J12 Fuerteventura : Ecomusée La Alcogida – La Oliva

CANARIES 2015

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Ecomusée de l’Alcogida

A Casillas del Angel, la petite superette est ouverte. On achète des oranges et un cahier. La FV-207, route de Tefia. A la hauteur du Moulin de Tefia nous nous arrêtons à l’Ecomusée de L’Alcojida. Un hameau traditionnel a été restauré, les maisons sont meublées, des artisans font des démonstrations. Même les animaux de la ferme sont à leur place, les poules picorent, l’âne attend les chèvres dans le corral attenant à la bergerie, les chiens attachés à leur chaînes. Les pigeons profitent de l’aubaine. Les maisons ne sont pas anonymes. Celles de la Señora Herminia est très modeste, composée de deux pièces, salle à manger et chambre. La salle à manger est meublée d’une table de bois et d’un grand coffre. On a préparé l’anisette, du poivre rose dans une coupelle, seules décoration : des images pieuses et une statue de la madone. La cuisine est à part, à l’extérieur, très petite. Le petit foyer à bois est surélevé, avec la place pour une marmite.

Intérieur d'une ferme modeste
Intérieur d’une ferme modeste

A l’extérieur il y a une petite meule arrondie. Mais où donc pousse l’herbe ?

Un document audiovisuel montre comme on tresse des paniers et des chapeaux en utilisant la fibre de palmier. Dans un atelier nous verrons la dame travailler. Pour le panier, un homme entrelace les feuilles et les tasse à la manière des tisserands ; pour le chapeau, avec trois lanières elle tresse d’abord de fines bandes qu’elle coud ensuite.

La maison du Señor Teodosio est celle   d’un paysan aisé. Précédée d’un palmier, la cour est dallée. Une estrade renferme la citerne. Une ouverture permet de puiser l’eau, à sa base, une auge de pierre. La maison est parquetée. Dans la salle à manger il y a une vieille radio et une machine à coudre  et un très curieux vaisselier portant une très grosse et mystérieuse poterie ronde (j’ai élucidé le mystère mercredi, cela sert à filtrer l’eau de la citerne). Cette maison a deux chambres ; sa cuisine, toujours extérieure mais plus vaste que la précédente et possède deux foyers et un petit four. Le four à pain arrondi est à part. Dans une grange, un moulin tout en bois était sans doute actionné par un animal, peut être l’âne ? .

la ferme de teodosio
la ferme de teodosio

Derrière l’aire de battage se trouve la chèvrerie et le poulailler. Il y a aussi une petite olivaie (15 arbres petits). Quel grain cultivait-on ? où étaient le champs ? Les environs semble être stériles ; difficile d’imaginer les cultures (ou est-ce parce qu’on est en février et que rien n’est sorti ?).

La maison des Herrera est celle d’artisans. On visite l’atelier du menuisier, charpentier, on voit les instruments agricoles qu’il a fabriqués. Une pièce est une fromagerie : sur une table de bois le fromage de chèvre est posé sur un cercle entouré d’une rigole pour l’écoulement du petit lait, la forme, en feuille de palmier imprime son dessin sur la tranche. Cinq petites niches ont été ménagées dans l’épaisseur du mur, dans chacune d’elles sèche un fromage d’environ 30cm de diamètre.

Dans d’autres atelier voit travailler la dentelière, la potière, et une femme tresse la feuille de palmier on peut acheter en souvenir des animaux ou fleurs, les criquets sont particulièrement réussis.

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Dans la dernière maison qui ne se visite pas, je remarque dans la cour un lentisque qui ressemble plutôt à un arbre qu’à un buisson ? C’est le seul lentisque que nous verrons dans l’île.

Les toits des maisons sont en torchis : mélange de terre orange et de paille ; la pâte repossant sur des roseaux.

Montagne de Tindaya

la montagne Timdaya
la montagne Timdaya

Quittant Tefia en direction de la Oliva nous passons à côté de la Montagne de Tindaya – volcan au cône recouvert de cendres ravinées mais cimentées. Les rigoles verticales sont probablement dues au ruissellement. Cette montagne revêt une importance spéciale : on y a relevé des pétroglyphes Mahos : des gravures d’empreintes de pieds aborigènes.

Unamuno
Unamuno

An face de la route, au tiers de la hauteur se tient une énorme statue Madone ou Guanche ? De la route, toutes les hypothèses sont permises. Une piste y conduit que je parcours à pied. Surprise : c’est un homme en costume de ville. Sur le socle je lis Unamuno. C’est donc le philosophe qui nous salue du volcan des Mahos. J’ai cherché le sentier qui conduit au sommet ; pas trouvé il doit être ailleurs.

 

 

 

 

La Oliva

C’est une autre capitale de Fuerteventura supplantée par Puerto del Rosario. C’est une petite ville aux maisons modernes, avec une grande place de la Mairie, une piscine municipale, des restaurants bon marché….

la Oliva Casa de los Coroneles
la Oliva Casa de los Coroneles

Nous visitons la Casa de los Coroneles , construite pendant la deuxième moitié du 17ème siècle par Ginès Cabrera de Bethencourt (1620-1722). Vaste demeure d’un étage à façade allongée jaune aux 8 longues fenêtres à balcon de bois torsadé,  symétriquement disposées de part et d’autre d’un grand porche. Une galerie fermée se trouve sur une face latérale. La maison est disposée autour d’un élégant patio à galerie de bois, planté de deux palmiers. Dans les pièces les plafonds de bois sont remarquables, parfois soutenus par des colonnes de bois. La maison fleure bon l’encaustique. Des panneaux racontent l’histoire de la maison avec les arbres généalogiques des familles l’ayant occupée (endogamie manifeste : toujours les mêmes patronymes), des reproductions de tableaux les représentent. Différents aspects de la vie artistique des Canaries : le peintre Gaspar de la Orotava (1616-1670).

Bataille de Tamasite
Bataille de Tamasite

La bataille de Tamasite opposant les défenseurs de l’île aux anglais qui débarquèrent par deux fois en 1741 est représentée par une peinture naîve me rappelant certaines miniatures indiennes.

Au rez de chaussée une grande exposition est consacrée à la Franc-maçonnerie : panneaux illustrés (beaucoup à lire, ma lecture de l’Espagnol étant laborieuse et ma motivation moyenne, je n’ai pas tout lu). De la maison et des dépendances, la vue est très belle sur le volcan Arena qui a une forme de cône pointu presque parfait ;

L’église de la Oliva est blanche comme toutes les églises ici, mais son clocher est une tour carrée trapue de basalte noir. A l’intérieur  3 nefs séparées par des piliers clairs. Mobilier et peinture sans grand intérêt.

A la Oliva, il y a également un Musée du Grain et un centre d’Art Canarien que je néglige après tous

Pique-nique au pied d'un moulin
Pique-nique au pied d’un moulin

les beaux musées de Lanzarote.

 

Il est temps de déjeuner : entre La Oliva et Villaverde, une arête est surmontée de 2 beaux moulins avec leurs ailes (à l’arrêt). Une piste permet d’y accéder. Nous déjeunons à l’intérieur de la voiture à cause du vent. Qui dit moulin, dit vent permanent et infernal ! Nous avons déjà expérimenté à Santorin. le sentier est bordé d’agaves. Toute la montagne est quadrillée de petites murettes qui autrefois entouraient des jardins ou de petits champs. J’ai lu quelque part que Fuerteventura était le grenier à céréales des Canaries. Il ne semble plus pousser grand-chose ici (mais nous sommes en hiver).

