Ce court roman (175 pages) se lit d’un souffle. Il happe le lecteur, halluciné.
« Mais moi, Alfa Ndiaye, j’ai bien compris les mots du capitaine. Personne ne sait ce que je pense, je suis libre de penser ce que je veux. Ce que je pense, c’est ce qu’on veut que je ne pense pas. La France du capitaine a besoin que nous fassions les sauvages quand ça l’arrange. Elle a besoin que nous soyons sauvages parce que les ennemis ont peur de nos coupe-coupe. Je sais, j’ai compris, ce n’est pas plus compliqué que ça. La France du capitaine a besoin de notre sauvagerie et comme nous sommes obéissants moi et les autres, jouons les sauvages. Nous tranchons des chairs, nous estropions, nous décapitons, nous éventrons.[….]la seule différence entre eux et moi, c’est que je suis devenu sauvage par réflexion…. »
Le roman commence comme le témoignage d’un tirailleur sénégalais dans les tranchées de la Grande Guerre. Témoignage de l’horreur. Témoignage de la sauvagerie et de la folie de la guerre.
Ils sont partis de Gandiol (Sénégal) deux frères d’âmes (j’avais cru deux frères d’armes) Alfa et Mademba, cousins à plaisanterie, élevés dans la même concession. Mademba meurt, éventré dans les bras de son frère d’âme qui refuse de l’achever et qui en a le remords. Il se sent aussi responsable de la mort de son ami.
Vengeance ou folie, Alfa devient tellement sanguinaire que les hommes le prennent pour un sorcier et le capitaine cherche à l’éloigner.
Il se retrouve dans un hôpital où le psychiatre le fait dessiner pour exorciser sa folie. Le livre prend une autre tournure. Alfa raconte ses parents, son amitié avec Mademba. Il s’évade loin des tranchées. Nous voyons vivre le village, les Peuls qui passent à la saison sèche avec leurs troupeaux, les agriculteurs qu’on enjoint de cultiver l’arachide au lieu des cultures vivrières…
La fin est étrange, comme un conte que je ne dévoilerai pas.
On entre dans le Musée National par des cylindres en verre emboîtés. Il existe un ticket groupé pour les trois Musées principaux : National, du Jade et de L’Or : 33$ ce qui ne fait économiser qu’un modique somme et qui ne dispense pas de la queue. Comme les trois musées sont proches, on peut envisager la visite dans la journée.
Musée National
C’est le musée historique. On accède à la cour par une rampe dans un jardin tropical.
La Place d’Armes et les boules précolombiennes
J’essaie ici de retranscrire les notes prises lors de la visite.
Au Pléistocène le Costa Rica était peuplé d’une mégafaune de taxodontes (hippopotames), mastodontes (éléphants) et de mégathériums(paresseux) , cerfs, tapirs et sangliers étaient déjà présents.
occupation humaine :
– 10.000ans était constituée de chasseurs-cueilleurs ayant traversé le Détroit de Behring entre -50.000 et -40.000 ans évoluant par groupes de 20 à 30 individus dans un climat favorable.
7000 ans -5000 ans les hommes se sédentarisent et cultivent le maïs et des arbres fruitiers (anones, cacao, yucca sapotille, avocats et poivrons
300 avJC – 500 AD Ils vivaient dans des maisons aux toits de palmes connaissaient la technique de la céramique et leurs pratiques funéraires étaient élaborée avec des tombes en forme de bouteille, avec sculptures et offrandes. On a retrouvé des bijoux en jade. Les sculptures de pierre sont tout à fait étonnantes représentant des animaux : jaguars, crocodiles, oiseaux à longs becs et parfois en trophée des têtes de captifs
Sculptures de pierre
300 – 800 on observe une diversification des styles de céramique
C’est mon premier contact avec la sculpture et la céramique précolombienne. Je suis ébahie de tant de beauté. Je ne m’attendais pas du tout à cela.
Entre l’Epée et la Croix raconte la conquête du Costa Rica par les Espagnols :
Entre l’Epée et la Croix
1511 établissement du Royaume du Panama
A la découverte du Costa Rica par Christophe Colomb, ce dernier avait dit qu’il y avait beaucoup d’or. L’Or était un symbole de puissance aussi bien chez les populations précolombiennes mais il n’avait pas de valeur économique . les mines se trouvaient au Mexique ou au Pérou.
Céramique précolombienne
1523 : Création du conseil des Indigènes
1542 : nouvelles lois rédigées à l’instigation du prêtre Bartolomé de Las Casas,
1563 : fondation de Carthagène. Le Costa Rica était une province marginale, avec une société de fermiers vivant au rythme des cloches et des cycles agricoles.
Dans une salle le face à face des Espagnols et des esclaves est mis en scène : en face des représentations espagnoles on montre l’art africain.
Les races étaient entremêlées une estimation de 1778 compte 60% métisses, 18%noirs, 12% indiens, 10% espagnols
Au 19ème siècle : guerre contre les flibustiers
1848 : Proclamation de la République du Costa Rica
1856 -1857 : Campagne nationale on assiste à la construction d’un discours sur l’identité nationale.
1897 -1917 : Libéralisme et Modernité
La Pays du café : le café était le « grain d’or » négociable sur le marché mondial, c’est une véritable entreprise capitaliste.
La construction du chemin de fer est associée à la culture de la banane à grande échelle
Canal de Panama
On assiste à des conflits entre l’Eglise et l’Etat
J’aurais dû prévoir beaucoup plus de temps pour ce musée qui est passionnant !
Coup de cœur du Guide du Routard autant pour les boutiques que pour les sodas.
Devant le Théâtre National des rangs d’écoliers en belle chemise blanche vont assister à une représentation.
