Est/ouest. L’Est face au lever du soleil représente la vie tandis que le coucher du soleil à l’Ouest, la mort. L’exedra serait le passage entre la vie et l’au-delà.

Dans cette tombe granitique, les ossements n’ont pas été conservés du fait de l’’acidité du sol. L’étude d’autres tombes de géants montre qu’il s’’agissait de tombes collectives pour tout le village. On ensevelissait els morts en soulevant les dalles du couloir puis on les repoussait vers le fond sans faire de distinctions de rang social.

Devant l’exedra, des rites funéraires des déroulaient. Il n’existe pas de textes nuragiques mais la tradition orale a rapporté que les Sardes dormaient plusieurs jours devant la tombe espérant obtenir des réponses de l’au-delà au cours de transes. Ils déposaient aussi des offrandes. On a retrouvé des céramiques.

Le tumulus a été retiré parce que les découvreurs n’avaient pas compris qu’il faisait aussi partie du monument.

Tombe de Géant vue de profil
Tombe de Géant vue de profil

Tournant autour, nous découvrons le couloir (10mx1m)  séparé par une petite entrée, le dromos où peut être, étaient déposées les offrandes. La guide explique dans un français très correct, quelquefois  hésitant. En sortant elle nous offre des mûres. Nous lui demandons conseil pour la plage. Comme c’est dimanche, nou redoutons la foule. Elle craint plutôt le vent »le Mistral comme chez vous, mais il y a aussi le Grec, le sirocco… »

Village nuraghe la Prisgionia

La Prisgiona : nuraghe
La Prisgiona : nuraghe

Le nuraghe La Prigionia se trouve tout près. Notre guide parle très bien français, son enthousiasme est communicatif. La visite passionnante.

Le Nuraghe est une tour qui ressemble à un château-fort sans qu’on ait retrouvé de preuve de guerre. D’ailleurs, l’intérieur est beaucoup trop petit pour servir de refuge aux villageois. Le nuraghe serait plutôt un palais c’est la résidence du chef de tribu. Un chef non pas un roi, insiste-t-il. La vie communautaire serait le mode d’organisation sociale nuragique : tombes collectives à l’extérieur du village, vie communautaire dans le nuraghe ainsi que le témoigne une salle de réunion de 12 (16 selon un papier) pouvaient s’asseoir sur la banquette circulaire. Autour du nuraghe on a retrouvé une centaine de structures : habitations comme structures commerciales. On a mis à jour le marché au pied du nuraghe avec le four pour cuire le pain, des ruelles. Le puits de 8m de profondeur contient une source encore aujourd’hui. On y a trouvé des récipients originaux. Pour quel usage ? quel rituel ? L’eau était vénérée par les nuraghis, ainsi que la Déesse-mère et le système matriarcal.

la Prisgiona : marché
la Prisgiona : marché

Le guide nous fait entrer dans le nuraghe. Il nous montre son architecture : s’appuyant sur des rochers, puis avec des gros blocs pour former des murs cyclopéens enfin avec des moellons de plus en plus petits. Des connaissances en architecture permettaient à ces constructeurs de tenir compte des problèmes de décharge : au dessus du linteau, une fenêtre de décharge allège la structure, de même à l’intérieur, les couloirs et des niches évident le nuraghe.  Autour de la salle centrale il y a trois chambres : dans l’une d’elles on a retrouvé les anneaux pour tisser le lin (on a trouvé des évidences de ce végétal), une autre sans doute la chambre froide contenait des céramiques avec des os d’animaux.

bateau nuraghe

Pour mieux nous faire connaitre les nuraghis, le guide montre les photos de  bronzetti. Le chef est identifié avec son bâton, le prêtre , la prêtresse, les guerriers…puis des bateaux sardes retrouvés dans toute la Méditerranée jusqu’à Chypre. Une inscription en

 

« sémite de l’ouest » atteste du nom de « Sarde »

–          « en phénicien ? » je demande.

–          – « non en sémite de l’ouest « corrige-t-il

sémite de l'ouest
sémite de l’ouest

Je reconnais les lettres hébraïques déformées mais tout à fait identifiables le chin, le resh et le dalet qui forment les lettres de Sarde, se lisant de droite à gauche comme il se doit.

