préparation à la visite
Dans le cloître clair, aéré, accueillant : nous relisons nos livres, et soufflons un peu.Avant la visite de la chapelle, on projette un Audiovisuel « L’œil de Masaccio ». Le CD-Vidéo fait appel au dessin virtuel. Pour une fois le résultat est satisfaisant. Nous nous promenons dans Florence à la construction de l’église en 1426 et retrouvons la place presque à l’identique (le film de la place actuelle se sur-imprime sur le tableau). Puis, on nous explique la construction de la fresque : l’utilisation de la perspective, alors révolutionnaire pour l’époque, découpage des scènes de chaque tableau.
Le cycle retrace la vie de saint Pierre, reconnaissable à son manteau orange éclatant. Les grands tableaux contiennent plusieurs scènes correspondant à un épisode. Ce cycle a été peint par Masolino, Masaccio et repris par Lippi. Malgré cela, il est tout à fait homogène. Il faut être prévenu pour s’en rendre compte. Le profane n’y voit que du feu. Les trois artistes ont utilisé les mêmes couleurs. Le dernier épisode :la Crucifixion peint par Lippi est celui qui me plaît le moins. Peut être est ce plutôt le thème qui me rebute ? A l’aide de l’informatique, des personnages sont supprimés ou au contraire animés.
15 minutes pour les fresques!
Nous avons le droit de rester 15 minutes dans la Chapelle; mais personne ne surveille. On peut profiter des fresques aussi longtemps qu’on le veut. Ces fresques nous plaisent énormément. Retour au gîte
Chez le traiteur à l’angle des deux routes :croquettes de pommes de terre, beignets de fleurs de courgette et une salade de blé, origan, mozarella, tomate. Les beignets sont un peu décevants : on sent la pâte mais pas les fleurs.
Nous restons à la piscine de 15h à 18h30 malgré quelques gouttes. Je relis les guides, parcours Le Monde, nage, somnole.
Vers le soir, je retourne me promener dans notre domaine. J’emprunte l’allée bordée d’iris touffus qui descend au grand pin solitaire que je dessine.
Nous garons la voiture au parking souterrain de la Gare (2+3€/h).
Nous sommes à deux pas de Santa Maria Novella que nous négligeons préférant San Lorenzo. Je tiens à ce pèlerinage au tombeau de Laurent le Magnifique dont j’ai lu la biographie de Marcel Brion.
Pèlerinage Médicis
Les Médicis que nous avons rencontrés précédemment sont plus tardifs. Je les connais mal. J’avais donc très envie de voir cette église commandée par le fondateur de la dynastie : Giovanni de Bicci à Brunelleschi, la bibliothèque Médicéenne, la tombe de Côme le Vieux et l’imposante Chapelle Médicéenne.
marché
La rue est occupée par une sorte de marché pour touristes : cuirs et fringues. Dans le marché couvert des épiceries de luxe proposent des champignons séchés qui sentent merveilleusement bon, des mélanges secs de tomates, herbes, piments, des « tomates séchées au soleil » toutes sortes de pâtes de toutes tailles, formes et couleurs. Il y a même du riz précuit à l’encre de seiche, des risottos variés …Bien sûr de l’huile et une liqueur au citron dans des flacons de fantaisie. Difficile de résister, j’achèterais bien tout.
Les légumes et les fruits sont magnifiques et bien moins chers que dans les supermarchés ou les fruterias des petites rues. Construit sur deux niveaux sous des verrières, il ressemble à de nombreux marchés en France à Budapest ou à Porto. Mon marché préféré reste le marché de Funchal
Chapelle Médicéenne
Chapelle des princes
On arrive à la Chapelle Médicéenne par une crypte basse à épais piliers. Au sol les dalles funéraires de nombreux Médicis (il y a un arbre généalogique pour les curieux). La Chapelle des Princes (Cappella dei Principi) est un monument funéraire gigantesque, un puzzle de marbres de toutes couleurs, de porphyre et de granite. Du pavement à la coupole le décor est brillant, coloré, magnificent. Malheureusement, un échafaudage gâche la vue d’ensemble. Les sarcophages sont surchargés, nous ne nous y arrêtons pas. Je suis admirative devant les incrustations de pierres des de l’autel et celles des blasons des villes de Toscane. Cette technique vraiment originale atteint un degré de perfection absolue. Même si l’ensemble est kitsch, la géologue se réjouit.
