Emile Zola – la Fortune des Rougon/ la Curée

LES ROUGON-MACQUART

Emile Zola - Cabaret du chat noir - Musée Orsay

Zola m’a toujours évoqué J’accuse et, pour cela, je lui voue toute mon admiration. 

 

« Historiquement, ils partent du peuple, ils s’irradient dans toute la société contemporaine, ils montent à toutes les situations, par cette impulsion essentiellement moderne que reçoivent les basses classes en marche à travers le corps social, et ils racontent ainsi le Second Empire, à l’aide de leurs drames individuels, du guet-apens du coup
d’État à la trahison de Sedan. »

des Rougon-Macquart, s‘inspirant de la Comédie Humaine de Balzac, Zola raconte l’histoire du Second Empire à travers l’évolution d’une dynastie familiale. Les titres, les noms des personnages me sont familiers, par le cinéma, les souvenirs de lycée, les lectures adolescentes, mais je suis incapable de citer un livre que j’aurais lu en entier. A la suite de nos lectures communes de la Comédie Humaine j’ai décidé de lire les Rougon-Macquart dans l’ordre pour combler cette lacune. 

La Fortune des Rougon

La Fortune des Rougon se déroule à Plassans, ville provençale inspirée d’Aix-en-Provence où Zola a passé son enfance et où il a connu Cézanne et ils étaient amis. Je suis donc allée au Musée d’Orsay chercher des images :

Cézanne, paysan provençal

Avant de devenir des bourgeois, en contractant des alliances avantageuses, les Rougon étaient des paysans, Pierre Rougon- le fondateur de la dynastie fils de paysan avait peut être les traits du paysan peint par Cézanne? C’est l’histoire d’une ambition dévorante d’un jeune homme qui dépouille sa mère et son demi-frère et sœur nés des amours de sa mère pour le contrebandier Macquart. Il se marie avec la fille d’un marchand d’huile, Félicité Puech, tout aussi avide d’ascension sociale. Les affaires végètent mais les parents investissent pour l’avenir en donnant une éducation solide à leurs enfants. Les  garçons Eugène et Aristide étudient à Paris, Pascal sera médecin.

Pendant ce temps-là, la branche illégitime, les enfants du contrebandier Macquart, écartés par Pierre, vivent d’expédients. Antoine nourrit une rancune tenace en revenant du service militaire. Pilier de cabaret, il se lie avec les les révolutionnaires qui promettent la revanche sur les bourgeois

« Dans la bourgeoisie, dans le peuple surtout, l’enthousiasme fut grand au lendemain des journées de février »

La Révolution de 1848 change la donne. Mais c’est surtout 1851 et l’ascension de Louis Napoléon Bonaparte qui va changer le destin des Rougon

« Ces événements fondèrent la fortune des Rougon. Mêlés aux diverses phases de cette crise, ils grandirent sur les ruines de la liberté. »

« Il s’était formé chez les Rougon un noyau de conservateurs qui se réunissaient chaque soir dans le salon jaune pour déblatérer contre la République. »

Conseillé de Paris par son fils Eugène, Pierre Rougon va miser sur l’Empire tandis que les aristocrates timorés hésitent entre légitimistes et orléanistes. Avec l’aide de Félicité, il va prendre la tête de la ville et s’installer à la mairie déserté par ses titulaires.

Alors que les Républicains ont pris les armes dans la campagne provençale Plassans vit dans l’incertitude

Au loin s’étendaient les routes toutes blanches de lune. La bande insurrectionnelle, dans la campagne froide et
claire, reprit sa marche héroïque. C’était comme un large courant d’enthousiasme. Le souffle d’épopée qui
emportait Miette et Silvère, ces grands enfants avides d’amour et de liberté, traversait avec une générosité sainte les honteuses comédies des Macquart et des Rougon. La voix haute du peuple, par intervalles, grondait, entre les bavardages du salon jaune et les diatribes de l’oncle Antoine. Et la farce vulgaire, la farce ignoble, tournait au grand drame de l’histoire.

A la tête des Républicains, porte-drapeau, Miette,  une fillette de 13 ans, vit une belle histoire d’amour avec Sylvère, apprenti charron, cousin des Rougon et de Macquart.

Ce premier tome des Rougon Macquart est centré sur cette année 1851 à Plassans, tremplin de la Fortune de Pierre Rougon, qui va prendre la tête du clan bonapartiste et en être récompensé par une charge de receveur. par la même occasion il va se débarrasser d’Antoine et de Sylvère, les gêneurs de la famille.

Hier Rougon était un Brutus, une âme stoïque qui sacrifiait ses affections à la patrie ; aujourd’hui Rougon n’était plus qu’un vil ambitieux qui passait sur le ventre de son pauvre frère, et s’en servait comme d’un marchepied pour monter à la fortune.

Pierre et Félicité,  Antoine sont des personnages tout à fait antipathiques, il est difficile d’éprouver de l’empathie pour eux. Heureusement les amours de Sylvère et de Miette donnent de la fraîcheur à ces histoires sordides.