 

 

 

 

« La guerre est arrivée avec les Carthaginois ! » affirme le guide. Dans la rivalité entre Rome et Carthage, la Sardaigne occupait une position stratégique.

Autre mystère : »pourquoi si peu de sites romains en Sardaigne ? » Demande-t-il.

Après ces considérations historiques, le guide revient aux fouilles qui se déroulent en ce moment. On voit des pierres en surface depuis longtemps patnées et celles qu’on vient de dégager et de remettre en place. Les fouilles n’ont débuté qu’en 1994. Ls méthodes les plus modernes ont pu être mises en œuvre. Tandis que des archéologues anciens auraient pu détruire des indices pendant la fouille. La reconstruction (il y a une grue sur le site) est assistée par ordinateur. Il est désormais plus facile de scanner d’identifier et de répertorier chaque fragment plutôt que de le dessiner comme autrefois. Le site a encore beaucoup à dévoiler.

Necropoli Li Muri

sardaigne 323 - Copie

Selon le papier prêté :

« Site Néolithique moyen (4000 av JC) un des sites les plus anciens de la Sardaigne. Composé de 4 tombes circulaires appartenant à la « culture des cercles ». On trouve des sites analogues en corse et dans les Pyrénées. Les tombes portaient chacune un menhir. C’étaient des tombes individuelles. Le mobilier éttait composé de lames de silex, d’une coupe de stéatite et d’une boîte d’offrrande contenant de l’ocre rouge rappelant la couleur du sang ».

Je n’ai pas voulu attendre ¾ d’heures la visite guidée. Même avec le papier explicatif, les anciennes pierres parlent peu. Il aurait fallu un archéologue fervent pour leur communiquer un peu de vie.

Tomba Li Loghi 

sardaigne 320 - Copie

 

Cette tombe de Géants ressemble beaucoup à celle de Coddu Ecchiu. J’ai réclamé une viiste guidée avant l’heure (12h) car j’ai peur qu’on n’arrive pas à temps au Supermarché qui ferme le dimanche après midi.

Le guide donne des explications analogues à celles de ce matin. Chaque fois, je pioche un nouveau détail ajoutant des pièces à mon puzzle nuragique.

La stèle centrale joue donc le rôle de porte de l’au-delà. La petite ouverture était consacrée aux offrandes. Plus de précision quant aux cérémonies devant l’exèdre : l’incubation : les fidèles dormaient pour entrer au contact avec les défunts, autre coutume :en  brisant  de la céramique ils pensaient attirer la bonne chance comme le font encore actuellement les Grecs qui cassent de la vaisselle ou dans les mariages juifs.

Selon ce guide, la longueur de l’allée couverte dépendait de l’importance du village voisin, un village et un nuraghe devaient se situer dans les environs.

Après les explications concernant le site, nous continuons à bavarder et à comparer ce site aux autres que j’ai visité ailleurs en Sardaigne. Lui aussi a été impressionné par les géants de Cabras expressifs avec leurs yeux ronds, tellement différents des bronzetti. Comme je fais une comparaison entre les déesses-mères exposées à Sassari et les idoles cycladique il note deux références sur mon cahier Leonardo Melis et Gigi Sanna.

Quelques longueurs dans la piscine du Citty hotel .

route d’Ossi à Arzachena par la côte de Gallura

CARNET SARDE 

 

Isola Rossa
Isola Rossa

 

Nous quittons notre studio et la place du Centro Storico d’Ossi sans la moindre nostalgie. Nous nous sentions enfermées dans ce rez de chaussée. Les premiers jours j’avais sorti ma chaise sur le seuil de la porte pour écrire et observer l’animation de la place devant le bar ornée de drapeaux italien et de la Communauté Européenne qui s’est avéré être le siège local du parti démocratique. Tous  entrent, sortent, fument ou simplement prennent le frais sur le banc de bois encadré par deux jardinières géantes carrées. Au début,  nous les avions trouvés sympathiques. Dès que nous n’avons plus trouvé de place pour la voiture, l’ambiance a tourné au vinaigre. Personne n’a compris notre insistance à se garer devant la maison. De plus, notre Golf est grande, peu maniable. Plusieurs FIAT 600 ou de petites Kia ne bloquent pas le carrefour même si elles sont déposées au milieu, pas notre monument !

