Bénodet et les rives de l’Odet

CARNET DE LA FORÊT FOUESNANT

sur la rive gauche de l’Odet près du pont


Soleil radieux, mais gelée blanche. La route serpente dans la forêt, un chevreuil traverse la route juste devant le capot, affolé il fait demi-tour et retraverse.  Un petit marché occupe la place de La Forêt Fouesnant.

A Bénodet, les vedettes de croisières sur l’Odet sont parties pour la dernière fois le 7 octobre.

Sur les quais ensoleillés, les cafés sont pleins. L’église ouverte  est consacrée à Thomas Beckett mais rien n’explique pourquoi.  Nous  achetons des langoustines la à la poissonnerie cachée derrière l’église

  Le Guide Bleu propose un circuit en voiture de la demi- journée sur la rive gauche de l’Odet. Cartes au 1/25.000ème0519ET.

De Pors Keraign, petite cale sur l’Odet, la promenade va à Pors Guen. La cale est goudronnée;  on peut y  mettre à flot une petite embarcation. De l’autre côté de la rivière on voit  deux manoirs dans leurs parcs. La promenade n’est pas balisée: le sentier est introuvable.  Il faut faire confiance au Guide Bleu ! Je m’aventure donc  sur le gravier glissant et bien mouillé suivant les traces de pas et même celles des vélos. Quand le parcours est trop mouillé et vaseux , des roches plates sont disposées pour faire un gué. Sous les branches des chênes je marche sur des graviers jonchés de feuilles, l’eau ne doit pas monter jusqu’au muret ! Et la marée haute c’est dans 3 heures ! Je croise un jogger, on passe donc ! Puis des promeneurs : plus loin des panneaux de bois gravé expliquent que le chemin  est praticable même par marée haute si elle n’excède pas un coefficient de 70. C’est donc un parcours d’un peu moins d’une heure sous des branches tordues.

Nous piqueniquons au Pors Guen.

Le  circuit continue vers Pors Meillou, une autre petite cale d’où un chemin monte dans les châtaigniers. Le visiteur n’est pas le bienvenu : des panneaux annoncent toutes sortes de défenses « Défense d’entrer, chasse réservée, défense de cueillir des champignons ! » pourtant un balisage jaune d’un circuit pédestre indique ce chemin. Après la montée assez pénible parce qu’on s’enfonce dans la terre très molle ravinée par le ruissellement, je découvre une très belle allée bordée de grands arbres sur des talus jusqu’à la route.

fontaine de saint cadou

la chapelle Saint Cadou

la chapelle Saint Cadou

Un peu plus loin, la chapelle Saint Cadou se trouve dans une clairière précédée d’un calvaire avec un curieux édicule carré à toit pyramidal, un peu plus loin il y a une fontaine avec un bassin d’une eau verte recouverte de lentilles d’eau et accompagnée d’une plante verte aux feuilles géantes. Saint Cadou était le patron des chevaliers et des lutteurs, nous explique un panneau, l’oratoire à Saint Herbot  patron des bêtes à cornes. Sur les pignons,  des décors frisés se détachent avec des gargouilles très étranges : il me vient l’envie d’en faire une collection.

une des gargouilles de Saint Cadou
une des gargouilles de Saint Cadou

la Mer Blanche

oiseaux sur la lagune

Entre Bénodet et Mousterlin un fin cordon dunaire enferme une lagune la Mer Blanche. Nous laissons la voiture  au grand parking de Beg ar Garrec. De là des sentiers de randonnées sur les bord de la lagune ont été très bien aménagés : cheminement sablé ou garni de planches dans les endroits trop humides, affûts pour l’observation des oiseaux, les talus ont aussi été replantés de haies – plantations très récentes, les plants sont encore protégés  par un grillage plastique. Le soin tout particulier est remarquable. Le sentier suit une anse étroite qui s’enfonce dans les terres, on retrouve plus loin le GR34 qui fait un bout de chemin avec le balisage bleu du tour de Mousterlin (16km). Aujourd’hui, dimanche, les promeneurs sont nombreux avec leurs chiens. On devine d’autres marcheurs sur le cordon dunaire de l’autre côté de la Mer Balnche. Aigrettes et mouettes glissent sur le miroir de l’eau stagnante.

