Brotas

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Tour de Brotas
Tour de Brotas

Pour profiter davantage de notre belle maison j’ai prévu un circuit dans les environs immédiats : route jusqu’à Ciborro (9km), puis vers le nord sur la route de Mora,  une dizaine de km jusqu’à Brotas et de là  Arraiolos, village des tapis brodés et retour par Montemor-o-Novo.

A la sortie de Ciborro, dans une propriété privée, mais bien visible de la route, nous percevons un petit dolmen, en bon état avec sa table bien entière (son chapeau comme disent ls pancartes en Portugais). Une carte montre d’autres dolmens dans la propriété. Il faut prévenir le Musée de Coruche qui organise des visites en 4×4. Ce petit dolmen d’Agua Doce est un bonus à la journée d’hier, une surprise.

Dolmen d'Agua doce sur la route de Coruche
Dolmen d’Agua doce sur la route de Coruche

Brotas est un village compliqué. Un feu tricolore régule les entrées. Le centre historique est tout en bas du village à droite de la route principale. Nous en ratons l’entrée, très discrète. Le village moderne est en haut : il est composé de petites maisons blanches de plain-pied au tour des fenêtres soit bleu soit jaune, au plan très simple : une porte, une ou deux fenêtres. Tout est fermé, tout est calfeutré pour éviter le soleil de l’été. Un café a installé sa terrasse dans un angle bien ombragé : sept hommes y sont assis, trois sur un banc, les autres sur des chaises. Ils vont nous voir passer à plusieurs reprises parce que nous ne trouvons pas le chemin et que nous tournons en rond. Enfin, sous le château d’eau deux flèches : Torre d’Aguas et Ermida S. Sebastiao.

la Tour de Brotas perdue dans la campagne
la Tour de Brotas perdue dans la campagne

La tour est le but de notre venue. Le gérant du Monte dos Arneiros m’en a fait l’éloge. Une très belle photo de la tour orne le bureau de son ordinateur de bureau. Une petite route va jusqu’à l’entrée d’une propriété privée et se poursuit par un chemin de terre sur lequel on s’engage sans savoir si nous arriverons à la tour, et surtout à quelle distance elle se trouve, ou si la visite est permise. Dès qu’on descend, la route se dégrade ; les eaux de ruissellement ont dégagé de grosses pierres, les ornières sont difficiles à négocier. Nul endroit assez large pour faire demi-tour. Au détour d’un virage, on vit la tour, assez loin. La voiture mord le milieu bombé du chemin. Cette VW Up ! est très basse, rien à voir avec la » 205-4×4-berbère » des pistes marocaines ou avec les autres voitures que nous avons lancées sur les pistes crétoises ou grecques.

Pour gagner un peu de légèreté je continue à pied sur la route poudreuse. Les routes affleurent de plus en plus.

La tour est grise, sur le même modèle que la Tour de Belem mais dans une version fantôme à côté d’un village-fantôme aux toits crevés, niché dans un creux. Une seule maison porte une antenne de télévision et ses portes sont peintes de frais. Une petite chapelle se tient à l’écart. J’ai peur des chiens, j’évite les maisons.

Au retour, une fouine, peut être un putois, travers la piste. Très tranquille. Le museau allongé, la longue queue fournie, de la taille d’un chat mais plus long.

au café!
au café!

Au village, nous repassons encore au moins trois fois devant le même homme qui ponce sa grille (auparavant il la soudait). Nous revoyons les vieux du café. Enfin, nous retrouvons le feu tricolore et découvrons enfin l’église ancienne au bout d’une pittoresque rue blanche aux tours des portes bleus.

Brotas
Brotas

Chaque maison porte une petite plaque rectangulaire en céramique. « confrérie de Lavre « , « confrérie d’Arraiolos »etc… cela me rappelle ces grands sanctuaires de pèlerinage en Espagne ou les plus petits en Sardaigne où chaque paroisse avait une maison prête pour les jours de fêtes.

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Une dame très aimable qui repeint sa façade avec un petit pinceau m’adresse la parole. Est-ce que je veux visiter l’église ? « Oui, bien sûr ! ». Elle téléphone à la voisine qui détient la clé. La dame tout en noir, arrive avec une grosse clé. L’église est toute carrelée d’azulejos de type « tapis » aux motifs géométriques avec une dominante de jaune. Une scène est peinte en camaïeu de brun. Dans un coin, la dame me montre la Vierge de Bratos très révérée c’est une petite statue de moins de 30cm de haut qui semble être d’ivoire, très simple. Avant d partir, je laisse de la monnaie dans le tronc. La dame me fait signe que non ! C’est à la Vierge qu’il faut donner directement sur l’autel. Ce qui me force de choisir une grosse pièce de 2€, et comme je ne veux pas paraître pingre, je laisse 2.5€. Ce n’est pas fini : elle réclame son propre pourboire. Un peu en colère je lui fais cadeau de toutes mes pièces jaunes.

