Le Céret des artistes –

CARNET CATALAN

Céret les arcades

Céret, sous le soleil me donne des envies de photos. Le tronc blanc des platanes, leurs fines branches dressées accompagnent les maisons multicolores des rues anciennes.

Manolo :la Catalane assise

La Catalane assise de Manolo est dans un petit carré planté à l’écart derrière la Mairie. Les Arcades, ancienne Porte D’Espagne sont éclairées par le soleil.

La fontaine de la Sardane

Sur la Place Pablo Picasso, la Fontaine Sardane de la Paix, capte mon attention un bon moment. C’est un monument de céramique complexe. Une montagne cubiste, comme une gemme complexe présente des cristaux à multiples facettes, bleu vert à reflets dorés. De deux trous circulaires deux jets puissants s’échappent tandis qu’à la base de la « montagne » une fente horizontale laisse passer l’eau comme une source. Le bassin émeraude est ceint d’une margelle de céramique avec un tube creux comme un serpent à tête d’oiseau où coule encore un filet d’eau. Le serpent porte des décors et de petits personnages. Le bord vertical est très décoré et coloré avec des personnages, des coquillages, des lettres grecques, et plusieurs fois « ombre » et « imagination ». sur le bassin, tranche un support avec un carreaux blanc où des personnages dansent la sardane.   J’aurais pu rester encore longtemps devant cette fontaine.

La fontaine de la Sardane (détail)

J’ai trouvé sur Internet ce texte :

Le 20 septembre 1953, à Céret, à la sortie d’une corrida, Picasso, accompagné d’Edouard Pignon et d’Hélène Parmelin, est accueilli au «Grand Café» par les communistes de Céret. A l’issue de la chaleureuse réception, il dessine une sardane, puis, avant de partir, se ravise et y ajoute une colombe. «La Sardane de la paix» est née. Picasso l’offre à ses camarades pour leur journal, «le Travailleur catalan». Par la suite, la section de Céret du PCF fera don de l’oeuvre au Musée d’art moderne de la ville.

Fontaine détail

Une fontaine, conçue par Juliette et Jacques Damville et située place Picasso, sous la porte d’Espagne des anciens remparts de Céret, célèbre la mémoire de cet acte artistique

 

J’ai été très étonnée que les auteurs de la Fontaine de la Sardane  ne soient pas cités visiblement (ils le sont peut- être mais je n’ai pas trouvé. Sincèrement je croyais que toute la fontaine était l’œuvre de Picasso . J’étais seulement étonnée que ce carreau blanc se détache trop de l’ensemble.

Au Musée j’ai visité très consciencieusement l’exposition temporaire Joan Ponç.

Picasso au Musée de Céret

Après m’être bien concentrée dans l’exposition allant de surprise en surprises, j’arrive dans les Collections permanentes.

Je ne sais où donner de la tête et dresse une liste des peintres sans prendre de notes. Il faut dire que des enfants de maternelle sous la direction d’une médiatrice parlent très fort et font un bruit très gênant. J’ai déjà rencontré ces groupes d’enfants très petits à la Fontaine Sardane mardi dernier. Les enfants de la région ont bien de la chance !

Je note en vrac Jean Marchand (1912 – 1919), Soutine (1919) André Masson, Picasso, Juan Gris, Haviland, Manolo, Max Jacob,  Herbin, PinkusKremegne, Lafay, Pignon, Chagall .

Quel gâchis que de passer en vitesse devant une si riche collection. Il me faut revenir, heureusement il reste deux semaines !

Il fait un temps printanier presque chaud. Nous déjeunons avec grand plaisir en plein soleil sur la table du jardin.

 

Amélie-les-bains et Arles-sur-Tech

CARNET CATALAN

Les thermes d’Amélie-les-Bains

Amélie-les-bains – le Mondony et le Calvaire

Du Parking  des Thermes, je découvre  un pont qui enjambe un ruisseau dévalant le ravin où déversent les eaux chaudes des thermes militaires . Une belle promenade plantée de grands platanes surplombe le ruisseau. Les Thermes militaires sont abandonnés, ils ressemblent plutôt à des casernes. Suivant le Mondony, j’arrive avenue du Vallespir, la rue commerçante que je connais bien, et aux bords du Tech que je traverse.

Un escalier grimpe jusqu’à une route qui monte. Le balisage jaune me prévient de quitter la route au niveau de nouvelles marches relayées par un sentier abrupt. Je regrette  avoir oublié mon bâton de marche. La descente sera problématique si je ne trouve pas un autre itinéraire.Une flèche en bois signale le calvaire.

Céret : le Canigou enneigé

Au calvaire, une grande croix de fer avec les outils de la crucifixion. La vue est extraordinaire, à 360°, sur Amélie-les-bains, mais aussi sur les montagnes à l’arrière de la station, sur la vallée du Tech jusqu’à Arles-sur-Tech et de l’autre côté sur Palada et bien au-delà.