Sagrestia Nuova
La Sagrestia Nuova est l’œuvre de Michel-Ange qui a tout simplement copié Brunelleschi : murs blancs parements gris foncé, pilastres cannelés. On reconnaît le style de la chapelle des Pazzi. Les sculptures de Michel-Ange sont dans une chapelle très claire et vide. Elles sont bien mises en valeur face à l’autel, les tombeaux de Lorenzo et de Giuliano, son frère, sur les autres murs: les tombeaux de Laurent II de Médicis et de Julien de Médicis (fils et petit fils de Laurent le Magnifique) . Dans des niches, les deux défunts sont représentés l’un en général romain, l’autre en penseur. Sur les tombes des allégories : le Jour et la Nuit, le Crépuscule et l’Aube.
Le groupe Marie, Côme et Damien, surmonte le tombeau de Laurent le Magnifique.
Parfaites! Trop parfaites!
Les sculptures parfaites, trop parfaites, ne m’émeuvent pas. En revanche, je suis contente d’être sur les traces de Laurent le Magnifique.
Basilique San Lorenzo
La visite à la grande basilique San Lorenzo va nous occuper un bon moment. On commence par laSagrestia Vecchia de Brunelleschi qui ressemble étonnamment à la chapelle de Pazzi en plus orné : sculptures de Donatello, fresque des constellations, belles portes en bronze ciselées de Donatello.
Dans une petite chapelle latérale, je reconnais une Annonciation de Lippi qui me plaît bien.
Nous admirons d’autres bronzes de Donatello sur les chaires qui ressemblent à des tombeaux juchés sur des colonnes.
Donatello et Michel-Ange ! Voici réunis, les sommets de la sculpture pour notre dernier jour à Florence ?
Le cloître est très sobre, très clair dans le style de Brunelleschi. Il y règne un calme agréable. Sur les murs clairs de grosses grilles qui protègent les fenêtres, se détachent. Quand on monte à l’étage, on a une très belle vue sur le Campanile et le Duomo tous proches.
La Bibliothèque Médicéenne est fermée. On peut juste voir le Vestibule de Michel-Ange, énorme, avec ses grosses colonnes gris foncé et son escalier à volutes presque baroque. C’est surprenant un peu monstrueux.
Enfin, nous longeons le Palais Médicis. Il est tard pour une troisième visite. Nous n’avons plus la tête à cela. Je me suis fait une raison, nous ne verrons pas tout Florence. Autant bien voir quelques monuments plutôt que d’entreprendre un marathon épuisant.
Nous allons plutôt dire au revoir à la Cathédrale et au Baptistère .Je déguste une glace à la cerise sur les marches de la cathédrale.
A l’angle des deux routes, chez le traiteur, on achète des croquettes de patates et de la salade de pâtes : pennes au pistou avec des pignons de fines lanières de basilic et de l’origan.
15h, à la piscine, nous avons installé nos chaises longues sous l’olivier . Je me fixe le défi de nager 1 km. « Au cœur de Florence »
Je lis Au cœur de Florence de Damien Wigny, un énorme guide de 800 pages tellement lourd qu’il est intransportable. C’est une mine de renseignements, il y a tout ! Le plus intéressant, c’est une série de courts articles, classés par ordre alphabétique : biographies et articles généraux. C’est très bien fait avec des renvois. On peut naviguer dans ce livre un peu comme dans un document multimédia avec des liens. Je révise donc : les artistes rencontrés, les monuments visités.
Cela m’attriste de quitter Florence. Je viens tout juste de faire connaissance avec les principaux sculpteurs, peintres et architectes. Parfois ils sont tout cela à la fois. Je commence à peine à être capable d’identifier un tableau de Botticelli de Lippi, Andréa del Sarto ou Raphaël…
Dans une œuvre, je cherche tout à fait autre chose que le beau ou le laid. Je cherche le sujet de l’œuvre, le contexte historique, la technique utilisée. Tout cela suffit à me captiver. Ensuite, bien après avoir cherché tout cela, je cherche des liens avec les autres œuvres que j’ai vues. Simplement, quand elles ont perdu toute leur étrangeté, se pose la question de savoir si cela me plaît ou pas. L’exaltation devant le « Beau » est finalement un plaisir supplémentaire, une sorte de bonus mais pas une fin en soi. D’ailleurs, mes goûts évoluent au fil du temps et des voyages tandis que la curiosité est toujours neuve.
