Les ordures ne sont pas ramassées : vergogna !

Fait et colonne confrontation du monde antique et moderne

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Partout des affiches manuscrites protestent contre la saleté.

Les ordures ne sont pas ramassées : Vergogna !

D’autres ont collé des tracts ronéotés : rendre à la place Cavour sa dignité ! Qui sont les défenseurs de la propreté ? Après les déclarations de Sarkozy qui veut laver La Courneuve au Karscher, j’ai un peu tendance à croire que la propreté est une valeur de Droite. Ici, il ne s’agit pas de dealers ou de criminels, tout simplement d’ordures ménagères.

Ces ordures sont une source d’inspiration linguistique : j’admire la richesse de la langue italienne qui utilise sur les panneaux des expressions variées et des tournures diverses qui traduites en français seraient du langage soutenu presque littéraire « l’immondizii ». J’imagine en français un écriteau : Prière de déposer l’immondice dans les conteneurs. On est à l’opposé du Globish en 600 mots ! Les affiches sont souvent manuscrites.

La protestation est individuelle, pas encore stéréotypée. Devant une porte quelqu’un a demandé de ne pas garer les voitures. Au lieu du symbole « Interdit de stationner », il a écrit « Ici vivent des êtres humains, nous aimerions bien vivre ! ». En effet, dans les bassi, la porte est souvent la seule ouverture qui éclaire l’appartement. Si une voiture les bloque, les habitants sont emprisonnés.

Naples : une aventure : traverser la rue

Baie de Naples (on n'allait quand même pas photgraphierles autos!)

Après une semaine passée à Naples,  nous avons acquis de l’assurance dans l’art de traverser les rues.
Au début du séjour, cela nous semblait une entreprise périlleuse. Avec l’expérience on acquiert des  réflexes : chercher le feu rouge, impérativement le rejoindre, même si il est loin. Utiliser les bandes blanches de passage-piéton, négligées par les automobilistes, elles ne doivent pas être ignorées, elles sont disposées là où le passage est le plus facile. Sans être  une protection,   c’est quand même, une indication. Attendre que d’autres passants se décident : l’union fait la force !

Passer sans hésiter en indiquant d’un geste aimable de la main qu’on remercie l’automobiliste qui aura la gentillesse de ne pas nous écraser. Et cela a l’air de marcher ! D. agite un bandana blanc. Avec les voitures et les autobus seulement ! Les motos et les vespas ne respectent rien, ni les trottoirs, ni feu rouge, encore moins les passages piétons. Au sein d’une file de voiture, il suffit d’un autobus ou d’un camion et c’est l’embuscade mortelle !

Boccace – Le Décaméron – illustré par l’auteur et les peintres de son époque – Diane de Selliers ed.

LIRE POUR L’ITALIE

Le Décaméron, chef d’œuvre de la littérature médiévale, peut être le premier best-seller, réclamé par les cours européennes, est un sommet de la littérature que je n’osais pas aborder. On m’a fait cadeau de ce très gros ouvrage. Dès que j’ai découvert la fresque du Musée de San Gimignano représentant les époux au lit,  sur la couverture, j’ai  eu un très gros coup de cœur pour ce livre!

Je l’ai d’abord feuilleté comme un livre d’images pour y trouver les  fresques du Palais Schifanoia de Ferrare, ainsi que des détails des Effets du Bon Gouvernement de Sienne qui est un des tableaux que je préfère.

je découvre les illustrations de Boccace, dessins élégants, des aquarelles simples et naïves…

toute la peinture italienne est représentée: Fra Angelico, Giotto et je navigue dans mes souvenirs de voyage. Je découvre les coffres de mariage s’inspirant les nouvelles du Décaméron. Cette peinture profane est une découverte. Nous avons vu de nombreuses illustrations des Écritures Saintes, des thèmes mythologiques apparus à la Renaissance, mais les représentations de la vie quotidienne des simples bourgeois sont une véritable découverte.

Je feuillette le lourd volume pour le plaisir des yeux.

Le plaisir de la lecture viendra ensuite: dix nouvelles chaque jour sur des thèmes imposés par la « Reine » d’un jour. La grande variété des contes me ravit. Moqués, les avares, les moines lubriques, le roi croyant séduire une belle dame… l’astuce, l’esprit, font mieux que violence.

Simplicité du style, ces contes sont sur le mode oral. point de longues digressions, des jeux de mots, heureusement rendus ou expliqués dans les notes, pour le plaisir des auditeurs.

