Le Havre de la Vanlée

BALADE NORMANDE – COTENTIN CÔTE DES HAVRES

Ke Havre de la Vanlée chaussée submersible faible coefficient de marée

Le Havre de la Vanlée se trouve au nord de Granville près du village de Saint- Martin-de-Bréhal. La Vanlée est un petit fleuve côtier de 16 km. A l’entrée du village il passe sous un petit pont de pierre et c’est vraiment un petit ruisseau (avec la sécheresse de 2020 il est à l’étiage). Il est étonnant qu’un si petit cours d’eau ait construit un estuaire – un havre – si impressionnant. Le cordon dunaire long d’environ 4 km enferme un marais d’herbus où paissent les moutons. Une chaussé submersible le traverse reliant les Salines à la cale sur la plage (à utiliser si le coefficient de marée est inférieur à 93).

Grande Marée d’équinoxe coefficient 111. La chaussée st submergée

Saint-Martin-de-Bréhal est une station balnéaire paisible endormie et vidée de ses touristes à la mi-septembre en semaine; nous arrivons à côté de l’Ecole de Voile. La cale est utilisée par d’énormes tracteurs qui remontent les voilierz par trains de 5 ou 6. L’itinéraire est partagé avec les vélos et les piétons (mobilités actives dit la flèche, expression bizarre) . nous longeons un golf bien vert puis un club équestre et nous retrouvons sur la chaussée submersible, belle route un peu plus haute que le niveau des herbus. Deux restaurants Les Salines et la Passerelle et hop nous nous retrouvons à Saint- Martin-le-Vieux après avoir raté le Havre de la Vanlée. On revient sur nos pas empruntant la chaussée submersible dans l’autre sens pour découvrir le parkings. Des petites maisonnettes en ciment s’ouvrent côté campagne, ce sont les bergeries, on voit les balles de foin, mais de moutons, nenni! Nous n’en verrons pas un.

Tour du Havre

Havre de la Vanlée plage de BRicqueville

la promenade est de 7 à 11 km selon si on part du village ou du parking<;Elle n’est pas balisée. Côté marais, une piste assez large, cyclable traverse le marais jusqu’au « bout du monde », l’estuaire où des bateaux sont échoués à marée basse en attendant le retour de l’eau. Pour faire le tour, sur la dune aucun chemin n’est visible. Je décide de rentrer par la plage. Le sable mouillé est loin et dans le sable sec je marche mal. pas de réseau non plus pour téléphoner à Dominique que j’arriverai peut être avec du retard, la balade est plus longue que prévu, la dune n’est pas rectiligne mais arrondie. Le retour durera deux fois plus longtemps que l’aller par la piste.

Les bouchots

Moules sur les cordes

 

Une longue cale en ciment descend de la dune à la plage. Un gros tracteur passe se dirigeant vers les bouchots qui se découvrent progressivement à mer descendante.  Tout d’abord, on voit les énormes  caisses en plastique rouge pleines de moules et les sacs plats en grillage plastique contenant des huites. Les coquillages attendent d’être chargés par les énormes tracteurs. Ce matin les caisses de moules sont embarquées sous nos yeux.

Une barque à fond plat en aluminium est mise à flot.

Bouchots

Au retour de ma promenade d’innombrables rangées de pieux sont découverts au loin. Ce sont les bouchots que nous avons cherchés depuis longtemps.

Les moules ne naissent pas en Manche mais dans l’Atlantique plus au sud. le naissain est élevé sur des cordes qui seront plus tard enroulées sur des pieux. Je découvre ces cordes que la mer a cachées. Justement, un mytiliculteur est en train d’emballer ces gros cordons de filets plastique pour les protéger des prédateurs. D’autres filets plastiques emballent les pieux garnis de moules. L’homme à qui j’ai demandé la permission de le filmer dans son travail me répond, goguenard « comme cela vous pourrez me coller dans vos albums avec vos singes!’ Sa réponse n’est pas vraiment encourageante. J’avais l’intention de lui poser quelques questions, me voici rafraîchie!

