Une invitation au voyage un peu ancienne (1969). J’aime bien les voyageurs anglais surtout quand le voyage a une touche d’espionnage qui le pimente. Surtout quand humour et ironie me font sourire et parfois rire aux éclats!
Un banquier retraité, le plus conformiste qui soit, vieux garçon qui soigne ses dahlias, a ses habitudes au pub, et garde des relations éloignées avec ses anciens clients de la banque….Au décès de sa mère, Henry fait connaissance avec sa tante Augusta, une originale, que dire, une excentrique,3 comme peuvent l’être certaines vieilles anglaises.
Et Henry va l’accompagner en voyage!
Le premier le conduira à Brighton, et c’est toute une aventure !
Mais ce n’est qu’un début, le second le mènera jusqu’à Istanbul, via Paris. La tante Augusta est-elle une contrebandière? Elle connaît toutes les techniques pour passer des valises mystérieuses…fréquente des Turcs louches. Nous faisons un voyage dans l »Orient Express qui a perdu tout son lustre mais pas tout son mystère.
Pèlerinage à Boulogne.
Et pour couronner le tout, sa tante disparaît, et cette disparition intéresse toutes les polices et même la CIA pour aboutir en Uruguay!
Humour, extravagances, invraisemblances, exotisme : tout pour me plaire, avec un goût un peu désuet du temps où l’on traversait l’Europe en train et l’Atlantique en bateau.
Les oiseaux m’on réveillée à 5h. Dès qu’ils commencent leurs chants j’ai une envie irrésistible de sortir les observer. Les Allemands se sont donnés rendez-vous à 6h . A 5h45, photographes et ornithologistes sont déjà prêts. Un employé de l’hôtel découpe des petites bananes, les accroche à un perchoir sur un arbre mort. Les oiseaux affluent attirés par les appâts. Les photographes arment leurs téléobjectifs gros comme des bazookas. J’ai trouvé une place avec une rambarde pour poser le Coolpix afin de ne pas trembler. Fascination des couleurs vives, bleu métallique, vert perroquet, tête rouge du pic (gris pas vert). Quand les perroquets arrivent les petits oiseaux s’envolent. Festival de couleurs. Tous attendent le toucan. Daignera-t-il se poser ?
Les photographes sont individualistes, c’est le moins qu’on puisse dire. « Seuls au monde » leur conviendrait mieux. Peu importe qu’un collègue affine sa mise au point, en guise d’oiseau il aura la chemise du collègue en gros plan. Peu importe que le Coolpix soit calé sur la rambarde, ils s’appuient lourdement et font bouger mon petit appareil. Ils s’interpellent en Allemand. Le guide nomme les oiseaux en Allemand, me voici bien avancée ! En latin ce serait tellement mieux, la langue scientifique est faite pour que tout le monde comprenne.
L’arbre à soie
Petit déjeuner à 7h. Nous avons choisi une table près du bord au-dessus d’un arbre à soie (Albizia julibrissin) où on a mis un régime de bananes. Nous profitons du spectacle amusant : un écureuil paraît, corps très roux et queue très fournie grise et noire aux poils longs et bouffants. Puis un autre, puis trois qui sautent de rameau en rameau ; Ils mangent les bananes jusqu’à ce qu’un vol de petits perroquets verts se pose. Les perroquets disputent les bananes à l’écureuil qui leur donne des coups de pattes pour les éloigner.
8h : balade dans la forêt pluviale de la Réserve.
liane : échelle de singes
Je ne savais pas qu’on se rend à la Réserve en voiture (2km de bonne piste). L’entrée de la Réserve est aménagée comme un jardin avec de grands crotons jaune et verts et ces plantes à plumet de feuilles rouges. Alonzo, mon jeune guide, me montre les arbres fruitiers : les goyaves que je connais, la vanille et un bizarre dont le fruit est hérissé de piques rouges comme un ramboutan mais qui est creux : au centre je découvre de petites graines rouges et rondes qui servent en cuisine à colorer et parfumer les viandes (le poulet d’hier soir). Quand on les pince entre le pouce et l’index il sort une teinture rouge. Alonzo froisse une feuille de citronnelle, herbe dure et fine, comme celle des graminées ; Le parfum ne se dégage que plus tard. Répulsif naturel pour les moustiques mais aussi condiment pour la cuisine et pour faire des infusions.
Arbre inflammable
Nous suivons un chemin bien tracé qui s’enfonce dans la forêt pluviale. Des tranches de troncs d’arbres ont été rainurés pour une bonne adhérence. Alonzo m’a proposé un bâton que j’aurais bien dû accepter ! Entre appareil photo, jumelle lunette et carnet, je n’ai pas envie de m’encombrer. Après la pluie le sol est glissant.
Leçon de fourmis
Une file de fourmis coupeuses de feuilles rapportent les fragments au nid pour faire du compost. Agriculture biologique ! Comment récoltent-elles les champignons qu’elles font pousser ? Qu’en font-elles ?
Une autre espèce de fourmis étaient utilisées comme agrafes naturelles. On laisse la fourmi accrocher ses mandibules puis on sépare le corps de la tête. Les mandibules restent plantées.