8h45, à l’angle de la Calle 6 et de l’Avenida Central : le Mercado Central. Les boutiques ouvrent, les marchands lèvent les rideaux de fer et suspendent leur marchandise au-dessus des vitrines. Il y a assez peu de légumes et fruits, plutôt des poissonniers, des bouchers et fromagers. Le poisson n’est pas étalé à plat comme chez nous mais rangé dans des casiers de verre avec de la glace. Difficile d’entrevoir un poisson entier. Une case contient des œufs de tortue. Les herboristes ont fait de jolis étalages ; On peut également acheter des souvenirs.
Les allées étroites me font penser à un souk oriental mais avec les odeurs et la saleté en moins ; ici tout est emballé. Dans la rue on emballe dans du plastique même oranges, pamplemousse et melons qui ont pourtant une grosse peau ?
Un peu déçue, je fais quelques photos.
La Poste
la poste
Au-delà des tours de ciment de la Banque Centrale et de la Banque Nationale, plusieurs immeubles Belle Epoque surchargés de stucs attirent mon attention. Le plus imposant est la Poste : monumentale. Je pense à la Poste de Saïgon. Dans le hall, des marchands de souvenirs, de bonbons et de petits objets ont installé leurs étals, au fond se trouvent les guichets postaux, sur le côté les boites postales.
En face, il y a une place soignée avec un bel arbre.
Marchands de rue
place de la Culture
En passant, je remarque sur les vitrines des commerces, des photocopies priant gentiment les marchands ambulants de ne pas s’installer devant la vitrine du magasin. Ces derniers semblent bien tolérés aussi par les policiers. Les marchands de billets de loterie se déplacent et proposent aux passants. A certains coins de rue, les Témoins de Jéhovah raides dans leurs costumes, proposent leurs brochures. Près de la place de la Culture, des artisans fabriquent des bijoux avec des pierres dures de la ficelle ou des fils de maillechort. Le résultat est séduisant et je me laisserais bien tenter.
Des écoliers entrent au Musée de l’Or qui n’ouvrira qu’à 10 h pour les touristes.
Place de la Démocratie
Jimenez Deredia Place de la Démocratie2
Le Musée National ressemble un peu à un château avec tour et créneaux, avec escalier monumental, crépi de jaune. C’est une ancienne caserne qui a été transformée lorsque l’armée a été abolie en 1948. Juste à côté se trouve le bâtiment en construction de l’Assemblée législative. A l’arrière du musée un mur est le support d’une exposition de Street Art les artistes ont signé leurs œuvres.
On entre dans le Musée National par des cylindres en verre emboîtés. Il existe un ticket groupé pour les trois Musées principaux : National, du Jade et de L’Or : 33$ ce qui ne fait économiser qu’un modique somme et qui ne dispense pas de la queue. Comme les trois musées sont proches, on peut envisager la visite dans la journée.
J’avais beaucoup aimé d’Acierde Silvia Avallone qui se déroulait à Piombino, en Toscane et racontait l’amitié de deux jeunes adolescentes sur fond de crise des aciéries en 2001. Je m’étais promis de suivre les publication de l’auteure. Le mois Italien/Il Viaggio m’a do né l’occasion de découvrir La Vie Parfaite, publication récente d’Avallone (5/04/2018) .
J’ai retrouvé le même décor : les cités-dortoirs déshéritées, et les adolescentes avec leur rage de vivre et leurs frustrations, entre pauvreté et marginalité. La cité est surnommée Lombriconi (vers de terre) ironie pour des barres d’immeubles longs d’un kilomètre accompagnées de tours (un peu Sarcelles) en périphérie de Bologne. Dans cette cité résident surtout des femmes, les hommes sont en prison, en cavale ou inexistants. Les adolescents le même chemin…
« Pourquoi tu crois que les tours, la cour en bas, ce n’est pas intéressant? Tu les as déjà regardées, tu as pris des notes. TAnt que tu ne les mets pas noir sur blanc, les choses, tu ne les vois pas…. »
C’est donc une (deux) histoires de femmes et de maternité. Adele, 17 ans est enceinte. Elle accouche et abandonne sa fille dès les premières pages du roman. Dora, professeure de lettres, mariée depuis 7 ans est désespérée de ne pas être enceinte. Traitements hormonaux, tentatives de FIV, rien n’y fait. Ce désir d’enfant la fait dérailler complètement, elle est capable d’agresser physiquement les femmes enceintes qu’elle rencontre…
La vie est mal faite : Adele, l’adolescente, est incapable d’assumer sa fille tandis que Dora et son mari, architecte, ont tout pour accueillir un enfant et voient leur désir d’enfant pourrir littéralement leur vie de couple.
Le thème de la maternité ne me passionne pas. J’ai donc moins bien accroché que dans la lecture d’Acier. J’ai été plus sensible à la description de la vie dans les Lombriconi, la façon avec laquelle les mères-courages comme Rosaria élèvent leurs filles, entre travail mal payé, tâches ménagères et télévision (omniprésente dans les foyers de la cité).
Voilà ce qui fait la différence, pensa Zeno : s’entêter quand on n’y arrive pas, s’acharner, jour et nuit, choisir la difficulté plutôt que la facilité, travailler à en crever.La différence entre ceux qui quitteront les Lombriconi et ceux qui y resteront. »
Parmi les racailles et les dealers, un garçon, Zeno, fait exception. Enfermé chez lui, il est en terminale littéraire dans un lycée classique du Centre-ville et observe minutieusement la vie de ses voisines. Son histoire est déchirante. Chez lui aussi, la figure du père absent explique son comportement qui paraît étrange dans la cité. Laideur du décor, pauvreté des loisirs : pour se distraire, on va au centre commercial, on regarde la télé…
La Vie parfaite, Adele ne pourra pas l’offrir à Bianca, sa fille à-naître. Et pourtant quelques instants de cette vie à laquelle elle aspire,surgissent comme des fenêtres furtives dans cette vie morose. comme un jardin caché dans l’hôpital, ou la découverte de la mer.