Sur l’estran : pêche à pieds

Les pêcheurs à pieds sont nombreux, chacun porte un petit seau en plastique blanc et un rateau ou une bêche à deux dents. Ce ne sont pas des professionnels, plutôt des retraités, des gens du coin qui ramassent des palourdes. Il y a aussi des praires avec un quota de 100 et seulement à des dates précises. j’ai appris par la Presse que le week-end de Grandes Mariée plusieurs dizaines de Procès verbaux ont été dressés sur cette plage et à Chausey pour non respect des calibres.

 

Falaises de Carolles et de Champeaux

BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

La plage de Carolles vue du Pignon Butor

Le circuit N °8 du guide Chamina part de Carolles avec une promenade dans la campagne, on devrait voir un mégalithe et le sentier des douaniers en balcon sur les falaises de Carolles. 

Les escaliers qui montent au bout de la plage de Carolles au Pignon Butor se trouvent à 10 minutes du gîte. Je décide de faire la boucle dans l’autre sens en partant des Flots Bleus. Logiquement je devrais suivre sur la carte.

Port du Lude

9 heures, la plage est vide. Au point de vue du Pignon Butor la visibilité est excellente; la vue s’étend de Granville jusqu’à Cancale qui bornent la Baie. Le sentier passe sous une arche de buissons qui se rejoignent, il est très bien entretenu, les épineux coupés, des marches quand la pente est raide. Il descend à proximité du Port du Lude. Le Lude est un ruisseau qu’on franchit sur un petit pont. On remonte très raide. Des rochers de granites se détachent sur le ciel.

Rocher du Diable

Après ma visite à la Maison de la Baie, je guette près de cette intrusion granitique schistes et cornéennes. Le sentier chemine en balcon jusqu’à la cabane Vauban, une belle construction de pierre. Un ornithologiste a installé son trépied et sa lunette. je lui demande s’il a vu le phoque, juste un instant sa tête est sortie de l’eau. Les rochers sont trop acérés pour que les phoque vienne s’y reposer. Des hirondelles passent : c’est un couloir migratoire et les vents sont favorables aujourd’hui. Il ne les a pas comptées mais à la louche il estime qu’il en est passé 2000 depuis qu’il est là.

Cabane Vauban

Après la Cabane Vauban je devrais quitter le GR et obliquer vers un parking et un point de vue pour rentrer dans les terres. Ne voyant rien je continue le sentier littoral. Je suis étonnée de ne plus croiser de promeneurs, seulement un groupe de randonneurs très bien équipés. Deux dames me préviennent que c’est très escarpé.

« Escarpé ce n’est pas mon problème mais j’aimerais trouver le parking et le point de vue du circuit »

J’ai eu tort de me vanter. Le sentier devient difficile. Les aménagements, les marches  dans les passages raides ont disparu. Sur ce sentier étroit et rocailleux je range topoguide et téléphone pour avoir els mains libres. Depuis la Cabane Vauban, le Mont Saint Michel m’accompagne, la vue est magnifique. Mais j’ai beaucoup trop marché pour me trouver encore sur le circuit!

La baie et le mont vus de Champeaux7

Et voilà que je découvre une seconde Cabane Vauban! Plus délabrée plus pittoresque que la première. Je commence à vraiment douter : le topoguide Chamina ne fait aucune allusion à cette Cabane. Un jeune coureur qui m’avait doublée dans la montée s’est assis pour souffler. Je lui demande conseil. Nous ne sommes plus à Carolles mais à Saint-Jean-de-Thomas sur les Falaises de Champeaux!.

Le plus simple serait de retourner sur mes pas. Avec les passages délicats cela me prendrait plus de temps que prévu. Or il faut que je sois rentrée au gîte à 13 heures pour le Rendez-vous en téléconsultation. Je choisis de rentrer par la route que j’entends à quelques centaines de mètres. Il faut d’abord couper à travers champs. Je ne le regrette pas : deux belles rencontres jaillissent sous mes pas. D’abord un rapace décolle juste devant moi. Buse ou faucon? je n’ai pas eu le temps de l’identifier. A peine l’oiseau de proie envolé que surgit dans mes pieds un petit lièvre aux pattes postérieures démesurées.

