Merci à Babélio et aux éditions Scyllade m’avoir offert l’occasion de découvrir ce livre. La Masse Critique est l’occasion de sortir des chemins battus.
Jolie édition, joli objet-livre, beau papier, maquette réussie, pagination originale au milieu de la page, dans le texte.
L’éditeur qualifie cet ouvrage de novella, nouvelle de 111 111 caractères et une soixantaine de pages. Dystopie, l’action se déroule dans la Bande de Gaza en 2050. Les diverses factions Hamas, Hezbollah ou Djihad mènent encore des combats désespérés tandis que la Communauté Internationale et Israël tentent une paix précaire.
Parmi les protagonistes, Keren Natanel, lieutenant de Tsahal enseigne l’hébreu à des veuves de guerre, dans un centre sous l’égide de l’Unesco. Jawad est un ingénieur qui manie la technologie moderne pour réparer les invalides avec des prothèses bioniques. Marwan Rahmani après une longue incarcération dans les prisons israélienne tente une carrière politique jouant l’apaisement. Bassem, reste fidèle à la résistance armée.
J’ai eu beaucoup de mal à me retrouver dans la violence récurrente. Il est question de paix et de reconstruction de Gaza mais les bombes, les drones, les attaques-suicides font des ravages et font complètement exploser le récit. Quand je crois comprendre quelque chose il se passe un évènement violent qui interrompt le cours de l’action et me projette dans des conjectures…
Je n’ai pas l’habitude de lire de la Science-Fiction et le vocabulaire techno me dérange, qu’est-ce qu’un conglo? un tore? un recorp? je crois comprendre que Jawad est capable de réincarner sa fille décédée. Je disjoncte.
Je crois que je ne suis pas le bon public pour une telle lecture, trop de violence, d’incohérence, de galimatias. Dommage….Au moins, j’ai essayé!
En rentrant à Trinidad vers 14h ,. nous doublons des carrioles tirées par des chevaux chargés de canne. Le cheval rentre seul à la maison, il connaît le chemin. Le paysan fait la sieste couché sur son chargement de canne.
Notre patio est idéal pour l’heure de la sieste . Après une douche rafraîchissante, dans ma nouvelle tenue blanche, je transcris le compte rendu de la matinée. Dominique fait ses cartes postales ? le colibri est revenu . Ses couleurs métalliques me renvoient à des souvenirs de fac : c’est un des moments de gloire de l’Optique du cours de Françon que le calcul de la couleur du colibri d’après les interférences : calcul de la longueur d’onde de la lumière en fonction de l’écartement des barbules des plumes. Un des plus beaux problèmes de physique que je connaisse !
Vers 16h15, nous partons visiter la ville . Premier objectif : la Poste . Nous demandons souvent notre chemin. La réponse est toujours formulée de la même manière : 3 blocs puis à gauche, 4 blocs puis à droite. Malgré le relief et la relative fantaisie des maisons et placettes, le plan à angle droit est respecté . Jamais personne n’emploie le nom des rues. Le spectacle de la rue est réjouissant .Tout le monde est sorti sur le pas de la porte, les enfants en uniforme, short et jupe rouge à bretelle, chemise blanche et foulard bleu pour les petits, pantalon et minijupe moutarde chemise blanche pour les plus grands. De nombreuses maisons sont ornées de cages à oiseaux comme au village ..
les grilles des maisons de Trinidad
Ici, on a mis une table sur le trottoir et on joue aux dominos. Partout, les hommes proposent des marchandises diverses : gâteau sablé découpé en parts sur un plateau, quelques betteraves et du coriandre dans un panier sous le bras…Un autre pousse un chariot avec des courges ou des calebasses découpées à la scie. Sans oublier le vendeur de bonbons à l’unité qui crie sa marchandise « caramelle ! » . Des enfants jouent au base-ball avec un bâton ordinaire et une balle de leur confection.
Un cyclo-pousse passe à grand vacarme : il a fixé une batterie rien que pour la musique.
J’ai enfin compris pourquoi tous ces grillages de ferronnerie ou en bois placés devant les portes font une toutes avancée dans la rue . Les grilles « ferment » la maison. Elles sont très décoratives. Tout le monde ouvre sa porte pour laisser entrer la fraîcheur du soir . Nous pouvons jeter un coup d’œil indiscret . Certaines maisons sont encore plus grandes et plus belles que la nôtre avec le salon d’apparat carrelé séparé en deux par des colonnes, ses lustres et les fauteuils à bascule. Certains intérieurs sont misérables. Scène de rue : un homme tond un tout petit garçon et lui enlève ses boucles de bébé .Nous arrivons par des rues encore plus animées : on vend des livres dans la rue . les livres sont étonnamment présents à Cuba. Une île où on lit et où on fait de la musique force le respect .