La Curée

Paris 1855 vu de l’observatoire (musée d’Orsay)

Tome 2 des Rougon-Macquart, La Curée se déroule à Paris sous le Second Empire. A

« L’Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l’Europe. Il fallait à cette poignée d’aventuriers qui venaient de voler un trône, un règne d’aventures, d’affaires véreuses, de consciences vendues, de femmes achetées, de soûlerie furieuse et universelle. Et, dans la ville où le sang de décembre était à peine lavé, grandissait timide encore, cette folie de jouissance qui devait jeter la patrie au cabanon des nations pourries et déshonorées. »

Aristide est venu à Paris faire fortune, espérant l’appui de son frère,Eugène qui a réussi. Après l’avoir fait lanterné, il le place comme voyer (Chargé d’effectuer des études sur les constructions de la capitale) qui est un poste stratégique alors qu’Haussmann (jamais cité dans l’ouvrage) rénove Paris, construit les boulevards.

Aristide qui a changé son nom en Saccard comprend que sa fortune est assurée s’il s’engage dans les expropriations des maisons destinées à être démolies dans les travaux. Par sa position de voyer il a connaissance des projets urbanistiques, et il a accès aux commissions qui calculent les indemnisations aux propriétaires….mais il faut disposer d’un capital pour démarrer les affaires. Par  chance, Angèle, sa femme décède et il épouse Renée, une jeune fille riche mais embarrassée par une grossesse non désirée. Bien dotée, elle est aussi à la tête de propriétés bien placées 

comment on revend pour un million ce qui a coûté cinq cent mille francs ; comment on paie le droit de crocheter
les caisses de l’État, qui sourit et ferme les yeux ; comment, en faisant passer un boulevard sur le ventre d’un vieux quartier, on jongle, aux applaudissements de toutes les dupes,

On récompensa ses complaisances en lui concédant des bouts de rues, des carrefours projetés, qu’il rétrocédait
avant même que la voie nouvelle fût commencée. C’était un jeu féroce ; on jouait sur les quartiers à bâtir comme on joue sur un titre de rente.

Ces parvenus mènent grande vie dans leur hôtel nouvellement construit au Parc Montceau. Pendant que Saccard est aux affaires, sa jeune femme ravissante Renée fréquente le Tout-Paris, mondain et demi-mondain, bals et promenades au Bois de Boulogne, se ruine en toilettes chez Worms le grand couturier. 

Tissot – Too early

De son premier mariage, Saccard a  un fils interne dans un collège, Maxime qu’il fait venir. Le jeune garçon est « joli comme une fille », charmant et charmeur. Il tient compagnie à Renée qui s’en amuse et l’entraîne partout, chez les couturiers, chez ses amies, au Bois….le jeune homme devient adulte. Maxime et Renée s’amusent ensemble comme deux camarades

« Le père, la belle-mère, le beau-fils agissaient, parlaient, se mettaient à l’aise, comme si chacun d’eux se fût trouvé seul, vivant en garçon. Trois camarades, trois étudiants, partageant la même chambre garnie, n’auraient pas disposé de cette chambre avec plus de sans-gêne pour y installer leurs vices, leurs amours, leurs joies bruyantes de grands galopins. »

Quand Renée et Maxime deviennent amants, l’inceste apparaît comme la dégradation ultime de la morale.

Les affaires de Saccard ne sont pas aussi florissantes que leur train de vie laisserait croire. Il ne peut honorer les factures du couturier et il lui faut trouver de nouvelles ressources : les propriétés de Renée, ou une fiancée bien dotée pour Maxime. Spéculation et cavalerie financière vont aussi avec chantage. La fête pendant laquelle Saccard compte annoncer le mariage de Maxime est une apogée. Après, la dégringolade….

J’ai été très intéressée par cette histoire de spéculation immobilière dans le cadre de la modernisation de Paris, le tracé des boulevard, la construction….En revanche je me suis lassée par les descriptions des toilettes, des décorations intérieurs, boudoirs ou salons particulier, salle de bain luxueuse. Les intrigues amoureuses, les séductions,  trainent en longueur comme dans une mauvaise série télévisée. J’ai l’impression que Zola tire la ligne, gonfle le feuilleton. Je saute des lignes et passe à l’essentiel : la finance.

Zola n’est pas Balzac qui sait ciseler une nouvelle, jamais je ne m’ennuie avec Balzac. Avec Zola, c’est parfois lourd. Lourd

 

Les mémoires de Deux Jeunes Mariées – Honoré de Balzac

ROMAN EPISTOLAIRE / BALZAC avec  Et Si on Bouquinait un peu

Balzac sait tout faire : des gros romans bien touffus comme les Illusions perdues, de courtes nouvelles comme La Grande Bretèche que j’ai lue en un trajet de train, historique comme Les Chouans,  polar, une Ténébreuse Affaire, et même fantastique…

Cynique, souvent misogyne, il sait dans Les Mémoires de deux jeunes mariées, se mettre dans la plume de deux jeunes filles tout juste sorties du couvent avec leurs rêves d’amour et de mariage. Etonnant! 