La route est passante. mais où suis-je exactement? Près de Carolles, après avoir marché un bon moment je consulte Googlemaps (je n’ai pas le réflexe-GPS comme certaines randonneuses plus jeunes que moi). Justement Dominique au téléphone propose de venir à ma rencontre; Je lui fixe rendez-vous au parking de la Cabane Vauban qui se trouve à 500 m. Quand j’arrive au Parking, pas de 108, Dominique m’attend au Parking du Lude. Une dame m’assure que je trouverai le parking non loin du Port du Lude. Un homme assure qu’il faut suivre les balises vertes. l sentier qui suit le ruisseau est très frais (la journée est caniculaire), je marche à l’ombre. De petits ponts de bois franchissent le Lude. Malheureusement je ne rencontre personne pour confirmer mon chemin. Au téléphone, Dominique soutient qu’elle est toute proche et qu’elle peut voir les gens à la Cabane Vauban. Ce n’est pas la cabane, c’est le Rocher du Diable! En suivant les traits verts et jaunes je retourne au parking de la Cabane Vauban d’où je viens. Il vaut mieux que je rentre par le GR à la maison plutôt que de tourner en rond.

Déjeuner au gîte : crevettes grises et pain au beurre.

A la fin de l’après -midi, belle baignade dans les vagues assez fortes pour m’empêcher de nager mais pas assez pour me renverser. Je joue à m’éclabousser en sautant quand la vague se brise dans mon dos.

Le Grouin du Sud et la Maison de la Baie

BALADE NORMANDE

Prieuré Saint Léonard Jean Pierre Arcile (exposition POM Avranches)

Le guide Chamina inspire notre première sortie : N°7 – 1h30 5.5km au départ du Prieuré de Saint Léonard sur la commune de Vains (pour le GPS).

Le clocher est massif, la chapelle est classé mais l’église fut vendue comme Bien National à la Révolution à un particulier qui la transforma en ferme. La petite route descend vers la Baie où l’on trouve les prés-salés et le GR223. Ne pas oublier de bien refermer les barrières : les moutons sont sur les herbus.

Le mont et le mouton

Le sentier côtier passe derrière la Maison de la Baie (qui n’ouvre qu’à 13h), il remonte ensuite sur la petite route qui conduit au Grouin du Sud.

Pointe du Grouin

 

sur l’embouchure de la See – rivière qui passe à Avranches.

 

 

Cette pointe est faite de roches dures : Turbidites qui sont des roches sédimentaires gréseuses avec des lits de sable, sables grossiers, argiles et silts datées du Briovérien (Son stratotype est caractérisé par Saint-Lô (Briovera en latin). Cette période correspond à l’orogénèse cadomienne, (ca. -670 Ma à -540 Ma).

Un vaste parking et des tables de pique-nique sont à quelques distance de la Pointe qui est un bon point d’observation pour le mascaret qui remonte la See par Grandes Marées (arriver une heure avant la Haute Mer).

Le circuit contourne la pointe sur les herbus puis rejoint Saint Léonard par un aimable chemin de terre ombragé.

La Maison de la Baie

A l’étage on marche sur la carte géologique de la baie

Carte géologique de la Baie

avant de découvrir l’histoire de la Baie et du Mont Saint Michel. De nombreux panneaux et une vidéo l’expliquent aussi bien à destination des enfants des écoles, des familles que des spécialistes.

Cette  histoire ancienneelle date du Cambrien (début de l’ère Primaire) . Dans les schistes briovériens on voit des intrusions de Granite clair

Ces intrusions sont accompagnées de schistes tachetés et de cornéennes comme à Flamanville. Je m’étais étonnée que ce petit massif soit seul de son espèce (seul étudié à la fac). on peut donc remarquer trois petits massifs : le Mont Dol, Le Mont Saint Michel, Tombelaine qui sont devenues plus tard des îles et le Granite des Falaises de Carolles et de Champeaux.

A l’ère Quaternaire, lorsque les glaciers couvraient les Îles Britanniques, la Manche n’existait pas. la fonte des inlandsis donna lieu à des transgressions marines (transgression flandrienne). Le Mont Saint Michel et le Mont Dol devinrent  des îles. La Baie a oscillé entre des différentes variations du niveau de la mer. Chaque transgression a apporté des dépôts clairs « marais blancs » tandis que les « marais noirs » correspondent à la formation de tourbières.