Nous suivons le circuit de l’extrême nord (Guide Vert p.258) Isola Rossa à Arzachena environ 110km.

Isola Rossa, rochers rouges
Isola Rossa, rochers rouges

Pour parvenir à Isola Rossa, le GPS nous a fait prendre la direction d’Oristano, puis celle d’Ozieri passant devant la grande Saccargia et son campanile si grand qu’il est presque disproportionné, enfin la route de Tempio Pausanas traversant des collines cultivées de grands champs de céréales aux chaumes paille. Les arbres isolés sont déformés par le vent. Les sommets sont plantés de chênes-lièges. Nous passons près d’un nuraghe sans nous arrêter, blasées de tours, nuraghes ou tours espagnole…Une chaîne de sommets bizarres barre l’horizon, portant la tour carrée de Casteldoria. Descendons sur Santa Maria Coghinas qui a une jolie église ancienne et une neuve originale mais laide.

Isola Rossa est une jolie station balnéaire encastrée dans des rochers roses avec une tour aragonaise. Une crique à l’eau transparente me tenterait bien si je n’avais résolu de visiter Saint Therèse de Gallura « un amour de station balnéaire » selon un de nos guides. Je me baignerai plus tard. Sainte Thérèse est bien embouteillée ce dernier samedi de juillet. Il y a partout touristes et estivants ce qui nous dissuade d’entrer dans la ville.

Capo Testa

Capo Testa
Capo Testa

Nous préférons visiter le Capo Testa, presqu’île faisant face aux Bouches de Bonifacio reliée à la ville par une sorte de tombolo séparant deux plages magnifiques mais très fréquentées. Le Capo Testa  est sillonné de chemins pédestres que nous négligeons faute de temps et dans la chaleur de midi,  pour poursuivre jusqu’au phare. Enfin, nous nous autorisons une pause et une promenade dans les rochers spectaculaires où l’érosion a sculpté des volumes étranges. Des cavités régulières ont été évidées. Certains rochers rappellent des têtes monstrueuses. On imagine des profils humains, des animaux. Je photographie un pingouin géant. Chaque fois le granite se détache sur le bleu profond du large ou sur une crique turquoise. C’est un enchantement.  Il y a du monde, l’accès à l’eau est difficile, la chaleur écrasante. Rien n’y fait. Je suis conquise.

Pingouin de pierre!
Pingouin de pierre!

Par hasard, nous nous installons sur la plage de Santa Reparata : sables et rochers, eau transparente mais un peu agitée.

Le circuit propose d’autres visites. Cherchant Portobello, nous parcourons une petite route pour la trouver barrée d’un portail « resort ».  Privé ! On ne passe pas. Mêm scénario un peu plus loin à Val Erica . C’est agaçant de faire des détours pour rien. Frustrant. Le littoral a-t-il été entièrement privatisé ? Heureusement non. La troisième tentative est la bonne sur une route très étroite, très tortueuse, à travers le maquis touffu vers la Plage de Liscia. Nous trouvons une plage occupée par les véliplanchistes. Le vent souffle fort. La surface de l’eau est hérissée de vaguelettes. Un peu plus loin, une très longue plage de sable borde la baie arrondie. Quatre énormes yachts attendent. J’essaie de nager le long de la ligne de bouée qui protège les nageurs des incursions des planches et des bateaux.  Je nage vigoureusement pour…faire du surplace. Je croyais arriver à la tour de guet du maître-nageur et je suis toujours devant le petit tas formé par mes tongs et ma robe de plage. Impossible de nager contre le vent. Je marche dans l’eau qui m’arrive jusqu’à la poitrine jusqu’au bout de la plage. Pour rentrer le courant me porte sans effort.