Nous cherchons toujours la Poste . Nous trouvons les ruines du Théâtre Brunet . Sous des arcades de brique à ciel ouvert, on a installé un bar, une salle avec des chaises et une petite scène. Affiché, tout un programme alléchant : cours de dans e afro-cubaine, cours de percussions tous les jours . Deux touristes européens s’essaient à la danse cubaine.
Plus nous montons, et plus nous rencontrons des touristes. Les maisons multicolores sont de plus en plus soignées. J’ai envie de tout prendre en photo – la photo comme une drogue – Une façade bleue est particulièrement soignée : joli porche tarabiscoté Par le porche, nous découvrons une salle de classe avec 21 tables de deux, un tableau noir et une télévisions, pas ou très peu d’affichage . Nous sommes au lycée technique . Deux profs sont encore dans la classe : le prof de biologie et celui d’histoire.
Que racontent deux profs français à deux collègues cubains ? Nous parlons d’effectifs – toujours trop lourds . A Cuba ils dépassent 40 par classe. Retraites, 60 ans pour les femmes 65 pour les hommes . Le professeur de biologie, la soixantaine, dit qu’à soixante cinq ans, on n’a plus de voix . Des vacances : là, cela diffère énormément : ils n’ont qu’un mois en Août 2 ou3 jours pour Noël et pour Pâques. Des programmes, pas si différents des nôtres . Quant aux salaires, ils se demandent bien combien de temps nous avons économisé pour venir à Cuba.
Le soir tombe, les maisons peintes ont des teintes de plus en plus vives . Certaines sont vertes, d’autres roses, jaunes . Les volets bleus tranchent sur les maisons jaunes . Les ferronneries, les balustres quelques balcons donnent une touche de fantaisie . Le clocher jaune de l’église dépasse les maisons basses . Nous le connaissons d’après les photos des catalogues de voyages à Cuba.
Plaza mayor16
Nous parvenons à la ravissante Plaza Mayorjolies lanternes blanches , balustres de porcelaine . Des grillages délimitent des petits jardinets où sont plantés des palmiers et des bougainvillées . Au centre de la petite place des bancs de fer forgé peints en blanc avec des motifs végétaux. Deux musiciens donnent un véritable concert : un guitariste et un percussionniste . Les deux chantent très bien . Les touristes ont occupé les bancs .Je sors mon carnet de dessin . La Galerie d’art ressemble aux maisons nobles de Sao Felipe. Il ne faut pas que je recommence toujours les mêmes dessins !Je décide de dessiner au premier plan les musiciens . Le soleil va se coucher . Il fait très doux, presque frais . Je resterais volontiers plus encore à écouter les musiciens . Nous rentrons par les rues pavées . A chaque coin de rue, un petit orchestre, un peu plus loin, un saxophone .
Comment allons nous retrouver notre Maison coloniale?
finalement facilement, elle est sur la route principale, Camilo Cenfuegos .
« Nous sommes les compagnons de Bab el-Zouweila ; les marins du dernier voyage. Notre berceau est le Nil. Notre bateau est de soleil. Il tourne autour de la Terre emmenant les méritants de l’autre côté du monde, sur le continent des bienheureux. Souque, batelier, souque, jusqu’à trouver le vent de ta felouque. » Dans le cimetière de Pantin,
[…] « Zohar de son nom, Zohar de son prénom. L’homme que nous portons en terre s’appelait Zohar Zohar. Né en Égypte, du temps du roi Fouad, il a traversé les années de braise, celles du roi Farouk, et les années de plomb de la seconde moitié du XXe siècle, et il en est sorti entier, sans même perdre un seul fragment de son âme. Je l’ai peu connu, seulement ces derniers mois. Il fréquentait notre oratoire de Paris, la synagogue des Égyptiens. Mais il n’était pas très bavard. »
Le roman commence en fanfare : en fanfare au Cimetière de Pantin! Fanfare avec crotales et tambourins, simsimiyya – lyre égyptienne – procession tourbillonnante et dansante.
Corne de bélier des Juifs qui suivent, hommes vêtus de noir, barbes des Juifs religieux – la société sacrée des morts pour le Kaddish.
L’homme qu’on porte en terre est un Juif égyptien. Une femme se lève pour l’éloge funèbre
Il était l’ami des princes et des rois. Mais il savait le plaisir des femmes. La pierre qu’il touchait devenait de feu…
Tobie Nathan nous conte dans ce roman l’histoire de cet homme Zohar Zohardoublement splendide, né dans le misérable quartier juif du vieux Caire ‘Haret el-Yahoud qui avait commencé sa carrière comme ramasseur de mégots pour devenir le patron d’un établissement « la Compagnie de l’Eau Bleue » recevant le gratin du Caire et même le roi Farouk.