La première condition pour que cette curiosité soit satisfaite, est que j’ai des repères et des indices d’analyse. La deuxième condition est d’avoir l’esprit encore frais. Des révisions sont nécessaires pour assimiler toutes les nouveautés.
Ces révisions, à la piscine, mon travail d’écriture, m’aident à retenir des noms, des dates dans le contexte historique.
Dernière promenade dans le « domaine » de la Villa Palagi. La lumière est très belle. Le vent a balayé toute l’humidité. La vue est très étendue. Nous découvrons un château avec une tour très haute et deux cubes massifs sur une colline au dessus de Florence.
Nous nous installons sous l’arcade de la belle maison parmi les grands pots de citronnier qui ressemblent à des pithoi crétois. Les grosses jarres portent de petites anses et des rosaces et des guirlandes, la marque de fabrique « Domenico e figli-Impruneta »
Nous avons quitté à 10heures notre belle demeure florentine. Comme nous ne sommes attendues que l’après midi à notre prochain gîte, nous faisons un tour dans le Chianti et empruntons l’ancienne route de Sienne qui serpente dans les collines. Il existe aussi une voie rapide sans aucun intérêt touristique.
Val di Pesa
San Casciano in Val di Pesa est un bourg perché sur une colline d’où on a une très belle vue sur les vignes du Chianti. De très hautes murailles protègent le centro storico piétonnier, très chic, très cher, avec ses magasins de luxe : œnothèques, épiceries fines, poteries, vannerie. Je trouve même Le Monde. Cette région est vraiment très touristique !
Bibbione
La route de Sienne suit la vallée du Pesa très verte avec de beaux arbres feuillus : acacias, tilleuls et grands chênes. Des panneaux indiquent un château, une galerie d’art, une tombe étrusque. Nous grimpons un raidillon avec quatre épingles à cheveux pour découvrir une énorme bâtisse au sommet de la colline avec un parking. Nous laissons la voiture et nous promenons dans les jardins très soignés de cette ferme fortifiée. Une piscine, une table de ping pong, la réception, des appartements à louer ont été aménagés. C’est à peine plus cher que nos locations (680€, pour la dernière semaine de Juillet, il reste un appartement que nous visitons : luxueux).
La petite route suit la ligne des crêtes. La vue est magnifique sur les vignes et les oliveraies. Tous les villages sont très pittoresques. D’énormes bâtisses sont souvent transformées en gîtes touristiques.
1ère tombe étrusque!
Le chemin de la tombe étrusque fait des zigzags pour éviter les belles propriétés. C’est une jolie promenade. De la tombe au sommet d’une colline, il ne reste que des gros blocs, montants et linteaux. Une petite maquette à l’échelle 1/10ème reconstitue l’ensemble. Rien de bien spectaculaire ? Je suis ravie : c’est ma première tombe étrusque ! Depuis quelques temps le monde antique se diversifie dans mon imagination. En plus des Égyptiens, des Grecs et des romains que je connais depuis le lycée, nous avons rencontré en Sicile Sicanes, Elymes et Phéniciens. Voilà les Étrusques ! Je rentre par une allée dans les oliviers bordée de grosses touffes de lavande.
Passignano
L’Abbaye de Badia à Passignano, surgit au sommet de sa colline. Elle ressemble à un château. Ici, tout pourrait être qualifié de château : les villas, les fermes, les églises. Les solides bâtisses cubiques à deux étages avec tour carré et créneaux sont très fréquentes. Je serais curieuse d’apprendre la date de leur construction.
un coin pique-nique avec vue…
La recherche d’un coin à pique-nique donne lieu à un long périple en voiture. Il faut une place pour la voiture (le plus compliqué), de l’ombre, et si possible une belle vue. On roule doucement sur une piste qui grimpe et qui traverse un bois. En vain! nous mangeons au creux de la vallée à l’ombre d’un olivier.
Le compteur indique que nous avons parcouru 1500km depuis Créteil.
La voie rapide Florence-Sienne nous mène rapidement à Colle val D’Elsa, grosse agglomération. La ville basse est assez étendue et semble industrielle. La Ville Haute est perchée sur un promontoire très allongé. Je ne sais pas pourquoi, quand je regarde la Ville haute, il me vient à l’idée l’image d’une île ou plutôt de deux îles reliées par un pont.