Fuerteventura mardi

J11 Fuerteventura – Pointe de Jandia

CANARIES 2015

 

Puertito de la Cruz
Puertito de la Cruz

FV-2 La route vers le sud

Fuerteventura est vraiment une très grande île. On s’en rend compte en poussant jusqu’à l’extrémité sud : 85 km sur la FV-2 qui passe par l’aéroport, les stations touristique de Caleta de Fuste, Costa Calma et Morro Jable, grande route large et moderne avec des tronçons d’autoroute pour les touristes pressés.

Le rond point de Caleta de Fuste est orné d’une statue de golfeur. Les constructions ont envahi les proches collines tandis que le golf vert occupe la plaine. Ce golf vert sur l’île désertique est une offense au bon sens et à la nature. Les ressources en eau sont si limitées que chaque arbre, chaque jardin semble un miracle. Ici, on a essayé de briser le vent en plantant une rangée de casuarinas, bien dépenaillés, à moitié desséchés, incapables de remplir leur office. Là, un caroubier a son feuillage tout ramassé au lieu de s’étaler avec  le port caractéristique de l’espèce. Un olivier penche désespérément sous le vent, la moitié de l’arbre est desséché. On cultive des jardinets dans des boites j’en ai vu un dans un container de bateau. Et à Caleta de Fuste, on gaspille en arrosant l’herbe verte.

Après Caleta de Fuste la FV-2 entre dans les terres. On ne retrouvera l’océan qu’à Lajita. Nous sommes déjà passées samedi en allant à Pozo negro, je reconnais la coulée, Malpais. Lajita est une sorte d’oasis. Un jardin tropical a été implanté qui déborde sur la route bordée de massifs de géraniums fleuris, masque les constructions avec les bougainvillées, les palmiers. « Oasis Park » est un parc d’attraction – cher – avec des balades à dromadaire, un zoo…destiné aux familles avec enfants. Nous ne le visitons pas.

En bordure du Parc Naturel El Jable on a construit la station balnéaire de Costa Calma, je m’attendais à une horreur comme Caleta de Fuste. Délicieuse surprise ! la route est encadrée par d’épaisses rangées de palmiers ombrageant des jardins, une piste cyclable, masquant les constructions (et les protégeant des nuisances de la grande route). Les feux actionnés par les nombreux piétons sont tous au rouge mais nous ne voyons pas les « nappes d’immeubles » annoncés par les guides. La pression touristique est plutôt perceptible dans les chantiers des infrastructures : on construit un aéroport.

A la sortie de Costa Calma, le relief s’adoucit, le sable – venu d’où ? – s’accumule en grandes dunes parfois couvertes de buissons. On imagine les grandes plages de sable blanc invisibles de la route. A la sortie des dunes, une autoroute relie Morro Jable, station très chic sur les contreforts du massif de Jandia, lui aussi parc naturel culminant à 807m. A Morro Jable la route est bordée de boutiques de luxe d’un côté, de l’autre une corniche borde une zone verte qui isole la plage quelques centaines de m plus loin. Arrêt à l’Office de Tourisme : on m’offre gracieusement deux cartes des sentiers piétonniers de Fuerteventura mais on me prévient que pour le Phare de Jandia, la piste est réservée aux 4×4, sinon on peut prendre l’autobus.

La piste

Plage Salinas
Plage Salinas

Nous avons fait 100km pour nous arrêter là ?

Nous tentons l’aventure : sur la piste se trouvent de nombreuses voitures légères et relativement peu de 4×4. La piste de terre est bien entretenue, très large et lisse. Aucune autre raison de ne pas essayer !  Il y a toujours le risque de crevaison. Des nuages sont accrochés à la montagne formant un brouillard très mouillant du côté passager ( je remonte la vitre) tandis que le ciel au dessus de la mer est très bleu, la fenêtre du conducteur reste ouverte. L’humidité (ou la pluie de cette nuit) a détrempé la piste qui devient très glissante ; chaque tour de roue projette de la boue jusqu’au toit de la voiture ; Les cyclistes que nous croisons en sont couverts. 16km de piste jusqu’au Phare, dans quel état allons nous arriver ? Les arrêts-photos sont problématiques. Il y a bien des emplacements de parkings mais la pluie et le vent infernal n’incitent pas à sortir. Le paysage le mérite pourtant ! L’humidité a permis à des milliers de fleurs de faire un tapis coloré sur l’austère montagne volcanique. Ancien volcan basaltique dont on distingue l’empilement des coulées noires alternant avec des niveaux plus colorés, des scories oxydées rouges, des niveaux de cendres clairs. De minuscules giroflées forment des nappes violettes, les moutardes, des jaunes.  La piste s’assèche. Les sommets moins hauts n’accrochent plus les nuages balayés à grande vitesse par le vent. Un village est précédé d’une éolienne moderne. Un peu plus loin, la silhouette du phare se détache sur la mer.

la piste et les nuages accrochés
la piste et les nuages accrochés

Il faut s’emmitoufler, zipper la fermeture éclair jusqu’en haut, relever la capuche, enrouler l’écharpe. Le Centre d’Interprétation est fermé le dimanche et le lundi. Pas de chance ! Protégée par une grande baie aux eaux turquoises est encadrée de crêtes découpées. Ciel bleu. Pas une vague, un calme surprenant. Tous les touristes posent pour une photo inoubliable.

pointe de Jandia : côté abrité : turquoise
pointe de Jandia : côté abrité : turquoise

Promenade à l’extrémité de la pointe du côté venté.  Les vagues hérissent l’océan bleu marine très foncé contraste saisissant. Les rochers sont criblés de cœurs de pierre. Souvent les visiteurs pour marquer leur passage empilent les cailloux pour construire un cairn. Ici on dessine un cœur avec ses initiales dedans. Certains poussent le raffinement jusqu’à prendre des patelles ou du verre de bouteille pour colorer leur composition. Je marche sur les cœurs.

Apéro coréen au pied du phare.

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J’ai trouvé à Hiperdino de Morro Jable une petite bouteille carrée très jolie d’une boisson à l’Aloé vera. A Lanzarote et à Fuerteventura il y a partout des boutiques « Musées de l’aloès » vantant les cultures biologiques des îles. Je croyais donc consommer de l’Aloès canarien. J’ouvre le flacon. Impression étrange, il y a à boire et à manger. Il faut secouer pour mélanger la pulpe. Le goût est étrange, agréable, original, raffiné. J’examine l’étiquette. La boisson vient de Corée ce qui explique son prix relativement élevé (1.75€ pour 33cl).

 

 

 

Le village de Puertito de la Cruz

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Côté face à la route : un grand restaurant (4×4 et voitures garées) côté pile des ruelles étroites entre des maisons basses chaulées de blanc aux portes métalliques vertes. Le village est petit. Une placette face à la mer (côté tranquille turquoise) fleurie d’une rangée d’aloès fleuris rouge. C’est là que nous déjeunons. Un peu plus loin, une dame récure son plat à paella. Un pêcheur passe, il ouvre sa petite maison au bout de l’allée qui donne directement sur la plage à laquelle on accède par des marches taillées dans la coulée. Impression d’avoir découvert un secret bien gardé de Fuertentura.

De la piste principale, une piste descend à la plage de Salinas. Pas de trace de saline mais une petite plage tranquille ; Une sorte de ciment naturel (caliche ?) a aggloméré le sable clair à des galets noirs. Il en résulte une sorte de mosaïque naturelle.

