Arrivée à Athènes – première promenade vers l’Acropole

CARNET PÉLOPONNÈSE CRÈTE 1999

 

Vol Olympic

Dans l’avion la nouveauté, l’exotisme, le détail qui nous dépaysera, est bien trivial  : l’arrière de l’avion est « fumeur ». Cette originalité me réjouit par opposition à la prohibition américaine qui nous envahit. Négligence déjà levantine des normes européennes ?

La clientèle des vols réguliers est moins vacancière que celle des charters. En majorité, les passagers sont grecs. Je prends la mesure de la difficulté de la langue : après deux mois d’Assimil, je ne capte rien.

Passée l’Adriatique, nous survolons des îles : Corfou, Ithaque ? La mer est parcourue par de nombreux bateaux. La vue aérienne, mieux qu’une carte, nous livre la géographie d’un pays très montagneux, très aride, de sommets pointus, déserts qu’on atteint par des pistes en lacets. Cette vision chassera les projets d’excursions dans l’intérieur du pays.
Hôtel La Mirage, Omonia

L’hôtel  La Mirage est une grande et haute bâtisse de verre et de béton sans originalité particulière, une dizaine d’étages. On nous propose une chambre donnant sur la place Omonia que nous refusons, puis une chambre sur cour: un mu face à la fenêtre. Finalement nous obtenons la chambre de nos rêves avec un petit balcon,  sur une petite rue tranquille en face d’un grand magasin. Le mobilier est standard, impersonnel mais propre, la chambre est vaste, surtout elle équipée d’un double vitrage et de la climatisation. Nous voici parées contre les deux plaies d’Athénes : le bruit et la chaleur.

Omonia

  Omonia est un carrefour-clé d’Athènes, centre déch, monstrueux chantier du métro, circulation démentielle et faune interlope. Elle est aussi pleine de ressources : toutes les variétés de fast food à la grecque s’offrent à notre choix : kiosques équipés de frigidaires, bouiboui à souvlaki, pâtisserie, sandwicheries moderne et même un supermarché…pour nos dinettes sur le balcon.

  La Rue Athinas

La rue Athinas nous conduit à Plaka : les boutiques sont fermées. Il y a un monde fou. Les hommes rassemblés sur les trottoir ne sont pas grecs, peut être slaves ou albanais. Nous passons sans nous arrêter.

PLAKA
Après avoir contourné le chantier du métro Monasteraki ,nous trouvons une sorte de village aux maisons peintes de jaune ou d’ocre au flanc de la colline de l’Acropole. La lumière du soir est belle, les couleurs sont chaudes. Derrière de hauts murs, des jardins débordent de végétation. Des tonnelles abritent cafés et tavernes. Les pavés des rues très en pentes sont polis et glissants. Plaka est beaucoup plus agréable que dans mes souvenirs, plus tranquille. La plupart des promeneurs sont des grecs endimanchés. Au terrasses on sert surtout des cafés frappés dans de grands verres. De nombreux chiens trainent, les chats faméliques paraissent plus vaillants ..Nous grimpons jusqu’à l’Acropole, j’explore seule le sentier qui longe le grillage tandis que Dominique sympathise avec une vendeuse de boissons fraîches et de cartes postales. Nous attendons la tombée de la nuit sur un banc.

L’Acropole, de nuit
Pour voir l’Acropole s’éclairer dans la nuit, nous escaladons un très gros rocher poli par les ans. Est- ce le marbre ou le passage au cours des siècles qui l’a rendu si glissant ?
Premier dîner de souvlaki-pita près de Monasteraki.

Gioconda – Nikos Kokantzis

LIRE POUR LA GRECE

Récit autobiographique de la découverte de la jalousie, de l’amour, des émois et des désirs (dans cet ordre) adolescents dans Thessalonique de 1941 à 1943. Fraîcheur de ces amours enfantines, sincères, pures, impudiques parfois. Pourtant la menace plane.

Thessalonique ancienne, des jardins et des terrains vagues, des jolies maisons.