Il est trop tard pour Arraiolos, passé 13h, les tapis ne seront pas visibles. Nous avons hâte de retrouver le gîte.

circuit des mégalithes

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cromlech d’Almendres

Ce circuit figure dans le Guide Vert et dans Voir. Il démarre à 10 km d’Evora sur la RN114. Tourner au panneau Guadalupe puis suivre les flèches marron Cromlech d’Almendres.

Cromlech d’Almendres

Cromlech d'Almendres
Cromlech d’Almendres

Miraculeusement, tout se passe comme prévu. A Guadalupe, une piste poussiéreuse à peu près lisse sur 3 km conduit à un parking à 200m du Cromlech pour préserver la surprise et la magie du site.

Le Cromlech est un alignement d’une centaine de mégalithes dont certains sont gravés. Les pétroglyphes sont difficile à identifier dans le granite en pleine lumière. Comme souvent, on avance des interprétations astronomiques. J’envie un groupe arrivé dans un minibus avec un guide anglophone EBORA MEGALITHICA Guided tours.  Pour faire parler les pierres, il faut un spécialiste. Celles-ci sont très vieilles et peu causantes.

Menhir d’Almendres

Menhir d'Almendres
Menhir d’Almendres

Près de la somptueuse propriété d’Almendres au portail énorme s’ouvrant sur une allée de cyprès et conduisant à une maison magnifique près de laquelle de curieuses tours blanches (citernes ?), un sentier discret est ménagé pour atteindre le Menhir. Cette fois-ci je me joins au grupe pour profiter du guide d’Ebora magalithica qui explique que le menhir a été trouvé couché qu’on l’a relevé récemment mais à l’envers : la face ouest devrait être à l’est. Il explique la technique de levage. Les cordes à l’époque n’étaient pas assez résistantes, la seule solution pour l’ériger était de le faire glisser sur un plan incliné de terre dont on augmenterait la pente petit à petit. Il montre des gravures sur la pierre, invisibles en pleine lumière. Il faut se tenir dans l’ombre du menhir et très près pour les deviner.

 

Retour à Guadalupe pour prendre la route de Valverde où se trouve le plus grand Dolmen de la péninsule ibérique : le dolmen de Zambujeiro (Anta de Zambujero). Il se trouve non loin du village. Une mauvaise piste, heureusement courte part des étables d’une très grosse ferme. Ici aussi, j’ai la chance d’écouter les explications du guide d’un couple arrivé en même temps que nous. Il déplore les techniques brutales de fouille qui ont cassé la grande pierre sommitale pour accéder à la chambre funéraire. Celle-ci git à  côté brisée en plusieurs morceaux. L’allée couverte est obstruée de briques et de poutres tandis que le hangar de protection rouille. S’il se plaint de la négligence et du mauvais entretien  il est peu disert sur le dolmen lui-même. L’amas de pierres est énorme mais les dolmens bretons de Locmariaquer ou de Gavrinis sont autrement plus beaux !

La visite de la Grotte d’Escoural est à 14h30. Notre logeur a eu la gentillesse de prendre rendez vous par téléphone. Il nous a assuré que nous n’aurions aucun mal pour déjeuner sur place avant la visite.

Chapelle Sao Brissos
Chapelle Sao Brissos

Une route très étroite relie Valverde à Escoural. Elle passe à quelques mètres de la chapelle de Sao Brissos dont le narthex est un ancien dolmen. Le tout est chaulé de blanc. Gentille chapelle, mais il faut chercher les montants du dolmen. Le christianisme a assimilé les traditions populaires qui lui étaient antérieures. Jusqu’à des temps récents, cette chapelle était lieu de pèlerinage. On y rôtissait l’agneau pascal le  Lundi de Pâques  et s’y réunissait pour l’Ascension. On y processionnait pour demander la pluie en période de sécheresse. Une légende raconte que la Dame du dolmen aurait eu un enfant de saint Brissos qui l’avait trompée avec Notre dame des Neiges. Quand on avait besoin de pluie, on allait chercher la Dame du Dolmen pour l’emporter à l’église  mais en laissant l’enfant au dolmen. Les larmes de Notre Dame du dolmen parce qu’elle était éloignée de l’enfant mais proche du saint qu’elle détestait, provoquaient la pluie.

Escoural à midi
Escoural à midi

Escoural, sous la chaleur de midi, paraît déserte. Nous attendions une terrasse de restaurant à l’ombre. Tout parait fermé. Fermé ou les vacances annoncent des affiches sur les portes des deux restaurants de la place. Une épicerie, invisible au premier passage nous dépanne : banane, yaourt, doughnut au citron et un petit fromage de chèvre. Piquenique sur le banc sous l’unique pin de la place principale. Ce n’est ni gastronomique, ni portugais mais cela cale.

14h10 je rejoins le Centre d’Interprétation de la Grotte d’Escoural et y rencontre un couple portugais sans rendez-vous. Je leur propose de m’accompagner et de profiter de mon rendez-vous. Ils m’offrent un café. « Un café portugais ? »- « Bien sûr ! ». Je n’avais pas compris qu’un « café portugais » était corrigé à la goutte. Le café qui fait face au Centre d’Interprétation est un restaurant -petit restaurant qui n’a que deux tables. Nous n’aurions jamais deviné qu’il était ouvert. En étant plus attentive, j’en découvre d’autres. Par 35°, dans l’Alentejo on ne s’expose pas au soleil. On préfère manger dans la fraîcheur des maisons et il fait plus frais avec la porte fermée.

