Je me suis précipitée hier, le premier jour de l’Exposition au MAM, 15 septembre, impatiente. Je ne pouvais pas attendre. Grand coup de cœur pour Nicolas de Staël l’an passé à Antibesau Musée Picasso . Pour l’affiche : Agrigente chère à mon cœur, véritable fascination pour la Vallée des Templesoù nous sommes retournées plusieurs fois. Enormément d’attente, et aucune déception, énormément d’émotion.
1953 Agrigente (encore)
Retour sur des tableaux connus que j’ai revus comme des amis retrouvés.
1953 Sicile
Découverte de ceux que je ne connaissais pas.
Eblouissement.
Comme il est juste ce jaune de soufre qui me rappelle les mines de soufre proches d’Agrigente peintes par Guttoso
1948 – Lavis et encre
Rétrospective chronologique qui couvre toute la carrière de Nicolas de Staël depuis ses voyages marocains (1936), ses tableaux abstraits . Ses compositions où les formes se déclinent, s’épurent, s’empâtent dans une salle appelée Condensation
1950 Composition
les tableaux sombres s’éclaircissent. les à-plats épais se fractionnent en tesselles de tableaux mosaïques,
1951 La ville blanche
Mon préféré dans la salle présentant ces Fragmentations est un bouquet de fleurs si transparentes et si épaisses que je les avais prises pour des glaçons
1952 Fleurs
Je zappe les footballers du Parc des Princes archi-connus pour m’intéresser à une série de marines et de ciels qui s’éloignent complètement de l’abstraction, petits cartons aux formats de poche ou tableaux plus grands.
1952 Ciel à Honfleur,
ou ces très petits du Lavandou
...
Surprise par une très grande composition, théâtrale, symphonique. on se croirait portée sur une scène d’opéra. Illusion. Ce sont des bouteilles
1953 Bouteilles dans l’atelier
Eté 1953, Nicolas de Staël entreprend un voyage vers le sud : Provence sur le conseil de Char, puis Italie et Sicile. je n’ai pas eu la patience de suivre la chronologie pour présenter ces toiles lumineuses.
En 1954, il s’installe à Antibes . Je retrouve les toiles mystérieuses où apparaît une femme, Jeanne, son amante. Simplification des motifs, on dirait presque du Morandi.
Nana est la fille de Gervaise et de Coupeau de l’Assommoir. Nous l’avons quittée en apprentissage de fleuriste sous la garde de sa tante, très dégourdie, elle a déjà un protecteur plus âgé.
Nana, au début du roman, a une vingtaine d’années, est mère d’un petit garçon chez une nourrice. Actrice à succès au Théâtre des Variétés.
« La Blonde Vénus sera l’événement de l’année. On en parle depuis six mois. Ah! mon cher, une musique! un chien!… Bordenave, qui sait son affaire, a gardé ça pour l’Exposition.
Et Nana, l’étoile nouvelle, qui doit jouer Vénus, est-ce que tu la connais? Nana est une invention de Bordenave. Ça doit être du propre! »
Le roman s’ouvre au Théâtre des Variétés. Zola nous fait découvrir la scène, les loges, les répétitions, les acteurs, les coulisses, les éclairages. Les journalistes aussi, les auteurs, les jalousies et petits arrangements…Et parmi les spectateurs, les messieurs qui viennent dans les loges comme au bordel. D’ailleurs Bordenave, le directeur du théâtre nomme ainsi son théâtre.