Même si j’ai préféré d’Acier, j’ai été happée par la rage de vivre dans cette banlieue, le foisonnement des histoires, souvent violentes et tragiques.
Le taxi nous attend. Il nous emmène avec un autre couple français qui voyagera demain avec nous sur Air France et qui a suivi un autotour de l’Agence Trio comme nous.
Le chauffeur est charmant et bavard. « Pourquoi ces grillages autour des maisons particulières, même ces rouleaux de barbelé ? » demande le monsieur français « les Costaricains ont une culture sécuritaire, « répond le chauffeur, « « c’est commercial ! » résume-t-il. Nous passons devant un magnifique stade tout blanc, tout neuf « Cadeau de la Chine – commente-t-il – « la condition était la rupture avec la Thaïlande, le Costa Rica a obtempéré. » Pourquoi la Thaïlande ? N’est-ce pas plutôt Taïwan ? je pense à part moi. Le taxi est pris dans les embouteillages. Dans le trafic on remarque surtout les autobus multicolores, violets, verts, les taxis rouges et des utilitaires. Nous avons le temps de regarder les constructions hétéroclites, jolies villas anciennes coincées dans des hideux immeubles de béton couverts de grandes affiches. Hôpital des enfants, trois étages de balcons colorés. La Cathédrale avec ses coupoles à travers les grilles d’un parking. Pas de voitures garées sur le bord des trottoirs. Ici on les enferme dans des parkings privés grillagés. Encore la manie sécuritaire !
San José : Place de la culture
Nous suivons depuis un long moment l’Avenida Central qui devient piétonnière dans le Centre. On doit la contourner par l’avenida 2 puis par la 3. Le quadrillage des rues est très logique. D’un côté les avenidas paires parallèles à l’avenida central. De l’autre, les impaires. A angle droit les calleégalement numérotées ; Notre Hôtel Presidente s’ouvre sur la Calle 7. Sa façade toute bariolée est l’œuvre de l’artiste Sergio Guillen « Buscando el Gato » on le trouve ! (le chat).
Le Lobby est au premier étage : briques et poutres, un loft sophistiqué avec de beaux canapés profonds un établi pour les ordinateurs en libre-service pour les clients, des machines à écrire en décoration et des casiers métalliques. En face des toilettes des dames, une robe de soirée faite de fleurs se reflète dans un miroir. C’est original et de bon goût.
Avenida Central
La chambre, est plus classique. Confortable avec la clim (pas en marche), la Télévision Grand Ecran (TV5), un frigo, une gravure.
A peine les valises posées, nous partons à la découverte de San José ou plus précisément d’un restaurant pour le déjeuner, et d’un supermarché. L’Hôtel Presidente est idéalement situé à un bloc de la Place de la Culture où se trouve le Musée de l’Or et le Théâtre National. Nos fenêtres donnent sur l’Avenida Central. Comme il est un peu tard, on se contente d’empanadas de l’échoppe au coin de la rue, croustillantes, d’une pâte aérienne, remplie d’une sorte de crème au poulet. C’est léger, léger.
Théâtre National
Je renonce aux visites dans les musées. J’ai envie de marcher, de respirer l’air de San José sentir la vie de la ville. Contraste après le calme de la jungle, il y a trois heures on n’entendait que les oiseaux !
Autour de la Place de la Culture, de nombreux vendeurs de billets de loterie crient leurs nombres. Les feux rouges sont sonores et bippent quand les piétons peuvent passer. Dans les magasins on pousse un peu fort la sono. En ce moment ce sont les Soldes d’été. Au Costa Rica la saison sèche est appelée « l’été » même si on est au mois de mars. Rabais sensationnels sur les chaussures, les blouses et les maillots de bain. C’est joli. Nous sommes dans un quartier chic. Malheureusement nos valises sont pleines à craquer. L’Avenida Central est noire de monde.
San José : Exposition Jiménez Deredia LA FUERZA Y LA UNIVERSALIDAD DE LA ESFERA
La Municipalité de San José a organisé une exposition des sculptures monumentales de Jimenez Deredia. Né à San José en 1954, c’est un sculpteur d’envergure internationale. IL a été invité au Vatican a exposé à Rome, Lucque, Trapani, Mexico et La Baule. Les sculptures sont en bronze et en marbre blanc. Elles sont disposées le long de l’Avenida Central et sur toutes les places du Centre. Le Thème : La Fuerza y l’Universalidad de la Esfera est sans doute en rapport avec les grosses boules précolombiennes qu’on a trouvées au Costa Rica. Partant du volume de la sphère, par de légères mutations – Genesis – on passe de la sphère à l’œuf, puis à la femme. Femmes rondes qui font penser à Botero . Femmes épanouies aux traits indigènes ; Formes arrondies où l’on retrouve la sphère, Noire ou blanche. J’aime la douceur du marbre de Carrare
Un portail chinois m’a intriguée. Le Barrio chino est composé de nombreux bazars, des boutiques vendant de l’alimentation, tenus par des Chinois, ou pas, vendant des produits chinois, mais pas que…Le long de la rue des lions ou un mandarin de pierre confirment le caractère asiatique.
l4ENTR2E DU QUARTIER CHINOIS
Je parcours l’Avenida Central jusqu’au Musée de Jade et au Musée National de chaque côté de la Place de la Démocratie. Il y a d’autres sculptures de bronze, sculptures permanentes ; San José aime bien les sculptures :
Le Théâtre National serait, d’après le Routard, une visite incontournable, le plus beau bâtiment de la ville avec ses statues de Beethoven et de Chopin. J’entre pour la visite. Guidée à 16h, on me prévient, ce sera dans la pénombre pare qu’il y a une répétition. Je renonce. Jette un coup d’œil à l’entrée. Ce genre de mini-opéra-Garnier e me passionne pas.