Différentes coupes de marais noir, marais blanc, herbus et dune sont incluses dans la résine, sédiments et végétaux afin d’observer les différents horizons des sols et les végétaux. Les marais blancs, sols légers et sableux conviennent parfaitement aux cultures maraîchères (carottes, poireaux…). Cependant, en traversant la campagne nous avons vu plus de maïs que de carottes. Les marais noirs draînés par des canaux sont des pâtures d’élevage. Les  herbus  en zone inondable sont les prés-salés où paissent les moutons. Ces coupes sont accompagnées de panneaux décrivant la faune associée, oiseaux et poissons,  migrateurs ou sédentaires avec un calendrier. Ici aussi différents niveaux sont envisagés images et liste des espèces avec leurs noms scientifiques en latin pour les spécialistes.

j’ai eu la surprise d’apprendre que de gros poissons comme les soles et les bars fréquentaient les plages à marée haute mais qu’ils ne disposent que d’une heure ou deux pour s’y nourrir.

De belles collections d’oiseaux empaillés ou de répliques artificielles me font rencontrer des oiseaux que je n’avais jamais vus de près.

Un autre thème développé : la vie des hommes sur la baie sur l’estran et les herbus. Une très jolie maquette montre toute une foule de saulniers, de pêcheurs à pied, de ramasseurs de varech, pêcheurs….

Une jolie exposition photo présente les doris et les wallys, bateaux de bois traditionnels qu’utilisent surtout les pêcheurs à pieds.

Maison du saunier

La maison de saunier et la saline sont reconstituées. J’ai la surprise de voir les fours à l’intérieur de la maison. Dans la Baie, les on ne ramasse pas directement les cristaux de sel comme à Guérande ou dans le midi. On collecte un mélange de sable et de sel qu’il faudra dissoudre. On filtre la saumure qui est chauffée au bois. La fabrication du sel était une activité d’hiver.

Intérieur de la maison du saunier

Nous terminons la journée sur notre plage située au bout de notre rue. C’est ma première baignade en mer de l’année 2020! L’eau est un peu froide mais il y a foule dans l’eau. Image amusante de cette femme dans l’eau jusqu’à micuisse avec son téléphone et sa vapoteuse.

La Baie vue des falaises de Champeaux6

 

 

 

La route de la Baie et l’arrivée à Jullouville

BALADE NORMANDE – BAIE DU MONT SAINT MICHEL

La plage de Carolles

La Route de la Baie relie les villages proche de la côte, elle passe par Genêts d’où nous rejoignons le Bec d’Andaine d’où partent les excursions pédestres de Traversée de la Baie que je compte faire dans la semaine. Les Guides sont sur le terrain, pour s’inscrire il faut téléphoner. 

Au parking suivant, au lieu-dit La Dune, en face du village de Dragey il y a un camion à pizzas jaune; une cabane avec des chaises et des tables en plastique rouge au dessus du passage qui conduit à une immense plage de sable blanc. Le soleil est resplendissant mais j’écourte la promenade pieds nus pour être à l’heure au rendez-vous avec le propriétaire du gîte.

Les Flots bleus

Notre gîte « Les Flots bleus » est situé avenue de la mer (une rue étroite et tranquille) en retrait au fond d’une allée en retrait du passage, au calme. Un pignon coiffé de deux pans sur un étage flanqué de chaque côtés de la cuisine à gauche et de la « chambre du capitaine » à droite avec des volets blancs barrés d’un Z bleu. La façade est peinte en blanc, des moellons beiges marquent les angles. Un salon de jardin, deux chaises longues sur une pelouse bordée de corbeilles d’argent, un beau buisson de romarin, deux lauriers et du thym qui déborde d’une caisse.

La porte vitrée s’ouvre sur la salle de séjour : canapé en cuir, deux confortables fauteuils en bois peint en blanc mais savamment poli, grande table, un buffet et un piano. La décoration est sobre: bouée de sauvetage, affiches de voyages anciennes ferries pour les îles de Carteret ou paquebots à Cherbourg. Luminaires en fer forgé discrets et classieux.

La chambre est rouge et or sur le thème de Christian Dior, Classe toujours!