Le maquis, sur le substrat granitique n’est plus composé des mêmes espèces. Les lentisques sont plus rares et moins hauts. Les espèces dominantes sont les hautes bruyères, les arbousiers et les cistes desséchés.

 

nager à contrec-courant?
nager à contre-courant?

Palau , port des îles de la Madeleine, est annoncé par un très gros rond-point, une petite zone commerciale et de nombreux supermarchés. La ville est très jolie avec ses maisons basses et ses boutiques. Accueil parfait et francophone à l’office de tourisme qui m’offre de nombreuse cartes et dépliants sur les plages et les sites archéologiques.

La route d’Olbia ,t la S125 que nous avons prise pour Orosei, relie tout droit Palau à Arzachena qu’elle traverse sous le nom de Via Costa Smeralda où se trouve le Citty Hotel réservé par Booking.com (*** 70€/nuit). C’est un grand bâtiment de briques rouges, sans grâce, carré, un peu vieillot. Les chambres ne sont pas dignes d’un 3* : pas de frigo, une climatisation bruyante et pas efficace, peu de rangements.  En revanche, la présence d’un parking, la belle piscine ont du faire la différence. La décoration blanche à bordure bleue avec de grandes bandes fleuries brodées au point de croix et les tapis sardes bleus assortis, est de très bon goût. L’accueil est familial et chaleureux. On découvrira au petit déjeuner que la clientèle est également familiale et simple. Pas de chichis. Pas de restaurant non plus. Le bar vend de l’épicerie, du jambon des boîtes de thon si l’envie nous prenait d’un sandwich. Arzachena est une petite ville très commerçante, nous trouverons le nécessaire dans les nombreux supermarchés.

Après midi à la plage : les plages de Palau et d’Arzachena

CARNET SARDE 

 

le rocher de l'ours
le rocher de l’ours

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine
Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

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Castelsardo

CARNET SARDE 

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Deux routes pour Castelsardo : l’une par Sorso et les vignes, l’autre le long de la côte et une très belle forêt de pins.

L’arrivée sur Castelsardo est spectaculaire le château-fort  couronne un éperon rocheux accompagné d’un très haut et mince campanile. Les maisons colorées se blottissent au flanc des collines en amphithéâtre au dessus du port de pêche. Le port s’insinue dans la terre par une étroite échancrure. Arrêt photo : des casiers sont posés sur le quai : Castelsardo a pour spécialité la langouste. La plage de Marina di Castelsardo juste au dessous du bourg est  en sable blanc entre des rochers de trachyte rouge, de l’eau transparente. Une petite buvette avec des chaises en plastique rouge.

 

Castelsardo vu du port
Castelsardo vu du port

Le château-fort a été restauré. Je recopie les indications d’un panneau :

«      –  1102 : la République de Gênes a donné Castelgenovese à la famille Doria

–          1297 : le Pape Boniface VIII a échangé la Sardaigne  à Aragon avec la Sicile. Les Doria n’ont pas voulu céder la place conquise avec de grands sacrifices.

–          Mariage entre Eleanor Arborea et Brancaleone Doria

–          1448 : conquête définitive par Aragon. Le château prend le nom de Casteslaragonese

–          1720 : transfert à la Maison de Savoie il devient Castelsardo.

Castelsardo, rampe et murs du château
Castelsardo, rampe et murs du château

Le château contient peu de témoignage de cette histoire glorieuse. Un musée de la vannerie occupe les très belles salles médiévales. Les plus belles pièces sont très bien mise en valeur : les paniers confectionnés par les bergers, utilisés par les paysans, les grands silos cylindriques tissés, les corbeilles pour faire le pain et pour tous les usages, les nasses pour les anguilles ou les langoustes. Les barques en roseaux des pêcheurs de Cabras sont exposées.

Nous déployons le magnifique parasol jaune offert par les Tchèques d’Orosei et nous installons sur les rochers rouges de Marina de Castelsardo pour un nouveau piquenique venant de chez le traiteur d’Auchan avec des  arancini (boulettes de riz aux pois et jambon) et des brochettes de « poisson » qui s’avère être du surimi.

