Florence : Duomo

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Duomo

Une longue queue s’est formée à l’entrée de la Cathédrale. Heureusement on avance vite. C’est gratuit. En attendant, j’ai tout le loisir d’admirer les marbres blancs (de Carrare) le vert (de Prato) et le rouge de Pise? Les colonnes sont torsadées, finement et incrustées. A Palerme, j’avais été étonnée, ravie. J’avais attribué ces incrustations au savoir-faire arabe. Ici, à Florence, tout est décoré d’incrustations de marbre. Cela m’incite à plus de prudence dans mes interprétations. La Sicile m’avait paru plus orientale alors. Maintenant, je la trouve plus italienne. Un autre lien entre Florence et Monréale : le sculpteur Pisano auteur des portes du baptistère à Florence et à Monreale.
la nef

L’intérieur de la nef est censé donner un sentiment de grandeur, d’élévation, que sais-je ? Je m’y sens plutôt perdue, sans aucune extase mystique. Nous remarquons la curieuse horloge à une seule aiguille qui tourne à l’envers et marque l’ »heure italienne », puis les vitraux colorés, beaux mais lointains et trop petits.
Crypte

Sous la Cathédrale Santa Maria del Fiore, se trouve l’ancienne église Santa Reparata. On ne trouve pas l’atmosphère de recueillement intime des cryptes plutôt celle d’un site archéologique avec des mosaïques, des fondations de l’ancienne église. Les mosaïques rappellent celles d’anciennes basiliques romaines visitées à Chypre. On voit la brique des anciennes constructions romaines.

Fresques

Sir John Hawkwood de Paolo Ucello

Devant deux fresques la conférencière, Clémence,  fait des visites en français gratuites. Elle nous explique les effigies équestres des deux condottieri. La plus ancienne représente Sir John Hawkwood par Paolo Uccelo. Les Florentins avaient promis d’élever une statue de bronze. Seuls les empereurs romains avaient l’honneur d’une statue équestre. La fresque apparut comme un bon compromis. Paolo Uccelo a traité le socle en perspective mais pas le cheval qui aurait été énorme. Il a imaginé un cheval presque cubiste Sans la conférencière, nous n’aurions jamais remarqué cela.

Une deuxième effigie équestre représente Niccolo Tolentino par Andréa del Castagno elle est plus conforme au goût du Quattrocento florentin.

La guide analyse pour nous le portrait de Dante. Le tableau le représente en pied au milieu de sa Divine Comédie. An haut : le ciel et les constellations font allusion au début de la Divine Comédie par un rêve. Toute la partie gauche est occupée par une procession des damnés qui descendent vers l’Enfer. Au milieu, on croit reconnaître la tour de Babel. Cet édifice circulaire en degrés figure le Purgatoire : chaque tranche circulaire représente un « étage » de péchés. Au sommet Adam et Eve sont debout sur le dernier petit cercle. Le Paradis : c’est Florence, on reconnaît le dôme de Brunelleschi et les remparts. Dante, exilé de sa ville natale, voyait en Florence le Paradis. Les façades incrustées de couleurs figurent l’idée du Paradis pour les florentins. (Chez les Musulmans c’est un jardin)Encore une fois, merci à la conférencière pour la découverte de ce tableau et un aperçu de l’œuvre de Dante que je n’ai jamais lue.

La coupole

Clémence nous montre les plans de la coupole sur des photocopies. Elle explique l’idée géniale de la double coupole. Elle nous montre les trous par lesquels on pouvait installer des poutres pour des échafaudages flottants.

Enfin elle nous livre des clés pour la lecture de la fresque. Comme nous le savions déjà, il existe toute une symbolique théologique et politique dans la peinture de la fin duXVIème siècle. La coupole a été terminée en 1436 par Brunelleschi mais les peintures sont l’œuvre de Vasari plus d’un siècle plus tard après le Concile de Trente. Ce Concile a fixé les canons de la peinture. On peut faire une lecture horizontale registre par registre du lanternon vers le bas. On voit alors le cercle des vieillards de l’Apocalypse, le cercle des Anges, Archanges, Chérubins, en dessous celui des Saints : évêques rois, puis celui des Vertus et tout en dessous
L’Enfer et le Jugement Dernier
Curieux Jugement dernier : la Mort casse sa faux, un chérubin brise les armes, Chronos brandissant un sablier va mourir, les quatre Saisons sont étendues tout cela symbolise l’abolition du Temps. Des trois vertus Espérance en robe verte, charité en rouge et Foi en blanc (non, ce ne sont pas les couleurs du drapeau italien ! !) seule reste la Charité puisqu’avec la fin des temps l’Espérance n’a plus de sens ni la foi.