Bien sûr je n’ai pas lu d’un trait les cent nouvelles du Décaméron et je me les réserve tranquillement jour après jour mais je ne résiste pas au plaisir de partager ma découverte.

 

STENDHAL : Chroniques italiennes


J’avais cru trouver une relation de voyage.  Ces chroniques sont des traductions de manuscrits anciens relatant des « faits divers » arrivés à diverses périodes de l’histoire italienne. Véritables manuscrits ? Traductions fidèles ? Nouvelles écrites dans un style italianisant relatant des histoires de couvents, de bandits, d’amour voire d’inceste. Extrême violence de ces meurtres parfois d’honneur, parfois gratuits. Curieuse vie de couvents où les nobles jeunes filles enfermées par leurs familles ne voulaient renoncer ni à leur vie mondaine, ni à leurs amants. Chaque voyage est prétexte à une rencontre littéraire avec un grand écrivain. Stendhal sera- t il celui de ce voyage ?

Ferrare, les dames des temps jadis : Isabelle d’Este et Beatriz de Luna, Lucrèce Borgia

LIRE POUR VOYAGER/VOYAGER POUR LIRE

ISABELLE D’ESTE de Christiane Gil – Pygmalion


A Ferrare, j’ai entendu l’écho des pas de dames illustres.

Isabelle d’Este, (1474-1539), fille d’Ercole 1er d’Este, après une éducation humaniste de la Renaissance, fut mariée au Marquis de Mantoue, François Gonzague, condottière au service de la Sérénissime. pendant que Gonzague guerroyait Isabelle décorait son château de Mantoue en attirant les meilleurs artistes de Vinci ,Mantegna, Bellini, dans sa jeunesse à Raphaël et au Titien..

.Belle-sœur de Ludovic Sforza, elle rayonnait à la cour de Milan. Mécène, Prima Dona del mondo, elle mit tous ses tatlent au service de la diplomatie. Mantoue, comme Ferrare n’étaient pas des puissances de premier plan, mais elles se trouvaient à la croisée des intrigues entre les puissances, Milan et États du Pape, rivalités entre Autrichiens et Français qui guerroyaient en Italie.

Isabelle d’Este a donc croisé deux rois de France, Louis XII et François 1er, les papes Borgia, Jules II, Clément VII…toute l’histoire de l’Europe est racontée dans la biographie d’Isabelle d’Este de Christiane Gil.

Roman historique ou livre d’histoire? Je penche plutôt pour la seconde alternative; histoire très bien documentée, très précise d’une vie combien romanesque!

La SENORA de Catherine Clément


j’avais lu cet ouvrage il y a 20 ans. Dans la via della Vittoria un panneau placardé dans le petit restaurant du ghetto racontait que Beatriz de Luna avait vécu là. Et j’ai relu la Senora.

Le narrateur, Joseph Nasi, conte les pérégrinations des marranes portugais des quais de Lisbonne au temps des Grandes Découvertes, en passant par Anvers des Habsbourg, Venise, Ferrare, Istanbul de Soliman le Magnifique jusqu’à Safed en Palestine. De persécutions de l’Inquisition ou des papes en intrigues avec les rois qui convoitaient les richesses de la banque des Mendes, la Senora organisait les réseaux qui permettaient de sauver les Juifs Portugais tandis que le  futur Duc de Naxos, son cousin, était le familier des rois et des sultans. Compagnon de Maximilien  Habsbourg, ami de Sélim le sultan, il était mêlé à toute l’histoire du 16ème siècle historie qui s’achève à la bataille de Lépante.

C’est aussi une belle histoire d’amour impossible entre les deux cousins, une recherche spirituelle pour ces marranes qui judaïsaient en secret mais qui ne furent instruits qu’au passage à Ferrare dans la communauté florissante protégée par les duc d’Este.

quand à Lucrèce Borgia, il me faudra trouver sa biographie!

 

Dominique FERNANDEZ – Le dernier des Médicis

Fin d’une dynastie, fin de règne, le dernier des Médicis, Gian Gastone, est un personnage décadent. Comme le Caravage, il vit son homosexualité de manière tragique cherchant plus la déchéance que le plaisir. Dans la Florence des Médicis, l’amour des garçons est presqu’aussi admis qu’aux temps des Grecs. Il plonge dans l’ivrognerie, la goinfrerie et l’abjection pour déchoir encore. Il en résulte une fin pénible et une lecture assez pénible. J’ai terminé avec peine ce livre pourtant intéressant.