« Voilà, ma belle biche blanche, ni plus ni moins, comment les choses se sont passées au retour d’une jeune fille de dix-huit ans, après une absence de neuf années, dans une des plus illustres familles du royaume. »

Louise et Renée sont amies intimes depuis le couvent de Blois où elles ont passé de nombreuses années. Elles entretiennent une correspondance  pendant une douzaine d’années et font des confidences détaillées sur l’amour, le mariage, les enfants, la décoration de leur intérieur….

« De nous deux, je suis un peu la Raison comme tu es l’Imagination ; je suis le grave Devoir comme tu es le fol
Amour. »

Renée est provençale, on l’a retirée du couvent pour un mariage de convenance avec le fils d’un voisin de ses parents.

 » Tu sors d’un couvent pour entrer dans un autre ! Je te connais, tu es lâche, tu vas entrer en ménage avec une
soumission d’agneau. Je te donnerai des conseils, tu viendras à Paris, nous y ferons enrager les hommes et nous deviendrons des reines. »

Louise se morfondait au couvent, ses parents souhaitaient donner son héritage – fort conséquent – au frère benjamin. Elle refuse d’abord de se laisser dépouiller puis tombe amoureuse d’un Grand d’Espagne, en disgrâce, mais toujours fort riche. Son mariage avec Felipe fait l’affaire des parents qui peuvent donc capter l’héritage dont elle n’a plus vraiment besoin.

Destins opposés: Renée,  mère de famille, provinciale, dévouée à la carrière de son mari et Louise, parisienne, mondaine, qui vit deux fois une folle passion. Laquelle trouvera le bonheur?

J’ai d’abord été curieuse de lire ces confidences, les analyses psychologiques, la peinture de la vie parisienne, les inventions des amoureux…

Balzac détaille, par la plume de Renée,  l’élevage des nourrissons, des pages et des pages de puériculture, j’ai commencé à m’ennuyer fermement.

Les stratégies pour cultiver l’amour-passion m’ont également lassée. Peu sympathique cette Louise qui  invente des épreuves chevaleresques pour éprouver son amant, puis enferme son second mari dans une sorte de paradis sucré dont il cherchera à s’évader.

Un Balzac original, sans l’esprit caustique qui pimente romans et nouvelles.  Cette correspondance de midinettes est bien décevante.

 

 

La Rabouilleuse – Honoré de Balzac

LECTURE COMMUNE : BALZAC

En compagnie de Claudialucia, et de Maggie avec un certain retard dû aux vacances à la mer où je n’emporte pas d’ordinateur, et où je n’ai ni le temps, ni l’envie de rédiger.  Priorité à la baignade! 

Un très bon cru! Dans les meilleurs que j’ai lus de Balzac. 

D’abord un titre intrigant : que veut donc dire « La Rabouilleuse » ? 

« Rabouiller est un mot berrichon qui peint admirablement ce qu’il veut exprimer : l’action de troubler l’eau d’un ruisseau en la faisant bouillonner à l’aide d’une grosse branche d’arbre dont les rameaux sont disposés en forme de raquette. Les écrevisses effrayées par cette opération, dont le sens leur échappe, remontent précipitamment le cours d’eau, et dans leur trouble se jettent au milieu des engins que le pêcheur a placés à une distance convenable. Flore Brazier tenait à la main son rabouilloir avec la grâce »

La Rabouilleuse est donc une très jeune fille de douze ans, une orpheline que le docteur Rouget va prendre à son service pour cent écus de gages et cent écus à son tuteur. Habillée, instruite, elle « réchauffait la vieillesse » du vieux docteur de 72 ans…A la mort du vieillard, elle passe au service de Jean-Jacques, le fils du docteur dont tout Issoudun murmurait « c’est un imbécile » et va exercer son ascendant sur ce benêt. 

La Rabouilleuse n’est pas le personnage central du roman (gros roman). Elle n’apparait que tardivement dans l’histoire : le roman familial de la famille du Docteur Rouget, père d’un fils Jean-Jacques qu’il a favorisé au détriment d’Agathe délaissée. Cette dernière, mariée à un fonctionnaire d’Empire exemplaire, se retrouve veuve avec deux fils. Philippe, soldat de Napoléon, officier de la Garde, est son préféré

« Pour Philippe, l’univers commençait à sa tête et finissait à ses pieds, le soleil ne brillait que pour lui. »

 

il causera la ruine de sa famille. Tandis que Joseph, l’artiste, se consacre à son art et à sa mère. Dans la misère, Agathe tente de regagner sa part d’héritage que son frère risque de céder à la Rabouilleuse, sa maîtresse.

Chez Balzac, les affaires d’argent sont souvent le moteur de la société.