Une autre lecture est possible : une lecture politique qui est aussi une lecture verticale : le pape Clément V (un Médicis) couronne Charles Quint. Les Médicis sont bien présents ici aussi.

A l’assaut de la coupole!

460 marches annoncées,à la queue leu leu. Heureusement, seulement des sportifs ont choisi cette attraction. L’ascension s’effectue à un rythme soutenu au début. Malheureusement, quand le couloir se rétrécit, cela bouchonne. De temps en temps une ouverture nous fait découvrir un beau panorama. Quand on domine tous les palais, on devine qu’on a déjà effectué une bonne montée. Le circuit passe au bord de la fresque, à l’intérieur de la coupole. Le Diable mesure au moins 4 mètres de haut. Les couleurs sont vives. Puis la montée reprend, l’escalier utilise l’espace entre la coupole extérieure et la coupole intérieure. On comprend mieux l’astuce de Brunelleschi. Enfin nous arrivons sous le lanternon où un balcon est aménagé.

Toute la ville est à nos pieds. Je distingue très bien les Villas Médicis Le Castello et La Pétraia et leurs jardins. Le Palais Vecchio présente une façade sans échafaudage de ravalement. On a l’impression de toucher le Campanile. La descente est plus rapide.

 

Florence : la chartreuse de Galuzzo

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la chartreuse vue de la villa

 

La chartreuse de Galluzzo perchée sur la colline juste en face du gîte qui s’appelait Certosa sur le catalogue(en réalité,Villa Il Pino ou Villa Palagi). Nous lui  devons donc une visite. Au lever du jour je l’ai dessinée .

Le campanile gracieux, la façade baroque donnent une impression de légèreté. Les autres bâtisses sont plus massives. Elle est même fortifié avec des créneaux. Elle coiffe une colline isolée et semble flamboyer des flammes noires des cyprès émergeant d’un épais bois de chênes verts ? Les autres collines sont plus douces avec un moutonnement d’oliviers des jardins et des maisons.

Le monastère est encore occupé. Les Chartreux ont été remplacés par des Cisterciens, 7 moines. La visite est guidée par un Padre noir,(peut être éthiopien ? ) à l’Italien ralenti et chantonnant (il accentue sur la syllabe finale) . Malheureusement nous sommes arrivées en retard et traversons la Pinacothèque sans accorder un regard aux fresques de Pontormo (le chef d’œuvre de l’endroit !). Dommage, les couleurs sont fraîches et claires avec des teintes orangées rares.

le cloitre et les maisons des ermites

La visite de la Chartreuse raconte le mode de vie des Chartreux . L’ordre fondé par Saint Bruno est originaire de France (tableau croutesque). Les Chartreux étaient des ermites. Ils vivaient enfermés dans leurs cellules ne se retrouvant que pour un repas commun le dimanche et à la promenade le lundi. Les frères converts faisaient tourner le monastère mais ne vivaient pas en ermites. Autour d’un vaste cloître occupé par une pelouse verte et leur cimetière (tombes anonymes) sont installées les cellules. Ce sont de véritables maisons. A l’entrée, dans la porte, un passe plats pour les repas. On entre dans une belle salle de séjour claire et chauffée par une cheminée meublée d’un bureau à rabat à côté une chambre à coucher de bonne taille occupée seulement par un lit de bois simple. Un couloir de 5 à6 m éclairé par de belles fenêtres permet la promenade (vue magnifique). Le moine dispose également d’un petit jardin. J’avais imaginé la vie des ermites plus ascétique . Ceux là étaient vraiment très bien logés !

 

Nous visitons l’église (belles stalles). Le Padre nous montre les médaillons de della Robbia « se vede » murmure en admiratrice une des deux italiennes qui se pique d’être connaisseuse.

della Robbia

 

Dans la boutique, on vend de la Chartreuse, comme de bien entendu.

A 18h nous sommes à nouveau à la piscine et profitons d’une dernière heure ensoleillée. Ici, le soleil se couche plus tôt qu’en France. Après 7h1/2 le soleil a disparu derrière la colline. Il fait nuit vers 9h.