Les jours brillants de la Renaissance sont terminés, l’histoire se termine au milieu du 18ème siècle .L’Italie est dominée par l’impérialisme des Habsbourg,  d’où un déferlement de touristes allemands sur Florence. Les Médicis se sont alliés aux Bourbons, influences françaises donc, et toujours celle de l’Espagne .

Florence est la ville des peintres. Gian Gaston, le dernier des Médicis  a une préférence pour Andrea del Sarto. Je fais donc la connaissance de ce peintre

villa petraia

.Description de la vie dans les villas médicéenes et au Palais Pitti.

Clin d’œil à Stendhal : le livre se présente comme la traduction d’un manuscrit écrit par le médecin de Cosimo III et de Gian Gaston. Ce parti pris médical autorise une analyse d’un « fléau », épidémie vénérienne,  qui ressemble au développement du Sida. Autre anachronisme, une « analyse viennoise » de l’homosexualité. Une description assez plaisante du tourisme : ces touristes allemands étrangement contemporains, qui auraient pu être drôles dans un contexte plus léger.

 

En route vers l’ Italie par le Mont Blanc

CARNET TOSCAN


6h55 départ par L’A5, vide.   Pause croissants à Nitry sur l’A6. Mâcon,  Bourg en Bresse, Pont d’Ain, Nantua. C’est un vrai plaisir de rouler sur cette autoroute bordée de sapins que nous ne connaissons pas.

Entre Pont d’Ain et Bellegarde, l’autoroute franchit d’impressionnants viaducs. A la sortie d’un tunnel nous découvrons le Genevois. Le jet d’eau de Genève se déploie comme une voile.
McDo de Sallanches

Le film Supersize Me , mettant en cause la malbouffe et MC Do, est sorti cette semaine. Réaction  immédiate : promotion sur les salades. Des prospectus énoncent des principes diététiques – pour la galerie- les salades sont plus chères que le reste. Et surtout, personne n’en commande.
Une dame :
–  « Deux menus enfants »
– « Pour une fille ou un garçon ? »
?????

Mont Blanc

Les Houches, jolis chalets, charmante église à bulbe vert. Pique-nique à 13h sur le bord d’un torrent au pied du Mont Blanc.
Les névés sont encore bien présents à faible altitude mais le sommet est dans les nuages. J’avais imaginé que nous nous arrêterions à Chamonix et que nous irions nous promener au Mont Blanc !

Juste à l’entrée du Tunnel, nous voyons de très près deux glaciers des Pèlerins et des Bossons. Je suis impressionnée par l’épaisseur de la glace grise parfois bleutée et surtout étonnée par l’aspect de la surface hérissée de blocs de glace aux angles aigus.

Tunnel du Mont Blanc

Péage : 29 €pour 11km.

Depuis l’accident, les poids lourds passent un test de rayonnement infrarouge, les consignes de sécurité sont relayées sur 9 fréquences radio italiennes et françaises. De jolis éclairages bleus matérialisent les distances de sécurité de 150m entre les véhicules et la vitesse est contrôlée.

Il fait beau en Italie!

A la sortie, il fait un temps magnifique. L’autoroute s’engage dans une succession de longs tunnels si bien qu’on profite à peine du paysage splendide. La route effleure Courmayeur et ses beaux chalets de bois aux toits de lauzes, pas une faute de goût.

Des forteresses du 14ème siècle, tours carrées massives plantées sur des pitons rocheux dominent l’entrée des étroites vallées. Quelles guerres se déroulaient donc dans les Alpes ? Le seigneur marquait- il ainsi sa domination sur son fief ?Les forts faisaient- ils partie d’un dispositif d’ensemble interdisant le passage aux Français ?

le lac de Vivarone

Près d ’Ivréa, le lac de Vivarone est allongé entre des coteaux plantés de vignes et de villages aux toits rouges. Au loin, la lige des crêtes se découpe de plus en plus nettement à mesure que le soleil descend et que les couleurs s’avivent.

La plage est encadrée par des pontons de bois.  La baignade  rafraîchit du voyage. Allongées sur les transats, regardons le ski nautique et les bouées qui se balancent. L’une d’elles jaune, ressemble à un haut de forme et sautille à la Satie. Une autre, à moitié grise à moitié rouge brique, en forme de coupole  byzantine avec des côtes. Vers 19h  les autres baigneurs plient bagage et nous restons seules à passer une douce soirée.