Agathe et Joseph partent donc à Issoudun pour éviter la captation de son héritage. Le moyen de gagner cette affaire est d’opposer la Religion à l’influence de Flore Brazier.

 

« Votre avoué ne connaît pas la province, dit le vieil Hochon à madame Bridau. Ce que vous venez y faire ne se fait ni en quinze jours ni en quinze mois ; il faudrait ne pas quitter votre frère, et pouvoir lui inspirer des idées religieuses. Vous ne contreminerez les fortifications de Flore et de Maxence que par la sape du prêtre. Voilà mon avis, et il est temps de s’y prendre. — Vous avez, dit madame Hochon à son mari, de singulières idées sur le clergé. »

[…]
« Votre fortune sera le résultat d’un combat entre l’Église et la Rabouilleuse. »

Encore une fois Philippe va faire capoter ce plan….

C’est un roman touffu (381 pages), très riche où de nombreux thèmes seront abordés : l’éducation par les femmes

« Les femmes sont des enfants méchants, c’est des bêtes inférieures à l’homme, et il faut s’en faire craindre, car la pire condition pour nous est d’être gouvernés par ces brutes-là ! »

Sans autorité paternelle, Agathe serait responsable de la dépravation de Philippe.

« Quelque tendre et bonne que soit la Mère, elle ne remplace pas plus cette royauté patriarcale que la Femme ne remplace un roi sur le trône ; et si cette exception arrive, il en résulte un être monstrueux. »

Bien sûr, le contexte historique n’est pas négligé par Balzac. On devine comment, pendant la Révolution, le Docteur Rouget va accumuler une collection de tableaux de maîtres, dont il ignore totalement la valeur. On assistera à la gloire puis à la déchéance des soldats de l’Empereur : Philippe et aussi Maxence, ont gagné leur gloire pendant les combats ; démobilisés ils connaissent toutes les dérives. A la Restauration, les bonapartistes deviennent des parias mais nombreux sauront s’adapter et faire fortune…

Vie quotidienne à Paris et à Issoudun, dépeinte avec précision et vivacité. Balzac  nous fait vivre plusieurs décennies : voyage dans le temps.

Un excellent Balzac, vous dis-je!

 

 

 

 

Toussaint Louverture – Poème dramatique de Alphonse de Lamartine

LECTURES CARAÏBES 

Après avoir terminé l’excellente biographie de Toussaint Louverture par Alain Foix, j’ai eu la curiosité de télécharger la pièce de Lamartine. 

Depuis 1834 les hommes politiques qui croient que les gouvernements doivent avoir une âme, et qu’ils ne se
légitiment aux yeux de Dieu que par des actes de justice et de bienfaisance envers les peuples, s’étaient formés à
Paris en société pour l’émancipation des noirs ; j’y fus admis à mon retour d’Orient ;

Dans son intéressante préface, Lamartine s’enorgueillit d’avoir été le signataire du décret de l‘Abolition de l’Esclavage,

Trois jours après la révolution de Février, je signai la liberté des noirs, l’abolition de l’esclavage et la promesse d’indemnité aux colons.

Ma vie n’eût-elle eu que cette heure, je ne regretterais pas d’avoir vécu.

En revanche, il n’est pas spécialement fier du poème dramatique. Le manuscrit fut perdu, et retrouvé par son caviste au fond d’un panier. Selon Lamartine,  le succès au Théâtre de La Porte Saint Martin où la pièce fut représentée est plutôt dû à la performance des acteurs qu’au texte lui-même. 

Une étrange Marseillaise noire a attiré mon attention, version d’époque ou poème de Lamartine? 

MARSEILLAISE NOIRE

. I. Enfants des noirs, proscrits du monde,

Pauvre chair changée en troupeau,

Qui de vous-mêmes, race immonde

Portez le deuil sur votre peau !

Relevez du sol votre tête,

Osez retrouver en tout lieu
 Des femmes, des enfants, un Dieu : Le nom d’homme est votre conquête !

REFRAIN.

Offrons à la
concorde, offrons les maux soufferts,

[…]
Ouvrons (ouvrons) aux blancs amis nos bras libres de fers. II.

Un cri, de l’Europe au tropique,

Dont deux mondes sont les échos,

A fait au nom de République

Là des hommes, là des héros

 L’esclave enfin dans sa mémoire

Épelle un mot libérateur,

Le tyran devient rédempteur :

Enfants, Dieu seul a la victoire !

Offrons à la concorde, offrons les maux soufferts, Ouvrons (ouvrons)…

Malheureusement, la suite se gâte. Je m’ennuie des péripéties lyriques et familiales. Une fade Adrienne, jeune pupille parfaite, guide Toussaint déguisé en mendiant aveugle qui épie les fortifications de Leclerc. Les fils de Toussaint, élevés en métropole, sont amenés comme appâts pour fléchir Toussaint. Foix raconte cet épisode, historique, mais le drame familial s’étire en guimauve. Pas d’analyse politique, ni stratégique, point de bataille homérique. Du sentiment sucré.