Cependant on sait que de février à Août 1943 toute la communauté juive sera regroupée puis déportée vers les camps d’extermination. Gioconda est juive. On sait que le récit se terminera mal. Très mal. Pourtant les parents de Nikos ont proposé de cacher Gioconda. Pourquoi a-t-elle suivi sa famille?

MacVal : Ange Leccia Logical Songs

LE MONDE EN EXPOS

Mes rapports avec l’art contemporains sont empreints d’une grande curiosité souvent dubitative. Parfois cela accroche, parfois cela me met en colère, foutage-de-gueule! je m’écrie.

Une visite au MacVal de Vitry, si proche de chez moi s’imposait depuis longtemps. Une grand sculpture de Dubuffet l’annonce au rondpoint de la route qui va à Paris. Un parking est bien pratique (valider le ticket à la sortie). un jardin orné de statues et fontaine est bien agréable.

Les collections permanentes n’ont pas soulevé mon enthousiasme. Faut-il regarder au 2ème ou au 3ème degré cette révolution à l’envers ou des personnages genre mannequins sont fixés la tête en bas? Les toupets de cheveux agités par des ventilateurs d’Annette Messager n’ont pas reccueilli mes suffrages, pourtant une animatrice faisait une conférence à des enfants bien sages et intéressés… J’ai plus apprécié ce masque africain évidé refermant un  walkman(obsolète) perché sur une pyramide de valises…Une conférencière m’aurait été bien utile pour apprécier les œuvres qui ne me parlent pas spontanément.

L’ouvre d’Ange Leccia en revanche m’a plu. Comment nommer cette présentation sûrement pas accrochage, ni exposition, peut-être projection, séance? On entre dans une très vaste pièce sombre. 6 écrans de très grande taille (cloisons, murs?) balisent l’espace vide. La meilleure façon de profiter du spectacle serait de s’asseoir sur le parquet au milieu des projections par 6 vidéoprojecteur formant le coeur de l’œuvre qui bat a l’unisson ou en léger décalage. Visage rose en très très gros plan, très rapproché. Images de Rome (villa Médicis) , plusieurs femmes, un feu comme du napalm, ou un feu de garrigue…. Je me laisse prendre, bercer, rêver à l’étrange boule jaune, coucher de soleil avalé par une bouche à contre-jour. la vidéo sur très très grand écran a de la gueule!

Dans les Ardennes : noix et vin rouge

FEUILLETON DES NOIX!

 

 

Je laisse la parole à JEA

En Ardennes, noix et vin rouge sont invités aux mêmes noces.
Ingrédients pour un litre :
– 1 l de vin rouge ramené par exemple de la Drôme
– 7 noix vertes du jardin
– 1 petit verre d’eau de vie (marc de champagne…)
– 4 cuillère à soupe de sucre
Pas compliqué :
– couper les noix en quatre sans les décortiquer donc sans se casser
– les confier au vin rouge, le tout dans une bouteille fiable
– boucher sans charcuter et laisser macérer pendant 40 jours
– filtrer alors le vin avant de le réchauffer avec le sucre et l’eau de vie : un quart d’heure, pas plus
– laisser refroidir
– retour (provisoire) du vin dans une bouteille bien accueillante
(recette aussi authentique que rustique)

mais ce sont les photos de George qui précise que c’est trop tard pour celles là

les voyages en Orient du Baron D’Eaubonne – JBTavernier : Arménie

LIRE POUR L’ARMÉNIE

Gayané, le monastère qui se trouve à une portée de mousquet…

J’ai suivi Tavernier jusqu’en Indes. J’ai repris ce livre de retour d’Arménie. Dans le chapitre  De l’étendue de la Perse, 
Tavernier résume la géographie de la Perse du temps du Cha-Abbas, il distingue « la Grande Arménie, en particulier la partie située entre les rivières d’Araxes et de Cyrus, aujourd’hui l’Aras et le Kur;est appelé Iran dans le pays et plus souvent Cara-Bag, qui est un des plus beaux et des plus riches endroits de toute la Perse. Les villes principales sont Erivan, Kars, Nacsivan, Zulfa et Van sur un lac de même nom et les plus grand de toute l’Asie. »

Il cite les abricots, les melons et les vignobles.

