Balade en Pays de Gondoire et de Marne, autour de Bussy-Saint Georges en passant par le Parc de Rentilly

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

les pommiers du Mail du Promeneur

J’ai découvert les ruisseaux de  la Gondoire et de la Brosse cet automne dans une promenade au départ du château de Rentilly  Je m’étais promis d’y retourner pour une randonnée que j’ai trouvée dans  l’excellent site de Visorando.  Bravo à l’auteur du topo-guide que j’ai suivi pas à pas en toute confiance!

C’est une grande boucle de 20 km au départ du parking en face de la grille du Château de Rentilly si on est motorisé, ou de la Gare du RER A de Bussy-Saint-Georges si on préfère les transports en commun. Randonnée très variée : urbaine (ou péri-urbaine, nouvelle expression à la mode), campagne, villages ou parc. Cette variété de paysage en est d’ailleurs le charme essentiel.

L’église de Bussy

De la Gare, on sort de la tranchée du RER dans une ville nouvelle, faisant partie depuis 1985 de Marne-la-Vallée, constructions de petits immeubles autour d’une place carrée, puis de quartiers quadrillés s’allongeant le long de la ligne du métro. Des pièces d’eau longs bassins rectangulaires aèrent le bâti qui me semblait dense sur le plan. Je marche sur une longue promenade plantée, découvre au détour d’un étang la silhouette d’une église contemporaine puis arrive à l’Esplanade des religions : alignés en face d’un parc avec des équipements sportifs la synagogue (qui ressemble à un algéco – aucun intérêt architectural.

grande salle et énorme boudha blanc en jade de Birmanie

Au temple bouddhique Ch’an Fa Hua de Fo Guang, j’ai été très bien accueillie. Deux dames m’ont promenée dans les vastes salles du complexes et j’ai été surprise par le dépouillement et la modernité du décor, aucune « chinoiserie » de pacotille rappelant l’Asie, un calme appelant la sérénité.

Avec mon groupe de randonneuses nous y sommes passées dimanche 5 mai (javais pris rendez vous) La fête de la naissance du Bouddha a réuni une assistance nombreuse colorée qui se présentait avec des offrandes et de très beaux costumes, nous avons vu se préparer un défilé dans la ville avec dragons et costumes. C’était une expérience très joyeuse.

Le temple accueille aussi des artistes dans une galerie. Une aquarelliste chinoise présente des tableaux et des calligraphies « impressionnistes »

Un autre temple, laosien, se trouve de l’autre côté du parking. Excellent accueil également à la Mosquée Tawba, ou plutôt au salon de thé qui est accolé: la Mosquée étant en travaux, on ne peut pas la visiter.

Mosquée Tawba

Cet esplanade des religions a su gagner la sympathie de la laïcarde que je suis. Ainsi vit-on en France en 2019, multiculturelle, et moderne. Bussy n’est pas tout à fait une ville-dortoir, elle a une âme, semble-t-il. J’y ai vu des restaurants divers et variés, j’aurais aimé croiser des théâtres et des cinémas, mais peut-être existent-ils ailleurs que sur mon itinéraire.

Après la Mosquée, j’emprunte le Mail du Promeneur : vaste promenade plantée d’arbres en fleurs. A mon premier passage,  les cerisiers blancs étaient splendides,  au second les pommiers ont pris le relais tandis que les pétales blancs volettent au vent. Selon mon plan, je suis bien encore dans la ville mais les quartiers sont composés de pavillons bien cachés dans les jardins fleuris. J’arrive à une sorte de parc avec une pièce d’eau : la Petite Jonchère dont le toponyme ne vient pas des joncs mais du nom d’une très grosse ferme qui abrite maintenant Cuir Center.

la Gondoire

Enfin, je rejoins le ruisseau : la Gondoire qui a creusé son lit en boucles serrées et que je vais suivre à travers Conches-sur-Gondoire, composé de maisons individuelles et que je traverse pour me rendre à Guermantes dont le nom proustien me fait rêver. Guermantes s’est bien urbanisée mais a gardé un centre du village charmant avec une petite église, des maisons anciennes et des vieux murs.

la petite église de Guermantes

Quittant la Gondoire à Gouvernes, j’aperçois le grand château de Guermantes au bout d’une allée entre une double rangée de grands peuplier et je trouve la Brosse dans un petit bois pour arriver à l’étang de la Loye. 