L’histoire commence en janvier 1952 avec l’incendie du Caire et les émeutes qui ont précédé le coup d’état des Officiers Libres de Nasser, Sadatele 22 juillet 1952
« La mère de toutes les nuits »
Zohar Zohar est pris en otage par les militaires qui s’attaquent aux Juifs après la défaite des Egyptiens contre les Israéliens, parmi les soldats un curieux homme blond à l’accent allemand. Dieter Boehm, ancien SS qui veut poursuivre la Solution Finale au Proche Orient. Dans le conte oriental débridé nous faisons connaissance avec ces anciens nazis cachés de la justice occidentale, et du Grand Mufti de Jérusalem qui a fait allégeance à Hitler dans sa lutte contre les Britannique. Sinistres personnages.
Bab Zouweila
Conte oriental truculent avec tous ces Cairotes originaux, aux pratiques magiques, à la musique et aux danses venant du fond des siècles, magicienne chevauchant un buffle dans une folle procession de soutien à Zohar Zohar. Confrérie deBab Zouweila– qui accepte aussi bien des Juifs que des Musulmans – les Belles Personnes – qui protègent Zohar et auxquelles Zohar sera fidèle jusqu’à sa mort.
Conte et roman historique qui se déroule ensuite à Paris, dans le Paris d’après Guerre, dans l’amitié et la fraternité de trois amis, un Juif lituanien, un résistant passé par la déportation et Zohar. Unis dans la vengeance contre les Nazis puis dans le commerce de la fourrure. Même quand l’action se déroule en Europe, le roman garde son style oriental par l’usage pittoresque de dictons égyptiens très imagés, titres et conclusion des différents chapitres.
J’ai beaucoup aimé ce roman dans la même lignée de Ce Pays qui te Ressemble qui met aussi en scène Zohar Zohar . Tobie Nathan excelle quand il évoque l’Egypte.
Avant d’aller à la plage, nous faisons un petit tour au port de Casilda. De l’ancien port sucrier et esclavagiste, il ne reste plus rien. Quelques baraques et des barques de pêcheurs sur des pontons de bois . Nous sommes mal accueillies, c’est bien la première fois depuis notre arrivée à Cuba.
Pour aller nous baigner nous avons le choix entre la Plage d’Anconet celle de La Boca. Du côté de la Boca, la côte est rocheuse tandis qu’à Ancon, il y a une belle plage de sable, deux hôtels et quelques parasols en paille. La Mer Caraïbe ressemble à l’Atlantique, du point de vue de la couleur. Le sable est assez grossier mais plein de coquillages . Ce qui change c’est la température ! Je me trempe sans aucun préparatif et nage parallèlement à la plage avec beaucoup de plaisir.
La petite station de La Boca est très différente d’Ancon et de ses beaux hôtels pour touristes . Le village de vacances pour Cubains est vide en cette saison, quelques maisons fleuries proposent des chambres à louer. Le bord de mer est très animé avec des pêcheurs. Certains plongent, d’autres sortent des filets pleins de tout petits poissons brillants ressemblant à des anchois. Nous nous approchons. En marchant sur le rocher, nous découvrons des coraux et des coquillages énormes. C’est un calcaire récifal construit. Nous attendons le coucher du soleil qui se cache dans de petits nuages. Une sorte d’arche est du plus bel effet : l’eau scintille avec des reflets dorés et orangés. Les silhouettes des pêcheurs se découpent sur le rocher . Un petit teckel à poil ras tire sur sa laisse . Il est rigolo. Nous écoutons avec émotion son aboiement de teckel.
Après, le coucher du soleil, nous retrouvons les gens du teckel sur une charrette tirée par un cheval, le teckel occupe la place d’honneur derrière le cheval.
Dominique échafaude des plans. Et si nous restions une nuit de plus à Trinidad ? ce serait bien tentant ! Mais il faudrait garder la voiture un jour de plus.
Nos rentrons à la nuit tombée en ramenant une femme et sa petite fille.
Hélena a ait des poivrons farcis aux légumes : chou, carottes, courge jaune. C’est délicieux . les tomates de Cuba ont un goût de vraies tomates. Quand on pense qu’en Crète ou à Chypre elles poussent hors-sol . ! Il faut aller à Cuba pour retrouver des vraies tomates.