Comme la fiche l’indique, je reviens par la rue des cèdres, négligeant le raccourci pris à la montée. A l’entrée du village, des marches et un chemin cimenté descendent directement jusqu’à la place de la Sardane où est installé un beau marché alimentaire avec tous les fruits et légumes, une poissonnerie dans un camion, des fromages et charcuteries de pays et deux food trucks proposant des plats plus exotiques. Il est midi, les marchands remballent, seuls les food-truck continuent leur activité.

Nous avons décidé de piqueniquer à Arles-sur Tech.

Nous dépassons le village et continuons jusqu’aux Gorges-de-la-fou

Gorges-de-la-Fou

Les gorges de la Fou

Les Gorges de la Fou se vantent d’être la gorge la plus étroite au monde. C’est peut-être exagéré. Canyon très étroit dans une falaise de 200m de haut, sinueux. C’est un très beau site. Malheureusement, il est très lourdement équipé. On marche sur une grille métallique assurée par des poutrelles. Comme la grille est large elle emplit tout l’espace. Des grilles de chaque côté, et comme si le casque obligatoire ne suffisait pas un filet métallique sécurise contre les chutes de pierres. Le visiteur n’a plus aucune sensation d’aventures, l’eau est cachée, la photographe frustrée…j’imagine comme il doit être plaisant de descendre en canyoning cette gorge !

Les gorges de la Fou

Evidemment en été la fraîcheur doit être plaisante. Mais en été le site doit être plein de monde et dans un endroit si réduit. Heureusement aujourd’hui il n’y a presque personne. Plus qu’une aventure, c’est du sport, je marche d’un pas soutenu, monte les marches, l’équivalent de sept ou huit étages. Mais pour l’émerveillement, c’est un peu raté. Les intentions botaniques sont louables mais la nature est encore en hiver et le lys martagon, les fleurs sont invisibles !

Les gorges de la Fou défilé très étroit

Un article très complet conteste ces aménagements : http://journals.openedition.org/teoros/894?file=1

Pendant que j’arpente le cheminement je pense aux canyons jordaniens où nous étions l’an passé, pourtant touristiques mais si mystérieux !

Arles-sur-Tech

Abbaye d’Arles-sur-Tech

Fondée en 778, l’abbaye carolingienne installée sur les ruines de thermes romains à Amélie-les-bains, a été transférée plus dans l’intérieur à la suite des incursions normandes. Le cloître est 13ème et l’église 12ème .

Le cloître est assez grand bordé d’arcades gothiques soutenues par de très fines colonnes jumelles blanches de marbre de Céret et pierre de Gérone. Au centre d’un jardin de buis qui embaume se trouve une intéressante croix de fer avec une boule de fer, la croix du grain, rappelle une activité métallurgique des forgerons catalans.

Arles sur Tech : croix

J’entre dans l’église par le cloître et suis surprise de la hauteur de la nef, ici aussi des retables baroques. Ce que j’ai préféré, c’est le tympan très finement sculpté.

Place du couvent

L’office de Tourisme distribue un circuit d’environ une heure dans le centre historique à partir de la place du couvent dans les ruelles qui tournent. On aboutit sur une petite place avec de belles maisons une galerie soutenue par de lourds piliers, des fontaines, un oranger dépasse un mur dans la rue de l’oranger. Rien de spectaculaire mais une agréable promenade. J’aime bien ces circuits qui ressemblent à un jeu de piste. Ce village avait même un quartier juif, le Cal.

Couleurs de l’incendie – Pierre Lemaître

« ….Le grand coupable, c’est l’impôt. le grand ennemi c’était l’Etat.

Le gouvernement observait avec inquiétude les couleurs de cet incendie qui gagnait sans cesse du terrain….. »

Couleurs de l'incendie par Lemaitre

Lemaître sait raconter des histoires. Je l’ai découvert avec Au revoir là-haut, et naturellement j’ai voulu connaître la suite!

Au revoir la-haut était plutôt un roman de garçons, d’amitiés viriles, Couleurs de l’incendie met en scène des figures féminines : Madeleine, la fille du banquier Péricourt, fille de, ex-femme de, mère du petit Paul, au début du roman,  prend de l’envergure tout au long de l’histoire, Léonce, sa confidente,  la belle garce, Solange Gallinato, la diva, et l’inénarrable Vladi, qui ne s’exprime qu’en Polonais.

Les hommes détiennent le pouvoir et l’argent, indissociables. C’est une histoire d’argent qui commence avec l’enterrement du Banquier Péricourt rassemblant tout le gratin, même le président de la République. L’héritage de la banque sera convoité, l’héritière flouée…Mauvaise gestion, investissements hasardeux, ou crise de 1929 qui de toutes façon aurait rebattu les cartes?

Madeleine ruinée va se venger (mais je ne vous en dirai pas plus).

C’est un roman historique,  une période trouble 1927- 1929 pour la première partie, 1933 pour la seconde. Crise économique et morale, corruption et évasion fiscale. Evasion fiscale et populisme. Certaines ressemblance avec notre époque, ce Charles, président d’une commission contre l’évasion fiscale, pris avec des francs suisses. Cela ne vous rappelle rien? Montée du nazisme, fascination de la droite pour le fascisme de Mussolini. Dans la « reconnaissance de dette« , l’auteur cite ses sources, littéraires mais aussi historiques, la reconstitution de l’époque est basée sur de réelles recherches.

