Un peu avant 10h, nous partons de Fanhais, par Alcobaça et la route C2 qui descend vers le sud. Juste avant Rio Maior un panneau marron indique les Salines.
Les Salines de Rio Maior sont à l’extrémité sud du Parc Naturel des Montagnes d’Aire et de Candeeirosqui couvre un massif allongé Nord/sud à l’est de Leiria et d’Alcobaça. Nous l’avons traversé sans nous en apercevoir en allant à Tomar. Nous avions bien remarqué les panneaux indiquant des grottes et des promenades. Si nous avions connu l’existence de ce parc naturel nous aurions trouvé les pistes de dinosaures (pegadas de dinossauros) à Fatima en direction d’Ourem et plus au sud à Barrerinhas non loin d’Alcaned. En rentrant je regarderai si le parc a un site Internet.
Les salines de Rio Maior sont éloignées de 30km de la mer. Le sel vient du sous-sol. Un diapir(masse rocheuse de faible densité traverse les formations situées au dessus mais de plus forte densité, le sel forme comme un gros champignon remontant en surface. Le massif montagneux calcaire est un karst. Les eaux de pluie circulent dans les fissures et dissolvent le sel. Le cours d’eau salé alimente le puits. Une motopompe remonte l’eau mais on voit deux balanciers comme dans les puits turcs ou hongrois. Autour des puits, les œillets sont dallés et cimentés. Ils sont très peu profonds ; l’eau n’y excède pas 10cmet s’évapore en 6 jours. Il y donc une récolte par semaine.
ancien grenier à sel
Le sel, explique un panneau, est exploité depuis la Préhistoire. Les historiens n’ont de documents qu’en 1770. Actuellement les salines sont en exploitation, le sel est commercialisé et même exporté. Autour des bassins les greniers à sel étaient des cabanes e bios aux toits de tuiles rouges. Les auvents étaient soutenus par de grosses branches tortueuses. Bars, restaurants et commerces occupent les greniers à sel. On y vend du sel sous toutes ses formes, en sacs de 25kg, en sachets de quelques grammes, aromatisé, de toutes les couleurs, en gâteau de sel, en fromage de sel cylindrique. La boite à sel est déclinée dans toutes les formes et couleurs. Les poteries sont variées. On trouve les inévitables torchons et tabliers.
Les hommes qui travaillent à la récolte du sol sont chaussés de bottes en caoutchouc blanches, les brouettes en plastique jaune sont impeccables. Les saulniers grattent inlassablement la croûte blanche avec des pelles in inoxydable. Autrefois les outils étaient de bois : le métal est sensible à la corrosion. On ratissait avec des râteaux de bois. Même les serrures des greniers à sel étaient de bois. Le sel sèche en petite pyramides blanches sur des plateformes de bois surélevées. Les tas étincellent au soleil.
Un sentier de randonnée part des collines dans la campagne, monte à travers une pinède, arrive dans les vignes. Plus haut, sur l’arête sont posés trois moulins mais il est temps de reprendre la route.
Il faisait beau ce matin à Fanhais mais à l’approche de Nazaré une barre gris foncé venant de la mer se pose sur l’horizon. La Praia do Norte découverte du phare paraît inaccessible en voiture. Du Sitio , nous suivons la route Atlantico, belle route dans les pins doublée d’une piste cyclable qui dessert une éolienne mais ne conduit pas du tout à la plage. Retour à Sitio, on suit l’écriteau d’un Aquapark, pour le dépasser et arriver à un centre equeste. Une piste dégradée s’approche de la plage.
Plage signalée dangereuse, baignade déconseillée. La mer est grise. La barre nuageuse grise s’est installée au niveau du sol. Je marche dans un brouillard mouillant. Les vagues se brisent à grand fracas. Je n’ai vraiment pas l’intention de me baigner, même si j’ai mon maillot. D’habitude, je marche les pieds dans l’eau. Sur cette plage déserte, dans le brouillard ne n’ose même pas m’aventurer à la frange de l’eau. Je ne sais pas si la mer monte ou descend. Surtout, je suis impressionnée par le haut talus de 2 ou 3 m aux pentes presque verticales mouillées. Comment se forme ce talus ? Quand est-il il dépassé par la vague ? Résulte-t-il de la routine des marées ordinaires ou au contraire est-ce l’érosion de formidables tempêtes. Les vagues arrivent-elles d’un seul coup jusqu’à cet obstacle ou est-il franchi progressivement.
