Aux alentours de Dolce Luna : plage de Feraxi, étang de Collostrai

CARNET SARDE

L’heure magique

l’heure magique : lever de soleil sur Dolce Luna

6 heures du matin : l’heure magique. La grosse boule tamisée par la brume apparait derrière le caroubier dans les siliques vert tendre sont déjà formée. Les clochettes des chèvres tintent. Bientôt, le berger leur fera traverser la route. Chant des oiseaux.

Je dessine l’étang de Salinas avec ses reflets. Les reflets ne sont visibles que le matin et à la tombée de la nuit. L’étang est alors un miroir argenté tandis que la surface de la mer est plus rugueuse. L’hôtel ressemble à un paquebot proche du rivage. Bientôt il fera trop chaud mais pendant l’heure magique je porte ma chemise à manches longues.

J’aimerais que ce miracle s’étire.

Balade le long de l’étang de Collostrai

le Capo Ferrato et l’étang de Collostrai qui brille derrière les arbres

Après San Priamo, la SP18 se dirige vers Capo Ferrato. Il fait encore frais à 9h30. Je marche le long de la route le long de l’étang et je m’amuse à herboriser avec l’application PlàntNet les touffes roses au bord de la route m’intriguent ; PlantNet propose canche mais aussi orpin(sedum) j’élimine la canche qui est une graminée.

mylabres inconstants

Les fleurs roses sont des Centaurées à feuille de navet(Centaurea napifolia) . L’application détermine un chardon d’Espagne à fleurs jaunes et un chardon bleu qui porte un groupe d’insectes noirs et orange qu’iNaturalist identifie comme Mylabres inconstants. J’ai été bien inspirée de ne pas y toucher : ils secrètent de la cantharidine toxique et irritante. Certains chardons portent de très belles capitules comme des artichauts.

Pendant que j’herborise Dominique m’appelle : une tortue a tenté de traverser la route. Elle a prévenu les autres automobilistes en faisant des appels de phares qui ne les ont pas ralenti. Par chance la tortue est passée sous le châssis entre les roues, puis elle a fait demi-tour. Sur le bord de l’étang de Collostrai poussent surtout des tamaris, le long de la route on a planté des eucalyptus. Etrangement, malgré la grosse chaleur je ne sens pas leur parfum.

Spiaggia di Feraxi

buissons de cistes jaunes

Après 3 km, une piste est fléchée Spiaggia di Feraxi avec une tête de poisson dans la flèche et ITTITURISMO qui indique soit des activités de pêche soit un restaurant de poisson proposant de la pêche locale. Dominique prend la piste en voiture tandis que je continue à pieds. La promenade est égayée par des buissons jaunes éclatant : cistes jaunes Cistus halimifolius qui forment de gros massifs. A droite les pistes sablonneuses vont vers la mer. Un peu trop sablonneuse à mon goût : j’ai peur qu’on ne s’enlise. Nous nous garons près d’autres voitures à quelques centaines de mètres de la mer sous des pins. La spiaggia di Feraxi est une immense plage vierge de toute installation. Chacun apporte son (ses) parasol(s), sièges et glacière. Le sable est très blanc, très fin. L’eau merveilleusement claire. Les affiches Anticovid19 indiquant les distances de sécurité à respecter semblent une vaste blague : sur des kilomètres à la ronde, il y a à peine une vingtaine de personnes. Une plage de rêve. Très belle baignade mais pas de nageurs. Je reste près du bord.

Nous avions prévu d’aller au restaurant mais il est trop tôt.

colonie pénitentiaire

Je programme le Musée ethnographique de la colonie Pénitentiaire de Castriadas recommandé par le Guide Vert que GoogleMaps reconnaît parfaitement et m’indique « ouvert jusqu’à 14h » 17 km de notre position. A 11h30, nous arrivons sur le parvis de l’immense établissement peint en rose (mais en travaux) . la région aurait été dévastée par la malaria et la peste. Devenue déserte, on auait utilisé des prisonniers pour bonifier els terres et développer l’agriculture.

A la petite station-service, la dame pompiste m’explique que le musée a fermé et a été transféré à Sa Manduria dans le voisinage. On cherche. Pas de fléchage, évidemment on ne trouve pas.

Cela fait beaucoup de visites loupées dans le coin : les 53 menhirs, le nuraghe, les restaurants fermés….je commence à douter de mon organisation avec le smartphone, GoogleMaps et TripAdviser, le site officiel du tourisme  Sardegnaturismo.it n’est pas plus fiable. Le Covid a fait fermer de nombreux sites qui n’ont pas encore re-ouvert. Est-ce négligence des propriétaires ou des autorités qui ne mettent pas à jour les informations sur Internet ? Ou tout simplement est-ce que la saison touristique n’a pas encore démarré ?

Après la déconvenue du musée Ethnographique, une autre nous attend à San Giovanni. Nous arrivons à 12h30 au restaurant Marina Gio . On nous a promis une réduction en nous recommandant de Dolce Luna. Marina Gio est une très belle pizzeria très bien située sur la plage. Personne encore dans la salle vide. « Vous avez réservé ? C’est complet ! » Comme on se prévaut de Dolce Luna, le serveur nous trouve une table au beau milieu de la pièce loin des fenêtres et de la terrasse. Nous sortons. Un autre établissement pizzeria-bar est l’annexe du beau restaurant avec des tables à l’extérieur qui nous conviennent tout à fait. On veut bien de nous, en revanche le menu est restreint : entrées de la mer, salade verte, bifteak-frites ou calamar grillé. Pas de pizza (pour une pizzeria c’est un comble !) pas de pâtes (en Italie ??)