Certaines espèces font des nids gigantesques qui s’étendent sous terre à des profondeurs de plus de 3 mètres. On peut par mégarde enfoncer le bâton dans la terre meuble.
Des panneaux préviennent de la présence de bullet-ants, insectes de grande taille(1.5cm) noirs, à l’abdomen renflé qui projettent un venin puissant.
Plus loin, les termites avec leurs galeries couvertes en sciure. Ils sont indétectables, très discrets jusqu’à ce que le meuble ou la maison de bois ne s’effondre, réduite en poussière. Ici, ils ne construisent pas de « cathédrales » comme en Afrique.
Evidemment, si je m’étais promenée seule, je n’aurais rien vu de tout cela.
Grenouille blue jeans
J’aurais peut-être trouvé la grenouille rouge venimeuse toute rouge ou « blue-jeans » aux pattes bleues, tellement petites qu’il faut déployer le zoom tant qu’il ne faut surtout pas bouger alors qu’elles sautent et se cachent sous les feuilles. Le plus gênant C’est l’absence d lumière, dans la forêt pluviale règne la pénombre.
anolis
Découverte de la journée : l’anolis (petit iguanidé selon Wikipédia) qui possède une sorte de gorge extérieure comme une crête mais sous la gorge. Ils ne sont pas farouches. Alonzo les capture facilement me montre cet appendice. J’ai peur qu’il ne fasse du mal à ce petit animal délicat.
Certains arbres ont le tronc couvert d’une poudre blanche inflammable ; Alonzo a apporté des allumettes pour me montrer comment faire une torche éclairante avec une brindille trempée dans la sève. En séchant la sève devient blanche. On peut badigeonner la peau de ce blanc qui a des propriétés médicinales.
Alerté par le bruit, Alonzo découvre au-dessus de nos têtes une troupe de singes-araignées très affairés qui grimpent, descendent, sautent d’une branche à l’autre. Ils nous ont sûrement repérés. Attention, ils pourraient jeter sur nous des branches et des graines. Une branche sèche atterrit à nos pieds. Nous déguerpissons.
le pont vivant
Le sentier franchit un arroyo sur un pont vivant : un ouragan a abattu un grand arbre qui est couché à l’horizontale. De grosses branches verticales sont sorties. Il a donné neuf arbres-fils.
Alonzo entend un oiseau : le trogon c’est un très bel oiseau. « Allons chercher le trogon ! » propose-t-il. Nous nous guidons au son puis renonçons ; Introuvable !
La promenade continue dans un terrain très accidenté et glissant. Une seconde d’inattention, je me retrouve par terre en bas d’un talus boueux. Pour amortir ma chute j’ai posé ma main droite. J’aurai un bleu à la fesse, quelle importance : mais je me suis peut-être cassé le poignet bien douloureux. Je reste un moment, sonnée, je récupère mon souffle. J’aurais dû prendre le bâton qu’Alonzo m’avait proposé !
Rivière San Carlos
La promenade s’’achève dans le jardin. Comme il reste du temps, Alonzo m’emmène à la lagune de l’autre côté de la route : un petit étang est aménagé à la promenade ; on peut s’asseoir sur des bancs sous une petite construction de bois ; On admire les nénuphars en fleur et on observe les canards américains et de minuscules poules d’eau les Jarandas , corps brun bec jaune et dessous des ailes jaune. Alonzo continue la promenade par la piste carrossable : aux cris il repère un grand ara vert. Comme il est vert, i se confond avec le feuillage mais j’admire son envergure quand il s’envole. Quand nous arrivons en vue de l’hôtel, je dois retourner chercher Dominique qui cuit dans la voiture garée au soleil. Alonzo pensait qu’elle ne serait pas restée.
L’après midi nous retournons à Pital. Mon poignet me fait souffrir.4 Je pensais le montrer au pharmacien pour qu’il me vende une attelle. Je ressors avec une sorte de manchon élastique avec un trou pour le pouce censé soutenir mon poignet. Avec la chaleur il est difficilement supportable.
Nous allons au grand supermarché pour acheter des provisions pour un pique-nique. Déception ! en dehors des chips de toute forme, de tout parfum, toute farine ; rien ! Il faut se contenter de yaourts et de bananes à acheter le jour-même.
Le groupe allemand est parti. La salle à manger est calme. Soupe de courge, un filet de poisson délicieux accompagné de légume et même un dessert : sorte de compote d’ananas et de papaye.
Lorsque Babélio a proposé une rencontre avec Francesca Melandri, je me suis précipitée. J’ai découvert cette auteure avec Plus haut que la mer qui évoque les années de Plomb et se déroule en partie en Sardaigne, que j’ai beaucoup aimé. Eva Dort raconte un autre épisode de l’histoire de l’Italie : celle des villages germanophones du Haut Adige italianisés au cours de la période fasciste et après la Seconde Guerre mondiale. Francesca Melandri m’a fait découvrir une Italie que je ne soupçonnais pas dans des romans denses et puissants. Gallimard m’a fait parvenir un exemplaire de Tous sauf moi et l’invitation à rencontrer l’écrivaine.