« En Perse on ne se sert point de tonneaux pour mettre le vin mais bien de grands pots de terre cuits au four, dont les uns sont vernis par -dedans, et les autres enduits de graisse de queue de mouton; car sans ce vernis ou cette grains, la terre boirait le vin »

Cette coutume d’enterrer les grandes jarres était déjà de mise du temps des Ourartiens.

Dans le chapitre Arménie chrétienne Tavernier décrit Edchmiadzine

« Le premier lieu digne d’âtre remarqué en entrant en Perse par l’Arménie est celui qu’on appelle Les Trois Eglises à trois lieues d’Erivan, et ce sont trois monastères à quelque distance les uns des autres. Le plus grand et le plus beau est la résidence du grand patriarche des Arméniens ; il y en a un autre au midi qui n’est éloigné du premier que d’une portée de mousquet ; et un troisième à un quart de lieu de là vers le Levant qui est un monastère de filles. Les Arméniens appellent ce lieu-là Egmiasin, c’est-à-dire, fils unique, qui est le nom de la principale église. On trouve ans leurs chroniques, qu’environ trois cent ans après la venue de Jésus-Christ, on commença à la bâtir et que les murailles étant déjà à hauteur d’appui, le diable venait défaire la nuit ce qu’on avait fait le jour ; que cela dura deux ans ; mais qu’une nuit, Jésus-Christ apparut, et que dès ce moment-là le diable ne put empêcher que l’on achevât l’église. Elle est dédiée à Saint Grégoire pour lequel les Arméniens ont une grande vénération, et on y voit une table de pierre qui est, selon les mêmes chroniques, la pierre où Jésus-Christ se posait quand il apparaissait à Saint Grégoire. Ceux qui entrent dans l’église vont baiser cette table en grande dévotion.

Le second monastère a été bâti à l’honneur d’une princesse qui vint d’Ittalie avec quarante filles de qualité pour voir Saint Grégoire. Un roi d’Arménie l’avait fait jeter dans un puits avec des serpents dont il ne reçut aucun dommage. Il y vécut quatorze ans par grand miracle; et depuis de temps-là, les serpents de deux ou trois lieues à la ronde ne font aucun mal. Ce roi idolâtre ayant voulu jouir de cette princesse qui était très belle et de ses compagnes surmontèrent par leur vertu la violence qu’il leur voulait faire, et de rage de ne pouvoir venir à bout de son dessein, il les fit toutes mourir. Voilà ce que les Arméniens racontent au sujet de la fondation de ce monastère…« 

caravansérail

J’aimerais aussi citer Tavernier quand il raconte la vie des caravanes et des caravansérails….

Xenophon : Anabase , à travers l’Arménie – anecdotes pittoresques

LIRE POUR L’ARMÉNIE

carte de ‘expédition des Dix Mille

L’Anabase est un souvenir du lycée. Je n’ai jamais oublié « Thalassa! Thalassa! » et j’associe ce texte à une séance-diapos de veille de vacances où la prof nous avait montré l’expédition en Dauphine avec d’autres profs du lycée à travers la Turquie, Ephèse, mais aussi la Mer Noire « Thalassa! »…

A Yerevan, au Musée historique et au Musée D’Erebouni, les conférencières avaient abondamment cité Xénophon. Il était temps de revenir au texte.

Je n’ai pas tout lu. L‘Anabase raconte la retraite des Dix Mille – Grecs partis soutenir Cyrus dans la guerre contre son frère Cléarque – de Counaxa près de Babylone où il subi une défaite jusqu’à Trapezonte (Pont Euxin). Reporter de guerre mais aussi général, Xenophon a rapporté le plus grand reportage de guerre de tous les temps!