coucher de soleil à Beg Meil

coucher de soleil à Beg Meil

Nous terminons la journée au coucher du soleil (on est passé à l’heure d’hiver) sur la petite plage de sable blanc des dunes de Beg Meil, sable très blanc encadré par des rochers où je m’étonne de la taille des cristaux de feldspath dans le granite. De jolies clochettes en bouquets attirent mon regard : des boules des fruits de l’arbousier rougissent. C’est la première fois qu’en je vois la floraison.

la légende de la ville d’Ys – Charles Guyot d’après les anciens textes

CHALLENGE BRETON

Seul reproche à ce Castor Flammarion : sa couverture souple, parce qu’à l’intérieur c’est un vrai livre à l’ancienne avec de jolies frises, lettrines  et gravures comme dans mes vieux Contes et Légendes de mon enfance. La préface est tout à fait intéressante – il faut parfois se méfier des préfaces, à ne pas sauter!

Depuis des décennies, je fréquente les environs de la Ville d’Ys dont j’ai forcément entendu parler mais je j’avais jamais lu sa légende. Grâce à la lecture commune avec Claudialucia et Aimelyne je vais combler cette lacune.

 

Ils sont tous là, : le roi Gradlon qui chevauche fièrement au sommet de la cathédrale de Quimper, Corentin – l’évêque de Quimper, Guénolé du monastère de Landevennec, Ronan l’ermite. Je retrouve les figures bretonnes croisées dans mes randonnées. Même les korrigans sont mis à contribution. La localisation de la ville d’Ys, en revanche, restera un mystère : je la croyais au large de la Baie des Trépassés, peut être se trouve-t-elle en baie d’Audierne, ou ailleurs?

Je me laisse charmer par le ton du conteur. Contes d’autrefois un peu moralisateurs.

Gradlon à cheval sur la cathédrale

Si les moines et ermites s’en sortent bien, Gradlon est loin d’être un chevalier sans peur et sans reproche le roi est un sentimental, abattu par la mort de Malgven il se laisse aller. Reportant son amour sur sa fille Dahut il cède à tous ses caprices.

 

 

 

Il faut se méfier des femmes!

les hommes d’église le savent bien : Malgven, un peu sorcière, tue son époux et livre son château. Dahut est encore plus maléfique, rencontre les anciennes divinités, les Sennes et les korrigans. Jalouse des églises elle édifie un château plus magnifique encore. La christianisation de la Bretagne s’est-elle fait sans heurts. Femmes et sorcières confondues? Elle mérite vraiment son châtiment, la pécheresse qui tue ses amants d’une nuit! ….je ne vais quand même pas tout raconter.

fuite de Gradlon via Wikipédia

LECTURE COMMUNE avec Claudialucia et Aimelyne

Premier jour à la Forêt Fouesnant

CARNET DE LA FORET FOUESNANT

 

Notre gîte: kervenen


Sans carte, nous choisissons la balade la plus simple : partir du vieux port du village et suivre le sentier côtier. Depuis des années, je parcours le GR34, par tronçons, du Mont saint Michel à Quiberon, en pointillés.

bateau échoué sur la grève

Marée basse, l’anse est brillante sous le soleil, argentée. Le parcours piétonnier partage la route avec la piste cyclable.  J’atteins les viviers qui proposent huitres et moules, « cuisent leurs crustacés à l’eau de mer » (on sera déçues en leur demandant des langoustines pour demain,  ils n’en vendent pas sauf dans les plateaux de fruits de mer commandés à l’avance.

moulin-mer

A marée basse je préfère marcher sur l’estran . L’anse de Penfoulic est barrée par une petite digue surmontée par une tourelle ronde au dessus d’un déversoir ,( un moulin à marée ) . Au Cap Coz, une flèche s’avance loin. Du côté de la mer s’étend une très belle plage de sable blanc. Les maisons sont blanches à pignons pointus et balcons en bois blanc, très Belle Epoque, aucune fausse note.

Un homme remplit une petite remorque tractée par sa voiture d’algues, mélange de goémon et d’algues vertes qui font un épais cordon au bord du sable sec. Je l’interroge :

– « pourquoi ramassez vous cela ? «

«  Pour le potager, l’hiver cela couvre le sol et empêche les mauvaises herbes de pousser, au printemps après décomposition cela amende le sol »

« au moins elles servent à quelque chose », je remarque

– « tous les paysans font cela » dit le monsieur étonné de mon étonnement.