Roman d’aventure, vengeance, roman touffu avec de nombreux personnages mais aussi très amusant, parfois tournant à la farce. Je ne me suis pas ennuyée ; j’ai dévoré ce gros livre.

Perpignan : Castillet, cathédrale …

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Le Castillet

 

Le Castillet

Ancienne porte de la ville, c’est le monument emblématique de Perpignan. Il abrite un petit musée historique de Perpignan. Des panneaux très détaillés permettent de réviser tout ce que j’ai appris au palais. Je les recopie studieusement.

Des fossiles de vertébrés, des poteries antiques sont présentés dans des vitrines. Le site de Ruscino était sur la Via Domitia. Les Wisigoths envahirent la ville. Puis les Maures, chassés en 759 par Pépin le Bref.

Après Charlemagne, le pouvoir royal central fut affaibli le les comtes de Roussillon gagnent en importance. : Guilabert (1074-1102), Gausfred, Girarrd II est le dernier comte de Roussillon.

La ville passe sous la domination des Comtes de Barcelone et des rois d’Aragon jusqu’à ce que Jacques 1er partage son royaume pour donner à un de ses fils le Royaume d’Aragon.

Je retrouve l’histoire apprise au Palais. 1642, siège de Perpignan par Louis XIII .

L’annexion par la France ne se fit pas sans difficultés : révolte des Angelets dans le Conflent et le Vallespir contre la perception de la gabelle.

Au 18ème siècle, l’Université de Perpignan est refondée, des loges maçonniques sont introduites par les militaires cantonnés.

A la veille de la Première Guerre mondiale la ville grandit, on arase les remparts, des constructions Haussmanniennes, puis Art Déco embellissent la ville.

Dans les années 50-60 trois grosses entreprises fournissent du travail : la chocolaterie Canteloup-Catala, le papier à cigarette JOB et Le Nil, les poupées Bella.

 

Perpignan voit l’afflux des réfugiés, 1939 réfugiés espagnols de la Retirada,1943 Juifs cherchant à fuir en Espagne, 1960 rapatriés d’Algérie…

Dans une salle, on fait les portraits de citoyens remarquables, je remarque Camille Besse : compositrice de musique dont je n’avais jamais entendu parler ;

Au deuxième étage, une exposition temporaire : Histoire de Poupées

Poupée Bella

Je me souviens ensuite que les Poupées Bella étaient une entreprise importante de Perpignan jusqu’en 1984.

Une poupée articulée grecque du 4ème siècle avant JC introduit le sujet. On présente aussi des poupées piquées d’aiguille pour la sorcellerie. Mais l’essentiel des collections présente des poupées du 20ème siècle, une grande poupée marcheuse, des poupées de collection en costume folklorique…

Exposition sympathique !

La Cathédrale Saint Jean-Baptiste

La Cathédrale Saint Jean Baptiste de Perpignan

Au moment où je la visite, une organiste accorde l’orgue monumental, l’ampleur du son m’étonne, et me chasse dehors ;

Je trouve le silence et le calme dans le Campo Santo, cloître-cimetière du 14ème siècle. Un vaste carré est entouré d’arcades, enfeus gothiques blancs. Deux personnes lisent tranquillement, un SDF, le journal une jeune femme est absorbée dans un roman.

Campo sancto

Il est passé 15h, j’ai peur de rater le bus du retour et rentre par les quais fleuris de la Basse, retrouve la place de Catalogne et l’avenue Charles de Gaulle et ses palmiers. Il est trop tôt il me faut encore attendre 40 minutes, le 340 .

Perpignan Belle Epoque

A 17h je suis à Céret.

Perpignan : le Palais des rois de Majorque

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Palais des Rois de Majorque

Le bus à 1 €

Le Conseil Départemental des Pyrénées Orientales a organisé un service de « bus à 1€ » dans tout le département. La ligne 340 : Arles-sur-Tech, Amélie-les-Bains, Céret, Le Boulou, Perpignan passe près de la maison. Comme je ne suis pas très sûre des horaires j’arrive beaucoup trop tôt. Il fait un temps magnifique mais le vent est glacial. Je dois emmailloter la tête et mettre la capuche. J’attends 40 minutes dans le froid.

La Gare de Perpignan

10h05, j’arrive à la gare routière de Perpignan, à l’arrière de la gare SNCF :  le Centre du Monde pour Dali. (Le tableau se trouve à Cologne). En 2010, l’auvent de verre a été rénové ; la Gare Historique est un cachée par un auvent orange. Je suis un peu déçue, j’en attendais plus.

L’avenue Charles de Gaulle bordée de très hauts palmiers conduit au centre-ville en une douzaine de minutes. Des plaques multilingues (français, catalan, espagnol) montrent des maisons comme l’hôtel Drancourt, un véritable petit manoir, la Demeure Bardou  propriétaire de  la fabrique du papier  cigarette JOB devenu Le Nil, ainsi que des immeubles art déco.

