Lanzarote J3 -Mirador del Rio – Jardin des cactus

CANARIES 2015

Mirador del Rio

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Proche d’Haria, c’est une attraction incontournable pour le visiteur sur Lanzarote. Il suffit de suivre les nombreux panneaux pour arriver dans un discret parking circulaire comme le cratère d’un volcan. Tout autour, un mur de lave s’incruste dans le rocher. Tout en discrétion, pas de panneaux, aucun artefact qui nuirait à l’harmonie du lieu dessiné par Cesar Manrique. L’entrée dans le Mirador se fait par un petit passage arrondi. Ou plutôt, nous n’entrons pas. Le Mirador est payant, c’est un restaurant et nous n’avons nulle envie de payer juste pour le coup d’œil puisqu’on nous a assuré que le panorama était le même un peu plus loin sur la route. Sauf que des panneaux ronds bordés de rouge (type signalisation routière) interdisent la promenade aux abords immédiats du Mirador. Seule solution : marcher sur la route en corniche fort étroite et bordée de murettes. Les voitures peuvent à peine s’y croiser. Heureusement à l’heure du déjeuner il y a peu de circulation.

mirador del Rio

Alors que le ciel est gris sur Lanzarote il fait très beau sur la Graciosa que nous dominons du regard. Trois petits cônes multicolores, un port minuscule protégé par des jetées arrondies, une petite marina. Sur l’île, ni route, ni agriculture mais deux petits village. Ce n’est pas une île déserte. La mer, bleu turquoise est très calme. L’île a brisé l’impétuosité de l’Atlantique. Les plages de sable clair m’étonnent.  En face de l’île, sur Lanzarote une petite langue plate enserre des salines, minuscules bassins roses.

C’est une très belle promenade en balcon. Parmi les fleurs je remarque la lavande (différente de la nôtre). Dominique m’attend plus loin dans une sorte de parking où les boxes auraient été construits avec des murets de pierre comme ceux qui protègent vignes, opuntias ou figuiers. Un beau chemin dallé conduit à un escalier : j’aurais pu descendre à la plage du Ricio, les marches sont bien taillées et le chemin est sûr par beau temps une baignade aurait récompensé l’effort mais il fait bien trop gris et bien trop frais.

A Ye la route d’Arrieta contourne le Monte Corona (609m) le bien nommé puisqu’il ressemble vraiment à une couronne. C’est le domaine de la vigne. Les pentes sont soigneusement construites en terrasses protégées par des petits murs. Certains ressemblent à des tours incomplètes qui abritent des figuiers ou même des pêchers en fleurs. Les figuiers sont capricieux, certains sont défeuillés, les autres verts. Mystère. Bodegas et Fincas commercialisent leur vin qui doit être de prix avoir avoir été soigné avec tant de maçonnerie. J’essaie de photographier les petites cases où un ou deux ceps sont enclos. C’est plus joli à l’œil que photogénique. Dans le viseur, il y a toujours quelque chose qui cloche : grillage indésirable, des bouteilles en plastiques autour du jeune cep, mur trop haut ocultant le reste….

aloe vera
aloe vera

La Maison de l’Aloe vera est une visite qui nous tente. Un car rempli de touristes allemands remplit la boutique « show room ». Les Allemands essayent tous les testers pour essayer le gel, le lait …J’achèterais volontiers les savons verts translucides, le gel douche. Les produits en crème sont moins alléchants : ils ne sont pas verts ! La vendeuse s’active auprès des touristes allemands. Je renonce. Juste une photo du chmap d’aloés rangés impeccablement mais pas encore fleuri.

jardin ds cactus
jardin ds cactus

Le Jardin des Cactus, encore un incontournable dessiné encore par Manrique.

Pour 26€, j’achète le billet groupé (bono) pour 4 visites.

Un porche arrondi s’ouvre sur un amphithéâtre rond, gradins de lave, encore le thème du cratère un peu trop ressassé,  ne me surprend plus. Les cactus viennent du Mexique, les euphorbes du Maroc, certaines cactées d’Argentine, ou d’Afrique du Sud. Opuntias aux raquettes roses ou ponctuées de vert, cierges poilus, velus paraissant doux au toucher, coussins aux piquants spiralés de toutes tailles et de toutes formes, fascinants. Tous les aménagements sont conçus avec soin, jusqu’aux portes des toilettes aux dessins un peu provocateurs. La cafétéria est luxueuse. Le Maître a veillé à tout.