De même, le meurtre de Moïse n’est en rien contextualisé. Brutus et César! De la tragédie, certes mais pas d’explications. Décevant.

Le livre se termine par les discours prononcés par A de Lamartine, à la Chambre des Députés le 23 avril 1835, le 25 mai 1836, à un banquet le 10 Février 1840, le 10 Mars 1842

Autre Etude de Femme – Balzac

LECTURE COMMUNE BALZAC

Balzac

Ces rendez-vous mensuels autour d’une nouvelle ou d’un roman de Balzac m’enchantent. Lors de la dernière lecture Claudialucia avait reproché mon laxisme vis à vis de la misogynie de l’auteur. Au temps de Meetoo, on devient exigeante! J’ai tendance à pardonner beaucoup à Balzac parce qu’il m’amuse beaucoup. Le titre Autre Etude de Femme me laisser craindre encore des débordements. Promis je serai vigilante!

L’auteur nous entraîne dans une soirée mondaine, au dîner qui ne compte que des convives choisis, quand les langues se délient et que les confidences s’échangent.

« Le souvenir d’une de ces soirées m’est plus particulièrement resté, moins à cause d’une confidence où l’illustre de Marsay mit à découvert un des replis les plus profonds du cœur de la femme, qu’à cause des observations auxquelles son récit donna lieu sur les changements qui se sont opérés dans la femme française depuis la triste révolution de juillet. »

De Marsay conte un amour de jeunesse pour une femme du monde un peu plus âgée qui l’a guéri de la passion amoureuse…. et dont la conclusion est encore peu amène :

« Il y a toujours un fameux singe dans la plus jolie et la plus angélique des femmes !
A ce mot, toutes les femmes baissèrent les yeux comme blessées par cette cruelle vérité, si cruellement formulée. « 

La conversation continue par la déploration de la perte de l’image de la femme du monde d’avant la Révolution : la grande dame

« L’éventail de la grande dame est brisé. La femme n’a plus à rougir, à médire, à chuchoter, à se cacher, à se
montrer. L’éventail ne sert plus qu’à s’éventer. »

et plus loin :

« Autrefois une femme pouvait avoir une voix de harengère, une démarche de grenadier, un front de courtisane audacieuse, les cheveux plantés en arrière, le pied gros, la main épaisse, elle était néanmoins une grande dame ; mais aujourd’hui, fût-elle une Montmorency, si les demoiselles de Montmorency pouvaient jamais être ainsi, elle ne serait pas une femme comme il faut. »

Une femme comme il faut!

Qu’est-ce donc qu’une femme comme il faut dans la fin des années 1830?

La femme comme il faut paraît tout ignorer pour tout apprendre ; il y a des choses qu’elle ne sait jamais, même quand elle les sait.

[….]
la science encyclopédique des riens, la connaissance des manèges, les grandes petites choses, les musiques de
voix et les harmonies de couleurs, les diableries angéliques et les innocentes roueries, le langage et le mutisme, le sérieux et les railleries, l’esprit et la bêtise, la diplomatie et l’ignorance, qui constituent la femme comme il faut.

Balzac m’a perdue avec sa « femme comme il faut« . Si au moins il avait bâti une bonne intrigue, une histoire bien cynique, bien noire…Pour une fois, et c’est très rare, je m’ennuie. Je me suis lassée de ces conversations oiseuses, les souvenirs d’ancien militaire après la Bérézina ne m’ont pas captivée.

La Recherche de l’Absolu – Balzac

LECTURE COMMUNE BALZAC

Un roman, 383 pages.

« L’archéologie est à la nature sociale ce que l’anatomie comparée est à la nature organisée. Une mosaïque révèle toute une société, comme un squelette d’ichthyosaure sous-entend toute une création. De part et d’autre, tout se déduit, tout s’enchaîne. La cause fait deviner un effet, comme chaque effet permet de remonter à une cause. »

Balzac nous entraîne à Douai dans la demeure cossue où 5 générations de marchands flamands ont accumulé des trésors : tableaux de maîtres, panneaux de bois sculpté, meubles anciens, argenterie jusqu’à une collection de tulipes précieuses. La Maison-Claës est un élément central du roman et Balzac se fait un plaisir de la décrire minutieusement.

Il nous rappelle que les Flandres, Pays Bas et Belgique, furent autrefois espagnoles et la famille Claës a aussi des titres de noblesse espagnole. 

Balthazar Claës a tout pour être comblé : riche, beau, instruit (il a étudié la chimie chez Lavoisier , rencontré Helvétius). Il épouse Josephine de Temninck, en 1795, riche héritière de noblesse espagnole très pieuse,  mais un peu contrefaite, 

« Peut-être faudrait-il graver dans l’Évangile des femmes cette sentence : Bienheureuses les imparfaites, à elles appartient le royaume de l’amour. »

C’est un  mariage heureux, mariage d’amour qui a donné de beaux enfants..

