Pour toutes les blogueuses de ma connaissance qui suivent passionnément les polars islandais et Erlandur, voici des images hivernales…..
Attention, ce n’est pas un polar, ni un film d’action, encore moins un documentaire avec volcans et glaciers! Plutôt un film contemplatique, lent, avec un humour décalé qui raconte l’histoire de deux éleveurs de moutons, deux frères Gummi et Kiddi dont les fermes sont voisines mais qui ne s’adressent plus la parole depuis quarante ans,. Leur passion, ce sont leurs moutons. Voilà que la tremblante se déclare dans la bergerie de Kiddi….
Les acteurs sont extraordinaires, vieux, barbus, un peu ventripotents, taiseux….
Les moutons sont magnifiques, avec leur laine mousseuse (toilettée).
L’exposition commence par l’oeuvre que tous connaissent à Paris : 1964, le plafond de l’Opéra Garnier. Une présentation astucieuse analyse l’oeuvre en musique. Tandis qu’une reproduction au dessus de nos têtes nous permet de nous repérer, sur un écran des détails de l’oeuvre plus ou moins agrandis défilent accompagnés de la musique correspondante. Giselle est dans les tonalités jaunes tandis que le Lac des cygnes sera bleu et Orphée de Gluck pastel, Carmen est rouge bien sûr! Roméo et Juliette voisinent avec Tristan et Isolde. Wagner peint par Chagall? oui, le peintre a l’esprit large. De Fidélio, je remarque es choeurs, tandis qu’on revient sur le jaune avec la Traviata. Je ne me lasse pas d’écouter les extraits musicaux en accord avec les motifs récurrents, bouquets, vioons flûtes et la lyre d’Orphée, bien sûr. Boris Goudounov, malgré ses deux croix a l’air juif, des figures mi-animaux/mi -musiciens traversent le décor. On reconnait Paris, place de la Concorde et arc de triomphe….
Autour de la pièce, des esquisses préparatoires, sur un écran on voit Chagall travailler. Non pas sur un échafaudage comme on imagine Michel-Ange peignant la Chapelle Sixtine, non, le peintre presque octogénaire est assis sur une chaise le panneau étalé dans son atelier de Meudon.
Avant, Chagall a peint des panneaux géants pour Le Metropolitan Opera de New York : le Roi David et la Flûte enchantée. Dans les année 1960 il s’est consacré à d’autres projets monumentaux. A Francfort il a peint un panneau sur le thème du Cirque. Un énorme coq lève son bec à la verticale, symbolisant la conscience du monde; Ce panneau serait en même temps dénonciation et réconciliation. Un cheval violoncelliste occupe le centre de la piste tandis que d’un côté on voit une pyramide humaine et des jongleurs et de l’autre côté des arlequins, l’un rouge, l’autre vert.
Chagall a raéalisé les décors et les costumes de plusieurs ballets et orpéras: La Flûte Enchantée occupe toute une pièce.Chagll déclare qu’il y a deux merveilles au monde : la Bible et la musique de Mozart, la troisième étant l’amour.
Il a aussi mis en scène Daphnis et Chloé sur une chorégraphie de Serge Lifar ( 1958-1959), l’Oiseau de Feu (1945) Et Aleko d’après une nouvelle de Pouchkine.
Chaque oeuvre est restituée en musique avec des extraits filmés ou des photos.
Enfin, en remontant dans le temps nous découvrons des œuvres plus anciennes et les tableaux du théâtre Juif de Moscou. Dès ce temps là on retrouve les motifs musicaux, des violonistes, et des personnages du cirque : acrobate au violon, écuyer au parapluie…les animaux aussi sont déjà présents, la chèvre, le petit cheval qui est peut être un âne, le coq qui est peut être une poule….
Vu il y a bien longtemps,! Mes souvenirs s’estompent et j’ai eu envie de le revoir! J’avais complètement oublié le début dans l’Italie mussolinienne, oubliés aussi les bombardements.
En revanche les deux traversées de Rome, en moto et en voiture sur un périphérique saturé, embouteillé avec un tournage sous la pluie, sont une référence. Nanni Moretti y fait un clin d’oeil.