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L’eau est merveilleuse de transparence et de calme. Je nage en parfaite sécurité et observe à loisir le décor : dans un sens les roches percées de grosses cavités rondes avec des cristaux et  inclusions de roches blanches et au retour je regarde la colline, le château, les maisons multicolores. On a porté un  soin particulier aux couleurs. Les façades sont presque toutes polychromes : l’intérieur des balcons est différent de la façade, parfois les murs changent de couleur selon l’étage. Le jaune domine souligné par du marron, vert sur beige, même bleu…Sur la corniche, se sont installées les terrasses  de nombreux restaurants aux enseignes blanches peintes de lettres rouges. C’est très gai.

15h30, on reprend la route pour refaire un arrêt sur la dune où je fais une bonne heure de marche le long de la plage de Marina di Sorso.

le fils de Bakounine – Sergio ATZENI

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Qui fut Tullio Saba ?

cvt_Le-Fils-de-Bakounine_4217 (1)Ce court roman est une série de récits de ceux qui l’ont connu.

« Va à Guspini, les Guspinois ont une bonne mémoire, c’était l’un des leurs, ils savent tout, si tu demandes, ils raconteront. « 

Guspini est une petite ville au pied de Montevecchio, le site minier que nous avons visité cet été, mine de zinc et de plomb fermée dans les années 80, village fantôme encore très habité par les souvenirs.

« C’était un brave garçon. Mineur. Camarade. Même dirigeant du parti. Un peu fou. »

Courts récits, dialogues, monologues le plus souvent dont on ne connait pas toujours l’auteur,

«façon de raconter désordonnée, incohérente, j’entortille tous les fils… »

C’est donc l’histoire de cette ville minière des années 30, des temps du fascisme aux années 50. Histoires de mineurs mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits trafics, de curé et d’anticléricaux…de luttes syndicales et politiques

Bakounine était le père de Tullio Saba. Cordonnier aisé : vingt ouvriers travaillaient à coudre des souliers pour la mine. Personnage complexe qui régalait à sa table le patron de la mine mais qui proférait des paroles anarchistes plus pour agacer le curé que par conviction et avait ainsi  gagné son surnom.

Le fascisme a ruiné la cordonnerie et les conditions de travail à la mine se sont durcies. Dérisoires manifestations des mineurs écrivant le nom de Staline au plus profond des galeries du puits Giovanni ou fêtant le 1er Mai en accrochant un drapeau rouge au clocher de l’église.

En 1942, Tullio Saba part à la guerre, les récits divergent. Fut-il un héros libérant Naples avec les américains ? Fut-il un profiteur du marché noir ?

La guerre finie, il revient à la mine, devient un dirigeant politique….

Plus on avance dans le roman, plus je m’attache au personnage, aux récits un peu désordonnés, foutraques, histoires pittoresques que les Guspinois ont racontés.

Padre Padrone – L’Education d’un berger sarde Gavino Ledda

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Hutte de berger près de Thiesi

 

C’est à six ans tout juste que le père de Gavino retire l’enfant de l’école pour en faire un berger, l’emmène dans la montagne au dessus de Siligo, dans le Logudoro – province de Sassari – où il apprendra dans la solitude  – glacée en hiver – à garder le troupeau avec la seule compagnie du chien Rusigabedra, de l’âne Pacifico du bruissement du feuillage des grands chênes-liège ou du torrent. Intimité avec la nature sauvage. Quelques histoires de bandits sardes. Et la « pédagogie » féroce du père : les coups de ceinture ou de branchages au moindre écart. Plus tard, il apprendra à traire et ira même livrer lait et fromage au village.

affiche padre padroneApprentissage du métier de berger, mais aussi d’agriculteur. Piocher la vigne. Dès que l’enfant est assez grand on lui confie une paire de bœufs pour labourer et il devra louer ses bras aux autres métayers.

« la compétition dans le travail servait de fondement moral, elle permettait d’accéder au prestige social » et à la richesse. »

La famille Ledda, quittant le village pour vivre à la bergerie, vit dans une certaine sauvagerie, loin des écoles, des distractions et de la société des hommes. Mais avec le travail acharné du père, la richesse n’est pas loin : ils défrichent les chênes, bonifient les champs et la vigne. La fierté du père est l’oliveraie crée de rien, avec des pousses sauvages, dans une clairière. Les oliviers sont plus « les enfants chéris » du père que ses enfants humains.

