Nous avions oublié qu’en Crète, il puisse y avoir des nuages, et nous réveillons sous un ciel couvert. A l’est de Hania, la rue monte raide entre deux rangées d’arbres de Judée à la floraison abondante, double, triple. Elle passe ensuite entre des falaises blanches parmi des pins magnifiques pour conduire aux tombes d’Eleftherios Venizelos et de son fils Sofoklis, monument installé sur une terrasse dans un parc. Deux rangées de cubes de marbre veiné de gris, posés sur des faces différentes, font la haie d’honneur au visiteur qui arrive sur une vaste esplanade plantée de pins. La terrasse domine Hania et ses anses arrondies. On voit le Port vénitien presque fermé, on comprend mieux l’histoire de la chaîne qui pouvait faire barrage.
Les tombes sont très sobres : dalles rectangulaire ornées seulement d’une crois horizontale. Dans un coin une sculpture représente un jeune homme portant un drapeau : Spiro Kayales héros de l’Indépendance de la Crète.
Une plaque raconte ce fait d’armes :
En février 1897, un grand drapeau grec fut apporté à Eleftherios Venizelos par un bateau de guerre grec. Les bateaux des grandes puissances Grande Bretagne, Autriche, Italie, Russie à l’ancre en face de la Canée commencèrent un bombardement nourri sur la ville. Comme un boulet avait atteint le mat du drapeau grec Spiro Kyalès se jeta sous le feu pour faire de son corps un drapeau. L’amiral italien Kanavero ? étonné ? fit cesser le bombardement.
De Venizelos, je n’apprendrai rien ici de plus que ce que dit le Guide Vert p228 : (je résume)
Eleftherios Venizelos (1864-1936)
« Député de Crète, libéral, il s’opposa au Prince George, haut commissaire de l’île et provoqua une insurrection en 1905 qui eut pour effet le rattachement de la Crète à la Grèce en 1913. Dirigeant le gouvernement grec, il s’opposa au roi Constantin et entraîna l’abdication de son successeur George II (1923) entrainant l’avènement de la République grecque.
L’histoire de la Grèce est complexe. J’en découvre à chaque voyage un épisode.
circuit proposé par le guide Hachette-Evasion (p225-227)
Stylos.
Juste avant d’arriver, un panneau signale une tholos minoenne qui ne se voit pas de la route. Dans les orangers nous cherchons l’église de la Panaghia Serviotissa (11ème-12ème) la petite église byzantine avec sa haute coupole couverte de tuile émerge des orangers qui embaument. Elle est construite de pierre et de briques, les fines briques forment des motifs géométriques. On peut admirer l’élévation de la coupole sur son haut tambour. Son mobilier est bien pauvre : des chaises aux montants métalliques, une simple croix de bois, des images pieuses modernes bon marché. Un bouquet d’arum flétrit dans un vase.
Nous nous installons sous de magnifiques chênes. Le verger de pamplemousse embaume. Ce parfum me rend folle.
A l’entrée de Stylos, des spécialistes font des photos des chauves-souris nichant dans l’église ; j’en profite pour jeter un coup d’œil aux fresques. Stylos est proche de gorges touristiques : des tavernes très soignées ont installé de jolies nappes sur les tables carrées. C’est un bourg assez peuplé.
Dès qu’on sort de Stylos, la route s’élève dans les collines faisant des lacets serrés avant d’atteindre Samonas. On se croirait en moyenne montagne avec des à-pics et des falaises, un relief tourmenté. Samonas possède de nombreux beaux kafeneios.
Hiliomoudou, en revanche, hameau perché ne compte que quelques maisons.
Au creux d’un ravin, Agios Nikolaos, l’église de Kiriakoselia, est vantée dans nos deux guides. La grille de la première enceinte s’ouvre sur une estrade, des banquettes de pierre, une fontaine à l’ombre d’un platane gigantesque et d’un noyer au feuillage nourri. Un mur avec une grille en ferronnerie enferme le cimetière où les tombes sont installées sous deux rangées d’orangers couverts de fruits. La porte de l’église réputée pour ses fresques est fermée. Où trouver la clé? Au kafénéio ? Mais lequel ? Dans quel village ?Au village le plus proche, Hiliomoudou : pas de café, seulement un énorme restaurant panoramique flanqué d’un moulin aux ailes cycladiques. Dans la salle, les nappes sont mises ; il y a même des bouquets sur chaque table. Mais personne pour nous renseigner. On visite la taverne ouverte à tous les vents, le moulin à farine qui fonctionne, le pressoir à huile à la meule de pierre. Des fromages de chèvres sèchent dans des formes. Mais, de clé d’église, aucune trace.
Retour dans l’enclos paroissial d’ Agios Nikolaos pour un pique-nique agréable. On trouve même le savon pour se laver les mains.
La route tortille à travers la montagne ; Ramni est bloqué par un chantier. Elle passe par des gorges à Maheri, aboutit à Néo Chorio puis à Armeni que nous traversons sans nous arrêter à la taverne sous le platane célèbre. Pour atteindre Kalives un tunnel passe sous la New Road. Le charme des villages de campagnes est totalement oublié : Kalives est une station balnéaire avec des locations, des supermarchés, fast food.. . la plage est invisible, cachée par les terrasses des restaurants.