Le seul défaut de Tous sauf moi est son poids : 568 pages d’un grand format, un pavé pour la lectrice qui a le poignet cassé! Au dessus de 400 pages, je préfère le numérique. C’est un détail . Il ne faut surtout pas s’effrayer de ce pavé parce qu’une fois qu’on est entré dans l’histoire on se laisse entraîner dans une histoire passionnante.
Tous sauf moi est le dernier opus de la trilogie historique. Il retrace l’histoire du fascisme et particulièrement celle de l’aventure coloniale mussolinienne en Ethiopie. Comme dans ses précédents romans, le présent et le passé se télescopent et la saga familiale ne sera pas racontée de façon linéaire. C’est d’ailleurs le présent qui déclenche l’enquête qu’Ilaria mène pour découvrir l’histoire de son père. Un migrant africain débarque sur son palier, à Rome avec une carte d’identité qui prouve qu’il est son neveu : il porte le même nom que son père Attilio Profeti. Ce dernier, à 95 ans, n’a plus toute sa tête ; sa seule préoccupation « gagner le concours » consiste à survivre plus vieux que tous.
Tous sauf moi est la devise, le refrain, répété comme un mantra depuis son enfance, tous mourront « sauf moi« . En effet, la chance est du côté d’Attilio Profetti : il va survivre à une guerre meurtrière. Il réussira, sans même le chercher, à être planqué. Il va s’enrichir et s’élever dans l’échelle sociale par des relations louches. Il va aussi passer à travers les enquêtes des juges dans l’opération mains propres, compromis mais pas assez important pour être condamné. Dans sa vie familiale, il a aussi une chance folle…mais ne spoilons pas le récit.
C’est en fouillant dans la vie de son père qu’Ilaria va découvrir presque un siècle d’histoire. Attilio, chemise noire, est envoyé en Ethiopie, se compromet aussi dans les théories raciales les plus abjectes, est témoin des massacres. Plus tard, on découvre corruption et affaires de Berlusconi. Et finalement, les camps de rétention des migrants. Une histoire peu reluisante !
La romancière a construit un puzzle riche et foisonnant. Les personnalités sont complexes. Rien n’est simple. Au détour d’un chapitre, Francesca Melandri évoque deux personnages historiques qui n’ont rien à voir avec les héros inventés pour le roman : Badoglio et Graziani, figures importantes de l’histoire la plus trouble de l’Italie. Au cours de la rencontre, elle a évoqué le monument à Graziani qui a fait polémique : on célèbre encore les héros du fascisme, même si on sait qu’ils sont responsable de massacres.
Tous sauf moi peut être lu comme un roman historique. Il peut aussi être envisagé sous le prisme des relations familiales. On croit connaître ses parents, son mari. Qu’en sait-on vraiment?
C’est en tout cas un très beau roman!
Francesca Melandri – la photo est floue mais je la garde parce que c’est un bon souvenir.Francesca Melandri
La rencontre avec Francesca Melandri a aussi été passionnante. Dans cette heure de questions-réponse, nous avons appris comment ce livre s’est construit avec dix ans de recherches, de rencontres, en Italie et en Ethiopie. Le choix du titre aussi différent en français du titre italien…
Départ sous une lourde pluie. Nous découvrons, de jour, la route que nous avions parcourue de nuit. De Puerto Viejo à Cahuita les installations touristiques sont assez nombreuses, mais discrètes. Ensuite, le paysage est plus sauvage et plus agricole. On a suspendu des bouteilles par des ficelles à de petits étals sur le bord de la route. Cette huile de coco est-elle culinaire ou un produit de beauté ? Comme notre route est longue (5 heures) nous n’avons pas le loisir de nous renseigner.
pluie sur la mer Caraibe
La route enjambe plusieurs rivières Rio Bananito, Rio Banano aux eaux brunes chargées de boue avec la pluie tombée depuis trois jours. La mer n’est pas grise, elle est marron. La route prend la tangente à Limon, nous n’apercevons que des garages, magasins, concessionnaires voitures comme à l’entrée de n’importe quelle ville de par le monde. Puis les empilements de containers en quantité tout à fait extraordinaires. Chacun des containers possède un dispositif de climatisation sans doute destiné aux bananes, ananas, mangues….Une université se trouve à la sortie de Limon : campus luxueux.
La route « construite par les Chinois » a avancé. Les embouteillages ne sont pas aussi monstrueux que samedi. Nous connaissons par cœur le tronçon Siquirres-Guapiles. . Prises dans la circulation, nous ne voyons pas l’embranchement vers la route N°4. Nous grimpons dans la montagne. Le relief est si accidenté qu’il est tout à fait improbable qu’une autre route se trouve sur la droite. Il est impossible d’envisager un demi-tour. Les bords de la route presque verticaux sont recouverts d’une épaisse végétation luxuriante et des cascades dévalent de la montagne. Paysage magnifique que cette cordillère centrale ! Nous avons dépassé de 30 km dans la direction de San José. 60 km à ajouter à un trajet déjà long.