Comme il serait passionnant de poursuivre l’itinéraire des Dix Mille à travers l’Irak, le Kurdistan, Iran et Arménie, Géorgie et Turquie! Quoique la géographie moderne a morcelé le pays des Cardouques (Kurdes) et celui de l’Arménie. Les Grecs du Pont Euxin et du Caucase ont maintenant été « rapatriés » en Grèce (lire Kazantzakis) ….

Je me suis contentée des chapitres concernant l’Arménie pour vérifier les dires des conférencières enthousiastes! :LIVRE IV Ch III : Arrivés au bord du Centritès qui sépare l’Arménie du pays des Cardouques…. qu’est-ce donc que cette rivière? un affluent de l’Euphrate? Les Grecs passent à gué, Xénophon donne tous les détails….

Le ChIV : me plonge dans la perplexité « Les Grecs se rangèrent et se mirent e route à travers l’Arménie, pays entièrement plat.. »près des sources du Tigre, « où le satrape Tiribaze y avait un palais.  » Les sources du Tigre seraient dans le Taurus et Tiribaze satrape de Sardes en Lydie. Nous voici beaucoup plus à l’ouest que je ne l’imaginais! Ou peut être la cartographie au 4ème siècle était-elle bien approximative? Dans cette Arménie plate les Grecs rencontrèrent une grande abondance de neige[….]qui tenait chaud aux hommes couchés » mon étonnement croît! – non pas que le haut plateau soit enneigé mais que cela puisse réchauffer les troupes. En revanche pas de trace de ski annoncé par la conférencière d’Erebouni. Les « vivres excellents…raisins secs, vins vieux parfumés, légumes de toutes espèces.. » concordent plus avec mes impressions d’Arménie.

Au ChV, les soldats peinant dans la neige furent pris de boulimie. Ils subirent aussi des conséquences plus graves : aveuglement dû à la blancheur de la neige, gelures et pieds gangrenés « que l’on combattait en se remuant sans jamais rester au repos et en se déchaussant pour la nuit ». Toutes ces remarques précises rendent la lecture passionnante.

C’est là qu’ils découvrent des habitations souterraines dont l’ouverture ressemblaient à un puits.J’ai autrefois en Cappadoce visité de grandes villes souterraines. « Il y avait aussi du vin d’orge dans des cratères.. les grains d’orge mêmes nageaient à la surface et il y avait dedans des chalumeaux sans nœuds, les uns plus grands les autres plus petits. Quand on avit soif, il fallait prendre ces chalumeaux entre ses lèvres et aspirer. Cette boisson était très forte si on n’y versait pas d’eau…. « 

Autre détail charmant : l’histoire des chevaux arméniens consacrés au soleil. Le comaque apprit à Xenophon à envelopper de petits sacs les pieds des chevaux pour les mener dans la neige…

Ch VI : ;les Grecs arrivent au Phase que je connais : c’est l’Araxe. bientôt ils arrivent à la mer.

Le chapitre VII réserve encore une anecdote pittoresque : l’empoisonnement avec du miel!

J’ai eu bien du mal à retrouver sur une carte moderne le voyage des Dix Mille et je crois que l’époque n’est pas propice pour refaire cet itinéraire….entre guerre en Irak, frontières fermées, troubles en Turquie..mais je me suis régalée avec cette lecture rafraîchissante.



Vidal et les siens – Edgar Morin – identité salonicienne

« J’ai vu confusément naître le XXème siècle, dit Vidal. le siècle nait à  Salonique comme un lever de soleil. la Salonique séfarade s’épanouit[….] les idées éclairantes se répandent en même temps que l’éclairage électrique et les tramway à trolley….. »

« les Lumières arrivèrent à Salonique par trois voies séparées, dans les trois mondes juxtaposés des séfarades, des Grecs et des Turcs. Dans les trois cas, il se forme une intelligentsia formée à l’occidentale[…..] la seule différence, capitale du point de vue des idées, est que chez les Grecs et les turcs, le modernisme et la laïcité sont étroitement liés à l’affirmation et au développement du nationalisme, alors que les séfarades non seulement seront insensibles à tout nationalisme, mais feront tout pour éviter d’être intégrés à l’État-Nation. »

