Asta – Jon Kalman Stefànsson – Asta

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Asta, à une lettre près signifie amour en Islandais.

Attendons-nous à un roman d’amour! Dans les contes, et dans les romans d’amour il y a souvent une princesse (ou une bergère) un prince charmant (ou un valeureux amoureux), un coup de foudre et de nombreuses péripéties. Les histoires d’amour finissent mal, dit la chanson.

Pour Jon Kalman Stefansson, il peut y avoir plusieurs amours, et tous aussi passionnés et passionnants, plusieurs amoureuses pour un héros et plusieurs amoureux pour la même femme, l’un après l’autres, ou parfois ensemble. Cela complique l’histoire d’amour.

Un homme et une femme, du sexe, et éventuellement des enfants formant une famille. Dans les romans d’amours ordinaires.

Pour Jon Kalman Stefansson,existent des amours passionnés entre sœurs, frères, enfant et nourrice,  parfois des trahisons. L’amour maternel ne va pas de soi : Helga abandonne ses filles, et plus tard Asta laissera sa fille à son père et à sa belle-mère. L’amour filial non plus ne va pas de soi.

Et tous ces amours vont se dérouler pendant un demi-siècle dans le plus grand désordre chronologique. Au lecteur le soin d’être très attentif et de remettre de l’ordre dans toutes les confidences qui le submergent comme les vagues de l’océan qui refluent et se déferlent.

Au lecteur, d’attribuer les récits aux nombreux narrateurs, à Sigvaldi, tombé d’une échelle qui voit sa vie défiler alors qu’il est étendu sur le trottoir et qui la raconte à une passante, à Asta qui écrit des lettres, à l’écrivain qui a loué un chalet perdu dans un fjord de l’ouest pour rédiger son roman….au poète, frère de Sigvaldi qui rédige son autobiographie….

Rien ne se déroule comme prévu dans la quête de bonheur et d’amour. Le lecteur est embarqué dans un roman étrange, poétique qui foisonne d’amours.

Amours et littérature. Amour et poésie. L’univers d’Asta est à la fois exotique(avec neige, aurores boréales, fjords sauvages), et familier, j’aime entendre Leonard Cohen, ou Nina, il m’a fait découvrir un poème de Brecht « à ceux qui viendront après nous » et un de Cavafy 3 décembre et donné envie de lire d’autres auteurs islandais.

Un passage m’a amusée :

L’idée est ridicule. Totalement loufoque. On veut me transformer en macareux moine. En peluche pour touristes? En boutique de souvenir. En sommes-nous arrivés là, la littérature a-t-elle été repoussée dans ce périmètre, ferait-elle partie désormais du divertissement, de l’industrie? Un écrivain islandais est un macareux moine. Un jacuzzi alimenté par des sources chauds. un écrivain islandais est une aurore boréale. De l’air pur, une nature préservée. Un écrivain islandais est un produit destiné à la vente »

Laissez-vous embarquer!

La sagesse des fous – Einar Kararason

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Deux mois après notre retour, je continue l’exploration de l’Islande littéraire et je n’ai pas épuisé les ressources de la Médiathèque. Moins recommandé par les blogs de ma connaissance, je pars défricher des auteurs moins connus. 

J’ai passé un agréable moment avec les membres de la famille Killian, si nombreuse qu’on la qualifierait facilement de « tribu » tant ils sont nombreux, les enfants et petits enfants de Sigfus  « Fusi la récup », les voisins, conjoints…Une bande d’originaux et de débrouillards.

Au début, en 1924, le célèbre poète Einar Benediktsson fonde une compagnie minière sur le terrain aurifère de Laekjarbakki et charge Sigfus de l’exploitation. D’or, ils n’en extraira pas,  il fera du terrain en un casse automobile. Sa nombreuse famille grandira dans les pièces de voiture. Sigfus junior prendra la succession de son père tandis que frères et soeurs connaîtront des destinées très différentes : champion sportif et banquier, psychiatre ou aliéné, Lara épousera un ecclésiastique, Hrodny un marin pêcheur, Bardur, vivra d’expédients les plus variés entre combines et beuveries avec des compères aussi allumés.

La troisième génération, les petits enfants de Fusi la Récup, formera une cousinade originale.

Certains épisodes sont franchement drôles,  certains plus amers. Le roman se déroule à petite vitesse, le temps de dérouler les anecdotes les plus folles. j’ai adoré le sauvetage d’un navire échoué sur des rochers.

Une vision originale de la société islandaise, assez ouverte pour que dans une même famille on fasse le grand écart entre la grande bourgeoisie et ceux qui sont presque clochardisés.

 

Hypothermie – Arnaldur Indridason

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lac de Thingvellir

Dans la série des enquêtes d’Erlendur, entre la Femme en vert et l’Homme du Lac, j’ai dévoré cette histoire, avec la surprise en moins ; il faut que je freine sur les séries, l’intérêt finit par s’émousser.

Pour illustrer le voyage, pour animer des personnages dans les paysages trop vite visités.  L’action se situe à Reykjavík et dans la ville toute proche de Kopavogur mais aussi sur les bords du lac de Thingvellir dans un de ces chalets d’été que nous avons entrevus.