Place de Catalogneest dominée par l’immeuble très très surchargé des Dames de France occupé par la FNAC et surmonté d’un dôme de verre .

Un fléchage discret mais très bien fait  conduit à l’Office de Tourisme où l’on me donne un plan et quelques conseils.

Derrière la Statue d’Arago, je prends la rue d’Alsace Lorraine et m’enfonce un peu au hasard dans les petites rues de la ville ancienne aux noms charmants. La Rue de la Cloche d’Or, la rue de la Petite Monnaie et la rue du château me conduisent au Palais des Rois de Majorque.

Le Palais de Rois de Majorque

Tour de l’Hommage

De hauts remparts de brique en étoile entoure le Palais. L’entrée est monumentale. On monte un escalier aux marches assez plates en marbre et galets de rivière qui sort d’une voute et tourne. Je serai un peu déçue d’apprendre au cours de la visite qu’aucun roi n’a jamais gravi ces marches qui sont très récentes et datent de la restauration du Palais pour permettre aux visiteurs de monter commodément. J’arrive sur une terrasse agrémentée de statues de Maillol (je crois, rien n’est marqué) avec une vue splendide sur le Canigou et les toits de la ville. De beaux pins et des buissons ornent la terrasse.

Maillol et Vue sur le Canigou

On entre sous la tour blanche (de marbre) : la Tour de l’Hommage pour découvrir une belle cour dallée carrée avec un puits. Une visite guidée a lieu à 11h et à 15h30. Il est 11h05 quand j’arrive. La guide n’est pas partie ; Avec le vent infernal, en cette saison, aucun touriste ne s’est présenté. La guide jeune et fort sympathique revêt bonnet et manteau pour me faire une visite privée deux autres touristes se joignent à nous. Comme il fait vraiment très froid elle nous dispense les commentaires à l’abri. Dans la salle du trône, une sorte de loggia ouverte face à la chapelle, où le Roi de Majorque rendait la justice. Tout d’abord la conférencière nous raconte l’histoire du royaume de Majorque (1276-1344) qui correspond à l’âge d’or catalan de Perpignan. Le développement de l’élevage a permis le tissage et le travail du cuir. Textiles et articles de cuir se vendent jusqu’au foires de Champagne ou s’exportent par mer en Sicile, Sardaigne ou en Orient. Perpignan commerçait par mer. Jacques 1er d’Aragon divisa en deux son royaume pour doter chacun de ses fils, composant un royaume des Baléares et du Roussillon. Jacques II fit de Perpignan sa capitale et y construisit son palais. Ce palais est un Palais-forteresse comme Vincennes, résidence royale. Difficile de choisir entre gothique et roman, des arcs sont arrondis, d‘autres en arc brisés. Le gothique a mis du temps à s’implanter dans le midi.

La cour du palais

Comme il voulait hâter la construction il fit utiliser les galets roulés dont le sol de Perpignan est farci. Seule la tour de l’Hommage et la chapelle sont de marbre. Après la restauration, ces galets sont apparents. Du temps des Rois de Majorque, un enduit les cachait, peint de manière à imiter la pierre. Il en reste des traces. A l’intérieur les murs étaient peints de vives couleurs dont il reste encore quelques traces.

L’architecture du palais traduisait la hiérarchie médiévale. En passant sous la Tour de l’Hommage on se soumettait au roi. En revanche la tour de la chapelle était plus haute, signe que le roi était soumis à Dieu, tous devaient monter les marches pour entre dans la chapelle. Les serviteurs, les visiteurs étaient dans la cour en contrebas.

La grande salle et ses trois cheminées

De la Salle du Trône, nous passons dans l’énorme salle chauffée par trois cheminées, dans deux brûlaient des bûches, celle du milieu contenait seulement des braises. Le Roi était assis à la place d’honneur près de la cheminée, ses invités étaient chauffés par des braseros portatifs.  Le sol a été rénové avec des carreaux rouges et verts.

Entrée de la chapelle, porte mauresque

La Chapelle est inspirée de la Sainte Chapelle de Paris, comme à Paris elle est haute et gothique avec de beaux vitraux et un ciel bleu étoilé. Si on examine les vitraux, on s’aperçoit qu’une fenêtre sur deux est un trompe-l’œil.   La chapelle, vulnérable,  ne devait pas être prise par l’ennemi en cassant un vitrail. Un mur la protège et le vitrail se trouve derrière une meurtrière. Dans la loge royale, subsiste la fresque d’origine, avec une draperie bleue. Une frise multicolore court autour de la loge et le long de toute la pièce. C’est un verset du Coran en écriture coufique. La porte est aussi de travail maure. Les Rois de Majorque, cultivés et tolérants étaient ouverts aux cultures diverses. Commerçants, ils ne pouvaient pas se permettre d’être intolérants avec les Maures qui étaient  leurs partenaires commerciaux Les créneaux du château sont sur le modèle mauresque.

Des Maures, les Rois de Majorque avaient appris la gestion de l’eau. La cour pavée abritait une citerne et on a retrouvé des bassins de décantation. Nous avons vu cette récupération de l’eau à Kairouan.