Gravures préhistoriques
Gravures préhistoriques

La jeune fille qui fait visiter la grotte est ferme : pas de visite sans réservation ! Dix personnes à la fois. L’espace est très restreint. Ce n’est pas Lascaux ni la Grotte Chauvet ! Les peintures sont d’une facture grossière, rouge ou noire. On croit deviner ici un auroch, là deux chevaux qu’elle pointe de son rayon laser, avec beaucoup de conviction. Les gravures sont encore plus difficiles à trouver seul. Si la roche (un calcaire rugueux) est sèche, on ne voit rien, si elle est trop mouillée, non plus. Il faut de la patience. Je suis bon public. Les relevés que la jeune guide brandit montrent des tracés très élégants. Le graveur a multiplié les traits pour donner l’impression de volume ou de mouvement et le résultat est intéressant.

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Retour par Montemor. Beefsteak haché à Intermarché qui ne vend ni poissonnerie ni boucherie sous vide. Les coqs sont vendus avec la tête et les pattes. On choisit sa viande à hacher. Le boucher prend son temps pour que le client soit satisfait.

Lettres d’Otrante – Geneviève Bergé

MOIS ITALIEN D’EIMELLE

 

L’arrivée d’un livre de La Masse Critique de Babélio est toujours une surprise.

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J’avais choisi le titre à cause d’Otrante . Il semblait entrer dans le cadre du Challenge initié par Eimelle. La présentation de l’éditeur parlait également de l’arrivée de clandestins,  ce qui est tout à fait d’actualité. Dernière raison de mon choix, l’envie de découvrir Otrante que nous n’avions pas atteinte dans notre tour des Pouilles.

Je remercie donc Babélio et les Editions Luce Wilquin  de ce cadeau

La Masse Critique c’est aussi un lecture « à l’aveugle » d’un livre qui vient de paraître et qui n’a pas encore été annoncé avec les tambours et trompettes de la renommée. Sauf si on a tiré un livre d’un auteur connu, on est dans les premiers à découvrir une pépite ou un pensum. C’est le charme de l’opération. 

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Le choix est donc important, et le résumé de l’éditeur primordial. Finissons en avec le sujet qui fâche! Ce n’est pas un livre sur l’arrivée des clandestins. Des clandestins, nous n’en rencontrerons que deux – une mère et sa fille érythréennes – bien intégrées semble-t-il, plus une ombre furtive avec une capuche orange. Bien sûr, il y a la rumeur qui meuble les conversations du bar de Fabio, pour les conversations du café du commerce point n’est besoin d’aller au bout de la botte italienne….

 

 

mosaÏque d'Otrante

La mosaïque de Pantaleone est la bonne surprise du livre.

 

J’aurais toutefois aimé en savoir plus .Comment on s’y prend pour la restaurer.Est-ce qu’on nettoie les tesselles? Est-ce qu’on les remplace. Quelles ont été les études préalables? Qui sont les restaurateurs, des mosaïstes, des archéologues? Aafke, l’épistolière, décrit les motifs qu’elle restaure, je pressens des merveilles cachées, des symboles bibliques, des allusions à la vie au Moyen Age, des légendes locales comme celle du tireur d’épine qui m’a charmée. Il y avait sans doute plus à raconter sur cette mosaïque qui est l’une des plus étendue d’Italie. J’ai passé 3 jours pleins à Ravenne sans me lasser, je suis absolument fan de mosaïque.

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Jolie évocation de la petite ville d’Otrante hors saison et des masserie dans la campagne environnante pour le challenge d’Eimelle!

 

 

 

 

Le véritable sujet des Lettres d’Otrante est beaucoup plus grave. Aafke raconte son quotidien, la mosaïque,son installation dans le studio de Simona, son chaton … à Peter. Qui est donc  ce Peter qui ne répond jamais, ou par un seul mot? Un ancien ami, un ancien amant? on ne le saura pas. Analyste ou analysant, quand elle fait allusion à Lacan. Ses réponses laconiques sont comme les petits mots par lesquelles l’analyste relance le discours de l’analysant. Le monologue d’Aafke y ressemble. Monologue mortifère qui commence par le massacre d’une portée de loirs, continue avec une naissance gémellaire qui s’est mal passée, arrivée de corps des migrants sur la plage, sans parler des ossements des martyrs du massacre des turcs en 1480….la mort est toujours présente. Et c’est plombant! J’ai failli refermer le livre avant la fin. Au fil des lettres on comprend mieux le sens de cette correspondance. (je ne veux pas spoiler). Il vaut mieux être prévenu, et je ne l’étais pas. 

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Montemor-o-Novo

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Eglise
Eglise de Sao Giraldo

La route de Monte dos Arneiros à Ciborro court au sommet de collines plantées de chênes-lièges, d’où on a des échappées magnifiques. Dans un petit creux on découvre un petit lac.