Vidal, le  père d’Edgar Morin était salonicien. Identité remarquable. Juif du Levant, séfarade. Né dans la Salonique ottomane, contemporain de la Révolution des Jeunes-turcs, des guerres balkaniques qui donnèrent Salonique à la Grèce. Protégé  de l’Italie, statut hérité des capitulations qui donnaient aux sujets des puissances une juridiction à part. Les juifs fuyant l’Espagne, furent invités par le Sultan de la Porte, minorité dans l’Empire Ottoman, conservant le vif attachement à l’Espagne, la langue aussi. A Salonique, les juifs n’étaient pas une minorité tolérée mais au contraire formaient la population majoritaire d’un port ouvert sur le monde méditerranéen, ouvert aux idées des Lumières, puis libérales.

A Salonique, lieu de naissance de Mustapha Kemal,  le nationalisme Turc s’exprima avec la Révolution Jeunes-Turcs.  Proche des guerres balkaniques qui opposèrent les nationalismes grecs, bulgares, macédoniens. Non loin des Dardanelles, où la Première Guerre Mondiale fait rage, Vidal évite l’engagement au sein  des troupes italiennes malgré ses papiers italiens, ou grecques alors que Salonique est devenue grecque…

« De toute façon, aussi bien que sa nationalité citadine de salonicien que par l’infranationalité floue d’israélite du Levant, Vidal échappa à l’Etat-Nation qui voulait dire armée, guerre, mort. »

L’identité salonicienne se s’accompagne pas de patriotisme belliqueux. Face à l’écroulement des empires, une autre attitude est possible que le nationalisme. Attachement à une ville, à une culture, et non  pas à un état. Loyauté à une langue, l’espagnol du 15ème siècle, la francophonie des Lumières. Peu d’animosité vis à vis des Empires Centraux.

Mais Salonique brûle en 1917. La communauté juive s’exile en une nouvelle diaspora. Thessalonique, la grecque, accueille les réfugiés grecs de Turquie. La ville cosmopolite s’hellénise. Et la déportation nazie de 1943 mettra fin à Salonique séfarade, séculaire. Se souvient-on des rêves messianiques de Shabbatai Tsvi?

Vidal et les siens s’installent en France, fidélité à la famille et à la tribu. Adaptation à la vie parisienne. A l’import/export de rigueur dans un port, il substituera la bonneterie. les réseaux saloniciens  se reconstitueront dans le Sentier mais aussi à Paris, Marseille ou Bruxelles. Ils deviendront Français à part entière. Vidal sera même mobilisé pendant la seconde guerre mondiale. J’ai aimé suivre les tribulations de la famille dans l’exode des années 40, optimisme devant la barbarie.

Puis je me suis un peu lassée c’est pour Salonique que j’avais emprunté le livre à la bibliothèque…. .

 

Les noix confites, une recette venant de Roumanie

BUCAREST/PARIS

Dans cette rubrique, je laisse la parole à George qui commente souvent mon blog.

 

Chez nous, les noix sont récoltées au début du Juin. C’est pourquoi je ne peux pas vous conseiller quand vous pouvez les récolter dans votre région..Cela dépend du climat(Par exemple: Ici nous sommes autour de la “parallèle 35” ), En tout cas, on les récolte avant que la coquille  ne commence à durcir, quand elles ont un diamètre de approx. 2 ou max.3 cm. Et il ne faut pas cueillir les noix et les laisser/oublier dans un coin en pensant que vous n’avez pas du temps et/ou que vous pouvez les préparer seulement après quelques jours. Il faut réserver du temps suffisant, pour commencer et finir tout ce processus de préparation. Si non, c’est mieux de abandonner et attendre l’année prochaine.

 

Il faut utiliser seulement des noix que vous avez cueillies vous-même et pas des noix que vous avez

achetées n’importe ou(au marché supermarché, etc.).