Nous allons à Muravera chez Conad où j’achète des hamburgers de luxe (4.4€) et des courgettes. Ce n’est pas festif mais tant pis ! Nous faisons la sieste au gîte. Je lis L’Île des Âmes de Piergiorgio Pulixi , polar sarde qui me sert aussi de guide touristique. Je dessine. Notre gîte Dolce Luna est merveilleux : plutôt en profiter que de battre la campagne à la recherche de attractions invisibles.

Baignade à la Spiaggia di Collostrai. Je reconnais les retraités qui étaient là hier (sans cannes à pêche), chacun le nez dans le smartphone. La mer est d’huile, je nage parallèlement à la côte de parasol en parasol. Un groupe de parasols multicolores signale des familles nombreuses avec une ribambelle de gamins.

Maudits soient les moustiques ! Au coucher du soleil malgré les vêtements couvrants et les répulsifs ils foncent au visage. Après en avoir écrabouillé deux d’un coup, je rentre.

 

Allemagne/Années 20/Nouvelle Objectivité/August Sander – Centre Pompidou

Exposition temporaire du 11 mai ay 5 septembre 2022

Otto Dix : Bildnis der Journalistin..

Titre à rallonge et exposition à rallonge aussi!

Copieuse, parce qu’elle aborde divers points de vue : une histoire de la création artistique dans les Années 20 en Allemagne, avec le courant Nouvelle Objectivité aussi bien peinture que cinéma, théâtre, Architecture et design. En parallèle, elle expose l’Œuvre du photographe August Sander Menschen des 20. Jahrhunderts (Hommes du XXème siècle). Je m’y suis un peu perdue parce que les cheminements sont compliqués.

Räderscheidt : Junger Mann mit gelbe Handschuhe

J’ai été très impressionnée par l’œuvre du photographe August Sander qui, dès 1910, photographe ambulant dans la région de Cologne, s’attacha à faire une galerie de portraits de paysans, de leur famille. Il continua ces portofolios en photographiant des artistes, des révolutionnaires, des ouvriers, des artisans mais aussi des professions libérales…Tous ces tirages sont soignés, il peut refaire plusieurs tirages d’un même négatif comme pour le manutentionnaire qui porte des briques sur un plateau, ou le pâtissier. Avec la prise de pouvoir des nazis en 1933 et l’arrestation de son fils en 1934, cet inventaire de la société allemande est interrompu quoique les images les plus récente montrent des victimes des nazis en 1945.

Une très belle exposition qui se suffirait à elle-même! (Comme il est absurde de faire des photographies avec le téléphone de tels images, je n’en ai pas fait.)

August Sander : Le  Peintre Heinriche Hoerle

L’exposition August Sander est accompagnée d’images de plasticiens avec qui Sander a collaboré en photographiant leurs œuvres.  Dans une vitrine, la correspondance entre les peintres et le photographe montre leur étroite collaboration si bien que le nom de Sander est associé à ceux de Räderscheidt, Hoerle, Seiwert, Arntz, entre autres sont associés au photographe.

Gerd Arntz : Douze maisons du temps

A la suite de la défaite de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale, l’Expressionnisme se basant sur l’exaltation de l’individu est remplacé par le Mouvement de la Nouvelle Objectivité qui se caractérise par une standardisation de la représentation . L’attention des artistes se porte davantage sur l’appartenance sociale qu’aux caractères individuels. Cette nouvelle objectivité s’est exposée en 1925 à Mannheim.

Affiche Nouvelle Objectivit

Ce mouvement se divise en deux ailes, la gauche, réaliste politiquement engagée plus classique. Les progressistes de Cologne développent des utopies socialistes.

Frantz Wilhem Seiwert Die Arbeitsmänner (les Travailleurs)

Cette standardisation s’exprime aussi dans l’urbanisme

Georg Grosz : Ohne Titel Konstruktion

le tableau de Grosz fait penser aux places vides de Di Chirico.

Cette Nouvelle Objectivité devient un slogan dans divers domaines et même dans celui du spectacle. Appliquée à l’Architecture, elle rejoint les recherches du Bauhaus : le projet Das Neue Frankfurt concerne l’édification de 10.000 logements en une cité-logement homogènes de maisons mitoyennes toutes construites sur le même standard.

Un autre procédé ayant cours alors est celui du montage, aussi bien dans les arts plastiques que dans le cinéma. On peut visionner dans l’exposition une partie du film Berlin, die Sinfonie der GrossStadt.

Otto Dix est le plus connu des peintres de cette époque, il se représente dans le montage au titre ironique An die Schönheit (Selbstbildnis) A la beauté autoportrait, mélangeant divers éléments entre autres une tête de coiffeur ou d’institut de beauté.

Otto Dix An die Schönheit

En parallèle aux portraits objectifs et systématiques de Sander, certains peintres livrent une image acide, presque caricaturale de leurs contemporains

Gert Heinrich Wpllheime Abschied von Düsseldorf
Heinrich maria Davringhausen : Le Profiteur

je me suis surtout intéressée aux portraits mais l’exposition montre aussi des natures mortes, des études de végétaux, et même une cuisine aménagée…

Bertolt Brecht et Kurt Weill ont bien sûr leur place.