Ciborro est un village blanc blotti sur sa colline avec des rues très en pente. Sao Giraldo – le village suivant – a une jolie église blanche. Une très vieille dame coiffée d’un chapeau de paille passe pendant que je filme. La dame s’en rend compte, cela l’amuse : « l’église est jolie ! » commente-t-elle.

Dans la campagne, les troupeaux sont nombreux. Des panneaux annoncent « reproducteur de Limousines » puis ensuite « Charolese » . Il me semblait bien que je reconnaissais ces animaux.

Montemor-o-Novo

la ville close sur sa colline
la ville close sur sa colline

Montemor-o-Novo parait bien urbanisé. Le château sur la colline est cerné par les murailles. Reconquis aux Maures par Afonso Henriques en 116, ses murs furent reconstruits du temps du roi Dinis. Au 13ème et au 14ème la ville était dans les murs. Les 4églises (en ruine) témoignent de 4 paroisses ; c’était donc une ville importante. Passant sous une arche, nous découvrons le couvent blanc Convento de la Salutaçao – 15ème s refait au 19ème s dont la vieille porte est surmontée d’une sphère armillaire.

les anges musiciens de Sao Tiago
les anges musiciens de Sao Tiago

La petite église Sao Tiago 12ème s fut redécorée au 16ème avec ds fresques représentant des scènes de la vie des sœurs du couvent voisin. Au dessus de l’autel, belle décoration avec des anges musicien dans une tonalité brune. Le petit centre d’interprétation y est installé. I l présente dans quelques vitrines les brodequins du roi Luis, des pièces de monnaie de la période islamique, quelques pières décorées de l’époque des Wisigoths incorporées dans la maçonnerie.

la visite se termine « librement » sur les sentiers aménagés ; je monte sur les remparts puis fait le tour de la colline sur un sentier qui longe un chantier archéologique qui a  mis à jour les fondations des maisons 15ème 17ème. J’atteins l’église Sta Maria do Bispo. Les vestiges du chevet témoignent de l’importance de l’édifice. La porte a une belle décoration manuéline ; De la nef, plus rien, une olivaie l’occupe. Un peu plus loin s’élèvent les tours du Palais des Alcades : une tour ronde, une tour carrée. Du Palais du Conseil de la Ville, une seule arcade reste sur pied.

Vestige de
Vestige de Sa Maria do Bispo

Une étrange construction rougeâtre est présentée soit comme une citerne, soit comme un abattoir maure. Ce n’est pourtant pas pareil.

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La route qui fait le tour de remparts est actuellement en travaux, la circulation est déviée sur piste de terre qui descend au rond point sud de la ville.

Le marché décoré d’azulejos est fermé quand nous passons.

Retour pour déjeuner au gîte, piscine.

Attention aux faux amis ! Frigideiria en Portugais désigne une poêle à frire ? Qui l’eût cru ?

Notre maison dans les bois se trouve sur le chemin de l’étang « lagoa » charmant, dans un creux de la forêt fréquenté par les pêcheurs et les amoureux.

la Secte des Anges – Andrea Camilleri

LE MOIS ITALIEN

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Andrea Camilleri est le « père » de Montalbano dont je suis toujours avec grand plaisir les enquêtes, il a aussi écrit de romans historiques. J’avais adoré  le Roi Zozimo que j’avais  lu en riant aux éclats.
La Secte des Anges s’inspire d’une histoire vraie.
En 1901, A Palizzolo, une bourgade de Sicile, une étrange rumeur d’épidémie de choléra affole la population. Le prêtres partent en croisade contre la secte des angesl’avocat Teresi, défenseur des pauvres gens, et anticlérical notoire. Les autorités font appel aux carabiniers pour rétablir l’ordre….Pas de choléra mais plutôt une épidémie de grossesses chez les jeunes filles de bonne famille et dévotes.
Camilleri raconte avec humour et truculence sa Sicile. Aristocrates, mafia et clergé se liguent contre Teresi. Intimidation, violence, la justice a bien du mal à passer.
La narration est alerte, le rythme endiablé, avec tous les rebondissements de l’affaire. En revanche le style est alourdi par l’usage d’un « argot »(?) ou dialecte(?) étrange. Difficile de traduire les particularismes linguistiques de Camilleri! Le traducteur a fait appel à tout un corpus de mots inconnus qui entravent la compréhension. Il aurait fallu fournir le lexique. Un ou deux mots déformés ou inventés de temps en temps, passe encore, mais il y en trop!
Cela ralentit la lecture sans la gâter toutefois.
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Red Rose un film de Sepideh Farsi

TOILES NOMADES

 

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Avant les élections de  2009 de grades manifestations se déroulèrent à Téhéran et furent sauvagement réprimées par les Basidjis. Une petite troupe de manifestants poursuivis se réfugient chez Ali, un quinquagénaire puis s’en vont. Sara a oublié son portable et revient le chercher. Cherche-t-elle son téléphone ou autre chose? Elle s’attarde chez Ali qui a le double de son âge, et se trouve en partance, les affaires déjà dans des cartons. Indifférent à ce qui se déroule dans la rue il ne sort pas de chez lui et attend un permis pour rejoindre femme et enfant au Canada. Sara va manifester mais elle revient chez Ali et le séduit. Une histoire d’amour se noue. Elle avoue chercher un homme et un lit. Un ordinateur peut être aussi. Sous le pseudo de Persianstar,  elle tweete, navigue sur les réseaux sociaux. Peut être est-elle une organisatrice? Elle cherche à entraîner Ali dans sa lutte. Il a déjà donné, quand il avait son âge, en 1988. Il est désabusé, casanier.