Le château de Rentilly est un centre culturel spécialisé dans l’Art contemporain, il a disparu sous un revêtement métallisé qui reflète les bassins et le parc. Des arbres spectaculaires : Séquoia, platanes atteignent des proportions gigantesques.

Parc de Rentilly : platane

Pour retourner à Bussy-Saint-Georges, le sentier passe par un paysage de champs ouverts, blé, colza…Après l’étang de la Brosse je traverse un parc équipé de curieux équipements permettant de pratiquer un sport que je ne connaissais pas le disc golf . On lance un disque plat dans des but enchaînés, hybride du golf et du frisbee.

Enfin je longe le RER et retrouve la ville.

Le bal de Sceaux – Balzac

LECTURE COMMUNE

C’est avec grand plaisir que je me laisse entraîner par les blogueuses Maggie, Cléanthe, dans les lectures communes qui me conduisent dans des chemins que je n’aurais sans doute pas trouvés seule. sortir de la routine en explorant les Classiques qu’on croit connaître alors que  les lectures datent parfois du lycée. 

Je n’avais jamais entendu parler du Bal de Sceaux avant qu’il ne soit proposé à la LC. C’est une agréable surprise même si ce ne sera sans doute pas ma nouvelle préférée.

Le comte de Fontaine, noble vendéen et bien sûr royaliste, à la Restauration vient à Paris pour se mettre au service du roi et solliciter la faveur royale pour l’établissement de ses nombreux enfants. Après avoir assuré la position de ses fils et marié ses deux filles aînées, il cherche pour la plus jeune Emilie, la préférée, un beau mariage. Mais Emilie, la dernière, est une enfant gâtée, une capricieuse qui  décourage tous ses prétendants malgré les efforts de son père qui organise repas et invite tous les partis avantageux.

Au Bal de Sceaux, elle croit trouver enfin le fiancé de ses rêves. Elle en tombe même amoureuse. L’amour la rend presque sympathique. Un beau mariage se prépare? Le promis est bien mystérieux. Est-il noble?

Je me suis un peu ennuyée à lire tous les détails de la cour que Monsieur de Fontaine a fait au roi, le protocole, les subtilités des fidélités, des exils….J’ai été un peu agacée par l’importance accordée au « sang bleu » des nobles, le « snobisme » (quel anachronisme) d’Emilie quand elle repousse ses prétendants.

En revanche,  la fin est inattendue et très réussie. Quelle leçon!

Lire aussi le billet de Dominique ivredelivres

El Verdugo/L’élixir de longue vie – Balzac

LECTURE COMMUNE : Balzac

Deux longues nouvelles, contes, courts romans, publiés tous deux en 1830, se déroulant en Espagne, toutes les deux sur le thème de de la mort du père. Assez loin du réalisme de la Comédie Humaine, plutôt dans le domaine fantastique.

El Verdugo, publié dans les Souvenirs Soldatesques se déroule pendant les Guerres Napoléoniennes en Espagne. Massacres, scènes sanguinolentes. Heureusement c’est court; mais je n’ai pas trop accroché.

L’Elixir de longue vie est beaucoup plus complexe.

Il se déroule selon deux parties, la première Festin raconte la mort du père de Don Juan Belvito, mort souhaitée par Don Juan qui est pressé d’hériter. Fils tardif, il est pourtant choyé et son père lui passe tous ses écarts.

« Jamais sur terre un père si commode ne s’était rencontré! »

Le père a découvert un moyen de ressusciter : un flacon de cristal qui contient un élixir : L’élixir de longue vie qui a donné son nom au livre.

Que va faire Don Juan? A vous de lire!