Nous serons très bien, rien ne manque dans la cuisine.

Les courses sont à Jullouville à 1 kilomètre, Supermarché U, un poissonnier, boucher, boulanger, librairie-presse. Nous achetons des moules et les cuisinons avec le thym, le romarin et le laurier du jardin en ajoutant un pot entier de crème normande crue d’un GAEC voisins. Ici on propose de la crème et pas des ersatz amylacés comme en région parisienne où il faut lire la liste des composants pour éliminer les fausses crèmes épaisses, légères, liquides qui ne sont pas faites avec du lait. Pareil pour les yaourts, ils sont locaux et délicieux.

Mont Saint Michel

BALADE NORMANDE

Une 4-voies bien roulante nous conduit à Pontorson. Aujourd’hui il fait beau et le Mont Saint Michel se voit de loin. Depuis notre dernier passage de nombreuses boutiques et restaurants se sont installés, si on peut nommer « boutiques » ces sortes de hangars tous pareils vendant biscuits bretons et souvenirs divers et « restaurants »  ces cantines pour touristes pressés servant « moules-frites » ou « plats régionaux ». On ne voit plus les prés-salés ni la rangée de peupliers, ni même le mont éclipsé par ces artefacts du XXI ème siècles standardisés et hideux. Le Mont et cerné par des zones artisanales comme n’importe quelle agglomération. Quand serons nous libérés de ces horreurs? 

Le Couesnon et la baie vus de la terrasse

Les parkings sont très bien organisés loin du site et les navettes gratuites (14€ pour la voiture). malgré le Covid, la navette est bondée comme les bus d’aéroports. Les passagers sont debout et serrés. il n’y a aucun plaisir à approcher ainsi le Mont. Bien sûr, on peut faire le trajet à pied en 40 minutes mais nous sommes pressées d’arriver. A la descente de la navette 3 gendarmes vérifient que nous sommes bien masquées. Anticipant les ruelles bondées je me suis exécutée docilement.

Bonne surprise! Il n’y a presque personne. passé la Mère Poulard, je shunte les boutiques de souvenirs en grimpant sur les remparts et me retrouve seule sur les terrasses plantées de buis et d’herbe. Pas de queue aux tickets.

Difficile de rendre compte de sites célèbres sans plagier les guides, difficile d’écrire autre chose qu’à ma visite précédente! 

cloître

Je me souviens bien du cloître perché, de cette vue étonnante sur le vide et la Baie, des doubles colonnettes si élégantes et les fines sculptures . J’avais oublié le contraste entre la nef romane et le choeur gothique. Et surtout j’avais oublié tous le vides et les creux de cette structure pyramidale. Du sommet on descend dans une succession de salles de taille variable soutenues par des colonnes et piliers savamment équilibrées comme ce vaste réfectoire soutenu uniquement par les piliers adossés aux murs latéraux . La salle des gros piliers est aussi impressionnante comme la forêt gothique dans celle des hôtes ou des chevaliers.

Réfectoire des moines

Pour une visite plus approfondie j’aurais dû prendre l’audio-guide et noter dans mon cahier. Depuis que le masque est imposé, je suis embarrassée de tout cet équipement et je deviens paresseuse. A la sortie, le besoin de s’aérer est si urgent que je rentre à pied: 40 minutes de marche sur les trottoirs bondés partagés par les piétons et les cyclistes.

Mont Saint Michel salle des chevaliers

J’achète deux hot-dogs dans une baraque à frites que nous allons manger au pied d’un moulin coiffant une colline.

Avec vue sur la mer Didier Decoin

BALADE NORMANDE – COTENTIN – LIRE POUR LA NORMANDIE

Le petit port de Goury

Voici un livre que j’aurais aimé emporter avec moi lors de notre séjour dans le Cotentin et que je recommanderais si d’aventure j’organisais une virée à La Hague. Merci à Aifelle qui me l’a signalé! Je l’ai lu quelques temps après notre retour et j’ai retrouvé, le village, le phare de Goury, le vent et les dégustations de crustacés et de poisson frais.