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Sara étonne par son énergie et aussi par sa liberté de ton et de vie. Elle se veut libre et provocante quand elle ouvre les fenêtres en grand et toute nue crie dans la nuit « Allahou akbar! » cri de ralliement des manifestants.

Libre et provocant ce film qui comporte des scènes de sexe crues qu’on n’imaginerait pas dans un film iranien. Si la réalisatrice Sépideh Farsi est bien iranienne, le film est une collaboration Iran-France-Grèce. Elle vit en France et par ce film s’interdit un retour à Téhéran. Étonnantes aussi les images des manifestations filmées avec un téléphone portable, documents véridiques? Elles rythment un film qui serait un huis clos dans le bel appartement d’Ali.

Une fiction donc, mais aussi un document.

 

Troia – Comporta : plages

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Estuaire du Rio Sado vu de Troia
Estuaire du Rio Sado vu de Troia

Envie de nature après les musées. De plus, le lundi, ils sont fermés. En face de Setubal se trouve la Réserve naturelle du rio Sado. Nous espérons observer des oiseaux d’eau et même des dauphins qui sont nombreux dans l’estuaire et des croisières d’observation partent de Troia à l’extrémité de la pointe en face de Setubal.

Comme c’est à une centaine de km de Lavre, nous partons tôt. D’abord, Vendas Novas (20km) Puis 35 km jusqu’à Alcacer do Sal et 60 jusqu’à Troia. Le trajet Vendas Novas-Alcacer do Sal s’effectue sur une toute petite route qui tortille dans la campagne dont le revêtement est dégradé. On roule à petite vitesse dans la belle lumière du matin. C’est une promenade très plaisante qui traverse des rizières vert fluo où se promènent de nombreuses cigognes qui nichent de préférence sur de très hauts poteaux dans les villages. Le plus souvent, elle passe dans des collines plantées de chênes-lièges. Les troupeaux de bovins sont nombreux. Avant Cabrela trois champs de panneaux solaires sont installés selon trois orientations différentes. Je ne vois ni pylône, ni transformateur. Cela se suffit-il à soi-même ? Que devient l’électricité produite ? Cabrela est un beau village blanc où les maisons tassées sont souvent soulignées de bleu. Cette campagne déserte nous surprend : nous sommes habituées dans l’Estramadure et le Minho à un habitat beaucoup plus dense et diffus. De magnifiques portails blancs et bleus s’ouvrent sur des domaines invisibles. Le Guide Vert a l’explication : la propriété foncière dans l’Alentejo est celle des Monte : les gros domaines. Notre gîte en est un, le Monte dos Arneiros. Après Cabrela on voit surtout des pins parasols. Le mauvais revêtement des routes secondaires et la multiplication des autoroutes et des voies rapides est un sujet de perpétuel étonnement. Les autoroutes que nous avons empruntées étaient désertes. Était-ce bien nécessaire d’en construire autant ?

Alcacer do Sal : son nom vient du temps des Maures (alcazar). Nous ne voyons pas grand-chose de la petite ville.

La route longe maintenant l’estuaire. On y cultive le riz il y a même un musée du Riz près de la station balnéaire de Comporta.

l'estuaire vu du cordon dunaire
l’estuaire vu du cordon dunaire

Il reste encore 30km à parcourir sur le cordon dunaire qui délimite le grand estuaire du Rio Sado – estuaire presque aussi large que celui du Tage alors que le Rio Sado est un très court fleuve. De la route on ne voit pas grand-chose. Les dunes cachent les marais.  Art quelues aigrette on n’a pas d’échassier à se mettre sou la jumelle !

Rapidement, nous arrivons à Troia golfe 18 trous, resorts de luxe, petits immeubles avec grandes piscines. Tourisme haut de gamme. Route bien entretenue. Parking invisibles (souterrains), boutiques de luxe et grillages partout. Les riches n’aiment pas être dérangés !

Une barrière ferme la piste qui conduit aux ruines romaines – fermées  le lundi – Puisqu’on ne peut pas y accéder en voiture, je peux peut être y aller à pied ? Je m’engage sur la piste. Malheureusement c’est loin. Un vigile très sympathique m’en dissuade : 8 ou 10 km pour ne rien voir (et le double avec le retour).

Nous sommes déçues : pas d’oiseaux, pas de marais ou si peu, pas de ruines romaines.

Troia, au bout de sa péninsule, se termine par de grands immeubles de verre et balcons décalés, Croisette chic, belles terrasses de restaurants chers. Lacoste fait des soldes mais n’affiche pas ses prix….On a juste le droit de stationner 30 minutes pour décharger, et hop ! disparition de la voiture avalée par le parking souterrain (6.4€, la journée c’est raisonnable). Plus loin un palais des conférences. Une grande affiche, à la Capitainerie explique aux plaisanciers la conduite à tenir en présence de dauphins. Pour les dauphins, deux excursions par jour. 10h15, partie. 18h15 bien tard ; (30€ par adulte).