Je terminerais ce compte-rendu bien incomplet par cettevision du travail et de l’exploitation

Oskar Nerlinger : An der Arbeit

Villaputzu, Porto Corallo, Quirra, Murtas au nord de Muravera

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la tour aragonaise de PortoCorallo

De l’autre côté du Flumendosa, Villaputzu est une petite ville sarde sans grand intérêt. La circulation automobile est déviée dans les faubourgs modernes.  Les berges du Flumendosa sont aménagées la route vers Porto Corallo passe entre des vergers d’agrume en contre-bas puis le long du Sagno da Prasa, grande étendue d’eau. A l’arrivée à Porto Corallo, une belle tour aragonaise (1500) surveille l’embouchure du Flumendosa et le port, unique havre sûr en cas de tempête qui fut utilisé pour transporter le minerai argentifère du Monte Narba des incursions subites des pirates barbaresques. Cette tour fut construite sur une petite éminence où agaves et lauriers m’incitent à prendre du recul pour la photographie. Seule, cette tour ronde de 14 m de haut, est assez austère, revêtue de ciment, taguée, elle n’est pas tellement photogénique. Le panorama est très étendu : je reconnais la Tour carrée de Torre Salinas et l’hôtel, au loin le Capo Ferrato.

Le port de Porto Corallo est une marina occupée par des bateau de plaisance. Toutefois, nous avons le plaisir d’observer le départ d’un bateau de pêche.

Dépassant le port, continuant sur la SP99, on longe le rivage rocheux à l’arrière d’une pinède. Plus loin, une anse sableuse et couverte en partie de posidonies. Quelques parasols et lits de plage sont alignés mais il reste beaucoup d’espace disponible. Au-dessus de la plage, en amphithéâtre sur la colline, des maisons de vacances sont alignées.

Le Castello de Quirra

Cabane de berger dans la montagne

Suivant un itinéraire du Guide Vert, nous cherchons Quirra ignoré de la signalisation routière et nous retrouvons sur la grande route SS125 Var. Après 4 tunnels et un pont, nous retrouvons l’ancienne route Cagliari Olbia SS125. Avant d’arriver au village une alternative :  Castello ou Murtas. Vers Castello une piste monte dans la colline, on passe un groupe de maisons. Au petit col, il faut continuer à pied sur un très bon chemin, très escarpé. Mon bâton télescopique trouve ici son utilité. Je monte jusqu’à un épaulement, le château est toujours invisible dans la végétation dense. Il ne reste plus grand-chose du château que le Seigneur de Cagliari fit construire au XIIème siècle, un mur de la même couleur que le rocher sur lequel il est bâti et une fenêtre. De loin c’est la fenêtre qui permet de le repérer.

Murtas

Murtas

Plus bas, nous trouvons la route de Murtas. La Cala Murtas eset une plage vierge appartenant au Polygone militaire mais ouverte en été. Il faut parcourir environ 5 km à travers des terrains militaires. La route et libre d’accès mais il ne faut pas en sortir. Des montagnes rouges barrent la route vers le nord rappellent par la couleur des roches, et la végétation, les montagnes de l’Estérel. La végétation luxuriante et fleurie, lauriers roses, cistes jaunes, lavande des maures, blanches ombellifères forment un tableau multicolore.

A l’arrière des lentisques, des cistes et des tamaris on devine une zone humide. L’avantage des terrains militaires est de limiter la fringale bétonnière des promoteurs. L’inconvénient est que les militaires installent des casemates disgracieuses, des grillages des hangars. Les sommets sont coiffés de cubes portant un dôme ressemblant à des observatoires astronomiques. Je pense aussi à l’Albanie avec ses abris-champignons. Fin de la route, on ne passe plus. Un parking est autorisé (en 4 langues dont le français) mais la plage semble très loin. J’y renonce à regret. Un autre parking se trouve au bout d’une autre route en bordure des marais. L’eau affleure ; Plusieurs voitures sont garées, mais où est donc la mer ?

Retour à Porto Corallo, sans avoir vu, ni le château,  ni l’église St Nicola en briques d’argile, ni la plage de Murtas.

Nous nous attablons à un snack (frites/hamburgers/piadine) pour boire un verre le temps d’une baignade. L’eau est tranquille dans l’anse mais il faut d’abord franchir les posidonies(sèches en bords de plage et en suspension dans l’eau. Toujours se rappeler que les herbiers à posidonies sont indispensables à la vie marine : même si je rentre avec des languettes noirâtres collées sur mes pieds et mes mollets.

Retour au gîte pour manger une salade de pommes de terre anchois, crevettes et œufs durs. Nous sacrifions encore au rite de la sieste avant d’aller à la plage. Juste avant l’Hôtel Torre Salinas, une petite route sur la droite et une piste nous conduit à la plage à l’arrière de l’étang de Collostrai. Cest une plage vierge avec seulement deux petits bars sous des auvents blancs, quelques tables de plastique blanc sans parasols ni lits. Il y a peu de monde. Un groupe d’anciens jouent aux cartes, les cannes à pêche plantées dans le sable verticalement comme des haubans. J’ai renoncé à nager à cause des vagues et marche en longe-côte avec du mal pour contrer flux et reflux. Malgré les vagues, l’eau est d’une transparence extraordinaire. Les vagues sont bleu glacier.

cistes jaunes

Dîner d’aubergine : parmiggiana. Dommage que les moustiques nous chassent à la tombée de la niut. Ils sont vraiment très nombreux avec tous ces étangs autour !

 

Villasimius, Cala Molentis, une plage de cinéma…

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Une plage de rêve

Villasimius est une station balnéaire réputée qui a deux musée et un Office de Tourisme. Nous nous étions promis d’y revenir et j’avais envie de reprendre la route en corniche.