« Pour les négociants, le monde est un ballot, ou une masse de billets en circulation ; pour la plupart des jeunes gens, c’est une femme ; pour quelques femmes, c’est un homme ; pour certains esprits, c’est un salon, une coterie, un quartier, une ville ; mais pour don Juan, l’univers était – lui! »

Dans la seconde partie, en Espagne, Don Juan a épousé Dona Elvire. Cela ne vous rappelle rien? Le ton change, les allusions à la littérature sont jubilatoires. Jubilatoires aussi les blasphèmes et la scène grand-guignolesque que je ne veux pas vous dévoiler.

Un Balzac romantique? Sûrement!

 

Merci aux copines qui m’ont incité à lire cette nouvelle. Lue avec du retard. Lire Maggie et Cleanthe

autour du Talisman de Sérusier au Musée d’Orsay

UNE LEÇON DE PEINTURE!

En 1886, à Pont Aven,  Gauguin, déjà célèbre donna à Sérusier une véritable leçon de peinture

« Un conseil : ne copiez pas trop d’après nature. L’art est une abstraction. Tirez-la de la nature en rêvant et pensez plus à la création qu’au résultat »

Le Talisman, ou Paysage du Bois d’Amour est un tableau de très petit format peint sur un panneau qu’on a parfois attribué à une boîte de cigares. Très coloré, il se trouve à l’éclosion du Synthétisme quand Gauguin et Emile Bernard se sont retrouvés à Pont Aven, caractérisé par simplification des formes, l’utilisation de couleurs pures posées en à-plats et les cernes foncés délimitant les masses.

Emile Bernard : l’arbre jaune

Emile Bernard : Repos sur la falaise

Gauguin au dessus du gouffre, marine avec une vache

De retour à Paris, de 1888 à 1900, le groupe des nabis réunit Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Sérusier, George Lacombe, Verkade . En plus de leur style pictural, les nabis(prophètes en hébreu) faisaient des simulacres de cérémonies religieuses et manifestaient de l’intérêt pour l’ésotérisme et les sciences occultes.

Paul Sérusier : Portrait de Paul Ranson en tenue nabique

J’ai beaucoup aimé tous les tableaux de forêts ou d’arbres colorés dont on voit seulement les troncs

Sérusier : arbres rouges

Japonisantes ces vagues qui me font penser à un plumage de paon

George Lacombe : marine bleue et effet de vague.

George Lacombe : marine bleue et effet de vague.Et bien sûr il ne faut pas oublier Bonnard et Vuillard qu’on a vus en passant avant de pénétrer dans l’exposition Le Talisman

François Maspero – Le Figuier

le figuier maspéro

François Maspero de (1932-2015) est une figure qui m’a souvent accompagnée. Dans ma prime jeunesse , comme tant de lycéens et étudiants, j’ai traîné dans sa librairie, et espéré croiser des révolutionnaires patentés, ou rencontrer une âme-soeur, feuilleté tant de livres. Pas volé comme d’autres, je trouvais cela minable, sans risque! Sa petite collection Maspero a égayé mes étagères. J’aimais ses couvertures aux couleurs vives. Prêtés, pas rendus, égarés, je regrette de ne plus avoir un seul de ces livres. Je ne me souviens plus de tous les titres les Damnés de la terre de Frantz Fanon, Louise Michel, Aden Arabie de Paul Nizan…. A notre premier voyage en Bulgarie, j’ai emporté Balkans-transit de Maspero que j’ai lu pour une seconde fois quand nous sommes allées en Albanie. Ce livre m’a tellement impressionnée que j’y ai consacré 4 billets de mon blog.

 

De retour, j’ai pioché Le Figuier dans la bibliothèque familiale et il a sommeillé dans ma PAL. Quel bonheur de l’en avoir sorti!

Quatre personnages se croisent dans ce roman :

F.G. l’éditeur du Figuier, est une figure énigmatique, connu sous plusieurs identités, ayant vécu des aventures lointaines, chez les Inuits, combattant de la Guerre d’Espagne. Polyglotte, capable de traduire et de citer aussi bien Saint Jean de la Croix (1542-1591) Gongora, qu’Ulysse. Editeur, imprimeur, typo, encore artisan maniant le plomb et le beau papier, imprimeur de poèmes confidentiels comme de brûlots du FLN.