De l’autre côté du môle, une plage de sable fin me tente ; l’eau est très claire ; je roule les jambes du pantalon pour marcher dans l’eau. Plus loin il y a une autre plage de sable très fin, très blanc. Plage de rêve. Plus loin, une flèche de sable barre l’estuaire. La marée a laissé des bâches, un peu plus loin on devine l’océan. Promenade magique.

Comporta

plage de Comporta
plage de Comporta

Parking gratuit : bondé. Plus loin, parking payant, 3€/journée en semaine 4€ le week end.

Deux restaurants de plage. Le premier est fermé. L’autre très chic. On tente le chic. Pas question de s’installer en terrasse « c’est réservé ! ». Nous abandonnons.

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Une baraque vend des sandwiches et des boissons. Ils ont de confortables transats de bois bleu, des poufs bleus sous des parasols de paille effrangés.

2 hamburgers, 2 verres de vin blanc 18€ – raisonnable puisque les chaises longues sont comprises. Il fait 26° (35° à l’intérieur des terres) L’eau est à 20°, fraîche mais pas trop. Jolies petites vagues assez pour s’amuser, pas assez grandes pour m’effrayer. Je n’ai jamais vu d’eau aussi claire dans l’océan Atlantique sur une plage de sable.

Nous repartons à 15h, il reste 100 km de route !

Histoire d’Irène – Erri de Luca

LE MOIS ITALIEN 

histoire d'Irène

J’ai découvert Erri de Luca avec Montedidio que j’ai tant aimé que nous avons pris l’avion pour Naples aux vacances suivantes. Le jour d’avant le bonheur était de la même veine. Ses livres napolitains sont mes préférés avec Acide Arc en ciel trois nouvelles, trois visites dans les environs de Naples. Dans un autre thème Noyau d’olive m’a aussi beaucoup plu. En revanche, Et il dit… ascension du Sinaï et lecture de la Bible m’a un peu déçue. 

L’histoire d’Irène  est un recueil de trois nouvelles. La première, la plus longue, l’Histoire d’Irène se déroule dans une île grecque. Irène, mi sauvageonne, mi sirène, sourde-muette, mais bavarde, rejetée par les villageois est adoptée par les dauphins. Je ne sais pas pourquoi la fascination qu’exercent les mammifères marins sur nombreux humains, ne me concerne pas. Je les sais intelligents, joueurs, capable de sauver des naufragés….j’aime nager dans la Méditerranée orientale, mais je suis restée sur ma faim.

En revanche, les deux autres nouvelles m’ont beaucoup touchée.

 Le ciel dans une étable se déroule en 1943, à Naples et ses environs. « Naples était sous une grêle de bombardements aériens, les Alliés avaient débarqué à Salerne, le golf était miné et les Allemands raflaient les hommes entre dix-huit et trente-trois ans ».

« Cinq jeunes gens se cachèrent dans la ferme d’un paysan »  avec cinq vaches 

« Cela arrive en des temps et des endroits où l’on est obligé de vivre de façon inhumaine : alors les animaux renouent un lien avec la vie »

Se joint à eux un Juif, persécuté depuis les lois raciales. Incapable de prier, il laissait le vent tourner les feuilles du livre de prière … »le vent se chargeait de prier... »

mais il faut lire la nouvelle!

Une chose très stupide raconte une journée d’hiver, à Naples chez les habitants des bassi ces taudis minuscules au niveau du trottoir : « pour lui le passage de février est un boyau dans lequel il faut ramper ». 

Un peu de tiédeur,  un peu de soleil, une amande qui tombe, suffisent pour infléchir le cors de la journée.

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Evora

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60km sur la RN114, chênes-lièges sur l’herbe jaune. Lorsque les chênes sont isolés leur silhouette se déploie comme un large parasol. Dans les bois, ils cherchent la lumière en poussant verticalement. Les branches tordues ont gardé leur écorce et sont verdies de lichens tandis que le tronc est brun ou noirci.

Le sol est jaune paille, prairies déjà sèches ou blé moissonné dont il reste les  chaumes. De belles vaches brunes paissent tranquillement sans paraître incommodées par la chaleur, même au retour à 15h. Nous passons devant des nids de cigognes occupés . Les petits, semble-t-il ont déjà pris leur envol.

A mi-chemin, Montemor-o-Novo déploie ses quartiers modernes et ses supermarchés  tandis que la colline est couronnée des remparts d’un château-fort.