Florence : villas Médicis et Fiesole

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Villa Petraia

Les villas Médicis se trouvent dans les collines dominant Florence. Malheureusement nos guides ne fournissent pas d’itinéraire. La propriétaire du gîte dit qu’il faut aller à Sesto Fiorentino, l’aéroport. Cela paraît facile, on prendra l’autoroute. Cette dernière est très chargée à l’heure de pointe, nous roulons lentement. A la sortie Sesto Fiorentino, l’employé du péage nous conseille la mauvaise direction. Nous errons dans de laides banlieues industrielles entre Florence et Prato, passons devant Carrefour (tiens, cela existe ici !). Aucune pancarte touristique marron. Je demande aux passants qui connaissent mais ne savent pas  expliquer. Il  retourner à Florence. A l’entrée de Florence, enfin des pancartes ! Il est déjà 9h30 et nous avons galéré une heure et demie !

La Villa Pétraia est entourée d’un très beau jardin. A la Française ? Renaissance ? Sur les terrasses successives, des buis taillés, délimitent des carrés, des triangles dans lesquels les fleurs donnent de la couleur. Des agrumes, sont alignés dans d’énormes pots de terracotta . Il semble que la présence de ces plantes en pots soient la touche originale des jardins toscan par rapport aux jardins des châteaux de la Loire. Des fontaines complètent le décor : un bassin rectangulaire. Une belle terrasse décorée d’hibiscus en pots. Des plumbagos bleus fleurissent l’escalier. Une gloriette orne un coin de la terrasse. C’est un anachronisme : cette partie du jardin a été redessinée en 1872 pour le mariage du fils de Victor Emmanuele, roi d’Italie au temps où Florence fut la capitale d’Italie. Un panneau montre les installations de style Baltard : verre et acier. Seule la gloriette subsiste.

Villaa Petraia : fresques

Nous sommes les seules visiteuses, nous avons la chance d’assister à une visite privée. Le guide ouvre une porte qui donne dans l’entrée : l’effet de surprise est total. Le patio fermé par une verrière 19ème, est entièrement recouvert de fresques. Un lustre de cristal énorme meuble tout l’espace. Des canapés sont disposés comme pour une réception. Les fresques datent du temps des Médicis, sur un mur : la prise de Jérusalem par les Croisés ; sur les deux autres de grands personnages représentent les Médicis, au dessus d’une porte Catherine de Médicis et ses enfants, lui fait face Marie de Médicis. Le guide confirme que les Français ont été très présents dans l’histoire du château. Napoléon fut le pire occupant en le dépouillant de ses richesses.

Entre temps, des ouvriers arrivent avec une estrade, des rouleaux de tapis . Ce soir, un Congrès va banqueter dans cette salle. Notre guide dirige les préparatifs du banquet et nous délaisse un peu.

Encore un effet de mise en scène de la visite : nous pénétrons dans une salle obscure, le guide allume l’électricité, nous sommes au milieu de la salle à manger d’apparat de Victor Emmanuele toute tendue de tissu rouge, tapis rouge, nappe rouge longue table pour des dizaines de convives .

La Villa Petraia a été entièrement meublée au 19ème siècle dans ce style Empire pompeux que je n’apprécie guère. Nous traversons des pièces d’apparat, le bureau du Roi d’Italie, des chambres, une immense salle de jeu contenant des billards divers un ancêtre du flipper et même une « Roue de la Fortune » avec sa Règle du Jeu en Français Quelques jolies statues, des horloges originales. C’est une visite instructive. Nous révisons l’histoire de la Toscane du 14ème siècle jusqu’au 19ème.

Le parc est immense.

Villa « le Castello »:

On ne visite que les jardins et le parc planté de grands chênes d’énormes, de  platanes de pins très hauts qui procurent beaucoup de fraîcheur. Les allées sont bordées de lauriers. Le laurier est presque revenu à l’état sauvage.

Le jardin est très soigné. Comme celui de la Pétraia, il est dessiné géométriquement avec des massifs délimités par des buis. Les agrumes dans les pots forment l’élément décoratif dominant. Au milieu des massifs, des poiriers croissent en pleine terre. De nombreuses statues peuplent le jardin. Enclos par de grands murs. Ils réservent des surprises : une grotte aux animaux, un jardin des mystère. Malheureusement, le chantier de restauration est interdit au public.

Les Villas ont une dimension qui leur vaudrait en France le nom de château. Comme beaucoup de bâtiments florentins leur architecture est austère. Un donjon carré d’aspect moyenâgeux domine la Villa Pétraia. Le Castello est une grande bâtisse très simple.