Plage Barlovento
Plage Barlovento

Comme la voiture se comporte très bien, nous nous enhardissons à prendre la piste de Cofete de l’autre côté de la pointe où deux plages Playa de Barlovento et Playa de Cofete sont sur notre carte. Plages de sable immenses. On franchit la Montagne de Jandia par un petit col. Au mirador, le vent est infernal mais le panorama magnifique sur les deux plages battues par les rouleaux dans un nuage d’embruns. La piste descend en lacets serrés. Mieux vaut ne pas tenter le diable. Nous rebroussons chemin.

Au retour : les plages du sud

 

A l’entrée de Morro Jable , juste après le port où 2 ferries sont à quai, un bateau Armas et un catamaran Olsen, après les hôtels nous trouvons un parking attenant à la plage. Grand soleil, pas de vent, pas une ride sur l’eau turquoise. 24°C dans l’air, eau tiède, pavillon bleu, il y a quelques baigneurs. Le sable est blanc, d’une grande finesse et très propre. La plage est équipée de lits et parasols, tous beiges, très discrets, tous vides en cette saison. Nombreux sont ceux qui marchent les pieds dans l’eau, mais en maillot de bain, je remonte le pantacourt au dessus des genoux.

Risco del Paso est une très belle plage sauvage à mi-chemin entre Morro Jable et Costa Calma dans le Parc El Jable. Kite-surf, planches à voile  se partagent la plage Sotavento . Plage sauvage mais surveillée. Drapeau jaune, le sauveteur guette, personne ne se risque à l’eau en dehors des surfeurs et des véliplanchistes. Le vent soulève des aiguilles de sable qui cinglent mes jambes.

Planche à voile et Kite
Planche à voile et Kite à Risco el Paso

Un peu avant Lajita, un panneau représentant un appareil photo nous fait quitter la voie rapide. Le point de vue est au restaurant Mirador de Sotavento. Une terrasse, demi-patio, fleuri d’aloès jaunes, de poinsettias meublés des lourds meubles espagnols en bois sombre, des banquettes ajourées, des tables aux pieds tournés. Le service est très aimable. « Vous venez pour dîner ou boire un verre ? ». Diner ? Il est 18h15. Peut être les scandinaves ou les allemands. Je m’installe pour dessiner le panorama. La carte est alléchante : poissons et paella. Une très bonne adresse.

Retour par la route principale sous une très belle lumière ; Fuerteventura est vraiment l’île rouge ! la nuit tombe quand nous arrivons à Caleta de Fuste. Arrêt à Mercadona, le supermarché est très décevant, il n’y a pas d’oranges, peu de légumes. Nous achetons du poisson des côtes de porc marinées et une barquette de carottes.

 

La pointe de Jandia et les plages du sud
La pointe de Jandia et les plages du sud

J10 – Fuerteventura autour de Betancuria

CANARIES 2015

Sur le GR131 arrivée sur Betancuria
Sur le GR131 arrivée sur Betancuria

 

Où aller le dimanche ? En général les plages sont bondées, les locaux s’ajoutent aux touristes. Les musées sont fermés. Objectif : les petites villes du Centre de Fuerventura : Betancuria, Antigua la Oliva.

Casillas del Angel, le village le plsu proche de notre gîte est construit de nombreuses maisons basses. Certaines ont un  plan curieux ; deux longères parallèles sont reliées par un troisième perpendiculaire formant un H avec une petite cour abritée du vent. Le vent est le grand élément qui règne à Fuerteventura. Un clocheton plat ouvragé se détache sur une église blanche. La belle porte de bois est fermée. Une place dallée (un grand panneau détaille les travaux de la Mairie et les financements) est entourée de l’école et d’un petit centre culturel. Un mimosa commence à fleurir mais ne sent rien. On a aussi planté des petits caroubiers bien verts et une rangée de hauts palmiers ;  le guide Evasion parle d’une palmeraie mais il ne faut rien exagérer ; pas une boutique. Où font-ils leurs courses ? Peut être à la station-service qui vend les journaux et le pain frais ainsi qu’un assortiment de produits de première nécessité.

La FV-30 traverse une campagne assez habitée où l’on voit de nombreux moulins et éoliennes. Encore le vent ! Ces crêtes bordent la plaine, violettes, oranges, beige avec une touche de vert.

Nous traversons Llanos de la Concepcion et Santa Inès verdoyants avec l’habitat dispersé et toujours pas de supermarché. Nous snobons la superette à la fourche de deux routes (et nous aurons bien tort !

La FV-30 s’élève dans la montagne à un col où est construit le Mirador Velosa du nom du petit sommet (676m) –  un restaurant et un centre d’interprétation conçu par Manrique, fermé le dimanche. Au col passe le GR 131 descendant à l’’ouest vers Betancuria et au  nord vers Santa Inès. Je me promets de faire les deux tronçons.

Un topoguide est accessible par Internet, très intéressant. (en Espagnol)

http://visitfuerteventura.es/wp/wp-content/uploads/topoguia-fv-red-de-senderos-Gr131.pdf

Sous un vent glacial je descends vers Betancuria (2.1km) sur un joli sentier très bien entretenu et facile. La vue est très belle. Les fleurs, les rangées d’agaves aux pointes bleutées, les opuntias égaient le paysage. Rapidement je découvre le village, son clocher, ses maisons blanches, ses jardins fleuris. A l’entrée de la ville : un bâtiment massif au toit de tuile en parfait état de l’ancien couvent, l’église  a perdu sa couverture mais ses arches gothiques se croisent encore fièrement, les piliers de pierre, finement travaillés. Je m’attarde à les dessiner avec les agaves au premier plan.

Les pointes bleutées des agaves
Les pointes bleutées des agaves

11heures sonnent au clocher de l’église Santa Maria de Betancuria. Nous nous pressons pour assister à la sortie de la Messe. Pas de messe ici, l’église est un Musée. Entrée payante (1.5€), photos interdites. Edifiée sur l’ordre de Jean de Bethencourt, elle fut reconstruite au début du 17ème siècle  – retable bien doré baroque – Divers autels sont plus simples, colorés. Le chœur, situé au fond de l’église, possède de belles chaires sculptées. Ma préférence va aux statues de bois.

Eglise de Bétancuria
Eglise de Bétancuria

Les rues du village sont piétonnières et exclusivement dédiée au tourisme : boutiques de souvenirs et restaurants chics.

L’un d’eux s’intitule Centre d’Interprétation  . pour 8€ on peut goûter à du fromage et regarder un petit document audiovisuel. D’habitude, je suis bon public mais j’ai trouvé l’attraction bien chère et bien touristique.

Impossible donc de trouver du ravitaillement. Dans une boutique de tourisme tenue par une dame au fort accent allemand, on vend des plats à paella avec une boite de paella précuite ; comme il nous reste des crevettes roses du piquenique d’hier nous l’achetons pour dîner ;

Les autorités ont placé des panneaux touristiques pour guider les visiteurs. Je lis sur l’un d’eux un texte évoquant la plus ancienne pièce de théâtre écrite en Espagne : les Trois Mages – symbolisant les trois races, et les trois âges de la vie (20, 40,60). Cette pièce était encore jouée cic jusque dans les années 80. Sur d’autres panneaux un poème d’Unamuno : « De Fuerteventura à Paris… »

Betancuria niché dans sa vallée
Betancuria niché dans sa vallée

Pour trouver un coin piquenique « avec vue » nous empruntons une route des crêtes conduisant à des fermes et des fromageries. . Les croupes arrondies sont parfois couvertes d’une herbe rouge ressemblant à du pourpier rouge. La première impression est qu’on se trouve dans un désert. La seconde est qu’il y a des fermes partout, au moins quatre avec leurs bergeries et fromageries d’un seul cop d’œil ;

Le déjeuner est succinct puisqu’on n’a rien trouvé pour accompagner le thon et le pain. C’est sec !