Nous rentrons à 18heures, le soleil dans les yeux.

Lanzarote J3– Téguise – ermitages – Haria

CANARIES 2015

Le Castillo San Barbara Teguise
Le Castillo San Barbara Teguise

La route de Teguise traverse des étendues agricoles plutôt planes et très soignées. La pouzzolane est finement ratissée, les pommes de terre touffues protégées par ds haies ou des filets. A l’entrée de Téguise il y a une petite zone industrielle avec de petites usines agro-alimentaires, entre autres une fromagerie (chèvres). Dimanche est jour de marché à Teguise – marché touristique selon Jürgen. Les employés municipaux canalisent les voitures vers de grands parkings payants (1.80€) à l’extérieur de la ville. Nous faisons le tour de Téguise sans nous y arrêter – peu désireuses de nous mêler à la foule de touristes. Un château domine la ville en haut de sa colline et nous nous promettons d’y revenir.

Ermitage San Sebastian El Mojon
Ermitage San Sebastian El Mojon

La LZ-10  vers Haria s’engage dans une étroite vallée. Sur la carte figurent deux ermitages. Au Monumento del Campesino j’ai vu les maquettes des petites chapelles ; blanches, très simples et charmantes. Avant le village Los Valles nous prenons la direction d’El Mojon pour y chercher l’ermitage San Sebastian :mignonne église blanche au porche arrondi souligné de basalte autour de sa lourde porte de bois avec un clocheton décalé sur la gauche. A l’arrière du clocher, le mimosa est en fleur. Quatre palmiers cachent le petit presbytère avec un petit poivrier. A l’arrière de l’église, derrière une murette, la prairie est constellée d’anthémis jaunes parmi les graminées. Les maisons du villages – blanches éclatant – sont entourées de jardins très soignés avec des cactus sculpturaux, des buissons fleuris  – du genre echium(Tajinaste) cultivés aux inflorescences très abondantes bleutées – et des verbena roses oranges.

Tajinaste
Tajinaste

La chapelle Santa Catalina de Los Valles se trouve sur le bord de la route, entourée de jardinets de placettes, dans l’une d’elle la citerne est accessible par un puits discret qui se déverse dans une auge creusée dans de la pierre. L’église est construite sur une estrade haute de trois marches. Le barranco est resserré entre deux montagnes. Des murettes forment des terrasses et consolident la pente pour éviter l’érosion.

Ermita de las Nieves
Ermita de las Nieves

La route s’élève à flanc de montagne pour arriver à un parc éolien. Juste après, à gauche, une petite route monte à l’ermitage de las Nieves. Je ne pense pas que la neige n’ait jamais saupoudré ce sommet mais un vent glacial y souffle. Le panorama est spectaculaire, Des falaises hautes, découpées et escarpées dominent la mer. Non loin, le Pic de Penas  del Chache est coiffé d’un dôme géodésique. A nos pieds, vue vertigineuse : la plage de Famara et plus loin vers le sud les sommets volcaniques du parc de Timanfaya on voit même jusqu’à Fuerteventura. Au sol fleurissent des fleurs colorées : mini-moutarde sauvage jaune, mini-crocus bleu intense, petit bouquet de fleurettes roses violettes aux senteurs aillées, bouquets violets… Tapis jaune et bleu qui égaie le paysage sous un ciel un peu gris.

tapis de fleurs
tapis de fleurs

L’ermitage de Las Nieves est un bâtiment d’assez grande taille, entouré d’une vingtaine de palmiers trapus dont la base est colonisée par toutes sortes de plantes grasses apies dans les creux. . le gros bâtiment cubique est entouré d’une enceinte, trois marches permettent d’accéder au parvis dallé de basalte. Deux grosses poteries chaulées contenant des  plantes.  Du basalte encadre le porche surmonté d’un œil de bœuf rond. Comme dans les autres ermitages un puits se trouve dans l’enceinte.