Soirée dans le patio, toute la famille, Héléna, sa fille et sa mère regarde le feuilleton brésilien (j’ai reconnu la musique).
J’ai oublié de parler du « Mural » qu’on a trouvé dans tous les musées. C’est une grande feuille de papier blanc sur un support d’environ 1mx1.5m sur lequel toutes sortes d’informations intéressantes sont placardées.
Au Musée romantique :
– une information sur la transmission du SIDA avec dessins explicatifs sur la pose du préservatif
un article de journal daté de fin janvier relatant une explosion de bombe à Moscou
-un article encore antérieur sur les exploits d’un tennisman dans un tournoi
la liste des employés sur un tableau récapitulatif, certains sont soulignés en rouge
le nom des employés modèles de Janvier
au Musée d’Architecture, moins d’informations générales mais un organigramme du personnel et la liste des employés modèles.
A la galerie d’art, les employés récompensés voient leur nom artistiquement écrits sur du papier kraft tout aussi artistiquement déchiré
En outre, une liste désigne les critères de sélection de ces employés récompensés (comment ?) : assiduité, retards, initiatives, travail supplémentaire ( ?) agriculture (dans une galerie d’Art !) etc…
La route de Sancti Spiritu longe la très belle vallée de los Ingenios bordée par des montagnes bleutées dans le petit matin. La canne couvre de belles étendues vert tendre. Des ruisseaux serpentent . quelques fermes isolées sont ombragées par de gros arbres tropicaux à la cime arrondie.
Los Ingenios sont les raffineries à sucre parfois appelés moulins à sucre. Cette vallée est le centre de la production de la canne à sucre.
Nous faisons un premier arrêt pour le panorama . . Deux vautours picorent le cadavre d’un malheureux chien.
Les panneaux roses signalent les sites touristiques. Nous parvenons sans encombre au village de Manaca construit autour d’un curieux édifice : une tour de guet de six étages avec des paliers à arcades. Dominique monte les échelles jusqu’au premier niveau (deux étages d’un immeuble ordinaires) je grimpe jusqu’au sommet. La vue est très étendue . On surveillait ainsi les plantations .
Les plantations vues de ma tour de guet de Manaca
Au pied de la tour un très joli marché est installé, tout blanc de dentelles : nappes et draps brodés, suspendus, flottant au vent. Sur des cintres, des blouses des combinaisons et des pantalons à l’ancienne. Des femmes brodent (pour authentifier la facture des broderies ?)
Le village est très fleuri, les jardins bien entretenus . Les petites maisons de bois peint en blanc patiné, ouvertes à tout vent. A l’arrière la cuisine consiste en un plan de travail . Parfois des marmites cuisent sur de petits feux au milieu de la cour. Au fond des petits appentis, des cabinets.
Les porcelets se promènent tranquillement dans la « rue » ainsi que les poules suivies de leurs poussins. Une vieille femme avec un turban sur la tête propose de nous accompagner. Des cris nous surprennent : «c’est un calao qui parle » explique-t- elle. C’est un gros oiseau qu’on devine entre les branches d’un manguier . Est ce un perroquet ? Elle vient avec nous sous l’arbre. L’oiseau noir et lourd s’envole. Une sorte de mainate ? Les villageois semblent beaucoup aimer les oiseaux . Au toit de leur auvent, ils suspendent de jolies cages faites de très fines lattes de palmier avec de petits oiseaux exotiques pour nous .Sur un petit terre plein soigneusement balayé une cage est suspendue à un poteau avec un écriteau « local des dominos » . Ce n’est pas l’heure, la place est vide . Je photographierais bien chacune des maisons mais j’ai peur d’être indiscrète. La tour provoque un afflux de touristes et je n’aime pas trop d’idée de participer à cette invasion .
Pour libérer ma conscience, je m’invente un code de savoir-vivre à ma propre intention : toujours demander, bavarder un peu, demander le nom des gens que je photographie . Nous nous promenons très tranquillement. Une petite fille pose gentiment . Je demande à sa mère à quoi travaillent les gens du village : «A la canne » et les femmes ? « A la canne aussi . C’est un dur travail »Il existe aussi une usine de papier un peu plus loin mais les gens de ce village n’y travaillent pas. Certains jardins sont clos par des poteaux serrés qui ont repris vie. D’autres, par les mêmes cactées qui étaient dans le salon de la mère de Dominique . Les tiges plantées serré bifurquent et forment un rideau piquant impénétrable. Dans un jardin, une pancarte : Chien méchant ;
Pour prendre une autre photo, j’engage la conversation avec une dame noire en tablier enturbannée qui se plaint que ses plantes ont soif . Elle me montre les coléus sur la terre sèche .Il n’a pas plu depuis six mois . Je m’étonne et lui raconte l’averse d’hier à Cienfuegos . Je lui demande son adresse pour lui envoyer la photo si elle est réussie , le code postal du village . Etonnement, personne ne connaît le code . Le nom du village devrait suffire .
Avant de repartir, je choisis une blouse sans manches au marché avec des jours et de discrètes fleurs brodées. Dominique insiste pour que je prenne aussi un pantalon qui coulisse avec un lacet . La vendeuse me fait un prix 15$ pour les deux . Elle a eu raison ! Après la douche, j’ai mis mon nouvel ensemble qui est très léger et agréable à porter avec cette chaleur .
Le petit train à vapeur avec ses wagons de bois a apporté sa cargaison de touristes . Nous repartons à bord de notre petite Hyundai bleue vers des aventure hors des sentiers battus .
Le gardien du parking nous a dit que nous devrions trouver su site intéressant après le pont sur le Rio . On pourrait même s’y baigner ; Nous tournons sur une mauvaise route dans les champs de canne à sucre . La route se transforme rapidement en piste . A notre rencontre, arrivent d’antiques camions bleus chargés de canne. C’est la Zafra. Leurs allers et venues sont incessants. Ils soulèvent une épaisse poussière qui s’enroule avec le vent comme une mini-tornade.
Nous demandons notre chemin au village suivant. Deux femmes montent à bord . L’une d’elle avait une silhouette très pittoresque avec un parapluie noir qu’elle brandit comme une ombrelle. L’autre porte une cocotte .
Nous découvrons un bâtiment très vaste en haut d’un imposant escalier, précédé d’arcades majestueuses. C’est la maison des plus grands sucriers du début du XIX ème siècle 1820 . Ils ont fait peindre des fresques par un peintre italien. L’UNESCO rénove le bâtiment pour y installer un musée du sucre. Le garde nous commente très aimablement la visite.
Près de la route, dans une grande mare, des hommes battent l’eau avec des gourdins : ils pêchent .
C’est l’heure du déjeuner :J’entre dans une petite cantine en ciment sur le bord de la route .. La dame fait des difficultés pour accepter mes dollars, elle ne peut pas me rendre la monnaie Après maintes hésitations, on me prépare un bocadillo de jambon au pain se et un « hamburgesa » sur un minuscule réchaud. Elle me rend en « monnaie nationale » C’est la première fois que je vois des billets de 20 pesos . Le hamburgesa est très pimenté . Je me débarrasse du billet au bar du mirador pour acheter une glace très rose très chimique . Nous avons déjeuné pour 1$.
En rentrant à Trinidad vers 14h ,. nous doublons des carrioles tirées par des chevaux chargés de canne. Le cheval rentre seul à la maison, il connaît le chemin. Le paysan fait la sieste couché sur son chargement de canne.
Je l’attendais dans l’intimité bourgeoise ou dans les salons des nobles. Voici qu’il décrit la Bataille de la Bérézina, les pontons, le gel, la faim, les chevaux qu’on abat pour les griller sur les braises. Saisissant!
Cette nouvelle raconte aussi un amour impossible : Stéphanie, la comtesse a perdu la raison dans les horreurs de la Retraite de Russie. Philippe, son amant la retrouve par hasard. Il tente de lui faire recouvrer la mémoire.
« Ces histoires étaient censées se passer en des jours si anciens que tout, alors, semblait possible. C’était le temps où les dieux vivaient au milieu des hommes, intervenant sans cesse dans leur destin. Et rien n’est impossible dès lors qu’un dieu le veut, à commencer par la naissance d’un homme-taureau… »
Depuis nos premiers voyages en Grèce,Lacarrièrem’a toujours guidée, ses livres m’ont accompagnée en Egypte. J’ai trouvé la référence de L’Envol d’Icare sur le blog de Dominique ivredelivres à propos du tableau de Breughel que Lacarrière décrit.
Brueghel l’Ancien : Chute d’Icare
L’immense culture de Lacarrière et son talent pour la partager ne se dément pas ici. le mythe de La Chute d’Icare est raconté dans les Métamorphoses d’Ovide.
« Or on oublie généralement qu’Icare ne s’envola pas seul. C’est avec Dédale qu’il traversera les cieux grecs.
C’est aussi à cause de Dédale que tous deux se retrouvèrent enfermés dans le Labyrinthe. L’invention des ailes apparaît d’abord comme un défi à l’interdiction de Minos, une réponse novatrice et rusée au piège tendu par le roi…. »
Dédale fut le premier ingénieur, inventeur, sculpteur, illusionniste architecte du Labyrinthe, débordant d’astuce la métis. Soninvention des ailes aux plumes collées à la cire a d’ailleurs réussi dans son propre cas : Dédale a atteint la Sicile par la voie des airs. Tandis que son fils, Icare, s’est abîmé dans la mer à l’emplacement de l’île d’Ikaria.
Saraceni Carlo
Qu’est-ce qui a causé la chute d’Icare?
Sa désobéissances aux consignes de son père qui lui avait ordonné de ne pas s’approcher de l’eau qui aurait alourdi les plumes, ni ne voler trop près du soleil qui fait fondre la cire. Ou en punition de la transgression du mortel à s’approcher des dieux?
« Soumission à la loi divine et en même temps transgression à son égard, le mythe d’Icare détient la clé de ce dilemme : se rapprocher des dieux en se soumettant à leur loi ou, au sens propre, en s’élevant vers eux. »
Dans la mythologie grecque Icare ne fut pas seul à s’élever vers les cieux et à chuter :
« Tous ceux qui, dans l’Antiquité, tentèrent cette folie – vouloir monter au ciel et rencontrer les dieux sans divinisation préalable – le payèrent de leur vie : Icare, bien sûr, mais aussi Ixion et Tantale, pour rester dans le domaine grec. »
[…] »d’Ixion, par exemple, qui, admis au ciel et au banquet des dieux à titre exceptionnel, en profita pour tenter de séduire Héra, l’épouse de Zeus. Ce dernier le cloua alors sur une roue enflammée qu’il lança dans le ciel où, d’ailleurs, elle est censée tourner toujours, créant ainsi le premier satellite habité de l’espace »
Phaeton a connu un sort analogue, ayant désobéi à son père le Soleil
Giordano Luca : chute de Phaeton
Lacarrière nous offre de nombreuses pistes pour interpréter le mythe d’Icare et ses variantes : clé naturaliste référant aux animaux volants, chauve-souris et exocet,clé onirique où le dormeur rêve qu’il vole, clé symbolique qui se réfère au vol magique des chamans de Mircea Eliade ou aux rois-dieux du Proche-Orient, à l’Ascension du Christ ou l’Assomption de la Vierge, clé psychanalytique où l’on revient à Dédale et au corps pourrissant du Minotaure, les ailes d’Icare symbolisant son éclosion d’insecte ailé (Imago), Icare plutôt qu‘homme-oiseau serait homme-papillon, clé ritualiste et clé alchimique (là je suis perdue).
Dans le sillage d’Icare, Lacarrière nous emmène dans d’autres histoires comme celle de la chute de Talos précipité par le même Dédale – son oncle – Talos étant aussi nommé Perdix. Puis il nous conduit dans l’Histoire de l’Art : la représentation de la Chute d’Icare a inspiré de nombreux artistes comme Brueghel l’Ancien, Picasso, Matisse et Chagall ont illustré ce mythe.
Chute d’Icare : Matisse
Autres suiveurs, les aéronautes, cosmonautes et l’Homme-volant Clem-Sohn qui s’écrasa, comme Icare.
Avant le retour à La Havane, il est temps de décrire notre maison coloniale . Elle est située 126 calle Cienfuegos sur la route principale qui va de Cienfuegos à Sancti Spiritu. Ce nom est une coïncidence. Camillo Cienfuegos fut le compagnon de Che Guevara. La façade est peinte en vert amande. Elle s’ouvre par une très haute porte de bois marron antique. La fenêtre est grillagée avec des motifs en rosace évoquant un soleil et ses rayons. On entre par une pièce toute en longueur qui sert de bureau avec des bibliothèques remplies de livres. Le salon est très vaste, carrelé de motifs floraux imitant un tapis. Un portique de quatre colonnes sépare la pièce en deux, deux colonnes de chaque côté et deux au milieu. Quatre fauteuils cannés en bois foncé meublent chaque partie . A l’arrière, un piano . La chaîne Hifi et la télévision sont les seules concessions à l’époque moderne. A l’arrière du salon, une longue galerie couverte communique avec le salon par trois ouvertures dont l’une est fermée par une grille représentant le soleil comme celle de l’extérieur. Des persiennes de bois marron avec des lattes orientable ferment la maison.
Le patio de la résidence Sanchez
Le patio est une vaste cour rectangulaire cimentée avec trois bac plantés de verdure . Dans le massif rond, au milieu, pousse un aloès en fleur, dont je cueille une feuille grasse pour calmer les piqûres de moustiques au coucher du soleil à la Boca. Les deux autres bacs sont carrés, le premier occupé par des rosiers énormes, celui du fond par sept bananiers. Des potiches contenant des palmiers complètent la verdure . Face à la galerie, au fond, le comedor et la cuisine sont également fermés par les mêmes persiennes que celles de la galerie. La longueur du rectangle est occupé par quatre chambres aux portes laquées de crème, avec des fenêtres grillagées. Dans le salon de jardin, deux berçantes métalliques et une petite table .