Les appartements du Roi jouxtaient l’aile où se trouvait l’administration du royaume. Ceux de la Reine étaient de l’autre côté de la chapelle. Une autre chapelle, la chapelle de la Reine, était au niveau inférieur. Elle a gardé plus de peintures et les clés de voute sont encore peintes. Un curieux dispositif est la « piscine » du prêtre qui se lave les mains pendant l’office. Les trompes qui jouent un rôle d’amplification de la voix du prêtre qui servait la messe le dos à l’assistance, ont aussi gardé leur décor peint.

Piscine du prêtre dans la chapelle de la Reine

Le règne des rois de Majorque à Perpignan n’a duré que 70 ans, les rois d’Aragon et de Majorque se sont affrontés et Perpignan est passé sous la couronne aragonaise puis espagnole. Charles Quint a transformé le Palais en forteresse.   La France et l’Espagne se sont affrontés à plusieurs reprises et le Traité des Pyrénées (1659) a mis fin aux affrontements. Vauban a fortifié nombreuses places de la région n’a rien modifié.

Depuis Charles Quint, le palais de Rois de Majorque a conservé son rôle militaire jusqu’à maintenant ; Même après la restauration et l’ouverture au public du palais, les militaires occupent encore la place.

L’occupation militaire du palais ne s’est pas faite sans aménagements ; La salle et la chapelle furent divisées en deux niveaux superposés. On voit encore les trace des corbeaux supportant les planchers ; Des fenêtres surent fermées d’autres ouvertes….Mais elle a permis que les murs  tiennent debout !

Je termine la visite en montant sur la terrasse de la tour d’hommage. La vue porte sur le Canigou, la ville et tout le département ;

Loge de la Mer brique et galets roulés

Je retourne dans la vieille ville par des rues au noms de militaires puis par la Rue de la Poissonnerie et la rue de la Cloche d’or. J’arrive à l’Hôtel de Ville qui est aussi la Loge de la Mer qui me rappelle Valence avec la Lonja de la Soie. Curieusement une main et un bras de bronze sortent des murs de galets.

Ille-sur-Têt

CARNET CATALAN

 

46 km de Céret, 50 minutes en passant par l’autoroute A9 du Boulou à Perpignan sud N116 jusqu’à Ille-sur-Têt. Trajet sous le soleil,  avec un vent latéral très gênant sur l’autoroute.

Les orgues de l’Ille-sur-Têt

Les orgues d’Ille-sur-Têt

Les Orgues de l’Ille-sur-Têt sont très bien indiquées. C’est un site très pittoresque. Cheminées de Fées, Demoiselles coiffées, j’affectionne ces curiosités géologiques. J’en ai fait une leçon pour mes élèves de 5ème avec les diapositives de Bulgarie et celles de Théus non loin de Gap. Nous avons visité ce site autrefois et avions rapporté des dizaines de photographies.

Les orgues d’Ille-sur-Têt

Le petit livret d’accompagnement est très bien fait. Il explique, bien sûr, le processus de formation des orgues; il donne aussi des renseignements sur la faune, la flore. Le parking se trouve éloigné de près d’un kilomètre du site. Occasion d’une promenade tranquille sur un sentier qui suit le cours d’un ruisseau à moins que ce soit plutôt le ruisseau qui ait envahi la piste. Le site a été enclos et protégé par un dispositif de cordes qu’il ne faut pas franchir, je n’ai pas le souvenir de tout cela autrefois. Il est entretenu comme un parc avec des bancs de pierre, une maquette et des buissons de pistachiers taillés. La lumière est belle même si du côté des Corbières le ciel soit gris menaçant. Vers le Sud le massif du Canigou étincelle sous le soleil.

Les orgues sur un ciel menaçant

Les orgues sont composés de sable jaune et d’argile blanches. Le conglomérat qui les protège est plus brun- gris. Les arbres poussant au sommet confèrent une touche asiatique comme dans les peintures chinoises. Quelquefois, on voit des perforations, des fenêtres tandis qu’une colonne se sépare de l’ensemble, formant les colonnes isolées des orgues.

Casesnoves

La chapelle de Casesnoves dans les oliviers
La chapelle de Casesnoves

Au rond-point, une flèche indique la chapelle de Casesnoves. Le nom m’inspire, il me semble l’avoir rencontré quelque part. La petite route s’engage le long de la rivière Têt qui est large et ressemble à un plan d’eau avec des rochers ronds et blancs qui émergent. De grands arbres bordent la rivière et cachent le ravin de sable et d’argile analogue à l’affleurement des orgues. On débouche dans les vergers de pêchers en fleurs roses. Le hameau de Casesnoves domine les plantations, une tour carrée, des maisons en ruine. Dans les oliviers, on découvre la petite église Saint Sauveur avec son mur-clocher. La chapelle st fermée. Il n’y a plus rien à y voir, les fresques ont été vendues ! L’église fut construite en 1050 et la tour à la fin du 11ème siècle. Ravies de cette petite excursion, nous retournons à Ille-sur-Têt.

