Les plages de la Courlande

plage très fréqauentée le dimanche à 30km de Riga

La route 128 qui contourne la Courlande traverse le Parc National Kemeri – magnifique forêt. Ici aussi, le parking est problématique. Tout Riga s’est garé sur les bas-côtés pour aller à la mer, ramasser des myrtilles ou des champignons. Nous nous éloignons de la ville, passons Engure. La route longe le rivage mais la Baltique est invisible derrière la dune plantée de pins. Il faut oublier le coin pique-nique solitaire le dimanche ! On expédie les harengs derrière la voiture. C’est méconnaître la Lettonie ! Si les parkings sont bondés, cela ne signifie pas qu’il y aura foule sur la plage. Celle-ci est si étendue que les gens se répartissent sans se gêner ! C’est aussi oublier l’ingéniosité balte pour aménager tables et bancs couverts d’un auvent pour els jours de pluie avec cabane en bois pour les toilettes. Ces installations en bois s’intègrent parfaitement dans la forêt comme les chemins de planche qui protègent la dune.

Nous poursuivons notre voyage autour du Golfe de Riga entre les pins – depuis l’Estonie, le paysage n’a pas changé, des arbres, toujours des arbres. Je commence à saturer. Les arbres finissent par m’ennuyer. Je n’arrive plus à retenir mes bâillements et mes yeux se ferment.les nuits sont courtes sur la Baltique, voilà que je m’endors le jour !

Cap Kolka

Cap Kolka monument des marins disparus en mer

Le Cap Kolka borne le Golfe de Riga qui s’ouvre sur la Baltique. Mer tranquille, on ne voit rien dans l’eau. Au Danemark la pointe qui bornait la Baltique s’ouvrant sur la Mer du  Nord était plus spectaculaire. Même sans effet spectaculaire, c’est quand même un cap qui fait rêver. Rêver les Lettons d’autant plus que l’endroit était interdit aux temps soviétiques et resté sauvage encore maintenant. Je m’offre encore une belle promenade les pieds dans l’eau sur le sable de Courlande.

Roja

Retour en arrière pour aller à l’hôtel de Roja proche de la mer. La dame me fait visiter notre suite : une chambre et un salon. Je suis toute joyeuse : une suite ! Et ferme la porte après avoir laissé mon sac. Catastrophe ! J’ai verrouillé de dedans la mauvaise serrure. La clef ouvre l’autre et la dame a perdu l’ancienne clé. Elle ne fait aucune difficulté à nous donner une autre chambre mais voilà que mon sac est prisonnier ! Que faire ? c’st dimanche, la dame ne trouvera pas de serrurier tout notre argent et nos papiers sont enfermés !

Arrive une dame débrouillarde avec deux couteaux de bonne taille, elle fait glisser la lame de l’un, soulève la targette, introduit le second et ouvre la porte. On est tellement soulagées qu’on lui donne un pourboire exagéré de 20Lat.

Le tour dans Roja ne s’avère pas spectaculaire, nous sommes fatiguées !

De Pärnu à Jurmala ou du Deauville estonien au Deauville letton

 

villa bleue de Jurmala

Quittons l’Estonie

Nous quittons l’Estonie sous la pluie. Le poste frontière rouille tandis que les camions sont immobilisés sur le parking. Pour les voitures, seul changement : le revêtement de la chaussée ; La magnifique route estonienne financée par l’Union européenne fait place à une chaussée étroite mal revêtue. La file ralentit. Sur le bas-côté sont garées de nombreuses voitures. Un accident ? Pas du tout ! des tentes rondes partout, des jeunes affublés de couronnes  et de colliers de fleurs. Woodstock letton. Un jeune invective les camions en brandissant le poing tandis qu’une fille le retient. Il doit être saoul ou drogué.

Nous contournons le Golfe de Riga sur 300km sans voir la mer pourtant proche. Une forêt touffue l’éclipse. Pendant 300km nous ne verrons que des pins magnifiques, des bouleaux géants, des sous-bois verts vif des myrtilles mais pas de mer.

Riga

A l’approche de Riga, le ciel se dégage. Il fait chaud. Dans la pluie estonienne, il faisait 16° et le pare-brise était tellement embué qu’on avait mis le chauffage. Nous sommes heuresues de retrouver Riga, le long boulevard Brivibas, croiser Dzirnavu la rue de l’Hôtel Edvards, les jardins, la vue sur la Daugava…Plaisir de re-connaître….