Fiesole se trouve sur une colline voisine mais le trajet est bien compliqué. Nous avons de la chance, un monsieur en Punto grise métallisée nous dit « suivez moi ». Il nous promène dans des quartiers modernes de Florence dans un dédale de sens interdits et nous conduit sur les bords de l’Arno. De là, grâce à ses indications nous parvenons facilement à Fiesole.

Les villas sur la colline sont encore plus luxueuses que la nôtre (et ce n’est pas peu dire). Le site archéologique est adossé à la pente. Dès l’entrée, nous découvrons un très joli théâtre romain. Malheureusement, un festival s’y déroule et la scène est occupée par un horrible décor tout noir qui écrase tout. C’est sûrement agréable d’y écouter de la musique (Birkin Branduardi !)Mais cela gâche le paysage. D’un tout petit temple étrusque, il ne reste qu’un pavé rectangulaire peu évocateur. Les thermes romains sont très bien préservés mais nous en avons vus de plus spectaculaires !

Malgré l’interdiction de piqueniquer, nous nous installons sous un arbre fruitier pour manger nos panini (omelette, salade et épinards, mozarella )

Terminons la visite au Musée un peu fouillis. Je suis un peu déçue pour cette première rencontre avec les étrusques.

Le retour se fait sans problème. Nous profitons bien de la piscine pour nous seules  . D’après la télévision, il doit faire une température de 32°C.

Florence : Bargello

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Bargello - cortile

Le Palais du Bargello a très belle allure, surtout le Cortile : arcades hautes et cintrées peintes, murs décorés par les écussons des armes des Podestats. Autour de la cour, de nombreuses statues. Un groupe de musiciens nous plaît.
Bacchus ivre
Les chefs d’œuvre sont réunis dans la salle de Michel-Ange. Dès l’entrée,  le Bacchus ivre attire le regard. Je pense au Satire dansant ou à l’Ephèbe de Motzia. Seuls, ils meublaient un musée. Le Bacchus pourrait avoir cet honneur. On pourrait prendre son temps pour l’admirer. C’est une statue étrange. Peu de sculpteurs ont représenté l’ivresse. On peint plutôt un personnage dans une attitude honorable et digne.

Un beau médaillon Tondo Pitti, représente une Madone, Jésus et Jean Baptiste. Encore un témoignage de l’originalité de Michel-Ange, cette madone ne ressemble à aucune Madone.

Nous examinons de nombreuses statues de cette salle. Retrouvons Ammanati avec un curieux Leda et le Cygne.
Je découvre un sculpteur que je ne connaissais pas : Giambologna, Jean de Bologne. Nous retrouvons Persée de Cellini.

J’ai du mal à analyser mes sentiments devant tous ces chefs d’œuvre. La première impression est la curiosité. Dans toutes mes lectures, j’avais entendu parler de tous ces sculpteurs fameux sans pouvoir fixer une image. Mon premier élan est de classer : un artiste, une époque, une œuvre. Après seulement, je peux me demander ce qui me plaît vraiment. Est ce que c’est beau ? Sauf dans les cas exceptionnels de quelques chefs d’œuvre où la réponse saute aux yeux. La question ne se pose pas.

Je retrouve Donatello avec qui j’avais fait connaissance hier au musée de l’Opera del Duomo. Tout le bestiaire de Giambologna me ravit. Plus vrais que nature, le dindon, le hibou  ou l’aiglon. Les représentations d’animaux me font toujours craquer.

della Robia

 

Nous retrouvons aussi les médaillons émaillés et les compositions de terre cuite vitrifiée des Della Robbia. L’atelier comprenait toute une famille : Luca, Andréa. Cela me rappelle les Gagini en Sicile. Je n’ai pas repéré lequel était le plus doué. Tous ont la même facture : tête des madones blanches, vêtements bleus et pourtour décoratif. C’est extrêmement reconnaissable. La dame d’hier pouvait bien frimer !

Nous passons devant des objets de prix : ivoires, horloges, art islamique. Impression de bric à brac.
Après un dernier regard à Bacchus, nous nous séparons.

Florence « L’Inquietudine e la Grazia » expo temporaire Boticelli et Lippi

CARNET TOSCA N

L’exposition temporaire est consacrée à Botticelli mais aussi à Filippino Lippi et à d’autres peintres florentins du Quattrocento. Elle a pour titre L’Inquietudine e la Grazia.