Ille-sur Têt

la ville de l’Ille-sur-Têt

Du pont qui enjambe le Têt, on découvre la petite ville et sa  grande tour carrée de l’église. La circulation automobile est impossible dans le centre historique, nous laissons la voiture au parking près de la Fontaine de la ville à l’extérieur des remparts construits de cailloux roulés. Les Hospici de Illa sont bien fléchés, mais un peu loin. J’ai donc l’occasion de tournicoter dans les ruelles sinueuses qui contournent la grande église Saint Etienne. Je passe devant une grosse tour : la Tour Alexis, découvre la charmante petite place del Ram avec la fontaine adossée au mur latéral de l’église. Un curieux personnage El Cagaïre, d’après sa position intéressante, j’arrive aux hospices.

El Monuments : décors amovibles pour Pâques

Les Hospices d’Ille

Ces hospices ont été fondés au 13ème siècle. Ils étaient destinés à héberger les indigents et les voyageurs. Une trentaine de personnes étaient logés et nourris gratuitement par des religieux et des laïcs. En contrepartie ils devaient prier pour les âmes des donateurs. Des cellules étaient alignées sur deux étages de part et d’autre d’une allée. Les expositions sont installées dans les alcôves. A l’étage les collections permanentes d’objets divers, liturgiques ou profanes

Le rez de chaussée est dédié aux retables catalans. Le visiteur saura tout sur les retables baroques, aussi bien les symboles religieux que les techniques de sculpture ou de dorures. Les personnages sculptés témoignent de l’importance du culte des saints, les grappes de raisin figurant le sang du Christ, les colonnes torses typiques des retables catalans…

Une exposition temporaire présente El Monuments ces décors amovibles de la Semaine Sainte que les hommes installaient le mercredi saint tandis que els femmes décoraient l’église. Jeudi Saint les cloches étaient muettes, ls enfants annonçaient l’office avec des crécelles. Aux mots « Matar el Jueis » un vacarme épouvantable retentissait dans l’église destiné à chasser les Juifs considérés responsable du martyr du Christ. Ces pratiques se sont déroulées jusqu’en 1940 dans les années 50 et 60 elles cessèrent en contradiction avec les nouvelles idées.

Les Monuments éteint des décors de type théâtral, des toiles peintes sur des châssis, en forme d’arc de triomphe.

Dans la sacristie on a installé des répliques des fresques de Casesnoves. Un vidéogramme raconte l’histoire de la vente de ces fresques découvertes en 1953 et vendues et dispersées. Cette histoire me fait penser à celles des chapiteaux de Saint Genis !

Retour sous le soleil déclinant, la chaîne des Albères a été saupoudrée la nuit dernière de neige, le Canigou en est couvert. Nous nous arrêtons sur l’aire d’autoroute du village catalan pour filmer les crêtes.

 

Céret, premières promenades

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Céret

Samedi, la pluie a gâché cette arrivée à Céret, c’est donc une exploration.

J’ai franchi le Tech sur le Pont du Diable très haut, très fin et très arqué (belle description de Mérimée) fermé à la circulation et piétonnier.

Persuadée de trouver le centre de la ville en montant, je suis allée au hasard et je me suis perdue. Céret est un village très pittoresque qui a inspiré les fauves et les cubistes au début du 20ème siècle. Maintenant,  le bourg a grossi de quartiers périphériques à flanc des pentes. La topographie, la présence de ruisseaux dans des ravins, complique l’orientation. J’arrive dans des rues qui tournent et qui n’aboutissent nulle part. Difficile de me repérer sur le plan qui ne comporte pas le relief. Il y a des pentes, des marches, la signalisation routière ne m’est d’aucune aide. Enfin, je descends des marches, en grimpe d’autres et me trouve enfin proche du centre en face d’un curieux monument qui m’évoque d’abord un monument aux morts, un panneau me détrompe : c’est une fontaine : le Monument au Canal d’Arrosage, bien pacifique commémoration !

Monument au canal d’arrosage

Une promenade dans le centre-ville est balisée avec des panneaux explicatifs ; je peux enfin me repérer ! et remonte la Rue Saint Ferréol très commerçante. Une librairie d’occasion m’attire. Les prix sont dérisoires et les livres classés très soigneusement. Je trouve un Kazantzakis introuvable, une jolie édition de Cavafy et enfin Douleur de Zeruya Shalev au tiers du prix neuf, moitié moins que le téléchargement que j’avais prévu. Le libraire est très aimable, je retournerai sûrement dans sa librairie au nom de » Ivre de livres « (comme un blog que je connais !).

J’arrive sur la place de la République devant la monumentale Porte de France. J’entre dans le Musée d’Art moderne de Céret qui est très vaste, il est 11 heures, je reviendrai un autre jour, plus tôt.

Les petites rues ont des noms de peintres, Chaïm Soutine, rue Juan Gris, rue Manolo…. Les ruelles me conduisent à l’église Saint Pierre, à la façade soignée mais à l’intérieur plutôt décevant (le contraire des églises que j’ai visitées à Collioure et à Saint Genis.  Certaines galeries de peinture sont fermées mais pas toutes ; je suis très bien accueillie dans l’une d’elles qui expose des sculptures sur marbre d’un sculpteur de Perpignan, des ferronneries, des photos…..Je reviendrai à Céret,  par temps ensoleillé pour les photos. J’espère ne plus perdre de temps dans les quartiers neufs pour faire une véritable visite !