San José en fleurs
Je rentre à l’hôtel, j’en ai plein mes sandales. Dîner KFC. Vers 19h30, tout est fermé sur l’Avenida Central, même KFC et McDo sont vides. Les noctambules doivent festoyer ailleurs que dans le centre !
Dernière occasion de voir le jour se lever avec les chants d’oiseaux, les stridulations, les appels des animaux. Dominique a préparé l’appareil-photo pour faire un film et enregistrer les singes-hurleurs qui se sont manifestés bruyamment les autres matins. Justement, aujourd’hui, pas de singes. Comme rien ne presse, je m’installe dans le hamac. A contre-jour, les arbres se détachent en ombres chinoises. Comme sur une calligraphie asiatique au pinceau et à l’encre de Chine. Plus fines dentelles des arbres qui portent des fruits proches de la rambarde de la terrasse. Des oiseaux gobent goulûment les petits fruits qui forment des bouquets. Un couple de perroquets a traversé bruyamment le ciel puis s’est posé, je devine leur silhouette, leurs longues queues qui se balancent, le ailes qui se déploient, le couple se sépare et se retrouve. Queues en l’air, queues en bas, je suis fascinée.
plaisir du hamac
Au petit déjeuner, je retrouve Anja et Marcus, de la balade à Corcovado. Anya a du beau matériel photo et un ipad. Ils ont transféré leurs photos dans l’ipad et dans le cloud. Voila la solution pour sécuriser les photos ! Voilà ce que nous aurions dû faire à Pedacito de Cielo après avoir pris les oiseaux et l’iguane !Je n’avais pas compris l’intérêt de la fonction Wifi dans nos appareils-photo, je commence à comprendre. Nouvelle piste à explorer. Anja m’a fait cadeau d’une photo de perroquet et de celles du petit singe de Corcovado avec sa sauterelle qu’elle a travaillé avec PAS (Photoshop) . Encore un autre conseil avisé. Les échanges à la table d’hôte sont décidemment fructueux et ce jeune couple allemand très sympathique.
la piste dans les palmiers
11h, le taxi vient nous conduire à l’aéroport de Drake Bay. Où se cache-t-il ? Une piste poussiéreuse, aucune indication, un gué dans une large rivière peu profonde, entre deux rangées de palmiers à huile, je distingue un grillage puis la piste de décollage. Le bâtiment est un peu plus loin, tout simple comme une gare de campagne. Des sièges dans la salle d’attente, trois comptoirs, trois compagnies se partagent le trafic, la nôtre c’est Aerobell. Pas de tableaux électroniques pour les arrivées et les départs. Un seul employé recopie à la main nos noms, prénoms et numéros de passeport. Il nous appelle ensuite pour la pesée.
Drake Bay
20 kg autorisés pour les valises, la moindre livre supplémentaire est facturée 1$. Pour les bagages à main c’est encore plus folklorique : le passager monte avec son sac sur un pèse-personne et on inscrit le poids total sur la feuille. Si le poids du passager et de son sac dépassait 120 kg, il lui faudrait acheter un second billet.
Nous sommes 5 passagers, notre poids total est transmis à la compagnie.
Notre avion atterrit : c’est un joli Cessna blanc décoré de rouge et bleu (couleurs du Costa Rica). Les ailes sont situées au-dessus de la carlingue, elles ne devraient pas gêner pour les photos. Il y a déjà du monde dans l’avion. Je choisis une place toute seule derrière le pilote et réserve pour Dominique la place sur le siège en face. Au hublot, il y a déjà une chinoise qui cède son siège pour s’asseoir au deuxième rang avec son compagnon. Les sièges en cuir crème sont très confortables, la visibilité parfaite. Un voyage de luxe !
Le vol n’est pas direct, il fait un crochet vers le sud de la Péninsule d’Osa jusqu’à Puerto Jimenez traversant des zones boisées et aussi cultivées. Des fumées s’échappent des brûlis. Amusante image : la vue du dessus des plantations de palmiers à huile chaque arbre ressemble à un parasol. Aussi dans des champs secs et gris des rangées de plantes énigmatiques très écartées. Puerto Jimenez :un petit port avec une jetée. Ici, on sort du bateau à pied sec ! L’avion se vide. Des nouveaux passagers montent. Une jeune fille aux boucles blondes en cascade manie les bâtons orange pour guider l’atterrissage, s’occupe des valises et des listes de voyageurs. Elle semble être la seule employée. L’avion survole à nouveau la Péninsule d’Osa et passe au- dessus de la mangrove de Sierpe , le paysage est fantastique avec tous les méandres et les boucles qui parfois se bouchent et que la forêt n’a pas comblée. Au niveau de la mer, la turbidité est grande, on voit un tombolo se former, ailleurs des anneaux qui ressemblent à des attolls. L’avion file vers le nord au-dessus de la plage rectiligne vers Dominical je cherche Dominicalito avec son anse et ses îles, le fleuve Baru. Nous survolons un paysage de collines et montagnes. Les pistes tortillent reliant maisons et villages. Plus on s’éloigne du Pacifique, plus les prairies verdissent.