J’ai renoncé à visiter les Offices pour cause de queue

Ne pas voir Botticelli me chagrinait. Je suis comblée. Les expositions thématiques sont plus abordables que les grands musées. Dans chaque salle, je choisis mes tableaux préférés, je retourne les voir plusieurs fois et je m’imprègne de l’atmosphère de l’expo. Je choisis donc l’Annonciation ou plutôt la moitié, côté ange, les madones et surtout le visage des anges. Le visage de la femme au centaure (ce n’est pas le nom du tableau).
L’adoration des Bergers


Un tableau m’a ravie : l’adoration des bergers de Ghirlandaio (retable de l’église Santa Trinita). Ce tableau est d’une richesse incroyable. Au début l’œil est attiré par la crèche, Marie, Joseph, l’âne et le bœuf (le bébé » trop potelé ne me plaît pas). Les visages des bergers sont étonnants de réalisme. Puis je me suis attachée à regarder le paysage ravissant, et enfin la foule qui descend la route. Finalement,  tout en bas du tableau sous le berceau, je découvre un petit oiseau. Je crois que je pourrais regarder des heures ce tableau sans m’ennuyer.

Florence : Santa Croce

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Florence capella dei pazzi

Santa Croce est une des plus grandes églises de Florence.

Sur la place   se déroule le Calcio en costume. Les tribunes masquent la belle façade peinte d’un palais.

La façade de Santa Croce est en marbre blanc incrusté de marbre vert comme San Miniato comme le Duomo, le Baptistère…Elle ne date que de 1863. C’est une sorte de gothique un peu raté. L’architecte se serait inspiré d’une niche de Orsanmichele. Nous sommes blasées des façades blanches et vertes et ne lui consacrons qu’un regard distant.

Tombeaux des hommes célèbres

L’intérieur, très vaste et gris fait aussi penser à la nef du Duomo. Mais l’espace a été largement rempli pendant les siècles. Sur les deux murs de la nef, on a installé des tombeaux monumentaux. Le premier est le plus grand : celui de Michel-Ange, à côté, le cénotaphe de Dante, le tombeau de Machiavel, Rossini, Galilée et même Marconi (il y en a d’autres mais leurs noms ne me dit rien). Des traces de fresques apparaissent entre les décorations plus récentes.
Chapelles
Dans les nombreuses chapelles nous voyons des fresques mais nous sommes pressées par le temps. A 13h14, il faut reprendre la voiture D’ailleurs, la troisième visite est toujours un peu bâclée.
La Chapelle des Prizzi est vide mais tout à fait différente : œuvre de Brunelleschi (1446-1470) ? C’est le premier chef d’œuvre de la Renaissance. La coupole, les arches et les corniches sont soulignées par des cannelures imitant les colonnes antiques avec des faux chapiteaux corinthiens de couleur grise tranchant avec le blanc des murs.

Les seules décorations sont des médaillons ronds de Luca Della Robia. Il y a également des guirlandes de terre cuite vernissée représentant des fruits.

Depuis deux jours, nous commençons à nous familiariser avec ces artistes qui ont travaillé aux divers monuments que nous visitons. Nous traversons le petit musée de l’Opera de Santa Croce sans nous arrêter, nous sommes arrivées à saturation des visites.
La salade du traiteur de Galuzzo
Juste avant d’arriver à Galluzzo, nous remarquons un traiteur à l’angle des deux routes et achetons de la salade de pâtes. Par cette journée la plus chaude de la semaine nous n’avons envie, que de salade. Celle-ci est délicieuse. Les pâtes en torsades de plusieurs couleurs sont assaisonnées avec du basilic frais (on en achète tout un bouquet), du piment, invisible mais bien fort, de l’huile d’olive, bien sûr, parmesan gratté et tomates fraîches écrasées. Les tomates donnent tout le goût. Avec cela, croquettes de pomme de terre, jambon cuit roulées dans la chapelure.

Florence : Oltrarno – Palais Pitti

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Au réveil, temps  gris.

A la grille,  j’ai dessiné l’allée des lavandes avec la petite entrée arrondie, ses bancs de pierre tachés de lichens, les poteries de géraniums rouges. Au dessus de la piscine, paysage de campagne toscane avec de beaux bâtiments massifs, des haies de cyprès, un chataigner splendide et au premier plan l’oliveraie. Les petites bornes arrondies de pietra serena, gravées d’un côté de motifs enroulés, de l’autre en arêtes de poisson, m’apparaissent comme très distinguées.
Petit déjeuner très chic: jolie vaisselle de porcelaine blanche, des sets verts sur la toile cirée aux lierres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oltrarno
l’Oltrarno, quartiers sud de Florence;

parking gardé à l’intérieur de la muraille près de la Via Ariosto près de la Piazza Tasso.