A l’entrée d’ Almirida, une grande mosaïque romaine et les fondations d’une grande basilique des premiers Chrétiens sont visibles de la route derrière un grillage. La plage d’Almirida est agréable, de sable fin bordée de tamaris sans parasols ni lits de plage. Chacun apporte sa chaise longue. Des courageux se baignent.
Notre circuit devrait suivre le rivage par Plaka et Kokino Horio puis Gavalhori. La route de Plaka est coupée. Nous errons parmi les constructions récentes « the perfect house in the perfect place », maisons contemporaines, belles piscines ou cubes « cycladiques » plus modestes. On construit partout. Les petites routes qui mènent aux maisons neuves ne sont pas répertoriées. On arrive par mégarde à Gavalhori.
Les grands murs blancs de Gavalhori sont chaulés, percés de portes aux « arcades vénitiennes ». Derrière l’une d’elles, je trouve des pressoirs à huile avec trois meules.La coopérative des femmes propose des broderies (fermé : 16h, sieste). Un très joli kafénéio, fermé lui aussi se trouve près du musée ethnologique (recommandé par Hachette et le Guide Vert), fermé hors saison.
Après une courte promenade dans les rues vides nous allons à Kokino Horio où auraient été tournées des scènes du film Zorba le Grec en 1964 ; hélas la modernisation, le tourisme, les constructions, ont bien défiguré le « village typique ». Ce n’est pas ici que je ferais e remake de Zorba !
Promenade sur la plage de Kienti, bordée elle-aussi de tamaris et encore sauvage.
Nous avons terminé la soirée à Kalami à la terrasse du kafénéion d’angle aux chaises bleues ; Café frappé et ouzo, comme d’habitude. L’ouzo est servi avec des olives noires minuscules, un peu desséchées mais goûteuses et avec des croutons au sésame et à l’anis (ou cinnamome).
Quittant la New road à la sortie de Souda où se trouve le port de commerce. Un gros ferry est à quai. Face au port, des restaurants et des commerces ; On y vend même la Presse étrangère : sur un portoir, les Canard Enchaîné !
La route traverse les bâtiments de la Marine Grecque. Souda est une base militaire importante. De l’autre côté de la New Road, une petite route monte jusqu’au village d’Aptera blotti sur un épaulement le traverse entre deux kafenéios de carte postale.
kafeneio d'Aptera
Le site de l’Ancienne Aptéra se trouve à la sortie du village. Le mur d’enceinte de très gros blocs a été restauré et on a également dégagé la route antique dallée. Aptéra fut une cité Minoenne importante citée sur les tablettes de Cnossos en Linéaire B , elle exerçait une puissance avale avec les deux ports de Souda et de Kissamos. A la période hellénistique elle possédait un théâtre et un temple de Démeter. Sous la « domination romaine »(vu sur les panneaux) d’énormes citernes en forme de L, de brique et de petit appareil typique des constructions romaines, cimentées, alimentaient les Thermes juste au dessous. Les thermes romains sont bien conservés mais un peu loin du grillage (lundi, le site est fermé). La cité fut détruite par un séisme au 7ème siècle après JC mais au 12ème un monastère dédié à Jean le théologien fut bâti, carré et trapu, il ressemble à un fort vénitien.
Citernes romaines d'Aptera
La ville ancienne disparaît sous une jungle de chardons et anthémis, luxuriante et verte. Des moutons paissent à proximité du théâtre, gardés par un énorme chien intimidant. Le berger à la barbe fournie rappelle le chien qui se couche nous laissant passer ? Comme nous remarquons son bâton noueux, il prend la pose pour la photo.
– « Comment vous appelez-vous ? »
– « Manoli, tu sais le Grec ?
– « Un peu (je fais une faute » ligho »)
– « ligha » corrige-t-il, content de faire un brin de conversation…
Manoli le berger et sa houlette
Mais les bergers du 21ème siècle possèdent un pickup et un téléphone mobile. Lorsque nous repasserons, il sera occupé par une conversation lointaine et répondra par un rapide « Ya » à mes adieux.
Au bout du chemin, une maison romaine (4ème siècle après JC) avec un péristyle bien visible : les bases des colonnes dégagées, les colonnes en tronçon au milieu. Dans une pièce voisine se trouve un moulin, la pierre de meule, le puits et une sorte d’évier.
La ville ancienne occupe toute l’acropole. Les Allemands ont exploité l’intérêt stratégique de cette colline qui domine Souda, installèrent des batteries de mitraillettes et un blockhaus (noté sur le panneau « occupation allemande »
maison d'époque romaine
Plus loin au bout de la route, le fort de Koules veille sur Souda. Vénitien(1570), carré, flanqué de tours rondes, il faut pris par les turcs. Il est restauré mais fermé (lundi) de là on découvre en bas un autre fort, plus récent avec des canons modernes (peut être encore fonctionnels ? la petite île de Souda fut fortifiée par les Vénitiens qui s’y maintinrent longtemps après la conquête turque de Hania jusqu’en 1715.