Turbulences sur la vallée Centrale
Des turbulences sont annoncées dans la Plaine Centrale. Les habitations se densifient autour de San José. Elles forment une mosaïque colorée de toits de tôle, rouges, verts, brillants ou rouillés. Du ciel on imagine un vaste bidonville. Cette impression est trompeuse : les maisons basses en ciment ne sont pas très coquettes mais confortables. Quelques immeubles dépassent les maisons. On distingue un beau club de tennis deux grandes piscines, un stade….L’avion atterrit sur un petit aérodrome. Chacun prend sa valise sur le chariot.
6h15 petit déjeuner avec une famille de Canadiens qui participent à l’expédition.
7h départ pour le centre de plongée où il faut une bonne heure pour choisir les palmes et les essayer. Les miennes sont vraiment longues. A bord nous sommes une douzaine avec deux moniteurs et le capitaine du bateau. La traversée vers l’Ile Cano dure 45 minutes. Chacun attend les dauphins et peut être une baleine. Les dauphins offrent un spectacle joyeux. Un petit, saute tout entier hors de l’eau fait une pirouette tandis que le reste de la bande fait des cabrioles, ailerons, puis queues hors de l’eau ; Les ailerons dorsaux réapparaissent un peu plus loin, là où on ne les attendait pas. Aux abords de l’île des roches volcaniques sortent de l’eau.
Enfin ma première plongée !
Avec les grands palmes, impossible de marcher dans le bateau ; Je comprends pourquoi les plongeurs basculent en arrière. Pour moi, pas question ! Je marche à reculons jusqu’au bout du bateau un peu moins haut.
Je ne me suis jamais servie d’un tuba ; L’embout me parait monstrueux. Pour couronner le tout, il faut nager avec le gilet de sauvetage attaché à la taille à l’envers. Je me prends dans les palmes. Ce n’est pas franchement agréable (alors que j’adore nager librement autour d’un bateau) mais il y a des coraux, de merveilleux poissons multicolores, des bleus, des longs avec une rangée de points verts… mes collègues du bateau savent les nommer et les décrire, et qui comparent avec les Maldives, les Seychelles Maurice. Moi, je pédale avec mes trop grandes palmes, m’étouffe avec le tuba. Le gilet de sauvetage est remonté sous les aisselles et il frotte. Pour remonter sur le bateau, il n’y a pas d’échelle, il faudrait me hisser à la force des bras. Je n’ose pas m’appuyer sur ma main droite ni me laisser hisser par le bras droit.
A la seconde séance, je décide d’abord de renoncer et de rester dans le bateau. Samuel et Abraham, les moniteurs me persuadent de faire un nouvel essai. J’enroule autour de mon poignet la lanière du gilet de sauvetage qui sert à être repérée. Je renonce aux grandes palmes et au tuba. Je vais nager à ma façon, la tête dans l’eau en apnée, remonter respirer tranquillement.
Cette plongée va m’apporter de belles surprises : d’abord une raie sur le fond, pas très grande, immobile sur le sable. Nous nous dirigeons vers un banc de gros poissons gris-bleu en rangs serrés qui tournent comme les nuages autour de l’œil du cyclone. Certains de mes compagnons plongent en plein milieu d’eux. Le banc se sépare puis se reconstitue immédiatement et le ballet recommence.
Après le banc de poisson Samuel et Abraham entrainent le groupe plus loin ; Les snorkelers expérimentés nagent les yeux rivés sur les coraux et les poissons. Mes yeux sont hors de l’eau, je surveille l’écart qui se creuse entre les autres qui palment et moi sans palmes qui suit péniblement. Le groupe s’est immobilisé « tortuga ! » C’est une tortu e noire du Pacifique. J’ai la joie de la voir passer tout près. J’en oublie le gilet qui m’embête, ma fatigue à suivre le groupe hors d’haleine. Je regarde la tortue indifférente et souveraine. Ce n’est pas la saison de la ponte. Je n’aurais jamais pensé voir une tortue.
Les surprises se précipitent « Shark ! » un petit requin pas si petit que cela, il mesure bien un mètre. Une fusée jaune jaillit dans le sillage du requin. C’est la jeune marseillaise qui a plongé. Le voir de loin me suffit. Je n’aurais jamais eu l’idée d’approcher.
Tortue, requin, raie, la plongée a comblé mes espérances (j’ai loupé le serpent de mer). J’ai moins de mal à remonter sans palme ni gilet. Je suis vexé de ma piètre performance. Rien à voir avec le plaisir absolu de nager autour du bateau à Milos ou en Corse.
Un quart d’heure plus tard, le bateau accoste sur l’île pour le pique-nique sur une plage. « Attention les cocotiers tuent plus que les requins ! » plaisantent nos accompagnateurs qui portent d’énormes glacières contenant deux salades différentes, des pastèques, des ananas et du poulet frit. Après le repas l’aeu transparente m’appelle pour une baignade ; Sans palmes, sans masque ni tuba quel bonheur !
13h15, retour.
Pendant que j’attends Johny en face du centre de plongée, je découvre deux perroquets rouges en plein déjeuner d’almendras. L’arbre est touffu mais les oiseaux sont tout près. Je saisi enfin l’occasion d’une photo.
Aras rouges
Sieste dans le hamac sur la terrasse de notre bungalow à la Finca Maresia. Quel bonheur encore.
Diner en compagnie de la famille canadienne et d’un couple de retraités venant de Bonn. Caricatures d’allemands ; Fines tranches de rôti de porc au miel et aux oignons, soupe à la crème, salade tomate oignons et poivrons. Cheesecake.
C’est avec grand plaisir que je me laisse entraîner par les blogueuses Maggie, Cléanthe, dans les lectures communes qui me conduisent dans des chemins que je n’aurais sans doute pas trouvés seule. sortir de la routine en explorant les Classiques qu’on croit connaître alors que les lectures datent parfois du lycée.
Je n’avais jamais entendu parler du Bal de Sceaux avant qu’il ne soit proposé à la LC. C’est une agréable surprise même si ce ne sera sans doute pas ma nouvelle préférée.