Sur les bords de la route
La route n°4 traverse des bourgades très tranquilles. Les bananeraies ont laissé la place aux champs d’ananas denses et bleutés aux feuilles dressées comme des piquants. Comment récolte-t-on les ananas ? Nous croisons des hommes portant des machettes. Pour les ananas ? Détail assez antipathique : à l‘entrée des parcelles des panneaux avertissent que des traitements phytosanitaires ont été réalisés. Ananas local mais pas bio ! Quand on ne cultive pas d’ananas il y a du manioc : haut, propre en longues rangées parallèles, plus ordonné et plus fourni qu’au Bénin ou au Togo !
La route n°4 est une belle route avec des bretelles de sorties. Le GPS nous la fait quitter à Pital – bourgade commerçante avec une belle librairie, des magasins de vêtements, de téléphonie, de motos, d’électroménager…de gros supermarchés des cafés et des sodas. Nous sommes heureuses de sortir des zones touristiques pour voir la vie ordinaire des gens.
Champs d’ananas
Nous nous dirigions vers le nord, vers le Nicaragua, toujours dans les champs d’ananas. Le relief est intéressant, les collines assez escarpées. Nous traversons le village de Saino puis Boca Tapada qui paraît un village perdu mais qui a deux belles écoles de chaque côté de la route.
Des prés verdoyants avec de nombreux bovins ont remplacé les ananas. Vaches grises ou noires et blanches, buffles gris clair, buffles blancs. Des arbres très hauts à la ramure clairsemée se détachent sur le ciel. De temps en temps on aperçoit la rivière San Carlos qui se jette dans le fleuve San Juan qui marque la frontière avec le Nicaragua. Le San Carlos est large aux eaux limoneuses brunes, majestueuses.
Après Saino, le goudron a disparu. 9 km sur une large piste de terre où parfois les pierres affleurent faisant penser à un pavage et parfois de terre lisse. Les nids de poules nous meurtrissent dos et fessiers. Lorsqu’on avance on découvre fincas et lodges, ranchos pour le tourisme vert avec des propositions de balades à cheval, d’observation des oiseaux ou canotage sur la rivière.
Pedacito de Cielo
orchidée bambou
Pedacito de Cielo est un hôtel bien établi : les certificats affichés datent de 2009. Il possède une vingtaine de chalets de bois avec vue sur la rivière San Carlos ou sur le jardin fleuri. Marcos nous accueille et nous remet la clé du N°26 accessible par une rampe de ciment. Il nous invite à un pot d’accueil. Le bungalow est construit en rondins très réguliers. Il est très haut de plafond à deux pans en larges planches de beau bois foncé. Deux niveaux : au niveau supérieur, un lit une personne, une table contemporaine posée sur un tronc et la salle d’eau. Trois marches plus bas, une grande pièce avec un grand lit, une coiffeuse. Sur quatre côtés on a percé de larges baies voilées de rideaux fins blancs brodés de fleurs dorées. Un ventilateur à longues pales donne de la fraîcheur. Il manque quand même une armoire : les vêtements resteront dans la valise. Pareil dans la salle de bains, rien pour poser le verre à dent ou le savon.
Pedacito de cielo : notre bungalow
Le dîner est servi tôt à 18h30. La salle à manger est construite sur une terrasse au-dessus de la rivière qu’on devine sans la voir. Nous sommes à la hauteur de la cime des arbres où se posent plein d’oiseaux. Avant le diner nous avons l’occasion d’observer des oiseaux colorés de toutes tailles, du minuscule colibri bleu métallique aux plus grands ; Tout le monde attend le toucan, ce sera pour une autre fois.
Le menu (15$) est imposé : une soupe excellente, une salade de crudité mélangées : tomates, salade verte, concombre, radis. Le plat du jour : poulet parfumé au gingembre et spaghetti avec une sauce de tomates fraîches et poivrons. De l’oignon vert décore le plat.
Un groupe allemand d’ornithologistes et de photographes est arrivé. Ils ne sont que 12 mais on n’entend qu’eux.
Fin du dîner à 19h et extinction des lumières à 21h30.
Daniel Barenboïm est une personnalité qui m’intéresse beaucoup.
D’abord, c’est un grand musicien que j’admire.
Mais surtout c’est un esprit libre qui a créé et dirigé un orchestre réunissant des musicien israéliens et palestiniens, libanais, syriens et jordaniens avec Edward Saïd :West-östlicher Divan,
« Nous devons combattre le nationalisme étroit et le fanatisme religieux par l’éducation, l’humanisme. »
a déclaré Barenboïm à Londres en 2017 avant de commencer à diriger un concert!
Esprit assez anticonformiste pour chercher à imposer la musique de Wagner en Israël où elle n’a pas droit de cité depuis la Shoah.
Quand sa biographie a été proposée sur la liste de la Masse Critiquede Babélio, j’ai coché la case sans aucune hésitation.
Myriam Anissimov a écrit les biographies de nombreuses personnalités que j’admire : Grossman, Romain Gary, Primo Levi ainsi que des romans. Elle a eu soin de replacer la vie et la carrière de Barenboïm dans un large contexte temporel que géographique. Daniel Barenboïm est né en Argentine mais sa famille a fui l’antisémitisme et les pogroms en Ukraine, elle situe les origines à Odessa. L’Argentine de Peron n’était peut être pas la destination la plus clémente pour les Juifs. La famille Barenboïm émigre en Israël en 1952. L’auteure apporte son éclairage.