Rien ne présage de la suite de l’histoire qui déraille en 1809 quand un soldat polonais est logé chez Claës pour un très court séjour. Quel secret a-t-il transmis à Balthazar? Il s’éloigne de sa femme et de ses enfants, néglige la vie sociale et s’enferme à la « Recherche de l’Absolu ». Cette expression qui donne son titre à ce volume n’est évoqué que p.62, au tiers du livre et j’ai hésité à le dévoiler dans ce billet pour ne pas divulgâcher le plaisir de la découverte. Un seul indice seulement :  il s’agit de chimie (Balthazar a été l’élève de Lavoisier).

Jan Davidsz de Heem : la desserte Intérieru bourgeois flamant

Balzac a déjà emmené le lecteur dans les ateliers d’artistes, les théâtres, l’étude de notaire. Dans la Recherche de l’absolu,  il l’entraine dans le champ de la Science. Chimie ou alchimie? Quelle est la chimère qui va dévorer toute la fortune des Claës? En rédigeant ce billet j’ai eu la surprise d’apprendre qu’un procès avait été intenté  en 1831 par le banquier Arson au mathématicien polonais Wronski, l’accusant de l’avoir escroqué en lui vendant le secret de l’Absolu.  

Les admirables portraits des personnages féminins : Josepha, la mère et Marguerite, la fille contrastent avec les caricatures de vieilles filles ou les femmes de salon intrigantes que j’ai rencontré dans nombreuses œuvres de l’auteur. Au moins un roman où les femmes sont à l’honneur!

Encore une fois, Balzac a réussi à me surprendre là où je ne l’attendais pas!

Avis très mitigé de claudialucia ICI 

Le Curé de Tours – Balzac

SCENES DE LA VIE DE PROVINCE / LES CELIBATAIRES

Avec Pierrette et La Rabouilleuse, Le Curé de Tours  forme la trilogie des Célibataires . Court roman qui se lit d’un seul trait.

« Être le pensionnaire de mademoiselle Gamard et devenir chanoine, furent les deux grandes affaires de sa vie ; et peut-être résument-elles exactement l’ambition d’un prêtre, qui, se considérant comme en voyage vers l’éternité, ne peut souhaiter en ce monde qu’un bon gîte, une bonne table, des vêtements propres, des souliers à agrafes d’argent, choses suffisantes pour les besoins de la bête, et un canonicat pour satisfaire l’amour-propre, ce sentiment indicible qui nous suivra, »

Il contient les ingrédients balzaciens. Le décor bien planté et décrit avec minutie : une maison dans le Cloitre , rue de la Psalette, à l’ombre de Saint Gratien. Une collection de caractères : deux ecclésiastiques, l’un débonnaire et naïf : l’Abbé Birotteau, l’autre ambitieux et retors, l’abbé Troubert, la vieille fille logeuse des deux prêtres, mademoiselle Gamard. A ces célibataires s’ajoutent les personnages gravitant dans les salons, avec intrigues, ragots et ambitions politiques. 

La tragédie de l’Abbé Birotteau s’annonce par des contrariétés minimes :

« quatre circonstances capitales de la porte fermée, des pantoufles oubliées, du manque de feu, du bougeoir porté chez lui, pouvaient seules lui révéler cette inimitié terrible « 

Des vétilles, dont l’accumulation trahit l’hostilité subite de sa logeuse. L’abbé Birotteau et loin de savoir qu’elles ne sont les prémisses du drame.

On s’ennuie parfois en province. Les soirées sont occupées par des parties de whist ou de boston en bonne société. Et c’est la première faute de l’abbé Birotteau que de s’être soustrait aux parties de Mademoiselle Gamard pour fréquenter le cercle de Madame Listomère. Et privant mademoiselle Ggamard de sa société il s’attire l’inimitié de la vieille fille – caractère redoutable que caricature Balzac

« restant fille, une créature du sexe féminin n’est plus qu’un non-sens : égoïste et froide, elle fait horreur. »

En effet, Balzac n’est pas tendre avec les femmes et sa misogynie est poussée à l’extrême dans le cas des « vieilles filles »

préjugé dans lequel il y a du vrai peut-être jette constamment partout, et en France encore plus qu’ailleurs, une grande défaveur sur la femme avec laquelle personne n’a voulu ni partager les biens ni supporter les maux de la vie. »

Jalousie et ambition politique sont le moteur de l’intrigue qui pousseront à sa perte le naïf abbé, sûr de son bon droit, qui ira se jeter dans un procès perdu d’avance…

Un roman écrit au vitriol, bien méchant et diablement mené!

 

Balzac – Les Chouans

Vendémiaire an VIII, (sept 1799) de Mortagne à Falaise

Roman d’aventures, roman historique, roman d’amour, Balzac s’essaie à tous les genres pour le plus grand bonheur des lecteurs. 