Le comte de Fontaine, noble vendéen et bien sûr royaliste, à la Restauration vient à Paris pour se mettre au service du roi et solliciter la faveur royale pour l’établissement de ses nombreux enfants. Après avoir assuré la position de ses fils et marié ses deux filles aînées, il cherche pour la plus jeune Emilie, la préférée, un beau mariage. Mais Emilie, la dernière, est une enfant gâtée, une capricieuse qui décourage tous ses prétendants malgré les efforts de son père qui organise repas et invite tous les partis avantageux.
Au Bal de Sceaux, elle croit trouver enfin le fiancé de ses rêves. Elle en tombe même amoureuse. L’amour la rend presque sympathique. Un beau mariage se prépare? Le promis est bien mystérieux. Est-il noble?
Je me suis un peu ennuyée à lire tous les détails de la cour que Monsieur de Fontaine a fait au roi, le protocole, les subtilités des fidélités, des exils….J’ai été un peu agacée par l’importance accordée au « sang bleu » des nobles, le « snobisme » (quel anachronisme) d’Emilie quand elle repousse ses prétendants.
En revanche, la fin est inattendue et très réussie. Quelle leçon!
Petit déjeuner : 5h30, départ pour Corcovado : 5h50.
Les heures du matin son précieuses avec la fraîcheur. Il convient de pas les gaspiller. Hommes et animaux sont actifs au lever du jour. Après 11h la chaleur est écrasante. Johnny nous conduit en minibus à la plage où nous attend Roy, le guide.
Embarquement pieds nus. Le bateau à auvent bleu saute dans les vagues. Quand on quitte la Drake Bay on découvre du large les resorts dispersés. Des roches noires, sans doute volcaniques, bordent la côte. Ils sont frangés d’écume blanche. Des arbres magnifiques s’étagent au flanc de la montagne ; Quand nous avons quitté Sierpe sur le fleuve dans la mangrove, j’avais imaginé que nous serions dans un pays plat ; pas du tout ; Les rives sont escarpées. Le voyage vers Corcovado dure un peu plus d’une heure. La côte plus lointaine est baignée dans la brume. Au loin, on devine la forme bizarre d’un rocher, tête ronde comme un champignon. Quand on s’en rapproche, on voit qu’il n’est pas seul mais accompagné d’aiguilles à l’allure étrange, un phénomène volcanique, sans doute.
En face de la plage où nous débarquons le relief est plat. On se rechausse. Roy nous emmène vers le haut de la plage où se trouvent des aigrettes blanches, un faucon Black hawk est perché, non loin le Crested Caracara – un rapace dont le nom est inspiré de son cri en vol – . Près d’une lagune en retrait, un Petit Green heron( Butorides virescens) qui n’est pas si vert qu e cela mais qui est le plus petit des hérons. Seul son bec ressemble aux hérons que je connais.
basilisc noir
Dans le scope de Roy : un petit basilisc noir .
Nous passons près d’un nid de guêpes comme une boule, de guêpes blanches, les guêpes de lait, mieux vaut ne pas s’attarder, elles sont dangereuses. En haut d’un arbre d’autres guêpes ont construit un nid en forme de guitare qu’elles ventilent activement.
Un coati musarde ; C’est une femelle. En cette saison, les femelles sont presque toutes gravides et s’isolent de la meute pour faire un nid dans les arbres où elles vont mettre bas.
« Hum, Hum « un son très grave se fait entendre. On imaginerait un buffle au moins, Roy cherche dans les arbres. C’est une sorte de dindon avec un bec jaune qui perche sur les branches. Invisible, nous le verrons plus tard.
Dindon perché
Une autre espèce de dindon est perchée sur une branche arquée. Nous passons tout près sans le déranger. La plupart des animaux sont étonnamment tranquilles. Un agouti picore à moitié assis ; les agoutis sont des semeurs d’arbres ; Ils enterrent les graines en creusant des trous pour stocker des provisions dans le sol, puis les oublient.
Roy « sent l’odeur du pécari » et le déniche dans un fossé plein de feuilles. La mère est entourée de nombreux petits qui ressemblent à des marcassins. Chez nous, trouver une laie et ses petits est une situation dangereuse. Ici, la mère semble habituée aux touristes.
Le tapir dort profondément près d’un marigot à ‘ombre d’un buisson. Roy laisse s’approcher Ram, le photographe hollandais. Endormi, le tapir est peu attirant. On dirait un gros cochon.
Dans l’inventaire des bêtes bizarres du Costa Rica, il nous reste à voir, le tamanoir, le tatou, le lamentin…Sans parler des félins et des serpents.
le petit singe-écureuil (merci à Anja qui m’a donné la photo)
La rencontre la plus touchante est toujours celle des singes. Les singes-araignées sont en haut des branches ; On les voit s’épouiller haut dans leur arbre. Quand nous repasserons après déjeuner nous els retrouverons.
Les singes-écureuils, les plus petits des singes costariciens, nous ont encore plus divertis. Ils n’ont pas de queue préhensile. Ils se nourrissent d’insectes qu’ils débusquent en sautant de feuille en feuille. Justement l’un d’eux capture une grosse sauterelle verte de près de dix centimètres de long. Quelle aubaine ! Il ne se cache pas pour la déguster et s’installe juste au-dessus de nous. Il nous offre un spectacle passionnant. Il commence par les pattes (bien charnues pour une sauterelle) et facile à manger. Puis il déchire les ailes coriaces. Il lui reste l’abdomen, bien gros pour un si petit singe qui ne se décide pas à l’attaquer tout de suite. Il change de perchoir et saute.