L’auteur, Didier Decoin jeune marié et prix Goncourt 1977,  décide avec sa femme, d’acquérir une maison « Avec vue sur la mer ». A la suite de la construction de l’Usine de Retraitement des déchets nucléaires, les futurs propriétaires imaginent que les prix des maisons sont dévalués et qu’ils pourront s’installer à peu de frais. Quelle erreur! Les normands sont attachés à leur terres et ne vendent pas. Impossible de construire en bord de mer dans des zones protégées par le Conservatoire du Littoral. Il faudra beaucoup de ténacité et de diplomatie pour entrer dans le club très fermé des propriétaires « avec vue sur la mer« . Decoin raconte avec humour et pittoresque leurs démarches. 

La Roche où se trouve leur maison

La maison trouvée, il faut l’aménager. Le récit des travaux est aussi divertissant. Ensuite, la routine s’installe avec la bienveillance des voisins, l’acclimatation à un climat particulier, le bateau, le jardin….

En quittant la maison, j’emporte des souvenirs à la Hulot, crépuscules incendiés, agapanthes bleues, peaux
salées, galets brûlants roulant sous les pieds nus, senteur des herbes miellées, siestes légères sur les chaises
longues copiées sur celles du Queen Elizabeth, menuets d’abeilles en petits gilets de majordome allant et venant
sous les tentures gris sombre des orages, ombres mauves, limonade tiède, amertume anisée des salades estivales,
fourmis ailées montant en procession du dessous des pierres chaudes pour un premier et dernier vol d’amour et
de mort, jacasseries huileuses des goélands, et tout là-bas, dominant le froissement de soie du ressac, la cognée
un peu essoufflée du diesel d’un chalutier.

Et tout cela fait un livre sympathique, amusant et très bien écrit!

A lire avant de partir à la Hague, ou en revenant, ou simplement pour donner envie de découvrir cette côte pittoresque! Et comme j’ai bien aimé cet auteur, je vais le suivre au moins avec Les Trois vies de Babe Ozouf qui se déroule dans le même décor. 

le phare de Goury

Détour sur le barrage de la Rance

BALADE NORMANDE (ET BRETONNE)

Plage des Bas sablons

Petit déjeuner excellent servi au bar de l’Hôtel Aleth, occasion d’apprécier la décoration très réussi sur le thème de la marine : belle maquette de voilier, figure de proue, canapés de cuir, aquarelles et cartes marines.

pzetit déjeuner avec vue!

Et si on faisait un détour pour aller voir le Barrage de la Rance?

La route de Dinard roule sur la digue. un parking est aménagé pour les visiteurs avec de nombreux panneaux explicatifs. J’y apprends que l’Usine marémotrice fut construite sur la rivière que était déjà équipée de 7 moulins à marée. La construction du barrage a duré 20 ans de 1946 à 1966, inauguration par le Général De Gaulle. Des explications très techniques décrivent le fonctionnement des bulbes. Ceci me permet de repérer les tourbillons que je n’aurais peut être pas vus seule. De nombreux panneaux sont consacrés à l’écosystème de l’estuaire (oiseaux, poissons, crustacés) ? la construction du barrage a été bien sûr un facteur perturbant la faune mais elle se serait adaptée et les peuplements se seraient reconstitués (si EDF le dit!)

barrage de la Rance : écluse

Côté Dinard, une partie du pont se soulève pour laisser passer les voiliers. Nous comptons les mats de la voiture. Les saumons et autres espèces qui remontent les rivières pourront passer comme les bateaux par l’écluse!

Sur la route de la Manche, un détour par Saint Malo

BALADES NORMANDES (et BRETONNE AUJOURD’HUI)

Route dégagée sur la RN12 jusqu’aux abords du Perche om le ciel se grise. Le brouillard s’épaissit dans l’Orne et en Mayenne. A la dernière descente vers la Baie, nous retenons notre souffle : le Mont Saint Michel devrait apparaître. Rien! Avalé par la brume.

la Baie à Cherrueix

Pique-nique au soleil devant l’école de Char à voile de Charrueix. Nous suivons la côte en comptant les moulins à vent et en passant devant les établissements conchylicoles du Viviers-sur-mer.