Tana di Lepri
Notre résidence, Tana di Lepri, est située à la lisière de la ville tout près d’un quartier de pavillons . D’après la brochure, c’est un ancien couvent. J’avais imaginé un cloître, de hauts murs, l’isolement dans la campagne… Au premier abord, je suis déçue.
Colle Val d'Elsa
Une grande bâtisse cubique de deux étages sur le plan des fermes toscanes, crépie de ciment gris. La belle piscine est malheureusement flanquée d’un édicule de ciment laid, des parasols oranges à rayures tout ce qu’il y a de plus commun. Entre la maison et la piscine,des juniperus et des thuyas rampants couvrent mal la terre envahie de chiendent. En contrebas : trois emplacements pour le pique-nique abrités par des parasols rectangulaires tendus sur 4 piquets, sièges et tables en plastique blanc.
Nous sommes loin du raffinement florentin de Certosa et des splendeurs du château Bibbione visité ce matin (pour plus cher !).
En revanche, l’accueil est chaleureux : une dame vient à notre rencontre et nous fait entrer dans le bureau. Elle est ennuyée : Cuendet et une autre agence ont pratiqué le surbooking. Notre appartement, Lepri3, a été réservé deux fois. Des Belges, arrivés avant nous, y sont installés. La catastrophe est évitée de justesse. Elles disposent d’un autre appartement, mais il n’est pas prêt. Nous ne pouvons pas visiter Lepri 3 que nous avions retenu, selon elles, le nouveau serait mieux.
On y pénètre par une porte légèrement cintrée sous l’escalier extérieur. Ce qui donne un petit vestibule aéré. La salle de séjour-cuisine est très vaste meublée d’un canapé, d’une table rectangulaire, un petit buffet de bois sombre avec de jolis anneaux de cuivre et la télé. La cuisine est meublée d’éléments modernes avec frigo et plaques intégrés. Murs blancs, une reproduction de Signac figure Venise. La merveille : les plafonds voûtés en briques rouges formant un joli motif. Un arc roman coiffe le coin-cuisine, le volume au dessus du reste de la pièce s’inscrit dans un carré mais j’ai du mal à le nommer.
La salle de bains, toute neuve, a également un plafond voûté avec des volumes compliqués. On a gardé une sorte de mangeoire avec une poutre inclinée. La chambre claire et vaste est occupée par un immense lit de fer forgé très élégant. Au rez de chaussée, dans ces vieux murs, l’appartement devrait être très frais. J’utilise le conditionnel car le temps a changé. Le vent souffle fort, il fait tout juste 26°C et je dois me forcer pour aller à la piscine. Une fois dans l’eau tiède je fais 20 bassins en redoutant la sortie de l’eau.
Ville haute
En un petit quart d’heure de marche, nous sommes dans la Ville Haute. Le centro storico s’allonge sur une rue bordée de palais XVII et XVIème siècle. Un pont relie deux éperons rocheux. L’entrée est commandée par une arche très haute surmontée d’un palais à la façade soulignée de colonnes et de corniche. Du pont, on a une jolie vue sur la campagne toute proche. Un champ de tournesol couvre une croupe arrondie. Malheureusement la floraison semble terminée. Quelle belle photo nous aurions faite ! A l’horizon, les crêtes bleue, le jaune contrastant avec le vert des arbres et au premier plan la ville avec ses toits de tuiles patinées, ses clochers…
La route S2 traverse une campagne agréable de champs qui ondulent avec les tournesols en fleur, les blés moissonnés, la paille en grosses roues. Le long de la route je découvre de nombreuses industries, petites usines modernes, propres et discrètes : cristalleries, composants électrique, agro-alimentaires. Pendant que j’en fais l’énumération D; me conseille plutôt de regarder les hautes tours qui se profilent sur une colline : Monteriggioni, entourée d’une enceinte à si grosses tours que Dante les a comparées dans l’Enfer à des géants L’ensemble est spectaculaire. La route continue ensuite dans un paysage vallonné assez boisé ? Ici, ni vigne ni oliviers, des acacias, des sureaux, des chênes. Je ne sais pas pourquoi ce paysage m’évoque plutôt la Dordogne que la Méditerranée. Forteresse Médicis
Hauts murs, bastions, tours de briques. A l’intérieur, une vaste esplanade avec un amphithéâtre. Un écran est installé pour des projections « sous les étoiles ». De magnifiques escaliers baroques sont en cours de restauration. Du haut de la forteresse, nous découvrons les toits de la ville, le campanile à rayures, le Duomo, le beffroi du palais Municipal et des dizaines d’églises .