Jurmala

23 km de Riga : Jūrmala est le « Deauville letton ». Après Pärnu, « Deauville estonien », cela fait redite !

Pour entrer à Jurmala, on s’acquitte d’un péage 1LAT par voiture. Ensuite il faut trouver un parking, mission quasi impossible à midi. Nous croisons à petite vitesse rue Jura de Majori, utilisons les places interdites (bateaux) pour rester dix minutes en ne quittant pas des yeux la Skoda. Au premier passage, on ne sait pas où donner du regard dans ces villas luxueuses tapies dans des parcs, peintes en bleu pâle ; gris perle, jaune ou marron. Puis on s’organise pour les photos. Les maisons sont enfermées par des clôtures très hautes qui compliquent la prise de vue.

Finalement au troisième passage, après avoir éliminé les maisons les plus prétentieuses, celle qui est une réplique de la Grande Guilde de Riga, celle en ciment quiu ressemble aux villas de Bao Dai de Nha Trang, celle qui a un gros 4x4noir garé… nous éliminons les contemporaines reconnaissable à l’huisserie carrée en PVC et les maisons de série sans personnalité. Elles ne sont pas si nombreuses à photographier, celles qui ont des pignons, des découpes de bois. D’ailleurs j’en ai vue de plus charmantes et de plus facile à photographier en Roumanie qui leur ressemblaient beaucoup.

Sur les trottoirs les passants parlent majoritairement Russe.   Sont-ils des Lettons russophones de Riga, ou viennent-ils de Russie ? Habitants de Riga toute proche venus passer à la plage un dimanche ensoleillé ou en villégiature ? Le train relie Jūrmala à Riga. Si nous étions à Riga nous aurions dû choisir ce moyen de transport.

Il n’y a pas de promenade de bord de mer, de corniche ou de croisette à Majori. Les énormes villas invisibles cachées par les grands arbres colonisent le front de mer. Au détour d’une petite rue j’arrive directement sur le sable. 26°, le dimanche, je ne pouvais p

as m’attendre à la trouver vide ! Les horribles accessoires contemporains sont présents : château-fort gonflable, pyramide-iceberg dans l’eau (comme à Sihanoukville), lits blancs en plastique. Il manque les parasols. Ici on ne se cache pas du soleil, on s’expose ! Les cabines de déshabillage sont sponsorisées par une compagnie de téléphone mobile. Seul l’établissement de bains en bois peint est Belle Époque.

Nous avons encore une longue route et ne nous attardons pas. Ce n’est pas ici le lieu pour saucissonner ou plutôt manger nos harengs dans les assiettes en papier !

Pärnu : station balnéaire estonienne

Pärnu l'église baroque de Catherine II

Au petit déjeuner, du B&B de Upa, les meilleures pommes de terres que j’aie jamais mangées servies avec du lard et de l’oignon, et bien sûr charcuterie et harengs !

Traversons Saaremaa sans nous arrêter et nous retrouvons sur la digue qui relie à Muhu, étonnées de nous retrouver entourées d’eau. Des cygnes croisent avec leurs petits.

Queue pour le ferry de 9h40. Une mouette sautille de voiture en voiture ; elle quémande. Amusée j’ouvre le coffre pour chercher une tranche de pain. A peine ai-je lancé le premier morceau que le chauffeur derrière notre voiture me morigène « davai ! ». La traversée dure à peine 25 minutes;  sous le ciel gris, nous avons moins l’impression d’une croisière.

Il reste 60km à parcourir entre bois et champs de colza.

 Villa Eden ou plutôt à son restaurant Paradise : Il est trop tôt nous fait comprendre une jeune stagiaire-étudiante (c’est écrit sur son badge) qui ne parle pas du tout anglais. Revenez à 15heures !

L’Office de Tourisme,à l’Hôtel de Ville, a édité une brochure proposant 4 itinéraires.

« promenade historiques dans le Centre ».
L’Hôtel de ville , l’origine une maison de marchand,  a logé le Tsar Alexandre 1er en 1806.