A 14 heures nous sommes  à Saint Malo devant l’Hôtel Aleth – fermé – rien n’indique que c’est un hôtel. A la même adresse, le bar Cunningham – fermé lui aussi. Une affiche indique qu’il y ara de la musique ce soir. Côté Plage des Bas-Sablons, la façade est pittoresque avec ses poutres vertes. mais la porte s’ouvre dans le vide. La passerelle métallique est remontée.

Voilies au pieds des remparts

Nous allons visiter la ville close « Intra-Muros« . Sans GPS, difficile de se déplacer dans Saint Malo et ses faubourgs, Paramé, Saint Servan, Aleth… les bassins , le port des ferries, les marinas semblent difficilement franchissables.

Les Remparts de Saint Malo

la ville close présente une remarquable homogénéité d’architecture même si certains bâtiments ont été restaurés au  XXème siècle. Au niveau des remparts certains surprise rompent la symétrie. Promenade sous le soleil, à marée haute avec une mer turquoise et bleu profond. Les îles sont entourées d’eau. Il n’y aura pas de pèlerinage à la tombe de Chateaubriand .  Je remarque une piscine naturelle d’eau de mer avec un haut plongeoir où je nagerais volontiers.

Grand Bé et piscine naturelle

J’ai négligé le Musée Historique visité il y a quelques années. A la Tour Bidouane, une belle exposition de photographies : Abstraction terrestre de Jérôme Sevrette. Photographies aériennes prises d’un drone dans la région de Saint Malo mais sans aucune référence géographique  invitant  le spectateur à construire lui-même sa propre représentation.

« la finalité étant de transposer la réalité des lieux vers une représentation spatiale, graphique et imaginaire aux frontières de la perception entre attraction et abstraction »

 

Couleurs, formes présence de l’eau turquoise dans un bassin carré qui se superpose au chevelu des ruisseaux qui se ramifient dans la tangue grise? Citerne ou phare circulaire photographié vu de-dessus.

La Tour Solidor est proche de notre Hôtel d’Aleth de l’autre côté d’un cap entre la Plage des Bas Sablons et l’anse de Solidor. Petite presqu’île très verte occupée par un camping. La Tour Solidor est un donjon fortifié formé de trois tours accolées construite, en 1381 pour suiveiller l’estuaire de la Rance. Le Musée Cap Hornier y était installé mais il est actuellement fermé.

La Tour Solidor e l’estuaire de la Rance

le sentier des douaniers passe au pied de la Tour . C’est une très jolie promenade tantôt au soleil, tantôt à couvert autour du Mémorial de la Seconde Guerre Mondiale (installations et fortifications militaires) . je découvre le port des ferries : justement le Condor arrive de Jersey . Qui peut l’emprunter par temps de Covid?

Je continue mes explorations sur la Plage des Sablons presque circulaire.

Il est temps de faire des provisions. Dans la route commerçante qui monte de la plage à l’Hôtel de Ville de Saint Servan je compte 4 librairies, 2 lunetiers, des agences de voyage, brocanteurs boutiques de fringues, encadreurs…mais d’alimentation, rien! Sauf un petit Carrefour en haut de la rue.

En hommage à Jacques Prévert

3BALADE NORMANDE – COTENTIN

Maison de Jacques Prévert à Omonville-la-Petite

Prévert est venu à la Hague en 1930, et il y est revenu régulièrement. En 1970 il achète cette maison à Omonville-la-Petite où son ami Trauner , le décorateur de cinéma,  en possédait une. Il y a fini ses jours et il est enterré dans le petit cimetière du village.

Eglise et cimetière d’Omonville-la-petite

Dans la maison peu d’objets  rappellent Prévert. A l’étage on a reconstitué l’atelier où il travaillait, dessinait, faisait des collages. Les pièces sont donc occupées comme salles d’exposition. En ce moment, l’exposition met l’accent sur l’oeuvre cinématographique de Jacques Prévert et de son frère. Photos de tournages, affiches de films, distribution et acteurs. C’est un cinéma que je connais mal. Je connaissais (comme tout le monde) Prévert poète et les chansons sur des textes de Prévert, moins son rôle dans le cinéma.

jacques Prévert

je ne connaissais pas du tout son oeuvre graphique ou ses collages

Jacques Prévert : collage

Beaucoup plus émouvant que la maison : le jardin en hommage à Prévert .