A l’extrémité de la plage le GR grimpe sur une falaise se glisse entre les grands pins, les chênes et les belles propriétés bordées de haies d’éléanus qui embaument avec leurs fleurs en clochettes discrètes mais odorantes, les lauriers,  les belles maisons sont le plus souvent cachées  dans la verdure, on devine des pignons, des tourelles, parfois des gloriettes blanches sont perchées, dominant la  mer. Au dessous du sentier, de petites anses sauvages sont enchâssées dans des rochers de granite rose ou orangé, sable blanc à marée basse, inaccessibles sauf parfois par un escalier.

La plage de Kerveltrec est plus accessible . Des véliplanchistes s’y sont donné rendez-vous. Nous y piqueniquons installées sur des rochers.

pique-nique sur la plage

Beg Meil : de très belles propriétés sont bâties à l’aplomb de la falaise à marée haute  il n’est plus possible de rester sur le sable. Le GR emprunte les rues de Beg Meil, c’est moins sauvage, plus urbanisé. Je retrouve la mer près du Sémaphore de Beg Meil devant la plage des dunes. En face à l’horizon se détachent les îlots des Glénans. Je termine la balade pieds nus sur le sable blanc de la très belle plage en bordure de zones humides . Déception, la plage ne va pas jusqu’à Mousterlin : une digue récemment construite barre le passage. Je remonte sur la dune. Derrière se le GR serpente dans le marais, des petits ponts de bois enjambent des canaux; la végétation a roussi et ressemble à un camaïeu de tweed irlandais brun.

Au retour,  crochet en voiture jusqu’à la charmante chapelle de Kerballer  avec son four à pain et un peu plus loin sa fontaine de dévotion dont on faisait boire l’eau aux enfants faibles sur leurs jambes qui tardaient à marcher.

Courses à Fouesnant : la rue principale est très agréable mais les commerces d’alimentation ont été remplacés par des magasins de fringues, de savons ou de parfumerie. Devant l’église la supérette est bien décevante : nous comprenons pourquoi : un Carrefour tout neuf remplace tous les petits commerces.

Église de la Forêt Fouesnant

Nous achèterons les moules au Vivier à la Forêt Fouesnant et le pique-nique à la magnifique charcuterie traiteur qui ne craint pas la concurrence d’un tout petit Carrefour.

La tour d’Amour – Rachilde

CHALLENGE BRETON

Publié dans le recueil Omnibus Le roman des PHARES.

Le personnage de Rachilde m’intriguait, les vacances en Bretagne étaient l’occasion de lire cet ouvrage que Claudialucia avait chroniqué il y a peu.

Je n’aurais pas dû lire la préface. Certaines préfaces éclairent le lecteurs mais celle-la, sous prétexte d’analyse, de symboles…, raconte trop, déflore le mystère qui tient une grande place dans l’histoire et détruit tout l’effet de surprise. On sait ce qu’il y a dans la pièce cadenassée, le héros ne le sait pas, nous si!

Il est vrai aussi que j’ai très peu de goût pour le Grand-Guignol, très peu pour la littérature fantastique. Et là, trop c’est trop! Des naufrages, un  meurtre, de la nécrophilie, la folie, la démence-même… rien ne nous est épargné. !a rester enfermé dans un phare dans une mer en folie, ravitaillé tous les quinze jours si le temps le permet, et il ne le permet pas souvent.

Cependant ce roman ne manque pas d’intérêt : le style est impressionnant dans la description  des éléments déchaînés, la tempête  brisant les vitres du phare, les embruns, les oiseaux tourbillonnant. Quelques morceaux de bravoure: la folie gagne les hommes enfermés qui désapprennent à vivre.  Cependant ils ne rachètent pas les tonnes de préjugés désuets et l’enflure des exagérations.

 

Le Gardien du feu – Anatole Le Braz

CHALLENGE BRETON

Édité dans le gros Omnibus:  Le roman des PHARES,Le Gardien du feu fut publié dans Le Journal en octobre-novembre 1899 et inspiré d’un fait divers survenu au Raz-de-Sein en 1892.

 

 

Quelle meilleure lecture pour accompagner des vacances sur la côte de Cornouailles par les temps venteux de la Toussaint quand la mer est rayée de lames écumantes.