En route vers Florence en passant par Lucques

CARNET  TOSCAN


Le soleil éclaire le Val D’Aoste et un sommet massif enneigé.
L’autoroute traverse d’immenses rizières dans une ambiance tropicale, champs verts fluo petits canaux, nombreuses aigrettes, température douce mais nuages gris. On se croirait à Cuba. Les rares villages de brique ont d’élégants clochers.
Entre Alessandria et Gènes, sous un ciel tout à fait couvert, nous retrouvons les montagnes et les tunnels. A l’approche de Gênes, le trafic se ralentit et même bouchonne. Sur la mer le ciel devient bleu, le soleil chauffe. L’autoroute est censée longer la Méditerranée de Gènes jusqu’à la Marina de Carrare. Je me réjouissais de cet itinéraire le long de la Riviera Ligure passant près des Cinque Terre près de la Spezia. C’est un spectacle tout à fait intermittent. La côte est si escarpée que l’essentiel du trajet est souterrain. On sort d’une galerie parfois longue d’un bon kilomètre et déjà 100 mètres plus loin s’ouvre un autre tunnel. Il faut se dépêcher de regarder la mer et par chance on découvre un petit port ou un village perché au sommet d’une colline. Le meilleur moyen d’explorer cette côte est sûrement le bateau !

11h30, nous entrons en Toscane : montagne découpée par les carrières de Carrare. Le marbre blanc brille comme de la neige. De l’autre côté de l’autoroute, des gros blocs taillés attendent.

Lucques est une jolie petite ville encerclée de fortifications de brique rose très bien conservées. Sur les remparts, une belle promenade ombragée par des platanes géants et des tilleuls en fleur, est aménagée pour les piétons et les cyclistes. De là, on découvre les tours, les campaniles et les toits. Les fossés sont plantés d’un gazon vert.

La sortie de la ville est pénible, la campagne très urbanisée.15h,  dans un petit bois, nous dévorons les trois œufs durs avant de prendre l’autoroute à Pistoia.

Florence : Signoria, Palazzo Vecchio

CARNET TOSCAN

Ponte vecchio sur l'Arno

A 8h30, nous traversons l’Arno et arrivons en zone piétonnière. La ville dort, la circulation est facile. Mais que faire de la voiture? Nous la garons dans un parking privé (3€/h) cher, mais bien situé.
Sur le  Ponte Vecchio, les échoppes de bois sont relevées. La lumière du matin fait ressortir les crépis colorés des maisons. Nous suivons le « corridor » de Vasari qui nous conduit aux Offices, deux galeries à arcades solennelles se faisant face. Nous parvenons au Palazzo Vecchio et à la Loggia de la Signoria sur la Plazza della Signoria.

Piazza della Signoria

Persée de Cellini

La Loggia della Signoria est un musée de sculptures. Le chef d’œuvre le plus célèbre est le Persée de Cellini en bronze. Beaucoup de statues sont antiques. La confrontation des œuvres du XVI ème siècle et des antiques qu’on vient de retrouver à la Renaissance, est particulièrement intéressante. Mais je ne trouve pas d’autre piste d’analyse.

La place de la Signoria est ornée d’une curieuse fontaine de Neptune et de statues géantes. On voit l’emplacement où Savonarole a été pendu. Je suis ravie d’avoir préparé ce voyage en lisant l’histoire des Médicis. Même si je ne connais rien en sculpture je suis heureuse de mettre des visages sous les noms des différents Cosimo.

Palazzo Vecchio

palazzo vecchio vu du haut de la coupole du Duomo

Le Palazzo Vecchio est emballé par des bâches de ravalement. Heureusement nos guides sont bien illustrés ! La cour décorée par Vasari est  un peu encombrée par le ravalement. Encore ! La visite du Palazzo est libre. De nombreux panneaux et des écrans multimédia fournissent d’abondantes explications. Deux axes : l’Histoire de Florence qui se confond avec celle des Médicis (parenthèse de Savonarole à la fin du XVème), autre thème : la Mythologie.
Mythologie
Depuis plusieurs années nous avons appris à décrypter les fresques et mosaïques byzantines et romanes à sujet exclusivement religieux ou les mosaïques romaines. Avec la Renaissance, tout change, la mythologie fournit les thèmes des peintures. Mais il ne faut pas les regarder naïvement. La mythologie n‘est que prétexte à la glorification des maîtres de Florence. Je suis déroutée quand Cérès, déesse des récoltes figure un Médicis. A l’époque tout le monde savait reconnaître le sens caché de ces allégories. Pour nous c’est plus difficile.