jardin en hommage à Prévert

Caché dans un vallon humide sur le bord d’un ruisseau, dans un endroit que le poète aimait beaucoup sa femme et ses amis ont commencé les plantations dès 1981 . Des écriteaux signalent parfois à quel ami de Prévert correspond tel arbre, tel endroit. Des poèmes, des bribes de poèmes, sont dispersés ça et là. C’est le jardin le plus naturel, le plus fantaisiste, le moins ordonné qui soit. Le propriétaire m’avait prévenu : après la pluie, il est très glissant. « méfiez vous des petits ponts de bois » . Du bois humide, j’ai un cuisant souvenir, j’ai franchi les petits ponts avec un maximum de précautions, pour m’étaler dans la gadoue d’un chemin alors que j’avais une parka blanche tout juste sortie de la machine à laver.

J Prévert et son ami A Trauner30

Pointe de la Hague : Phare de Goury et Port Racine

BALADE NORMANDE – COTENTIN

le phare de Goury

Les prévisions météo étaient exécrables :  pluie et même orage .  C’est notre dernier jour de vacances, nous ne renonçons pas à nos projets. Et nous avons bien fait.

Nous connaissons maintenant bien la route de la Hague : par Les Pieux, Helleville et son calvaire que des plaisantins avaient masqué de rouge, démasqué aujourd’hui, Vasteville et ses belles maisons de pierre, ses vergers de pommiers. une sorte d’autoroute va tout droit sur le Centre de Stockage des déchets nucléaires ANDRA. Usine menaçante avec ses blocs colorés, ses cheminées. On l’oublie vite en obliquant à Jobourg. 

Par prairies et bocage, nous approchons de la mer. Les murettes de pierre remplacent les haies. On se croirait en Irlande (selon moi) à Guernesey (selon Dominique).

Pharre de Goury et murettes

Le Phare de Goury  est mince, haut , en mer à 800 m de la côte, aujourd’hui entouré de crêtes blanches. Le soleil presque violent donne un éclairage cru : prés très verts trop verts, bateaux colorés dans le petit havre. Le Port de Goury est dominé par la  construction octogonale des Sauveteurs en Mer. Quelques bateaux mais pas de voiliers. Sur le port, l’Office de Tourisme et un restaurant.

le petit port de Goury

Nous continuons la petite route pour trouver le GR en direction d’Ecalgrain. Il est d’abord goudronné et conduit à un groupe de maisons très fleuries. En chemin je photographie les jardins potagers : rangées de poireaux, tomates énormes, choux, haricots ; les artichauts sont terminés, desséchés. Un troupeau de vaches normandes au pré nous rappellent que nous sommes en Normandie. A l’arrière, des rochers géants aux formes tourmentées se détachent sur le ciel. La dernière maison est presque un manoir avec tourelles et toitures de schiste, girouettes et faîtières.

Le GR devient un étroit sentier qui court dans une entaille dans les épineux (les ronces portent des mûres). La végétation devient ensuite plus rase, les bruyères d’un rose éclatant. le sentier court en balcon au dessus de la falaise. 

Port Racine

Port Racine

 

Un peu plus loin (en voiture) se trouve le « plus petit port de France »  : Port Racine qui doit son nom à un corsaire qui venait s’y abriter : François Médard Racine, né à Hattainville en 1774 devient corsaire sous Napoléon. En 1813, il aménage une jetée de pierres qu’il faut réparer à chaque tempête. La carrière du corsaire s’acheva en 1819 quand il périt entre Guernesey et Saint Martin. 

Le port actuel date de 1870-1876 et la jetée sud fut achevée en 1886.

Ce midi, à marée basse, les barques reposent sur le sable. Tout un système de cordes tendues entre les deux jetées les retiennent.

Port Racine : barques et cordes

Un peu plus loin, il y a une plage de galets .

Pour pique-niquer nous choisissons l’ Anse Saint Martin,  plage de galets abritée à l’eau étonnement transparente et tranquille : pas une vague. La limpidité est sans doute expliquée par la présence de galets. L(au est tentante : un jeune allemand sort d’un camping car et fait la planche, puis une dame. 

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