En l’absence de réponse, je marche très loin de l’eau et des vagues prédatrices dans le sable sec et c’est épuisant. En 1h30 je n’ai vu que deux joggers. Le second, intrépide est mêm allé se mouiller dans les vagues.
Pendant ce temps, Dominique a acheté des crevettes roses et des sardines bien fraîches pour un déjeuner sous la treille. Au petit marché de Sitio, on a trouvé des fraises. Menu de gala pour notre dernier jour au Moulin.
la pinède derrière le moulin
Après une après midi grise à la piscine qui ne m’a pas empêché de nager mes allers/retours interminables, je vais explorer les environs du Moulin. Il est temps, nous le quittons demain ! Le chemin sableux à l’arrière du Moulin ne se perd pas dans les taillis comme je l’imaginais. Il se poursuit très loin. Je découvre le village vu d’en haut de la dune. En bas il y a une grande ferme et un très grand jardin très vert. Le chemin s’enfonce ensuite dans les pins, puis entre les jeunes eucalyptus aux grandes feuilles bleutées. Les pins portent de petits seaux pour la résine. Je pourrais continuer cette promenade longtemps mais il est 8h, le carillon sonne ave maria avant les 8 coups. Je me suis habituée au rythme des cloche et ne conulte plus ma montre, j’attends que sonne l’heure.
Dernières photos de la fenêtre qui donne sur les arbres et le ciel de notre chambre
Dansle Garçon qui voulait dormir, les Partisans,et... Appelfeldpuise dans son expérience personnelle, sa vie errante dans les forêts de Bucovine ou d’Ukraine au cours de la Seconde Guerre mondiale. Pas plus que dans les romans précédents, il n’écrit d’autobiographie. Il s’agit de fiction. Le témoignage est celui d’un romancier qui met en scène des personnages romanesques complexes avec leur histoire propre. Depuis que je suis cet auteur je n’ai aucune impression de répétition ou de redite. Bien sûr, le décor change peu : forêt, marais et montagne mais l’histoire est différente. Richesse de l’âme humaine et de cette humanité juive, finesse de l’observateur qui ne se limite pas aux archétypes et fait surgir des personnalités.
Tsili, fillette de 12 ans, peu éveillée, est peu douée alors que ses aînés cherchent à réussir socialement par une bonne éducation et des concours. La famille n’est pas pratiquante, un vieil homme l’ initie aux rudiments de la religion puisque l’école est pour elle un échec. Alors que la menace se précise pour les Juifs en 1942, on la laisse garder la maison tandis que le reste de la famille prend la fuite .
Livrée à elle- même Tsili découvrira seule les moyens de survie. Tantôt, elle sera sauvageonne dans la forêt, tantôt, elle sera servante de paysans à qui elle cachera ses origines juives.
Dans la forêt, elle rencontre Marek homme marié qui a fuit les camps. Une vie commune s’organise dans un abri qu’il a creusé. Un jour Marek descend de leur montagne :
« L’homme n’est pas une taupe, cette position couchée est déshonorante »
Il ne remontera plus. Tsili porte un enfant de lui. La guerre prend fin et Tsili rejoint les colonnes de réfugiés qui traversent l’Europe avant d’arriver à la mer où ils embarquent vers la Palestine. La fin du roman conte leur errance. Tsili est devenue une femme.
J’aurais dû lire le livre avant d’aller voir lefilm d’Amos Gitaï qui n’est pas une adaptation du roman. Plutôt une illustration, une inspiration, comme la chorégraphie qui lui sert de prologue. Oeuvre minimaliste. Tsili est figurée d’abord comme sauvageonne puis comme errante. Amos Gitaïn’a rien retenu de la servante battue par les paysannes, ni de la mendiante, de celle qui troque des vêtements contre la nourriture. La bande sonore raconte plus que les images. Bruits de fusillades. Bruits de la forêt. Il faut également être attentif à la langue, alternance de yiddish et d’Allemand, russe aussi.
Troisième monastère visité dans la semaine (billet groupé 15€). Et aucun sentiment de répétition. Alcobaça : la découverte et surtout les deux histoires : celles de la fondation du monastère (azulejos) et celle de la Reine Morte. A Tomar, découverte de la puissance et de la richesse des Templiers et de leurs successeurs, l’or des Grandes Découvertes avec les symboles manuélins résumés dans la fenêtre célèbre. Batalha est différent.
Mis en valeur sur une vaste esplanade, l’église peut être abordée de tous les côtés. On peut choisir le porche gothique tardif de Huguet aux nombreux personnages gardant l’entrée, ou par le chevet dans l’énorme ébauche des chapelles Inachevées. De l’extérieur c’est la gloire du gothique flamboyant. Belle couleur de la pierre sous le soleil du matin, pierre claire, un peu orangée où la patine grise se mêle harmonieusement.
On entre dans la nef en contournant la pierre tombale d’un des architectes. Cinq architectes se sont succédé :
1388 – 1402 Afonso Domingues
1402-1438 Huguet
1438-1448 Martin Vasques : Chapelles Inachevées
1448 -1477 Fernao d’Evora : cloître d’Afon
1480-1515 Matéus Fernandez : style manuélin
1515-1533 Style Renaissance
La nef immense d’Afonso Domingues est éclairée par des vitraux. Dans le chœur les vitraux 16ème s sont très colorés. Sur les hauts piliers qui semblent être des faisceaux de plusieurs colonnes soudées les chapiteaux paraissent très petits. Alternent une ronde d’’anges avec de longues iles en V qui forment un zigzag et des feuilles de vigne. A la base des piliers, un motif discret orne chaque colonne. Le chœur et les chapelles autour sont sobres, pas de dorures baroques pour masquer le gothique.
lanterne octogonale de la chapelle du Fondateur
La chapelle des Fondateurs est construite autour du double tombeau de Jao et Philippa de Lancastre. Sur la très haute pierre tombale les deux gisants sont côte à côte. Dans des niches reposent les quatre fils dont Henrique le Navigateur. Huit énormes piliers soutiennent la lanterne octogonale très élégante.
Cloitre de Batalha :
Lorsqu’on entre dans le cloître on change d’univers quittant le gothique pour le style manuélin, dentelle de décors avec les symboles marins des Grandes Découvertes, la Croix des Templiers qui ornait les voiles des caravelles, la sphère armillaire, les nœuds marins et cordages…
Batalha, lavabo du cloître
La Salle capitulaire renferme le tombeau du soldat Inconnu. Elle est gardée par des militaires en treillis de camouflage armes à la main. Nous assistons à la relève de la garde. Ce déploiement militaire donne de la raideur et enlève du charme au cloître. Le silence est troublé par le pas martial. Les commandements s’accordent mal avec la méditation. Mêm le murmure de l’eau dans la très belle fontaine ou lavabo, en est troublé ;
Le calme, nous le trouverons dans le cloître suivant, très simple et parfumé de roses qui poussent autour de trois grands cyprès. Des panneaux racontent la vie des dominicains, vie vouée à l’étude.
La visite se termine dans les chapelles inachevées. L’énormité des piliers laisse supposer un monument imposant. La mort du roi commanditaire a mis fin au chantier. Ou peut être sa démesure ?
Non loin du monastère un petit musée est très agréable à visiter. Géologie, Préhistoire, Histoire et Ethnologie. Une exposition temporaire est consacrée aux minees de lignite de la région.
Batalha : chapelles inachevées
Les vitrines racontant l’histoire géologique du Jurassique au Miocène m’ont beaucoup intéressée. C’est au Jurassique que vivaient les dinosaures de Lourinha. La paléogéographie montre que le continent était haché de failles correspondant à l’ouverture du Proto-Atlantique avec déppôt de sédiments marins. Au Jurassique supérieur et au Crétacé, le bassin se ferme tandis qu’au Miocène le massif calcaire est relevé. L’érosion karstique se met en place.
A côté des maquettes structurales, de beaux fossiles sont exposés : ammonites, encrines (très beau) aussi dinosaure (stégosaure) et des dents de mamouth.
Un romain en toge occupe le centre d’une pièce ronde où sont regroupés les vestiges romains venant de Conimbriga et de Collipe.
Les étapes de la construction du Monastère sont détaillées par des maquettes.
Je passe distraitement dan la section ethnologique.
Vers midi, nous sommes de retour au Moulin pour un déjeuner sous la treille.
Après midi ensoleillée à la piscine ; Il est plaisant de profiter de ce gîte si joli avec une hôtesse sympathique. La petite chatte Cal, très joueuse nous tient compagnie.
Sitio : les arènes
Vers 18heures nous retournons au Sitio pour refaire les photos prises hier par temps gris
Franchement, j’hésitais beaucoup, Yolande Moreau, oui, Poelvoorde, moins. J’avais peur d’une comédie lourdingue, la bande annonce ne m’avait pas convaincue. La critique favorable de Dasolaa joué en sa faveur.
Et je n’ai pas regretté.
C’est du bon cinéma, avec des trouvailles incongrues et plein de surprises. Deneuve avec le Gorille c’est moyen, mais le reste est vraiment original. Trouvailles visuelles, idées iconoclastes, Dieu comme un sale type, la Cène en équipe de base-ball américain…
Il faut que j’arrête : l’effet de surprise est capital.
La plage la plus proche, Praia de Areia, ne nous séduit pas au premier abord. Un haut et unique immeuble domine les toits rouges des maisons balnéaires. Le sens unique nous interdit de nous approcher de la plage où des surfeurs s’ébattent dans les vagues. Nous cherchons plus sauvage vers le nord. Une route très étroite court en corniche sur les hautes falaises variant de rouge à vert, en passant par gris à beige là se trouvent les niveaux fossilifères ayant livré les dinosaures. Au pied des falaises, la mer semble tranquille, il y a de belles plages désertes. Personne sur la plage de Caniçal, les aménagements se limitent à une poubelle et deux pancartes, prévenant en 4 langues que la baignade n’est pas surveillée, et avertissant : « chutes de pierres ». Je parcours avec délice le sable vierge avec aussi un pincement d’appréhension : je ne sais pas si la mer monte ou descend. Le sable sec n’existe pas. Au fond de la plage j’ai peur d’être prise dans un piège. Je ne m’attarde pas.
Un peu plus au nord, il y a un petit fort carré et en dessous quelques barques. C’est la plage de Paimogo d’où viennent les œufs de dinosaures.
Fin de la route.
Plage d’Areia Branca
Retour à Praia de Areia Branca. Nous nous attablons à la première terrasse pour déjeuner ; Tables et chaises jaunes, protégées du vent par des cloisons de verre. Plat du jour : escalopes aux champignons et à la crème (6.5€). Au pied de la terrasse, une promenade piétonnière avec des douches et des bancs. Sur la plage, les tentes sont carrées, en toile rayée, comme en Normandie. Drapeau jaune. Les baigneurs les plus intrépides se tiennent debout alignés et attendent que la vague les mouille. Au bout de la digue, je découvre une très longue plage avec quelques tentes et quelques parasols (cela se dit chapeu). J’aimerais aller plus loin sur cette plage déserte au sable fin et tiède. Au lion, se profilent encore des falaises.
Peniché : les rochers étrange de Carvoeiro
Retour par Peniche. A l’entrée de la ville, on goudronne le rond point, provoquant un embouteillage monstrueux. Que sommes-nous faire ici ? Finalement c’est notre tour et nous poursuivons sur Carvoeiro qui est un curieux affleurement de calcaire gris aux strates horizontales et fines que l’érosion a attaquées dégageant des empilements pittoresques. Au bout du cap se tient un petit phare métallique rouge. Sur l’autre côté, les figures d’érosion sont différentes : lapiaz ? Un GR est tracé, des poissons de bois jaunes signalent les descentes à la mer pour les pêcheurs.
De Peniche, nous apercevons la marina (porto de diversion). Nous cherchons le port de pêche ! Nous nous perdons et râlons, énervées parce que l’embouteillage nous a contrariées. C’est dommage parce que nous ne profitons pas de la découverte de quartiers de pêcheurs aux maisons modestes (pêcheurs ou conserveries). Les gens sont encore habillés de façon traditionnelle, ls dames tout en noir avec leur fichus et leurs grosses lunettes. On finit par retrouver le rond point, entre temps la police a mis en place une déviation : nous découvrons un peu tard le port de pêche derrière des grillages. Il y a de gros bateaux, un grand bâtiment peut être la criée. C’est vraiment un gros port plus grand que celui du Guilvinec que nous avons visité récemment.
La plage de Nazaré vue de Sitio
Une voie rapide nous conduit à Nazaré (2.1€ péage). Le temps est couvert, il fait très frais. Après les courses nous suivons la flèche marron portant des jumelles « sitio », imaginant un point de vue (à cause des jumelles). Le quartier est pavé. Les maisons sont anciennes. Il y a de nombreux restaurants de coquillages. Sur une petite place les arènes sont blanches peintes aux couleurs espagnoles rouge et jaune. La prochaine corrida est le 25 juillet mais la porte est ouverte. On jette un coup d’œil à l’arène bien ratissée. Les corridas portugaises sont plus sympathiques parce qu’on ne met pas à mort le taureau.
On se gare entre le théâtre et l’hôpital. Le théâtre est surmonté d’un macaron avec masque et trompette/ l’hôpital est une bâtisse blanche fin 19ème . On accède à la grande place en passant le long de la grande église perchée sur un haut perron arrondi construite de belles pierres roses et blanches. Au milieu de la place, le kiosque à musique est peint en jaune, accompagné de quelques palmiers. De nombreuse boutiques proposent des souvenirs bon marché : torchons aux motifs stéréotypés de coqs portugais, tabliers rouge ou verts… les marchandises les plus originales sont de belles vestes tricotées mail, grises ou beiges, des ponchos aux aiguilles ou au crochet, des petites capes courtes en côtes anglaises.
la vendeuse de fruits secs
Le dernier côté de la place est le Minadouro point de vue dominant la plage/ Des marchandes de fruits secs, de lupins et d’arachides salées sont habillées en costume traditionnel la jupe courte est gonflée par plusieurs jupons, un foulard à carreaux est noué en turban sur la tête ; Elles attirent les passant en chantant et dansant. Un autre mirador est installé plus haut à l’arrivée de l’ascenseur qui est un funiculaire reliant la plage au Sitio. On surplombe les tentes carrées alignées deux par deux, le sable d’or et l’eau transparente. On voit au fond, le port. Il est loin, le temps où les barques étaient hissées sur le sable, tirées par des bœufs. De vieilles cartes postales témoignent de ces anciennes pratiques.
Plus bas, sur une petite avancée ; le phare de Nazaré est construit sur un petit fort de pierres aux murs de beaux moellons aux arêtes aiguës. Pour 1€, le phare se visite. Musée très petit mais très bien fait ! Des panneaux racontent les guerres napoléoniennes. En 1808 les troupes françaises attaquèrent le fort défendu conjointement par les Portugais et les Anglais de Wellington. Les panneaux racontent également les « guerres libérales » opposant libéraux et absolutistes dans les années 1840. La salle suivante est dédiée à un curieux phénomène : les vagues géantes de Nazaré et le Canyon sous-marin de Nazaré. On essaie de répondre à cette question : pourquoi de si grandes vagues jusqu’à 30m de hauteur à Nazaré ? D’autres panneaux racontent l’origine du sable sur les larges plages et tracent les courants marins alimentant en sable le rivage.
Un audiovisuel montre les exploits d’un champion de surf.
A la sortie du phare, je découvre la belle plage du Nord. Comment y accéder?Peut être en traversant la pinède. En face de la route de Fanhais il y a une route mais elle se transforme en piste qui tortille dans la pinède.
Je suis une fan inconditionnelle d’Amos Gitaïet de Aharon Appenfeldqui a écrit le roman Tsili. Il fallait donc que je voie le film. Mais peut être aurais-je dû lire le livre avant. J’aurais sans doute mieux suivi cette oeuvre a-typique. Amos Gitaï sait raconter une histoire en utilisant les canons du cinéma habituel. Il peut aussi produire une installation avec des vidéos comme celle dédiée à son père avec le documentaire Lullaby to my father qui m’avait beaucoup émue.
Le générique de Tsili est une chorégraphie, une jeune fille (Tsili?) danse sur fond noir en chemise de nuit blanche. Long plan-séquence. Je sais que ce ne sera pas un film d’action, plutôt un film contemplatif. Tsili vit dans les bois, dans ces forêts où étaient les Partisans d’Appenfeld. Elle mange des baies, se fabrique un nid. Visuellement il ne se passe rien, en revanche la guerre est présente dans la bande sonore. C’est autant un film à écouter qu’à regarder. Arrive un jeune homme, Marek, qui essaie de nouer un dialogue, offre du pain, leurs rapports sont très étranges. Scène de viol. Tsili ne veut pas. Très pénible pour moi. Succède une scène très tendre où les amants dorment dans un nid de branchages. Compliqué : Tsili est joué par deux actrices aux longs cheveux mais qui ne se ressemblent pas; Pourquoi?
Une colonne de réfugiés marche vers la mer. La mer Noire ou la Méditerranée. Ils s’abritent sous un hangar.
Puis suivent des images d’archives. Des enfants de diverses communautés d’Europe Centrale, prises avant la guerre. Très émouvantes.
Lourinha se trouve au sud de Caldas da Rainha. Sur A8 on dépasse Obidos dont la silhouette nous est familière, on la quitte à Bombarral sud. Le Musée de Lourinha est au centre ville piétonnier. Il faut se garer un peu loin. Le quartier est très vivant, il n’y a pas de boutiques à touristes mais des boucheries, des coiffeurs….
Nous avons fait le voyage pour les dinosaures mais il y a également une fort jolie sectionethnographique que nous parcourons , talonnées par un groupe d’enfants en visite guidée. Les environs de Lourinha comptent de nombreux gisements de fossiles. Une des vedettes du Musée est Lourinhosaurus antunesi matéus (allausaure) découvert en 1982 par un agriculteur. Le fossile est incomplet, on a trouvé les vertèbres cervicales, dorsales sacrales et caudales, la ceinture pelvienne, un fémur, un tibia et péroné. IL mesurait environ 4.5m, était carnivore et vivait il y a 150Ma limite
os d’embryon de dinosaure dans l’oeuf
Tithonique/Kimméridgien. En 1977, un nid comprenant 120 œufs a été découvert sur al plage de Paimogo ; plusieurs embryons ont été identifiés : on voit les minuscules vertèbres et deux fémurs en position encore dans l’œuf.
En 2013, à Porto das Barcas, des œufs et embryons de Torvossarus ont été mis à jour.
Mais ce n’est pas tout !
Un autre dinosaure a été nommé d’après le toponyme de Lourinha : Supersaurus Lourinhensis Jurassique supérieur (152Ma). Super dinosaure, donc énorme ! Dans son estomac il y avait des gastrolites aidant à la digestion.
Miragaia Longicolum (ornithoschia) a également été retrouvé à Lourhina. C’est un dinosaure au long cou et à épines : sur le haut du dos il portait des épines triangulaires et plates tandis que vers le bas c’étaient de fines pointes.
Enfin, le Musée présente aussi Zby Atlanticum (150Ma).
Six dinosaures d’espèces différentes pratiquement contemporains c’est vraiment une grande richesse pour un petit musée.
Et ce n’est pas tout !
Metoposaurus algarvensis (fin du Trias 220Ma) vient d’un peu plus loin. Ce n’est pas un dinosaure mais plutôt une salamandre géante.
Le Musée de Lourinha est aussi partie prenante dans deux projets africains depuis 2005. PALNIASSA au Mozambique et PALEOANGOL. Cette collaboration a permis des découvertes significatives dont le Niassodon, un petit mammifère de 30cm de long trouvé au Lac Niassa et daté du Permien. A côté du fossile encore dans sa gangue on a reproduit l’animal avec une imprimante 3D. Le résultat est impressionnant : un petit squelette blanc en plastique bien plus parlant our la profane que je suis ; On imagine la taille, la démarche du petit animal.
En plus, on présente la tête d’une tortue jurassique, des restes de crocodiles et une jolie collection d’invertébrés : des oursins et leurs piquants dans une argile fine< ; plus étonnant encore : les tentacules d’un céphalopode.
cephalopode
Les végétaux ne sont pas oubliés : equisetum (prêles) fougères et bois fossiles retracent une frise de l’Evolution des végétaux.
Ce musée est très bien présenté. Les panneaux illustrés sont bilingues (Portugais/Anglais). Des répliques des animaux permettent d’imaginer la silhouette à côté des restes fossiles (forcément incomplets).
J’ai oublié de noter le nom du petit reptile volant suspendu au plafond.
paléontologues en herbe
Pour compléter cette intéressante visite, on voit les techniciens et les paléontologues au travail, dégageant les fossiles, les nettoyant à la brosse à dents ou aux outils de dentistes, vernir ce qui a été dégagé. Des enfants se sont joints aux spécialistes(leurs propres enfants ou ceux d’un club local ?
71km entre Nazaré et Tomar en passant par Alcobaça et la route IC9 toute neuve, vide qui traverse un massif – collines ou montagne ? – plutôt montagne à cause du relief malgré la faible altitude. Ds bancs calcaires sont en saillie.
C’est un paysage très différent de ceux que nous avons vus au Portugal. L’olivier confère un goût de Méditerranée. La vigne est plantée en rangs parallèle assez bas alors que dans le Minho elle grimpe. Villages perchés dispersés. Beaucoup moins de construction que dans la zone côtière. De grands viaducs enjambent les vallées creusées par des rivières invisibles mais nombreuses. On passe à quelques km de Fatima sans s’arrêter. Les apparitions et les sanctuaires du 20ème ne me disent rien.
Le couvent de Tomar est au sommet de la colline. On y accède par une rampe pavée très raide, crest toute une ascension pour découvrir en haut un grand parking, une route et des voitures. Une flèche indique leCastelo. Château fort ou couvent ? C’est la même chose dit la jeune fille de la cafétéria. Les grosses tours carrées et les remparts ressemblant à ceux d’Obidos cachent le couvent pourtant énorme. Le Castelo était une forteresse des Templiers fondé en 1160 sur un fort maure du 9ème siècle au 12ème. L‘influence proche-orientale se remarque dans les renforcements inclinés des murailles qu’on voit en entrant par une chicane qui ne laisse voir qu’une échauguette surmontant le rempart.
Tomar : murailles
En 1319, l’Ordre des Templiers est dissous et le château passe à l‘Ordem de Cristo.
On découvre après l’église des Templiers bâtie au 12ème siècle sur le modèle du Saint Sépulcre – la Charola . Le nouveau bâtiment fut érigé par Jao III au 16ème siècle.
Tomar : porche de Joao de Castilho
Avant d’entrer on est rempli d’admiration devant la finesse du porche plateresque de l’Espagnol Jao de Castilho : les angelots musiciens grimpent dans les feuilles d’acanthe tandis queu les personnages sont finement ciselés.
La visite est fléchée. Elle commence par le Cloître du cimetière dallé de pierres tombales. Au milieu quatre orangers et un massif sont dans des jardinières d’azulejos qui rappellent les zelliges mauresques. Les arcades sont gothiques avec de petites colonnes géminées aux chapiteaux végétaux. Les murs sous les arcades sont carrelés d’azulejos bleus et blancs aux motifs végétaux.
Cloître du Cimetière
Le Cloître des Ablutions (1420 agrandi au 16ème) tient son nom de la présence d’un puits entouré de quatre massifs de romarin. Les arcades sur deux niveaux sont gothiques.
La toute petite chapelle Portocarneiros est entièrement carrelée. Le jaune éclaire cette pièce aveugle.
La Sacristie possède un magnifique plafond à caissons de bois peint (1629-1630). Un long lavabo occupe un mur. L’eau sort de 5 têtes expressives même rigolardes.
Tomar : croix des templiers dans l’église manueline
L’église manuéline (16ème siècle) est construite sur deux niveaux. Du chœur haut on découvre la rotonde des Templiers. Dans l’église manuéline j’admire la finesse des sculptures aux motifs des Navigateurs : cordes, nœuds marins, sphère armillaire ainsi que les croix des Templiers que l’ordre du christ a adoptée.
Charula : église byzantine des Templiers
Une somptueuse fresque précède la Rotonde. Cette Rotonde dorée, surchargée de motifs brillants de bois peint doré est qualifiée de byzantine. Au centre 8 colonnes se rejoignent pour former une sorte de chœur circulaire. Tout autour il y a des statues de bois peint. Une sorte de déambulatoire est orné de tableaux et de fresques.
Tomar : cloître principal
Le Cloitre Principal (16 ème) a été dessiné par Diogo de Torralva, admirateur de Palladio. Il a un air d’Italie avec ses colonnes « toscanes » premier niveau, ioniennes à l’étage. Les arcs sont ornés de caissons. Une certaine sobriété contraste avec l’exubérance manuéline. Par des escaliers en colimaçon évidés on parvient à la terrasse – terrasse de cire – on y faisait sécher la cire d’abeille. De cette terrasse on découvre deux autres cloîtres : le Cloître des Corbeaux et le Cloitre de Micha. On est aussi très roche des pinacles de la nef manuéline. Je peux photographier les motifs marins. Au centre du grand Cloître la très belle fontaine a une vasque en forme de la Croix des Templiers ;
Le Réfectoire est à l’échelle du couvent : immense ! De longues tables occupent toute la longueur. On peut imaginer les moines dîner en silence tandis que le lecteur se trouvait dans l’une des deux petites chaires finement ciselées.
Les cellules sont réparties de chaque côté de deux couloirs qui se coupent en croix et qui sont ornés d’azulejos. Au croisement, on trouve une curieuse pièce Calefactorie où on allumait du feu pour que les moines assis sur des bancs puissent se réchauffer.
Tomar : fenêtre manuéline
De l’une des cellules s’ouvrant sur le cloître Sainte Barbara (ou sainte Barbe), on découvre le chef d’œuvre du monastère : la Fenêtre Manuéline. A sa base le « capitaine » soutient à bout de bras deux mâts aux multiples décors. On reconnait des chaînes, des coraux, des algues, des cordes et des câbles. Les cordes sont nouées de nœuds marins. Au sommet la croix de l’Ordre couronne la fenêtre. Tous ces symboles glorifient la puissance et la richesse des Navigateurs.
Il reste encore deux cloîtres à explorer, beaucoup moins ornés que les précédents. Du cloitre des corbeaux il n’y a pas grand-chose à dire. Le cloître de Micha, en revanche est très différent. Il est pavé plus grossièrement et les arcades sont également plus frustes. Le patio n’est pas planté. Son dallage creusé d’une rigole destinée à conduire les eaux de pluie dans une citerne. Nous avons vu récemment en Tunisie des citernes analogues dans la cour de palais ou de mosquées. Le nom de « Micha » vient de la distribution de miches de pain aux indigents, ce qui explique la relative sobriété du décor .
Il faut descendre par la rampe bien raide aux pavés irréguliers et glissants. On rase les murs pour trouver un peu d’ombre.
Rues de Tomar pavoisées pour la fête des Tabuleiros
La Praça de la Republica est bordée d’un côté par l’église Sao Jao Baptiste au délicat portail manuélin que nous négligeons après toutes les splendeurs du monastère. De chaque côté des boutiques et les terrasses de trois pâtisseries. Le projet était de déjeuner en ville. On ne sert ici que des gâteaux. Le choix est : s’installer sur es terrasses aérées de la place mais ne manger que du sucré (ou presque) ou chercher u n petit restaurant dans les rues étroites par cette chaleur étouffante. On choisit la première solution avec des petits pâtés à la viande et aux crevettes et une sorte d’omelette sucrée au lait caramélisée sur les deux faces, sorte de crème brûlée délicieuse.
Nous avons de la chance : la semaine dernière s’est déroulée la Fête des Tabuleiros qui n’a lieu que tous les deux ou trois ans. Toute la ville est décorée de fleurs, pompons, guirlandes en papier crépon< ; Certaines rues ont une véritable allée couverte avec arcades et guirlandes et même un tapis de fleurs ; Certaines boutiques ont une tapisserie de fleurs en papier ;
La ville moderne commence en delà de la rivière ou une grande roue avec des cruche tourne sur elle-même.
A Tomar se trouve une des plus anciennes synagogue du Portugal, transformée e Musée hébraïque. J’aurais beaucoup aimé la visiter; Fermée quand nous sommes descendues du monastère
Film sur la prostitution au Maroc. Politiquement incorrect? En tout cas interdit par la censure et ayant déclenché des réactions violentes dans son pays. Sorti aujourd’hui sur nos écrans parisiens.
J’ai passé un excellent moment. Des filles belles, chaleureuses, pleines de vie, joyeuses et généreuses. La vie ne leur fait pas de cadeau, mais elles ont décidé d’en profiter et de donner à ceux qui sont moins bien lotis qu’elles, et même de prendre des vacances!