Notre chambre est très haute. Le plafond de bois en pente se termine par un auvent à l’extérieur. Les meubles anciens sont sculptés de motifs floraux . Face au lit, un curieux meuble tarabiscoté : un très haut miroir est encadré par deux petites commodes à tiroirs recouvertes de marbre, autour du miroir, un cadre compliqué avec des colonnettes un frontispice à sculpture en coquille . Au dessus du lit, un crucifix de bonne taille sur un cœur . J’ai essayé de faire raconter à Helena l’histoire de la maison . Celle ci a deux cents ans mais son arrière grand mère l’a achetée il y a cent ans. La grand mère y est née. Quand Héléna était adolescente, on y donnait des fêtes et on dansait dans le salon. Mais le père est mort et depuis il n’y a plus eu de fêtes.
« Téléphonez à la mairie, tout de suite, quelqu’un doit bien y être de service. C’est une négligence inadmissible, inouïe, pire que la trahison. Mendelssohn est sur le toit ! »
Prague, 1942. La Tchécoslovaquie est un Protectorat nazi, le Protecteur, Reinhard Heydrich, promoteur de la Solution Finale règne. Contrairement aux brutes incultes de la Gestapo et des SS, Heydrich est cultivé et apprécie la musique. La présence de la statue de Mendelssohn sur le toit de l’opéra de la ville lui est intolérable, il faut la déboulonner d’urgence.
« Là-haut, sur le toit, il s’agissait d’autre chose. D’une statue. D’une statue juive. Déboulonner la statue d’un
compositeur juif, ce n’était pas un péché, la statue n’allait pas se plaindre au jour du Jugement. Eh ! les voies de
Dieu sont insondables. Même une statue pouvait se faire l’instrument de sa vengeance, il avait vu ça une fois
dans un opéra. »
C’est à Prague que fut créé le Don Giovanni de Mozart le 29 Octobre 1787 et il est bien question de statue. La statue du Commandeur interviendra-t-elle? Il sera souvent question de statues dans le roman de Jiri Weil, statue de la Justice qui indisposera la responsable du magasin-entrepôt des biens des Juifs spoliés, statue d’un ange contenant un cochon du marché noir…
Burlesque comique des statues dans un contexte de tragédie. Malgré la situation de l’occupation, malgré la menace pesante de la déportation vers l’Est, on sourit et même on rit quand les ignorants commencent à déboulonner Wagner (puisque c’est celui qui a le plus long nez, caractéristique du Juif dans l’imaginaire populaire), comique amer quand on demande au rabbin d’identifier Mendelssohn, alors que les images sculptées sont interdite dans sa vision rigoriste de la religion et qu’à son idée le compositeur baptisé n’est même pas juif!
Faites encore une fois le tour et regardez bien les nez. La statue qui a le plus grand nez, ce sera le Juif. »
Penauds, les deux agents lâchèrent la corde, laissant le nœud pendant au cou de Richard Wagner.
L’histoire de la statue met en évidence la brutalité, la bêtise des occupants et des collaborateurs., la terreur que Heydrich fait régner. Nous allons suivre dans ce roman le destin des personnages, juifs ou pas qui ont approché cette statue.
Cet épisode n’est que l’ouverture du roman qui raconte aussi les prémisses de la Solution Finale avec Theresienstadt – la ville-forteresse où sont enfermés les Juifs tchèques en attente d’une déportation dans les camps d’extermination. Jiri Weil met en scène différents personnages, des Juifs menacés, ou qui se cachent, des collaborateurs, des résistants, des braves types envoyés en Allemagne…Personnages dérisoires à côté du destin, souvent sympathiques, toujours émouvants.
Jiri Weil raconte l’attentat dont Heydrich a été victime, vengeance de la statue du Commandeur. Il raconte aussi le Musée juifrassemblant les objets de culte pillés dans les synagogues. C’est dans ce musée que l’auteur a passé la guerre et a réussi à échapper à la déportation. Commencé à la fin de la Guerre, le roman a subi la censure et certains épisodes ont été remplacés par d’autres plus conformes à l’idéologie communiste en insistant davantage sur le rôle de l’Armée Rouge et de la résistance. Cette nouvelle édition du nouvel Attila présente un chapitre censuré pour notre plus grand plaisir.