Asphodèle sur le GR131
Asphodèle sur le GR131

Au Mirador Morro Velosa je retrouve le GR131 pour Valle de Santa Ines (3.5km en descente). Le sentier est bordé de pierres. Des rigoles évacuent l’eau de pluie qui ruissellerait.  La montagne est très fleurie :fleurs violettes de deux sorte (Limonium tuberculatum) une fleur à pompons roses ressemblant à de l’ail (vu à Lanzarote), des mini-crocus bleus, des asphodèles de taille moyenne (70cm). Le sentier suit la ligne de plus grande pente et arrive à un barranco : l’eau est captée, pompée par plusieurs éoliennes , stockée dans d’énormes citernes, bassins de ciment. Plusieurs fermes se partagent les terrasses de terre arable. En plus des cultures maraîchères, des pommes de terre, chacun a planté un rang d’oliviers de belle taille, un rang de vigne en espalier. De nombreux chiens veillent sur els installations ; heureusement tous sont attachés avec de lourdes chaînes ? Sur mon passage, une maigre chienne jaune se laisse et me laisse voir le chiot qui tétait sous elle. Dans cette vallée cultivée le GR emprunte la route goudronnée sur encore 2km.

A la sortie de Llanos de la Concepcion  un panneau Playa nous détourne de la route. Sur 8 km, nous traversons encore des collines arrondies et arides pour arriver à un village de vacances Aguas Verdes : constructions blanches dans des jardins mais à plusieurs centaines de mètres du rivage accessible seulement par u piste de terre.  Nous voulions boire un café  ou un dessert mais il n’y a même pas de bar. Sur le chemin du retour nous remarquons un élevage de chèvres dans la montagne où les bêtes sont enfermées et nourries de paille, « ferme des 1000 chèvres » ?

Ferme des 1000 chèvres???
Ferme des 1000 chèvres???

FV-207 en direction de Tefia, puis une petite route fléchée d’un énigmatique Las Parcelas, Los Molinos : un moulin se trouve à mi-chemin de la Colonia Garcia Escanez, exploitations agricoles utilisant les ressources en eau d’un barrage. Los Molinos désigne la crique bordée de maisons blanches à l’embouchure du ruisseau (peu d’eau aujourd’hui). Le creux du barranco est un sanctuaire pour les oiseaux : promenade interdite, il faut suivre le sentier aménagé. Dominant le ruisseau, un restaurant de poissons d’allure bien modeste : chaises de plastique rouge, canards divaguant entre les tables. Le poisson est frais et appétissant. On boit un pot en regardant les vagues se fracasser sur un très haut rocher.

Betancuria, randonnées, mer à Aguas verdes et au Puertito Los Molinos
Betancuria, randonnées, mer à Aguas verdes et au Puertito Los Molinos

J9 Fuerteventura – autour de Pozo Negro

CANARIES 2015

éolienne près d'Antigua
éolienne près d’Antigua

Le village préhistorique Poblado Atalayita est l’objet de notre première visite. La FV-20 traverse Casillas del Angel , village assez étendu avec ses maisons dispersées dans la verdure. Nous arrivons rapidement à Antigua que nous traversons sans trop nous en apercevoir (pourtant ce fut une capitale de l’île) et nous trouvons par hasard sur la FV-50 qui traverse une campagne ressemblant plus à la campagne marocaine qu’aux paysages de Lanzarote : terre ocre, rocailleuse, végétation rare mais verdoyante quand même après la pluie. Une éolienne à pales métallique, un moulin à l’abandon, accompagnés de quelques troncs de palmiers ayant perdu leurs palmes se détachent d’une rangée d’agaves gracieux. Dans la lumière du matin le ciel est sans nuage, le bleu des agaves, l’ocre de la terre, le beige et violet des montagnes composent un beau tableau. Première photo alors que je m’étais promise de ne plus en prendre.

Poblado Atalaya

Cherchez les maisons dans la coulée!
Cherchez les maisons dans la coulée!

Nous retrouvons la route principale FV-2 pour 4km et une petite route nous conduit au site archéologique. Un grand parking, des tables à piquenique ombragée sous des auvents, un Centre d’Interprétation caché dans un enclos circulaire de pierres sèches, très discret, surbaissé sous un toit de bois abritant des baies vitrées, accueillent les visiteurs. Le Centre d’Interprétation est fermé sine die et depuis longtemps si on en croit la couche épaisse de poussière qui ensevelit la documentation et les dépliants. Heureusement les panneaux explicatifs sont visibles de l’extérieur et la visite du village antique est libre.

Je m’empresse de copier et traduire les explications :

  • 1974-1977 : campagne de fouilles sous la direction du Professeur Demetrio Castro Alfin
  • Les aborigènes, les Mahos , d’origine berbère, se sont installés à Pozo Negro car ils ont trouvé dans la vallée l’eau des sources, des terres fertiles et des ressources maritimes.
  • Les fouilles ont mis au jour des céramiques de différentes époques ayant parfois été réutilisées postérieurement dans le village. Les Mahos utilisaient ces poteries pour cuisiner et stocker les aliments. Ces récipients présentaient différents motifs décoratifs. On a retrouvé également des outils provenant d’une industrie lithique, une plaquette rectangulaire d’os ainsi que des témoignages d’une industrie malacologique (coquilles présentant des trous pour faire des colliers) .
  • Différents habitats sont représentés. Certaines constructions sont bâties de pierres plates d’autres de mélanges de moellons, enfin on a aussi utilisé des tubes volcaniques.  Les habitations aborigènes auraient un plan arrondi celles des temps historiques, rectangulaire. A côté des maisons on peut observer les corral pour les chèvres ainsi que des esplanades circulaires pour els assemblées ? les jeux ? les bals ?
  • maison restaurée avec son toit
    maison restaurée avec son toit

Fortes de ces renseignements, nous suivons le  parcours fléché sur le terrain pour visiter le village. A première vue on ne voit rien. Dans la rocaille du Malpais, le désordre des pierres, difficile d’imaginer le village. Une maison a été reconstituée (mais fermée).Les ouvertures des maisons sont minuscules et surtout très étroites. Les Mahos et leurs successeurs ne devaient  pas être bien épais pour s’y faufiler. On n’imagine même pas un mobilier. Peut être l’étroitesse des entrées était-elle gage de sécurité. Les chèvres en liberté jouent avec nous. Elles nous regardent, remuent  la queue comme des chiens pour fuir à notre approche. Elles sont petites, de la taille d’un chien. Leur pelage est souvent tacheté. Elles semblent vaquer à leur guise. Je grimpe sur le cône de scorie qui domine le site parmi les asphodèles naines qui couvrent la pente. Du sommet on voit la vallée, la coulée de lave et aussi la mer où quelques maisons blanches se blottissent autour de la baie.