« Paris était là, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir, beaucoup de journalistes, quelques écrivains, des hommes de Bourse, plus de filles que de femmes honnêtes; monde singulièrement mêlé, fait de tous les génies, gâté par tous les vices, où la même fatigue et la même fièvre passaient sur les visages. »
Nana est une piètre actrice
« Jamais on n’avait entendu une voix aussi fausse, menée avec moins de méthode. Son directeur la jugeait bien, elle chantait comme une seringue. »
Et pourtant elle a un succès fou :
« cette grosse fille qui se tapait sur les cuisses, qui gloussait comme une poule, dégageait autour d’elle une odeur de vie, une toute-puissance de femme, dont le public se grisait. »
Plus qu’une actrice, Nana est une courtisane qu’hommes d’affaires comme le banquier Steiner, aristocrates comme le Comte Muffat ou Le Comte de Vandeuvres, et bien d’autres, sont prêts à se ruiner pour elle. Sa fidèle bonne Zoé place tous les prétendants dans des pièces différentes pour qu’ils ne se croisent pas, c’en est cocasse. Il y a peu de sentiments, de l’intérêt. Et pourtant, même dans ses plus grands succès Nana est à cours d’argent pour payer les extravagantes dépenses. Elle est souvent à la recherche d’expédients
Elle tombe amoureuse d’un comédien qui la traite très mal. Un jeune homme, presque un adolescent réussi à l’émouvoir ; il consentira à tout pour garder ses faveurs. Ses plus fidèles amitiés seront féminines, sa bonne Zoé prête à tous les artifices, Satin, une rouleuse du boulevard qu’elle a retrouvée dans la dèche lui sert de compagne.
Difficile d’avoir de l’empathie pour cette fille, souvent superficielle, capricieuse, toujours intéressée, qui dévore des fortunes sans aucun scrupule et n’est même pas affectée par les tragédies dont elle est la cause.
Pourtant on sent surtout la rage de la petite fille de l’Assommoir qui n’oublie jamais d’où elle vient et qui venge les humiliations, les privations qu’elle a connues. Elle prend sa revanche dans son hôtel rue de Villiers. Et pourquoi devrait-on la juger? Ce sont les hommes qui sont les cochons et qui se pressent auprès d’elle.
« Nom de Dieu! ce n’est pas juste! La société est mal faite. On tombe sur les femmes, quand ce sont les hommes qui exigent des choses… Tiens! je puis te dire ça, maintenant: lorsque j’allais avec eux, n’est-ce pas? eh bien! ça ne me faisait pas plaisir, mais pas plaisir du tout. Ça m’embêtait, parole d’honneur!… »
Dans le monde des Rougon-Macquart, cet épisode entraine le lecteur dans le demi-monde et le grand monde qui se mêlent. Nous découvrons donc le théâtre, les restaurants à la mode, les courses et les paris, les soirées brillantes…mais la rue n’est pas loin, ni les rafles de la police qui ramasse les prostituées, les encarte et les emprisonne.
Sarah Bernhardt Clairin 1876
J’ai, présente à l’esprit, la merveilleuse Exposition Sarah Bernhardt au Petit Palais. Sarah Bernhard a vécu dans ce monde, encartée à la police, protégée du Duc de Morny. Mais, elle était bourrée de talents et a su rapidement s’élever au-dessus de sa condition.
Plus que les intrigues embrouillées ou les histoires sentimentales, j’ai apprécié la description de la vie mondaine et les analyses sociétales de Zola.
Intriguée par le titre et par l’affiche, j’attendais une occasion pour retourner au Musée de la Vie Romantique.
L’exposition est logée dans deux salles à l’écart de la maison principale : l’une L’imagination fait le paysage fait alterner des lavis d’encre sur papier représentant des îles imaginaires, désertes et inquiétantes que j’ai appréciées et des personnages : adolescentes le plus souvent au regard éteint derrière des paupières baissées. Cette filles aux chevaux verts est-elle une noyée tirée de l’eau par un personnage dont on ne devine que les mains et les bras? Toutes les filles semblent incapables de tenir sur leurs membres et sont soutenues par des inconnus. Cette évanescence me met mal à l’aise.
A l’étage au-dessus, L’espace entre eux présente de grands tableaux à la verticale, deux diptyques se font face tandis que trois tableaux occupent le mur. On y voit des couples de très jeunes gens qui fument. Ils ne se regardent pas, ne se touchent pas. Ce ne sont pas des portraits, les traits sont impersonnels, souvent les yeux clos. Grande froideur.
Je ne vois pas le « romantisme » annoncé, mystère de BD ou de publicité!