Non loin de là, l’église Sainte Catherine (1786) fut construite sur une commande de Catherine II. Elle est tout à fait charmante, de petite dimension, jaune surmontée de 5 bulbes. L’intérieur est  peint en crème avec des moulures blanches. L’iconostase est arrondie, décorée de personnages recouverts d’argent< ; Au dessus, autour de la Cène, trois tableaux triangulaires très élaborés sont surmontés de médaillons ronds. On dit que cette église baroque est la plus belle d’Estonie.

la maison du marchand Mohr

La Maison du Marchand Mohr, rue Rüütli datant de 1681 fur reconstruite en 1820. Sa façade est classique bleue pâle. Elle a accueilli successivement Karl XII, roi de Suède et Catherine II de Russie. Au fronton de la façade reste accroché un fer à cheval que le Roi de suède aurait perdu.

L’ancien Relais de Poste se trouve rue Vee, initialement dans une boucherie russe caractéristique avec ses colonnes rondes. Dans le Relais de Poste il y avait des écuries, un sauna et la forge du maréchal-ferrant.

 

 

maisons de marchands

LaRue Kuninga est bordée de maisons de marchands. Deux maisons de pierre encadrent une maison de bois rappelant que les Russes avaient interdit qu’on construise des maisons de pierre. Suivant l’itinéraire nous découvrons un bel Hôtel 1923 et dans un parc la statue de la poétesse Lydia Kodule (1843-1886)

Pärnu est une ville très verte avec de nombreux parcs.

 

L’après midi, nous suivons l’itinéraire : Promenade dans les villas balnéaires.

Villa Ammende

Plutôt que le Deauville Estonien comme nous le lisons dans les brochures, on penserait plutôt à Arcachon avec les belles villas sous les arbres. De nombreuses villas sont en  bois, d’autres en béton. La plus belle est la Villa Ammende (1905).

Sur le front de mer, les places de parking sont chères et rares.  Après avoir traversé un parc planté de très grands arbres, j’arrive dans une dune sur la plage des femmes qui n’est pas spécialement occupée par des femmes et qui est presque déserte. L’air est à 24°, l’eau à 21°. Quelques uns se baignent. Je vois ressortir un homme tout nu, je crois avoir mal vu. Une femme s’avance dans la mer sans rien non plus. Les autres baigneurs sont » habillés » mais personne ne prête attention aux naturistes. Rien n’indique non plus que la plage est naturiste. A l’extrémité de la plage, la rivière et en face les plus grands tas de bois que j’aie jamais vus. Une machine soulève des troncs et les range dans une sorte de couloir.

De l’autre côté de la plage entre les établissements de bains et l’Hôtel Moderne Tervise Paradise, il y a plus de monde, mais curieusement, pas dans l’eau. Des rectangles délimitent des terrains de jeux. Volley, bien sûr mais aussi foot où évoluent des joueurs en tenue complète. Il y a même des pom-pom-girls. Un autre sport m’a étonnée : des jeunes gens sont habillés en tunique blanche avec ceinture, à l’antique, sont couronnés de laurier (ou de chêne). Ils s’alignent sur deux files pour un relais; ils courent sur une dizaine de mètres et au lieu de se passer un témoin, ils boivent une canette de bière ou de Red bull. Le maître de jeu porte un manteau court pourpre sur les épaules. Qui sont ces Romains ? Ce jeu est en tout cas viril, pas une fille autour d’eux.

Saaremaa : journée de mer à l’ouest de l’île

plage déserte


Il a plu toute la nuit. Au petit matin, l’érable se secoue sous le vent. L’eau crépite sur la toiture du chalet. L’arrivée d’une perturbation plus importante que les averses des derniers jours s’accompagne d’un net refroidissement : dans la voiture on met le chauffage.

Le petit déjeuner est somptueux. Nos hôtes sont peu bavards mais prévenants. J’ai apporté l’e-book pour lire le Monde. Pour les gros titres cela va, mais pour les textes c’est vraiment petit. Je ne maîtrise pas encore l’écran tactile.

Dès qu’on se met en roue, le soleil sort. Nous traversons la partie Ouest de Saarema, de Kuressaare à Kihelkonna sur des routes tranquilles dans des bois de trembles et de bouleaux. Saaremaa est une grande île plate. Si les côtes sont échancrées avec des caps et des baies, on ne s’en aperçoit guère. Les routes relient les villages ou les fermes sans suivre le littoral.

Le Centre d’Interprétation de la Réserve de Vilsandi est dans le manoir à côté de Kihelkonna. La dame est charmante, elle parle un anglais chantant un peu étrange et nous recommande deux promenades. Lees expositions sur les migrations des sternes et sur la flore endémique sont sans doute passionnantes mais il manque la traduction.