Pozo Negro

Pozo Negro
Pozo Negro

Village de pêcheur ou d’estivants ? La plage est couverte de galets d’un assez gros calibre, elle est enserrée dans une crique très arrondie entre deux promontoires rocheux, coulées prismatiques de basalte. Plusieurs groupe de maisons suivent la baie avec deux restaurants de plage proposant poissons, poulpes, moules….

Contre une maison, face à la mer, on  construit un grand banc de ciment blanc. Comme la maison semble inoccupée, nous le squattons pour un piquenique somptueux : 600g d’énormes crevettes roses et un avocat mûr à point. La mer monte et bientôt envahira la plage. Les rouleaux sont moins impressionnants que ces derniers jours. Quelques degrés de plus( 20°C selon Google sur le smartphone ) et on se baignerait.

Pozo Negro
Pozo Negro

A l’entrée du village, un panneau indique une randonnée facile jusqu’à Salinas del Carmen ( 6km, 50m de dénivelée – 2h). Le chemin est aussi une piste cyclable. Facile, bien tracée, mais pas balisée. A la première fourchette, je choisis la piste la plus proche de la mer. Il conduit à une plateforme surplombant la falaise et s’arrête net. Il me semble apercevoir un sentier qui grimpe raide une pente.  Vraiment très raide, je  termine l’ascension à 4 pattes pour m’assurer. Au sommet de la butte, je crois voir des marques de peinture jaune un peu plus bas. Ce n’est pas du tout de la peinture mais des lichens. Me voici perdue dans un désert pierreux. Impossible de descendre la butte, beaucoup trop dangereux. Je n’ai même pas mes bâtons de marche ! Je rejoins au pif, un bâtiment surmonté d’une barre horizontale qui tourne sur elle-même très lentement. Antenne ou radar ? Une piste y conduit sûrement. J’essaie d’appeler avec mon téléphone portable pour dire que j’abandonne « Informacion Movistas, el movil que llamaste…. » Malgré l’antenne toute proche, je suis hors couverture du réseau téléphonique, peut être le petit port aussi.

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Heureusement je retrouve la grande piste trop ravinée pour les véhicules légers mais utilisable en 4×4 et en vélo qui traverse un désert pierreux et parfois descend aux petites criques.  Je ne rencontre que 4 chèvres et un corbeau qui glapit plus qu’il ne croasse. Je traverse un barranco (comme on les appelle ici), un oued, la piste remonte. Au loin, une colline est flanquée d’immeubles aux larges balcons en forme de pyramide. A ses pieds la  ville balnéaire de Caleta de Fuste . Une famille anglaise vient à ma rencontre, portant un impressionnant matériel photographique : trépied, téléobjectif monstrueux, des ornithos ? Ils me saluent en Espagnol. Je suis bien sur la piste qui va à Salinas del Carmen , « encore deux km ! » » 20 minutes annonce la mère ». J’ia marché une heure, je suis largement dans les temps ; Nouvelle descente, j’arrive dans une oasis de palmiers, verdure, des marais avec des roseaux, la piste est envahie par le ruisseau. Je contourne par la plage. Une ruine : église ou fort ? Une maison restaurée ceinte de murs blancs. Je suis sans doute à Puerto de la Torre. Les cyclistes sont nombreux ; L’un d’eux disposant d’un GPS m’annonce encore deux kilomètres.

Salinas del Carmen a de très petites salines par comparaison avec celles que nous avons lues à Lanzarote. Les petits tas de sel brillent dans chaque parcelle ; le Musée du Sel est fermé. Nous nous promettons d’y revenir.

Alejandro, le propriétaire nous a dit qu’avec ses enfants, il a fait un char pour le Carnaval ce soir à Puerto del Rosario. A 19h nous nous préparons pour y aller quand il se met à pleuvoir. Les rues sont barrées à la circulation et nous ne connaissons ni le plan de la ville ni le parcours du cortège. Ne sachant où aller, nous rentrons.

autour de Pozo Negro village Maho, rando jusqu'à Salinas del Carmen
autour de Pozo Negro village Maho, rando jusqu’à Salinas del Carmen

j8 -Arrivée à Fuerteventura

CANARIES 2015

 

Casillas del Angel
Casillas del Angel

Par un beau soleil, nous quittons Lanzarote à bord d’un bateau de promenade La Graciosa- Piroquet pirate- Le vent d’hier est tombé, les crêtes blanches qui hérissaient l’océan ont disparu. Une demi-heure pour passer de Lanzarote à Fuerteventura : nous voici dans un autre monde. Une île est un espace fini qui a sa personnalité propre.

Abordant Corralejo nous voyons les immeubles colorés, jaunes ou rouge sang un peu passé, couleurs espagnoles, des publicités sur le bord de la route. Un certain désordre. L’harmonie blanche et verte, les petits immeubles bas voulus par Manrique sont remplacés ici par les ambitions des promoteurs. Une grande pyramide (genre Grande Motte)  se détache des dunes. On ne voit que cet hôtel RIU de très loin depuis le bateau. Corralejo est une grosse agglomération. A la sortie nous trouvons les dunes du Parc National El Jable. Des parkings sont aménagés sur le bord de la route FV-1 pour que les visiteurs puissent se promener soit sur les grandes plages de sable fin, soit sur la dune. Rien ne restreint les passages sur le sable. Sûrement très agréable pour les touristes mais je m’étonne : en France le Conservatoire du Littoral insiste « la Dune est fragile ». ici, rien. Cette dune n’est pas fixée par des oyats ni par aucune sorte de végétation. Le sable est clair, fin, il vole sur la chaussée de la route. D’où provient –il ?

Changement de couleurs : à Lanzarote, prédominait le noir des cendres ou des coulées, les malpais. A Fuerteventura ce sont toutes les nuances de brun, beige, rouge, orange. Les sommets sont également volcaniques mais semblent plus anciens, plus érodés, oxydés. La réputation de Fuerteventura, l’île rouge où il ne pleuvrait jamais est écornée par la météo cette année. Depuis Novembre, nous raconte Mia, il fait mauvais. L’île est donc verte, la pluie a fait pousser toutes sortes de fleurs.

Notre gîte

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notre terrasse

 

Mia nous a donné rendez-vous au restaurant Casabel au km 5 à partir de Puerto Rosario sur la route d’Antigua FV-20. Roberto le restaurateur nous fait la bise. Cet accueil chaleureux réconforte. La maison est en face de l’autre côté de la route. Son adresse, Caserio Llanos pelados, décrit bien le paysage caillouteux où rien ne pousse. Notre gîte est une maison basse vieux rose qui regroupe d’un côté la maison du propriétaire Alejandro en équerre et trois appartements destinés à la location. Chacun possède une belle terrasse, ornée de plantes grasses,  meublée d’une grande table ronde en verre sous un auvent de bois, deux chaises longues. La maison est meublée dans le style contemporain : blanc et bleu, cuisine américaine, grand frigo gris métallisé, micro onde idem, un four encastré, des plaques vitrocéramique. Des pièces vastes, tout le confort. La chambre est bien conçue dans les teintes chaudes orange et jaunes mais elle est aveugle, derrière, un mur.

nos autruches!
nos autruches!

L’environnement est campagnard : au fond du terrain des poulaillers et des volières avec des dindons et même deux autruches, les canards se promènent en liberté comme les chiens. Malheureusement Alejandro semble collectionner les épaves, camions, containers qui font un peu désordre. Quelques arbres rachitiques essaient de pousser dans cet univers caillouteux.