Après San Priamo nous suivons la direction de Capo Ferrato le long de l’étang de Collostrai que nous devinons de la terrasse de Dolce Luna. Route se prête à une promenade à pied, tranquille. Des aigrettes blanches et des mouettes se posent sur l’étang, mais pas de flamants. A 9h30, la circulation s’intensifie. Nous suivons les voitures jusqu’à un parking ombragé (8€/journée) sans doute une belle plage. Comme le but de la journée est Villasimius nous ne rentrons pas dans le parking. La route se transforme en piste bien carrossable. A une bifurcation nous ne savons plus quelle direction prendre. Pas de connexion Internet, donc pas de GPS. Nous revenons à San Priamo et reprenons les routes connues SP 97, Costa Rei, Olia Speciosa SP 20 qui double 4 voies, SS 125 var. Je suis déçue : j’avais vraiment apprécié l’itinéraire de lundi, j’espérais retrouver les plages où je m’étais baignée. Nous passons devant la Colonie Pénitentiaire de Castiadas transformée en Museo del territorio : deux grands bâtiments 19ème siècle roses, l’un repeint, l’autre qui tombe en ruine, dommage pour la symétrie. (on est revenues plus tard dans la semaine, le musée a déménagé mais où ?)

Plusieurs détours pour retrouver enfin la SP18 et la route littorale à Cala Sinzias et enfin la magnifique corniche bordée de lauriers roses, un blanc et un rose qui alternent. Nous surplombons la mer turquoise. L’île Serpentara porte bien son nom, serpent ondulant couché sur la mer.

La plage de cinéma de Cala  Molentis ***

Cala Molentis

Bien cachée, en épingle à cheveux passant sous la route, la piste qui conduit à la Punta Molentis signalée par le panneau « hôtel Oleandro ». le parking s’étale sur plusieurs centaines de mètres. Il est tout juste 10 h et il est presque complet. Des familles entières, des groupes de jeunes, portent fauteuils, parasols et glacières. Sans cette foule, la plage serait sublime. Eau bleu lagon, rochers de granite, sable blanc en font la plus belle plage qu’on puisse imaginée. Surclassée Santa Giulia de Porto Vecchio où nous étions l’an passé, pourtant très belle ! Une plage de cinéma ! Etrangement, le sable a été colonisé mais il n’y a personne dans l’eau, ou plutôt une seule fille qui nage vigoureusement. La présence de bateaux à moteur n ‘est pas très rassurante. Un zodiac emmène des plongeurs, un voilier blanc se balance, le bateau de promenade est à quai. La présence de bouées blanches, orange et jaune me sécurise. Je nage jusqu’au bateau blanc, puis jusqu’à la balise blanche. L’eau est cristalline, immobile, le paysage merveilleux. Je pourris multiplier les traversées de la petite anse à l’infini. Je retrouve ici le plaisir de nager en mer.

Villasimius ne mérite pas le déplacement. Nous avions contourné cette station balnéaire assez quelconque guidées par le GPS qui nous avait mené par des rues aux noms évocateurs, Dante Alighieri, Elena d’Arborea, Vittorio -Emanuele  II , Manzoni…) Toute l’histoire d’Italie et de Sardaigne passe dans un  labyrinthe de ruelles. A pieds, c’est plus facile mais sans intérêt. Boutiques de souvenirs (corail, tissus) textiles moches, agences immobilières (prix astronomiques d’un simple parking). Le Musée me refuse l’entrée à 12h30 alors que la fermeture est à 13h. perte de temps ; nous aurions mieux fait de rester plus à la Cala Molentis.

Sur le chemin du retour, nous cherchons un restaurant de plage. Introuvable.  Le 2 juin, on scie, on ponce, on peint, on prépare la haute saison. Les rares restaurants ouverts sont entourés de tant de voitures qu’il est inutile de chercher à s’en approcher. Les clients sont arrivés bien plus tôt. Négligeant le Capo Ferrato où nous aurions mieux fait de nous attarder, nous rentrons directement au gîte. Je prépare un rapide déjeuner de salade de tomates, mozzarella et olives, yaourts.

Aux heures chaudes (29°C) Nous nous adonnons à l’activité la plus appropriée : la sieste sur les lits de plage de la terrasse. Le soir, courses à Muravera (Crai) et baignade à San Giovanni.

 

les village du Gerrei – site archéologique de Pranu Muttedu – Villasalto

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menhirs à Pranu Muttedu

Nous redescendons la route en lacets pour retrouver la grande route jusqu’à Ballao puis par une petite route jusqu’à Goni – village tout à fait intéressant que nous négligeons pour ne pas arriver trop tard au  site archéologique de Pranu Muteddu qui est ouvert toute la journée mais dont les visites guidées s’interrompent. J’ai raté celle de 12 h, la suivante est à 15 h – trop tard -. Les menhirs et tombes se trouvent sous de magnifiques chêne-liège.

Tombe n°II circulaire

La promenade ombragée permet de découvrir les mégalithes, et les « domus de Janas » tombes creusées dans la roche, les tombes circulaires, restes de tumulus et les alignements de menhirs. Je regrette la visite guidée mais j’ai dans la tête les pages de l’Ile des âmes de  Piergorgio Pulixi qui évoque des crimes rituels en relation avec les sites préhistoriques et L’Or Sarde de Giulio Angoni où il est aussi question de site archéologique. La tombe II est la plus monumentale avec ses blocs creusés et ses alignements qu’on découvre avec la photo aérienne sur le panneau. Les restes d’un village montre les fondations des  « capanne» circulaires sur le même plan que notre maison de Dolce Luna. Au musée d’Amurgia des photos de huttes de bergers rondes en pierres sèches sont aussi sur le même modèle.

Pique-nique sous les chênes : salade de pommes de terre, œufs durs et anchois.

Nous rentrons par San Niccolo Gerrei et Villasalto. San Niccolo Gerrei est bien décevant, endormi à 14 heures, tout est fermé (j’avais envie d’un café ou d’une glace).