Erlendur,  enquête seul sur des affaires non résolues oubliées parfois vieilles de 30 ans. Cette fois-ci, il a la chance de résoudre 4 énigmes pour une seule enquête. Je ne veux pas spoiler, je ne vous raconterai rien!

Les thèmes abordés ne m’ont pas trop accrochée, la vie après la mort, les fantômes, les médiums sont bien loin de mes intérêts. J’ai mis un certain temps à entrer dans le roman, mais l’auteur sait trousser une énigme et je me suis laissée embarquer.

Maintenant je ne peux plus reculer, il faut que j’ouvre la Saga de Saint Olaf de Snorri Sturlusson même si la littérature médiévale m’intimide.

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds -Jon Kalman Stefànsson

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J’ai découvert l’auteur, Jon Kalman Stefànsson avec Le coeur de l’homme qui m’avait éblouie par la poésie, l’évocation de l’Islande des fjords de l’Est autrefois, la neige. J’ai donc téléchargé D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds impatiente de retrouver le style poétique, la neige…

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds est une saga familiale (attention en Islande, le mot saga a un sens bien précis, une saga est un texte médiéval racontant la colonisation de l’Islande par les vikings, il convient de préciser donc que cette ‘ »saga familiale » n’a rien en commun avec les sagas traditionnelles. L’histoire se déroule sur 4 générations à Nordfjördur – jadis et à Keflavik – aujourd’hui ou en 1980. 

Ari, après la séparation d’avec sa femme s’exile à Copenhague où il exerce la fonction d’éditeur. Le roman s’ouvre avec son retour à Keflavik où il a passé sa vie depuis son adolescence. Il retrouve les lieux de sa jeunesse. Sa vie, et son histoire familiale,  se déroulent en courtes séquences, flash-backs ou récits transmis à travers les générations.

Tous les touristes arrivent à l’aéroport de Keflavik. Mais une route rapide à 4 voies conduit à Reykjavik sans s’attarder dans la petite ville de Keflavik.

« Keflavik a trois point cardinaux :

Le vent, la mer et l’éternité »

Un peu plus loin l’auteur note

« L’Islande est une terre âpre, lit-on quelque part, à peine habitable, les mauvaises années. L’affirmation doit être juste. Les montagnes colériques hébergent la mort en leur sein, le vent est impitoyable, le froid glacial et désespérant. Une terre âpre où les Islandais ont été par deux fois, pour ainsi dire rayés de la carte par les famines, les épidémies, les éruptions, et dont Keflavik est sans doute la zone la plus hostile ».

Jusqu’aux années 80, Keflavik était animée par une grande base américaine et des industries alimentaires de conditionnement du poisson. Depuis, les Américains sont partis et la ville a perdu ses quotas de pêche.

Les histoires qui se déroulent dans le Nordfjördur racontent la vie traditionnelle des pêcheurs, et familles de pêcheurs.

Souvenez-vous tout comme nous : l’océan est plus vaste que le quotidien

En mer, l’homme se repose. Cet espace ouvert, cette immensité qui dépasse l’entendement vous calme, vous console, et vous permet d’envisager les problèmes avec la distance nécessaire. Les difficultés qu’on connaît à terre, l’usure, les agacements, les relations, les obligations : il suffit de porter son regard sur les vagues pour que les aspérités de l’existence s’aplanissent. Puis le vent se lève, bientôt les vagues surplombent le bateau, plus haut, toujours plus haut, les creux sont si vertigineux que les membres de l’équipage verraient presque le fond de l’océan qui semblé s’élever vers la surface pour venir les y chercher? L’humidité permanente, le labeur incessant, le travail qui consiste à remonter le poisson et le vider par tous les temps, soleil et chaleur, ,neige et froid glacial. Etre marin, c’est être libre. Mais cette liberté-là vous interdit de vous en remettre à personne, et surtout pas à vos propres prières, car la douceur du monde est demeurée à terre. Vous ne pouvez avoir confiance qu’en vous-même.

Voilà pourquoi,la mer fait de nous des hommes. »

 

Après cette conclusion, on pourrait y voir une ode à la virilité.  C’est beaucoup plus compliqué. Les femmes ont un rôle important et la fin est même un manifeste féministe.

Mais pourquoi un titre pareil? J’ai cru trouver la réponse page 397

« les poissons n’ont pas de pieds et quelqu’un qui s’avance vers la mer, ce qui n’est pas de bon augure…

mais je n’ai pas trop compris cette expression, le titre restera pour moi une énigme.

Si je n’ai pas été éblouie comme pour le Coeur de l’homme, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture qui s’est inscrite dans la suite de lectures islandaises.

 

Voyage au Centre de la Terre – Jules Verne

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Jules Verne m’ accompagne souvent en voyage. 

Fantaisie et rêverie scientifique, anticipation et toujours avec style!

Quelle documentation a dû accumuler l’auteur avant de rédiger ses romans. Je me laisse prendre à ses inventions de génie.

Pour explorer le « Centre de la Terre » le point de départ tout choisi est un volcan islandais. Hypothèse de départ assez réaliste, les touristes les plus hardis (et les plus argentés) peuvent désormais descendre dans la chambre magmatique d’un volcan éteint, ils n’auront pas la prétention de descendre plus de quelques dizaines de mètre, mais penseront peut être au voyage du Professeur Lindenbrock et à son neveu.

A l’origine du voyage, un vieux livre de Snorri Sturlussson, le célèbre auteur de l’Edda et de nombreuses sagas que les Islandais comparent à Homère. Dans le volume s’est caché un manuscrit crypté en caractères runiques  d’Arne Saknussem, célèbre alchimiste islandais dont tous les écrits ont disparu au cours des guerres de religion après la Réforme. Justement la Saga d’Olafs de Snorri Sturlusson attend son tour dans ma PAL!

C’est un plaisir de lire les interprétations des théories géologiques et paléontologiques de l’époque (le roman a été publié en 1864) . Aux théories savante le Professeur Lindenbrock veut confronter l’expérience. Le Centre de la Terre est-il très chaud ou au contraire, la Terre se refroidit-elle? L’expédition possible seulement dans la deuxième hypothèse va trancher le débat.

Le long parcours dans la galerie souterraine va permettre aux explorateurs d’observer la succession des roches métamorphiques puis des roches sédimentaires. L’Evolution se déroule à l’envers quand les héros retrouvent des plantes fossiles et des animaux préhistoriques. Oublions toute vraisemblance et suivons-les dans leurs découvertes tout en révisant les connaissances scientifiques de l’époque!

Jubilatoire!

Passage des ombres – Arnaldur Indridason

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Goupies d’Erlendur, vous serez peut-être déçues?

L’enquêteur est Konrad, à la retraite.  Il ressort  une affaire de 1944  à la suite de la mort suspecte d’un octogénaire discret et solitaire. Seule piste : des coupures de journaux traitant de la disparition d’une jeune fille. Étrangement, les archives ne conservent pas de trace de l’enquête ou d’un éventuel procès. 

Début 1944, de nombreuses troupes britanniques, américaines et canadiennes sont stationnées en Islande, dans l’attente d’un débarquement allié. L’Indépendance islandaise sera proclamée à Thingvellir le 17 juin 1944.

Quand Rosamunda est retrouvée morte par deux jeunes gens, un soldat américain et une jeune fille islandaise, la police militaire alliée enquête de concert avec la police locale. Cet afflux de soldats n’est pas sans conséquences sur la société islandaise.

« …Quittant les campagnes et leurs fermes, les gens affluaient vers Reykjavik en quête d’un avenir radieux. Un tas d’opportunités toutes neuves s’offraient à eux. Thorson ne leur avait pas parlé de la situation pour ne pas ternir la belle image qu’ils avaient gardé du pays; Ils s’était contenté de dire que l’occupation constituait un événement dans la vie de la nation et qu’elle en serait sas doute à jamais transformée. la vieille culture paysanne que ses parents avaient connue était vouée à disparaître…. »

La « situation » est le mot vague et pudique désignant les relations entre les jeunes islandaises et les soldats.

« Récemment, il (Konrad)avait lu un article expliquant que celles qui fréquentaient des soldats avaient eu pendant longtemps mauvaise réputation, mais les choses avaient évolué au fil du temps, avec l’apparition ds mouvements féministes. D’une certaine manière, la guerre aait libéré les femmes du patriarcat qui caractérisait depuis des siècles la société paysanne islandaise. Elles avaient conquis leur indépendance et c’était aussi pour cette raison qui l’opposition à ladite situation avait été aussi virulente. Les blanchisseuses qui travaillaient pour l’armée devenaient chefs d’entreprise et gagnaient plusieurs fois le salaire d’une ouvrière. Elles n’étaient plus sous la coupe de leur mari ni contraintes de trouver un époux sorti d’une ferme en tourbe : tout à coup, elles avaient la possibilité de parcourir le monde et d’aller dans des pays lointain aux bras d’un étranger. Leur esprit d’aventure s’éveillait…. » 

Cet aspect du polar est tout à fait intéressant.

Un autre éclairage concerne les croyances paysannes qui perdurent encore. Dans les campagnes la croyances aux elfes et aux trolls étaient encore vivaces. Quand une jeune fille avait subi une agression et un viol, on lui conseillait de raconter qu’elle avait rencontré un elfe. La disparition de deux jeunes filles « ayant rencontré un elfe » dans des circonstances analogues élimine la piste des soldats et oriente l’enquête vers un coupable islandais.

« Elle était très proche de la nature et aimait beaucoup sa région. Elle la connaissait parfaitement et connaissait les plantes et les oiseaux et elle…comment dire [….]Les gens comme elle croient peut être plus facilement aux elfes, aux démons, aux géants que les autres.

– Et vous vous y croyez?

 – Pas du tout […]je n’y vois qu »un phénomène social. je crois que les contes populaires nous permettent de comprendre l’univers mental des gens…. »

j’arrête ici, de peur de spoiler. Parce que c’est avant tout un polar, avec une énigme, une enquête, des personnages. A vous de les découvrir.

 

la péninsule de Rekjanes

CARNET ISLANDAIS

sous le vent l’océan déchaîné

Les prévisions de la météo sont détestables : peu d’espoir d’éclaircies, des températures proches de zéro et même de la neige en montagne.

Nous ne nous dépêchons pas de quitter l’hôtel Hafnarfjall d’autant plus que le petit déjeuner est somptueux ; je me précipite sur le hareng gras, plus rare que le saumon (je sais que certains frémissent à l’idée du hareng au petit déjeuner).

La route n°1 nous réserve une surprise, de la péninsule d’Akranes, nous voyons Reykjavik de l’autre côté du fjord : un tunnel de 6 km sous la mer nous y transporte directement.

Aux abords de Reykjavik, je règle le GPS pour trouver la route 42 à Hafnarfjördur qui traverse la Péninsule de Rekjanes. Nous passons devant IKEA, PIZZAHUT, KFC et toutes les marques mondialisées. Cette uniformisation me déprime même si IKEA est dans le style local nordique et que le Guide Vert explique la présence des enseignes américaines par la présence de bases américaines à Keflavik. Des carrières et des chantiers enlaidissent le début de la route 42.

Un gros engin de chantier barre la route à un carrefour, la piste qui y débouche est réservée aux 4×4. Hésitantes nous marquons l’arrêt. Un viking en gilet jaune se dirige vers nous à grands pas avec un regard inamical « la piste est fermée, faites demi-tour et surtout faites vite, le rallye va passer dans quelques minutes ». Nous voyons débouler des engins numérotés et crottés qui ne font pas cas de notre présence. La piste est mauvaise, nous avons hâte de trouver le goudron.

la terre fume : la pluie cinle : une vision infernale

Nous longeons un lac d’eau brune avec des oiseaux que je confonds dans la pluie et le brouillard avec la mer. La route s’améliore ensuite et traverse un champ de lave comme labourée par une charrue géante. De quel volcan proviennent-elles ?

Seltun est un site géothermique. De la vapeur sort des évents, des ruisseaux de boue dévalent de la pente. La chaleur et les réactions chimiques ont décoloré la roche, la transformant en argile beige ou gris argenté. Le sol est brun orangé. La pluie se déchaîne. Les fumerolles changent de direction sous les bourrasques. J’ai l’impression d’avoir un avant-goût de l’enfer entre vapeurs sulfureuses qui s’exhalent du sol craquelé et fissuré, et les averses qui cinglent le visage. Feu et glace selon une version diabolique.

Krysuvik était à notre programme, nous passons sans voir l’église.

Nous nous arrêtons devant le Lac Kleifarvatn qui a inspiré Arnaldur Indridasson dans L’Homme du Lac qui attend patiemment dans la PAL notre retour à Créteil. Sa couleur verte est due à une algue. Dans la tourmente, nous ne sortons même pas de la voiture pour la photo et on filme tandis que le balai d’essuie-glace passe et repasse. Mes chaussettes et mon pantalon sont trempés de la sortie à Seltun.

Enfin, nous trouvons la route 427 goudronnée qui suit la côte. Le supplice des nuits de poule s’évanouit. La mer est déchaînée. Il semble que le vent retourne les vagues et emporte vers le large la gerbe d’écume qui se soulève.

Grindavik : musée de la Morue

Grindavik (3500 ha) est un port de pêche important. La vidéo touristique d’Icelandair, pendant le vol m’avait fait croire à un petit port pittoresque avec des maisons colorées et des barques de bois. Pas du tout ! Le port est bordé d’entrepôts de tôle, hangars métalliques grosses boîtes rectangulaires où l’on stocke le poisson. Il s’agit de pêche industrielle, de congélation, d’expéditions lointaines marquant une activité dynamique pas touristique. Il y a bien des maisons colorées mais elles sont dispersées séparées par des lotissements de longues maisons basses grises toutes pareilles séparées par une petite haie avec plusieurs voitures dans l’allée du garage.

saleuse de morue

Le Musée de la Morue (Saltfish museum) installé dans un grand bâtiment moderne gris. Parking vide, personne au comptoir. La porte est ouverte. Peut-être est-ce entrée libre ?

Une exposition géologique avec des panneaux lumineux, des schémas. Beaucoup à lire, au moins une vingtaine de chapitres traitant de sujets aussi divers que le volcanisme, les types de volcans, les éruptions fissurales, la stratigraphie, les glaciations. Chaque sujet est bien expliqué mais l’ensemble est indigeste, le programme trop copieux.

L’exposition qui raconte la Pêche à la Morue est passionnante. On a affiché des photographies anciennes un peu jaunies de très grand format et placé les tables où les femmes salaient le poisson en plein air, une barque de bois montrant le retour des pêcheurs. Des pêcheurs semblent s’échapper de la belle photo du rivage. Les morues salées sont véritables si les personnages sont des mannequins de taille humaine. On a recréé l’ambiance du port autrefois.

la pêche à la morue, autrefois…

Le visiteur peut lire des panneaux intéressants ou visionner des films sur des écrans.