Le soleil fait son apparition vers midi et nous permet de déjeuner dehors sur la table de jardin.

Saint Genis des fontaines

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Saint Génis des Fontaines : Linteau roman

Saint Genis des fontaines se trouve à mi-chemin entre Le Boulou et Argelès en bordure des Albères. Nous retrouvons les vergers fleuris rose vif des pêchers et blancs des cerisiers. J’espère que le gel ne les a pas atteints.

Pêchers
Pêchers

Le cloître et l’église méritent le déplacement. Le linteau du porche de l’église abbatiale est un repère dans la sculpture romane, c’est la plus ancienne sculpture romane datée 1019-1020. De plus il est de toute beauté.

L’abbaye de Saint Genis fut fondée en 780 par Sentimir. Les Arabes avaient quitté le Roussillon vingt années plus tôt. Monastère bénédictin, elle s’augmente d’un cloître au XIIIème siècle. A la Révolution, avec la vente des biens de l’Eglise, elle passe à plusieurs propriétaires qui l’utilisent à diverses fins. Un pilier fut même démonté pour laisser place à un foudre. On a enduit les colonnes. En 1924 -1926, un antiquaire l’a vendu en pièces détachées. Une grande partie a été transportée  au château des Mesnuls (Yvelines) achetée par le banquier roumain Jean Chrissoveloni. Trois chapiteaux ont été conservés au Louvre d’autres à Philadelphie. Seul un propriétaire avait refusé de vendre

Cloître de saint Génis

En 1975-1980, Saint Génis a cherché à reconstituer son patrimoine. Les chapiteaux des Mesnuls et du Louvre sont revenus tandis que des copies sont parvenues de Philadelphie.

chapiteaux romans

Le cloître du 13ème siècle est fait de trois marbres : rose de Villefranche de Conflent, blanc de Céret et noir des Corbières. Les chapiteaux racontent chacun une histoire : Un chapiteau noir porte des visages habités de serpents, tourments de l’enfer ou corruption des corps, un rose raconte la procession de l’abbé qui est entouré de deux clercs . Un autre montre un personnage armé d’un gourdin, un autre tirant une chèvre ; Il y a aussi des animaux : tortues, aigles, chouette. Enfin, des sirènes rappelleraient aux moines qu’ils doivent combattre le mal et en dénoncer les aspects multiformes. La recherche des représentations m’amuse toujours beaucoup.

L’église abbatiale Saint Michel a été d’abord construite au 8ème siècle mais reconstruite à la fin du 11ème siècle et consacrée à nouveau en 1127

Sa nef est haute, assez dépouillée et les retables dorés contrastent comme hier à Collioure.

intérieur baroque

Je termine la visite par l’exposition de peintures Des Pics et des étangs de Gérard Guiot, artiste peintre de la terre du sud ainsi qualifié dans le texte de présentation. Selon ce texte « Gérard Guiot dessine et peint les terres gorgées de soleil et balayées par les vents, le Mistral, la Tramontane, le vent marin. Il vit aujourd’hui à Lunel-Viel dans l’Hérault à deux pas de la Tour de Farges, domaine de François Sabatier où séjourna  en 1850 le peintre Gustave Courbet…. »

GérardGuyot

J’ai bien aimé ces peintures colorées.

Gérard Guyot

Amélie-les-bains, premières impressions

CARNET CATALAN

Céret : le Canigou enneigé
Céret : le Canigou enneigé

Le merle a chanté à 5 heures ce matin, j’ai pensé à Roméo et Juliette ! Peut- être avait-il froid ? Soleil éclatant, neige étincelante sur le Canigou mais le pare-brise était gelé ; il a fallu gratter. Pourvu que les arbres en fleur ns’aient pas trop souffert !

Amélie-les-Bains

Amélie-les bains

Amélie-les-Bains est plus souriante que samedi sous la pluie. Les curistes rejoignent les thermes avec leur sac et pressent le pas. Les boutiques ouvrent les commerçants sortent les vêtements soldés sur des portants. Tourisme vieux ! Chemises de nuit en flanelle des marcels blancs. Heureuse trouvaille, un libraire vend des livres d’occasion : beaucoup de romans à l’eau de rose et Harlequin, sans doute appréciés des curistes, mais aussi des beaux livres, même Citadelle et Mazenod. Je retournerai sûrement fureter !  Amélie vit encore au 20ème siècle, pas de boutiques « de marques » à la mode, pas de téléphones mobiles, un photographe, des souvenirs à l’ancienne. Le bijoutier est spécialisé dans les grenats, de toute beauté et originaux ! De nombreux restaurants proposent des menus à des prix raisonnables.