 

Ingredients:

 

100-120 noix vertes

1 kg sucre

1 citron

3 tasses d’eau(1 tasse=250 ml)

2 sachets de sucre vanille

 

Après cueillir, on introduit tous les noix dans un vase , en eau froide et on les garde ici pour 24 heures.

 

On change l’eau froide à chaque 4 heures (6 fois).

 

On met des gants de cuisine pour protéger les mains; si non, la coquille verte des noix va laisser sur les mains une couleur  presque noire qui n’est pas facile à enlever tout de suite.

 

Avec un couteau on enlève très bien toute la partie verte de chaque noix jusqu’au moment quand on arrive à la partie blanche. Après finir de peler chaque noix, on la jette dans un autre vase avec de l’eau froid. Après peler et jeter la dernieère noix (No. 100 ou 120 , ha, ha !! – c’est le moment quand je dis souvent que je veux abandonner!) dans l’eau froide, on met dessus une assiette ou quelque chose similaire qui doit être lourd, pour maintenir toutes les noix, en permanence, dans l’eau (si non, les noix qui ne sont pas complètement couvertes par l’eau vont devenir noires et bonnes à jeter à la poubelle).

 

Les noix doit rester dans l’eau froide  jusqu’au lendemain matin(si, par exemple, nous avons commence toute cette activité ce soir). Mais  jusqu’au lendemain matin il faut  continuer à changer l’eau froide (3 ou 4 fois).

 

Enlever complètement l’eau froide et introduire tous les noix en eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part(En: “set aside”) la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la premiers fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes.

 

Mettre à part la vase avec le noix, préparer un autre vase avec de l’eau bouillante.

 

Jeter l’eau ou les noix ont bouilli pour la première fois et introduire ces noix dans l’autre vase avec de l’eau bouillante pour 15 minutes. (En total, 3 opérations similaires).

 

Enlever l’eau chaude et plonger tous les noix en eau froide, qu’on l’enlève 2 ou 3 fois jusqu’au moment quand nous avons déjà préparé le sirop.

 

Pour le sirop on utilise de l’eau et du sucre: la préparation du sirop est fini quand une goutte de sirop reste en forme presque ronde sur une surface, sans se dissiper…

 

On enlève l’eau froide et on introduit tous les noix dans ce sirop et on les laisse bouillir a un feu réduit  pour 10-15 minutes et apres ca on agrandit la flamme jusqu’au moment quand on considère que c’est cuit.

Pendant ce dernier process, c’est une “mousse” presque blanche qui se forme… Il faut l’enlever, mais il ne faut pas la jeter , car ca c’est tres bon a manger.

Avant la fin de tout le process on ajoute le jus du citron et/ou une tranche de citron, on laisse bouillir un peu.

 

Après enlever tout et éteindre le feu, on ajoute le sucre vanille.

 

On laisse tout refroidir et on introduit toute la quantité dans des pots propres et secs.

Toute ma vie, j’ai appelé l’activité de préparation de la recette dans la cuisine : « Le cirque » : escalade dans le noyer, sélection et « pick up » rapide de chaque noix; chaque fois, les mains étaient presque noires à cause de la coquille verte des noix  et après çà: toute la jonglerie (autour de la cuisinière) avec les vases pleines de l’eau froid ou « hot » …

ma contribution à ce billet est uniquement l’ajout d’accents qui ne figurent pas sur le clavier roumain de George. J’ai laissé les tournures roumaines pittoresques

 

Franz Werfel – Les 40 jours du Musa Dagh

LIRE POUR L’ARMÉNIE

La lettre manuscrite de Werfel exposée au Matenadaran à Yerevan m’avais émue.

Après la lecture de Erevan de Sinoué  et l’impression mitigée du point de vue littéraire de ce roman historique, j’ai relu  Les 40 jours du Musa Dagh de Werfel lu il y a plusieurs dizaines d’années et j’ai plongé dans ce très gros bouquin (915pages) avec passion.