Anatole Le Braz recueillit légendes et traditions bretonnes. Ce roman a donc un souci ethnographique dans la précision des descriptions et dans le goût des détails de la vie courantes. La parisienne que je suis ne se doutait pas des nuances locales, des différences entre les régions de la Bretagne. Léonards et Trégorrois n’ont ni les mêmes coutumes ni les mêmes caractères, les Capistes – ceux de l’extrême Finistère sont aussi différents des Îliens de Sein. Toutes ces remarques me ravissent et réservent nombreuse surprises dans un décor dépaysant et maintenant désuet.  Étonnement de réaliser que ces pauvres paysans ou pêcheurs sont aussi des marins au long cours. Goulven Denes, naïf Léonard, voué à la prêtrise garde son trésor le coffre à Jim trouvé à Saigon.

Atmosphère étrange que celle de l’Enfer du Raz, de la baie des Trépassés, dont les noms seuls présagent une tragédie à venir. J’ai deviné à mi-parcours l’issue fatale et pourtant je ne me suis pas ennuyée  tant est bien racontée l’histoire que je ne veux pas résumer pour laisser la surprise au lecteur. C’est une histoire d’amour, simple et absolue, d’un homme simple.

Lire aussi le billet de Claudialucia ICI

 

 

Les Demoiselles de Concarneau – Simenon

CHALLENGE BRETON

Ce n’est pas un roman policier même s’il est publié dans la collection Folio policier, pas d’enquête policière. Le lecteur est témoin de l’accident, on connaît le coupable, le chauffard.

C’est plutôt un roman noir.

Roman de la lâcheté et de l’égoïsme.

Roman familial de toutes les mesquineries, les conventions, de l’étroitesse de cette famille de notables. De  demoiselles en coiffe et robes bretonnes qui savent compter et commander. Roman de Concarneau, des pêcheurs.

Roman social aussi, confrontation entre l’univers douillet des armateurs et la misère des ouvrières des conserveries de sardines alors que les bancs de sardines ont disparu, que les conserveries ont fermé.

Dernier jour: dune de Keremma, granite, brumes du matin

 

dune de Keremma

 la dune de Keremma.

Pour notre dernier jour en Bretagne, par beau temps. Je commence ma promenade sur la digue que surplombe une étendue herbeuse très plate séparée de la mer par un long cordon dunaire. De nombreux oiseaux s’y attardent. En cherchant les jumelles je me rends compte que je n’ai plus mon appareil photo. Téléphone ! Il a glissé à mes pieds dans la voiture.
Histoires de maisons
Le sentier n’est pas balisé du tout. Je demande mon chemin à un couple âgé. Le monsieur tient absolument à me raconter l’histoire d’une maison ensablée sur le cordon littoral qui ne me passionne pas. Il fait aussi allusion à de très belles maisons sur le bord de la route, un phalanstère, cela m’intéresserait davantage mais il ne s’étend pas sur le sujet.

Ne trouvant pas le chemin je marche sur la crête des dunes avec quelques remords, le piétinement des oyats est normalement interdit, c’est très mauvais pour la dune. Mais ici, il y a de nombreux sentiers et aucun  n’est balisé. Arrivée à un parking, je préfère continuer sur la belle plage de sable.
Artichaut surprise!

artichaut surprise

D m’annonce une surprise. C’est une surprise volumineuse ! J’ouvre la boîte et je découvre un artichaut cuit. On a découpé la pointe et évidé le cœur en enlevant le foin. Au dessus du cœur, un œuf poché noyé dans de la crème fraîche parfumée à l’échalote et au vinaigre. C’est inattendu et délicieux. J’ai tellement vu d’artichauts pendant mes balades que cela aurait été dommage de quitter la Bretagne sans en manger un.

granite

Avant de rentrer au collège il me faut aussi rapporter des échantillons de granite pour mes collections. Comme je n’ai plus de marteau de géologue ni de masse, je choisis une solution de facilité et m’adresse à un marbrier qui découpe des plaques de granite. Samedi, les ouvriers ne travaillent pas,l’ancien patron à la retraite  joue le rôle du gardien. Il est ravi de nous faire visiter ses stocks et il est très généreux. Nous repartons les bras chargés de morceaux de granite et migmatites de toutes les provenances même de l’Inde !

Révisions: sentier côtier, plancton, thalasso

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ramassage du goémon

Journée de Révisions. Je recommence la plus belle promenade de Saint Jacques à Kervaliou.