Du fort on remarque le mur d’enceinte d’Aptéra qui cerne tout le plateau (3.8km) dans l’épaisse végétation.
Kissamos s’appelle aussi Kastelli, souvenir d’un fort vénitien. Kissamos, le dimanche matin, est si bien endormie qu’on trouve juste une pâtisserie ouverte et elle n’a pas encore garni ses rayons. Point de feuilletés pour midi ! C’est encore un village intouché par le tourisme de masse. Le bateau pour le lagon est à quai et ne partira pas aujourd’hui. Il y a un musée archéologique, des thermes romains et encore un autre site mais l’archéologie n’est pas au programme d’aujourd’hui.
La piste de Gramvoussa commence après Kalivani. Unécriteau signale qu’un péage d’1€ est prélevé au km5, mais nous ne trouverons personne. Nous engageons la Suzuki Alto avec appréhension : c’est vraiment une petite voiture le premier véhicule que nous croisons est une vieille BMW, pas un4 x4, ensuite les pickups des bergers, ce qui ne nous rassure pas. C’est au début du parcours que la piste est la plus raide. Le sommet de la péninsule s’élève à 762m mais la piste ne dépassera pas 250m. Dans la pente, elle est escarpée, ravinée et pleine de gros cailloux. La voiture peine. Je parcours la suite à pied pour voir si cela empire. Non ! Au contraire, après la pente s’adoucit. Vers la fin je marche dans un paysage sauvage de garrigue ou phrygane : la phrygane est une garrigue basse, ici c’est bien le cas. Des coussins épineux, des cistes presque rampants. Ici les arbres ne poussent pas. Il y en quand même un à un tournant, deux, pas plus. En revanche, c’est le royaume des chèvres. Livrées à elles mêmes, elles sont couchées sur la piste et ne se lèvent, avec mauvaise volonté, qu’au dernier moment s’agenouillant lentement et se dépliant sans hâte à l’approche de la voiture. Une C1 double la Suzuki, si une si petite voiture peut monter, nous aussi !
Une petite cantine de planches est installée sur le parking au bout de la route. Plusieurs panneaux indiquent des balades à pied : View point (10mn)(mauvais plan on ne voit rien)
Le lagon Bali : 20mn.Un écriteau Natura2000 captemon attention. Il signale une micro-réserve pour Anthemis globerina ou Agria Grambousa qui ne pousse qu’ici et sur l’ilôt d’Imeri. Petite plante annuelle aimant un sol calcaire, germant en automne et fleurissant en avril/mai. Cette plante rarissime devrait être en fleure maintenant ! Ma curiosité est aiguisée. Je veux absolument photographierAnthémis Globerina. Je tiens le regard au sol pour la chercher. Dans mes observations herborisantes je remarque de minuscules géraniums bleus hauts peut être de 2cm aux fleurs à peine plus grandes que celles des myosotis avec de vraies feuilles de géranium, de minuscules iris en boutons que je prends d’abord pour des crocus pas éclos. Toute la végétation est miniaturisée- rabougrie, diraient les Canadiens – un petit chêne vert ne dépasse pas 30cm mais il est bien reconnaissable, de même les pistachiers. Seules les sauges ont évité le rétrécissement. Elles prospèrent ici avec leurs beaux pompons jaunes. Les ajoncs sont aussi fleuris, minuscules, eux aussi.
les nuages s'accrochent sur le sommet
Le sentier est bien tracé, pas de balise à la peinture : une rangée de cailloux alignés sur chaque bord. Il faut dire que les cailloux, ce n’est pas ce qui manque ! Il vaut mieux choisir l’endroit où on doit poser le pied pour ne pas se tordre la cheville. Au début, cela descend. Logique puisque je vais à la plage ! Mais il se met à remonter. La montée est interminable. Le vent qui se lève m’indique que je passe un petit col. Cela ne m’inquiète pas. Cela devrait, je marche depuis 40m,. Je me retourne : le sommet de Gramvoussa a accroché un nuage menaçant. On dirait qu’il va faire mauvais alors qu’au dessus de la mer le ciel est tout bleu. Le sentier ne redescend pas du tout. Il reste sur une crête. Au but d’une heure, j’atteins sur borne : un cadran solaire. J’ai enfin compris que j’ai pris le mauvais chemin !
Au retour, je trouve le sentier du lagon à gauche de la Pancarte Natura2000 qui avait capté mon attention. Si pressée de trouver ma fleur je n’avais pas vu la flèche avec BALOC écrit en grec !
la chèvre préfère les voitures bleues!