Mes deux séquences préférées que j’attendais avec impatience, sont visibles sur Youtube. Je peux donc les intégrer ici de manière à les voir et les revoir…
les fresques découvertes lors du creusement du métro
le défilé de mode :
Fellini est décidément LE MAITRE et Anna Magnanisa prophétesse!
Crachin annoncé. A la maison des Traouièro, il y a une exposition de peinture. Pourquoi pas ?
Nous arrivons à 10h30, le vernissage est à 14h, trop tôt !
l’angkou
Visitons le Parc des sculptures sous une belle averse avec des apparitions du soleil. Les sculptures de granite sont bien mises en valeur avec de petites bornes explicatives. J’aime qu’une œuvre raconte une histoire. Un homme affalé semble épuisé : c’est le repos du tailleur de Daniel Chhe.
la légende de la ville d’Ys
Deux statues de granite rose forme une seule œuvre Patrick Le Guen : Dahud qui raconte la légende de la Ville d’Ys – la fille du roi Gradlon ayant dérobé les clés de la ville pour les donner à son amoureux a causé la perte de la ville : on devine la serrure et la jeune femme . Au fond, sinistre l’Angkou tout en rugosité, on devine les traces de barre à mine donnant l’impression de squelette.
Shlomo Selinger
Un bas relief original est l’œuvre de Shlomo Selinger, cette sculpture représentant le combat de l’homme contre les forces supérieures de la nature.
A travers ces lèvres….
Comme deux lèvres légèrement entrouvertes, dans un granite très poli : « J’espère trouver le temps de réfléchir sur ma vie en regardant le paysage à travers la fissure » Tatsumi Sakaï. Un Homme de Granite de Pierre Szekely associe différents granites, il me plait bien.
L’homme de granite
J’aime bien les parcs de sculptures que nous avons surtout vus en Europe de l’Est, Hongrie, Lituanie.. le parc de Ploumanac’h est un parc du granite presque toutes les sculptures utilisent le granite rose de la Clarté, des carrières toutes proches. Ce matériau d’une dureté et d’une cohérence exceptionnelle peut être soit rugueux, soit poli. Le mélange de surfaces lisses ou mattes. Les traces de barres à mines ou de masse donnent du caractère à l’œuvre.
vu du sentier des douaniers
Promenade sur le sentier des douaniers juste après l’averse et avons la chance de le trouver presque désert sous une lumière douce du soleil qui émerge des nuages pommelés. Les rochers ont une couleur intense presque brune, orange. La mer est haute, d’une couleur opaline sous le ciel nuageux. Miracle de la lumière après la pluie. Notre solitude ne durera pas. Les promeneurs sont vite revenus.
Nous avons déjeuné sur la table de jardin de notre terrasse au soleil.
LÎle-grande son tailleur de pierre granite gris
Dès que nous partons à l’Ile Grande de vilains nuages gris foncé obscurcissent le ciel. J’en ferai le tour à pas vifs. La côte regardant la mer est la plus belle battue par de belles vagues. Une ancienne carrière de granite gris que le centre de la LPO a utilisé pour faire un bassin abritant les animaux qu’on leur a confié pour des soins. Le centre est fermé, ouvert seulement de mai à septembre aux visiteurs.
Je ne connais pas de meilleur guide queDominique Fernandez pour préparer notre prochain voyage à Rome. J’ai de merveilleux souvenirs de Palerme et d’Agrigente après lecture du Radeau de la Gorgone , de Naples avecPorporino , j’ai le Voyage en Italie à portée de main.Nous avions emporté Rhapsodie roumaine en Roumanie , préparé un voyage en Russie….
Avec la recommandation deKeisha j’ai téléchargé le Piéton de Rome sur ma liseuse ; ainsi je l’aurai sous la main pendant notre séjour.