Aimable rencontre avec deux agriculteurs qui cultivent leur champ de papas. Un âne blanc attelé à la charrue trace un sillon dans lequel les hommes emmitouflés dans des anoraks la tête emballée dans des capuches pour travailler dans le vent, sèment les pommes de terre.

Ravin de Malpais : vue sur la vallée
Ravin de Malpais : vue sur la vallée

La descente sur Haria se fait par le ravin de Malpais. La route, étroite, taillée dans le rocher, tortille ; motos et vélos déboulent à vive allure. A mi-pente, une maison abandonnée et tagguée, permet de se garer pour admirer la vue sur deux vallées qu’une arête aigüe sépare. Les terrasses minuscules, les murettes séparant les jardins, les petites parcelles noires forment une mosaïque charmante. Au loin, Haria toute blanche est piquetée de nombreux palmiers. Au premier plan, de curieux pissenlits arborescents. Leur fleur est vraiment celle du pissenlit, les feuilles découpées sont reconnaissables mais au lieu de pousser au sol en rosette il y a un tronc qui supporte un buisson – j’ai trouvé son nom latin sur le site du jardin exotique de Roscoff : Sonchus congestus .

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Haria

Le village d’Haria est très pimpant avec ses palmiers, ses belles maisons, ses placettes occupées par les terrasses des restaurants et des cafés. La Casa Manrique est annoncée par des flèches très discrètes. Un Parking gratuit est aussi fléché, son entrée est bizarre, le plan cimenté est très incliné. De l’autre côté du parking une porte permet d’accéder à l’église, aujourd’hui dimanche, les retardataires à la Messe, s’y pressent. L’église est récente, grande nef de béton, claire. Une allée piétonnière plantée de très grands ficus, bordée de maisons à étage débouche sur la place où on peut se restaurer de pizzas, tapas ou menus bon marché (9.5€). C’est la première fois que je vois des arbres aussi beaux depuis que nous sommes à Lanzarote.

 

La Casa Manrique est à l’extérieur du village. Je marche un quart d’heure d’un bon pas par des petites rues blanches, très soignées et arrive à une palmeraie. Le Musée est très bien conçu, même le petit édifice extérieur abritant les toilettes est décoré de reproductions de peinture c’est presque un hall d’exposition (cela me rappelle les toilettes du Musée Hundertwasser à Vienne, il y a une parenté entre Manrique et Hundertwasser). Entrée 10€ (mais il a un billet commun avec la Fondation qui donne des tarifs réduits). Dès que j’ai mon ticket, une femme m’ouvre la porte du petit patio au citronnier. Elle me prévient que les photos d’intérieur sont interdites. Je serai obéissante ! Je pénètre ans cette maison d’habitation, meublée comme au temps où l’artiste y vivait encore. César Manrique est mort accidentellement en 1992, la maison n’était pas encore achevée.

Casa Manrique -Haria
Casa Manrique -Haria

Aux murs, des tableaux de ses amis, les siens aussi, des revues, des vêtements. J’entre dans l’intimité du peintre dont je regrette de ne pas mieux connaître les œuvres. Manrique a meublé sa maison comme une œuvre d’art : mélange de traditions canariennes comme le plafond de bois à caissons et mobilier design. La piscine s’insère dans le décor. Les baies vitrées des grandes salles de bain s’ouvrent sur le jardin ; les chaises longues blanches très sobres sont originales. L’atelier du peintre est de l’autre côté de la palmeraie, lumineux et très vaste. Sur les étagères des pigments, bien sûr, mais aussi des mannequins et des têtes de poupées. Pour quelle œuvre ? Je regrette qu’aucun tableau aucune reproduction n’y figure.

de Téguise à Haria en passant par les ermitages
de Téguise à Haria en passant par les ermitages

 

Lanzarote J2 Casa museo del Campesino

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Casa Museo del Campesino

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A  300m de Casa Sandra, au carrefour de  LZ-20  d’Arrecife vers le nord et de LZ-30 est/ouest. La sculpture monumentale de grande plaques de béton forme un voilier, dominant le musée voulu par Cesar Manrique  à la gloire du paysan de Lanzarote qui a façonné et domestiqué le paysage volcanique de l’île.

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Le musée est gratuit. Pas de billetterie ni de bureau pour nous en expliquer le mode d’emploi.