« Ecrit avant l’avènement du régime hitlérien en Allemagne, ce roman semble préfigurer l’avenir » écrit Elie Wiesel dans la préface.

« Comment Franz Werfel connaissait-il le vocabulaire de l’Holocauste avant l’Holocauste? »

demande Elie Wiesel un peu plus loin.

Écrit en 1932 à la veille de la prise de pouvoir du nazisme, victime d’autodafé, ce livre est autant un livre de mémoire qu’un livre de combat. Livre de résistance, de dignité, livre d’Histoire, il aussi dénué de manichéisme, les Arméniens résistants ne sont pas idéalisés. L’aide que portèrent certains Turcs n’est pas occultée.

C’est un roman touffu, dense, flamboyant. Récit de guerre, certes. La vie quotidienne des villageois est racontée avec précision. Le Musa Dagh, Mont Moïse est aussi décrit de manière pittoresque. Cette montagne protectrice est un personnage à part entière du roman. Persécutions et résistance de la ville de Zeitoun, déportation des Arméniens, tous les mécanismes du génocides sont analysés. Mais pas seulement : les personnages sont vivants complexes pétris de contradictions. Ils combattent mais aussi  se jalousent, se vantent, cherchent à préserver leurs richesses jusque dans la catastrophe. Des idylles se nouent.

Roman flamboyant, et pas seulement parce que les incendies jouent un grand rôle.

Survivront-ils? (je laisse au lecteur le plaisir du suspens, les retournements de situations sont nombreux).

C’est un très grand livre malheureusement presque introuvable à prix raisonnable. Les éditeurs penseront-ils à le ré-éditer?

Pour aller plus loin cliquer  ICI

Un  autre article passionnant et très détaillé analyse ici les sources historiques et les implications politiques du livre de Werfel : LA

 

méir shalev : Ma grand-mère russe et son aspirateur américain

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

Nahalal le moshav de méir shalev

 

De Méir Shalev, j’ai lu (2fois) Que la Terre se souvienne. Ma Grand mère russe et son aspirateur américain se déroule dans le même moshav de Nahalal.
Roman autobiographique, saga familiale, commençant en 1890 à Makarov, Ukraine, se poursuivant jusqu’à la fin du 20ème siècle.
Je me suis surtout attachée aux personnages des pionniers, de la deuxième ou de la troisième Alyiah, venant de la Russie, avec leur accent, leur idéal rayonnant,  leur énergie pour assécher les marais, bêcher, greffer les arbres, et combattre la boue l’hiver et la poussière l’été.

« Mais la manucure incarnait un symbole négatif, le pire de tous, car elle s’appliquait aux doigts, aux mains industrieuses vouées à labourer, bêcher,semer et construire. Les mains des pionniers que la révolution devait arracher à la plume, au commerce, à la casuistique talmudique pour les renvoyer aux outils et aux travaux des champs… »
C’est là qu’intervient le fameux aspirateur, cadeau d’un double traître qui a préféré faire des affaires en Californie.

« L’Amérique ignorait sans doute que, dans mon jeune âge,en sus de l’Union soviétique, de l’Allemagne de l’Est et la  Corée,  elle avait un autre ennemi. Oh pas très puissant ni spécialement dangereux, à vrai dire, mais virulent acharné et moralisateur : une poignée de moshavim et kibboutzim – le courant pionnier en Terre d’Israël. »
J’ai beaucoup souri en lisant ce  livre.
Livre de la nostalgie. Livre de tendresse pour cette famille chaleureuse.
Livre de l’innocence aussi. Celle de mon  adolescence quand je croyais que la terre d’Israel n’avait été gagnée qu’en asséchant des marais. Pas de bruit de bottes, un seul coup de fusil ! pour abattre un chat sauvage, voleur de poules….Pas un arabe à l’horizon, si, une ligne, vu du train le long de la frontière, en Jordanie d’alors…. les antagonismes se résumant aux divers courants du mouvement travailliste? et des révisionistes de droite.

Méir Shalev par le son livre: