Je chemine avec Angélique Kidjo

MOIS AFRICAIN

Angélique Kidjo à Bonneuil le 3 octobre 2021

Dimanche 3 Octobre 2021, Bonneuil, premier concert de la saison pour moi. Quel plaisir! quelle pêche! quelle ambiance! Tout le monde debout à danser, à chanter. Le 3 octobre 2020 à la Maison des Arts de Créteil, il y a tout juste un an, c’était aussi avec Angélique Kidjo que nous retournions au spectacle après le confinement (et avant le nouveau confinement) plus timidement, je n’avais pas osé me lever et étais restée soigneusement dans les distances de sécurité, bien masquée.

Deux concerts différents. Celui de 2020, était plus dédié à toutes les femmes : Myriam Makéba, Célia Cruz, Aretha Franklin j’avais été surprise de l’entendre chanter aussi bien en Anglais, qu’en Espagnol. Celui de 2021 fait suite à la sortie d’un nouveau disque : « Mother Nature » toujours féministe, mais plus concerné par le Climat et la Pandémie. 

J’ai eu envie de mieux connaître cette artiste et coïncidence : par la page Facebook du MOIS AFRICAIN j’ai trouvé le livre JE CHEMINE AVEC ANGELIQUE KIDJO que je me suis empressée de lire. C’est un livre d’entretien, questions/réponses (161 pages) menés avec Sophie Lhuillier.

Lecture facile, entretiens vivants suivant l’ordre chronologique où la chanteuse raconte son enfance au Bénin, enfance heureuse dans une famille qui l’a soutenue, elle parle de ses grands-mères, des femmes puissantes, de ses parents qui ont élevé leurs filles comme leurs garçons (ce qui n’allait pas de soi au Bénin à l’époque), qui l’ont soutenue dans son choix précoce de devenir chanteuse.

1983, arrivée au pouvoir de Mathieu Kérékou, Angélique Kidjo refuse de devenir chantre de sa propagande et préfère prendre la route de l’exil en France (elle est née avant l’Indépendance du Bénin, donc française). Là, elle découvre le racisme et doit recommencer sa carrière de zéro. Elle fera des études de chant, et surtout de très belles rencontres : son mari musicien, mais aussi des jazzmen, des musiciens en France d’abord, aux Etats Unis ensuite, même à Cuba et au Brésil.

En dehors de sa carrière (4 Grammy Awards), des concerts dans le monde entier Angelique Kidjo dit que « chanter est une responsabilité » C’est donc une artiste engagée qui sera ambassadrice de l’UNICEF et surtout s’engagera dans sa fondation BATONGA ONG œuvrant pour l’éducation des filles en Afrique au Bénin mais aussi dans d’autres pays d’Afrique. Engagement féministe, écologique, Angélique est une citoyenne du monde qui fédère toutes les cultures. Elle chante les musiques traditionnelles d’Afrique mais pas que. Elle retrouve les racines africaines de la Salsa, de la Soul, et se frotte aux musiques classiques contemporaine, avec John Cage, entre autres. Elle est là où on ne l’attend pas. 

Dans le bleu, Angélique Kidjo dans les écouteurs….

Et comme j’avais envie d’en savoir plus, de l’entendre à nouveau, j’ai vraiment cheminé avec Angélique Kidjo avec l’appli Radio France et les nombreux podcasts que j’ai pu trouver. 

Une journée particulière France-Inter : Sans le courage des femmes, le monde s’écroulerait CLIC

France Culture :  la grande table/ angélique Kidjo la voix de l’engagement CLIC /

Et il y en a eu beaucoup d’autres, pour le plaisir de la musique…..

Tour de la Pointe de Plougrescant

CARNET DU TREGOR

La Pointe de Plougrescant est délimitée par l’estuaire du Jaudy et Tréguier à l’est et la petite anse de Gouermel à l’ouest. L’appli Visorando propose de   démarrer le circuit au village de Plougrescant (attention à prévoir le pique-nique avant pas de ravitaillement) puis de suivre la route jusqu’à la Baie de l’Enfer où un ruisseau Le Lizildry a son estuaire. On trouve le sentier côtier GR34, bien fléché qu’il suffira de suivre. L’avantage de l’application Visorando est le GPS : un point bleu géolocalise la randonneuse qui se trouve rassurée(il m’arrive de prendre la direction inverse et de perdre du temps) .

Porz Scaff bel endroit pour un pique-nique

Le lieu-dit de L’Enfer se trouve dans l’ombre ce matin à 9h30, rien d’infernal, la campagne est riante. Le GR bien balisé longe la côte dans un sous-bois très frais sous des hêtres et des châtaigniers. le sentier est bien entretenu. Quand on aborde des propriétés privées une corde toute neuve court entre des piquets de bois, aucune chance de se perdre.

Castel meur

Je longe des champs de choux et arrive au lieu-dit du Castel  avec des maisons anciennes de pêcheurs. je retrouve Dominique à côté de la Pointe du Château puis à la Maison du Littoral (grand parking) proche de Castel Meur – la petite maison en encastrée entre les gros rochers . Cette section du sentier littoral est spectaculaire et facile. 

Buguélés

De Porz Scaff à Gouermel, j’abandonne le parcours de Visorando pour rester sur le sentier côtier qui est parfois séparé de la côte plate par de petites lagunes.  J’arrive sur la pointe de Buguélés rocheuse et festonnée mais le sentier se perd. Comme c’est marée basse je descends sur l’estran et galère un peu sur des rochers glissants. 

 

Retour à Lemberg Philippe Sands

HOLOCAUSTE/PROCES DE NUREMBERG

Lemberg, capitale de la Galicie province autrichienne, Lwow polonaise après la Guerre de 1914-1918, Lviv ukranienne où se côtoyaient Polonais, Juifs, Ukrainiens. Philipp Sands mène l’enquête sur les traces de son grand- père Léon Buchholz, né en 1904 à Lemberg, discret tellement discret sur son passé.


Sands est avocat, juriste auprès de la Cour Internationale, spécialiste en Droit International. Retour à Lemberg revient sur le Procès de Nuremberg où les dignitaires nazis et bourreaux furent jugés : parmi eux, Hans Frank, avocat, conseiller du Führer et Gouverneur de Pologne occupée qui est passé par Lemberg en 1942. Sands fait la biographie de deux juristes qui  ont étudié à Lemberg et siégé au Tribunal de Nuremberg et apporté leur contribution au Droit International. Hersch Lauterpacht, professeur de Droit International, et Raphael Lemkin, procureur et avocat. Ces trois personnages ont échappé aux massacres en ayant émigré à temps mais ont perdu dans l’Holocauste pratiquement toute leur famille. Lauterpacht introduit dans le Droit International la notion de Crime contre l’Humanité, tandis qu Lemkin définit le concept de Génocide. Pour le lecteur moyen, ces deux concepts recouvrent à peu près la même chose, mais pas pour le juriste : Le Crime contre l’Humanité considère les individus et les responsabilités individuelles, principalement dans le cadre des crimes de guerre. le Génocide, en revanche considère des groupes persécutés en tant que groupes comme les Juifs par les nazis, ou les Tsiganes. Une grande partie du livre s’attache à ces deux concepts, leur acceptation ou leur refus par les puissances alliées à Nuremberg. Pour moi qui n’ai jamais étudié le Droit, cet aspect de l’essai de Sands est tout à fait nouveau et intéressant.  

Cette enquête, presque policière, méthodique, imaginative, s’appuyant sur de maigres preuves, parfois une signature, un graffiti,  à l’envers d’une photo, est tout à fait passionnante. Sands cherche des témoins, il est temps, les survivants sont bien vieux

J’ai pensé à deux lectures récentes : Les Disparus de Mendelsohn et Faux Poivre de Sznajder, enquêtes sur des parents morts  dans l’Holocauste. Les Disparus sont sans doute plus littéraires, mais l’aspect juridique du Retour à Lemberg m’a beaucoup intéressée. 

Middlesex Jeffrey Eugenides

DE SMYRNE A DETROIT

Ce gros pavé de plus de 500 pages,  est resté dormant dans la liseuse, je l’avais téléchargé en anglais  et j’ai longtemps hésité à l’ouvrir. Une fois commencé je ne l’ai plus lâché.

Cette saga commence en Anatolie, dans le petit village de Bithynios au- dessus de Bursa en 1922 où Desdemona et Elefteris vivent de la sériciculture. La jeune fille élève des vers à soie, son frère les vend en ville. C’est le temps de la Grande Idée Grecque ; rapidement l’armée de Kémal chasse les Grecs de leur village. Incendie de Smyrne et émigration aux Etats Unis à Detroit où la génération suivante va s’adapter puis faire fortune.

Calliope-Cal, le narrateur, naît à Detroit, la cité de l’automobile, qui se paupérise. Les émeutes raciales de Detroit en 1967 chassent les Blancs de la ville vers des banlieues plus chic. Les émigrants Grecs ont bien réussi ; ils sont devenus de vrais américains républicains…Histoire d’une émigration, d’un exil mais aussi d’une intégration réussie.

Middlesex est aussi l’histoire étonnante de Calliope, née fille qui se révèle garçon , Cal, à l’âge de la puberté. Hermaphrodite, intersexe, histoire de genre qui n’est pas simple. Qu’est-ce qui définit le genre? La morphologie des organes génitaux? les Chromosomes XY, les hormones déterminées par des gènes situés sur d’autres chromosomes, ou l’éducation. Élevée 14 ans comme fille, quelle sorte de garçon Cal sera-t-il? La solution que préconise le médecin spécialiste serait plutôt une opération et un traitement hormonal qui maintiendrait Calliope dans son statut de fille. En plus d’un roman historique et d’une histoire d’apprentissage, l’auteur aborde aussi les raisons médicales de cette anomalie.

Mais je ne vais pas tout vous raconter! C’est un livre passionnant et une lecture addictive. 

les chapelles de Penvenan

CARNET DU TREGOR

Chapelle de Port-Blanc

Nous avons vu ces chapelles, cet hiver, fermées. Les Journées du Patrimoine sont l’occasion d’en découvrir l’intérieur. Nous avons passé une bonne partie de l’après-midi à une sorte de rallye d’une chapelle à l’autre.

En route d’abord pour Port Blanc

L’estran est découvert à marée basse. Il se déroule une course à pied : Le Trail de l’Estran sous le patronage du Télégramme de Brest. Les coureurs passent par petits paquets, groupes d’amis ou en famille. Une voiture s’arrêt « Vas-y Papa » . Je voulais justement emprunter leur parcours. pas de problème, le commissaire de la course m’engage à marcher : » Au moins vous aurez le temps de profiter du paysage » . Trois dames de mon âge me demandent : « vous avez vu les coureurs? » moi :« oui devant! » – « bien sûr devant! » rigolent les coureuses qui n’ont aucune prétention de battre des records mais plutôt de finir le parcours. Ils courent sur le sable puis sur les galets, enfin sur les rochers. Comme c’est peu confortable en sandales je monte sur la digue où se trouve le GR 34

Premier pique-nique : crevettes grises,  nos préférées.

L’après midi est dédié aux chapelles ouvertes exceptionnellement aujourd’hui.

Chapelle Notre Dame de Port Blanc

la chapelle est fleurie comme pour un mariage

Bien cachée à l’écart du village, son toit à deux pans surgit de la pelouse, on la croirait enterrée. Elle est très ancienne. Au XIIIème il y avait là une tour de guet. Pour l’occasion des Journées du Patrimoine, on a décoré la chapelle avec de grosses têtes d’hortensias bleus comme pour un mariage. Deux belles maquettes de voiliers(sans doute des ex-votos) pendent du plafond. Dans un coin la chaire à prêcher est peinte avec un décor floral. 

Chapelle de Saint Gonval

Chapelle et tumulus de Tossen

Sur la route de Buguélés. c’est une chapelle toute simple rectangulaire de petite taille, moderne (1914-1915). Elle est décorée de statues anciennes en bois. 

A proximité de la chapelle ; un alignement de dalles de granite en cercle : reste du tumulus de Tossen du néolithique moyen (2300 av. J.C.). ces pierres entouraient la base d’une colline artificielle de 10 m de haut? 

Saint Nicolas de Buguélés

Construite au Moyen Age, elle fut gravement endommagée au XVIème siècle et rebâtie à cette époque. L’aménagement intérieur le plus remarquable est un balustre (1649) séparant le chœur de la nef. le bois est gravé d’une inscription. 

Une dame et une petite fille m’accueillent gentiment et me donnent l’historique de la chapelle sur une feuille dactylographiée. La petite fille est toute fière de m’annoncer que c’est sont arrière-arrière-grand-père qui a réalisé la maquette de bateau suspendue. 

Saint Gonéry de Plougrescant

Le curieux cloché cassé de Saint Gonéry

le clocher de bois recouvert de plomb penche curieusement. L’enclos paroissial a une belle chaire à prêcher extérieure?

J’ai la chance d’assister à une visite guidée. Le conférencier détaille les fresques du plafond de bois peint au 15ème/16ème siècle et restaurées avec des couleurs très vives.

Adam et Eve au Paradis avant la Chute

Sur me registre du haut est figurée la Genèse. Adam et Eve, au Paradis nus sont curieusement  couverts de feuilles sur une sorte de collant. Après la Chute, ils trouvent des outils : une houe pour travailler la terre et une herminette pour construire une maison. Eve a une quenouille pour filer. Sur trois tableaux on constate l’amélioration de la maison et des habits. naissance de Caïn puis celle d’Abel, Caïn est déjà jaloux et se cache derrière un pilier.

Résurrection de Lazare

Le registre inférieur relate les scènes de la vie du Christ ; Résurrection de Lazare, la Cène et la Trahison de Judas?

la Cène

Le grand tombeau de pierres est celui de l’évêque Halesgoet.

Plougrescant

Il fait si beau que nous n’avons pas envie de rentrer. Arrêt à Porz Scaff. je suis le sentier côtier jusqu’au site du Gouffre parmi des rochers spectaculaires. 

L homme qui plantait des arbres Jean Giono

Nouvelle écrite en 1953 à la demande du Reader Digest, traduite en de nombreuses langues. « C’est un des textes dont je suis le plus fier » affirme l’auteur .« Alors offrons ce texte de révolutionnaire à tous nos amis, poussons-les eux aussi à changer le monde pour que nos petits gestes en apparence inutiles s’accumulent. »Des décennies avant La part du colibri de Rabhi, Jean Giono présente un homme exemplaire, un berger solitaire, dans une Provence quasi-désertique qui se donne la mission de semer des glands. Deux Guerres mondiales plus tard, des forêts verdoyantes ont modifié le paysage, jusqu’au climat et à l’hydrographie. « Il avait jugé que ce pays mourait par manque d’arbres. il ajouta que, n’ayant pas d’occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de chose »Je savais que cette nouvelle était une fiction, et j’ai voulu y croire. peut-être que j’y crois très fort.

Promenade dans Tréguier – maison d’Ernest Renan

CARNET DU TREGOR

Tréguier maisons à pans de bois. A droite la Maison de Renan à gauche « à vendre »

Sous un soleil radieux, cette Journée du Patrimoine est l’occasion de nombreuses visites qui commencent toutes à 10h30. Je peux flâner dans la ville en attendant.

Parking place des Halles juste en dessous de la cathédrale Saint Tugdal  Autour de la Place des Halles : d’un côté des maisons à pan de bois curieusement incurvées au premier étage, en face le mur du cimetière fleuri d’une épaisse guirlande orange et rouge  surfinias mélangé à d’autres fleurs. En dessous la fine table de pierre des poissonniers les jours de marché (le mercredi)

Cathédrale de Tréguier : remarquer les couleurs des cartes coeur, pic carreau et trèfle sur le clocher

En face de la Cathédrale Saint Tugdal, Autour de la place : pâtisseries, cafés, boutiques diverses. Je monte par les rues qui se faufilent entre maisons à pans de bois et façades de granite élégantes et qui conduisent aux austères bâtiments d’un couvent. Lorsqu’on découvre la ville de Tréguier on est impressionné par l’importance de ces bâtiments ecclésiastiques, Palais épiscopal, Séminaire, monastères, couvents…

Tréguier La Douleur

Je retourne à la voiture poser les pâtisseries du pique-nique de midi et emprunte un nouvel itinéraire, le long du cimetière pour arriver à l’Hôtel de Ville après avoir traversé un jardin ressemblant un peu à un labyrinthe avec des rangées de charmilles. Je passe sous un porche pour me trouver de l’autre côté de la Cathédrale devant une belle statue de pierre sombre : La Douleur – monument aux morts de la Grande Guerre ; une veuve est assise, elle porte la coiffe de Tréguier. Du coin de la place s’élève une rue bordée de maisons de notables aux façades soignées. Des venelles aux vieilles pierres de granite émoussées fleuries de pâquerettes des murailles (Erigeron karvinskianus) au feuillage très léger comme de l’asparagus. L’une d’elle est la Venelle des Trois avocats, quel nom pittoresque!

la Maison de Renan

Renan et Athéna sur la place de la Cathédrale

10h30, retour sur la Place des Halles pour la visite de la Maison de Renan. C’est une maison à pans de bois peinte en orange. Maison d’armateur, les notables les plus riches de la ville, située dans une rue qui descend vers le port. Elle est même équipée d’une vigie, pièce sous le toit permettant à l’armateur de surveiller ses navires rentrant au port. 

Ernest Renan

 

La visite commence par un vidéogramme de 20 minutes. je connaissais le nom de Renan, je savais qu’il avait écrit La Vie de Jésus qui avait fait scandale en son temps mais j’ignorais tout de l’homme. Ernest Renan est né à Tréguier en 1823. Il a fait dans la ville ses études secondaires. Elève brillant au séminaire, il se destine d’abord à la prêtrise puis s’en détourne et étudie à paris les textes sacrés en latin, grec et hébreu, devenant un spécialiste en philologie. Napoléon III lui confie une mission archéologique en Palestine « en Phénicie » . Il rédige La vie de Jésus à son retour. Sa parution fait scandale et il est révoqué de son poste au Collège de France, poste qu’il retrouvera en 1870. Il voyage aussi en Grèce, ce qui explique la statue de la place en compagnie d’Athéna, déesse de la raison. Un nouveau scandale éclata quand on érigea la statue. A ma suite de manifestations houleuses on décida d’installer un calvaire pour contrebalancer la statue laïque. 

Deux pièce à l’étage contiennent des souvenirs de Renan. Dans une pièce on a reconstitué le bureau du collège de France avec sa bibliothèque. Une exposition de photographies de Nadar est particulièrement bienvenue. Les portraits de contemporains de Renan font revivre la vie intellectuelle de cette époque. On y voit George Sand, Garibaldi, Victor Hugo, Sainte Beuve, Gambetta, les frères Goncourt….Chaque portrait est accompagné d’une notice biographique présentant le personnage et un court texte de Renan. Admiratif pour Hugo et George Sand, vacharde pour Sainte Beuve et les Goncourt.

Renan est considéré comme le précurseur de la Laïcité préconisant dès 1871 la Séparation de l’Eglise et de l’Etat.

J’ai beaucoup aimé cette exposition et téléchargé La Vie de Jésus. 

Arrivée à Plouguiel – jardin Le Kestellic

CARNET DU TREGOR

le manoir et le Jaudy

Ce « jardin suspendu » se  trouve sur une pente très raide  dominant l’estuaire du Jaudy. 

Son histoire remonte à 1880 quand Aristide Tallibart, un marchand revenant de Constantinople, fut mis en quarantaine au pied du roc et imagina d’y construire une villa d’inspiration orientale. Son fils bâtit au début du XXème siècle un  manoir néo-breton. En 1965, le nouveau propriétaire, ingénieur agronome,  dessina un jardin où se mêlent essences exotiques et indigènes. C’est donc un parc bien installé avec des arbres de haute taille, acclimatés depuis des décennies, pour figurer des zones climatiques (méditerranéenne, australe, himalayenne). Des sentiers serpentent en longues boucles, descendant la pente pour arriver au bord  de l’eau pour arriver au manoir fleuri (salon de thé).

Kestellic

Cette promenade est un enchantement parmi les hortensias et hydrangeas, aux grosses têtes fleuries bleues, blanches ou roses, certaines très originales. On passe des ruisselets qui vont de sources en bassins sous des bosquets.

Kesetellic hydrangéa bleu

Il était temps de venir : ce sont les derniers jours avant la fermeture hivernale!

le Jaudy

 

Autour de Portsall sous la pluie

CARNET DES ABERS

Pluie vent et vagues

La météo est exécrable mais on ne se laissera pas intimider! 

Quand nous arrivons, le port de Portsall est très tranquille ce mardi de fin septembre. Je trouve les balises du GR34 rue des Pêcheurs. Il passe entre les maisons sur de petites rues puis suit la côte découpée de pointes rocheuses terminée par des rochers spectaculaires. Je retrouve Dominique garée devant un minuscule port, pas de quai mais une dizaine de bateaux à l’eau.

limicoles

En face, la très belle plage de sable  de Tréompan. J’aimerais la parcourir pieds nus mais il fait très frais et j’ai peur de ne pas passer les barres rocheuses qui coupent la plage. La mer est haute mais de faible coefficient. Cela passe. Une volée de limicoles s’est posée : gravelots, courlis ou bécasseaux. J’ai encore oublié mes jumelles. La pointe est sableuse et annonce les Dunes de Tréompan et la Plage des Trois moutons.

Depuis le début du séjour, nous avions décidé d’aller au restaurant le premier jour de pluie. Nous n’avons donc pas emporté de pique-nique. Ce matin les restaurants de Portsall étaient fermés. Le soleil se pointe : nous allons faire les  courses à Ploudalmezeau. Le chantier qui barre la route va nous compliquer les trajets toute la journée (le GPS l’ignore et nous dirige vers cette tranchée infranchissable). Dans un si petit bourg Leclerc a installé un magasin gigantesque où je trouve crevettes, salade carotte, ananas et surimi. 

L’après-midi,  nous explorons la côte au Sud de Portsall. 

Kersaint

Kersaint, juste à la sortie de Portsall possède une magnifique chapelle : Notre-Dame-du-bon-secours (1518). Kersaint « village des saints » doit son nom aux deux saints, Saint Tanguy et Haude. Selon la légende, Tanguy aurait décapité sa sœur Haude près d’une fontaine. Trois vitraux (1901) et deux statues rappellent cette histoire. De beaux vitraux contemporains très lumineux éclairent cette chapelle, église et sonorisée. l’association locale invite aussi à consulter leur site web

Donjon de Trémazan

Un peu plus loin dans les terres se trouve le puissant donjon de Trémazan. Donjon carré XIV ème siècle appartenant à la famille du Chastel.

le GR34 suit la côte en corniche (parallèle à la route touristique) jusqu’au petit village d’Argenton. 

chapelle Saint Samson

Sous une pluie battante nous faisons halte à la petite chapelle Saint Samson, toute petite, isolée dans la lande. A côté, une croix et une dalle. Autrefois il y avait un menhir miraculeux : il suffisait de se frotter le dos pour se débarrasser des rhumatismes. Construite en 1785, elle est toute simple. Saint Samson ait un moine gallois venu au VIème siècle évangéliser la Bretagne. 

Après Argenton, la côte devient plus échancrée, découpée avec des pointes, des îlots, des roches émergées. 

Saint Gonvel

La Chapelle Saint Gonvel est bien cachée à proximité d’un dolmen dans un écrin de verdure. Si j’avais eu l’information sur place, j’aurais cherché la stèle gauloise couchée à un angle. Le dolmen est d’approche difficile, on l’a juste entraperçu. 

A la pointe on signale des fours à goémon. Tout le long du littoral on peut retrouver ces anciens fours où l’on calcinait le goémon pour récupérer les cendres riches en soude qui servait, entre autres – à l’industrie du verre.  En général il s’agit d’une simple tranchée bordée de pierres mais ici il semble que ce soit un complexe plus important. 

Nous poursuivons la route jusqu’à Porspoder. Sous la pluie le village n’offre pas son visage le plus avenant. On s’engage dans la petite presqu’île du Vivier. Il y a bien des viviers mais on n’y vend ni huitre ni moules. Ce sont des bacs expérimentaux de la station de l’IFREMER. 