L’église Santa Maria del Carmine est ouverte pour la Messe mais la chapelle Brancacci où se trouvent les fresques est inaccessible. (Le musée n’ouvre qu’à 10h).
Nous nous dirigeons vers le Palais Pitti par une rue commerçante très agréable. Ce quartier est moins touristique que ceux situés de l’autre côté de l’Arno. Il y a des boutiques d’alimentation, des quincailleries, un petit marché de fringues pas chères, des Italiens dans la rue, beaucoup de vélos et de vespas. . Les voitures sont tolérées seulement pour les livraisons.

Palais Pitti

Ce palais est monstrueux, ses dimensions imposantes et sa façade austère. Peu de décor en dehors du bossage des blocs qui la composent. On ne peut pas appeler cela des moellons ou des pierres. Ce sont des blocs de grès brun. Devant la façade, une étrange esplanade nue en pente, très inhospitalière et déserte. Pourquoi cette pente ? Les portes sont très hautes.

Pour parvenir à la Galerie Palatine, je compte les marches de l’escalier théâtral, 20 marches par volée, et il y a 4 volées. J’ai grimpé l’équivalent de cinq étages d’un immeuble moderne pour arriver au premier de ce palais !

Les murs sont couverts de cadres. Quelquefois trois, sont accrochés les uns au dessus des autres autour de toiles énormes. Des fresques 19ème décorent le plafond. Les salles ont des noms antiques : les Muses, Apollon, Mars ou Jupiter. Le Guide Vert est d’une précieuse aide. Nous serions perdues devant  des tableaux si nombreux. Dans chaque salle nous cherchons la sélection du Guide Vert grâce aux descriptions. Nous cherchons donc les Rubens, les Titien et les Raphaël. Peintres tellement connus qu’on a l’impression de les avoir déjà vus. La découverte est totale. Les étiquettes ne sont pas toujours d’un bon secours .Avant le départ à Florence, deux rendez vous pris dans mes lectures de Dominique Fernandez : Caravage et Andréa del Sarto.

Un seul Caravage ici, et le pire : l’Amour Endormi, plutôt le Bébé Mort ! Il est sinistre à souhait comme l’avait suggéré Fernandez. Andréa del Sarto, admiré par Gian-Gastone, le dernier des Médicis, et sans doute par Fernandez, est beaucoup moins discret : de nombreuses toiles grand format très colorées.
Dans la même salle, deux Assomptions se font face : la Vierge trône avec les angelots sur un épais nuage gris. Les personnages en dessous diffèrent dans les deux tableaux. Dans l’un, ils sont âgés dans l’autre, jeunes. Je trouve une troisième Assomption un peu plus loin Sur l’étiquette à la place d’Andréa del Sarto : Agnolo.
Sans l’aide du Guide Vert je reconnais Botticelli et Lippi.
Les tables aux incrustations de pierres dures sont magnifiques. En revanche, les décors des appartements royaux (Victor Emmanuele comme à la Pétraia) sont pompeux, toujours de style empire sans surprise.

Le ciel s’est obscurci. Il tombe quelques gouttes. Nous renonçons aux Jardins Boboli

 

Florence : chapelle Brancacci

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Masaccio : paiement du tribut

préparation à la visite
Dans le cloître clair, aéré, accueillant : nous relisons nos livres, et soufflons un peu.Avant la visite de la chapelle, on projette un Audiovisuel « L’œil de Masaccio ». Le CD-Vidéo fait appel au dessin virtuel. Pour une fois le résultat est satisfaisant. Nous nous promenons dans Florence à la construction de l’église en 1426 et retrouvons la place presque à l’identique (le film de la place actuelle se sur-imprime sur le tableau). Puis, on nous explique la construction de la fresque : l’utilisation de la perspective, alors révolutionnaire pour l’époque, découpage des scènes de chaque tableau.
Le cycle retrace la vie de saint Pierre, reconnaissable à son manteau orange éclatant. Les grands tableaux contiennent plusieurs scènes correspondant à un épisode. Ce cycle a été peint par Masolino, Masaccio et repris par Lippi. Malgré cela, il est tout à fait homogène. Il faut être prévenu pour s’en rendre compte. Le profane n’y voit que du feu. Les trois artistes ont utilisé les mêmes couleurs. Le dernier épisode :la Crucifixion peint par Lippi est celui qui me plaît le moins. Peut être est ce plutôt le thème qui me rebute ? A l’aide de l’informatique, des personnages sont supprimés ou au contraire animés.