Le trajet est agréable. Nous goûtons la nouveauté de cette campagne déserte après le Minho et le Centre du Portugal où les habitations étaient visibles en permanence et l’habitat très dense ;

Evora

Evora
Evora place de Giraldo

La ville historique est enclose dans ses remparts. Nous garons facilement la voiture dans un parking derrière le Théâtre. Il faut ensuite monter dans les ruelles pavées. Quand nous demandons la Cathédrale « Sè » , on nous fait signe vers le haut « in cima » , logique. A mi-hauteur nous découvrons la grande place de Giraldo et y trouvons l’Office de Tourisme qui nous offre un plan de la ville. La belle place est occupée par de belles terrasses de café et pastellarias sous des parasols blancs. Il y a aussi une belle fontaine. La place doit son nom à Giraldo Sempavor qui prit la ville aux Maures au 12ème siècle. A une extrémité de la place, l’immeuble imposant d’une banque, en face l’église Sao Antao grise avec deux petits clochers. La longueur de la place est bordée d’’arcades aux colonnes lourdes en granite et aux voûtes d’arcs brisés< : Ces arcades me rappellent Bologne. Elles seront très appréciables à 14h quand nous suivons la rue Jao de Dieu jusqu’au Théâtre.

Evora rue bordée d'ar cades
Evora rue bordée d’arcades

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De la Place Giraldo des rues blanches montent à la Cathédrale. Maisons blanches bordées de jaune à la mode andalouse, avec arcades et armoiries. Dégoulinades de verdure, bougainvillées ou citronniers portant de lourds citrons jaunes. Ferronneries légères des balcons, colonnettes. Tout est prétexte à photos, au moins au régal des yeux.

Au sommet de la colline, un jardin d’où on a une belle vue  sur les environs avec  un parc de sculptures contemporaines. Sculpture de marbres lisses gris ou blancs, arrondis polis. Je suis autant séduite par la matière que par la forme. J’aime beaucoup les parcs de sculptures.

Evora : temple de Diane
Evora : temple de Diane

De m’autre côté se tient le Temple de Diane dont la colonnade se détache sur le ciel bleu. Témoignage qu’Evora, depuis l’Antiquité était une ville d’importance. A l’arrière du Temple romain les clochers de la cathédrale sont curieusement ornés de petits clochetons, seule fantaisie de cette cathédrale de granite massive et austère. Douze apôtres – ou saints – accueillent le visiteur sur le porche sans la fantaisie ou l’exubérance des monastères que nous venons de voir. A l’intérieur, la Vierge enceinte est debout au milieu d’un retable baroque très doré. Le Guide Vert vante les stalles derrière l’autel – inaccessibles. Les nombreux tableaux sont dans la pénombre. Nous sommes blasées après les visites de la semaine passée. Le cloître également est sobre et calme.

Evora : Sé cloître de granite
Evora : Sé cloître de granite

Le Musée d’Art sacré de la Cathédrale est une excellente surprise. Entrée high tech on scanne soi-même le code-barres du  billet et la porte s’ouvre. Climatisation, éclairage, scénographie étudiés. Je m’attendais à m’ennuyer devant croix d’argent et vaisselle usée, vêtements ecclésiastiques comme dans les musées d’art sacré habituels. Il y a une jolie collection de sculptures en bios peint et doré, petites, proches, parfois émouvantes. Belles peintures également quoique beaucoup snt du 16ème et sur des sujets religieux, ce qui ne m’attire guère.

Musée ecclésiastique
Musée d’art sacré

Le Musée d’Evora est très riche, très bien présenté. L’audio guide est gratuit (ne pas s’en priver). L’évêque Frei manuel de Cenaculo était collectionneur. Au 18ème siècle. Il légua ses collections éclectiques à la bibliothèque. Au rez de chaussée et au sous-sol sont rassemblées des sculptures, des pierres tombales d’époque romaine ou médiévale ainsi que des vitrines pré  historiques.

La peinture est au 1er étage. On entre d’abord dans le cabinet de curiosités reconstitué beaux objets sont entassés comme à l’époque J’aurais aimé disposer de plus de temps. J’ai surtout aimé les Flamands et particulièrement le grand retable commandé à des peintres flamands, en 1500 pour orner le maître-autel de la Sé : 13 tableaux retraçant la vie de la Vierge à qui l’église est consacrée. Rouges éclatants, bleu-roi, vert vif des vêtements, drapés, se détachent sur un décor soigné de paysages, d’arcades ou d’intérieurs avec des objets bien dessinés. J’aurais pu rester des heures devant à examiner tous les détails.

souvenirs de liège
souvenirs de liège

Comme il est l’heure de déjeuner nous cherchons une terrasse à l’ombre aérée parce qu’il fait bien chaud. La Rue du 25 octobre descend à la grande place Giraldo, de nombreuse boutiques pour touristes proposent tous les articles de lièges même des chapeaux (genre Western), des mallettes pour ordinateurs portable, portemonnaies, sacs…Un trio anime la rue avec la musique des Beatles.

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Nous trouvons notre cantine idéale sur le Largo d’Alvaro Velho – petite place où débouchent des rues tranquilles. Il y fait très bon. Le menu est très touristique ‘surtout les prix) et il y a peu de choix. Bolhinos de bacalau (version portugaise) hamburgers (version internationale). Les clients parlent tous français. Ce n’est pas franchement gastronomique mais nous sommes ravies de l’emplacement tranquille et du décore que je dessine.

Quand nous sortons de table à 14h30 par une chaleur accablante. Pas question de traîner dans les rues au soleil. Heureusement, la rue est bordée d’arcades !

en route vers le gîte de Monte dos Arneiros (Alentejo)

CARNET PORTUGAIS

Bel endroit pour un piquenique!
Bel endroit pour un piquenique!

Autant il a été facile de trouver les salines, autant c’est une galère de trouver l’A15, autoroute d’Obidos à Santarem. Nous évitons Santarem par une rocade qui contourne les hauts immeubles puis traverse le Tage sur un pont suspendus à hauts haubans. A Santarem, le Tage est très large, c’est là que l’Infant s’est noyé raconte-ton à propos du filet sur le pilori d’Obidos.

Ribatejo

Passé le Tage, le paysage change. De grandes arroseuses qui ressemble à des ponts irriguent les champs de maïs – déjà haut – les tomates poussent en plein champ dans de vastes parcelles. Les très belles quintas ressemblent aux châteaux du Médoc. Des écriteaux balisent une route des vins rouges. L’analogie avec le Bordelais est tenace. Le Tage est aussi large que la Gironde. Nous déjeunons (fort tard) d’œufs durs, pommes de terre et prunes à l’ombre d’un bosquet aux fleurs roses en face de l’un de ces châteaux : murs blancs bordés de jaune, arrondis des murs près des porches, arabesques. Les bâtiments sont si longs qu’une photo n’a pas suffi. Je filme.

A Coruche, un pont enjambe la rivière Soraia . Plusieurs ponts métalliques rivetés se succèdent au dessus de ruisseaux et de canaux ; je reconnais des rizières dans ces champs vert fluo.

Alentejo

notre maison dans la forêt
notre maison dans la forêt

Sur de molles collines les oliveraies se succèdent puis les chênes-liège qui ont un air de Sardaigne. Les pins sont parasols. On se croirait proche de la Méditerranée. . L’Alentejo n’a pas ce vert Atlantique qui dominait avant le passage du Tage. En quelques kilomètres, les couleurs ont changé, les prés sont jaune-paille.  Chaleur lourde : on a pris 12° en moins de 100km.

Lavre – Monte dos Arneiros

Lavre est un village blanc perché sur une colline. Nous montrons au premier passant venu le voucher pour Monte dos Arneiros : « c’est à peu près à 4km sur cette route ! »

La route traverse des bois de chêne-liège tous écorcés récemment, leur tronc, encore marron, n’a pas eu le temps de noircir. Un écriteau, deux menhirs, un chemin sableux. Les maisons sont dispersées dans le bois de chênes et de pins.

La réception se trouve dans un beau bâtiment bas donnant sur une cour pavée à l’ombre de grands platanes. Les constructions blanches sont soulignées de bleu, il y a d’autres maisons, une chapelle dans la verdure, des bougainvillées, des agapanthes. De la piscine on jouit d’une vue très étendue sur l’Alentejo.

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monte dos arneiros

Notre maison est à 250m plus bas, bien cachée dans les bois. C’est une maison blanche aux fenêtres carrées entourées de bleu. Le toit à deux pans  dépasse les pièces d’habitations, abrite un garage ouvert des deux côtés, une terrasse sur le devant et une autre sur l’arrière. Quelle que soit l’heur, il y au toujours une terrasse à l’ombre ! Dans la plus grande, on a aménagé un barbecue en briques avec une cheminée et un plan de travail carrelé. Le grand salon a aussi une cuisine américaine dans un recoin caché par la cheminée. Fauteuils profonds, canapé, et rideaux assortis tapissés de jaune et bleu, un peu comme les tissus provençaux. Dans la chambre le lit et les fauteuils sont recouverts d’écossais à dominante jaune avec de larges bandes bleues.

De jolies lampes, un mobilier de bois foncé et lourd. Bon goût. Impression de confort donné par les larges fauteuils devant la cheminée pour l’hiver. TV écran plat, nombreuses chaînes toutes en portugais.

Lorsque nous entrons, malgré la grosse chaleur, la maison est fraîche. Des volets intérieurs, ds doubles rideaux garantissent l’isolation. Il ne faudra pas oublier de tout fermer quand nous partirons le matin en visites.

C’est parfait. Notre maison cachée dans les bois soulève notre enthousiasme !

Seul défaut de notre beau domaine de Monte dos Arneiros : il est à 4 km du village et à 20km du supermarché le plus proche. Nous repartons faire les courses à Vendas Novas. La route traverse les bois et passe devant une usine de liège. De grands tas rougeâtres en assez petits morceaux. Sans doute (le nom de l’usine le suggère) destiné à l’isolation.

Vendas Novas s’étire le long de la route dans la plaine. 3 supermarchés, une caserne d’artillerie, un musée militaire, un polygone de tir…rien de bien attirant pour les touristes.

Un vol de cigognes plane.

La soirée se déroule sur la terrasse à l’arrière de la maison .Malgré l’avertissement du patron, les moustiques sont rares. En calfeutrant la maison, en n’allumant pas la lumière on est tranquille. Visite des chauves-souris. Les étoiles s’allument. Il n’y a pas de lumière parasite. La nuit est belle.