La pêche à la morue était destinée à l’exportation. Les pays catholiques où la viande était interdite 166 jours par an étaient de gros consommateurs de morue salée surtout la France ? L4espagne, le Portugal et l’Italie. Par ailleurs, Grindavik subissait la concurrence de la Norvège. Des guerres commerciales se menaient à grande échelle. En 1912, à la suite de la prohibition, les ventes de vin espagnols se sont écroulées ; par mesure de rétorsion, l’Espagne s’est tournée vers la Norvège. Il fallu conquérir les marchés portugais et italien. Cette géopolitique de la morue m’intéresse énormément.

Les conditions de vie des pêcheurs et des femmes qui découpaient et salaient le poisson sont illustrées par des vidéos. Malheureusement, pas en route à mon premier passage. La jeune fille chargée de les mettre en route me découvre « non ! le musée n’est pas gratuit ! » ; en revanche le café bien chaud est offert. Elle m’apprend que la tempête aujourd’hui correspond au passage de l’ouragan Dorian qui a fait des dégâts au Bahamas et qui est requalifiée ici « tempête tropicale » .

Nous continuons le tour de la Péninsule de Rekjanes et, comme à notre habitude, nous arrêtons à chaque parking pour lire les explications.

Brimketill : les coulées sont arrivées jusqu’à la mer et ont formé, selon le Guide Vert un chaudron. J’aurais été mieux avisée de prendre le temps de regarder le panneau, j’aurais su quoi chercher. Dans le vent monstrueux qui fouette le visage au bord de l’eau, je renonce à poursuivre la promenade jusqu’au bout et je n’ai pas vu Brimketill !

fumerolles

Gunnuhver s’annonce par des panaches de vapeur s’échappant du sol, soit d’évents naturels, soit captés et conduits par des tuyaux de métal brillant vers la Centrale de Gunnuhver , centrale géothermique à l’architecture très élégante et épurée, silhouette toue en courbes aux parois blanches rappelant un nuage. Elle tire son nom de la sorcière Gunne. Le site est accessible à condition de bien rester dans les chemins aménagés qui conduisent à l’observatoire surplombant le solfatare et à un second parking de l’autre côté d’un panache particulièrement dense qu’il faut traverser. Des avertissements en forme de thermomètre découragent les imprudents ; deux jeunes le traversent en courant. Je ne cours pas bien vite surtout avec mon bras en écharpe j’ai peur d’être ébouillantée.

Non loin, un phare est posé sur une colline. On continue et on le dépasse pour arriver à la mer dans un site où de noires aiguilles dépassent de la falaise. Ce vent terrible fait toujours rage, des vagues puissantes se brise en écume abondante. Le soleil perce enfin !

une passerelle entre l’Amérique et l’Eurasie

Le pont reliant deux continents est une passerelle au-dessus de la faille, un petit canyon tapissé de sable noir ; cette faille marquerait la limite des deux plaques. Je « passe en Amérique » en traversant la passerelle en reconnaissant l’approximation de cette illustration simpliste de la tectonique des plaques ; pourquoi cette faille plutôt qu’une autre dans toute la série des fractures parallèles orientées NE/SW qui hachent la péninsule de Rekjanes ?

Si le temps avait été plus clément j’aurais poursuivi la promenade au sommet de la coulée jusqu’à de très hautes falaises. Décidemment, le vent me décourage.

Hafnir

la chapelle sur la colline

Le village d’Hafnir est minuscule avec sa jolie église dont le clocher porte une large girouette. Etrangement tranquille avec la tempête d’aujourd’hui. Elle a dû en connaître des pires. Autour de l’église, des maisons aux formes et couleurs variées. Les murs sont revêtus de tôles et les fenêtres encadres de bois aux belles menuiseries.

La route 425 longe le grillage de l’aéroport Keflavik, tronçon herbu, moins pittoresque que les noirs champs de lave que nous avons traversés.

Stafnes

Le village de Stafnes a deux phares, l’un d’eux est aménagé en bistro. Il a aussi une petite église de bois sur une colline ;

Sandgerdi est plus construit. On traverse Gardur avant de trouver l’aéroport puis notre hôtel.

L’hôtel Gresteinn se qualifie lui_même de « hôtel-aéroport ». C’est une étape parfaite à moins de 10 minutes de l’aéroport. Un parking pratique, des chambres sans charme mais confortables et propres. Le service tient compte des contraintes des vols matinaux. Un petit déjeuner-buffet complet est servi pour nous à 3h45 ; la dame-gardienne de nuit tricote un pull traditionnel blanc à motifs bleus « marins » et l’exposera à la vente dans la salle à manger lorsqu’il sera terminé.

Dîner de hamburgers achetés dans un drive-in aux couleurs coca         -cola, fast-food hérités du temps de la base américaine.

Les dernières heures en Islande seront paradoxalement britanniques. La télévision écran plat est réglée sur la BBC : retransmission ce soir des Proms à l’Albert Hall, Glasgow, Belfast…Je savais la musique beaucoup plus populaire au Royaume Uni qu’en France. Comment imaginer un tel rassemblement festif, enthousiaste autour de la musique »classique ». Pas de tenues uindées (ou très peu) des petits drapeaux, des banderoles des rubans et des couvre-chefs fantaisie.