Pique-nique au parking : avocat-saucisson puisque tout était fermé à Kissamos. La chèvre blanche et noire a fait sauter le couvercle de la poubelle. Elle y plonge ses pattes antérieures et sa tête et ressort tout ce qui lui plait : peau de banane, épluchures de pommes et papiers gras. Elle ne dédaigne même pas une boîte de conserves de Haricots géants à l’huile… Nos écorces d’avocats ne lui plaisent pas. Une petite chèvre noire s’approche. La grande qui porte une clochette (la chef ?) la pousse d’un coup de tête. Puis elle s’attaque à la poubelle suivante et d’un bond s’élance sur le capot d’une belle Peugeot Bleue et du capot, sur le toit. Ainsi juchée, au dessus de tous, elle joue la star. Tout le monde se précipite pour la photographier. Elle frappe du sabot la tôle de la 207. Notre Suzuki chocolat est garée juste à côté. D’un saut elle aurait vite fait d’atterrir dessus. Non la chèvre a ses goûts et ses couleurs. Elle préfère les voitures bleues et en choisit une autre de l’autre côté du parking !
le lagon de Bali
La descente au lagon est facile, le sentier descend tranquillement. Les passages fréquents l’ont adouci. D’une terrasse maçonnée on découvre l’eau turquoise enchâssée dans el sable blanc, comme une pierre précieuse. Une chaussée de rochers plats ferme le lagon vers le sud. Une île comme une forteresse reliée par un mince tombolo de sable blanc tout juste recouvert d’une faible épaisseur, le sépare de la mer ouverte. Les courants sont matérialisés par des trainées plus turquoises ou bleu profond. La plage est blanche éblouissante, une vraie merveille ! Une surprise dans l’environnement austère et sauvage de la péninsule déserte.
Les plages merveilleuses se méritent : de la terrasse descendent des marches sur au moins 1 km, 10 minutes de descente.
Bali : une plage de rêve
Dès que je foule le sable d’une blancheur incroyable, je quitte mes chaussures. Près d’un rocher le sable est constitué d’une accumulation de coquilles blanches, parfois cassées, parfois entières non loin, les grains sont très doux, très fins. Marcher dans l’eau, me rassasier de cette beauté. En profiter, ne pas repartir trop tôt avant de l’avoir savourée toute. Cette transparence, la finesse du sable, les petits poissons qui filent entre mes pieds…. Au bout d’une cinquantaine de mètre, je découvre la première plaque de mazout qui encroûte la roche du rivage, puis d’autres… Quelle tristesse !quelle fragilité ! Une telle merveille a été souillée par une marée noire, un dégazage. Tout le lagon est pollué. Ce que j’avais pris d’en haut pour des algues, pour des figures de courants, ce sont des boulettes de mazout. J’en suis révoltée. J’aurais dû voter Éva Joly ! Peut-être en est-il encore temps ? D qui a la procuration n’est peut être pas encore allée au bureau de vote ? De la terrasse, j’avais remarqué, alignées, des taches noires. J’avais pensé à des chèvres. Ce sont des sacs-poubelles remplis, noués, qui attendent d’être évacués par mer. Je n’aurais jamais deviné. Je remonte atterrée. Tant de beauté, tant de fragilité.
les poubelles de mazout
L’isolement, la difficulté d’accès a préservé un petit coin de nature sauvage. La menace est venue de la mer.
Négligeant les restaurants touristiques du port, leurs menus imagés pour illettrés et les promotions spéciales à 25 ou 26€, nous nous installons dans une taverne ravissante en retrait des docks : chaises et tables vertes, une tonnelle de bougainvillées (pas encore fleurie), énormes jarres vertes d’où débordent des géraniums, et petits jardins aromatiques – basilic, menthe, sarriette dans une jardinière. Sur les tables, un brin de romarin ou une branchette d’olivier. Avec notre apéritif habituel nous demandons des mezzés. Le garçon parle français :
– « Ici nous n’avons pas d’assiette de mezzés mais vous pouvez choisir sur le menu »
Nous nous laissons guider et fixons notre choix sur les beignets aux épinards. Ils sont divins. Nous renouvelons la commande ; il nous avait semblé qu’il y avait de la menthe en plus du fromage de chèvre.
– « Non » dit le serveur, « ce sont des pissenlits »
Il faut remettre 1€20 dans le parcmètre pour visiter les arsenaux vénitiens. Un autre musée naval est censé s’y tenir au Dock Moro et présenter le bateau minoen qui avait rejoint Athènes aux Jeux Olympiques de 2004. Hélas, les arsenaux sont fermés.
Au bout du quai se trouvent des restaurants de poissons aux tables et chaises de bois. Celui qui est à l’angle a chaises et tables rouges et pour enseigne une figure de proue au nom d’Antigone.
Je parcours à pas pressés la digue, filmant en panoramique. Je découvre un minaret près de l’église Saint Nicolas. Clocher et minaret sont parallèles et jumeaux.
non vous n'avez pas la berlue!
Le Phare est étrange : phare ou minaret ? Avec 2 balcons ! Construit par les Vénitiens, il mesurait 21m et a été surélevé par els Turcs à 26m.
Un panneau indique Fortezza : là, l’entrée du port était bloquée par une chaîne, un barrage, Firka.
Nous rentrons vers 16h à l’hôtel Maranthis : il reste une belle fin d’après midi pour profiter de la belle plage de Kato Stalos. Mes interrogations sur les tas de galets trouvent une amorce de solution : des traces de tracteur montrent que le sable a été travaillé, remanié, ratissé, peut être tamisé comme sont préparées les pistes de ski. La disposition naturelle des galets et graviers a bien été bouleversée par l’action anthropique. Peut-être les tas erratiques représentent-ils l’état sauvage et hivernal de la plage ?