Je commence par explorer la petite ville toute en longueur le long de la Tech. La circulation est en sens unique : on monte le long de la rivière et on redescend par l’avenue du Vallespir : la route principale. Les établissements thermaux dominent la ville : en voiture, il faut faire une grande boucle ; à pied une rue pentue y conduit. Une petite église se trouve à mi- pente. Si les boutiques rappellent les années 60, l’architecture est encore plus ancienne, début de 20ème siècle. Toits pointus, balcons tarabiscotés, décoration de carreaux de céramique.

J’arrive au bord de la rivière, une promenade est aménagée dans un parc puis le sentier continue plus sauvage parmi les buissons. Le torrent a emporté deux personnes en 2011 dans une crue, le sentier s’arrête et la promenade tourne court.

Nous déjeunons au gîte sur la table de jardin au soleil.

 

Collioure : Fort Saint Elme

CARNET CATALAN

Fort saint Elme

Pour pique-niquer, changement de décor : le Fort Saint Elme perché sur une colline à 160 m d’altitude, accessible en voiture.Très jolie balade dans les vignes de Banyuls sur des terrasses petites et très soignée. La route très étroite, est à sens unique, mais nous ne le savions pas. Un peu d’excitation, et si quelqu’un venait en sens inverse ? Nous nous arrêtons pour des photos, avec les ceps en premier plan, avec un arbre tout blanc (peut être un poirier ?) des genêts jaunes…La route décrit une grande boucle passe devant un autre fort : le fort Dugommier moins imposant que le Fort Saint Elme.

Les vignobles de Collioure et de Banyuls

Devant le Fort Saint Elme,  il y a un petit parking, en saison un petit train y accède, pas aujourd’hui. La plupart des visiteurs sont venus à pied par le sentier (30 minutes à la montée raide, 15 environ pour descendre).

banyuls cep de vigne

La visite n’est pas guidée mais commentée. Le gardien me raconte l’histoire du fort : au début les Maures avaient construit une tour pour surveiller la terre et la mer. Il existe d’autres tours dans la région La tour Madeloc(656 m) et la Tour  de la Massane(800m) qui sont des tours à signaux. L’une d’elle est surnommée en catalan la tour du diable à cause de l’essaim de chauve- souris qui s’en échappent par temps d’orage. Charles Quint décida de restructurer les défenses de Collioure et fit entourer la Tour d’une enceinte en étoile à 6 pointes et d’installer des pièces d’artillerie. En 1552 les travaux furent achevés. Plus tard Vauban améliora la forteresse en construisant une troisième enceinte.

armure dans l’escalier

Après le tour des extérieurs, le gardien complète les explications à la base des marches « coupe-souffle » que l’ennemi devait monter en file indienne chargé de son équipement, d’au moins une dizaine de kg. Des portes très étroites devaient l’obliger à ralentir. Au premier pont-levis des archers gardaient la porte. Un carreau tiré sur le premier assaillant faisait chuter les autres selon l’ »effet-domino ».  Des assommoirs étaient  prévus à la deuxième porte, tandis que, par les meurtrières, ont pouvait lancer toutes sortes de projectiles ; pas d’huile bouillante ni d’eau selon mon conteur ce sont des matières bien trop précieuses pour les gardiens de la forteresse, plutôt de la poix (résine) et des cailloux. La tour était donc imprenable (elle fut quand même prise une fois).

Après la « pénible » montée je découvre le petit musée avec des cottes de mailles, des armures des casques dont beaucoup de morions espagnols.

De nombreux panneaux délivrent un cours d’histoire . Charles Quint (le bâtisseur du fort) ses possessions, ses voyages, son blason… . Soliman, autre un personnage marquant avec ses corsaires (j’ai retrouvé Barberousse et le célèbre Dragut (rencontré à Malte et à Djerba) .

En revanche, François 1er joue le mauvais rôle,  traître qui n’est pas de parole allié des Turcs.

Le siège du fort de Salses

Une surprise pour moi : la Fresque du Moli dels Frares,   découverte en 1997 en Espagne près de Valence,  illustre la Guerre de Trente ans (1618-1648) en Catalogne du nord ainsi que les différents sièges de la Forteresse de Salses. Son auteur semble être un italien.

La descente sur Collioure est une très agréable promenade qui passe par le Moulin de Collioure. Il est très ancien, on conserve la preuve que « le chevalier Raymond de Toulouse, procureur du Roi de Majorque, céda à Jacques Ermengard la parcelle pour y édifier un moulin à grain.

Musée de Collioure

Le sentier continue dans une olivaie et arrive au musée au milieu d’un joli jardin avec des arcades comme un cloître.

Exposition temporaire Jacques Capdeville: Les Nanas

Nana Jacques Capdeville
nana dejacques Capdeville

De grands tableaux souvent sur des toiles sans cadre représentent le visage d’une femme sur un fond le plus souvent laissé blanc, de grands yeux dépassent du visage, cils et sourcils hérissés, cheveux en toupet ou en pétard ; elles tirent la langue. Certaines sont blondes aux yeux bleus. D’autres sont noires. Toutes les Nanas ont un sacré caractère. Je les aime bien mais je trouve l’exposition un peu répétitive. Je regrette l’absence des collections permanentes. Certes, je n’ai pas été privée de Collioure après la grande exposition Derain à Pompidou.

Nana de Jacques Capdeville