Site minier de Su Suergiu : installations industrielles

De Villasalto, j’attendais beaucoup avec le village minier de Su Suergiu qui fait partie du Parc Géominier. Le site se trouve au fond d’un vallon très profond. Un sentier y descend sous les arbres ? je n’ai pas osé me lancer seule dans la promenade et l’ai regretté parce qu’il débouche juste au-dessus du parking. Le musée est fermé (malgré l’annonce Google ouvert) Il y a pourtant du monde. Un homme en habits de travail – gardien ou jardinier ? – dit que la ragazza va revenir et qu’il faut l’appeler au numéro punaisé sur la porte. Je me contente de faire un tour autour de la belle villa Liberty du directeur en pierre blanche délicatement ciselée de frises, j’erre dans les bâtiments des ouvriers en moins bonne conservation. Les installations industrielles se trouvent beaucoup plus bas dans le vallon, elles ont perdu leurs toitures et menacent de s’effondrer. On extrayait et traitait l’antimoine. Au cours de notre précédent voyage en Sardaigne nous avions visité d’autres villages miniers abandonnés dans les années 80 :l’Argentiera et Montevecchio où la visite guidée était passionnante.

Le guide Vert signale aussi une promenade vers une grotte, je trouve le point de départ mais le panneau indique 50 minutes pour l’aller seul. Aller et retour il faut compter deux heures et il est déjà 14h30, oublions. *

Il ne fait jamais visiter un village sarde à l’heure de la sieste. Tout est fermé, il n’y a pas une âme dehors>. C’est sinistre et très chaud. Villasalto ne déroge pas à la règle. En dehors de l’église blanche Santa Barbara, bien fraîche, on ne verra rien de notable. Même le panorama est embrumé par la chaleur.

Retour par des routes sinueuses. Je suis frappée par la diversité des paysages ? Un maquis clairsemé est suivi d’une forêt touffue de chênes verts, arbousiers et lentisques. Au tournant suivant, une étendue presque désertique avec de très gros rochers éboulés d’on ne sait où . On traverse un ruisseau et on trouve vignes, champs cultivés. A chaque virage, une surprise !

La journée se termine par une baignade à la plage de San Giovanni près de Muravera. Il n’y a pas de vent ni de vagues. Je peux nager un bon moment même si de temps en temps mes genoux touchent le sable. Pour bine nager il faut s’éloigner du rivage et cela n’est pas prudent puisque je suis seule dans l’eau.

les villages du Gerrei : Armungia

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Montagnes du Gerrei

D’après le Circuit du guide Vert Le Gerrei p140-142

Nous contournons Muravera par la rue Sarrabus qui longe le canal. Sarrabus est le nom de la région sud-orientale de la Sardaigne. Le Gerrei est le massif montagneux situé à l’ouest de Muravera. Nous traversons sans nous arrêter San Vito, gros bourg étiré le long de la route SS 387. Selon le Guide vert il y a 7 églises.

Au creux de la vallée coule le Flumendosa

La route SS 387 suit le cours du fleuve Flumendosa deuxième fleuve de Sardaigne (127 km) qui se jette dans la mer entre Muravera et Villaputzu. Il est encaissé dans une vallée profonde dans les montagnes peu élevées (environ 600 m) mais très pointues et très rocailleuses donnant une impression sauvage. Bravo aux Ponts et Chaussées italiens qui ont construit galeries, tunnels et viaducs impressionnants. Ce matin tôt, il n’y a pas de circulation et nous profitons de la floraison des lauriers roses et des genêts.

Armungia

le nuraghe de

La petite route qui rejoint Armungia (6 km) est vraiment tortueuse. Armungia est un village charmant et tranquille avec ses maisons rurales en pierre, ses portails de bois ciselé, ses ruelles propres avec une rigole au milieu. Les curiosités sont bien indiquées. La billetterie se trouve au Musée Ethnographique dans l’ancienne mairie. La dame me prête des explications en français, allume les lumières et me laisse visiter tranquillement. La première salle est consacrée aux costumes traditionnels. Celui d’Armungia est plutôt sobre. Les salles suivantes montrent le travail des femmes : tissage et fabrication du pain.

Tisssage sarde

Tissage : Deux métiers à tisser d’assez petite envergure sont entourés des accessoires pour filer la laine, battre le lin. Une série de photographies anciennes montre comment les femmes utilisaient toute la rue et les murs du village comme un rouet géant, chacune tournant autour d’une maison avec sa voisine.

Fabrication du pain : il était fabriqué dans de très belles corbeilles. Le pain traditionnel Pistoccu était fin comme une crêpe, dur et pouvait ainsi se conserver ? on faisait recuire des moitiés de pain rectangulaires, sortes de biscottes. Les femmes confectionnaient également des pains décoratifs, nœuds, fleurs, animaux…

Outils pour les travaux agricoles

A l’étage, une étude des travaux des champs est présentée ; cartes, plans et cadastre montrant la répartition des champs et des pâturages selon le relief. La dernière salle met en scène les instruments de travails répartis sur su cercle de bois clair vernis découpé en 12 mois de l’année. A chaque mois, ses tâches agricoles spécifiques et les outils nécessaires. L’ensemble est une véritable installation artistique. Chaque outil d’une grande beauté est mis en valeur par cette scénographie.

On accède par l’extérieur au nuraghe (15ème -14èùe siècle avant JC). Du dehors, la tour parit cylindrique mais lorsqu’os n entre la tholos est en forme de fuseau creux>. Des cavités ont été pratiquées latéralement dans les murs. L’une d’elle a été aménagée en citerne postérieurement par els Byzantins. Construit au sommet du village, on attribue au nuraghe un rôle stratégique.

la Brigade Sassari : fresque murale

La dame me conduit à grandes enjambées à l’autre pôle du village, près de l’église à la maison d’Emilio Lussu. Nous passons devant la fresque représentant des soldats : c’est la Brigade Sassari,. La maison de Lussu est une belle maison de pierre, je suis surprise en entrant dans une vaste cour que rien ne laisse deviner de la rue. De nombreuses photographies illustrent la vie de l’écrivain. Certaines anciennes sont celles de la Grande Guerre et du bataillon Sassari racontée par son œuvre la plus connue : Un anno sull’Altipiano que me recommande le monsieur du Musée Ethnographique.