Je termine le circuit à pied sur le GR jusqu’à Saint Samson. il pleut, il vente, il grêle même. Par chance j’ai le vent dans le dos. Je me persuade que puisque nous ne sommes pas en sucre nous ne sommes pas solubles dans la pluie (surtout ne pas dire « qu’on ne fond pas« ). Cela ajoute même à la dramaturgie des vagues qui explosent sur les roches. Promenade sublime!

Anni et Josef Albers, L’Art et la Vie au Musée d’Art Moderne de Paris

 EXPOSITION TEMPORAIRE du 10 septembre 2021 au 9 janvier 2022

 

Une rétrospective chronologique où les œuvres d‘Anni et celles de Josef Albers se répondent, se complètent, de leur rencontre au Bauhaus en 1922,  leur exil américain en 1933 à la suite de la fermeture du Bauhaus avec l’arrivée des nazis où ils partent enseigner au collège de Black Mountain . 

Bauhaus Josef Albers vitrail « éclat dans la grille

 Bauhaus

« le but de toute activité artistique est la Construction«  Gropius

Chaque étudiant doit rejoindre un atelier, Josef Albers entre au Bauhaus en 1920 dans l’atelier de verre. Avec la crise économique qui règne alors en Allemagne il est contraint d’utiliser des objets récupérés à la décharge et crée des assemblages avec des matériaux composites. 

Anni Fleischmann est admise en 1922 dans l’atelier textile « la classe des femmes »

Anni : 1925 tenture : soie, coton, acétate

Josef utilise aussi des plaques de verre dépoli peintes

Josef : verre dépoli

Il semble que les motifs et les constructions se répondent. Les lignes horizontales rappellent le bâtiment neuf de l’école à Dassau. Une vie sociale intense s’y déroule. Josef qui s’adonne aussi à la photographie y fait de très beaux portraits d’Anni mais aussi de Klee et de Kandinsky. Les photographies sont présentées en diptyques ou mosaïque.

Le Bauhaus est une école de design où l’on réalise des meubles et des objets usuels : tasse en verre ou compotier. 

typographie Bauhaus

1933 nouveau départ en Amérique

Anni et Josef partent enseigner dans un collège expérimental au Black Mountain college . De très belles vidéos montrent cet enseignement original où la devise est « Open eyes » . On voit Josef exposer ses théories sur la couleur, effectuer un pliage de papier zigzag, démontrer bandes de papier en main que 1+1 =3 et même parfois 4. Anni raconte qu’elle a enseigné le tissage sans métier à tisser réalisant des assemblages et collages avec des graines, des tortillons de papier simulant le tissu. 

Apparition de la couleur

« Je crois que l’art est parallèle à la vie. La couleur, selon moi, se comporte comme un être humain[…] de deux manières distinctes : d’abord dans son existence autonome, puis dans sa relation à autrui » 

En 1947 Josef réalise toute une série de Variants et de Constellations . le variants, comme leurs noms l’indiquent, sont des tableaux colorés avec des variations de couleurs sur une structure analogue. 

 

Découverte des arts précolombiens

Entre 1935 et 1967 les Albers effectuent une douzaine de voyages au Mexique, Pérou et Amérique latine. Une belle collection de statuettes précolombiennes occupe une vitrine. Josef photographie pyramides et paysages. ils rapportent également des textiles.

Tentures

 

 

Anni fabrique des bijoux avec des objets usuels de la vie quotidienne : joints et rondelles, anneaux de plastique entiflés sur des rubans de gros grain coloré.

collier réalisé avec une bonde d’évier, des trombones..

Sur le mur faisant face aux bijoux sont exposés des dessins de Josef sur le thème des noeuds et enchevêtrements

 

josef : noeuds

Commande religieuse :pour la synagogue B’nai Israel Woonsocket Rhode Island

Ark panel

A côté des grandes tentures, Anni réalise aussi des petits formats comme des tableaux.

Hommage au carré

hommage au carré

De 1950 à 1976 Josef peint plus de 2000 tableaux sur le thème du carré. les cimaises de deux grands salles en sont remplis. Là, j’ai un peu décroché!