Les autres œuvres sont dispersées dans les collections permanentes dans la maison d’Ary Scheffer remplies de souvenirs de l’Epoque Romantique : au rez de chaussée on traverse une salle Ary Scheffer avant d’arriver aux souvenirs de George Sandreprésentée sur divers portraits, une jolie sculpture, les bijoux de George Sand sont dans deux vitrines, on voit aussi des images de Nohant
George Sand peignait aussi : paysages d’aquarelles et dendrites (j’ignorais cette technique). Une salle est consacrée à Pauline Viardot et à sa soeur La Malibran avec divers portraits, une autre à Renan qui épousa la fille d’Ary Scheffer. Une autre illustre le Romantisme : scènes peintes d’Atala de Chateaubriand, de Walter Scott, de Shakespeare,Victor Hugo.…
Parmi ces œuvres fortes, et les très beaux meubles d’époque on a accroché les tableaux que Françoise Pétrovitcha peint exprès pour cette maison : le rose flashe sur les tentures dorées et les meubles patinés par le temps. La figure féminine qui fume est une évocation de George Sand, symétrique une évocation rose et androgyne de Maurice Sand pas en costume contemporain pas plus réussi que sa mère.
j’ai eu grand plaisir à retrouver les objets authentiques des collections permanentes et comme il faisait très beau, nous avons terminé l’après midi dans le jardin attablées au salon de thé. Un vrai bonheur!
« Est-ce que vous connaissez la bataille des Gras et des Maigres ? »
Le marché aux poissons Joachim Beuckelaer
Le Ventre de Paris : ce sont les Halles, nouvellement construites (1853 à 1874) que découvre Florent après 8 ans d’absence
« Et Florent regardait les grandes Halles sortir de l’ombre, sortir du rêve, où il les avait vues, allongeant à l’infini leurs palais à jour. Elles se solidifiaient, d’un gris verdâtre, plus géantes encore, avec leur mâture prodigieuse, supportant les nappes sans fin de leurs toits. Elles entassaient leurs masses géométriques ; et, quand toutes les clartés intérieures furent éteintes, qu’elles baignèrent dans le jour levant, carrées, uniformes, elles apparurent comme une machine moderne, hors de toute mesure, quelque machine à vapeur, quelque chaudière destinée à la digestion d’un peuple, gigantesque ventre de métal, boulonné, rivé, fait de bois, de verre et de fonte… »
Dans ce ventre de Paris convergent toutes les nourritures : légumes et fruits, marée et viandes, volailles, charcuterie, fromages et même fleurs. Le roman commence avec l’arrivée du tombereau de Madame François, maraîchère de Nanterre !
« tombereau de choux et un tombereau de pois, au pont de Neuilly, s’étaient joints aux huit voitures de navets et
de carottes qui descendaient de Nanterre ; et les chevaux allaient tout seuls, la tête basse, de leur allure continue et paresseuse, que la montée ralentissait encore. En haut, sur la charge des légumes, allongés à plat ventre, couverts de leur limousine à petites raies noires et grises… »
Le tombereau heurte Florent, presque mort de faim, d’une maigreur à faire peur, évadé du bagne de Cayenne, déporté après les journées de décembre 1851 arrêté près de la barricade rue Montorgueil. Florent est recueilli par son frère Quenu, prospère charcutier, gras et bien nourri comme sa femme Lisa, la belle charcutière.
Les descriptions des dentelles et des soieries des toilettes de Renée Saccard dans La Curée, des décors de l’Hôtel de la Plaine Montceau, m’avaient plutôt lassée. J’avais trouvé que Zola se complaisait dans des longueurs. En revanche, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette exubérance des légumes et des fruits, surabondance de la nourriture, énumération des victuailles, les descriptions des étalages de la charcuterie . Le Ventre de Paris plonge le lecteur dans le monde odorant de l’étal de la marée avec ses poissons, ses moules, ses huitres, dans les paniers remplis de plumes des volaillers, ruisselant des grandes lessives, dégoûtant de sang, d’humeurs et d’excréments.