Nous allons être très bien !

Courses au Mercadona sur la rocade qui contourne Puerto del Rosario. Changement d’île, changement de chaine de supermarché et d’approvisionnement. Au Hiperdino d’Arrecife nous trouvions des oranges canariennes à 0.65€ et des fruits tropicaux, mangues, anones, papayes et goyaves. Ici, oranges en filets comme en France à1.1€.

Après le déjeuner : plage !

Nous remontons la FV-1 vers le nord. Arret à Puerto Lajas : plage de sable noir occupée par des kitesurfers qui gonflent leurs ailes. Sur la plage voisine les planches à voile sillonnent la baie. Je longe la plage et emprunte les ruelles du village pour parvenir à la seconde plage. Dans un garage, un homme et une femme s’affairent à leur char de Carnaval tandis que les enfants trainent en costume de peluche, oreilles de chat (ou de tigre) sur la capuche. Les maisons sont petites, simples, fleuries. Au bout de la rue : une chapelle blanche face au rivage.

Pour trouver de belles plages il faut retourner dans le parc des dunes. Des hôtels poussent bien dans la plaine caillouteuse mais il n’y a de plage accessible nulle part.

Sur el sable blanc, je me déchausse, l’eau est tiède à la mêm température que l’air. Au bout de la plage, une barre rocheuse noire contraste avec le sable blanc. Le sable s’écoule comme dans un sablier.

De retour au gîte, nous goûtons aux plaisirs du confort moderne. La lessive sèche au vent sur le séchoir extérieur. A Lanzarote les culottes mettaient deux jours à sécher.

Pour la deuxième fois en moins d’un an depuis que j’ai le petit Nikon bleu, j’efface toutes mes photos de Lanzarote d’un clic. Je suis prête à piétiner cet appareil photo capable de formater la carte quand mon doigt rippe sur la petite roue.

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arrivée à Corralejo, le gite de LLanos Pelados et plages

 

Lanzarote J7 – La Fondation Cesar Manrique de Tahiche

CANARIES 2015 

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Mobile de Manrique au rond point de Tahiche

 

 

fondation manrique2La fondation fut conçue par le peintre en 1982, dans la maison qu’il habitait avant de s’installer à Haria. 

Elle est bâtie sur deux niveaux : hors sol, un bâtiment moderne aux larges baies ouvertes sur la coulée qui semble entrer par une fenêtre. Cactus et euphorbes se détachent sur la lave noire et les murs blancs.

On devine le salon à la belle cheminée;  les belles pièces d’habitation

sont  des salles d’exposition présentant les collections de Manrique .

 

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Reina Dona mariana en Grises Manolo Valdès
Reina Dona mariana en Grises Manolo Valdès

 

Mon tableau préféré est un portrait de Felipe IV de Manuel Valdès :tableau noir, au premier abord, où seuls apparaissent blancs, le visage au dessus d’une large fraise, les mains sortant des manchettes. Lorsque je regarde mieux, un empâtement plus noir que le fond, grumeleux, en diagonale matérialise le corps.

Comme j’ai perdu la photo je me suis documentée sur Manuel Valdès et j’ai trouvé ces deux tableaux un peu dans la même veine. 

 

 

 

 

Deux tableaux de Lam, colorés aux teintes acides, sont figuratifs. L’un d’eux torero ou taureau « aux trois testicules » ne m’a pas plu  (on se demande pourquoi ?).

tapies_l_escala_resourcesofrhetoric_1 Dans l’échelle de Tapiès (1962) on reconnait bien le style du peintre : fond clair, une échelle grise sur un socle noir, des gribouillis noirs maculent la toile.

Une affiche de Miro (1978) s’intitule « avant la lettre ». Deux dessins de Picasso éblouissant de dextérité complètent la collection.

 

Dans les autres salles des toiles abstraites très colorées m’ont moins parlé sauf le triptyque d’Ildefonso Agular (2007) Estructuras  efemeras , sable et pigment, a beaucoup de classe. Le quart du bas est presque entièrement noir puis il s’éclaircit vers le haut. Dans le noir, une griffure figure comme une route sinueuse.

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Ildefonso aguilar

 

Un tableau surréaliste de Juan Ismael  me rappelle le harpiste d’Arrecife.

 

Une salle est consacrée aux esquisses et ébauches de Murales, mobiles de toutes sortes réalisés par César Manrique. Nous connaissons déjà le mobile orange au rond point proche du Jardin des Cactus, un autre très grand très aérien se trouve au carrefour le plus proche, mais il en a conçu d’autres à Tenerife et ailleurs aux Canaries. Dans une vitrine, une sculpture métallique Homenaje al Mar.

Au niveau bas : sous la coulée

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Bulle de lave

 

Un escalier dans la lave nous conduit ensuite aux bulles de laves, salles situées à l’intérieur de la coulée. L’architecture de Manrique utilise la nature, se l’approprie, la met en valeur. Le sol y est laqué de blanc ainsi que le bas des murs.  Ce blanc éblouissant fait ressortir les éléments végétaux : grands philodendrons et plantes dégoulinantes du petit patio où une fontaine sourd d’un rocher arrondi. Ces bulles ont éclaté dans leur apex, un élément végétal, palmier, figuier semble crever la bulle pour chercher la lumière.

fondation manrique

Après le patio, un couloir nous conduit dans une bulle blanche qui est un salon au canapé de skaï blanc, on passe ensuite à la bulle rouge : rouge des canapés et des éléments décoratifs, puis à la bulle jaune (canapés écossais) et enfin à la piscine – miniature de Jameos del Agua.

 

Enfin, nous arrivons dans un vaste hall d’exposition où sont accrochées les toiles du maître de maison. 13 grands tableaux où le brun domine mais où le rouge est très présent ; il y en a même un bleu. Les empâtements, les épaisseurs, les matériaux inclus donne un relief frappant. Peinture abstraite où on peut imaginer le sujet.

Enfin, un diaporama montre Manrique avec son chien, à la piscine ….

 

Lanzarote J7 – la Geria – la Santa

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Vue de notre gite : Casa Sandra
Vue de notre gite : Casa Sandra

Nous avons terminé les  visites « incontournables ». Il  reste un jour pour tranquillement nous laisser porter par le hasard des petites découvertes. Nous aurions dû rester plus longtemps sur Lanzarote pour marcher, dessiner, profiter de notre véranda.

Balades à pied à la Geria

la geria  promenade
De la route j’ai pris la piste dans les vignes

 

Par une matinée  ensoleillée, le vent faire courir des nuages épars qui ne s’arrêtent pas. Au rond point du Monumento al campesino nous empruntons la route de Masdache, village de maisons blanches dans les vignes, et nous arrêtons au croisement avec la piste «  carratera centrale » conduisant à un volcan noir Montana Negra. Je m’élance sur cette balade piétonnière qui traverse une coulée à la surface plutôt lisse fendue de grosses fentes, larges fissures beaucoup plus régulières que dans les Malpais. Les lichens recouvrent la surface de la coulée et les euphorbes s’installent. Au pied du volcan, sous un palmier solitaire et très haut, je suis les balises jaunes et blanches d’un PR.

Le haut palmier est enfoncé dans un puits profond. Autour du cône volcanique, un haut mur longe le rebord de la coulée et forme un couloir où un énorme figuier s’est épanoui.