Je découvre cet écrivain dont je ne connaissais que le nom ; Emilio Lussu (1890-1975) fur un avocat, un écrivain et un politicien. Fondateur du Partito Sardo d’Azione, il fut élu député de 1920 à 1924. Opposant à la dictature fasciste il fut confiné à Lipari en 1927 d’où il s’évada.

« Pourquoi voulez-vous lire Emilio Lussu ? » me demande la dame qui me sert de guide. « Sa femme Joyce Lussu fut aussi écrivaine, poétesse, militante antifasciste et partisane. C’est une personnalité tout à fait intéressante.»

De retour à Créteil, j’ai téléchargé Portrait de Joyce Lussu, en italien, j’espère que j’arriverai à le lire, il ne fait que 145 pages mais il faudra m’accrocher.

Costa Rei – A larecherche des menhirs et des nuraghes perdus –

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DolceLuna au petit matin

Le matin, les sonnailles des troupeaux sont très proches. Le berger parle  à ses bêtes. Surgissant des buissons, un troupeau de chèvres  traverse la route. Le berger court derrières elles à grandes enjambées sans cesser de leur parler. A-t-il un chien ? Il fait lui-même le travail d’habitude dévolu aux chiens : courir d’une chèvre à l’autre pour les rassembler et leur interdire certains pâturages. Hier soir, au pied de la colline la plus proche, un berger (le même ? un autre ?) rassemble les brebis. Son chien, petit et noir, reste à ses pieds. Les bergers sardes sont réputés. Dans les environs, plusieurs exploitations proposent des fromages bios.

J’ai préparé  les visites archéologiques de la matinée dans les environs de Costa Rei : 53 menhirs à Ciule Piras, le Nuraghe Scalas et l’étang de Piscina Rei. Trouvés sur TripAdvisor et sur les sites touristiques de Muravera. Tout a l’air bien carré, regroupé à une vingtaine de kilomètres du gîte. Itinéraires sur GoogleMaps.

Premier arrêt à San Priamo

A l’entrée de San Priamo une marchande a installé sa boutique : une cabane sur le bord de la route avec des cageots d’oranges (1.3€/kg), des tomates, poivrons, pommes, pamplemousses, les cerises délicates sont à l’abri à l’intérieur sous un linge, miel,  amandes… Tout vient de leur production familiale : ils sont 7 et elle tient la boutique tous les jours. Je lui achète de l’huile, bio, précise-telle 5€, 0.5 litre, ce n’est pas donné.

 

 

A la recherche des sites archéologiques :

Nous empruntons la SS 125 Var, route rapide 2×2 voies jusqu’à Olia Speciosa où nous trouvons la SP 97 parcourue lundi. Devant un chemin de terre madame GPS claironne « Tournez à gauche, vous êtes arrivé ! » Rien ne colle. Il y a une ferme et une résidence touristique luxueuse. Pas de trace de menhir. 53 menhirs, cela devrait se voir ! Qui dit ferme, dit bergerie, et donc, chiens. Prudente je ne descends pas de voiture malgré les injonctions du GPS. Des menhirs, plutôt de gros blocs de granite, nous allons en voir dans le joli complexe résidentiel (agrotourisme, privé, entrée interdite mais désert en cette saison. Je cale le GPS en option piéton et me laisse guider. Avec insistance Madame GPS me conduit au point précédent devant la ferme. Deux énormes chiens blancs  aboient bruyamment.

Fin de partie !

Le Nuraghe Scalas est tout proche, 5 ou 6 km d’ici, mais sur une piste agricole (panneaux proposant du fromage). Enfin, le goudron ! petite route descendant à Costa Rei. « Vous êtes arrivés ! » nous sommes face à un maquis inextricable derrière un grillage. Pas une pierre visible. Je ne vois rien. Pas question d’entrer dans ces fourrés épineux. Pourtant au croisement de la petite route avec une autre il y a bien un panneau signalant le nuraghe.

Encore raté !

Troisième but de la matinée : Piscina Rei le GPS nous conduit dans un condominium d’où on se fait chasser. On voit l’étang derrière les grillages tout près. Impossible d’accéder.

Encore une fois : raté !

 

Puisque les tuyaux électroniques de Trip Advisor et de Google maps sont vraiment crevés, revenons aux canaux traditionnels : l’Office de Tourisme qui se trouve sur une placette en compagnie d’une chapelle moderne, d’un dispensaire et d’une agence bancaire. Tout est fermé. Officiellement pour cause de Covid 19. Seul le bankomat paraît fonctionner. On ne teste pas.

Puisque nous n’avons pas fait les visites, tentons la plage ! Le premier Beach Bar trouvé est charmant mais en travaux, des terrassiers creusent une tranchée. Les autres restaurants ne sont pas encore ouverts.

Dernière tentative, nous trouvons Piscina Rei par hasard, un petit étang avec des flamants roses, pas de quoi faire 20 km nous avons mieux à Salinas. Après une bonne baignade, nous rentrons à Dolce Luna et déjeunons sur la terrasse.  Un peu déçues d’avoir perdu la matinée.