François Serre, le Libraire, propriétaire de La Vigie, librairie militante, au départ collective réunissant des Khâgneux, puis vitrine de l’anti-colonialisme au temps de la Guerre d’Algérie. La Vigie pourrait être considérée comme le personnage principale du roman.

Manuel Bixio, qui assure l’intérim dans la librairie quand son propriétaire sert en Algérie, devient, par militantisme, éditeur. Il est saisit par Lady Sion comme l’a formulé F.G. En 1961, menacé pour ses activités, il fuit à l’étranger et devient journaliste . Indépendance de l’Algérie, Cuba, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, il couvre l’éclosion des Indépendances africaines et les révolutions latines…

Mary Kendale est photographe, de ceux qui s’approchent tant du sujet qu’ils passent au-delà de l’objectif pour vivre les luttes de ceux qu’elle photographie.

 

C’est presque un roman d’aventures. Roman historique et révolutionnaire faisant revivre la Guerre d’Espagne- « mierdroico » plus qu’héroïque. A la suite de  la Retirada, il se présente en Espagnol et se trouve interné au camp de Prats-de Mollo. Guerre d’Algérie, à Paris : deux récits du 17 Octobre 1961, tortures de la police parisienne et menaces de l’OAS…Liesse à Alger, Conakry, Cuba.

Le livre s’achève en 1967 à Athènes avec le coup d’Etat des colonels. Che Guevara est encore quelque part en Bolivie.

Au delà de l’aspect historique, le thème du livre, de son impression à sa diffusion, est central dans Le Figuier. La traduction aussi. Et la poésie, très présente.

Un ouvrage très dense, très riche qui va retourner dans la PAL parce que je suis sûre de le relire!

 

Le Figuier – François Maspero (1988)

DEPUIS LONGTEMPS DANS MA PAL…..

François Maspero (1932-2015) est une figure qui m’a souvent accompagnée. Dans ma prime jeunesse , comme tant de lycéens et étudiants, j’ai traîné dans sa librairie, et espéré croiser des révolutionnaires patentés, ou rencontrer une âme-soeur, feuilleté tant de livres. Pas volé comme d’autres, je trouvais cela minable, sans risque! Sa petite collection Maspero a égayé mes étagères. J’aimais ses couvertures aux couleurs vives. Prêtés, pas rendus, égarés, je regrette de ne plus avoir un seul de ces livres. Je ne me souviens plus de tous les titres les Damnés de la terre de Frantz Fanon, Louise Michel, Aden Arabie de Paul Nizan…. A notre premier voyage en Bulgarie, j’ai emporté Balkans-transit de Maspero que j’ai lu pour une seconde fois quand nous sommes allées en Albanie. Ce livre m’a tellement impressionnée que j’y ai consacré 4 billets de mon blog. 

Résultat de recherche d'images pour "françois maspero"

De retour, j’ai pioché Le Figuier dans la bibliothèque familiale et il a sommeillé dans ma PAL. Quel bonheur de l’en avoir sorti!

Quatre personnages se croisent dans ce roman :

F.G. l’éditeur du Figuier, est une figure énigmatique, connu sous plusieurs identités, ayant vécu des aventures lointaines, chez les Inuits, combattant de la Guerre d’Espagne. Polyglotte, capable de traduire et de citer aussi bien Saint Jean de la Croix (1542-1591) Gongora, qu’Ulysse. Editeur, imprimeur, typo, encore artisan maniant le plomb et le beau papier, imprimeur de poèmes confidentiels comme de brûlots du FLN.

François Serre, le Libraire, propriétaire de La Vigie, librairie militante, au départ collective réunissant des Khâgneux, puis vitrine de l’anti-colonialisme au temps de la Guerre d’Algérie. La Vigie pourrait être considérée comme le personnage principale du roman.