Quel plaisir de constate que les drapeaux bleus de l’Union Européenne sont presque aussi nombreux que l’Union Jack ou les couleurs locales écossaises, galloises ou irlandaises,

Quel plaisir de voir Chanter Rule Britannia sous une bannière arc-en-ciel que brandit fièrement la chanteuse.

Des britanniques si sympathiques quand on pense aux péripéties de Brexit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Homme du Lac – Arnaldur Indridason

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kleifarvatn sous la tempête

Sur les conseils d’Aifelle, de Maeve et d’autres, j’ai fait connaissance avec Erlendur, le commissaire tenace qui tente de redonner identité aux disparus et reconstituer les circonstance de la disparition. J’ai été conquise par La femme en vert que j’ai dévoré.

Quand j’ai appris que les ossements avaient été retrouvés dans le lac de Kleifarvatn que nous avons visité le dernier jour de notre voyage, je me suis précipitée. Il faut dire que nous étions passées dans une atmosphère d’Apocalypse, par une froide journée, alors que l’ouragan Dorian – reclassé tempête tropicale – sévissait sur la péninsule de Reykjanes , avec paquets de pluie et rafales, les fumerolles de la géothermie et les vapeurs méphitiques proches, et pour rajouter à l’ambiance, un rallye de jeeps et quads grondant sur la route 934!

Le lac sert de décor à l’introduction et à la conclusion du livre. J’aurais aimé en apprendre plus sur ces vidanges aléatoires.

L’auteur m’a fait découvrir un pan de l’histoire islandaise contemporaine. Pendant la Guerre Froide, les Américains et l’OTAN disposaient de bases militaires à Keflavik entre autres. Plus qu’un polar, c’est un roman d’espionnage! Tous les Islandais n’étaient pas partisans des Américains. Il y avait aussi des socialistes ou communistes qui regardaient vers l’Est et qui étudiaient à Leipzig….

Pour ne pas spoiler, je conclue : j’ai bien aimé le côté historique même si l’intrigue m’a moins scotchée  la femme en vert

 

Vallée de Hvita, Snorri et les sagas

CARNET ISLANDAIS

le temps change vite en Islande

Départ sous le soleil par un froid vif, les crêtes sont enneigées, une belle journée se prépare.

100 km sur la route circulaire qui monte sur un plateau venteux où les rafales se déchaînent : un voyant s’allume dans la voiture : 3° C risque de verglas ! La neige couvre les sommets. Les nuages s’accumulent. Quand nous passons devant le cône imposant d’un volcan, la pluie se met à tomber dru. Impossible de sortir pour consulter les panneaux. Le volcan restera non identifié.

La route 50 suit la rivière Hvita. Entre averses et éclaircies nous traversons un paysage agricole et des champs de lave couverte de mousse épaisse. Stoïques, les chevaux islandais subissent les caprices de la météo.

Deildartunguvher

source chaude

C’est la source chaude la plus puissante d’Islande (débit 180 L/sec) qui alimente le chauffage de la région et les serres. Elle sort de roches rougies dont la couleur contraste avec le tapis de mousses vertes qui la surplombe. La vapeur se répand sous les gouttes d’une pluie bien fraîche et elle ne suffit pas à nous réchauffer. Un spa luxueux est construit à proximité.

Reykolt

Arrivée par ka 518. Reykolt est un village aux maisons dispersées mais où un grand clocher marque le centre. Le haut clocher de ciment ne surmonte pas l’église traditionnelle beaucoup plus petite en bois, éclipsée par le campanile de ciment, mais le Musée Snorrastofa – centre de recherche dédié à Snorri Sturlusson (1179 – 1241) l’auteur de nombreuses sagas, de l’Edda qui est aussi un traité de poésie, de l’histoire des Rois de Norvège et qui est présenté comme le plus grand écrivain du 13ème siècle, presque un équivalent d’Homère. Depuis deux semaines, je tourne autour des héros des sagas sans en avoir lu une seule. Nous sommes passées dans le pays de Grettir, de Njall-le-brûlé, d’Egill ou d’Olaf. Mais par quelle saga commencer ? Les sagas racontent la colonisation de l’Islande par les Vikings ce sont des récits littéraires écrits deux siècles après les faits historiques (un peu comme Homère et la Guerre de Troie). A l’époque de la Colonisation, les Vikings étaient encore païens tandis que Snorri est un homme cultivé, latinisant (comme tout européen chrétien du 13ème siècle), connaissant les textes antiques. Snorri était un diplomate qui a voyagé d’Islande en Norvège. Une reproduction montre Snorri à Thingvellir où il a exercé la fonction de secrétaire de séance de l’Althing, le Parlement. Je sors du musée avec la résolution de lire au moins une saga.

Snorri à Thingvellir

Visite à la petite église (rénovée au 19ème siècle), simple, sobre comme toutes les églises luthériennes : un tableau derrière l’autel, une chaire à prêcher en bois. L’objet le plus précieux est un mignon harmonium.

La pluie recommence à tomber d’abondance, je renonce à aller voir le bassin de Snorri (vestige archéologique).