La vie du musicien est surtout faite de rencontres avec les plus grands musiciens de la seconde moitié du XXème siècle. La lecture de cette biographie est jalonnée des rencontres avec les plus grands , de Rubinstein à Fürtwängler (le cas de ce dernier est discuté), de Menuhin à Boulez…impossible de les énumérer! C’est donc un plaisir de croiser dans le livre les plus grands interprètes et les proches de Barenboïm Sukerman et Perlman – amis depuis l’enfance .
Une grande partie du livre est consacrée à la première femme de Daniel Barenboïm : Jacqueline du Pré, immense violoncelliste, aussi bien avant sa rencontre avec Barenboïm qu’ensuite quand le couple se produisait ensemble, leurs noces au lendemain de la Guerre des Six jours. J’ai beaucoup aimé cette partie du livre, l’auteur a été très inspirée par la personnalité de Jacqueline du Pré et par son triste destin.
C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu cet ouvrage, même si l’énumération des œuvres jouées dans chaque concert ou festival m’a semblé un peu fastidieuse. Mais il faut dire que je suis peu mélomane et que nombreux titres me sont inconnus. J’aurais aussi aimé que l’auteure fasse surgir avec plus d’éclat la personnalité de Daniel Barenboïm, alors qu’elle a été plus inspirée par Jacqueline Dupré.
Le mérite d’un livre est aussi de suggérer d’autres lectures et j’en ai noté plusieurs, sans parler des écrits de Barenboïm lui-même.
Merci encore à Babélio et à l’éditeur Tallandier pour cette lecture passionnante!
Le Parc de Manzanillo est situé 10 km au sud de Shawandhra. De chaque côté de la route les hôtels, lodges, cabines à louer sont cachés dans des jardins touffus. La route traverse une belle forêt aux arbres immenses. Des panneaux signalent que le terrain est à vendre….
Manzanillo sous la pluie
Manzanillo est un joli village. Sur le front de mer planté de cocotiers on a installé bancs et tables de pique-nique le long de la très belle plage de sable fin. Un petit cargo est échoué non loin, des graffeurs ont dessiné un visage, un tronc d’arbre est fiché perpendiculairement. Dans la brume, les nuages et l’écume des grandes vagues sur la mer agitée, lui donnent un air fantomatique.
la plage de manzaznillo
Ds restaurants sont dispersés sur le front de mer. Le plus pittoresque est au bout de la route : maison à un étage avec balcon à clairevoie aux couleurs rastas jaune rouge et vert. Une fresque avec le portrait de Bob Marley, un lion couronné orne le mur. Bob Marley est aussi peint sur ‘école. Nous déjeunerions volontiers dans ce « soda ». Une vieille femme noire sort le déjeuner : ses marmites sont alignées sur une nappe à carreaux rouge et blancs ? Quand nous approchons elle nous signifie que « c’est fermé ! » ce qui est impensable puisqu’on voit les gens déjeuner.
Manzanillo est reggae
Devant cet accueil, nous poursuivons jusqu’à la Réserve au bout de la piste. Il y a bien un parking pour les visiteurs mais le petit pont-piétons est barré d’un ruban interdisant le passage. On peut passer à pied par la plage m’assure un homme qui se porte volontaire pour garder la voiture ; « vous me laisserez bien quelque-chose ? » Il recommence à pleuvoir fort. Nous retournons au village. La vieille dame est toujours là avec ses marmites, elle explique : « il y a un groupe ». pas un groupe de touristes, plutôt des locaux ? afro-américains ? jamaïcains ?
Déjeuner au soda : cuisine carribéenne
Dans l’établissement voisin, il y a de la place à l’étage. Nous préférons un petit soda plus discret avec quelques tables rondes laquées de rouge. On nous tend une carte avec de nombreux plats de cuisine caribéenne ; Pour nous riz au crevettes et plantains frits et poisson (espadon) caché sous un monceau d’oignons, poivrons, tomates. C’est très bien servi, l’endroit est sympathique. Avec le café, on s’en sort pour 10.000 colones.
La pluie a cessé. Je me livre à ma promenade les pieds dans l’écume . Derrière l’épave une famille se baigne avec de jeunes enfants ; Est-ce bien prudent ? Encore une fois nous ratons le rendez-vous que nous nous étions fixées au bout de la plage ; Dominique s’engage sur la route et ne peut plus faire demi-tour. Elle en profite pour découvrir de très jolies criques sauvages que j’explore ensuite.
Dîner grande classe à Shawandha : salade de cristophine et cœurs de palmier pour moi, poisson corvina pour Dominique.
A l’école des bébés paresseuxA l’école des paresseux
La visite du Centre Jaguar est une visite très prisée, il faut arriver en avance pour être sûres d’être prises. Même avec une heure d’avances nous ne sommes pas les premières. Entrée 20$.Comme il pleut à verse j’achète un poncho en plastique (8$). Les animateurs forment des groupes selon les langues parlées. Les francophones sont nombreux et accompagnés de jeunes enfants ; je préfère le groupe anglophone (11 adultes) conduit par Dan, un volontaire hollandais qui connait le centre depuis de longues années.