Aujourd’hui, dimanche, les parcmètres sont gratuits, autant en profiter et rapprocher la voiture. Nous passons devant une église massive de briques S Domenico et Santa Catherine puis montons une rue piétonnière. Nous sommes dépaysées. Habituées aux grands palais sévères de Florence et aux décors Renaissance, nous voici au Moyen âge dans des petites ruelles sombres avec toujours des boutiques de luxe mais moins de mode, plus d’épiceries fines proposant les spécialités locales : Chianti, pâtes de luxe, charcuterie. C’est aussi plus calme. Pas de motos ni de vélos (peut être parce que c’est Dimanche ?)
Je reconnais la place Salimbeni avec le Palais Gothique du Mont de Piété vus à notre visite précédente il y a plus de vingt ans. Au centre de la place la statue d’un ecclésiastique. Une plaque précise qu’il s’agit d’un économiste, un théoricien du Libre Echange et que c’est le Mont de Piété qui a fait ériger la statue. Etrange monument ! Le Palais Gothique Salimbeni a été restauré au XIXème siècle ce qui explique la fraîcheur des décors.
Au coin de la via Bianchi, le Palais Spannochi est très décoré aux couleurs de la Contrade de la chenille : jaune et vert. Nous apercevons la belle place en forme de coquille : la Piazza del Campo sans nous y arrêter et continuons vers le Duomo, le but de notre promenade.
La Cathédrale de Sienne
On parvient à la Cathédrale par un escalier. Sous une arche très blanche, très haute nous découvrons la silhouette fine du Campanile blanc rayé de vert et la façade très très ouvragée du Duomo : dentelle de pierre, pinacles, gargouilles, statues dans des niches, statues de vieillards et apôtres aussi lions, chevaux et bovins qui se détachent sur le ciel.
Duomo
Le Duomo est fermé aux touristes aujourd’hui Dimanche matin. Nous nous asseyons en face pour détailler la façade puis descendons l’escalier qui mène à la Crypte. Le Billet collectif de 10 euros donne droit à 4 visites : la crypte, le Baptistère, le Musée de l’Opera del Duomo et l’Oratoire San Bernardino.
Crypte
La Crypte est une surprise totale. Nos guides ne la mentionnent pas : elle vient d’être ouverte au public. On entre par une porte blindée et on découvre des fresques dans un état de préservation exceptionnel. Située sous le Duomo, elles étaient ignorées, enterrées dans les fondations, préservées de la lumière et de l’oxydation. Les bleus sont exceptionnels : l’azurite n’a pas été oxydée pour donner de la malachite vert turquoise. Il s’agit de l’église d’avant le XIIIème siècle avant la construction de la cathédrale. Quand nous pénétrons accompagnée d’une guide parlant français, la crypte est vide. Nous avons l’impression de faire nous même une découverte !
Un CD ROM très détaillé et très scientifique explique comment on établie la cartographie des différentes altérations des fresques : calcifications, abrasions, dissolution, action des mousses et des algues, salinisation, apparition de croûtes de sel…
Procession
défilé de la contrade de la Chenille
Des tambours résonnent à l’extérieur. Nous abandonnons l’écran pour nous précipiter à la rencontre du défilé de la contrade de la chenille. Les hommes sont costumés comme au Moyen Age : jambières jaunes et vertes une moitié de jambe de chaque couleur, hauts, de chausses en velours vert, bonnet moyenâgeux. Les tambours sont également jaunes et verts. Des porte-étendards jouent avec les grands drapeaux, ils les font tourner en occupant toute la rue.
Baptistère
Après ce spectacle inattendu, nous visitons le Baptistère. La grande façade gothique de marbre blanc ne laisse rien soupçonner de la structure octogonale du bâtiment. Au sol, le arbre blanc est gravé et incrusté d’une scène de femmes portant leurs enfants au baptême.
A l’intérieur les fonts baptismaux sont de forme octogonale (toujours le huit qui égale les 7 jours de la Genèse plus celui du Baptême). De très beaux panneaux de bronze doré racontent la vie de Saint Jean Baptiste. On retrouve avec bonheur les œuvres de Ghiberti et Donatello (nos vieilles connaissances de Florence !). Nous étudions les fresques ; celle qui représente Saint Antoine de Padoue me plaît parce qu’une ville est représentée avec de nombreux personnages.