Courses à Muravera où nous découvrons un nuraghe Nuraghe Murtas dans sa « zone archéologique »  à moins de 100 m de la route principale. Facile à trouver mais peu spectaculaire pour le profane. Nous découvrons une nouvelle plage à San Giovanni qui est le prolongement de la plage de Salinas. Sable fin, peu de monde, possibilité de se garer à l’ombre des arbres. On reviendra !

 

Installation à Dolce Luna, Muravera

CARNET SARDE

dolce Luna : la vue au petit matin

16h, le portail de l’Agriturismo Dolce Luna est fermé.

– « Vous êtes en avance ! » me fait remarquer le propriétaire au téléphone qui nous attendait à 17h. –« Pas de problème nous irons à la plage ! ».

Torre Salinas et la plage

Juste en face du portail, une petite route conduit à trois plages longeant un étang peuplé de flamants roses. Au bout Torre Salinas une belle tour carrée est perchée sur un petit cap dominant un hôtel blanc (Hôtel club Torre Salinas). La plage est immense, sable blanc ponctué de parasols colorés que chacun apporte de chez soi. Au niveau de l’Hôtel, les installations balnéaires sont discrètes, parasols et lits blancs, déserts. Comme souvent, l’après-midi, la Méditerranée est agitée de petites vagues qui ne sont pas gênantes pour nager. En revanche, l’eau est peu profonde et il faut aller loin pour que les genoux ne râclent pas le sable.

17h, le portail de Dolce Luna est grand ouvert. Andrea nous fait signe de garer la voiture au parking couvert de panneaux photovoltaïques. Cinq maisons rondes à toit conique en branchages composent la petite résidence à flanc de colline, face à la mer. Quand nous avons réservé sur Booking, nous avions aimé ces cases « africaines ». Construites en solides blocs de granite elles m’évoquent aujourd’hui les nuraghes. Nous allons découvrir les mêmes dans la montagne authentiques huttes des bergers. L’intérieur de la maison est très vaste. Divisée en deux, une moitié est une salle de séjour moderne et confortable au plancher clair et aux meubles de cuisine colorés, l’autre moitié est occupée par la grande chambre et une confortable salle d’eau. Tout le confort est fourni, Wifi, micro-onde, cafetière électrique, lave-linge, et la climatisation. Gentilles attentions :  des capsules de café et des « brioches » pour le petit déjeuner, et une petite bouteille d’alcool de myrte.

Devant l’entrée : une terrasse ombragée par un toit de bois soutenu par des piliers de granite meublée d’une grande table au plateau de verre, des fauteuils gris tressés. Deux lits de plage complètent le mobilier de jardin. Notre « jardin » est bordé par une haie basse de romarin doublé de Verbena rigida rampante violette. A la place d’une pelouse, un tapis de fleurettes blanches à pompons ressemblant un peu au trèfle. I-Naturalist a déterminé Phyla à fleurs nodales : « excellent couvre-sol supporte le piétinement et ne nécessite ni tonte, ni engrais, un seul arrosage par mois suffit. Une excellente alternative au gazon » selon Internet. Un arrosage automatique est prévu ici, de nuit, une sorte de brume vers 3 h du matin.

Plus bas un verger de jeunes oliviers (irrigués) couvre le flanc de la colline. Au coin, un jeune caroubier porte déjà des caroubes. Plus loin, le maquis est touffu mais pas assez haut pour masquer la vue. Cette vue sur la mer, l’étang et les collines est merveilleuse. Une colline pyramidale couverte d’arbustes porte la tour carrée, Torre Salinas sur sa falaise. Lhôtel blanc fait penser à un paquebot. Une bande de sable et de buissons sépare la mer bleu foncé de l’étang – Stagno delle Saline – dont la surface varie en fonction de l’heure, tantôt pâle miroir opalin, tantôt ridé par le vent avec des zônes plus claire qui apparaissent. Les flamants roses s’alignent, se regroupent s’envolent tous ensemble dans un vol groupé. Vers le sud, de l’autre côté de la pyramide, l’Etang de Colostrai est caché par un grand bois d’eucalyptus et la mer est réduite à un trait bleu profond. Tout à fait au sud, le Capo Ferrato aligne une série de petites montagnes pointues. Cette vue dégagée est intéressante, changeante selon la lumière. De toute la semaine nous ne nous en lasserons pas.

les oranges de Muravera

Les courses sont à Muravera à 8 km plus au nord. Gros bourg de 5600 habitants, bâtie le long de la SP 125. La circulation N/S est curieusement déviée par l’extérieur le long d’un canal cimenté. On ne découvre les magasins et l’animation qu’après avoir fait le détour.

Nous terminons la soirée à la tombée de la nuit quand les moustiques deviennent insistants. Je n’ose pas allumer la lumière de peur d’en attirer d’autres.

De Cagliari à Muravera en suivant le littoral

CARNET SARDE

Nous quittons le gîte situé dans un quartier excentré de Cagliari, part une rue déserte et un autopont. Nous sommes sorties de la ville sans la voir. Le GPS nous guide sur des voies rapides jusqu’aux Salines sans pouvoir s’arrêter. Les flamants roses sont bien là.

Les flamants roses dans les salines de Cagliari

A notre droite : la mer et la Plage du Poetto (rien à voir avec la poésie, mais avec un puits Pozzo). Une contre-allée double la voie rapide et permet de rejoindre les parkings. Une grosse piste cycliste et piétonne court le long de la plage et des établissements balnéaires. Une foule marche, court, pédale, tous âges confondus, lycéens en groupe, jeunes adultes en leggings et hauts moulants, retraitées en pantacourts des messieurs aussi. Chacun fait son sport matinal tandis que les restaurants de plage ouvrent et que sur le sable de nombreux parasols sont ouverts. Les établissements balnéaires n’ont pas encore déployé les ombrelloni ou étendu les lettini mais des cordelettes et piquets interdisent le passage sur le sable. Je marche dans l’eau, tiède. Certains se baignent. Personne ne nage. Des femmes marchent ou sautillent. La voiture est garée devant un bâtiment en ciment à étage avec de nombreuses portes : cabines de plage en quantité industrielle rappelant des cellules de prison.