Luis Egidio Melendez nature morte avec pastèques
Et c’est un peintre, Claude Lantier, qui décrit le mieux ces tableaux naturalistes, opposant l’art moderne, le naturalisme. Son art est croquis ou tableau, mais son œuvre suprême, c’est avec des boudins, des langues de bœuf, des jambons jaunes qu’il l’a construite. Il cherche ses sujets dans le peuple des Halles
« Cadine et Marjolin s’aimant au milieu des Halles centrales, dans les légumes, dans la marée, dans la viande. Il les aurait assis sur leur lit de nourriture, les bras à la taille, échangeant le baiser idyllique. Et il voyait là un manifeste artistique, le positivisme de l’art, l’art moderne tout expérimental et tout matérialiste ; il y voyait encore une satire »
Le naturalisme revendiqué en peinture par Claude, est aussi le style littéraire de Zola. Claude, plus loin, l’étend à l’architecture
« Je m’imagine que le besoin de l’alignement n’a pas seul mis de cette façon une rosace de Saint-Eustache au beau milieu des Halles centrales. Voyez-vous, il y a là tout un manifeste : c’est l’art moderne, le réalisme, le naturalisme, comme vous voudrez l’appeler, qui a grandi en face de l’art ancien… »
Dans la bataille des Gras et des Maigres l’auteur met en scène, dans le rôle des Gras : les commerçants des Halles, poissonnières et charcutières, volaillers et cafetiers, toute une société prospère qui se concurrence, se jalouse, s’observe, s’enrichit…
« C’était le ventre boutiquier, le ventre de l’honnêteté moyenne, se ballonnant, heureux, luisant au soleil, trouvant que tout allait pour le mieux, que jamais les gens de mœurs paisibles n’avaient engraissé si bellement. »
Bonne conscience de la Belle Lisa et de sa concurrent la Belle Normande, travailleuses, honnêtes, bien nourries….Certains personnages sont plus nuancés comme les jeunes Marjolin et Cadine, les enfants Muche et Pauline qui jouent dans la boue. Deviendront-ils des Gras quand il seront adultes? Et la vieille Saget la fouineuse avec son cabas, qui surveille les autres de sa fenêtres, s’attarde pour écouter les rumeurs et qui colportera les ragots : une Maigre?
« mademoiselle Saget avait certainement laissé dans sa vie passer une occasion d’engraisser car elle détestait les gras tout en gardant dédain pour les Maigres »
déclare Claude Lantier.
C’est cette dernière qui déclenchera la guerre en convoquant les commères pour dévoiler le secret de Florent. Et cette mauvaise action se déroule dans les odeurs de fromage. Les odeurs contribuent à l’ambiance :
Elles restaient debout, se saluant, dans le bouquet final des fromages. Tous, à cette heure, donnaient à la fois.
C’était une cacophonie de souffles infects, depuis les lourdeurs molles des pâtes cuites, du gruyère et du
hollande, jusqu’aux pointes alcalines de l’olivet. Il y avait des ronflements sourds du cantal, du chester, des
fromages de chèvre, pareils à un chant large de basse, sur lesquels se détachaient, en notes piquées, les petites
fumées brusques des neufchâtels, des troyes et des mont-d’or. Puis les odeurs s’effaraient, roulaient les unes sur les autres, s’épaississaient des bouffées du Port-Salut,
Comme les tomes précédents de la série des Rougon-Macquart, le Ventre de Paris est un roman politique, qui raconte l’histoire du Second Empire : son avènement avec les barricades et les déportations de 1851 et les oppositions clandestines : les conspirations des révolutionnaires dans les arrières salles du café ainsi que la surveillance des espions et des mouchards, les dénonciations des honnêtes gens qui voient dans l’Empire une stabilité et une prospérité qui garantie leur commerce.
« C’est la politique des honnêtes gens… Je suis reconnaissante au gouvernement, quand mon commerce va bien, quand je mange ma soupe tranquille, et que je dors sans être réveillée par des coups de fusil… C’était du propre, n’est-ce pas, en 48 ? L’oncle Gradelle, un digne homme, nous a montré ses livres de ce temps-là. Il a perdu plus de six mille francs… Maintenant que nous avons l’empire, tout marche, tout se vend. Tu ne peux pas dire le contraire… Alors, »
C’est encore Claude qui aura le dernier mot
Alors, Claude leur montra le poing. Il était exaspéré par cette fête du pavé et du ciel. Il injuriait les Gras, il disait
que les Gras avaient vaincu. Autour de lui, il ne voyait plus que des Gras, s’arrondissant, crevant de santé,
Si j’étais touriste, j’aurais visité méthodiquement le Musée d’Orsayqui mérite une demi-journée et même plus. Négligente, je me dirige vers les expositions puis je gagne la sortie. Merci à Sonia qui m’a recommandé d’acheter la Carte Blanche qui sert de coupe-file également à l’Orangerie, 3 expositions suffisent à rentabiliser le prix annuel et surtout m’offre l’entrée aux collections permanentes.