Nous mettons le cap sur la pointe de Harilaid où se trouve un phare. La promenade pédestre fait le tour de la petite presqu’île rattaché à la terre ferme par un tombolo formant deux belles plages de sable. 8km, je pars à 11heures comptant être de retour pour le pique-nique. Le sentier est une route de graviers et de galets dans une pinède. J’’entends la mer mais ne la vois jamais. Les jeunes pins  sont plantés serrés. Au bout de ¾ d’heure je trouve un petit lac mais toujours pas de mer ni de phare. Le sentier n’est plus balisé Je renonce.

Entretemps, D a trouvé une plage magnifique. Quand j’arrive , elle est encore sous le choc de sa  mésaventure. Ayant mis dans les poches, l’appareil-photo, le téléphone, les clés de la voiture, elle est allée dans la cabane -WC tout à fait primitive : une planche et un trou. Les clés tombent sur le plancher. Les ayant   récupérées, c’est le téléphone qui est perdu. Aller le chercher dans la merde ?

La dune est plantée d’oyats très vigoureux et très hauts. Point n’est besoin de les protéger des pas des promeneurs ! Ces derniers sont absents. Seuls deux surfeurs remballent leur planche à notre arrivée. Et c’est pleine saison, le 15 juillet !

Je marche à la limite de l’eau sur la longue plage de sable. L’eau n’est pas froide. Il y a très peu de différence entre la température de l’air et celle de l’eau. Mais l’air est très frais et cela n’incite pas à la baignade.

galets et choux marins

Nous roulons sur des pistes au jugé. Comment trouver la mer ?

Neem, face au phare de Harilaid, que j’ai raté ce matin, 5 km de piste le long d’un petit cap :des paysages surprenants ces fameux jardins de pierre où ne pousse que le genièvre et les taches roses du serpolet ras mais très fleuri. Descendant de voiture, j’effraie des oiseaux noirs et blancs qui s’enfuient en criant. Sur les galets, poussent des choux marins.

Nous poursuivons notre exploration jusqu’à Vere, découvrons une digue de ciment avec deux gros bateaux de pêche et le gros bateau gis des gardes-côtes. Nous passons devant des bâtiments blancs estampillés CCCP et une magnifique maison de bois marron aux fenêtres condamnées par du contre-plaqué.

château épiscopal de Saaremaa

17heures à Kuressaare, un peu trop fatiguées pour entreprendre une visite systématique de la ville.

Ville très hétérogène, à l’entrée des centres commerciaux flambant neufs, temples de la consommation. Plus loin, des quartiers HLM gris délabrés ou en brique rose plus avenants.Vers l’intérieur de la ville, ce sont de jolies maisons dans des jardins, souvent en bois ; Un quartier plus chic et pittoresque au centre ville. Nous arrivons au château de l’Evêque : château-fort avec ses tours rondes et carrées et ses douves. Devant le château, un bel établissement de cure en bois peint.

Saaremaa : Orissare, Maasilinn, moulins, cratère de météorite

les oiseaux de Maasilinn


De Muhu, on passe la digue pour trouver Orissare dont la taille des bâtiments officiels dans un si petit village surprend. Le port, en revanche, est minuscule. Un bar avec des tables de bois, trois ou quatre bateaux de plaisances. Trois garçons d’une quinzaine d’années trainent sjur des vélos ; Un caillou atterrit non loin de nous. C’est malin !

le château de Maasilinn

Plus à l’Ouest, à Maasi, se trouvent les ruines de Maasilinn (Sonneburg) cité dans la chronique de Wartburg où l’on raconte que « Maître Burchard construisit un bon et fort château sur Saaremaa qui fut agrandi plus tard par frère Goswin ». Après la Nuit de la Saint George, le peuple de Saaremaa, en rébellion, fut défait par B. von Dreileben en février 1345. En décembre de la même année Goswin von Herike devint Maître de l’Ordre de Livonie.

Maasilinn fut reconstruit en 1518 avec des tours de bastion et des salles de canons.

La forteresse  fut ensuite prise par les Danois et les Suédois et le roi danois Frederik II ordonna de la détruire en 1576.

En arrivant, je vois qu’une sorte de hangar, puis  découvre les murailles de belle pierre blanche. Je grimpe sur le tertre sans trop comprendre et descends une échelle de bois dans le noir. Brusquement des spots s’allument : sous les ruines, de belles salles voûtées s’éclairent  avec des plafonds en ogive. Je suis impressionnée. Je ne m’attendais pas à cette surprise.