Manuel Bixio, qui assure l’intérim dans la librairie quand son propriétaire sert en Algérie, devient, par militantisme, éditeur. Il est saisit par Lady Sion comme l’a formulé F.G. En 1961, menacé pour ses activités, il fuit à l’étranger et devient journaliste . Indépendance de l’Algérie, Cuba, Afrique de l’Ouest, Amérique Latine, il couvre l’éclosion des Indépendances africaines et les révolutions latines…

Mary Kendale est photographe, de ceux qui s’approchent tant du sujet qu’ils passent au-delà de l’objectif pour vivre les luttes de ceux qu’elle photographie.

rceque Barcelone
Miro. Pourquoi Miro? parce que Barcelone.

C’est presque un roman d’aventures. Roman historique et révolutionnaire faisant revivre la Guerre d’Espagne- « mierdroico » plus qu’héroïque. A la suite de  la Retirada, il se présente en Espagnol et se trouve interné au camp de Prats-de Mollo. Guerre d’Algérie, à Paris : deux récits du 17 Octobre 1961, tortures de la police parisienne et menaces de l’OAS…Liesse à Alger, Conakry, Cuba.

Le livre s’achève en 1967 à Athènes avec le coup d’Etat des colonels. Che Guevara est encore quelque part en Bolivie.

Au delà de l’aspect historique, le thème du livre, de son impression à sa diffusion, est central dans Le Figuier. La traduction aussi. Et la poésie, très présente.

Un ouvrage très dense, très riche qui va retourner dans la PAL parce que je suis sûre de le relire!

 

L’Envers du Décor au Palais de la Porte Dorée Musée national de l’Histoire de l’Immigration

un week end au musée de la Porte Dorée

L’exposition Persona Grata est démontée, bien sûr il reste de belles collections permanentes, mais pour 3 jours (vendredi 1, samedi 2 et dimanche 3) le Palais est ouvert aux visiteurs et ceci, gratuitement, comme vide. Des installations, performances s’y déroulent dans un aimable désordre (bien organisé).

Le Palais de la Porte Dorée a été construit pour l’Exposition Coloniale de 1931, tous les décors, bas-reliefs extérieurs et fresques intérieures, sont à la gloire de l’Empire Français, exhibant les richesses apportées par les colonies à la métropole.

bas relief du musée

Ce week-end est une occasion de réfléchir au colonialisme et à ses méfaits. Une visite guidée satirique a conduit un groupe de visiteurs dans les salles, escaliers et coursives : intitulée L’inconscient colonial sur le divan. Utilisant un vocabulaire psychanalytique ronflant, les guides décodent fresques et grilles (montrant dans les cercles, des allusions aux entraves des esclaves) dans les fers forgés les barreaux d’une prison… Une montée de contrition puis de catharsis a terminé la visite.

Une très belle installation Les statues meurent aussi (visible jusqu’au 3 mars) m’a beaucoup plu. Oeuvre de trois artistes allemands Jan Mammey, Falk Messerschmidt, Fabian Reimann. les plasticiens ont photographié les vestiges de l’Exposition coloniale et des statues, des plaques commémoratives. Ils projettent sur de nombreux écrans tandis qu’une tête de statue trouvée dans le Bois de Vincennes raconte son voyage au dessus de Paris, texte poétique. j’ai beaucoup aimé  cette performance.

Différents spectacles musicaux se déroulent dans la grande salle vide, meublée uniquement d’un tapis bleu et de quelques bancs. Un percussionniste joue, une danseuse l’accompagne. puis de la musique arrive de quelque part. Nous levons les yeux vers les galeries, un chef de choeur dirige des choristes invisibles. Consultant le programme j’en déduis qu’il s’agit d’une Intervention musicale dirigé par le metteur en scène Antoine Gindt, le chef d’orchestre Léo Warynsky avec les chanteurs Métabole.

Malheureusement à l’heure où paraîtra le billet toutes les performances sont finies, il reste le superbe bâtiment et Les statues meurent aussi. Vous pouvez toujours faire un tour au Bois de Vincennes.