Nous traversons le centre jusqu’à l’enclos grillagé de Diavolo, le margay (leopardus wiederi) qui est le seul « léopard » du centre crée par Sandro et Encar, deux biologistes espagnols, vétérinaires à Barcelone. On leur a apporté un jaguar blessé qu’ils ne sont pas arrivés à sauver mais qui a donné son nom au Centre.
Dan est suivi par Sissi, petit pécari, né avec une malformation de la mâchoire qui ne saurait vivre dans la nature et qui recherche les câlins.
Diavolino ressemble plus à un chat tigré qu’à un léopard ou un ocelot. D’après Dan, il serait un véritable diable capable de tuer même un spécialiste des lions et des tigres.
le caïman de turtle beach
Dans un bassin, un caïman a une drôle d’histoire : un couple de vacanciers en voyage de noces, l’a découvert dans la baignoire, on l’a donc expédié au centre. Le crocodile a eu un destin plus terrible : un homme voulait consommer sa chair soi-disant aphrodisiaque. Il l’a capturé et attaché à un arbre et s’acharnait dessus quand des touristes ont battu le tortionnaire et apporté le pauvre crocodile souffrant de multiples fractures qui ont guéri. Les crocodiles peuvent vivre très vieux et contrairement aux autres animaux qui cessent de grandir quand il ont atteint leur taille adulte, la croissance du crocodile continue au cours de son existence. Les autorités refusent de donner l’autorisation de relâcher le crocodile dans la nature ; Il restera donc au centre.
Bébé singe-hurleur et sa nurse une volontaire
Les singes-hurleurs, singes-araignées et capucins sont souvent arrivés orphelins, privés de leur mère. Des volontaires nursent les petits qui s’accrochent à eux comme à leur mère. L’un d’eux porte une couche-culotte. Ils sont tous très petits pour leur âge. Pour être remis en liberté, il faut bien sûr qu’ils soient en bonne santé, capable de s’alimenter seuls, mais il faut aussi tenir compte de la structure sociale du groupe. Une femelle en période de reproduction sera plus facilement acceptée dans un groupe. Un mâle devra trouver sa place. Il vaut mieux garder au Centre une femelle stérile qui aura son utilité en éduquant les plus jeunes. Les succès comme les échecs sont utiles pour les biologistes.
Sous la pluie, je n’ai pas pris de note et j’ai oublié le détail de toutes les anecdotes prouvant l’intelligence des primates capables de mémoriser même les codes des cadenas qui ferment les cages. Autre détail : la force de la voix des singes-hurleurs leur a servi pour Jurassic Parc. Ce sont eux qui donnent la voix des brontosaures ou de Tyrannus Rex !
A l’école des bébés paresseux
Le centre héberge de nombreux paresseux à 2 ou trois doigts ; ce sont deux espèces distinctes ; Ils ne sont pas interféconds et de nombreux caractères anatomiques ou comportementaux les séparent. Les bébés apportés au centre sont regroupés en « classes » d’âge. De nombreuses données manquent dans l’élevage de ces bébés-animaux. Par exemple, on ignore la composition du lait maternel. Il est donc difficile de les nourrir efficacement. Il est aussi difficile d’imaginer leur vie, accrochés à l’envers par leurs griffes (qui ne sont pas des ongles, a précisé Dan). Dans la forêt les paresseux vivent en symbiose avec des algues qui verdissent leur pelage. Ils évitent les attaques des prédateurs en restant immobiles. Quel jaguar, quel chat sauvage, quel aigle s’attaquerait à un tas vert immobile ?
Devant les terrariums, explication sur les serpents, venimeux ou pas. Les humains n’ont pas trop à craindre au Costa Rica : les hôpitaux disposent tous des sérums antivenimeux. Avant de trépasser, l’homme adulte dispose de quelques heures pour se présenter aux urgences où se trouve l’antidote. Les spécialistes sont capables d’identifier le serpent aux traces de la morsure.
Exposition temporaire à l’Orangerie jusqu’au 17 juin 2019
Franz Mar : Le Rêve
Dans la lignée des expositions autour d’Apollinaire, Dada-Africa, l’Orangerie présente l’aventure du Cavalier Bleu , exposition autour d’une rencontre en 1910 de Franz Marc( 1880 -1916) et d’August Macken(1887 – 1914), rencontre, confrontation de deux contemporain et aventure du Cavalier Bleu encollaboration avec Kandinsky.
Nous faisons connaissance avec ces deux peintres allemands et c’est l’occasion d’une formidable leçon d’Histoire de l’Art. Marc comme Macke connaissaient, expérimentaient, étaient ouverts aux influences de la peinture européenne à la veille de la Première Guerre mondiale. Alors que nous découvrons ces tableaux qui sont neufs pour nos yeux, nous pouvons lire les influences, les recherches, les styles et l’évolution rapide d’un moment de peinture qui n’a duré que quatre ans.