Non loin de là, les mouettes font un vacarme assourdissant. Il y a également un cygne, quelques foulques, une cane et une douzaine de canetons. C’est une cane très fine mais chez les anatidés toutes les femelles se ressemblent.

Sur la carte, la route longe la côte nord, mais la mer n’est visible  que par intermittence, cachée par les arbres et la végétation. Nous faisons un petit détour par le port de Trigi  qui relie une île située plus au nord. Ce n’st pas l’heure du bac. Le port est désert.

moulins de Saaremaa

Nous  entrons dans les terres à Leisi et découvrons les 5 moulins d’Angla, moulins de bois, ronds ou carrés avec leurs ailes de bois sans la voilure.

L’église de Karja possède aussi des fresques païennes destinées à faire fuir les démons – un peu décevantes. Sont-ce ces personnages dont la tête est en relief ou celui dont la tête parit entouré de ses membres inférieurs tordus ?

Le ciel s’est assombri. Les nuages gris forment une couche homogène.

 

 

Cratère de Météorite de Kaali

Cratère de météorite

Il est très bien indiqué sur la route, avec un hôtel, un restaurant, un grand parking et les inévitables marchands de souvenirs. Le sentier monte sur le rebord du cratère boisé. Dans le creux, résultant de l’impact, un petit lac tout vert, tout rond.

Le petit lac entouré par un mur circulaire n’est pas le seul cratère, autour on en dénombre 9.

Diamètre du cratère : 105-110m

Profondeur 22m

Age : 4000 ans d’après les analyses des pollens

Masse de la météorite : 400 à 10 000t

Masse à l’impact 20 à 80 t

Vitesse 15 à 45 km/s

La journée a été longue et nous avons hâte d’arriver à Upa (3km de Kuressaare, la Capitale de l’île de Saaremaa.)

notre gite

Le B&B Jurna Turismitalu est une vaste propriété. Le logement principal est une belle chaumière. Nous sommes logées un peu plus loin dans un chalet. Je traverse un verger de cerisiers (avec échelle et cerises) passe devant de magnifiques buissons de framboisiers et des groseilliers portant de jolies grappes. Je complimente mon hôte :

–          « vous avez de beaux fruits, les oiseaux ont mangé tous les miens » espérant qu’il m’invitera à y goûter. Nenni ! il ne relève pas le sous-entendu.

Les Russes, nos voisins, font moins de manières et font autant de ravages dans les groseilles qu’un vol de merles.

Le studio est  vaste, dans un chalet tout neuf  ressemblant à un jeu de construction. Bicolore, murs lazurés vert, plafond et plancher bois naturel, deux fenêtres. Tout est en bois, les tringles à rideaux, les porte-manteaux, table de nuit. Comble du confort : un vrai réfrigérateur et une bouilloire.

Vers les îles estoniennes: Muhu

Koguva, village préservé Muhu

140km entre Tallinn et Virtsu d’où part le ferry pour les îles.

La route traverse une campagne cultivée et boisée. Il fait frais, 16°C, les fenêtres fermées nous privent du parfum du foin fraichement coupé.

Bac

On peut retenir le passage de la voiture sur le bac par Internet. Il suffit de passer le code-barres sur un écran, on peut également payer à la caisse (9.87€ pour la voiture et deux personnes). La traversée est rapide, moins d’une heure, attente et embarquement compris. Des dizaines de voiliers, disputant une régate,  égayent la croisière.

Muhu 

 

A Liiva, visite de l’église Sainte Catherine (1267) précédée de 4 croix qui émergent de guingois, les tombes sont recouvertes d’une épaisse couche de terre. L’église est blanche, dépouillée, sans clocher. A l’origine, église catholique, peinte à fresques qu’on a retrouvées en enlevant l’enduit. On distingue des personnages sous des arcatures gothiques qui alternent avec d’étranges tours très minces comme des minarets portant des sortes de flammes.

Koguva

Le petit village de Koguva est l’ancien port de Muhu, face à Orissare sur l’île de Saaremaa. Quelques familles y vivent encore mais les chaumières ont été restaurées et se visitent comme le Musée de Plein Air.

Les fermes sont encloses par des murettes de pierres moussues sur lesquelles reposent des barques retournées. L’une des maisons est celle de Juhan Smuul, écrivain et poète qui a également écrit des récits de voyage. Une grande sculpture du poète a été érigée, assis face à la mer; portant un corbeau sur son épaule.