 

Jean-Jacques Lequeu (1757 – 1826) – Bâtisseur de fantasmes – au Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 8 mars 2019

Jean-Jacques Lequeu : autoportrait

 

Connaissez-vous Jean-Jacques Lequeu? Je le découvre dans cette exposition.

Présentation dans l’entrée peinte en bleu canard, différents portraits, autoportraits et études de personnages grimaçants.

Lequeu : Autoportrait à l’aâge de 36 ans

Natif de Rouen(1757), il fit des études de dessin 1770-1773 , s’installe à paris et travaille avec Soufflot. 1790-1793 : employé-chef des ateliers du Faubourg Saint Antoine, il dessine les plans de la Fête de la Fédération au Champ de Mars.  1793-1815 employé au bureaux du Cadastre en qualité de dessinateur.

Le borgne grimacier

C’est un dessinateur hors pair. Ces études de visages grimaçants signale une personnalité originale.

Le Grand bailleur

C’est surtout un dessinateur d’architecture qui a travaillé avec Soufflot  et a collaboré à la construction de Sainte Geneviève ou de Saint Sulpice à Paris et d’autres églises à Marseille ou Rouen. Il a travaillé à l‘Hôtel de Montholon pour des intérieurs très sophistiqués

Hôtel de Montholon

Il déploie le même soin pour des bâtiments de prestige que pour le dessin de simples instruments comme des pompes. Il imagine des théâtres des chapelles, un temple dédié au soleil

Chapelle dédiée au soleil

Dans la même verve fantastique on a exposé le dessin de Ledoux – architecte contemporain de Lequeu – représentant le théâtre de Besançon dans l’oeil du spectateur

Ledoux : théâtre de Besançon

La section de l’exposition intitulée Jardin Secret rassemble des projets d’un jardin idéal. Dans la deuxième partie du 18ème siècle, l’aristocratie s’est lassée des jardins à la française pour leur préférer des jardins anglais avec de véritables tableaux et des fabriques. Toute l’imagination de Lequeu s’est déployée dans les dessins de bosquets mythologiques tirés des Métamorphoses d’Ovide avec des fontaines, des aqueducs comme L’île d’amour

Île d’amour

la mythologie grecque n’est pas la seule source d’inspiration, l’Egypte est aussi à la mode comme ces grottes d’Isis où on peut imaginer un parcours initiatique

Grotte d’Isis

Inspiration chinoise

On voit aussi un porche persan, une maison gothique ou des cabanes de rondins mises à la mode par J-J Rousseau, une villa palladienne, ou une orangerie mauresque. Lequeu a aussi imaginé des bâtiments annexes plus prosaïques comme une laiterie ressemblant à une vache, une entrée de pavillon de chasse portant des trophées….

Cependant la Révolution va tarir cette inspiration. La riche clientèle aristocratique ne commande plus de fabriques. Lequeu adhère aux idéaux de la Révolution imagine des projets de Monument destiné à la souveraineté du peuple, ou représente L’Aristocratie enchaînée sous forme de colonne

l’Aristocratie enchaînée

Il imagine également une sorte de tour sur le modèle du phare d’Alexandrie : Fanal monumental porteur de la pensée des Lumières .

Plus tard il met son talent au service de l’Empire dessinant en 1807 le Projet d’un Palais Impérial. 

Rêveries d’un Architecte solitaire

Il est libre

Commencée par des études de grimace, l’exposition se conclut par des Rêveries, obsessions érotiques, études de nus ou même de sexes masculin ou féminin dans tous les détails, bacchantes, hermaphrodite et fantasmes

Et nous aussi nous serons mères

ou cette guinguette avec un hamac d’amour

Guinguette : sur la façade cruche et tonneaux, plats, poulets rotis;..à côté le Hamac d’amour

j’ai aimé découvrir ce talentueux dessinateur, personnalité originale, mais j’ai surtout apprécié la description des décors quotidiens et l’évolution des tendances architecturales de l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire.