Plage du Poetto

Direction Villasimius sur la route principale à travers Quartu Santa Elena. Les plages se succèdent. Pinèdes et condominiums qui barrent l’accès à la mer. Comme ils sont agaçants ces grillages et ces portails électroniques ! Lot de consolation : les murs de bougainvillées rose fuchsia ou violets, lauriers roses géants.

Is Morturius (quel nom !), un panneau signale un nuraghe. Demi-tour, retour en arrière, nouveau demi-tour. On ne le trouvera jamais.

On tournicote dans les petites rues pour trouver une plage pour me baigner. Je suis saisie par la diversité des sites : criques de sables, entassement des mates de posidonies (non ! ce ne sont pas des saletés mais les feuilles des prairies marines essentielles pour la biodiversité marine), calanques rocheuses minuscules.

Figuiers de barbarie

Avant Villasimius, nous avons quitté la route principale pour une route en corniche qui domine de très haut la mer turquoise. Les figuiers de barbarie sont fleuris, les grosses fleurs jaunes sur le bord des raquettes épineuses. De grosses graminées sèches se balancent. Un maquis touffu garnit la pente et de grosses boules de granite se détachent.  La mince pointe du Capo Carbonara barre le golfe. Les nombreux voiliers ont des voiles sombres. Nous arrivons vers midi à Villasimius nous ne trouvons pas l’Office de Tourisme qui a déménagé, la station balnéaire n’offre que peu de charme, des boutiques pour touristes bordent la rue principale.

La route littorale de Villasimius à Muravera

Pour trouver la route littorale SP 18, nous indiquons Sant Elmo au GPS (si on lui donne Muravera comme destination finale il nous renvoie sur la 4 voies SS125 var qui coupe par l’intérieur avec tunnels et ponts. La SP 18 est à moitié barrée, nous passons quand même. C’est une route spectaculaire jusqu’à Cala Sinzias. Le long de la route de Sant’Elmo à Costa Rei de nombreux lotissements, villages de vacances aux maisons jolies mais toutes pareilles et bien serrées, des campings et résidences se cachent dans la verdure. De curieux rochers granitiques forment des sommets pointus. Des fermes proposent à la vente du fromage et des œufs. A la sortie de Costa Rei, il faut encore ruser pour rester au bord de l’eau et se diriger vers le Capo Ferrato. Nous sommes en avance, nous prenons le temps d’emprunter tous les chemins qui mènent à une plage. Je trouve une merveilleuse plage de sable bien cachée avec une eau délicieusement transparente. Bêtement j’oublie de marquer le nom, nous la rechercherons plus tard et ne la retrouverons plus.

La route littorale se transforme en piste vers Capo Ferrato au pied du cap des marais, étangs et zones humides que nous passons sur de petits ponts étroits. Des vergers d’agrumes sont abrités par le cap. De hautes cannes des roseaux nous font une haute voûte. Nous avons l’impression de nous perdre dans cette luxuriance. Nous retrouvons la route goudronnée SP 125 avant San Priamo dont le clocher dépasse des maisons.

L’île des Âmes- Piergiorgio Pulixi

CARNET SARDE

Au départ pour Cagliari j’ai commencé ce roman policier qui est une excellente introduction à notre voyage. Deux policières sont chargées des « affaires classées », placardisées pour des motifs disciplinaires : Mara Raïs,mauvais caractère dérange par son franc parler, Eva Croce, milanaise, a dérapé lors d’une bavure. Mara fait découvrir à Eva Cagliari et accessoirement la langue sarde, bien différente de l’Italien. 

Je suis la Milanaise dans sa découverte : première surprise : les flamands roses qui sont bien au rendez-vous dans la lagune, puis nous faisons halte à la Plage du Poetto où Mara a donné rendez-vous à Eva. Elles vont rendre visite à Barrali dans sa maison de Quartu Sant’Elena où nous devons passer sur le chemin de Villasimius. C’est très amusant comme un jeu de piste. Au dîner nous cuisinerons les culurgionis raviolis sardes à la pomme de terre  à la menthe fraîche et pecorino sarde.

 Elles vont s’intéresser à une affaire vieille de plusieurs décennies : la première victime est retrouvée en 1975, une seconde dans des conditions similaires en 1986. L’inspecteur Barrali n’a jamais classé son enquête, persuadé que de nouveaux meurtres vont se dérouler. Très malade, il confie le dossier aux deux enquêtrices. En effet, une jeune fille disparaît dans des circonstances analogues. L’enquête prend une autre tournure….De cold case, le meurtre devient d’actualité brûlante mobilisant policiers, juges, journalistes et autorités. 

Comme l’intrigue est compliquée et haletante avec de nombreuses fausses pistes, je ne vais pas spoiler en vous la divulguant!

Vous allez découvrir des traditions anciennes, remontant à la Préhistoire au temps nuragiques (Âge de Bronze), des croyances anciennes qui ont perduré dans les campagnes reculées. La lectrice touriste  jubile de voir s’animer ces sites : nuraghes, montagnes mystérieuses sources magiques, menhirs…Toutes ces traditions ont été étudiées par Baralli qui a fait appel à un anthropologue spécialiste  et j’apprends avec avidité les rites préhistoriques. 

Un livre parfait pour commencer ces vacances en Sardaigne que vous lirez avec plaisir même si vous restez chez vous!

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