Quand je fais une pause dans mes challenges, ou lectures de voyage, je reviens toujours à Balzac avec la certitude d’une lecture agréable. D’ailleurs nous avions une lecture commune Balzac, copines blogueuses avez-vous abandonné?

Dans l’Ouest, à la limite de la Normandie et de la Bretagne, les Chouans sont en armes et attendent l’arrivée d’un chef Le Gars pour prendre la tête de la révolte. Les soldats de la République, les Bleus, commandés par un vieil officier, Hulot essaient de venir à bout des foyers de chouannerie et lèvent le conscription

« Cette colonne était le contingent péniblement obtenu du district de Fougères, et dû par lui dans la levée que le
Directoire exécutif de la République française avait ordonnée par une loi du 10 messidor précédent.[…]
une gasconnade législative : ne pouvant rien envoyer aux départements insurgés, il leur donnait sa confiance…. »

La première partie du roman se nomme L’Embuscade, dans le cadre verdoyant du bocage nous allons assister aux échauffourées et à l’attaque de la Turgotine , roman de cap et d’épée, sifflements de chouettes, peaux de chèvres, version bretonne du western. 

Cette turgotine était un méchant cabriolet à deux roues très-hautes, au fond duquel deux personnes un peu
grasses auraient difficilement tenu. 

Que recherchent les Chouans dans la turgotine? du butin, de l’or,

Ne savez-vous pas le proverbe : Voleur comme une chouette. Or, qu’est-ce qu’un Chouan ? D’ailleurs, dit-elle en élevant la voix, n’est-ce pas une action juste ? Les Bleus n’ont-ils pas pris tous les biens de l’Eglise et les nôtres, et ne nous faut-il pas d’ailleurs des munitions ?[…]
Ni l’un ni l’autre, lui répondit Coupiau. Je suis postillon, et Breton qui plus est ; partant, je ne crains ni les Bleus
ni les gentilshommes. – Tu veux dire les gens-pille-hommes, reprit le patriote avec ironie. -Ils ne font que reprendre ce qu’on leur a ôté , dit vivement le recteur. 

La deuxième partie s’intitule Une Idée de Fouché, le roman bascule dans l’espionnage . Mademoiselle de Verneuil fait route de Mortagne à Alençon avec Francine, sa servante bretonne et fait la rencontre d’une dame et de son fils qui leur tiendront compagnie. Marivaudage entre la jeune fille et un  étudiant de l’Ecole Polytechnique, futur marin. Evidemment l’étudiant n’est pas plus marin que la dame, sa mère….Je m’ennuie un peu pendant que l’intrigue amoureuse se noue. L’escorte républicaine tombe dans un piège dans le manoir de la dame

Les chefs de cette guerre entreprise pour Dieu et le Roi ressemblaient bien peu aux portraits de fantaisie qu’elle
s’était plu à tracer. Cette lutte, véritablement grande, se rétrécit et prit des proportions mesquines, quand elle les vit[…]Ces physionomies paraissaient annoncer d’abord plutôt un besoin d’intrigue que l’amour de la gloire,[…]Si quelques têtes originales se faisaient distinguer entre les autres, elles étaient rapetissées par les formules et par l’étiquette de l’aristocratie.

Cette assemblée nocturne, au milieu de ce vieux castel en ruine et sous ces ornements contournés assez bien
assortis aux figures, la fit sourire, elle voulut y voir un tableau symbolique de la monarchie.

Les Chouans, ou plutôt les aristocrates qui les manipulent ne sont pas à leur avantage dans cet épisode sanglant.

Falaise

Chacun se dévoile, (mais je vais m’arrêter ici, pour ne pas divulguer l’intrigue). Mademoiselle de Verneuil et son escorte de bleus échappera de justesse. Amoureuse, choisira-t-elle l’amour ou ses convictions républicaines?

J’en ai déjà trop écrit. La fin sera haletante.

Encore une fois, Balzac aura réussi à me surprendre et à me captiver.

Antigone – Henry Bauchau – Actes sud

LIRE POUR LA GRECE

« Oui, moi Antigone, la mendiante du roi aveugle, je me découvre rebelle à ma patrie, définitivement rebelle à Thèbes, à sa loi virile, à ses guerres imbéciles et à son culte orgueilleux de la mort.  » dans LA COLERE

Antigone est l’héroïne du Théâtre grec qui me fascine le plus : Antigone est la femme qui dit NON! Celle qui le crie. C’est aussi la fille d’Œdipe qui l’a guidé, aveugle sur les chemins de Grèce, qui a mendié pour lui. Fille de Roi, de Reine, mendiante.  

Antigone de Sophocle a inspiré de nombreux écrivains et metteurs en scène. C’est la tragédie la plus impressionnante, jouée chaque fois dans un  paroxysme de l’Histoire. La version qui m’a impressionnée le plus est celle de Adel Hakim jouée par le Théâtre national palestinien aux Théâtre des Quartiers d’Ivry  que j’ai été voir deux fois. Tragédie de Beyrouth dans le  4ème Mur de Sorj Chalandon . J’ai même vu une Antigone Ukrainienne/Russe, un peu punk et musicale de Lucie Bérelowitsch qui a choisi une version de Brecht/Sophocle. Bien sûr, il y a celle d‘Anouilh(1944). 