Chênes-lièges près de Bitti
Chênes-lièges près de Bitti

« Ce combat effréné pour accroître notre bien, dans une rivalité acharnée avec les autres, n’était qu’un mouvement incontrôlé de notre inconscient, dans la quête rapace de « ce qui est à moi » opposé à ce qui est à toi » terrain obligé du devenir social »

Analyse Gavino Ledda

« chacun de nous était un arbre engagé dans ce combat impitoyable et cruel en pleine nature : tous les bergers, une chênaie, plongeant à l’envie leurs racines dans le sol et élevant leurs frondaisons en cherchant à avoir le dessus »

Monde d’une cruauté et d’une violence terrible. Renards qui mangent les agneaux, agneaux que les bergers, les valets mal nourris se volent entre eux. Combat avec les éléments : le gel décima en 1956 l’oliveraie réduisant à néant les efforts du père, les sauterelles que l’on combat avec des moyens dérisoires….

Arrivé à l’âge adulte, Gavino comme tous les jeunes du village songe à émigrer. Retenu par son père il va s’engager. C’est à l’armée sur le continent que le jeune solitaire, illettré, ne parlant que le Sarde va découvrir la solidarité de tous ceux qui l’aideront à apprendre l’Italien, puis le métier de radio-monteur, puis à faire des études. Gavino trouve sa voie, il étudiera. Malgré l’opposition du père, malgré les privations.

Et il deviendra écrivain et professeur.

pour le plaisir le film de Taviani – mais il n’est pas sous-titré –

Plages près de Sassari : Platamonas et Marina di Sorso

CARNET SARDE 

marina di Sorso
marina di Sorso

 

Platamonas est la plage la plus proche de Sassari. Grande plage de sable fin à l’Est de Porto Torres dont on voit les cheminées d’usine. La plage est ouverte sur la mer. Avec le vent il y a des petites vagues  qui me contrarient un peu pour nager surtout que les fonds sont très plats et qu’il faut s’éloigner de la plage pour avoir une profondeur suffisante. Sur le sable, l’ambiance est familiale, chacun est venu avec sa serviette et son siège. Il y a bien un établissement avec lettini et ombrellone, complètement vide. Dans l’eau les familles jouent à la balle.

Se garer dans le Centre Historique d’Ossi?

Au retour, impossible de rentrer la voiture sur la place. Tout le quartier s’est ligué pour nous chasser. Les voitures du Parti Démocrate encombrent. Une dame prétend appeler la police . La propriétaire descend. Ce n’est pas pour prendre notre défense mais pour nous convaincre d’aller ailleurs

– « vous êtes au Centro storico !, c’est quelque chose que vous devez savoir ! »

Au centre historique, les voitures n’apportent que des ennuis. Surtout quand elles sont grandes.

Vendredi 25 juillet : Les plages de Sorso 

Des lys sur la dune
Des lys sur la dune

Au petit matin, visite d’un carabinier : notre voiture est encore mal garée.  Le policier est très poli et très compréhensif  mais il faudra aller ailleurs.

Arrivée à Platamonas par une belle route fleurie de lauriers-roses magnifiques très hauts (3 ou 4m). A l’est, la plage suivante est Marina Sorso le long d’une très belle dune sauvage fleurie de lys blancs merveilleux. Le sable fin est bien tassé, agréable sous mes pieds. Comme à Platamonas hier, il y a de petites vagues et personne ne nage. Je pars pour une très longue promenade les pieds dans l’eau. En une demi-heure, je n’ai parcouru qu’une faible partie de cette si longue plage. Et si on passait la journée ici ? Un bar loue des lits (chers :15€). Lui non plus ne fait pas recette en semaine, deux emplacements seulement sont occupés.

Deux routes pour Castelsardo : l’une par Sorso et les vignes, l’autre le long de la côte et une très belle forêt de pins.