15 minutes pour les fresques!
Nous avons le droit de rester 15 minutes dans la Chapelle; mais personne ne surveille. On peut profiter des fresques aussi longtemps qu’on le veut. Ces fresques nous plaisent énormément.
Retour au gîte
Chez le traiteur à l’angle des deux routes :croquettes de pommes de terre,  beignets de fleurs de courgette et une salade de blé, origan, mozarella, tomate. Les beignets sont un peu décevants : on sent la pâte mais pas les fleurs.

Nous restons à la piscine de 15h à 18h30 malgré quelques gouttes. Je relis les guides, parcours Le Monde, nage, somnole.

Vers le soir, je retourne me promener dans notre domaine. J’emprunte l’allée bordée d’iris touffus qui descend au grand pin solitaire que je dessine.

Florence pélerinage au tombeau de Laurent Médicis

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Nous garons la voiture au parking souterrain de la Gare (2+3€/h).

Nous sommes à deux pas de Santa Maria Novella que nous négligeons préférant San Lorenzo. Je tiens à ce pèlerinage au tombeau de Laurent le Magnifique dont j’ai lu la biographie de Marcel Brion.

Pèlerinage Médicis

Les Médicis que nous avons rencontrés précédemment sont plus tardifs. Je les connais mal. J’avais donc très envie de voir cette église commandée par le fondateur de la dynastie : Giovanni de Bicci à Brunelleschi, la bibliothèque Médicéenne, la tombe de Côme le Vieux et l’imposante Chapelle Médicéenne.

marché
La rue est occupée par une sorte de marché pour touristes : cuirs et fringues.  Dans le marché couvert des épiceries de luxe proposent des champignons séchés qui sentent merveilleusement bon, des mélanges secs de tomates, herbes, piments, des « tomates séchées au soleil »  toutes sortes de pâtes de toutes tailles, formes et couleurs. Il y a même du riz précuit à l’encre de seiche, des risottos variés …Bien sûr de l’huile et une liqueur au citron dans des flacons de fantaisie. Difficile de résister, j’achèterais bien tout.
Les légumes et les fruits sont magnifiques et bien moins chers que dans les supermarchés ou les fruterias des petites rues. Construit sur deux niveaux sous des verrières, il ressemble à de nombreux marchés en France à Budapest ou à Porto. Mon marché préféré reste le marché de Funchal

Chapelle Médicéenne

Chapelle des princes

On arrive à la Chapelle Médicéenne par une crypte basse à épais piliers. Au sol les dalles funéraires de nombreux Médicis (il y a un arbre généalogique pour les curieux). La Chapelle des Princes (Cappella dei Principi) est un monument funéraire gigantesque, un puzzle de marbres de toutes couleurs, de porphyre et de granite. Du pavement à la coupole le décor est brillant, coloré, magnificent. Malheureusement, un échafaudage gâche la vue d’ensemble. Les sarcophages sont surchargés, nous ne nous y arrêtons pas. Je suis admirative devant les incrustations de pierres des de l’autel et celles des blasons des villes de Toscane. Cette technique vraiment originale atteint un degré de perfection absolue. Même si l’ensemble est kitsch, la géologue se réjouit.

Sagrestia Nuova

La Sagrestia Nuova est l’œuvre de Michel-Ange qui a tout simplement copié Brunelleschi : murs blancs parements gris foncé, pilastres cannelés. On reconnaît le style de la chapelle des Pazzi. Les sculptures de Michel-Ange sont dans une chapelle très claire et vide. Elles sont bien mises en valeur face à l’autel, les tombeaux de Lorenzo et de Giuliano, son frère, sur les autres murs: les tombeaux de Laurent II de Médicis et de Julien de Médicis (fils et petit fils de Laurent le Magnifique) . Dans des niches, les deux défunts sont représentés l’un en général romain, l’autre en penseur. Sur les tombes des allégories : le Jour et la Nuit, le Crépuscule et l’Aube.
Le groupe Marie, Côme et Damien, surmonte le tombeau de Laurent le Magnifique.

Parfaites! Trop parfaites!
Les sculptures parfaites, trop parfaites, ne m’émeuvent pas. En revanche, je suis contente d’être sur les traces de Laurent le Magnifique.