Le Musée Archéologique se trouve dans l’ancienne église San Francesco – une vraie merveille. La nef gothique bordée d’arches romanes sur les bas-côtés. La pierre blanche contraste avec le crépi rose.
Les vitrines sont d’inégal intérêt : poteries de tous âges. L’une d’elle est consacrée au LinéaireB inscrit sur des tessons (13ème siècle retrouvés dans l’ancienne Kydonia non loin du musée présentant plutôt des hiéroglyphes ainsi qu’une intéressante notation des nombres. Vis à vis : tablettes de Cnossos et sceaux très finement décorés : les agrandissements de l’impression sur argile donnent un meilleure appréciation des détails. Beaucoup de sceaux utilisent des thèmes animaliers (chevaux ou bovins) mais certains représentent des silhouettes humaines dont une femme en jupe à volants. Dans un vase, on a retrouvé les ossements d’un chiot. Que lui valait les honneurs d’être passé à la postérité : l’affection de son maître ou un sacrifice religieux ?
sarcophage minoen motifs marins
Comme au musée de Rethymnon, de beaux sarcophages minoens sont à l’honneur ; ici les motifs sont marins, poulpes et ondulations des algues ou vagues ?
Sous une grande boîte en plexiglas, tout un troupeau de bovins forme une pyramide. Je compte une bonne cinquantaine de terracottas de tailles variées, de 50 à 5 cm de haut : offrandes à Poséidon du 4ème -3ème av JC (hellénistiques) .
Les belles mosaïques sont romaines : maison de Dionysos, Poséidon et Amymome (Poséidon sauve Amymome de l’attaque d’un satyre). Des marbres sont alignés dans les bas-côtés, bustes romains ou grecs.
Dans la cour se cache une très belle fontaine turque de pierre blanche très fine (peut être du marbre ?) octogonale au sommet pointu.
Fontaine sur la place Syntrivani
Place Syntrivani, encore une fontaine. Nous prenons la rue Kalergon, moins touristique que les abords des quais. Nous nous égarons et tombons sur les fouilles de Kydonia, rue Kanervo : maisons minoennes détruites en 1450 puis en 1350 ; recouvertes à la période hellénistique. C’est très émouvant de trouver l’emplacement où ont été trouvés les objets que je viens d’examiner. En quête du port, nous errons par les voies sans issues du quartier de Kastelli. Hania est moins plate qu’on ne l’imagine, Kastelli est une véritable colline.
Sur le quai, une marchande bien avisée nous indique un passage étroit entre deux maisons : une ruelle conduit à des palais vénitiens, certains bien rénovés, en hôtels et chambres d’hôtes, d’autres bien en ruine. Tout un dédale de ruelles, de marches, de palais roses, de loggias . Au bout de la rue Antoni Grampas une belle maison est accompagnée de poteries avec ficus et yuccas. A 16 Odos Angelou Evangelista un très beau palais vénitien porte cette inscription « Pax tibi Marce Meus ». Les chaises dans la rue accentuent cette impression d’Italie.
Nous retournons sur le quai vers le Musée Naval, beau bâtiment rouge qui cache derrière son porche et sa grille de fer forgé tout un ensemble de casernes qui servirent de prisons aux Turcs. Au dessus d’une porte je remarque le lion de Venise.
Musée naval : caserne vénitienne, prison turque
De l’autre côté du bastion on accède au Musée Byzantin logé dans une ancienne église jaune en haut de la rue Theotokopoulou. Petit musée pour l’ensemble des collections mais passionnant par les commentaires. Il est « byzantin » parce qu’il montre des icônes, mais nombres de pièces sont vénitiennes.
Les céramiques vénitiennes sont incisées (sgraffito) sur des émaux verts ou jaunes avec fond clair bien caractéristiques.
J’apprends enfin comment Venise s’est rendue maîtresse de la Crète : à l’issue de la 4ème Croisade en 1204, elle fut donnée à Boniface de Montferrat qui la vendit pour un bon prix à Venise. La population locale orthodoxe s’opposa à la mainmise des latins sur l’île. La loi vénitienne ne fut effective qu’en 1252. Les vilains orthodoxes se révoltaient souvent contre les nobles catholiques.
1453 : la chute de Constantinople priva l’Eglise orthodoxe de son chef le Patriarche de Constantinople. A partir du 15ème siècle le système féodal s’affaiblit et les centres urbains se développèrent.