Musée de l’Opera del Duomo
Le Musée de l’Opera del Duomo abrite les sculptures de la façade fragilisées par l’érosion. Elles sont très bien présentées au rez de chaussée. Au dessus des peintures de Primitifs siennois. Au sommet, un escalier en colimaçon monte au sommet d’une arche. De là on découvre un panorama fantastique sur les toits de Sienne, la Cathédrale, le Campanile, la piazza del Campo…On lève la tête, au dessus de nos têtes s’élève une arche encore plus haute qui donne le vertige à Dominique. Un nouvel escalier encore plus étroit permet de monter à la seconde arche. On avait imaginé construire une cathédrale gigantesque plus vaste que celle de Florence. Ces arches vertigineuses sont des ébauches du transept jamais achevé. La peste et la domination de Florence ont mis fin à cette construction ambitieuse.
Maesta duccio
En redescendant, nous allons voir les peintures : le retable du Duomo jusqu’en 1505 ; cette peinture absolument merveilleuse se composait de14 petits tableaux ravissants. On voit également une Maesta : Madone entourée des anges sur fond doré.
La dame nous raconte l’histoire de la maison qui est maintenant un agroturismo:
Au Moyen Age, deux tours de guet surveillaient la route des Pèlerins qui venaient de France à Rome, laVia Francigena.
Au XVIIème siècle, la maison fut donnée par l’Eglise à des Frères très pauvres qui récupéraient les métaux. Trop pauvres pour édifier une église ou un cloître. Notre maison était donc bien un couvent, mais un couvent pauvre.
La maison est devenue un moulin à huile : la pièce abritant actuellement la réception a été rajoutée pour le pressoir à huile.
La propriété est passée dans les mains des propriétaires actuels, les Lepri. Le nom de la résidence Tana de Lepri n’a donc rien à voir avec une garenne comme je le supposais. C’est le nom des propriétaires, nobles avec blason. Des paysans, fermiers, avaient exploité les vignes et l’oliveraie. Il y a 4 ans la ferme a été transformée en résidence et les paysans occupent maintenant la grange transformée en habitation.
Une petite route très agréable mène à San Gimignano parmi les champs de maïs et les tournesols fleuris. San Gimignano se voit de très loin, tout à fait reconnaissable avec ses hautes tours.
A 8h45 nous entrons par une belle arche dans le village fortifié endormi. La petite cité est encore plus ancienne que Sienne. Nous voilà au XIIème siècle ! Les maisons sont hautes de trois ou quatre étages et les façades sont toutes simples.
La rue principale monte vers la Place de la Citerne entourée de palais avec leurs hautes tours qui ressemblent aux tours du Magne. La place est en pente. Comme à Sienne, les nervures cloisonnant le pavement de brique rouges en chevron, s’épanouissent en éventail. Ici, le centre est occupé par une citerne posée sur des marches et surmontée d’une sorte de portique de pierre très simple. Une Loggia abritant des bancs de pierre est commune à la place de la Citerne et à celle du Duomo. Le Duomo est une bâtisse romane massive dépouillée posée sur des marches.
A 9h30, ouverture des musées et de la Cathédrale.
La Cathédrale : le Paradis et l’Enfer
Nous étudions à loisir les cycles de fresques. Au dessus de l’entrée : l’Enfer et le Paradis. L’enfer est beaucoup plus amusant que le Paradis. Les péchés sont classés par gravité. On reconnaît facilement l’usurier au ventre gonflé qui vomit ses pièces d’or, la luxure, femme nue à qui le Diable enfonce un pieu dans le sexe, la Calomnie la Médisance ou le Blasphème ? Les pêcheurs se bouchent les oreilles.
En face, solennels : les anges, les saints et les prêtres font une procession monotone. Sur chaque côté de la nef, les épisodes de l’Histoire Sainte sont représentés comme en bandes dessinées.
J’admire la composition des animaux qui entrent deux par deux sagement dans l’arche et qui en sortent joyeusement dans le tableau suivant.
Le Passage de la Mer Rouge est aussi coloré et vivant. Le Peintre a ajouté des pêcheurs, des dauphins et des poissons. Les corps des Egyptiens sont emportés par le courant.