Au centre Thalado : séance microscopie.
Après avoir fait un  prélèvement sur l’estacade, l’animateur commente ce qu’on voit sous lame et lamelle. Il a un microscope magnifique. Un caméscope numérique  est installé sur des bagues sur un oculaire. Un vidéo projecteur relié à un ordinateur portable projette sur un écran de très belles images.

diatomée navicula MEB

Peu de diatomées, seulement quelques naviculas se déplacent entre les débris organiques. On pourrait les confondre avec des animaux tellement elles sont mobiles. L’hiver les algues sont moins nombreuses. En théorie plus d’espèces sont visibles. J’espérais voir des dinoflagellés ou le terrible alexandrium toxique. Mais non !

 

Coucher du soleil à la piscine

Le coucher de soleil est somptueux vu de la piscine du Centre Rockroum. Des voiles pourpres se déchirent sur les lueurs orangées derrière la presqu’île de Penharidy. les grands pins et les cyprès se détachent à contre jour. Dans l’eau nous retrouvons les mêmes gens que l’autre jour. Des curistes sans doute.

Retour à l’Ile de Batz – jardin exotique – Algues

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yuccas sur l'île de Batz

Les îles exercent toujours une fascination. Nous préparons notre expédition à l’avance, consultons la météo, nous levons dès potron-minet pour ne pas louper le bateau de 10h. La météo – même locale- n’est pas fiable. Des bancs de nuages cachent par moment le soleil.

Tour de l’île

Nous reprenons le tour de l’île là où nous l’avions arrêté. C’est un  plaisir de reconnaître les lieux. Une si petite île, c’est si facile de se l’approprier !
Deux faces à cette île : d’un côté, le village sans voitures, avec les petits jardins, les volets colorés, de l’autre, la côte sauvage avec des rochers et des petites criques de sable blanc. L’herbe verte fait penser à l’Irlande. Des chevaux aux poils longs perchés sur des buttes herbeuses. Quand le soleil sort des nuages, l’eau est bleue, transparente.
Pique-nique sur une plage à guetter les gros bateaux à l’horizon, le ferry qui vient d’Angleterre.
Jardin Exotique

Batz : draecena et tombes préhistoriques

Le jardin Exotique est une véritable merveille. Les étiquettes vont me permettre d’identifier les plantes exotiques qui poussent si bien dans les jardins de Roscoff et de l’île. Nous les avons presque toutes rencontrées à Madère ou aux Canaries. Mais il faut toujours réviser ! Cet arbre qui ressemble à un yucca ou à un  dragonnier, c’est Dracena Cordyline. Je confonds souvent aloès et agaves. En revanche, j’avais bien reconnu la Vipérine Géante, Echium, originaire des Canaries, que nous avons vue pour la première fois ans la caldeira du Teide. Sèche en février à Tenerife, elle est ici soit défleurie soit fanée. Quand? Et où la verrons nous en fleur ?

Bretagne ou jungle tropicale?

Plus que la découverte de plantes extraordinaires, est la mise en scène est passionnante. Les Cordylines se détachant sur une pelouse très verte, accompagnent des tombes de l’Age de Bronze. Une nécropole préhistorique a été exhumée ici. Plus loin, caché par un énorme palmier des Canaries, une composition de mousses et fougères autour d’une petite pièce d’eau. L’eau s’égoutte sur les rochers de granite. Un petit ruisselet cascade ? Plus loin,  un écrin  met en valeur la vue sur Roscoff et les rochers du littoral. Réunion exotique de plantes de Nouvelle Zélande, rubans roses, orangés, paille… Un calvaire sur un dolmen, des statues modernes. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie et que l’horaire du bateau du retour  presse. Il faudrait pouvoir flâner, dessiner, s’asseoir face à la mer.

un air de Nouvelle Zélande

retour sur le continent

Le sentier  se faufile entre les maisons, passe sous un tunnel de verdure et débouche en haut du village.
La traversée du retour ne ressemble pas à celle de la semaine dernière. En huit jours les marées se sont décalées. Aujourd’hui c’est marée haute, il y a un fort courant et des vagues. La petite vedette se cabre, tangue et roule Nous avions débarqué  au bout de l’estacade. Nous arrivons sur le quai où de gros bateaux de pêcheurs déchargent leurs poissons directement dans des camions frigorifiques.
monstre marin
Sur des tréteaux, on vend du poisson : crabes, raies et surtout d’extraordinaires lottes. Chez les poissonniers, on ne présente jamais de lotte entière. Sa tête est celle de Méduse qui pétrifie celui qui la regarde. Le pêcheur lui ouvre la gueule énorme aux deux rangées de dents. Il nous raconte les coutumes de ce prédateur qui peut avaler son poids en une journée. Un poisson de 12 kg peut entrer dans sa gueule extensible. Il va ensuite digérer trois semaines, immobile sur le fond de la mer. Tout le monde veut photographier ce monstre violacé à la peau ridée.