J’ai découvert à Corfou les icônes de l’Ecole Crétoise, puis j’en ai vues à Ravenne, je m’étais interrogée. Pourquoi cette possession vénitienne avait-elle donné une telle production d’icônes orthodoxe ? Le musée Byzantin de Hania répond à cette question. Au 16ème siècle on assiste à la fusion des styles des artistes locaux entre la peinture d’icônes et le Maniérisme italien¸ Depuis le 15ème siècle les Crétois, à égalité avec les autres Vénitiens, pouvaient continuer leurs activités artistiques. Les peintres de Constantinople affluèrent en Crète. Les bonnes relations commerciales de la Sérénissime, les mirent au contact avec les milieux culturels européens. Cette école de peinture trouva de nombreux clients dans les commandes des marchands et celles es monastères jusqu’à sainte Catherine du Sinaï. Cette fusion entre les styles fut aussi visible dans l’architecture ; L’influence de Palladio et de Sanmicheli se voit aussi dans la reconstruction des monastères orthodoxes. J’ai bien aimé les icônes de Saint George écrasant le dragon (surtout les gueules pointues des dragons).
chambres d'hôtes rue Theotokopoulou
Descendant la rue Théotokopoulou, nous cherchons les heurtoirs de Venise (main de laiton). Les maisons, converties en maisons d’hôtes ont installée de jolies terrasses pour le petit déjeuner sur les trottoirs. Au bout de la rue, à gauche la rue Théofanos descend : des plantes vertes dans des pots de fleurs ornent la rue ; Nous cherchons les inscriptions latines à l’entrée du palais Ranieri (1608). L’enseigne d’une cave nous amuse.
Le quartier Evraïki est l’ancien quartier juif. Impossible de trouver la synagogue Hefetz Haim citée dans les guides mais pas localisée sur notre plan. Sort tragique de la communauté juive : déportée par les Allemands sur un bateau torpillé par un sous marin britannique en 1944. J’ai une pensée pour la communauté de Rhodes aussi disparue et celle de Salonique. La rue Zambeliou est bordée de jolis magasins et de cafés chics débouche dans Halidon animée.
Après une centaine de mètres nous arrivons sur une grande place où est bâtie la Cathédrale orthodoxe à la façade sobre. Juste en face se trouve la Maison Crétoise. L’entrée est dans une cour où il y a aussi une église catholique. C’est un joli musée ethnographique, un peu bricolé et d’autant plus sympathique. Il fait la part belle aux travaux d’aiguilles des femmes : broderies de fleurs de soie, parfois sous verre comme dans notre chambre d’Arolithos, dentelles. Il y a aussi un métier à tisser. La cuisine a été reconstituée avec la vaisselle. Dans une troisième salle les artisans déclinent leur métier : Teresis le tailleur, le cordonnier, le photographe….La visite s’achève dans l’atelier moderne de la brodeuse avec ses machines à coudre décorées de médailles pieuses et d’un chapelet. Il semble que ces broderies soient à vendre mais la vieille dame n’insiste pas occupée qu’elle est avec le tuyau d’alimentation du ruisseau et de la cascade miniature.
8h30, nous traversons les quartiers modernes de Hania et nous engageons dans la vieille ville par la rue Halidon, artère commerçante vide à cette heure matinale. Les sens uniques nous conduisent vers les arsenaux vénitiens où nous trouvons le parking du port de plaisance vide. 3€20 et nous serons libres jusqu’à 13h56 (4h est le maximum que délivre l’automate).
La promenade commence donc par Akti Enosos : le quai qui part des docks vénitiens : bâtiments longs et étroits au fronton de section triangulaire « néoria » 17 de ces bâtiments sont accolés. Ils sont l’œuvre du vénitien Alvise Grimani en 1585. Le dernier bâtiment, carré et massif, abrite le Centre d’Architecture méditerranéenne (fermé à la visite)qui englobe le mur des fortifications hellénistiques.
les arsenaux vénitiens
Au port, sont amarrés de très beau yachts dont un moins beau, tout noir, un peu effrayant (nous avions vu le même à Ithaque). Les cafés face aux bateaux sont cossus : fauteuils carrés en rotin avec de confortables coussins.
Un peu plus loin se trouve la Mosquée des Janissaires , Gialli Tzami, ou mosquées Kioutsouk (petite) , 17ème siècle, « représentative de l’art islamiste de la Renaissance » œuvre d’un architecte arménien, nous apprend le panneau explicatif. Cette mosquée est coiffée d’un dôme principal et de 7 petits dômes sur les deux façades visibles des quais, des sortes de « poignées » tiennent la grande coupole. La façade est percée de 3 fenêtres et d’une porte, une 5ème fenêtre est remplacée par la fontaine des ablutions (on ne la voit plus, seulement subsiste le creux). La base du minaret est tronquée : à l’Indépendance de la Crète on a abattu ce symbole trop voyant de l’oppression turque. La mosquée est maintenant un hall d’expositions. Images de la Crète de Jerry Glover : dessins à la plume et gravures m’ont bien plu.
Port vénitien
Les maisons colorées du port Vénitien forment un ensemble charmant et varié : façades rouges, ocres ou même bleues, balcons en ferronnerie pour les maisons vénitiennes, avancée de planches pour les turques. C’est en face qu’on profite de la vue d’ensemble. Le quai Kountoriati, où se trouvent la plupart des belles maisons est rempli de tables de restaurants à l’ombre de grands stores qui cachent les sculptures délicates, les colonnettes ou les escaliers finement ciselés. Derrière un étalage de souvenirs bon marché pour touristes, je découvre une fontaine turque aux arabesques élégantes.