Chronologiquement, Fernandez nous propose des promenades antiques. Forum, voie sacrée, il remonte à la fondation de la ville, au croisement du cardo et du décumanus se « trouvait une fosse faisant communiquer l’univers des vivants et des morts. par dessus, on élèvait un temple à Vesta ». Cette référence originelle m’enchante! ainsi que son interprétation du labour du périmètre de Rome par Romulus avec une charrue attelée à une vache et un boeuf « A chaque sexe était assignée une mission distincte. Cette discrimination initiale a légitimé deux mille ans de servitude féminine… »
via appia antica
Il entraîne le lecteur sur la Via Appia. Rencontre entre entre Saint Pierre et Jésus « Quo Vadis? » . J’en profite pour télécharger le roman de Sienkievicz etdécided’y faire au moins un brin de promenade. la Domus Aurea me tente « labyrinthe et gigantisme« …
Après le chapitre dédié à Néron et à la Domus Aurea, En mémoire d’Hadrien nous conduit à son mausolée – le château Saint Ange – qui ne sera pas trop loin de notre gîte , puis au Panthéon – incontournable ! j’ai bien peur que nous n’ayons pas le courage d’aller à la villa Hadriana, bien excentrée à une trentaine de km de Rome. Je l’aurais au moins parcourue en lecture! Souvenir d’Antinoüs, j’ai relu l’an passé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.
Une promenade inédite pourrait nous conduire au cimetière où sont enterrés, Shelley, Keats et Severn et enfin Gramsci . Envie de ressortir le DVD des Nuits de la Cabiria qui attend son tour sur l’étagère des films-cultes…et qui a été tourné dans les environs.
Le Piéton de Rome est beaucoup plus qu’un guide de promenades archéologiques ou artistiques! Les chapitres suivants nous font rencontrer les intellectuels romains, écrivains rencontrés en 1957 : Elsa Morante, Pasolini, Moravia, Bassani, Calvino, Carlo Levi….et bien d’autres. Réceptions chez Wladimir d’Ormesson. Le livre prend un tour mondain. Il nous fait rencontrer un étrange personnage, « Cyclope dans son antre » ou jettatore, écrivain maudit, amateur d’art : Mario Paz. Ma curiosité aiguisée, j’ai cherché sa Casa della vita traduite en français, malheureusement indisponible!
« Y a-t-il encore des écrivains, des personnages de cette stature à Rome ou dans l’Italie?
demande Fernandez qui s’interroge aussi sur la léthargie intellectuelle pendant l’ère Berlusconi. Il raconte la soirée à l’Opéra de Rome le 12 mars 2011 avec la représentation de Nabucco sous la direction de Mutti qui improvisa une harangue et fit chanter le public O mia patria, si bella e perduta.
La promenade du piéton, ou du touriste, reprend par collines, Palais, villas,et jardins, etéglises.Je note, surligne, mais vous ferai grâce de mon inventaire de merveilles à visiter.
il sonno romano
Au détour d’un chapitre Dominique Fernandez rend visite à un peintre Fabrizio Clerici – surréaliste, grand voyageur, un personnage qui m’intrigue. Par hasard j’ai trouvé sur Internet la Toile Il sonno romano dont il est question ici.
Passage obligé : Vatican avec les œuvres de Michel-Ange, de Bernin et de Canova. Occasion unique : il a eu la chance de monter sur l’échafaudage où les restaurateurs s’affairaient à nettoyer la Chapelle Sixtine. La passion ds Romains pour la sculpture ne s’est jamais démentie, en passant Fernandez cite deux statues que j’ai eu la chance d’admirer en Sicile et qui m’on laissé une très forte impression : Le Satyre dansant deMarara del Vallo etl’éphèbe de Mozia. Il note que » le culte de l’homme nu est bien le trait le plus constant du génie romain », de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui.
« Michel-ange, Caravage et le Bernin, on les croise partout »écrit-il et il propose un itinéraire pour chacun de ces artistes.
« Pour Michel-Ange, la tâche est facile. Ce qui compte est concentré à Saint-Pierre »
judith et holopherne caravage
En revanche pour suivre Caravage ,il propose un long circuit qui démarre à S. Luigi des Francesi, passez par la placeNavone puis le corso Umberto, le Capitole, le Vatican et la gallerie Borghese…l’itinéraire est indiqué dans le détail ainsi que les œuvres les plus importantes. j’ai vraiment envie de le suivre.