Une cour blanche éblouissante au pied du monument, occupée par quelques tables vertes d’un café-restaurant, décorée d’un dragonnier sculptural et d’instruments agricoles. Passant un très beau porche, on arrive dans un patio, ou la place du village, entourée des ateliers des artisans d’un village, cordonnier, vannier, potier…une boutique vend les produits artisanaux. A l’étage, une galerie de bois laquée de vert où les pièces d’exposition sont consacrées à l’art sacré à Lanzarote : des maquettes reproduisent églises et ermitages de l’île, un bon résumé pour touristes pressés, des idées de balades pour nous qui ne le sommes pas.

céramiques aborigènesLes autres salles sont dédiée à Juan Buto , un céramiste né à Perron près de Tinajo qui a grandi en observant les secrets des objets traditionnels et qui a travaillé sur des fouilles aborigènes. Il a recréé des personnages d’une mythologie aborigène, des scènes paysannes comme ce Moulin de Malpais de la Corona où un paysan muni d’un gourdin écrase des céréales agenouillé dans des  rainures.

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Un escalier descend dans un « cratère » mystérieux et aboutit dans un jardin intérieur frais avec des plantes tropicales, un couloir conduit à…une vaste salle de restaurant. Je suis un peu déçue, je m’attendais à une exposition, à une curiosité.

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Nous nous étions promis de boire un verre à la terrasse du bar dans la première cour. 15h30, Les Espagnols viennent de terminer de déjeuner, je sors mon carnet moleskine et dessine le dragonnier et l’escalier qui mène à la galerie de bois nous terminons très agréablement la visite avant de profiter du soleil couchant dans notre véranda orientée à l’ouest

Lanzarote J2:Tinajo et Tenesar

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Lever de soleil sur les cônes volcaniques éclairés par la lumière rasante. En contre-jour, les plantes exotiques, yuccas, cactus, opuntias. Au loin, la statue de Manrique brille. Les grosses pièces de béton ne nous avaient pas spécialement plu hier soir. De loin, la silhouette d’un voilier se détache célébrant Christophe Colomb ou les conquérants de l’ile Lancelotto ou Bethancourt. Nous faisons d’abord le tour de Mozaga « notre » village : maisons blanches, volets verts, cheminées biscornues, un petit supermarché mais rien n’indique le « centre » du village.

La route principale LZ-20 traverse l’île, d’Arrecife à la côte ouest. Après Mozaga nous traversons Tao entouré de petits champs – jardins – . La surface du sol est noire, soigneusement applanie, ratissée. Ces petits rectangles sont protégés du vent par des murettes de blocs empilés sans joints, on voit à travers ou par des murs de blocs de basalte taillés et maçonnés. A l’intérieur des champs des abris sont construits avec tout et n’importe quoi : palettes de bois alignées, caisses de plastique, filets.

La LZ-20 traverse Tiagua. Des tuyaux de plastique noir irriguent goutte à goutte les cultures maraîchères : pois, fèves, pommes de terre, vigne. Cela fait vraiment plaisir de voir comme la terre est cultivée soigneusement.

Tinajo est une petite ville avec un théâtre, une grande Mairie, une place ombragée.

Nous quittons la LZ-20. Sur une petite route, je marche en direction de la mer  Comment appréhender cette île noire? comment la décrire? Saurais-je interpréter les paysages? Dépaysement total, sentiment d’étrangeté.

Les cultures sont interrompues par une épaisse coulée de lave hérissée de pics et de scories ressemblant à un champ labouré par un engin monstrueux. Rien ne pousse, ni mousse ni lichen, les rares épineux en coussins d’épines  formant des polyèdres gris sont fleuris de minuscules marguerites jaunes. Le long de la route, sur les graviers, poussent des fleurs violettes. Des arbres semblent vouloir s’accrocher aux bords de l’asphalte. Les a-t-on plantés ? Sont–ils arrivés avec les matériaux de construction ?

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Dominique avance avec la voiture tandis que je marche dans le vent sous un soleil radieux. Au loin, l’Atlantique est bleu profond hérissé de crêtes blanches Quelques maisons sont à flanc d’un cône lisse. Gardées par des chiens qui aboient, utiles dans un lieu si isolé, ils me font peur.