11h30 : Déjeuner au centre Sirena où l’ont pourrait aussi passer la nuit. Bâtiment vert, d’une architecture élégante, couvert de tôles dépassant largement en faisant des auvents en V emboités. Des petits lits enfermés par de moustiquaires font penser à des petites cages sont alignés. Le parquet est en beau bois vernis ; Il est interdit de circuler chaussé. Des étagères sont prévues comme à l’entrée d’une mosquée. C’est un endroit très agréable ; pour déjeuner, un buffet avec des salades, des fruits frais, des gâteaux et des sandwiches : un froid sorte de wrap, un autre chaud enveloppé dans une feuille de banane qui contient une pâte avec des ingrédients mystérieux. Roy explique que les feuilles de bananes sont les meilleurs lunch-box, conservant la fraîcheur mieux que les boîtes plastiques.
figuier étrangleur : matapalo
J’ai oublié de parler des arbres. Le plus grand est un géant d’Ail Noir, ainsi nommé à cause de l’odeur de ses fleurs. Impossible de l’approcher au moment de la floraison. D’autre géants sont les figuiers étrangleurs appelés aussi Matapalo . La jeune pousse vit d’abord en parasite sur un autre arbre, laissant pendre les racines avec une croissance du haut vers le bas et tuant l’arbre-hôte.
Quand nous retournons le bateau la chaleur est écrasante jusqu’à la plage qui sert de port. Sur le bateau il fait bon mais il faut se garder des coups de soleil. Je rentre toute rouge à la Finca Maresia. Après la douche et un bon tartinage de Biafine, je découvre les délices du hamac sur la terrasse. Je ne sais pourquoi, j’avis des a-priori contre la sieste dans le hamac que j’imaginais nauséeuse. Par grosse chaleur on respire beaucoup mieux que sur un lit et c’est plus confortable pour le dos qui épouse la courbure, sans parler de la détente les pieds en l’air. Mieux qu’une chaise-longue ou un lit de plage ! Seuil défaut, il est malaisé d’écrire. Le rêve ce serait un bon livre mais j’ai pris du retard dans mes comptes-rendus ?
Pécari
Les grands cris des perroquets rouges qu’on appelle lapas ou macaw, m’ont tirée du hamac. Ils sont très bruyants et traversent à tire-d’aile le ciel entre leur perchoir, un très grand arbre et les almendros, arbres à feuilles épaisses vernissées et arrondies om ils trouvent leur provende, des fruits verts « almendron » qui ressemblent à de grosses amandes très dures. Gretel, la femme de Johnny, m’appelle et me montre les macaws attablés. « Quand ils mangent, ils sont silencieux ». Soudain passe un perroquet solitaire « un veuf ou un juvénile qui n’a pas encore de compagne ; les perroquets vivent par paire et sont fidèles jusqu’à la mort » explique-t-elle. J’ai raté encore une fois la photo. Avec le Coolpix le zoom n’est pas assez puissant, ils sont tout petits. Quand au Lumix, il s’est éteint « pour surchauffe » justement quand je les avais bien visés. Je descends au bungalow, dégoûtée !
Dîner excellent en compagnie d’un couple allemand qui a fait l’excursion des autrichiens. Mon allemand est bien lointain mais je donne le change. Entrée ceviche de thon à l’ananas servi dans des ramequins en forme de poisson, lasagnes très fines au légumes gratinées au gruyère. Au dessert, une crème caramélisée au goût un peu étrange. Flan ? ou gâteau au fromage un peu trop cuit, i l’un ni l’autre c’est de la citrouille ;
A nouveau boucler les valises et cette fois-ci ranger tout puisque nous allons rendre la voiture à Sierpe.
Petit déjeuner à la carte : « typico » avec riz aux haricots, une petite salade très pimentée, deux œufs au plat et bien sûr plantain frit. Mais le grand luxe c’est le jus de fruit : à la place des boissons chimiques tirées d’un distributeur, la serveuse apporte deux coupes d’ananas frais. Depuis le temps que je voulais essayer les batidos, c’est fait. Exquis !
79 km entre Dominical et Sierpe – 1h05 selon Googlemaps – une route bien roulante Pacifica Fernandez. Les gros camions ne sont pas encore sortis.
Uvita, station balnéaire plus développée que Dominical. C’est là que nous aurions dû venir pour les courses et pour trouver un restaurant. Passé Dominical, nous avons deviné les resorts luxueux bien cachés dans la campagne. Il y a même des maisons à étages (premiers immeubles rencontrés depuis Jaco), un golf est signalé.
palmiers à huile
A l’horizon se détachent des sommets déchiquetés. A Palmar Sur, nous quittons la route principale. Nous faisons un tour dans la petite ville commerçante où l’on ne vend rien d’extraordinaire, de l’électroménager, des vêtements, des motos. Les devantures n’ont rien de spécial mais cela déborde de vie de bruit, de musique dans les bars. La route de Sierpe se trouve à droite après le pont métallique sur le Rio Tenere, elle zigzague autour des parcelles cultivées : palmiers à huile, bananeraies – exploitations familiales sans doute, rien à voir avec les bananeraies industrielles entre Limón et Tortuguero.
Récolte
On récolte en ce moment les dattes rouges des palmiers à huile réusines en un régime serré. Deux garçons remplissent une charrette tirée par des bœufs. On a fini de les couper ? J’aurais bien voulu voir comment ; Les garçons sont d’accord pour être filmés. D’une maison voisine s’échappe de la musique cubaine qui sonorisera le film. Nous photographions les maisons de bois d’un village construite autour d’un terrain de foot herbu ; Elles sont le plus souvent basses mais certaines ont un balcon à l’étage.