En face la vie de Jésus. Dominique lit à haute voix le Guide Vert. Après 10 jours de visites nous pouvons identifier facilement chacun de ces tableaux mais le Guide nous aide à observer méthodiquement..
Dans une chapelle, nous faisons connaissance avec la sainte locale : Santa Fina, une petite fille paralysée représentée par Domenico Ghirlandaio (celui de l’Adoration des bergers qui m’avaient enchantée à l’Expo Botticelli) j’avais aimé les petits animaux : ici, une souris persécute la petite paralytique.
Palazzo del Podesta où Dante rencontra les représentants du Conseil
Musées
billets cumulatifs pour 5 musées : la Pinacothèque du palazzo del Popolo et la grosse tour.
Le ciel s’est couvert, il tombe quelques gouttes. Ce serait dommage de faire l’ascension de la Tour sans jouir d’une belle lumière pour apprécier le panorama et prendre des photos!
Il tombe maintenant une pluie battante. Nous nous courrons de porche en boutique, pour rejoindre le Musée Archéologique où se trouve aussi la Galerie d’art Moderne et un petit musée consacré à Santa Fina. A l’autre bout du village, la pluie a cessé mais il faut encore attendre un quart d’heure l’ouverture du Musée. Le Palais qui l’abrite est tout à fait remarquable, les objets exposés beaucoup moins. C’est un vrai « Musée des Pots cassés » avec explications vagues portant surtout sur la localisation des sites archéologiques.
La Galerie D’Art Moderne ne vaut guère mieux. Jolie présentation mais œuvres discutables.
Heureusement une exposition temporaire de photos « Palestine 1929 »vaut, elle, le déplacement. Très belles photos anciennes Noir et Blanc, souvent sépia, portrait de Halutzim, d’arabes, de yéménites, d’enfants…Paysages de Tibériade ou de Saint Jean d’Acre, Yaffo, encore palestinienne, .travaux des champs archaïques… C’est inattendu et très intéressant.
Il est trop tard pour visiter le Palais et la Pinacothèque, il ne fait toujours pas beau pour monter à la Tour. Nous nous promettons de revenir. San Gimignano est proche du gîte. Nous utiliserons plus tard notre billet cumulatif.
Retour sous le ciel gris. Je vole deux tournesols pour égayer notre salle de séjour
Malgré les nuages, je nage 40 longueurs pendant une éclaircie.
La sortie sud de l’autoroute nous mène directement à la Porta San Marco. Sans transition, on passe de la campagne aux murailles de la Ville Médiévale
. Parking souterrain (1.5€h). 9h, nous remontons une petite rue tranquille bordée de maisons de briques aux persiennes vertes orientables.
Une maison au fronton baroque peint en vert fait un angle aigu à une fourchette. Devant, il y a un très joli puits blanc. Belle image, mais photo impossible, on a garé des scooters et des motos près du puits. Contrades
La contrade de la Chenille, défilé dominical
Aux coins des rues, je remarque les carreaux apposés indiquant la Contrade à laquelle appartient ce quartier. Nous passons de la Contrade de l’Escargot à celle de la Panthère (jolie sculpture moderne sur une placette) puis à celle de la Girafe (oriflamme déployé à une fenêtre) et enfin sur le territoire de l’Aigle.
Les touristes et les habitants de Sienne ne sont pas encore sortis. La promenade est très tranquille. Nous rencontrons seulement deux bonnes sœurs en cornette.
Piazza del Campo
La Piazza del Campo, la belle place en forme de coquille, ou d’éventail, est déjà animée. On est en train de monter un podium pour un spectacle. Les ouvriers sont équipés de matériel d’escalade : baudriers longes et mousquetons Nous les regardons travailler avec intérêt.
Fonte Gaia oeuvre de Jacopo della Quercia (1374-1438)
La Fontaine Gaia (Fontaine de la Joie) située en haut de la place en marbre blanc avec de jolis panneaux sculptés, fait le bonheur des pigeons. Perchés sur les louves couchées, ils prennent une douche dans le jet d’eau.
Palazzo Publico
Le Palazzo Publico qui abrite la municipalité est un intéressant musée. C’est un grand bâtiment de brique rose décoré de parement de pierre blanche .couronné de créneaux et orné de belles fenêtres gothiques trilobées. L’élégante tour de la Mangia domine la ville de toute sa hauteur.
Le Musée n’ouvre qu’à 10h, nous avons tout le loisir de regarder les façades de brique des palais qui entourent le Campo.