Il propose également un itinéraire Bernin qui me tente bien.
Pour finir, il recense obélisques et fontaines.
J’ai lu avec grand plaisir cette promenade littéraire qui appelle d’autres lectures, surtout Stendhal et comme je l’ai dans la liseuse je pourrai relire sur place les analyses des œuvres.
Dans quinze jours, nous nous envolons pour Rome, il est temps de me remettre à l’Italien. Le cinéma a toujours été ma meilleure école!
Nanni Moretti,est un réalisateur que je suis. J’ai encore très présents à la mémoire l’excellent Habemus papam et, plus lointains Aprile, Palomba rossa et bien d’autres. J’aime parcourir les rues de Rome en vespa avec lui. Dans ce nouveau film je retrouverai le scooter, mais c’est Livia, la fille qui s’y essaie…la traversée de Rome dans Mia Madre hilarante avec Tortora éméché qui sort sa tête de la fenêtre pour hurler Fellini Roma!
Cependant il vaut mieux savoir que le sujet est douloureux, Nanni Moretti a perdu sa mère pendant le tournage de Habemus Papam c’est le point de départ de l’histoire : une réalisatrice tourne un film pendant que sa mère est à l’hôpital. Film très personnel, autobiographique, presque, puisque c’est une femme qui tient son rôle de cinéaste. Film de doute, dans son rôle public, et privé « incertitudes » dit Moretti dans une interview..
.Dans ce journal intime, Nanni Moretti se dédouble. Double féminin, la cinéaste énervée Double masculin, Giovanni, qu’il joue lui-même, fils sensible, toujours disponible. Contraste : Margherita qui a acheté chez le traiteur du poulet avec des croquettes de riz, débarque à l’hôpital tandis que Giovanni étend la nappe familiale sur le dispositif médical, sort la pasta et la sauce encore tiède comme à la maison. Margherita remballe les paquets d’aluminium….
Ce récit intime serait presque indécent s’il n’avait pas pris soin d’inviter John Turturo en vedette américaine tantôt insupportable, tantôt bouffon dont les écarts, les pitreries, procurent une respiration dans l’atmosphère plombante de l’hôpital où la santé de la mère se dégrade et dans le stress de ce tournage un peu particulier. Est-ce que faire du cinéma social, (il s’agit du licenciement dans une usine), a du sens?
Par un jour splendide, nous décidons d’explorer la Côte des Ajoncs entre Port Blanc et Plougrescantet l’estuaire du Jaudy.
Le plus difficile est de trouver le départ du GR34 quand la côte est urbanisée ou quand il y a des rochers. Un circuit touristique Trégor – Ajoncs est fléché pour les automobilistes. La petite route traverse la baie de Pellinec au lieu-dit du Sémaphore Départ à Bugueles en face du très joli îlot de Bilo et de l’île Islan. La mer est basse, la baie rocheuse, partout des rochers pointent. Difficile de deviner l’écueil qui sera immergé de l’îlot désert. Une maison au toit rouge est construite sur un îlot, deux bateaux colorés reposent sur le rocher ; l’un est vert et rouge, l’autre, bleu et blanc. En face la presqu’île est boisée. Peut être est-ce l’île Balanec qui est reliée au continent par marée basse.
Bugueles
Le GR34 est introuvable, il doit pourtant passer là, il figure sur la carte au 1/25.000ème et j’ai vu une balise, mais une seule ! Quatre randonneurs nous doublent, un monsieur revient en arrière, nous indiquer que 50m plus loin, il y a un parking où on peut laisse la voiture. Je n’ose pas les suivre, j’aurais dû, pourtant puisque le sentier est toujours introuvable. IL y a petit port, quelques bouées, et des barques en plastique alignées debout sur le quai. . Le GR devrait longer la baie de Gouermel, grande baie ronde complètement abandonnée par la mer ce matin. Toujours pas de balises. Enfin, je les trouve au bout de la plage.
Les rochers sont spectaculaires, presque aussi beaux que sur la côte de Granite Rose. Une maison de granite aux volets bleus est perchée sur un amas rocheux, à marée haute sera-t-elle entourée d’eau ? Les maisons sont construites à l’abri des rochers, le plus souvent elles s’y adossent, parfois elles sont complètement encastrées. Au Port Scaff, les blocs sont particulièrement imposants. Je marche tantôt sur le sentier, tantôt sur les galets de la plage.
Le point le plus remarquable est le Gouffre, chaos rocheux à l’arrière d’un bassin rempli d’eau. Une maison encastrée entre deux énormes rochers se reflète dans l’eau. Des cheminements ont été installés et une maison du Littoral (fermée le week-end) organise des promenades géologiques. C’est le premier endroit où je rencontre des touristes, des familles qui font des selfies sur les rochers. Sur le sentier je croise plutôt des randonneurs, grosses chaussures, sac à dos, carte IGN à la main, et surtout ils disent bonjour !
Je retrouve Dominique au parking du Gouffre. Impossible de pique-niquer là, il y a vraiment trop de monde, d’autant plus que nous avons un pique-nique du dimanche avec des pinces de crabe, des crevettes grises, un avocat, du comté et du kouign aman. On mange sur un banc avant Port Scaff près d’une rampe où on peut descendre des barques.
La mer monte vraiment très vite. Elle avance de façon spectaculaire. Là où on voyait des rochers orange, gris, pointus, déchiquetés il n’y a plus que de l’eau bleue. Les pêcheurs rament dans des petites barques en plastique jusqu’à leur bateau.
Je continue le sentier vers la Pointe du Château au lieu des formes étranges des blocs des chaos rocheux de Ploumanac’h les rochers ressemblent plutôt à des chicots qui pointent vers le ciel. Après la Pointe le sentier descend vers l’estuaire du Jaudy . Je reconnais la promenade de vendredi du Sillon de Talbert à Kerbors. Deux petits ports à Pors Hir et Le Castel des petites plages. Le sentier est rustique entre des fougères roussies.
C’est sûrement le plus beau jour ensoleillé des vacances. La côte des Ajoncs est vraiment pittoresque un peu moins connue que la Côte de Granite Rose mais aussi belle et moins bondée.
Le train est arrivé un peu en retard à l‘étape vénitienne du voyage organisé par Eimelle. Il faut prendre le train de nuit pour arriver le matin dans la lagune glisser sur l’eau et sortir de la gare en face du Grand Canal. Cela a beaucoup plus d’allure que d’atterrir banalement à l’aéroport….
Suivant le conseil de Claudialucia, je me suis promenée dans le Ghetto en 1575, à la veille d’une peste meurtrière. L’histoire commence à la veille de Pâques : un enfant est repêché, mort, dans un canal proche du Ghetto. Inutile de chercher l’assassin, les coupables désignés sont les Juifs et le motif : le meurtre rituel. Des notables sont pris en otages. Un moine franciscain attise le ressentiment contre la Communauté juive….
Rachel da Modena, fille du banquier Asher, intelligente, belle, éprise de culture qui a pour amie Sofia Gritti va mener l’enquête qui innocentera les Juifs.
L’enquête se traîne dans la première moitié du livre – forcément puisque personne ne cherche le coupable – elle est rapidement résolue ensuite. Ce n’est donc pas un thriller qui va vous faire tourner les pages.
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L’intérêt est ailleurs : dans la promenade dans Venise du 16ème siècle au temps du Titien.
Je me suis surtout intéressée à l’analyse géopolitique : Venise commerce avec La Sublime Porte. Les Juifs établis à Smyrne, Constantinople ou Salonique sont des intermédiaires obligés. Après la Bataille de Lépante Venise est en rapport de faiblesse avec les nouvelles puissances L’Espagne et l’Autriche qui menacent sa suprématie. Le Pape exige des gages de Venise, le sacrifice du Ghetto en est un, bien que le Saint Père ne croit pas aux meurtres rituels….Entre deux pages je devine la figure du Duc de Naxos, narrateur de La Senora de Catherine Clément.
« J’ÉTAIS VÊTUE SELON LES NORMES du contrat qui excluaient le blouses sans manche, les jupes au-dessus du genou, les pantalon, les tissus qui brillent, les coupes ajustées…. »
……..
« Pendant 9 mois, cinq jours sur sept, quartier hassidique, j’avais partagé le temps avec dix-huit visages de lumière, et un amour de onze ans, extravagant. J’avais fait ce détour dans une vie bien remplie de détours. J’avais connu Hadassa, onze ans. Au cours de l’été qui venait elle serai Bat Mitzva, et je ne pouvais rien faire pour retarder le temps où elle passerait au troisième étage, apprendrait à tenir une maison, cuisiner selon des prescriptions strictes, maintenir la pureté lors de ses menstruations. Mon temps d’escale auprès des petites filles d’Israël était achevé… »(p. 208)
Alice, la narratrice est une jeune professeur de français qui découvre le monde fermé des Hassidim de Montréal, ses prescriptions strictes et ses coutumes. Elle devra se faire accepter par les jeunes filles et tentera de leur faire découvrir le monde des livres.
» – La Liberté?
– c’est une statue madame!…..
– la liberté c’est quand on ne doit rien à personne, quand on fait ce qui nous plait quand on veut…..
– Non ce que tu dis, c’est être spoiled! »
C’est un roman très sensible, tout en nuances, dans Montréal multiculturel, tolérant. On y parle aussi bien Français qu’Anglais ou Yiddish que mélangent allègrement les fillettes ; ce qui donne une saveur particulière à la langue ou les « très beaucoup » sont calqués sur les very much qu’on devine, où les mots yiddish ne savent être traduits quand ils concernent les traditions.
L’épicier du quartier emploie un pianiste polonais (Chopin bien sûr) tout le monde s’y retrouve pour acheter les légumes (qui n’ont pas besoin d’être cacher) …
Les hommes ne sont présents (à part Charles et Jan qui tiennent le magasin) que dans le regard des femmes. Regard des femmes bridé quand elles observent la noce derrière un rideau.
9 janvier 2015 – 24 janvier 2016 Myriam Tangi Mehitza. Ce que femme voit
Une grande nostalgie transparaît entre le passage de onze à douze ans. Entre les fillettes de onze ans insouciantes qui jouent encore à la poupée et écrivent de gentils poème tandis que les douze qui déjà manient la censure et qui ont intégré leur rôle de femmes.
Il y a aussi une discrète histoire d’amour que je vous laisse découvrir!
Tréguier : les tour des armateurs à l’entrée de la rue Renan
Temps maussade, crachin et averses.
Mardi, c’est jour de marché à Paimpol.
Tréguier se trouve sur notre route. . On nous donne un plan à l’office du tourisme près du port. Je remonte la rue Renan gardée du côté du port par les deux tours d’armateurs, tours carrées qui étaient des greniers à blé. Elle est bordée de nombreuses maisons à pans de bois aux poutres colorées et par des maisons de pierre dont on a égayé les fenêtres par des mouettes ou aigrettes de bois, des boutiques d’artisans, des librairies, des crêperies en font une promenade vivante même sous la pluie.
la maison de Renan
La maison de Renan est une belle demeure du 16ème siècle à poutres jaunes et bois tourné. Elle est maintenant un musée qui se visite en saison mais qui est fermé aujourd’hui. On ne devinerait jamais que cette maison a un jardin, presque un parc et qu’elle est très vaste. Je n’ai rien lu de Renan, il serait peut être temps de se documenter. Plus haut, un bistro est à l’enseigne du Bistro d’Ernest, sur la grande place du Martray une statue figure le grand homme en bronze, assis sur un banc, derrière lui une femme qui ressemble à Minerve brandit une couronne de laurier, ou un rameau d’olivier, figure-t-elle la gloire, la science ?
La cathédraleSaint Tugdal
Le premier édifice fut détruit par les Normands, de la construction romane du 12ème siècle il reste la tour Hastings, en 1339, sous l’impulsion de Saint Yves elle fut remplacée par un édifice gothique. Sa nef est très haute, très claire. Des vitraux modernes (1970) sont colorés. Certains sont figuratifs d’autres plus décoratifs comme la grande verrière du transept.