Comme dans les autres villages-musées, on visite la maison meublée, le sauna, les étables, les greniers….Sur le chemin du port, l’ancienne école est ouverte. Une vingtaine d’enfants pouvaient prendre place sur les bancs et pupitres de bois. L’instituteur y était logé. Sur le bureau du maître se trouvent  un boulier, une mappemonde et des bordereaux divers. Au mur, la carte est en Russe. Muhu est colorée de la même couleur que l’Estonie tandis que Saaremaa est rattachée à la Lettonie. Cette école dépendait de l’Eglise Luthérienne. Quand la République Estonienne rendit l’enseignement laïc, l’école dut fermer faute de financement.

Sur le petit port : une jetée en ciment  et une maison de bois rouge sombre. Un peu plus loin sous une grande tente on reconstruit à l’identique le bateau Uisk qui servait de bac entre Koguva sur Muhu et Orissare sur Saaremaa. Le vieux port est un peu plus loin au sud. Il en reste tout juste une chaussée en grosses pierres rondes. C’est de là que faisait la navette Uisk. Le passage coûtait 25 kopecks pour une voiture à cheval, 15 kopecks par bête à cornes et 5 par personne. Le dernier naufrage en 1875, par un orage automnal fit 11 victimes. En 1876, la digue reliant Muhu à Saaremaa fut mise en service. On organise des compétions de natation entre Orissare et Koguva, (2.4km). Le panneau met en garde les imprudents qui voudraient faire la traversée sans une préparation et un entrainement sérieux.

Nous déjeunons face à la mer d’un hareng fumé et de salades « vinaigrette » rouge avec de la betterave, choux, tomme de terre et d’une salade de riz étrange sucrée-salée avec des cubes de poisson mais aussi des pommes-fruits parfumée à l’aneth. On pourrait se baigner ; Il y a même une cabine pour se changer.

Tallinn: saint Nicolas et la Danse Macabre

Danse Macabre Bernt Notke

Eglise Saint Nicolas (13ème siècle), fondée par les marchands allemands,  était une église fortifiée. Bombardée le 9 mars 1944.

Les pierres tombales sont très grandes. Celle de Reinhold von Delwigi est étrange : le personnage semble endormi, une jambe repliée la seconde en l’air pas du tout dans la position d’un gisant. On l’imagine faisant la sieste sous un arbre.  Ici aussi, comme dans la Cathédrale luthérienne de nombreux blasons ont été accrochés. Plusieurs retables sont exposés : l’un vient d’un atelier bruxellois, un autre représente la Passion et vient de Bruges (1515-1520), une troisième de Lübeck (1478-1481).

Le chef d’œuvre de l’église est la Danse Macabre

Sur un paysage de collines vertes reconnait une ville fortifiée avec des tours rondes coiffées de cônes pointus, des remparts – Tallinn ?? – Un évêque, un roi, une belle dame, un cardinal, un homme riche sont entraînés dans une farandole par des squelettes aux os noircis drapés dans leur linceul déchiré. L’un d’eux porte son cercueil, un autre, assis, joue de la flûte, le linceul enrubanné sur son crâne comme le turban d’une antillaise. Ces squelettes sont étrangement dansants tandis que les vivants sont statiques, consternés, les ecclésiastiques surtout font la grimace. En bas se déroule un parchemin en rouleau. Le fragment de Tallinn présente 13 figurines.

Un panneau fait la comparaison avec la Danse macabre de Lübeck qui a été copiée e, 1701 mais dont la copie a brûlé en 1942. Elle avait 49 personnages et se terminait par un bébé dans son berceau. Les 13 premiers sont pratiquement identiques. Le texte est daté de 1463. En 1464 Lübeck fut touchée par la Peste

Nous terminons la journée au Jardin botanique au bout de Pirita Tee

Tallinn : musée de la Grande Guilde et Musée de la Ville

La Grande Guilde de Tallinn

Grande Guilde

La première salle a un plafond en ogives, aux arêtes soulignées de pierre. On y a installé deux expositions dans des vitrines : les écrits du passé et les objets du passé. Sur les murs des frises chronologiques et des panneaux donnent des explications détaillées. Je peux donc découvrir les écrits d’un roi danois Valdemar IV 1345, le codex de Lübeck1280, une lettre  du Pape Nicolas V 1450 pour l’établissement d’une chapelle, un autographe de Gorbatchev et d’Indira Gandhi

Un mur audiovisuel raconte l’histoire de l’Estonie avec des courts vidéogrammes humoristiques.