Théodore Rivière : brodeuse tunisienne
Par un dimanche maussade, j’ai flâné sans but dans les deux premiers niveaux et fait de jolies découvertes. Peintures orientalistes : Delacroix, Gérôme, Fromentin… et surprise cette brodeuse tunisienne!
J’ai cherché des souvenirs de la Commune de Paris, et voici la Pétroleuse
Ginotti : La Pétroleuse vaincue
Cézanne a aussi peint des portraits, des scènes dramatiques, cette Olympia moderne, pas de pommes ni de montagne provençale.
Cézanne : Olympia moderne
Il y a aussi en ce moment une petite exposition de vases émaillés (projets, ce sont des aquarelles) de Soyer
Soyer : modèles pour vases émaillés
Au fond du hall, des maquettes de l’Opéra Garnier passionnantes ainsi que des maquettes de décors (Aïda) . on peut marcher sur un plancher de verre au dessus de tout le quartier de l’Opéra. Un énorme tableau montre Paris vu de montgolfière (1855) de Victor Navlet amusant!
J’aurais pu aller voir lesImpressionnistesdans les étages, ou l‘Art Nouveau, les valeurs sûres! J’ai préféré rester au 1er et au 2ème niveau découvrir des peintures et des peintres parfois célèbres parfois oubliés… amusantes rencontres . Tableaux monumentaux et ennuyeux, statues de petits formats du Prince Troubetzkoi. Il y a tant à découvrir!
Difficile de qualifier cet ouvrage : la Situation désigne une guerre civile déchirant la Région parisienne en 2030. Anticipation, emballement de la situation politique actuelle. Remake de la Commune de Paris. C’est un peu étrange de lire ce roman dans les échos des mortiers d’artifice des émeutes à la suite de la mort de Nahel.
Un président opportuniste à la tête d’un parti s’appelant Egalité, mène une politique antisociale, ultra-libérale. Fuyant la guerre civile, son gouvernement a fui Paris pour Chartre. Il est prêt à tendre la main aux Ligueurs, l’extrême droite qu’on appelle parfois les Versaillais (comme en 1871). Les Ligueurs ont mené le 6 février (référence au 6 Février 1934) l’attaque de l’Assemblée (comme celle du Capitole) qui s’est soldée par le massacre des députés noirs et arabes et même la pendaison de la Chef du Gouvernement noire. A la suite de la tentative de putsch l’extrême gauche (wokiste, islamiste, gauchiste, trotskistes…) on fait une alliance pour contrer les Ligueurs.
Le roman s’ouvre par un massacre dans un bar du XIème (rappelant les fusillades des terrasses de 2015)… Tout est outré mais rien d’invraisemblable.
Lecture haletante.
Beaucoup d’empathie pour le héros de l’histoire, un écrivain sexagénaire qui s’est terré chez lui pour éviter la violence et que le décès dans le bar de son quartier a forcé de prendre parti : il veut voir les criminels prisonniers des Ewoke ( ultra-gauche) qui ont tiré sur
L’analyse simpliste Ultragauche contre Ligueurs ne fonctionne pas. Les luttes de pouvoir compliquent tout. L’écrivain se trouve entraîné dans une véritable épopée…
Là, j’arrête, je ne veux pas spoiler!
J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir, je me suis amusée à relever les clins d’oeil à l’histoire ou à la politique actuelle. Références littéraires aussi. Exotisme du mélange et métissage des cultures dans le
« la visite de Sarkozy est restée dans les mémoires comme le prologue des émeutes les plus violentes que la France n’ait connues depuis mai 1968(et jusqu’à ce que la Situation fasse passer ces périodes de troubles pour d’aimables plaisanteries). La dalle d’Argenteuil, depuis ce temps, c’est l’Esplanade des mosquées de Jérusalem pour un politicien israélien. Tu n’y joues gros bras que si tu penses que le moment est venu de déclencher une énième intifada. »
Pour cette présentation de l’art figuratif, entre 1950 et 2000, pas moins de 47 artistes sont mis en lumière. Artistes reconnus, ayant participé à de nombreuses expositions. Si j’ai parfois entendu ou lu, certains noms, je découvre la plupart d’entre eux en dehors de Szafran dont j’ai vu récemment la rétrospective.
Szafran
C’est une exposition très éclectique qui montre tout d’abord chronologiquement une figuration aux accents expressionnistes avec des plasticiens venus d’horizons différents mais beaucoup d’Europe de l’Est comme Dado (1939-2010) originaire du Monténégro. A l’occasion, je remercie George de Bucarest qui, dans les commentaires, a eu la gentillesse de m’envoyer le lien vers le site de ce plasticien : Dado (diminutif de: Miodrag ) = Miodrag Djuric
Pour voir plus: http://www.dado.virtual.museum
Dado (1964): la lapine. pourquoi la lapine? je ne vois aucun lapin plutôt des humains grotesques, grimaçants et des chimères.
Tibor Czernus, de Hongrie, Avigdor Arikho natif de Raudati, Bucovine, ayant étudié à Bezalel (Jérusalem)
Autportrait Avigdor Alekha
J’ai bien aimé le chien de Pierre Lesieur
Pierre Lesieur : Le chien
Une salle est dédiée à un binôme Jürg Kreienbühlet Gilles Aillaud . le premier a représenté la banlieue et particulièrement les tours nuages de Nanterre dont le père du second a été l’architecte.
Jürg Kreienbühl : le cimetière de Neuilly et les Tours de Nanterre
Aillaud a représenté des animaux exotiques prisonniers dans des cages de ciment: rhinocéros, sanglier et serpents sont prisonniers dans des loges de béton. Fragilité de l’existence humaine et remise en cause de la modernité dans la prétention des hommes.
le bonheur menacé
Leonardo Cremonini: au dos du désir
Plus coloré, l’univers de Leonardo Cremonini qui a inspiré Susanne Hay . Autant j’ai été impressionnée par la rigueur de la construction de Cremonini autant les œuvres de Susanne Hay m’ont semblé sombres et morbides.
Desmazières : l’atelier Taizé; gravure
Plusieurs graveurs sont accrochés dans la salle suivante : Desmazières avec ses dessins de précision (qui me font penser à certains de Szafran vus à l’Orangerie. Les gravures sur bois de Siemen Dijkstra sont d’une dextérité impressionnantes il faut s’approcher et les regarder de très près pour ne pas les confondre avec des photographies.
Siemen Dijkstra
Tout à fait différentes les gravures sur bois d’Astrid de la Forest
Astrid de la Forest : arbres
les années 1990-2000sont carctérisées par de grands tableaux presque hyperréalistes colorés, presque photographiques, souvent provocateurs. Un homme vêtu d’une combinaison de travail est sans tête, sur le tableau écrit « Qui suis-je », le bas du corps du d’une femme qui se touche le sexe de la main, sans le haut…je n’ai pas trop aimé non plus cette casquette jaune qui fait penser à une publicité.
jérôme Borel : la confusion de Narcisse la casquette jaune.
Enfin, étrange tableau deDominique Renson
Dominique Renson Quand on posez un portrait sur un chevalet c’est déjà une décapitation. Le cadre d’une boîte trop petite qui encage les personnages Un chevalet qui devient guillotine ou croix d’une crucifixion.
Dans l’Orangerie, des peintres contemporains plus jeunes sont exposés.
Songlines est un mythe fondateur des Aborigènesd’Australie, que l’on peut comparer à l’Odyssée ou à la Genèse.
les sept soeurs assises
Ce récit fondateur n’est pas transcrit sur un texte écrit, même pas sous forme de poème lyrique, il a donné lieu à des représentations plastiques, fresques, tableaux, sculptures réalisées par des femmes principalement dépositrices de la tradition que l’on peut connaître grâce à la vidéo
.
Ces 7 soeurs mythiques fuient à travers l’Australie un sorcier qui veut les piéger. Ces 7 soeurs sont assimilées aux 7 étoiles de la constellation des Pléiades. Elles ont laissé des traces « chemin du rêve » à travers le continent.
la traversée de l’Australie par les sept soeurs
leur voyage comporte des haltes où elles se concertent, se métamorphosent, cherchent des sources, de la nourriture, des remèdes. A travers le continent elles changent de langue et même volent.
Songlines le chemin du rêve
nous allons donc les suivre à travers des peintures pointillistes où l’on peut les repérer assises, endormies, dansantes. Chaque tableau pointilliste est aussi une cartographie qui permet de transmettre un savoir, de donner des indications sur la végétation, l’emplacement des dunes, des sources ou de grottes .
Une cellule carrée permet de voir la réalisation d’une œuvre collectives par 5 ou 6 femmes assises par terre, chacune se chargeant d’une zone du tableau. En parallèle on voit la végétation du bush, les récoltes, les brûlis.
Songlines nous conduit dans une grotte Cave Hilldécorée de peintures rupestres. Une expérience immersive dans un dôme nous conte le voyage des 7 soeurs, nous immerge dans la peinture rupestre et finalement nous montre le trajet des étoiles de la Constellation d’Orion. je suis toujours réticentes à ce genre d’expériences qui ne sont que des projections sur le plafond les murs et le sol. Dans ce cas précis c’est tout à fait réussi d’autant plus que cela permet de rassembler les parcours et de mieux appréhender l’histoire.
C’est une rencontre avec une dame extraordinaire. Je la savais actrice à succès, star internationale, comédienne accomplie.
Du demi-monde à la scène :
destin de la fille de courtisane, élevée à la campagne, revenue à Paris adolescente pour exercer le métier de sa mère : on voit le Livre des Courtisanes, registre de la police qui fichait ces-dames. Sarah avait des relations : le duc de Morny, (frère de Napoléon, excusez du peu!)la fit entrer au Conservatoire, puis à la Comédie Françaiseen 1862. Elle y triomphe en 1872 avec Ruy Blas.
Sarah Bernhardt par Clairin
Mademoiselle Révolte à la Comédie Française
Elle gagna ce surnom en quittant la Comédie Française où son talent était, selon elle sous-exploité. Dans cette section de l’exposition, on voit le corset, le châle porté dans Hernani joué 116 fois, et de nombreux objets.
Une artiste parmi les artistes
Autoportrait en marbre blanc
C’est, pour moi, la plus grande surprise. Sarah Bernhardt avait de nombreux talents. Elle vivait entourée d’artistes et était elle-même très douée pour la sculpture et la peinture. Son hôtel particulier, rue Fortuny, possédait deux ateliers de sculpture
Déjeuner dans la serre rue Fortuny peint par Louise Abbema
Louise Abbema,son amie, l’a peinte ainsi que le peintre Clairin. A l’occasion de l’Exposition de 1878, elle s’éleva avec le peintre Clairin en montgolfière ca qui inspira les caricaturistes : Robida, unPanorama de Paris très amusant, une autre « Sarah Bernhardt planant au dessus des hommes« . Les caricaturistes n’étaient pas tendres avec elle, elle fut leur cibles comme sculptrice et comme peintre si bien que Zola prit sa défense
Sarah Bernhardt : autoportrait en chimère
Goût du Bizarre
Son originalité s’est aussi affirmée par son goût pour le morbide. Pierre Loti a rapporté qu’elle aurait gardé dans sa chambre le squelette Lazare d’un jeune homme mort d’amour. Elle avait aussi un cercueil dans lequel elle aurait dormi. Comme dans la sculpture ci-dessus, elle a abusé du motif de la chauve-souris, coiffant des ailes de chauve-souris, l’utilisant dans ses décors…
Boulevard Montmartre – on peut reconnaître Sarah Bernhardt, Zola, Jules Ferry…
Grands Rôles
Une grande salle présente tous les grands rôles avec les affiches de Mucha (1894)
Alexandre Dumas : La Dame aux Camelias (1880), Sardou : Théodora, la Tosca(1884), Fédora (1882), Cléopâtre, Jeanne d’Arc…Ces derniers étaient de véritables peplums
Sarah Bernhardt dans Phèdre
Elle a triomphé dans Phèdrede 1874 à 1914.