Les objets décoratifs sont plus faciles à apprécier : je tombe en arrêt devant un secrétaire aux nombreux tiroirs ornés de marqueterie de pierres dures.
La salle des cartes de géographie nous plaît beaucoup.
Nous avons passé deux heures dans le palais et ne sommes pas prêtes à entreprendre une autre visite sérieuse. Nous parcourons les ruelles à la recherche du Duomo et du Baptistère. De la Terrasse de Saturne, en haut du Palais, ils semblaient tout proches.

Duomo et Baptistère

Les grandes places sont maintenant occupées par la foule. Le soleil tape. Il fait meilleur dans les petites rues. Je ne sais pas très bien où porter mon regard : boutiques de luxe très raffinées, architecture des palais florentins… Ici, chaque immeuble est un palais. Les églises sont ornées d’abondantes sculptures. Tant de luxe, tant d’ornements finissent par nous étourdir et nous blaser. Difficile de garder longtemps la disponibilité et la capacité de s’émerveiller. Nous passons donc devant des merveilles sans nous étonner plus que cela.

En face du Baptistère et de la Cathédrale, nous lisons les guides assises sur un banc à l’ombre. Les belles incrustations de marbre blanc et vert, les dentelles de pierre du fronton, le campanile ajouré, nous éblouissent au point de rendre un peu idiotes. Je fais le tour du Baptistère pour admirer les portes ouvragées. Celle de Pisano me rappelle Monréale, celle du Paradis est finement ciselée. Nous nous dépêchons de rejoindre le parking avant que n’expire la 4ème heure.

Florence : San Miniato al monte

CARNET TOSCAN

façade romane de San miniato

De la terrasse de Neptune du Palazzo Vecchio, une façade blanche se détache des collines : San Miniato. Ce sera le but de notre promenade.

Le trajet de la Villa à San Miniato est facile et très agréable. La large avenue Galilée ondule aux flancs de la colline, entre des villas magnifiques précédées d’imposants jardins. D’immenses pins parasols font de l’ombre, toute la colline est boisée.

San Miniato est perchée sur des escaliers blancs. La façade de marbre éblouissant est extrêmement décorée : motifs, bandes et incrustations de marbre vert, colonnes antiques à chapiteaux corinthiens. Le décor ressemble à celui du Baptistère, mieux mis en valeur dans son écrin de verdure et ressort sur le ciel bleu tandis qu’au Baptistère, il se trouve écrasé par la Cathédrale.

 

Les tolits de Florence vus de san miniato

Assises dans un petit coin d’ombre sur le parapet, nous admirons les toits de Florence. Le panorama est magnifique. Nous identifions les tours, celle du Palazzo Vecchio, le Campanile, le Duomo, les arcades des Offices.

L’intérieur de l’église San Miniato s’harmonise bien avec sa façade. Cela parait idiot mais c’est loin d’être une évidence. Combien de façades baroques cachent des églises gothiques ou romanes en Espagne ! Ou au contraire, une façade romane sobre s’ouvre sur un intérieur baroque en Sicile! Les murs sont décorés des mêmes motifs : imposantes colonnes de marbres variés. Au sol, marqueterie de marbre noire et blanche : un zodiaque est ciselé au milieu de motifs géométriques compliqués rappelant, selon nos guides, les tissus siciliens. Il fait bon dans l’église fraîche et aérée. Le plafond de bois est peint de motifs géométriques de couleurs vives. Cette église me paraît étrangement familière, réminiscences de Sicile. Au dessus du chœur, la mosaïque dorée du Christ Pantocrator s’apparente aux mosaïques byzantines. Nos guides la qualifient de romane. J’ai la curieuse impression d’une boucle qui se referme ici entre l’Orient byzantin et le Roman que nous le connaissons en France. Entre l’étrangeté et l’exotisme byzantin, la symbiose sicilienne, se trouve ici un chaînon qui relie nos voyages, Chypre, Sicile, Toscane….Dans le chœur, un curieux tabernacle abrite un crucifix miraculeux : sorte d’arche très décorée de tableaux qui rappellent les icônes. Sous le chœur, une très jolie crypte est soutenue par de fines colonnes. Au dessus, nous remarquons des marqueteries de marbre noir et blanc. L’église est aussi peinte de fresques qui ne m’attirent pas spécialement.
La route qui serpente dans la colline aboutit à la place Michelangelo, occupée par un podium : des baraques, beaucoup de monde, aucun intérêt.