Nous aurions aimé visiter le cloître mais n’avons pas trouvé l’entrée (il fallait le chercher dans la cathédrale) et nous voulons arriver à Paimpol avant la fin du marché
Paimpol
Le port de Paimpol
Facile de trouver le marché, on demande le centre-ville au GPS et ensuite on suit les gens qui portent des cabas La marché occupe plusieurs petites places et les rues adjacentes. C’est un joli marché avec de nombreux poissonniers, des fromagers, des charcutiers et bien sûr des fruits et légumes, comme dans tous les marchés de province les étals de vêtements et chaussures. Les camions de crêperies sont nombreux et on y fait la queue ainsi que des foodtrucks.
Paimpol et sa falaise
Paimpol et sa falaise!
On a beau connaître la Paimpolaise il n’y a pas de falaise.
Comme la pluie a recommencé nous cherchons un endroit pour déjeuner dans la voiture. Pas de parking possible devant la plage, largement découverte, les coefficients de marée sont élevés. On retourne au port pour avoir une vue plaisante. Le port est plus une marina qu’un port de pêche. Les trois gros bateaux pour Brehat stationnent au milieu du bassin. Les bateaux de plaisance sont gros et très nombreux ; les bateaux de pêches sont colorés, je remarque à l’arrière des chaines et crochets pour pêcher la coquille Saint jacques.
L’abbaye de Beauport
le puits de l’Abbaye de Beauport
A 3km de Paimpol, non loin de la côte, dans un endroit verdoyant au bas d’une colline, nous découvrons l’abbaye. On voit d’abord les ruines de l’église abbatiale gothique. La nef a perdu sa couverture et il ne reste que les ogives romantiques. Un rosier encore tout fleuri égaie les baies qui ont perdu leurs vitraux.
Roses et ruines
On entre dans le bâtiment des hôtes 17ème siècle, les caisses sont installées dans une vaste salle. On découvre les celliers qui sont des caves avec de beaux piliers. Après avoir traversé un jardin je découvre le Bâtiment au Duc où des fouilles archéologiques ont mis à jour des fours bronziers. Une énorme cheminée est le seul meuble.
Petites choses et grande photo
On a utilisé la grande salle pour une jolie exposition les Petites choses de Denis Pochard : sculptures éphémères à base d’éléments floraux, végétaux, organiques, reflet de leur environnement à une saison données qui existe d’après leur représentation photographique. Les photos sont en grand format sur fond blanc, très colorées tandis que ce qui a servi de modèle est présenté sous cloche flétri, à moitié desséché, je reconnais des pinces de crabe qui font des derrières et des jambes parfaites de sorte de lutins follets, un dahlia fané est une tête folle, un demi citron desséché, un bonnet ou une coiffe. Je peux alors retourner aux photographies et j’identifie, ici, une asperge, là une fleur. C’est futé.
Petites choses séchées sous cloche
Nous traversons passage aux champs, jardin de simples, romarin, oseille, thym et autres.
Dans le cloître des buis ont une taille ondulante et non pas géométrique comme dans les jardins à la française. Une végétation exubérante de fougères, mousses, lianes dégouline des ruines. La salle capitulaire est joliment décorée de colonnes jumelles et d’arcatures d’une roche volcanique verte très délicate. Le mélange des roches donne un charme particulier à l’abbaye. Je m’étais habituée aux monuments sévères de granite. Ici on a sculpté du calcaire fin, du grès donne des teintes rouge. Nous retournons à l’église abbatiale .
cloitre
Après avoir cherché le canal hydraulique qui circule profondément dans une tranchée le long du bâtiment au duc nous faisons le tour du jardin clos conservatoire de variétés anciennes de pommes, grands pommiers dans les carrés délimités par des pommiers en espalier dont j’admire la taille. Jamais je n’oserais tant tailler et ne garder que des moignons de branches de quelques cm. Le long du mur regardant le midi une vigne court, admirablement taillée elle aussi.
Je termine la promenade en allant à la mer, de l’autre côté de l’abbaye ; des vaches noires et blanches paissent.