Le Royaume – Emmanuel Carrère

PAUL ET LUC

Au cours de nos voyages, Ulysse, Alexandre et Paul sont des personnages que nous rencontrons à nombreuses reprises. 

Philippi, nous logions au village de Liddia, qui rappelle Lydie, l’hôtesse de paul

Nous avons trouvé les traces du  passage de Paul à Ephèse (Turquie), Paphos (Chypre), nous avons même vu la colonne où il a été attaché pour être fouetté, Corinthe, Philippi   montre la prison où il a été emprisonné et Thessalonique( Macédoine),  Malte où il a fait naufrage et  la grotte où il a séjourné et bien sûr Rome et Jérusalem.

Malte :Rabat catacombes des premiers chrétiens

J’ai lu naguère L’avorton de Dieu d’Alain Decaux, biographie agréable et facile à lire.

Le Royaume de Carrère est un pavé de 605 pages qu’on lit sans s’ennuyer. Carrère est un très bon conteur. Son érudition n’est pas pesante parce  très ironique. Il n’hésite pas à transposer des situations dans le monde contemporain; métaphores cocasses quand il compare l’église des premiers chrétiens, de Jacques et de Pierre au Parti communiste, la doctrine à la ligne du Parti. Il n’hésite pas à montrer Paul dans un album de Lucky Luke quitter une ville enduit de goudron et de plumes…Les exemples d’anachronie réjouissantes sont nombreux, à vous de les découvrir avec le sourire.

« j’aime, quand on me raconte une histoire, savoir qui me la raconte. C’est pour cela que j’aime les récits à la première personne, c’est pour cela que j’en écris…

L’auteur se met en scène, en croyant et même en bigot un peu ridicule : « A un moment de ma vie, j’ai été chrétien. Cela a duré trois ans. C’est passé. » affirme-t-il. Il endosse la posture du sceptique agnostique pour affirmer que chaque phrase du Credo est « une insulte au bon sens ». Cependant, faisant appel à Renan et à Lacan, entre autres, il mène une longue enquête sur le développement du christianisme au temps des Premiers Chrétiens. 

Banquet romain

Cette enquête commencera avec les Actes des Apôtres et nous suivons Luc et Paul du port de Troas jusqu’à Rome en passant par Philippi, Corinthe, Athènes puis Jérusalem…biographie de Paul mais aussi de Luc. En chemin, nous rencontrerons Pierre, Jacques et Jean en faisant un détour à Ephèse et à Patmos. Flavius Joseph, Vespasien,  le triomphe de Titus -et aussi Bérénice – On en apprendra beaucoup sur le mode de vie des Juifs, des Grecs et des Romains.

Mattias Preti naufrage de Saint Paul Mdina Malte

Un regret : Carrère  est peu inspiré par les récits de navigations et de naufrages : pas de halte à Malte, alors que j’attendais cette escale.

La conclusion est un peu déroutante avec une retraite pieuse et une histoire de lavements de pieds contemporaine. Carrère a-t-il retrouvé la foi?

« Je ne sais pas » est le mot de la fin. 

Mollusque – Cécilia Castelli

1er Roman

L’histoire se déroule dans une paillote de bord de mer – Côte d’Azur ou Corse – peu d’importance!

Paillote plutôt chic, les plateaux de fruits de mer sont bien garnis et les deux potes, Gérard, le narrateur et Patrice se régalent à peu de frais. Il y a un truc, un mot de passe qui permet de commander à volonté pour 15€, et Patrice a le mot de passe….

Résumé ainsi, je n’avais pas trop envie de le lire. Rapidement, je suis conquise par l’aspect décalé. Gérard qui vient tous les midi à la paillote déteste la mer. Comment peut-on détester la mer? Patrice, un jour déclare qu’il fait un régime et délaisse le restaurant et son copain. Pourquoi? on ne le saura pas…

L’inattendu est au rendez-vous, dans ce court roman, presque une nouvelle (120 pages) on découvre toute une histoire, des rebondissements loufoques.

Une petite surprise!

Merci à l’éditeur qui me l’a offert!