20 km plus loin, sur la 518, sous des nuages menaçants, nous trouvons les deux chutes d’eau Hraunfossar et Barnafoss, deux cheminements relient les deux cascades, une promenade agréable

Hraunfossar ne ressemble pas aux cascades puissantes et hautes et impressionnantes comme Dettyfoss ; d’un mur de basalte, se déploient des dizaines de cascatelles sortant de la falaise entre mousses et buissons, se rejoignant, divergeant pour rebondir en rapides dans le lit de la rivière bouillonnante.

Barnafoss s’écoule entre des rochers aux formes fantastiques, arche et bassin.

Un arc en ciel décore le ciel au-dessus de Hraunfossar. La photo serait merveilleuse si tout le monde n’avait pas eu la même idée simultanément : faire un selfie, une chinoise en rose, une chinoise en rouge, des indiennes…le monde entier aura sa photo d’arc de triomphe sauf moi qui voudrait la cascade toute seule.

serre chauffée à la géothermie

Devant la serre des tomates de Deildartunguvher, un foodtruck vend des hot-dogs ou des fish&chips à consommer sur des grandes tables à l’intérieur de la serre. Je suis surprise par l’abondance des tomates à différents stade de maturation et par les variétés de la tomate cerise en grappe à la grosse tomate.  Elles poussent en pleine terre, des bâches en plastiques permettent de cueillir les fruits. De fins tuyaux irriguent en goutte à goutte. Les plant s’accrochent à des fils verticaux et sont taillés avec soin,

Borganes : Settlement Center

Le dépliant promet une visite en 15 langues et deux expositions. J’ai craint quelque musée interactif avec écrans et réalité virtuelle, pas du tout ! Les audioguides sonorisent une déambulation devant des vitrines où des objets réels voisinent avec des personnages en bois ou en pâte Fimo et des cartes en relief. De l’artisanal, du brut, du naïf qui raconte une histoire ou plutôt deux, celle des premiers colons au 9ème siècle et la saga d’Egill.

Casque sur la tête, ipod au revers de ma veste je regarde le drakkar dans la vitrine avec famille, esclave et bétail, prêt pour la traversée de Norvège en Islande, pour éviter de charger l’embarcation on n’avait emporté que des petits animaux, des agneaux et des veaux…le narrateur raconte le destin de chacun des personnages. Il est extraordinaire que les premiers colons soient connus par leur nom qui se retrouvent dans la toponymie islandaise. L’île n’était pas une lande déserte mais couverte d’épaisses forêts. Les colons devaient remonter le cours des rivières.

L’autre récit : la Saga d’Egill  est l’œuvre de Snorri. Egill déjà enfant avait un caractère impossible, désobéissant à ses parents, violent jusqu’au meurtre gratuit. Il a navigué jusqu’n Norvège et en Angleterre. Histoire de meurtres, de jalousies, de rancune et même de sorcellerie. Cette saga est un roman d’aventure. Les sculptures en bois grossier ne sont pas toutes très jolies mais elles s’accordent avec le caractère grossier et violent du personnage et me touchent bien plus que les images virtuelles de 1238 .

ciel du soir

L’hôtel Hafnarfjall se trouve 4 km après la sortie de Borganes, passé le pont près d’une plage. L’accueil est chaleureux. On nous a réservé une « cabine » , cube en bois but sur une estrade de planches vitrée sur un côté. Le parquet est en pin blond ; les meubles raffinés : une table bistro foncée, un confortable canapé de cuir noir et une table basse en bois flotté. Cuisine équipée et complète ; nous dînons au coucher du soleil. Le ciel prend des teintes extraordinaires de rose, orange, violet au-dessus de la mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tour de Vatnsnes – Hvammstangi

CARNET ISLANDAIS

Vatsansnes

Après une série de jours pluvieux nous de croyions plus au retour du soleil. Ce matin, il fait froid (6°), il a neigé sur les crêtes et le soleil brille ?

La piste 711 fait le tour de la péninsule de Vatnsnes. Rouler sur piste nous inquiète un peu, mais l’excursion est conseillée dans le Roadbook. C’est une piste carrossable. Il ne faudrait pas qu’on crève avec l’une qui ne peut pas se baisser et l’autre d’une seule main, changer une roue c’st mission impossible. La piste 711 traverse une campagne herbue au relief plutôt mou où se prélasse en nombreux méandres une petite rivière qui se jette dans le fjord par une lagune bordée par un cordon de sable noir. Comme nous prenons notre temps pour prendre des photos nous sommes rattrapées par les touristes qui se pressent à Hvitserkur célèbre arche qui sort de l’eau. On peut la photographier du belvédère ou faire un selfie sur la plage avec le rocher derrière soi ; le sentier est bien raide et bien glissant, je ne peux pas me permettre une seconde chute, je renonce à la plage.

Hvitserkur

La piste est bien roulante, étroite mais avec des passing places pour se croiser signalés par la lettre M. Ces petits parkings sont parfaits pour les arrêts-photos. Le tour de la péninsule fait 70 km, nous y consacrons une demi-journée.

Sans village indiqués par la carte, j’imaginais la péninsule déserte. Les cabines de vacances, les fermes se succèdent, dispersées certes, mais nous n’avons pas l’impression de désolation que nous avons ressentie dans la lande roussâtre hier. Un petit village avec une église au clocher pointu se niche dans un creux.