J’essaie de lire le paysage, de trouver le cratère qui a pu déverser un telle coulée. Peut être une fissure s’est-elle ouverte ?

Tenesar

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Sur le rivage, des maisons de ciment blanc, toutes pareilles, quelquefois un étage, le long de la rue, une banquette de ciment chaulée ayant parfois des accoudoirs, volets et porte verts, marrons ou bleus. Sur les terrasses, d’énormes réservoirs en forme de pots de fleurs  peints en gris, citernes ou châteaux d’eau individuels. Les rues sont soigneusement nommées, le nom peint en noir au pochoir. J’ ai l’impression d’un village-fantôme : rues désertes, pas un pot de fleur, ni une parabole ou une antenne. Souvent la peinture s’écaille. Un container vide en bord de mer a été peint en blanc et bleu, aménagé avec une table  bleue entourée de bancs : un abri pour les pêcheurs ? les plongeurs ? les habitants du village ?

Soudain, une voiture arrive, un homme sort, pieds nus en tongs, suivi par une vieille chienne, une femme en short paraît sur le seuil de sa maison. Le village est donc habité. La mer bat les rochers. Les vagues se brisent dans une gerbe d’écume. Le rivage rocheux parait hostile aux pêcheurs et aux plongeurs. Quant à la baignade, il ne faut pas y songer.

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Nous remontons la route sur la coulée, un panneau signale une piste « Mancha Blanca – Playa las Malvas ». Elle est carrossable et mène à de petites plages très agréables où nous déjeunons en  bordure du Parc national de Timanfaya je lis  des panneaux explicatifs : la coulée provient de l’éruption de 1730-1736. Je note Euphorbia Balsamifera.

Lanzarote J1 -Orly – Arrecife – arrivée à Mozaga

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Vendredi 13 février 2015 Voyage

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6h55 – 8h30 – Orly/ Barcelone vol Vueling

Le jour se lève sur l‘Auvergne, je reconnais le Puy de Dôme, les cratères de la Chaîne des Puys saupoudrés de neige – prélude à nos vacances volcaniques, le Sancy tout blanc. Les nuages cachent les Pyrénées.

12h05 – 14h10 – Barcelone /Arrecife

L’avion décolle à l’heure. Nous sommes très serrées aux places 15B et 15C au rang derrière les issues de secours. Sans voir le paysage. Moins d’une heure avant l’arrivée, on annonce au micro une escale technique à Malaga. Le problème est grave puisqu’on nous débarque. Un autre avion nous prendra en charge à 15h20. Le nouveau commandant de bord assure qu’il fera vite. Atterrissage :16h15.

Jürgen nous racontera plus tard que l’avion était déjà sur l’Atlantique au moment de la panne et qu’il a rebroussé chemin.

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17h15, à bord d’une Panda grise, nous suivons la voiture de Jürgen, le propriétaire du gîte, qui emprunte des raccourcis pour arriver à Mozaga.

Mozaga est situé au centre de l’île de Lanzarote. Un monument géant, œuvre de Cesar Manrique domine la Casa Museo del Campesino, musée dédié au paysan de Lanzarote.

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Casa Sandra

 

Contrairement à toutes les maisons de Lanzarote toutes blanches, Casa Sandra, bâtie de moellons de basalte, se confond avec le paysage. Deux appartements occupent la maison ronde et plate, les vérandas orientées vers l’Ouest, protégées par des coupe-vents de verre. L’intérieur de l’appartement est simple : parquet en agglo vernis, murs lambrissés, rideaux  et nappes assortis dans les tons acides, jaune, vert, bleu. La cuisine est basique : 2 plaques électriques, un petit four à micro-ondes, une cafetière, un toaster. En revanche, pas de produits d’entretien ni d’épicerie. Il faut tout acheter.

Jürgen nous accompagne à Hiperdino, face à l’aéroport. Nous rentrons à la tombée de la nuit. La découverte de l’île sera pour demain.

PS : j’ai effacé 200 photos par mégarde, je ferai donc un usage immodéré de Google Earth pour  illustrer mes propos. La Terre vue de satellite offre parfois des clichés intéressants. Je viens d »apprendre qu’il existe des logiciels de récupération des photos effacées mais il ne fallait pas les écraser avec d’autres photos par dessus! La prochaine fois je prévoirai plusieurs cartes SD pour en changer dès qu’il y en aura une centaine et pour pouvoir garder celle des « effacées ».