La première salle présente les deux amis : elle est sous-titrée: LA RENCONTRE (1910) UNE AMITIE DE PEINTRE
Franz Marc Etude Verte
sur deux murs on voit la Nature telle que la voit Franz Marc , un peu à la manière de Van Gogh, dans l’Etude Verte ou de Gauguin avec les à-plats bordés d’un liseré noir, japonisme peut être? Le Torrent dans la Forêt m’a beaucoup plu.
Torrent dans la forêt
Absence des humains mais présence des animaux, surtout des chevaux. Les animaux ont un sens de pureté dans un monde naturel.
Franz Marc : Chevaux au soleil
en face les tableaux d’August Macke, montrent des portraits et des natures mortes, un peu à la manière de Cézanne, ou de Matisse
La joueuse de LuthAugust Macke : Portrait de Franz Marc
Début d’une amitié : les deux peintres échangent des tableaux peignent de portraits l’un de l’autre. Seul le portrait de Franz Marc subsiste.
la 2ème section s’intitule LES ANNEES BLAU REITER (1910 -1912)
Les deux amis rencontrent les peintres qui exposent en Allemagne Matisse et Van Dongen, mais surtout ils se lancent dans la’aventure du Cavalier Bleu avec Kandinsky. Les couleurs deviennent très vives, contrastée
August Macke : autoportrait caricaturéFranz Marc : chat derrière un arbreFranz Marc : chat derrière un arbre
Ils rencontrent aussi les cubistes et les animaux de Marc subissent l’influence cubiste
Franz Marc : chien couché dans la neige/
Kandinsky est l’un des principaux instigateurs du Cavalier bleu.
Kandisnsty : Murnau attelage.
Je fais connaissance avec une artiste que je ne connaissais pas, compagne de Kandinsky : Gabriele Münter qui allie inspiration spirituelle et inspiration populaire dans le combat du Dragon
Gabriele Münter : Le combbat du Dragon
Inspiré de la Pastorale de Kandinsky Rococo de Macke
August Macke : Rococo
Offert à Kandinsky : le Rêve de Franz Marc
3ème section : UNE AVANT-GARDE EUROPEENNE
En 1912 Marc et Macke se rendent tous les deux à Paris, rencontrent Delaunay, Apollinaire (1913) . Une exposition des futuristes italiens les marque.
Franz Marc : EcuriesFranz Marc : Ecuries
les 3 jeunes filles d’August Macke sont présentées en regard avec le travail de Delaunay
A Macke : 3 juenes filles avec des chapeaux de paille
4ème section : VERS L’ABSTRACTION
Macke s’éloigne du Blau Reiter, part en Tunisie avec Klee. j’ai bien aimé son Kairouan/
1914, la guerre éclate. Franz Marc comme les Futuristes voyait dans la guerre un renouvellement, une purification possible….Les deux amis mourront au front.
Je trouve le but de promenade idéal pour l’après midi : la Finca Isla : un jardin botanique à la sortie de Puerto Viejo . Depuis 1987, une plantation de cacao abandonnée a été débroussaillée et transformée en ferme expérimentale. Le projet agricole ne s’étant pas révélé viable, on s’est tourné vers le paysagisme et le tourisme. A l’entrée un homme dreadlocks et allure rasta me conduit dans la serre des broméliacées. Ces épiphytes peuvent être cultivées en pot. Leurs feuilles forment une coupe remplie d’eau où les grenouilles rouges placent leurs têtards. C’est ici que j’ai la chance d’ observer 3 minuscules grenouilles. J’essaye le nouveau Lumix et son téléobjectif de 100. Les grenouilles sont vives, sautent, se cachent, c’est un vrai casse-tête que de les photographier. Après multiples tentatives j’obtiens un bon cliché qui va se trouver effacé par des manipulations malencontreuses. Le Lumix est d’un maniement complexe.
A la sortie de la serre, le parcours est indiqué sur un plan plastifié. Un livret guide complète les explications. Je passe devant le Palmier marcheur ainsi nommé parce que son tronc ne touche pas terre, il est soutenu par des racines aériennes qui ressemblent à des pattes ; Je me perds dans la forêt sombre de hauts arbres préservé pour l’ombre qu’ils donnaient aux cacaoyers.
Une clairière est plantée de poivriers facilement reconnaissables à leurs grains. Il faut ensuite identifier le mangoustanier, la Sapotille, la vanille et nombreux arbres dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Lequel est l’arbre à durian dont les fruits sentent si mauvais ? A quoi ressemblent les noixde cola ? Le petit sentier bien marqué sur le plan est envahi d’herbes ou recouvert de feuilles sèches. Je tourne en rond dans un labyrinthe. J’ai l’impression de passer et repasser devant les mêmes bananiers ; La promenade zen tourne à l’aigre, vais-je trouver la sortie ?L a visite se termine avec un verre de jus de fruit et un carreau de chocolat bio local.
Jacquier
J’ai encore le temps de faire une promenade à Shawandha entre les bungalows bien cachés dans la propriété et découvrir le ceibo (fromager en Afrique) de 60 m de haut et d’une circonférence impressionnante avec ses racines externes en pans triangulaires. Regarder ses hautes branches donne le tournis.