Illugastadir : observation des phoques

phoques

Deux sites sont aménagés pour l’observation des phoques : parking, toilettes impeccables mais payantes, un sentier gravillonné minant à la plage et des panneaux. On y raconte un fait divers sanglant, au début du 19ème siècle, un poète, coureur de jupons fut tué dans son lit avec sa maîtresse à l’instigation de sa femme. Un autre écriteau nous incite à rester sur le sentier pour ne pas déranger les oiseaux. C’est un site de nidification des eiders. J’ignorais que ces canards sauvages puissent être familiers des humains qui rassurent les canes en éloignant les prédateurs et leur fournissent même du foin pour rendre le nid encore plus confortable. En échange, les Islandais récoltent les plumes abandonnées dans les nids que les canetons ont quittés. Le duvet est un si bon isolant que la cane peut quitter la couvée les œufs restent chaudes jusqu’à son retour. Aujourd’hui les eiders sont absents ;

Au bout du parcours, la colonie de phoques est bien là, une quarantaine d’individus protégés par un bras d’eau. On a aménagé une cabine d’observation vitrée et fermée et on décrit les caractéristiques des deux espèces présentes : phoque gris et harbour seal (phoque des ports ??), le panneau explique aussi la reproduction de ces animaux. Il est amusant de remarquer que la femelle phoque est appelée « cow » et le mâle « bull ». Les phoques sont paisibles. Ils sont un peu loin pour la photo.

Rassemblement des troupeaux

Un curieux parc à moutons ressemble à une grande roue, avec en son milieu un cercle et des sortes de rayons qui délimitent des secteurs. Les bergers à pied avec leurs chiens ou sur des quads font entrer les moutons dans le petit cercle. Ils examinent les numéros sur des plastiques agrafés à l’oreille et trient les animaux en reconstituant les troupeaux de chaque propriétaire qui les enfermera l’hiver dans les bergeries respectives. Voilà pourquoi nous n’avons jamais vu de troupeau : les moutons, en l’absence de prédateur paissent librement dans la lande l’été et se dispersent.

Hvammstangi

Nous arrivons à l’heure du déjeuner à Hvammstangi. Un seul restaurant est ouvert aujourd’hui au- dessus du Musée des Phoques : belle terrasse au-dessus de l’eau, salle très claire vitrée, décoration sobre mis élégante, des brindilles de saule dans des bouteilles, des bougies sur des galets, des lampes en pierre de lave, le chic scandinave ! Les soupes de poisson sont surprenantes : la serveuse arrive avec une grande assiette contenant des crevettes, un palet rond, des petits morceaux de poisson ; comme par magie, elle nappe le tout dans une bisque épicée qu’elle verse d’une grande saucière et qui est relevée avec de l’oignon vert, des graines de pavot et de l’huile d’olive. Le poisson est excellent « cod » dit la serveuse. Du pain brun est présenté dans un seau, le beurre fondant est disposé sur des galets. Repas gastronomique très réussi. Depuis le temps qu’on attendait !

Centre des phoques

Le petit musée expose des phoques empaillés, une barque utilisée autrefois pour la chasse aux phoques et une belle expositions de photos sur le thème des »humeurs du phoque ». Il y a également beaucoup de lecture. Les panneaux bilingues que je lis consciencieusement décrivent les différentes espèces de phoques et la pêche traditionnelle. Les Islandais mangeaient ou salaient la chair, utilisaient la graisse pour l’éclairage, les peaux pour la tannerie et les chaussures. Cette activité est en déclin.

Le centre n’est pas uniquement un musée pour distraire les touristes, c’est également un centre de recherches qui expose les résultats :

la part du saumon dans le régime alimentaire des phoques. Les pêcheurs voient d’un mauvais œil ce concurrent. Ils pourraient consulter les études : la part du saumon est minime par rapport à celle des harengs, poissons plats et autres espèces ;

Autre sujet étudié : le comportement des touristes vis-à-vis de la colonie des phoques ou comment faire une pédagogie bien ciblée.

Un beau film termine la visite .

Sur la place une « Galerie » vend des objets d’artisanat, des sculptures, du tricot ; au grenier on peut visiter un bric-à-brac au nom de « musée » qui rassemble des objets de la vie quotidienne un peu oublié comme machine à écrire et à calculer et même un vieux moniteur d’ordinateur.

Nous allons acheter un bandeau au magasin d’usine de tricotage qui propose divers pullovers, vestes ou bonnets…à des prix légèrement inférieurs à ceux des boutiques. Les pulls faits main sont inabordables autour de 23 000 ISK (170€) j’emporte comme souvenir un bandeau en jacquart blanc-gris, souvenir utile quand le vent rugit dans les petits saules.

Stora- Ageirsa

Nous ne voulons pas quitter Stora Ageirsa sans une visite à ses deux cascades. La plus grande, Kolugjufur est un peu plus loin. La légende raconte qu’une femme-troll aurait creusé l’étroit canyon dans lequel la rivière s’écoule.

L’autre cascade beaucoup moins imposante est en face du Hot tub dont j’enrage de ne pouvoir profiter avec mon bras cassé. Deux bancs sont immergé en face.

 

 

 

 

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