Quelques palmeraies plus loin : Sierpe, petite agglomération au bord du fleuve animée par le trafic fluvial qui relier Drake Bay et la Péninsule d’Osa. Des bateaux de toute taille font la navette. Les touristes laissent ici leur voiture de location ; stations de lavages et parkings se sont installés, sans parler des restaurants et cafés où touristes et mariniers attendent.
au village de Sierpe
En attendant 11h30, l’heure de notre passage, nous regardons passer les îles flottantes de jacinthes qui dérivent et les oiseaux noirs voletant d’île en île. Va et vient des bateaux, petits bateaux des hôtels, plus gros. Le nôtre est « l’autobus », le service régulier. Le capitaine appelle les passagers selon leur destination, range les valises et désigne des bancs. 24 passagers et nombreux hommes d’équipage qui seront indispensables à l’arrivée. Pour débarquer, il faut se déchausser. Le bateau s’approche de la plage mais il n’y a pas de ponton et il y a de l’eau jusqu’aux genoux ; les valises sont sorties en vitesse et les marins les portent sur la tête ; Je reçois ma petite valise bleue au milieu de l’eau et manque de la tremper ; son bain ne dure que quelques secondes mais je suis déjà chargée avec le sac de plage rose et les deux paires de chaussures attachées par les lacets. La sortie de Dominique a été sportive, les marins efficaces et serviables mais le bas du pantalon trempé.
1h30 sur la navette de Sierpe à Drake Bay
Le « taxi » qui vient nous chercher est un vieux minibus bordeaux conduit par Johnny, le patron de la Finca Maresia. Les présentations sont en Espagnol. Johnny parle parfaitement Anglais mais il est ravi de mes efforts. Tout en conduisant, Johnny commente la route : le village (pueblo) qui a quelques supermarchés (petits) et de nombreux restaurants ; le minibus grimpe ensuite une piste poussiéreuse sur 3 km ; nous arrivons sur un terrain bien accidenté à la pelouse grillée par la sécheresse mais entourée de grands arbres. « Une finca de montagne » dit-il. La mer est à un quart d’heure à pied par une autre piste.
une finca de montagne
La terrasse est le mot-clé caractérisant l’architecture des bungalows et du bâtiment -restaurant. Terrasses perchées sur des poteaux, suspendues dans le vide, abritées par de grands auvents de tôle peinte en vert dépassant largement le plancher de bois. Le restaurant est prolongé d’une vaste terrasse avec canapés, hamacs, fauteuils suspendus, dominant tout le terrain et les alentours.
bungalows
Notre bungalow, le n°5, est aussi posé sur pilotis. Il repose sur un beau parquet. Une immense baie vitrée sépare la chambre de la grande terrasse où sont suspendus deux hamacs avec une balustrade de bois, seul mobilier une tranche de tronc d’arbre pour faire le plateau d’une table. Nous nous trouvons à la hauteur des feuilles multicolores d’une haie qui nous isole de la pente herbue qui monte au bâtiment-restaurant. Une autre haie sépare la chambre du bungalow voisin. Suspendues en pleine nature
hamacs sur la terrasse
La décoration de la chambre est contemporaine, bois et béton brut. Somptueux parquet, au murs lambris mal équarris. En guise de placard, une niche avec des planches brutes. Des moustiquaires en baldaquin au-dessus de chacun des lits, gaze cousue aux quatre coins d’une toile blanche. Comme il n’y a pas de moustiques en cette saison, on a noué d’un simple nœud, la mousseline. Un ventilateur à longues pales brasse l’air chaud et réussit même à bien rafraîchir la pièce après la tombée de la nuit ;
Un grillage surmonte le bois au-dessus de la salle de bain communiquant par une porte de bois coulissant. Par le grillage, la nuit on voit les étoiles. Eclairage discret : 2 petits spots sur des tiges orientables et des appliques carrées. Rideaux jaunes d’un côté, vert de l’autre ; La salle de bain, gris ciment mais soigné façon tadelakht. Douche séparée par une plaque de verre. Dans le ciment du sol on a pris des galets noirs, décoratifs et pratique : on ne glisse pas. Chambre très séduisante, mais je passerai le plus de temps dans le hamac.
Le déjeuner est simple et très fin : poulet parfumé mélangé à des oignons dorés et des oignons crus , riz blanc.
Je descends à la plage par une piste sableuse qui se termine par une allée d’hibiscus entrelacés en un tunnel arrondi, puis par un charmant petit pont suspendu sur un ruisseau. Entre maillot de bain et appareil-photo, j’ai choisi la photo ; je le regrette la baignade devant les eaux tièdes et tranquilles de Drake Bay où enfin je pourrais nager. La remontée est plus facile que je ne craignais.
Belle surprise en arrivant à la Finca. Johnny me montre les aras, magnifiques perroquets multicolores avec le dos rouge. Ils se gavent des fruits très durs de l’almendro (Dipterix oleifera) qu’ils broient avec leur gros bec.
Le dîner est servi à la table d’hôte, tout le monde mange ensemble. C’est plus convivial. Le menu est affiché au tableau blanc avec les horaires des excursions. Si on est végétarien, il suffit de mettre une croix au tableau. En hors d’œuvre, la pâte de haricots rouge épicée est accompagnée de chips de plantain. Soupe orange, courge ou potiron. Pavé de bœuf grillé, délicieux. Depuis notre arrivée au Costa Rica, le bœuf est excellent. Au dessert une mousse de fruits de la passion.
Nous dînons en compagnie de deux Néerlandais qui ont fait un circuit similaire et c’est un plaisir d’échanger des souvenirs.
La nuit tombe vers 18h, il fait complètement noir quand nous descendons sous la nuit étoilée. Je serais bien restée regarder les étoiles dans le hamac mais j’ai peur des moustiques. C’est idiot il n’y en a pas.