Bromelias dans la serre
Pour dîner Dominique commande de l’osso-bucco et moi, un plat végétarien mijoté dans une feuille de banane qui forme un bol très creux contenant des carottes, des courgettes, brocolis, christophine parfumé et épicé. Heureusement le riz éteint le feu des épices.
Les oiseaux nous réveillent un peu avant 6 heures. Un sentier relie le Lodge à la plage : courte promenade sous des arbres immenses, fleurs graphiques, lianes qui s’enroulent sur les troncs. De l’autre côté de la route les maisons sont bien cachées dans la jungle, invisibles de la route. Le sentier débouche sur une crique de sable blond avec quelques coraux ; les vagues bien formées interdisent la baignade (récemment un client de l’hôtel s’est noyé). Rituel du matin : les pieds dans l’écume des vagues qui viennent mourir sur le sable. Des arbres aux feuilles arrondies et vernissées compliquent mon passage. Ici aussi, les troncs rincés par la mer jonchent le sable. Je croise deux couples et une dame qui promène trois chiens. A mon retour à 7h30, je constate que tous les bungalows sont occupés. Sur chaque balcon il y a quelqu’un qui lit dans le hamac ou sur une banquette. Les bungalows sont si bien cachés dans la verdure qu’on ne soupçonne même pas la présence d’autres occupants. Calme et volupté !
assiette de fruits tropicaux
Le plus joli petit déjeuner qui soit : au centre de l’assiette de fruits, un fruit de la passion rond est découpé comme un œuf à la coque ou une coupe de caviar aux grains gris, autour des tranches de pastèque, des rondelles de bananes, une mangue ouverte découpée en quadrillage, des quartiers d’ananas et une fleur rouge qui relève la couleur ! C’est exquis, chaque fruit à maturité parfaite. Omelette ou œuf frit ? toasts chauds excellent café fort et un peu amer.
En attendant que notre hôtesse contacte la guide francophone qui pourrait nous emmener visiter les indiens Bribris nous partons à faire quelques courses (eau en bouteille, cartes téléphoniques costariciennes). Cocles possède une supérette et deux grands supermarchés mais Puerto Viejo est plus animée avec des restaurants, des boutiques de souvenirs, pharmacies….
une « île » dans la mer Caraïbe
La plage de Puerto Viejo, le Dimanche : Des familles sont venues de Limon faire un pique-nique. Certaines ont apporté leurs glacières, d’autres sont très bien équipées : marmites rondes à fonds noircis, barbecues, radiocassettes pour l’ambiance, draps de bains, parasols…Dominique s’installe sur un tronc lisse à l’ombre d’un arbre bien vivant et je reprends l’arpentage de la plage. Des récifs abritent une piscine naturelle où des enfants barbotent en sécurité. Sur un navire rouillé la végétation s’et installée, une troupe d’échassiers d’aigrettes blanches et hérons gris, est perchée. Un arbre se dresse au milieu avec des feuilles oranges. Les bars de plage ouvrent : tabourets hauts de comptoirs, tables carrées plus ou moins bricolées, peintes de couleurs vives ; Ambiance caribéenne, serviettes et drapeaux aux couleurs jaune rouge et vert, figures du reggae, boutiques et ateliers de coutures pour mode wax(modèles européens tunique et minirobes, maillots de bain tricotés ou au crochet, paréos. Peaux colorées, noires, café au lait métisses surtout, dreadlocks….Sur le bord de la route, on propose des petits déjeuners tardifs aux clients des hôtels de backpackers/ Ambiance roots, loin du luxe feutré des lodges. Je m’enquiers des horaires du déjeuner : 11-17h. Le soir c’est fermé.
Continuant mon exploration sur le bord de l’eau, j’arrive à une plage de sable noir battue par de très grosses vagues. Des surfs sont à louer mais il n’y a personne. Trop tôt sans doute ! Un peu plus loin se tiendra une compétition de surf. On monte une estrade et règle la sono. En attendant, la plage est déserte, je pourrais marcher sur des kilomètres. Le soleil brille, j’aurais dû me tartiner de crème solaire et mettre un foulard.
Le culte
Petit tour dans les rues de Puerto Viejo. A l’église, c’est la Messe ; Ou plutôt le culte baptiste. En musique. Pas de prêche du pasteur. Pas de pasteur. Une femme grisonnante se tient debout près du micro et entonne les hymnes dont les paroles défilent sur un écran. Un jeune homme est aux commandes d’un ordinateur. Culte électronique pour une assistance clairsemée mais fervente. A l’entrée de l’église une femme danse scandant la musique avec un tambourin. Elle m’invite à entrer Je n’ose pas : je suis habillée d’un short et d’un débardeur. Les tenues sont décontractées, personne n’est endimanché. Nous sommes les seules blanches, les fidèles sont noirs ou métisses.
Les boutiques de téléphone sont fermées ; j’ai acheté une carte SIM du Costa Rica mais je ne sais pas comment l’activer.
La piscine de Shawandha Lodge
Retour à Shawandha : la guide francophone est prise. Nous renonçons au tour à 70$ comprenant transport et repas.