Nous traversons rapidement les premières salles du Palazzo Publico pour nous consacrer uniquement aux fresques Le premier cycle raconte le conflit entre Frédéric Barberousse et le Pape : une belle bataille navale entre les Vénitiens alliés du pape et les forces impériales. Malheureusement, la salle est en restauration. Dans la Salle de la Mappemonde (qui a disparu) deux fresques intéressantes : la Maesta(Vierge en majesté de Simone Martini que l’on peut comparer à l’autre Maesta, celle de Duccio exposée au Musée de l’Opéra del Duomo. Je préfère celle de Duccio. L’autre fresque est un portrait équestre du condottiere Guidoriccio da Fogliano (1328) .
le bon gouvernement côté campagne
la Salle de la Paix est occupée par un autre cycle : Les Effets du Bon Gouvernement et le Mauvais Gouvernement.
Le bon Gouvernement. Toute la vie de Sienne au XIV ème siècle est résumée dans les deux grands tableaux. Sur une moitié la Ville de Sienne est représentée avec toutes ses activités : le cordonnier dans son échoppe avec les bottes suspendue, les maçons sur un toit, l’auberge avec des garçons occupés à jouer. Des jeunes filles dansent une ronde Des cavaliers entrent dans la ville. Dans un coin, on reconnaît ; le Campanile et le Duomo. Les maisons sont peintes en rose vif. Ce sont celles qu’on voit encore dans les rues. Les murailles de la ville découpent en deux le tableau : de l’autre côté : la vie à la campagne. Le seigneur chasse le sanglier, des paysans taillent la vigne, d’autres moissonnent d’autres battent le blé. Au fond, un beau paysage de collines coiffées de villages. On pourrait rester des heures à chercher des détails.
En face les effets du mauvais gouvernement : les murs sont en ruine, les ordures sont dans la rue, les soudards entraînent une jeune fille, scènes de meurtre et de désolation dans la campagne…
Une conférencière me fait prendre conscience de principes simples : les fresques ont été conçues en fonction de la pièce et non pas comme les tableaux peints dans l’atelier de l’artiste. Le rôle de l’éclairage est donc tout à fait remarquable. A cette époque il s’agit, bien sûr, de la lumière du jour venant de la fenêtre. Dans le Bon Gouvernement, le soleil éclaire la ronde des jeunes filles qui jouent le rôle de source lumineuse secondaire du tableau. On vérifie cette théorie en regardant les façades claires ou ombrées. Dans le Mauvais Gouvernement la table où se trouvent le Diable et les Péchés, semblent au contraire jeter de l’ombre sur la ville.
Autour du Campo :la Via di Citta épouse la courbe du Campo et serpente autour de la colline où est perché le Duomo. La longue façade gothique du palais Chigi-Saracini suit cette courbe. Nous entrons dans la cour et découvrons une jolie loggia peinte avec des motifs de grotesques rappelant ceux de Vasari au palazzo Vecchio. Nous nous arrêtons près du magnifique puits.
Duomo
Contrairement au Duomo de Florence vaste, mais presque vide, ici, nous avons une impression de surcharge de décoration et d’exiguïté tant il y a de sujets à observer.
Pavement
la nef et le pavement
Le pavement décoré de 56 panneaux de marbre réalisés selon la technique de l’agraffito : silhouettes gravées dans le marbre blanc puis noircies à l’asphalte. A partir de 1518, Beccafumi utilisa la technique de marqueterie de différentes couleurs. Pour éviter l’usure du passage, les deux tiers des panneaux sont protégés par une plancher amovible. On n’en verra donc que le tiers restant. Les Sibylles de Cumes et des autres villes (1491-1498), une Allégorie de la Fortune avec Socrate et Crates qui renverse des pièces et des bijoux, une roue de la Fortune, curieux motifs pour une église. Judith délivrant Bethulie (1473) et le Massacre des Innocents, Hérode chassé du trône étonnent moins. Dans ce
pavement
dernier, j’ai surtout admiré le dessin des chevaux avec le mouvement bien rendu.
Chapelles
Comme à notre habitude, nous suivons scrupuleusement la visite du guide Vert (le plus méthodique), entrons dans toutes les chapelles, celle baroque du Bernin, celle Renaissance celle de Saint Jean Baptiste avec une statue du saint par Donatello ressemblant à celle du Musée de l’Opéra del Duomo de Florence.