 

Le Tour du monde d’un écologiste : Jean Marie Pelt

CANARIES

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1799,C’est avec Alexander von Humboldt que les Canaries entrèrent dans l’histoire moderne – dans l’histoire naturelle mais aussi dans celle du tourisme international »

Le tour du Monde de Jean Marie Pelt débute aux îles Canaries, mystérieux Champs Elysées de l’Odyssée ou Jardin des Hespérides

«  îles perdues sur la mer Ténébreuse au large des colonnes d’Hercule….Atlantide. »

Îles d’un éternel printemps où les formations végétales multiples et diversifiées évoquent dans un microcosme la plupart des formations végétales du macrocosme. Extraordinaire biodiversité. 

Pelt fait l’inventaire des espèces présentes et débusque les mystères de leur allure bizarre:

« Une question intrique le botaniste : par quel étrange phénomène les habitants de ces milieux ont-ils adopté exactement la même allure, le port végétatif »

Il propose alors l’hypothèse hardie du « transfert d’informations génétiques par voie non sexuelle ».

Gravissant les flancs du Mont Teide, il décrit les formations végétales , espèces emblématiques comme le dragonnier dont le tronc secrète une résine rouge le sang-dragon, ou le palmier des Canaries, la vipérine mais aussi le bananier « un énorme poireau » ou les richesses de la laurasylve. Il voit dans ces îles un conservatoire des flores anciennes avant les Glaciations évoquant l’Age Tertiaire.

« Toute l’Europe, si l’on en croit les fossiles était peuplée d’une telle forêt de laurier, et ce, jusqu’à la fin de l’ère Tertiaire »

C’est en effectuant ce parcours, semble-t-il qu’Humboldt eut, pour la première fois, l’intuition de la zonation altitudinale de la végétation.

Les enfers, en revanche, dans le Ventre de la Terre, se trouvent à Lanzarote.

Après ce périple aux origines mythiques, l’auteur choisit des milieux bien particuliers : les milieux salés « Salicorne Valley » en Franche Comté  puis dans la Baie du Mont Saint Michel et en Afghanistan, étudiant les paramètres de salinité, des submersions périodiques et la micro-topographie régissant la répartition des halophiles et des séquences qui en dépendant.

Encore plus étonnants : ces sanctuaires de crocodiliens, en Guyane ou au Sahara : occasion de démonter des biotopes isolé et les chaînes alimentaires.
Enfin, il élargit son propos à la dynamique des écosystèmes, dans les forêts anglais, aux Etats Unis. » Il appartient à l’écologiste de se faire aussi historien de la nature.  » Il montre comment les diverses associations végétales s’installent et la sélection intense mise en oeuvre.
Enfin, il montre comment la Terre est fragile et comment des écosystèmes peuvent être ravagés : la désertification en région méditerranéenne, à Haïti par la déforestation, l’érosion des sols…et finalement à stérilisation de l’île de Nauru, île maudite d’être riche en phosphates.
Un tour du monde finalement très militant!

Hernani

CHALLENGE VICTOR HUGO

challenge Victor Hugo

 

Ecoutez l’histoire que voici !

Trois galants, un bandit que l’échafaud réclame,

Puis un duc, puis un roi d’un même coeur de femme

Font le siège à la fois – L’assaut donné, qui l’a?

C’est le bandit.

Bien sûr, j’avais entendu parler de la bataille d’Hernani! Un très beau billet de Claudialucia présente son récit par Théophile Gautier. Je n’avais jamais lu ni vu cette pièce . Merci encore à Claudialucia de l’avoir proposée comme lecture commune.

Cinq actes, cinq tableaux différents, cinq humeurs. On dirait du Shakespeare!

 

Don Carlos, Charles Quint jeune
Don Carlos, Charles Quint jeune

ActeI – le Roi -, Scène I, presque farce, ce troisième homme caché dans une armoire. Dona Sol a trois prétendants. Dans le cas de l’armoire, c’est plutôt « Ciel mon mari! »et l’amant caché. Victor Hugo ne se contente pas de si peu. D’ailleurs, il n’y a pas de mari, c’est l’oncle, un barbon qui est le fiancé. Il y a l’amant de cœur : Hernani et le séducteur : Don Carlos. Ce dernier n’est pas n’importe qui, c’est le Roi d’Espagne. Et la pièce va changer de registre et devenir une pièce historique (je continue à penser à Shakespeare).

 

 

Acte II – Le bandit – Hernani, le bandit défie l’autorité royale. Allusion politique ? Don Carlos croit pouvoir séduire la belle uniquement en raison de son pouvoir  »

mais que fera le roi, la belle une fois prise? – Il  la fera comtesse, et puis dame d’honneur; Puis qu’il en ait un fils, il sera roi »

Abus de pouvoir et usage de la force, Don Carlos n’a pas le beau rôle. Hernani le rebelle mérite l’amour de Dona Sol.

Acte III – le Vieillard – Don Ruy Gomez De Silva, barbon amoureux, n’est pas le personnage ridicule auquel on s’attendrait, c’est un personnage noble très chatouilleux sur le sujet de l‘honneur. On croirait du Corneille! Don Ruy et Hernani rivalisent de grandeur d’âme.

Charles Quint empereur
Charles Quint empereur

Acte IV – Le Tombeau – est celui de Charlemagne à Aix-la-Chapelle à l’occasion de l’élection de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique. Don Carlos  devient Charles Quint et, avec cette nouvelle grandeur se métamorphose. Ce n’est plus Shakespeare, c’est carrément Verdi (anachronisme!!!) : des conjurés, des chœurs…., de la GRANDEUR!

 

 

Acte V – la Noce –  tragique, bien sûrversion Roméo et Juliette?

 

Mais le théâtre lu est toujours plus pauvre que le théâtre sur scène. Existe-t-il une version DVD visible?

 

 

 

 

 

 

Intempérie

LITTÉRATURE ESPAGNOLE 

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« De son trou argileux, il entendit ‘écho des voix qui ‘appelaient et essaya de localiser chacun des hommes dans les limites de l’oliveraie, comme s’il s’agissait de grillons. Beuglement pareil à des cistes calcinés. Recroquevillé en chien de fusil, son corps s’encastrait dans la cavité sans lui laisser le moindre espace pour bouger…. »

Pourquoi cette fugue éperdue de l’enfant? Une lubie de gamin, un désir d’ailleurs, ou une tragédie?

« Lui avait bien dû faire quelque chose pour mériter ses brûlures, sa faim, sa famille. « quelque chose de mal » lui rappelait son père à chaque instant »

Pourquoi l‘Alguazil s’acharne-t-il tant sur lui?

Ce roman retrace donc la fuite de l’enfant poursuivi mais aussi raconte la terre meurtrie par une terrible sécheresse. C’est d’ailleurs à cela – probablement – que fait référence le titre du livre. Terrible sécheresse :

« Sur les terres qu’ils traversaient, les traces de sillons et d’aires de battage leur parlait de désolation. Billons au lavis sur lesquels ondulait une croûte de boue cuite que seul l’âne chargé écrasait. Ancienne terres irriguées, à présent pareilles à des planches à laver le ligne parsemées de petits silex aux bords tranchants et à l’aspect cireux détaché des traîneaux à repiquer »

Car la terre  est le personnage principal de Intempérie . De l’enfant ou du chevrier nous ne saurons ni le nom, ni l’âge, ni les traits physiques. Tandis que de la terre, nous connaîtrons les odeurs, le relief, la végétation et les tristes ravages de la catastrophe. C’est le roman de la soif. Des rivières asséchées, des mares qui ont disparu, des puits où l’eau est devenue mauvaise. Des chèvres qui donnent si peu de lait et qu’il faut faire boire. Catastrophe écologique du réchauffement climatique ou manque de pluie récurrent dans  cette région d’Espagne? Roman intemporel. Seule la moto de l’alguazil permet de situer l’action aux temps modernes.  Le pastoralisme et la transhumance pourrait aussi bien venir du fond des temps.