Basilique San Lorenzo

La visite à la grande basilique San Lorenzo va nous occuper un bon moment. On commence par la Sagrestia Vecchia de Brunelleschi qui ressemble étonnamment à la chapelle de Pazzi en plus orné : sculptures de Donatello, fresque des constellations, belles portes en bronze ciselées de Donatello.
Dans une petite chapelle latérale, je reconnais une Annonciation de Lippi qui me plaît bien.
Nous admirons d’autres bronzes de Donatello sur les chaires qui ressemblent à des tombeaux juchés sur des colonnes.
Donatello et Michel-Ange ! Voici réunis, les sommets de la sculpture pour notre dernier jour à Florence ?

Le cloître est très sobre, très clair dans le style de Brunelleschi. Il y règne un calme agréable. Sur les murs clairs de grosses grilles qui protègent les fenêtres, se détachent. Quand on monte à l’étage, on a une très belle vue sur le Campanile et le Duomo tous proches.

La Bibliothèque Médicéenne est fermée. On peut juste voir le Vestibule de Michel-Ange, énorme, avec ses grosses colonnes gris foncé et son escalier à volutes presque baroque. C’est surprenant un peu monstrueux.

Enfin, nous longeons le Palais Médicis. Il est tard pour une troisième visite. Nous n’avons plus la tête à cela. Je me suis fait une raison, nous ne verrons pas tout Florence. Autant bien voir quelques monuments plutôt que d’entreprendre un marathon épuisant.

Nous allons plutôt dire au revoir à la Cathédrale et au Baptistère .Je déguste une glace à la cerise sur les marches de la cathédrale.

Florence – Lectures à la piscine « au cœur de Florence », Damien Wigny

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la loggia de la Villa palagi

A l’angle des deux routes, chez le traiteur, on achète des croquettes de patates et  de la salade de pâtes : pennes au pistou avec des pignons de fines lanières de basilic et de l’origan.

15h,  à la piscine, nous avons installé nos chaises longues sous l’olivier  . Je me fixe le défi de nager 1 km.
« Au cœur de Florence »
Je lis  Au cœur de Florence de Damien Wigny, un énorme guide de 800 pages tellement lourd qu’il est intransportable. C’est une mine de renseignements, il y a tout ! Le plus intéressant, c’est une série de courts articles, classés par ordre alphabétique : biographies et articles généraux. C’est très bien fait avec des renvois. On peut naviguer dans ce livre un peu comme dans un document multimédia avec des liens. Je révise donc : les artistes rencontrés, les monuments visités.

Cela m’attriste de quitter Florence. Je viens tout juste de faire connaissance avec les principaux sculpteurs, peintres et architectes. Parfois ils sont tout cela à la fois. Je commence à peine à être capable d’identifier un tableau de Botticelli de Lippi, Andréa del Sarto ou Raphaël…

Qu’est ce qui est beau?

Dans la Sagrestia Nuova, D me demande:

tu trouves cela beau ? «

je ne me pose même pas la question.

Dans une œuvre, je cherche tout à fait autre chose que le beau ou le laid. Je cherche le sujet de l’œuvre, le contexte historique, la technique utilisée. Tout cela suffit à me captiver. Ensuite, bien après avoir cherché tout cela, je cherche des liens avec les autres œuvres que j’ai vues.  Simplement, quand elles ont perdu toute leur étrangeté, se pose la question de savoir si cela me plaît ou pas. L’exaltation devant le « Beau » est finalement un plaisir supplémentaire, une sorte de bonus mais pas une fin en soi. D’ailleurs, mes goûts évoluent au fil du temps et des voyages tandis que la curiosité est toujours neuve.
La première condition pour que cette curiosité soit satisfaite, est que j’ai des repères et des indices d’analyse. La deuxième condition est d’avoir l’esprit encore frais. Des révisions sont nécessaires pour assimiler toutes les nouveautés.

Ces révisions, à la piscine, mon travail d’écriture, m’aident à retenir des noms, des dates dans le contexte historique.

Dernière promenade dans le « domaine » de la Villa Palagi. La lumière est très belle. Le vent a balayé toute l’humidité. La vue est très étendue. Nous découvrons un château avec une tour très haute  et deux cubes massifs sur une colline au dessus de Florence.

Nous nous installons sous l’arcade de la belle maison parmi les grands pots de citronnier qui ressemblent à des pithoi crétois.  Les grosses jarres portent de petites anses et des rosaces et des guirlandes, la marque de fabrique « Domenico e figli-Impruneta »