Le PR quitte la piste,  devient un petit sentier non balisé mais visible qui retourne à la route traversant une zone cultivée creusée d’entonnoirs. Ici, le vignoble n’est pas entretenu, des arbres s’installent dans les creux ; des géraniums aux fleurs roses fleurissent. Une demi-heure plus tard je rebrousse chemin. Un peu plus loin des balises jaunes et blanches promettent une autre promenade dans les vignes. Mais la balade tourne court, premier avertissement « propriété privée défense d’entrer! »prenant l’autre chemin j’arrive encore à une maison. Je crains les chiens et évite de m’approcher des maisons isolées.

La Santa

l'Atlantique déchaîné à la Santa
l’Atlantique déchaîné à la Santa

Envie de mer. Besoin d’essence. Nous reprenons la LZ-56 vers Tinajo passant devant le volcan des Corbeaux d’hier que je ne reconnais pas tout de suite.

De Tinajo nous continuons vers La Santa, station balnéaire construite en face d’un îlot. Restaurants sur le bord de la route, petites maisons blanches, un hôtel-club monstrueux de l’autre côté de la lagune aménagée en marina, plage en saison ? Nous faisons le tour de la petite île ronde déjeunons devant le spectacle de l’Atlantique déchaîné. Les rouleaux se brisent sur les rochers noirs dans un nuage d’embruns comme un feu d’artifice avec une mousse écumeuse. Nous guettons les plus hautes vagues. Ce n’est pas l’écume le plus beau mais le rouleau d’une couleur menthe glaciale qui s’enroule et se déroule. J’imagine le plaisir des surfeurs. J’ai aussi une pensée pour les pirogues charges d’immigrants partant du Sénégal ou de Mauritanie. Comment imaginer naviguer sur cet océan hérissé de crêtes ? Comment imaginer aborder sur ces côtes gardées par des rochers intraitables. Les plages accueillantes sont rares aux Canaries. Ce vent terrible est-il habituel?ou assistons-nous à une tempête ? La météo du Smartphone fait état de 42km/h  qui n’est pas exceptionnel, mais où l‘a-t-on mesuré ? Je remarque au retour, les buissons de salicornes noyés dans la mer. Cela me fait penser aux grandes marées. Les salicornes ne poussent pas dans la mer et sont occasionnellement inondées.

lanzarote

Lanzarote J6 – parc des Volcans

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Parc des volcans
Itinéraire du J5 : Parc des volcans, La Geria, El golfo Salines

 

timanfaya

Départ très tôt à 8h15 pour arriver les premières à ‘ouverture du parc. A 9h, s’ouvre la barrière de la route qui conduit au Parc de Timanfaya, le volcan entré en éruption en 1730 ? Le parc s’appelle aussi Montanas del Fuego. La route traverse un immense champ de lave AA correspondant à une surface très irrégulière où la croûte superficielle de la coulée s’est solidifiée très rapidement, fracturée, hachée en écailles plantées à la verticale ou dans le plus grand désordre.

 

La petite route monte  au point de départ des autocars sur une éminence où est édifié un magnifique restaurant dessiné par César Manrique : El Diabolo – le petit diable est aussi la mascotte du Parc.

Faisons un petit geyser!
Faisons un petit geyser!

Dès notre arrivée, les Rangers du parc – chaudes parka et passe-montagnes – nous font garer et nous accueillent. Le prologue à la visite st une démonstration que le volcan respire encore, que le magma est proche et que le sous-sol est brûlant(Dommage qu’il ne nous réchauffe pas, il fait un vent glacial). Le garde me donne dans la main quelques graviers pris par terre, ils sont tièdes ! Des buissons épineux bien secs attendent d’être tassés dans un creux profond de moins d’un mètre, ils s’enflamment instantanément. Puis c’est un seau d’eau qu’on déverse dans un tube fiché dans le sol.

Pfffuuuttt!!!!
Pfffuuuttt!!!!

Le jet de vapeur fuse à grand bruit. On passe au restaurant voir le barbecue naturel où cuisent en robe des champs de grosses pommes de terre et des demi-poulets rôtissent à la géothermie.

Barbecue géothermique
Barbecue géothermique chez El Diabolo

Nous sommes arrivées les premières, occupons le premier rang dans le premier car qui démarre ; le spectacle est grandiose. Le grand car se faufile sur le fin ruban de goudron avec dextérité. Une bande sonore (espagnol-anglais) raconte l’éruption de 1730, lisant le témoignage du curé de Yaiza. La musique dramatique accompagne le voyage. Nous aurions envie de tout photographier et consacrons beaucoup d’énergie pour essayer d’éviter les reflets et autres artefacts. En collant l’objectif en en débrayant le flash les résultats sont meilleurs. Nous aurions peut être mieux fait de nous laisser aller au plaisir de l’excursion et aux points de vue magnifiques.

 

Vu du ciel l'alignement est parfait
Vu du ciel l’alignement est parfait

Le nombre de cônes et de cratères est impressionnant. Il n’existe pas vraiment de volcan Timanfaya mais plutôt un alignement de petits cônes sur une faille orientée WSW-INE. L’éruption de 1730-1736 fut une éruption fissurale ;la carte offerte par le  Parc montre les cratères alignés. Les petits cônes sont recouverts de matériaux pyroclastiques soit noirs brillants soit rouges. Certains monticules, les Islotes n’ont pas été recouverts par la lave et les cendres mais ne sont pas forcément indemnes de magmatisme. Le restaurant est installé sur l’islote Hilario. Hilario fut un ermite qui vécut 15 ans en seule compagnie de son dromadaire et qui planta un figuier qui ne fleurit jamais en raison de la chaleur du sol.

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Vu du car, on se croit sur la lune!

 

Après le circuit nous visitons le Centre des visiteurs situé à l’entrée du Parc sur la route de Tinajo. Les panneaux racontent le volcanisme, décrivent la faune et la flore. J’y glane le nom de plantes que je cherche depuis longtemps Ulvilla de mar : Zygophyllum fontanasii  – et le nom espagnol des Euphorbes Taibabal. Confirmation sur le rôle des alizées dans la colonisation des Malpais par les lichens. La guide du Parc bat le rappel : une simulation de l’éruption du Timanfaya a lieu dans le sous-sol. Le sol est surélevé et nous montons sur une estrade, des rochers nous entourent. Il faut imaginer la panique des paysans du 18ème siècle qui ne connaissaient rien aux volcans. Le son était si puissant qu’il résonnait jusqu’à Ténériffe à 230 km de là. On peut imaginer qu’ils crurent à la fin du monde. 40ù de la population émigra dans les îles voisines. L’éruption dura 6 ans. Nous ‘aurons que 3 minutes d’ »enfer » avec des craquements du sol, des roulements infernaux, des rougeoiements et des fumerolles. Le bruit ne m’a pas terrifiée mais je n’avais pas pensé à la fumée. Après la  démonstration nous demandons à la dame très gentille de nous indiquer des promenades.

Volcan los Cuervos
Volcan los Cuervos

On peut faire le tour du volcan de los cuervos (corbeaux) et même entrer dans le cratère pour environ 1h. Prendre la LZ-67 vers Tinajo  tourner deux fois à droite pour trouver LZ-56 en direction de La Geria au km garer la voiture au parking.