Antigone de Bauchau n’est pas une pièce de théâtre mais un roman qui fait suite à Oedipe sur la Route lu il y a douze ans qui m’avait laissé un souvenir inoubliable. Avec  368 pages, l’auteur développe une histoire plus longue avec de nombreux personnages, avec des retours dans l’épopée de Thébes :  Œdipe et Jocaste  et sur les pérégrinations d’Œdipe. 

Antigone de Bauchau commence avec le retour de l’héroïne à Thèbes après la mort d’Œdipe. Antigone est entourée des compagnons de son père : Clios qui peint une fresque pour Thésée à Athènes et qui la met en garde:

« En retournant à Thèbes tu vas suivre, toi aussi, le chemin du rouge. Tu seras en grand danger, au centre de la guerre entre tes frères. Est-ce nécessaire Antigone? »

Bauchau développe l’histoire des jumeaux : Polynice et Etéocle, désiré et souverain, Etéocle toujours en rivalité. De la jalousie d’Etéocle et de la domination de Polynice, il ne peut que résulter le combat, combat à mort. Dédoublements, Etéocle demande à Antigone de sculpter deux statues de Jocaste , il offre un étalon noir à Polynice qui part à la recherche d’un cheval aussi fougueux, aussi beau, blanc.

« mon corps, bien avant moi, sait ce qu’il faut faire. Il se jette à genoux et, le front sur le sol, extrait de la terre elle-même un non formidable. C’est un cri d’avertissement et de douleur qui brise la parole sur les lèvres d’Ismène. C’est le non de toutes les femmes que je prononce, que je hurle, que je vomis avec celui d’Ismène et le mien. Ce non vient de bien plus loin que moi, c’est la plainte, ou l’appel qui vient des ténèbres et des plus audacieuses lumières de l’histoire des femmes. »

 

Au lieu de se tenir comme Sophocle,  à l’épisode de l’interdit de la a sépulture de Polynice, par Créon, et du refus de  la tyrannie par Antigone,  privilégiant  la loi des Dieux avec  la tradition des honneurs dus aux morts, par rapport à la loi de la Cité (le décret de Créon), Bauchau inscrit les funérailles à la fin de l’histoire de la guerre de Thèbes. Il raconte toute une épopée. Epopée guerrière, histoire d’amour, relations familiales…La tyrannie de Créon n’entre en scène qu’après les trois quarts du livre.

« Nous les femmes, les sœurs, nous devons seulement enterrer Polynice et dire non, totalement non à Créon. Il est le roi des Thébains vivants, il n’est pas celui des morts. »

Antigone n’est pas seulement celle qui dit non. C’est aussi celle qui ne veut pas choisir l’un ou l’autre de ses frères, qui va tenter de faire la paix entre eux. C’est aussi l’héroïne qui va soigner les blessés, faire de sa maison un refuge pour les pauvres et pour des personnalités un peu étranges, comme le faux aveugle Dirkos qui chante les chants d’Oedipe, ou Timour, le Nomade cavalier et archer, qui apprend à Antigone le « chant de l’arc ». Antigone est une femme puissante, cavalière accomplie, archère.

Sans affaiblir la tragédie, Bauchau brode, interrompt son récit comme l’aède qui peut réciter des milliers de vers. Ce n’est pas un théâtre politique. C’est une véritable épopée.

Lu dans le cadre du MOIS BELGE 2022

La Messe de l’Athée – Balzac

LECTURE COMMUNE BALZAC 

Courte nouvelle dans les Scènes de la Vie parisienne qui peut se lire d’un trait. Grande sobriété  : deux personnages principaux , deux médecins, le célèbre chirurgien Desplein et son jeune collègue Horace Blanchon. Desplein professe un athéisme convaincu et une pleine confiance dans la science. Et pourtant, Blanchon le surprend à Saint Sulpice à la messe, non pas une seule fois mais à plusieurs reprises. Comme Blanchon, le lecteur est intrigué….

naturellement pris de curiosité, l’interne qui connaissait les opinions de son maître, et qui était Cabaniste en dyable par un y grec (ce qui dans Rabelais est u

Il vous faudra lire la nouvelle pour résoudre ce mystère!

Balzac vous tiendra en haleine, comme d’habitude. Mais contrairement aux autres œuvres de l’auteur, pas de cynisme ni de malignité. Balzac bienveillant? Il vous surprendra encore.

Comme il m’a étonnée par l’emploi de locutions originales que je recopie ici

« Ni puritain ni sermonneur, il jurait de bonne grâce en donnant un conseil et faisait volontiers un tronçon de chière lie quand l’occasion s’en présentait. »

Lire également les avis de pativore maggie claudialucia,  Rachel