Conférence : diversité des Algues

 

 

 

 

 

 

 

 

A 17 heures, animation au Centre Thalado, « comptoir des algues »: un magasin qui propose aussi bien des algues alimentaires que des produits de beauté, une infinité de  crèmes, savons, lotions, huiles, paillettes….Un homme vante les qualités culinaires des algues vendues en paillettes multicolores. Verte la laitue séchée, marron le wakamé (celui des sushis) ou mauve. J’achète un mélange. Entières, les laminaires permettent de cuire le poisson en papillotes,  les spaghettis de mer se cuisent comme des pâtes. En pâtes à tartiner, à infuser, associées à du thé vert ou à du thé noir….
La conférence est passionnante. Le conférencier mobilise l’assistance, enfants comme adultes. Il commente de magnifiques photos, met l’accent sur la richesse, la variété et toute l’étendue de ces plantes que l’on regroupe sous le nom d’algues. Apparues les premières, les algues rouges ont très peu en commun avec les algues vertes qui sont plus proches des plantes terrestres. Difficile d’appréhender l’importance quantitative, sauf à dire qu’elles produisent la moitié de l’oxygène disponible sur terre. La présentation suit la répartition verticale sur la plage : du lichen encroûtant les rochers, faisant des taches noires que j’avais prises pour du mazout jusqu’aux laminaires rarement découvertes à marée basse. Mais il existe d’autres répartitions : algues vivant en eaux calmes, algues des rochers battus par les vagues. Cette zonation ne m’étonne pas. C’est un classique des livres de 6ème L’esthétique des photos est une véritable réussite.
Quand on en arrive à l’ulve, un spectateur intervient :

– « C’est une bonne et une mauvaise chose ! ». Le conférencier rebondit : « mauvaise » pour l’odeur pestilentielle, pour les nageurs et les surfeurs, pour les pêcheurs qui en remonte des tonnes dans ses filets. Bonne ? Par la photosynthèse, elle participe à l’élaboration de l’oxygène (et quand elle pourrit ?). Elle neutralise les nitrates qu’elle utilise (ce serait mieux sans nitrates !). Finalement sa seule « utilité » serait d’être compostée. En  plus de donner un excellent engrais, elle dégage beaucoup de chaleur en se décomposant.

utilisations traditonnelles

Après avoir présenté la diversité, l’animateur énumère les utilisations traditionnelles ou actuelles. La combustion du goémon a été une activité très importante pendant trois siècles. Au début on brûlait les algues pour récupérer les cendres formant de la soude douce NaCO3 qui servait à abaisser la température de fusion de la silice dans la fabrication du verre. Au 19ème siècle on trouva un produit de remplacement plus approprié puisque la soude douce colorait le verre en vert. La combustion des algues permit ensuite d’extraire l’iode jusqu’à la fin du 20ème siècle. De vieilles photos montrent les goémoniers partant pour des îlots déserts, embarquant famille, outils, ustensiles de cuisine et même poules et cheval dans leurs barques à voiles. Une photo montre même les hommes écoutant l’arrivée du Tour de France le 14 juillet. Ils portent des sandalettes en plastique et ont un transistor !

GR 34 de Sibiril à Poulfoën

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le ruisseau s'élargit après quelques centaines de mètres

Ce tronçon du GR 34 est particulièrement bien entretenu : panneaux de bois gravé, marches et balisage sont parfaits. C’est aussi le plus beau parcours sous un soleil très lumineux.