Dans la belle salle voûtée, des écrans interactifs répondent à diverses questions :

L’Estonie est-elle un pays nordique ? Des documents présentant glaciation et déglaciations avec la remontée des continents libérés des glaces et la création des îles.

Est-ce que les Estoniens ont été heureux sur leur terre ? Depuis le 13ème siècle ils ont été occupés. Les paysans sont devenus des serfs au 15 ème et 16 ème siècles.

D’autres questions concernent la langue estonienne et l’identité estonienne.

L’intérêt de la visite réside plutôt cette la merveilleuse salle.

Au niveau bas, les caves furent utilisées comme caves à vin. Il se trouve même une cellule de dégrisement.

On raconte l’Histoire des Guildes : la Grande Guilde réunissait les négociants mariés, tandis que les célibataires se réunissaient dans la Maison des Têtes Noires. Les artisans étaient dans la Guilde de Saint Kanute et Saint Olaf. Une des activités les plus importantes était la charité et l’assistance aux pauvres. Ils organisaient également les fêtes de Noël et participaient au Conseil de la Ville.

Ici encore le cadre est somptueux, les explications intéressantes, mais peu d’objets de valeurs à regarder.

Sortant de la Grande Guilde je trouve un passage où toute la chronologie de la ville est gravée sur les dalles. En regardant où on met ses pieds on retrace l’histoire de Tallinn.

Musée de la Ville rue Vene

Il est installé dans la maison d’un marchand et on a conservé la cuisine, le bureau au rez de chaussée. A l’étage où les marchandises devaient être stockées une exposition présente la Hanse à l’aide de maquettes de bateaux : ce sont de vrais bateaux d’époque, ou plutôt des ex votos donnés à des églises pour assurer un voyage sain et sauf. On raconte aussi le commerce du Sel : on a dit que Tallinn était » bâtie sur du sel ». Le sel venait de France ou du Portugal. On échangeait une mesure de sel pour une mesure de grain. Lübeck était au centre de la Hanse.

Old Thomas, la girouette mascotte de Tallinn

Old Thomas : la girouette de l’hôtel de ville était  le symbole de Tallinn.

Une autre section du musée raconte les métiers des artisans de la ville : tailleurs de pierre, forgerons…Allemands, Suédois et Estoniens  pouvaient devenir des Maîtres-artisans. De 1345 à 1561 Tallinn était sujet de l’Ordre de Livonie mais d’après Erick IV roi du Danemark, en 1248,  les lois de Lübeck régissant les villes hanséatiques donnaient les mêmes droits aux citoyens de Tallinn qu’à ceux de Lübeck. Le Conseil de la Ville avait ses membres élus par les Guildes.

 

Je retrouve D devant l’église Pühavaimu à une terrasse de café sympathique. Rue Pikk, non loin de là, nous avons repéré une épicerie (la seule de la vieille ville). En sortant elle se fait bousculer par un escogriffe en T-shirt noir qui ne s’excuse même pas. Sans doute un croisiériste qui a perdu son groupe ? Pas si sûr ! Le sac à dos est ouvert. Le porte- monnaie contenant la carte bleue a disparu.  La bousculade était préméditée. La cohue des touristes dans les rues étroites est un excellent terrain pour les pickpockets !

Il nous faut rentrer à l’hôtel, prévenir la banque, faire opposition. Nous connaissons la procédure mais cela gâche la journée.

Tallinn, ville haute

 

Nous montons par les  marches à la colline de Toompea en passant devant la grosse tour Kiek in de Kok, énorme tour chapeautée d’un toit de tuiles coniques (bien rouge). Plus tard dans la journée, on aurait pu y tirer à l’arc.

cathédrale orthodoxe

La Cathédrale Alexandre Nevski (1890-1900), au sommet de la colline  a 5 bulbes noirs couverts d’écailles de bois, elle est bâtie de briques avec des parements blancs. Elle a l’air trop neuve et manque de charme. Quand on rentre, on est impressionné par la religiosité des dames toutes couvertes de foulards, sauf une plus moderne qui porte un calot crocheté. Elles ne sont pas toutes vieilles, il y a des jeunes aussi. Un homme aux cheveux longs et épais bouclés teints en noir et à la barbe blanche est tout à fait pittoresque avec son costume de ville étriqué, prototype du Russe du début du 20ème siècle. Les popes  ont de très belles voix. Les icônes sont recouvertes d’or et d’argent. Quatre mendiantes barrent la sortie, foulard et sac en plastique pour protéger leurs chaussons.