Une curieuse spécialité : Foot-Spa où les poissons se chargent de soins de pédicure. Une belle librairie vend des livres en plusieurs langues.
le petit port de Kato Galatas - notre hôtel: la maisone bleue
Les nuages qui s’effilochaient au petit matin se sont dissipés. Les thermomètres des commerçants indiquent 24°. Les quartiers neufs de Rethymnon sont d’une remarquable homogénéité, petits immeubles de 4 étages, beige-jaune, rose avec les mêmes balcons en bandeau de ciment.
La New Road n’a bien souvent que 2 voies, la double ligne continue interdit de tourner à gauche. Jusqu’à Giorgioupoli, elle suit la côte. Entre Gerani et Episkopi la plage de sable fin est presque vierge (1 taverne seulement). C’est l’occasion de faire une promenade pieds dans l’eau avec les sommets enneigés des Montagnes Blanches à l’horizon. Je butte contre une énorme éponge de 30 cm de diamètre, beaucoup trop lourde à emporter parce que pleine de sable et durcie au soleil. Un peu plus loin j’en ramasse des fragments plus transportables. Je suis toute contente avec mes éponges – inutilisables dans la salle de bain, bien sûr – mais, quand même des vraies, que je pourrai montrer aux élèves. Je me souviens d’une fille qui m’avait bassinée de 6ème jusqu’en 3ème pour que je lui montre mon éponge de toilette ne croyant pas qu’il pût s’agir d’un animal !
La route coupe par l’intérieur des terres évitant le Cap Drapanon. Elle traverse de magnifiques pins et de hauts cyprès. Sur le bord de la route une épaisse haie de lauriers roses pas encore fleuris.
le kaféneio de Kalami
Petit détour en direction de Kalives : la côte est découpée, la presqu’île d’Arcrotiri est séparée par la Baie de Souda. Il y a une petite île juste en face. Les tavernes de Kalami sont très mignonnes. L’une d’elle à une fourchette de la route en angle est encadrée par de des mûriers taillés en têtard dont le tronc est blanchi à la chaux. Je prends un café grec sur les tables vertes du kafénéio d’en face.
Comme de bien entendu, nous quittons la New Road trop tôt et traversons d’interminables faubourgs avant d’arriver au centre de Hania devant des maisons de style classique : frontons, colonnes triangulaires, colonnes corinthiennes dans des jardins désuètes et charmantes. Après avoir passé le jardin public nous reconnaissons le marché en forme de croix au centre d’une grande place. Impossible de ses garer, D reste dans la voiture en double file tandis que je cours à l’Office de Tourisme 40 rue Kriari. La dame est très gentille, me donne un plan m’explique que les gorges de Samaria ne seront pas ouvertes cette année avant le mi-mai et m’offre une brochure de cuisine crétoise.
Le guide Évasion prétend qu’on trouve la Presse française au Marché. Je me précipite. J’aime les marchés qui vendent les productions maraichères locales, les fleurs ou le poisson. Cette belle halle en croix a été pervertie par le tourisme : on y trouve des cartes postales, des torchons, des nappes de l’huile en petite quantité, des éponges…cela fleure bon le cuir des ceintures, sacs et pochettes. Pas de journal !
12h59, mon téléphone sonne : le propriétaire de l’Hôtel Marianthi s’inquiète de nous. « Suivre la mer jusqu’à un petit port ! »
Notre studio s’ouvre sur un balcon au premier étage avec la « sea view »- vue merveilleuse : au bout de la jetée du petit port de pêche il y a une petite chapelle toute blanche au toit arrondi bleu. Quelques barques se balancent. Le studio est grand : deux lits jumeaux et un troisième le long du mur d’en face, une armoire, le coin cuisine. Les murs sont blancs sans aucune décoration. Le matériel de cuisine est réduit au minimum, nous nous promettons d’acheter des « paketes » dans les restaurants voisins, moussakas, tomates farcies, souvlakis….
Le seul restaurant ouvert est celui de l’Hotel-apartments voisin, plutôt chic, belle piscine, mais carte chère et à cuisine internationale, pas le genre à nous faire un paketo.
L’été, je déteste les stations balnéaires, la foule, les embouteillages, les lits et parasols qui colonisent le sable, les serviettes, bouées et dauphins qui pendent au dessus de nos têtes sur les trottoirs ! Hors saison, ces artefacts horribles ont disparu. La plage est nue, merveilleuse. Le problème est que les tavernes, échoppes de gyros et souvlakia ont aussi fermé leur porte. Nous ne trouverons rien en dehors des supermarchés. Même le boucher est en vacances. Quand au poissonnier, il n’y en a pas ! Après les courses (poulet rôti du supermarché), je me change pour ma promenade pieds nus sur la plage qui part de Stalos jusqu’à Aghia Marina et même au-delà…Plage de sable fin, interminable. Partie du parking sous un tamaris géant à 17h25, je ne serai de retour qu’à 18h50 (au moins 6km) dans l’eau tiède. Une petite île est toute proche du rivage. Je m’interroge : les paquets de galets et de graviers résultent-ils du changement du régime des vagues et des courants ou de l’accumulation du ratissage des plagistes. J’ai vu des traces de râteau mais il y a aussi de tels paquets dans les endroits plus sauvages.