Sans oublier les travestissements pour Lorenzaccio, Hamlet, ou L’Aiglon de Rostand
Sarah Bernhardt : l’Aiglon
Une salle : La Divine (nommée ainsi par Cocteau) montre l’exploitation de l’image de la star dans la publicité, support pour les biscuits LU, de l’absinthe ou de la Poudre de Riz.
Nous sommes restées plus de 2heures 30 dans l’exposition qui ne s’achève pas là.
La Femme engagée : la montre organisant un hôpital militaire pendant la Guerre de 1870-1871. Elle fut aussi active dans la défense de Dreyfus avec Zola. Pendant la Première Guerre mondiale elle fit une tournée aux Etats Unis en 1916 pour sensibiliser l’opinion américaine …
De la Scène à l’écran : dès le début du cinéma elle a interprété ses rôles pour l’écran.
L’exposition se termine par la projection d’un film montrant ses funérailles presque aussi suivies que celles de Victor Hugo.
C’est une très grande exposition qui nous a réservé de belles surprises. J’ai aussi beaucoup apprécié les photographies de Nadar
A 200 m du Métro Montparnasse (sortie 2), dans la tranquille rue Bourdelle, l’atelier dans lequel Antoine Bourdelle s’installa à 23 ans et travailla plus de 40 ans dans ce qui fut une cité d’artistes.
arcades du jardin sur rue
Même si je n’ai pas un goût immodéré pour les statues monumentales de Bourdelle – bronzes et plâtres – c’est une véritable découverte que ce musée à l’ombre de la Tour Montparnasse, autour de deux jardins. Dommage qu’il ait plu, par beau temps j’aurais beaucoup apprécié les bosquets et les arbres en fleur où se nichent des bronzes de tous formats. Je me promets d’y revenir cet été si la canicule s’abat sur Paris. A l’arrière de la grande salle des plâtres, un jardin intérieur est caché entre les ateliers de briques
jardin intérieur : Sappho
Une promenade secrète cache des petits bronzes
On est transporté dans le Montparnasse des artistes du début du XXème siècle. J’ai bien aimé le Beethoven dans le vent.
Beethoven dans le vent
Bourdelle fur le praticien de Rodin – très beau portrait de Rodin dans le jardin sur rue.
Salle des plâtres statue équestre d’Alvear
Dans la Salle des Plâtres sont exposés les bas-reliefs du Théâtre des Champs Elysées : quatre carrés figurant La Danse, la Comédie, la Musique, l’Architecture et la Sculpture, et en face une frise : Les Muses accourent vers Apollon et La Méditation d’Apollon.Le fronton de l’Opéra de Marseille – La Naissance d’Aphrodite – est un stuc coloré de rouge témoignant d’une recherche de la polychromie.
Une statue équestre énorme : Le Monument du Général Alvear (1783 -1852)héros de l’Indépendance de l’Argentine a été inaugurée en 1926 à Buenos Aires. Le cheval en bronze est aussi exposé dans le jardin sur rue.
J’ai été étonnée par la permanence des références à l’Antiquité grecque jusqu’à ce que j’apprenne qu’en 1912 Bourdelle a rencontré Cléopâtre Sevastos, une grecque qui va devenir sa femme. Mis c’est une hypothèse personnelle, peut-être seulement les thèmes antiques sont courants dans la statuaire.
3 têtes hurlantes
En plus de décorer des salles de concerts et des opéras, Bourdelle a eu pour commandes des Monuments patriotiques et des monuments aux morts, de la Guerre de 1970-1971 et de la Grande Guerre. Les têtes hurlantes (il y en a toute une série en bronze et en plâtre) témoignent de l’horreur de la Guerre plutôt que les poilus casqués qu’on a l’habitude d’honorer.
Des salles plus petites : atelier de peinture et atelier de sculpture complètent l’ensemble. J’ai eu un coup de cœur pour l’armoire contenant de petites statues grecques en terracotta : tanagras?