En face de l’église se trouve le siège du Parlement installé dans un palais construit par Catherine la Grande et terminé en 1773 qui a une façade rose, un balcon carré et des balustres blancs. Le jardin derrière le Parlement entre fleurs et tilleuls offre une promenade très parfumée. Au coin, une tour ronde est la tour Pikk Hermann.

Les rues de la ville haute  sont très agréables, avec les façades colorées 17ème et 18ème. Une école allemande fait face à une école de théâtre. Une curieuse sculpture semble sortir du mur : un professeur fait cours aux étudiants-acteurs et regarde au dessus de ses lunettes de presbyte ouvrant sa main de manière expressive.

Cathédrale luthérienne de Tallinn

La cathédrale luthérienne, reconstruite après un incendie en 1634, est toute blanche de l’extérieur. Son clocher baroque est de 1779. L’intérieur est décoré avec les blasons en bois tourné dorés, d’au moins 1.50m d’envergure. Les sièges dans des stalles de bois peint en vert. La chaire en bois peint fait face à une curieuse loge vitrée.

 

 

 

 

Malheureusement Toompea est rapidement envahie par les groupes de touristes sortis de quatre énormes bateaux de croisière, tous étiquetés, cohortes bouchant les petites rues pavées. Deux points de vue au dessus des remparts permettent d’avoir un magnifique panorama sur les remparts, les tours et les toits de la ville mais les groupes se pressent et kil faut jouer des coudes pour avoir une bonne place. Les guides brandissent des parapluies de couleurs vives pour rallier leur troupeau.

 

Tallinn : Kadriorg, palais construit par Pierre le Grand


Du Kumu, suffit de marcher quelques centaines de mètres à travers le Parc du Kadriorg pour trouver le Palais que fit construire Pierre le Grand. On passe devant le Palais Présidentiel estonien, pâle rappel du palais baroque gardé par deux sentinelles. Le long de la rue Weizenberg se trouvent d’autres constructions intéressantes : le Musée Mikkeli (exposition sur les icones) et Maison de Pierre le Grand.

Le Palais Kadriorg fut commandé par Pierre le Grand pour son épouse Catherine à un architecte romain Nicola Michetti en 1714. Palais baroque peint en rose-rouge aux décors crème entourant l’huisserie gris foncé. Bâti sur trois niveaux, quatre colonnes doriques soutiennent un balcon bordé de balustres qui précède le hall spectaculaire au 2ème niveau de plain-pied avec le jardin de platebandes colorées à l’arrière. Le troisième niveau abrite l’exposition des icones estoniennes de toute beauté. Nos voyages en Roumanie, en Grèce (et à Ravenne) nous ont rendu les icones orthodoxes familières. Je reconnais deux Ascensions du prophète Elie  de toute beauté avec le char enflammé rouge éclatant. Nous ne sommes pas assez  calées pour deviner ce que ces icones estoniennes ont d’original par rapport aux icones russes.

Une autre exposition » Tracing Bosch and Brueughel » organisée par Tallinn 2011 Capitale Européenne de la Culture, présente des chefs d’œuvres de la peinture hollandaise mais dans la cohue des visiteurs j’ai tout juste l’occasion d’apercevoir deux petits Breughel pendant qu’une conférencière pérore en anglais sur la prospérité du commerce hollandais de l’époque.

Nous découvrons le Hall magnifique de la « Perle du Nord ». La perle est- ce le palis ou ce hall ? Murs gris clairs, stucs blancs éblouissants, au plafond une peinture sur le thème des Métamorphoses d’Ovide. Au dessus des deux cheminées qui se font face, des nymphes de taille humaine, portent des palmes (trop vertes, on pense à du plastique) entourant les monogrammes impériaux P pour Pierre et C pour Catherine.

Le Musée Estonien d’Histoire se trouve sur Pirita Tee dans les environs de Tallin non loin de Kadriorg malheureusement le mardi est son jour de fermeture.

Le détour par Pirita Tee qui longe la mer  donne une très belle vision de la ville et de ses clochers.