De saint Jacques à Moguériec

Un petit pont enjambe le ruisseau dont le GR va longer le cours jusqu’à la mer. Très rapidement, le lit s’élargit, la rivière fait des méandres. De gros rochers arrondis jonchent le cours d’eau. Un vieux moulin abandonné en utilisait la force. Un  kilomètre plus loin,  l’estuaire ensablé est large d’une bonne centaine de mètres. Le sentier s’élève raide au dessus d’une vieille maison blottie dans la vallée Kersauson. Je retrouve les artichauts.
Les haies vives me protègent du vent violent : ronces et lierre, prunelliers, parfois troènes. La côte est rocheuse et très découpée. Le trajet est plus long que prévu. Utilisant mon doigt pour mesurer le parcours,  j’avais évalué 2,5 km. Il y en a presque le double jusqu’à Moguériec où D m’attend devant le Bar de la Marine. Dans une petite déchirure de la côte, un petit port est installé. Les bateaux de pêche me paraissent d’un tonnage important pour un si petit havre.

De Moguériec à Kervaliou

arche végétale

Rendez vous à la plage de Kervaliou, à 13h. Je reprends mon périple sur le chemin côtier. Pour changer, des fenouils. Un cultivateur a eu une charmante attention pour les promeneurs : il a taillé une jolie arche dans les troènes et a placé un beau banc de granite. Au bout de son champ, il a pratiqué une fenêtre dans la haie. La vue est saisissante : d’énormes blocs forment un chaos granitique !

chaos

Chaos!
Tout le rivage est hérissé d’énormes blocs. L’un d’eux imite un  visage simiesque. De loin, je crois apercevoir un dromadaire agenouillé. Le Port neuf est installé dans une fente étroite gardée par un monstre de pierre. Le sentier épouse de petits fjords qui allongent considérablement le trajet. Ce paysage pittoresque avec tous ces rochers rappelle un peu la Côte de Granite Rose. Dans la mer, toujours des îlots où la vague vient s’abattre dans une gerbe d’écume. Dans une petite anse, des surfeurs sont à l’eau. Encore un petit cap, puis une plage de sable blanc où personne n’a foulé les rides amassées par le vent.

granite et embruns

Rendez vous manqué

A Kervaliou  D  n’y est pas. Prise de doute, je frappe à la porte d’un gros camper qui a un GPS. C’est la première fois que j’en  vois l’utilité. Le GPS confirme. Nous sommes bien à Kervaliou. Je téléphone à D sur la carte routière, il manque les chemins.
Une dame arrive avec deux chiens. Elle m’annonce qu’elle a vu «La dame qui vous cherche »– « Elle a à peu près votre âge, elle est tout près ». Le téléphone sonne : « Tourne toi à gauche ! » Je suis interloquée, « A gauche de quoi ? » « A bâbord !» »tu  ne me vois pas ? » Non je ne vois rien. « Tu devrais aller chez l’ophtalmo ! ». Je ne vois toujours rien, mais comme la dame m’a assuré que D était tout près je continue le chemin d’où la dame a débouché avec ses chiens. Un énorme rocher cache la suite. Pas de voiture, pas de parking. Je continue à marcher jusqu’à l’appel suivant, D  très énervée : »tu vas croiser 5 personnes ». Je ne vois toujours rien. La mer à ma droite,  à gauche une haie, en face un petit cap avec des tamaris d’où émergent au loin les cinq personnes annoncées qui ont bien vu une 206 immatriculée en 94  et une dame qui crie dans un téléphone . Enfin, la voiture brille au soleil au loin! Il était absolument impossible que D ait pu me voir dans la petite anse de Kervaliou. D’ailleurs l’immense camping car était immanquable ! Elle a dû me confondre avec une autre personne. J’ose espérer que c’était vraiment le cas. Sinon cette comédie  était vraiment perverse, prétendre me voir et se moquer de ma naïveté.

Pique-nique sur la plage

Nous avons beaucoup de mal à approcher avec la voiture de l’anse de Kervaliou, si bien cachée pour pouvoir y pique-niquer contre les rochers, près de l’eau, au soleil. Il fait trop frais pour s’attarder sur la plage. D’ailleurs la marée monte.

la longue plage de Tevenn Kerbrat

Le sentier côtier suit une longue plage de sable bordée de basses dunes plantées d’oyats. Je préfère marcher sur le sable mouillé. Dans l’eau, des surfeurs et trois voiles de kite-surf. Avec le bon vent et beaucoup d’habilité ils quittent la surface de l’eau pour s’envoler et faire des figures. C’est un vrai spectacle. Au bout de la plage, une maison est encastrée entre d’énormes rochers. A la base,  une sorte de canal et une vanne.  Le GR emprunte la route, nous suivons une plage, je me déchausse et marche pieds nus malgré la fraîcheur. Un peu saoule de vent, je suis contente de remonter en voiture.