Spili, est pittoresque et, corollaire, touristique. Encore des nappes et dentelles, tavernes aux menus pour illettrés (des images montrent le plat); Nous achetons des souvenirs : savons translucides avec des inclusions de fleur d’oranger ou de citronnier, du miel, de l’huile en bidon et des herbes aromatiques.
C’est un centre administratif avec une grande mairie moderne, une grande église en ciment, tuiles rouges, et de vastes parkings. L’attraction est la fontaine vénitienne qui crache de l’eau par 24 bouches dont 19 lions de Venise. Hélas elle a été restaurée (trop )!On se passerait des carrelages et des regards métalliques. Les lions repeints en blanc(manie grecque), et les yeux repassés à la peinture noire détonnent.
A gauche de la fontaine un petit chemin conduit au Musée Folklorique (fermé).
D’après Hachette Évasion, une promenade d’une heure partirait à gauche de la fontaine. Selon le descriptif, elle ne présenterait pas de difficultés. La randonnée est indiquée du côté droit, à 2km il y aurait une église.
Rencontre sur le sentier
Après 250m, un balisage bleu invite à un itinéraire pédestre vers des gorges. Les 5 premiers mètres sont acrobatiques et ressemblent plus à de l’escalade sur un rocher presque vertical qu’à de la promenade. Comme les points bleus sont bien rapprochés, je me laisse tenter. Suivant ces marques, je m’élève rapidement sur la paroi et chemine sur un sentier de chèvres parmi les sauges de Jérusalem aux beaux pompons jaunes et les épineux ; A condition de bien regarder ou on pose les pieds en évitant les cailloux qui roulent, cela se grimpe bien. Petit pincement à l’estomac toutefois, à l’idée de la descente (qui se révèlera ensuite plus facile que je ne craignais). Quelques rencontres : une belle chèvre noire et ses deux chevreaux jumeaux qui détalent à mon approche ; les moutons sont plus curieux : trois têtes surgissent de derrière un rocher. Le petit bélier aux cornes recourbées me défie. Comme j’avance quand même tout le troupeau dévale la pente. Le sentier se faufile entre deux gros rochers puis descend vers une gorge encaissée.
panaghia de Lampini
Nous piqueniquons sur la place devant la très jolie église de la Panaghia de Lampini, face au monument aux morts titré EPIGRAMME pour les martyrs de 1827. Décidément la lutte pour l’indépendance contre les Turcs a fait beaucoup de victimes. Lampini est un village tout simple aux ruelles tortueuses et aux maisons chaulées de blanc. Un enterrement va avoir lieu. Les gens qui descendent des voitures sont en grand deuil et portent des bouquets de fleurs. Un homme arrive et sonne la cloche ; la corde pend à l’extérieur, chacun pourrait le faire. Je me faufile dans l’église ouverte pour l’occasion et jette un coup d’œil rapide aux fresques. Nous démarrons avant que le village n’arrive pour la cérémonie funèbre.
La route de Lampini à Karines enjambe la montagne en lacets serrés. Elle passe dans des schistes verts avec de gros rochers ronds de granite et des trace de métamorphisme compliqué. Les cultures et les vergers sont remplacés par l’élevage des moutons. Nous passons devant plusieurs grosses bergeries et croisons des pickups portant des bidons de lait. Nous retrouvons la jolie vallée découverte lundi et les sommets enneigés du Psiloritis qui étaient depuis deux jours plongés dans le brouillard. Après Karines la route continue sur Patsos Nous revoyons avec plaisir le barrage de Potami et la route spectaculaire avec les effondrements et ses roches rouges contrastant avec l’herbe verte.
Toujours dans le guide Evasion, une randonné facile part de Chromonastiri le long de la rivière de Mili : la rivière des moulins. De la route des marches bordées de peinture blanches descendent à une église cachée près du ruisseau. Malheureusement le sentier est inondé, véritable fondrière. Un verger d’orangers embaume, cela sent bon la menthe aussi. Des prêles prospèrent avec leur plumet vert clair. J’ai très envie de tenter l’aventure. Le sentier passe à gué. Tant que les points bleus m’indiquent le passage, je persiste. Rapidement, je perds les marques, sans doute sous l’eau. Je renonce à regret. Un autre accès aux moulins est possible plus bas sur la route. Une taverne occupe un ancien moulin. Le sentier est bien entretenu. Je reprends là la promenade moins parfumée. Toutefois, à l’approche du ruisseau la flaque est profonde et encore, je recule.
J’aurais regretté de quitter Agia Triada sans avoir mis les pieds dans notre village. L’église domine la route. Blanche avec un fronton triangulaire, elle parait banale de l’extérieur avec sa porte tout à fait ordinaire et son crépi sur le ciment. A l’intérieur, elle est peinte à fresques, sans doute très anciennes. Les rues du village sont étroite, trop pour que des véhicules motorisés ne s’y aventurent. Une famille de chats, peut être une douzaine, se prélasse au milieu du chemin. J’aurais bien poussé plus loin l’exploration si des aboiements dissuasifs ne m’avaient chassée.