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Roman de la soif. Sécheresse aussi et économie de paroles. L’enfant ne dit rien de sa fuite, ni le vieux de sa vie.Violence aussi.  . Humanité réduite aux rites funéraires. On tue pour survivre mais les hommes ont droit à une sépulture. Pudeur des gestes réduits au strict nécessaire.

J’ai dévoré ce livre dans l’avion qui me ramenait de Fuerteventura, île sèche et déserte où l’eau précieuse des campagnes est puisée grâce aux éoliennes et gardée par des levées de terres, des terrasse. Où l’eau de pluie est parcimonieusement conservée dans l’aljibe, la citerne qui se trouve dans chaque cour. Où on donnera plus volontiers un verre de vin qu’un verre d’eau au passant.

Que fait donc le mouton sur la couverture du livre? des hommes, un enfant, un âne, un chien, des chèvres, un corbeau, un rat apparaissent dans l’histoire. De mouton , nenni.

Pas Pleurer – Lydie Salvayre

LIRE POUR L’ESPAGNE 

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As-tu comprendi qui étaient les nationaux?[…]il me semble que je commence à savoir que le mot national porte en  lui le malheur.

En ce temps présent où les démons se réveillent, où on nomme « décomplexés » ceux qui brandissent les étendards nationaux où l’on ose affirmer que Dieu est avec nous, il est peut être temps de revenir à la Guerre d’Espagne, triste prélude de la conflagration générale qui a embrasé l’Europe et le monde entier.

Alors que je croyais que l’Europe était le rempart contre les nationalismes (qu’on a rebaptisé souverainisme pour ne pas effrayer) puis qu’on affirme haut et fort – décomplexé, vous dis-je, je vois l’idée européenne ne plus séduire, l’Internationalisme passer au rang de vieille lune, et les égoïsmes nationaux resurgir.  Ecouter la parole de ceux qui bientôt ne pourront plus témoigner.

La parole de Montse,  la mère, se mêlent à celles de Lydie la fille

« Ne persiste en sa mémoire que cet été 36; où la vie et l’amour la prirent à bras-le-corps; cet été où elle eut l’impression d’exister pleinement et en accord avec le monde, cet été de jeunesse totale comme eût dit Pasolini et à l’ombre duquel elle vécut peut-être le restant d ses jours… »

Ces paroles trouvent un écho, en miroir avec le récit de Bernanos :

« Tandis que le récit de ma mère sur l’expérience libertaire de 36 se lève en mon cœur je ne sais quel émerveillement, je ne sais quelle joie enfantine, le récit des atrocités décrites par Bernanos, confronté à la nuit des hommes, à leurs haines et à leurs fureurs, vient raviver mon appréhension de voir quelques salauds renouer aujourd’hui avec ces idées infectes que je pensais depuis longtemps dormantes. » 

CNT-FAI-1937

En plus de l’aspect historique, Pas pleurer est un beau roman, une histoire touchante avec des personnages variés. C’est aussi un ton original. Un style qui mêle le français et l’Espagnol de la mère. Je l’ai lu aux Canaries, entendant la musique de la langue espagnole autour de moi. Et j’ai trouvé ce mélange naturel et charmant. 

Qu’écrire de plus après les excellents billets de Claudialucia, d’Aifelle, dasola  qui, comme moi, ont aimé cet ouvrage?

 

 

la route de Beit Zera – Hubert Mingarelli

beit Zera

 

Aifelle m’a donné envie de le lire.

beit zera livre

J’ai eu envie de me perdre sur cette route de Beit Zera dont le nom me parlait,: un kibboutz près du Lac de Tibériade. Je n’ai retrouvé ni le Kibboutz ni le Lac. Aucun de mes souvenirs n’a pu  se rapprocher de l’atmosphère du livre. La forêt épaisse et mystérieuse avec ses cachettes et les pins elle-t-elle dans les parages?

Cependant, je n’ai pas regretté cette lecture. C’est une merveille de finesse et de délicatesse. Comment en rendre compte sans dévoiler son secret, sans en raconter l’intrigue et spoiler?

Un homme solitaire et plutôt silencieux, une chienne, un fils aux antipodes, un garçon arabe taiseux, un ami de longue date avec qui il partage des cuites et des souvenirs de jeunesse….

Une maison en bord de forêt, loin de toute agitation. un secret.

C’est une écriture sensible, délicate.