Nous avons été trop impatientes, un peu après le km3 nous trouvons sur la gauche un parking avec le départ d’une promenade autour d’un cône orange-rouge. Je suis le parcours pendant une petite heure. Heureuse de marcher sous le soleil. Le chemin est bien balisé, des pierres sont alignées de chaque côté de la piste. Il pousse même des géranium sur le parcours ; malheureusement les panneaux explicatifs ont été enlevés. Il faut que j’imagine les interprétations moi-même. Promenade facile et plate. Je n’ai pas trouvé l’entrée dans le cratère annoncé par la guide. Et si je m’étais trompée de volcan ?

C’est effectivement le cas : au km 4, sur la droite, sont garées e nombreuses voitures. De la route, on voit le cône égueulé ouvert au niveau du sol, béant. Le voilà le volcan de los Cuervos ! Ici aussi la piste est bordée de grosses pierres, il y a du monde. Les panneaux sont bien à leur place. Je les parcours distraitement : il n’y a pas de temps à perdre. Devant les surfaces AA du Malpais, on évoque une « mer de lave » : mer bien déchaînée comme l’est l’Atlantique en ce moment. Un autre panneau détaille les facteurs de dépôt des lapilli : le vent en est un important, capable de dévier les pyroclastes et de les accumuler dynamiquement. Sur certain cônes se forment les mêmes rides que sur les dunes (vu ce matin du car). L’entrée dans le cratère est étroite, de gros rochers comme des guetteurs se dressent de chaque côté, propylées infernales. On devrait imaginer qu’autrefois il y a avait un lac de lave fluide. Il est maintenant tapissé de lapilli gris clair. J’ai mis 25 minutes pour atteindre le cratère. Si je reprends le même chemin cela fera 50minutes alors que si je fais le tour cela prendra une heure. On déjeunera plus tard mais je ne veux pas renoncer au tour ; Avec le vent de face j’ai du mal à marcher vite pour tenir les délais. J’ai plutôt l’impression de faire du sur-place en montant dans les gravillons.

lanzarote J6 – la Geria – El Golfo – Salines

CANARIES 2015

après midi, La Geria, El Golfo Salines
après midi, La Geria, El Golfo Salines

La route LZ- 56 nous conduit à La Geria , vallées des exploitations viticoles. Le sol est creusé d’entonnoirs  avec des murs en arc de cercle protégeant un cep de vigne qui rampe au sol. En ce moment, on ne voit que des ceps tortueux, les sarments ont été soigneusement taillés  et les nouvelles pousses sont encore en bourgeons. Parfois des murs plus hauts abritent un gros figuier, souvent complètement défeuillé, mais les figuiers sont capricieux, certains arborent un beau feuillage vert. De temps en temps, un haut palmier se détache sur la montagne. Il n’a pas besoin d’abri ! Comment est-il arrivé là ? Contrairement au Parc complètement désert que nous venons de quitter, ou aux autres régions où l’habitat est regroupé dans des villages tout blancs, à La Geria les exploitations viticoles sont dispersées dans le vignoble. Grosses bodegas proposant des dégustations, belles fincas blanches. Certaines exploitations s ‘intitulent « Musée du vin ». Beaucoup de voiture sur les parkings. C’est une région animée.

La vigne est arrivée à Lanzarote au 19ème siècle après l’éruption du Timanfaya qui a stérilisé une bonne partie des terres arables. Le vin doit être d’excellente qualité pour justifier tout le travail mis en œuvre (creuser les trous construire les murettes taille et traitements….) Certains ceps sont soutenus par des supports de planches.

El Golfo vu du ciel
El Golfo vu du ciel

 

Yaiza : changement d’atmosphère. Grands ronds-points fleuris, voies rapides, rocades, autoroute reliant l’aéroport aux stations balnéaires. C’est la partie balnéaire  de Lanzarote, où l’automobile est reine et le touriste pressé.

La route pour El Golfo longe le Parc de Timanfaya. El Golfo est un village de pêcheurs (ou plutôt de restaurants de poissons touristiques). Un phénomène volcanique tardif a creusé un maar, caldeira  d’effondrement comme au Lac Pavin.  Séparé de la mer par une plage noire, une jolie lagune verte a une couleur unique. Les roches sont rouges, noires, certaines grises et même jaunes. Un sentier bien pentu descend à la plage. Comme promis par le guide Evasion, je remonte une poignée de cristaux d’olivine.

 

Salines
Salines

les Salines

Route  en corniche. Les vagues battent les rochers noirs. Les salines sont en retrait dans une petite vallée. Ici aussi, l’eau sur-salée est vert amande. Dans les oeillets à sec, le sable jaune est colonisé par des buissons verts. Plus loin, les bassins d’évaporation sont roses, ceux qui sont pleins de sel, blancs brillant. Mosaïque de couleurs, puzzle aux pièces géométriques qui épousent le creux.

Pour rentrer, nous nous égarons dans les ronds-points de Yaiza qui se ressemblent tous. Le GPS  nous ramènera à bon port à Mozaga.

Lanzarote J5 – Teguise

CANARIES 2015 

Castillo Santa Barabara
Castillo Santa Barabara

Teguise est l’ancienne capitale de l’île, quand les dangers venaient de la mer. Supplantée par Arrecife au 19ème siècle, c’est une jolie ville ancienne, de la dimension d’un village.

A l’entrée de Teguise, perché sur le volcan de Guanapay aux flancs orange et grès ravinés, se trouve le Castillo santa Barbara . Edifice au plan carré il ressemble aux castillos d’Arrecife. Edifié au 14ème siècle par Lancelotto Malocello ou au 15ème (Wikipedia donne la date de 1402), il acquiert en 1596 son aspect actuel. Teguise était alors la capitale de Lanzarote et le restera jusqu’au 19ème siècle. Le fort fut édifié pour résister aux attaques des pirates. C’est donc tout naturellement que le Musée du Castillo Santa Barbara soit consacré à la piraterie.

L’iconographie est très variée, avec de nombreux emprunts à la BD et aux affiches de films de pirates.  L’exposition est très accessible pour les enfants, mais pas seulement. Des grand portrait des pirates fameux ornent les murs.

Nelson blessé à Teneriffe
Nelson blessé à Teneriffe
  • Nelson, le plus célèbre attaqua en 1797 les Canaries et y perdit son bras droit, est le dernier d’une longue liste commencée à la conquête normande en 1402. Entre 1550 et 1618 il se succédèrent :
  • 1522 Jean Fleury
  • 1553 Leclerc « jambe de bois » a perdu sa jambe à Guernesey
  • 1586 : Morato Arraes cité par Cervantès
  • 1585-1598 : George Clifford considérait les Açores comme son fief
  • 1583-1595 Francis Drake
  • 1657 Robert Blake a essayé d’envahir Ténériffe
  • 1618 Soliman attaqua Lanzarote et vola la vierge de Guadalupe de l’église de Teguise

    Francis Drake
    Francis Drake

La liste n’est pas exhaustive, tous ne sont pas célèbres, mais cet échantillonnage montre la diversité des pirates !

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Musée de la piraterie

 

Nous terminons l’après midi à Teguise, l’ancienne capitale qui tient plus du village que de la ville ;

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Place de la constitucion

Derrière l’église, nous découvrons la très jolie Place de la Constitucion triangulaire, comprise entre la Casa Museo Palazio Spinola et une autre Casa museo, toutes les deux fermées après 16h en saison hivernale. La place est occupée par un jardinet triangulaire orné d’une statue de bronze et de nombreuses potiches. Petite ville charmante aux belles portes closes et hautes fenêtres vertes. Nombreuses terrasses de cafés sont installées dans la rue, vides à cause du vent sans doute.

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Rue tranquille à Teguise