Après des adieux très affectueux, nous quittons notre belle maison du Védado à bord d’une Hyundai bleue .
Nous sortons facilement de La Havane en descendant la calle 10 jusqu’au Malecon puis prenons le Tunnel . un piège nous attend : une pancarte (il y en a si peu !) indique Cienfuegos . Nous la voyons trop tard, faisons demi tour à la sortie suivante de la voie rapide, puis nous retrouvons sur un rond point sans aucune indication . Au moment d’entamer le second tour de la rotonde, un homme nous hèle . Il affirme que les touristes ne trouvent jamais l’autoroute et monte d’autorité dans la voiture . Il nous mènera à l’entrée de l’autoroute, moyennant finances .Cienfuegos est une banlieue de La Havane ce qui nous a trompé puisque notre première étape est la ville de Cienfuegos.
A se demander si cet homme ne fait pas profession de remettre dans le bon chemin les touristes égarés comme nous . Profession lucrative !
L’autoroute traverse une plaine pendant une centaine de km .Le paysage est monotone : de la canne, des friches plantées de buissons épineux, quelques palmiers. Sur l’autoroute, très peu de voitures, surtout des touristes comme nous , sur la voie de droite, des piétons, des vélos … J’essaie de me repérer sur la carte mais j’ai peu d’indices. Toujours la plaine, les cultures changent enfin . Les grands champs de canne font place à des vergers d’agrumes qui embaument . Le parfum des orangers en fleurs m’enchante. Des troupeaux de vaches paissent dans des prés à perte de vue. Il s’agit d’élevage collectif sûrement : étables immenses avec des centaines de stalles .
Après 150 km, nous quittons l’autoroute pour une route assez importante. Des auto-stoppeurs sont massés sur la bretelle d’accès . Nous faisons monter une jeune femme.
Dominique n’est pas enthousiaste pour prendre des stoppeurs. Moi, au contraire, j’y vois plus d’un avantage : rencontrer des Cubains ordinaires, parler espagnol, avoir des explications sur les cultures et bien sûr, un guide pour la route. Malheureusement, notre passagère ne fait rien de tout cela . Elle agace prodigieusement Dominique qui se méfie d’elle et ne pense qu’à s’en débarrasser. Nous traversons des villages et des rizières . Un nuage menaçant surgit brusquement . A peine l’avons nous remarqué, qu’une pluie diluvienne s’abat . L’essuie-glace de droite est défectueux : le caoutchouc est déchiré (pourtant nous avions bien été prévenues par Mireille et Hamdane) La route est devenue très glissante . Dominique maîtrise mal la direction . Heureusement, le beau temps revient aussi vite que la pluie était venue. Nous évitons Cienfuegos pour arriver plus vite au Jardin Botanique.
luxuriance et gigantisme
Le Jardin Botanique est un immense arboretum situé en pleine campagne. Rien à voir avec un parc urbain ou avec une attraction pour touristes . D’ailleurs, nous sommes les seules visiteuses étrangères. Des allées sommaires conduisent à des plantations thématiques : ici, le coin des paliers, là bas les cactus ou les bambous. Les arbres sont immenses. C’est le gigantisme qui frappe tout d’abord l’imagination . Evidemment, nous n’économisons pas la pellicule . Il faut mettre un personnage pour donner l’échelle tellement il est important de souligner la taille des végétaux ;
Il faudrait une visite guidée pour apprécier toutes les essences et les variétés . Nous voici dans un univers végétal totalement inconnu . Les étiquettes sont fort rares . Dominique ramasse toutes les graines tombées à terre . Voudront elles bien germer à Créteil ?
Chercher le colibri!
Je cherche les fleurs pour égayer l’album photo. Une curieuse grappe rouge m’attire . Surprise du jour : un colibri !
Cette découverte me ravit presque autant que mon premier baobab . De l’infiniment grand à l’infiniment petit ! Le colibri butine les grosses fleurs oranges comme le ferait un insecte . Son long bec recourbé fait penser à la trompe d’un papillon . Ses ailes battent si vite quand il fait du surplace qu’on ne les voit plus . Il fait le même bruit qu’un bourdon . Tellement rapide que je ne pense même pas à le photographier . Dominique s’y essaie avec méthode : attendre . Puisqu’il aime ces fleurs il reviendra sûrement . J’admire les couleurs métalliques de son plumage vert ou bleu , pensant au problème d’optique de Françon à la fac avec les interférences . Il faudra le chercher dans les photos . Ensuite, je privilégie la recherche d’autres arbres fleuris espérant revoir d’autres colibris. Un arbre aux fleurs rouges est aussi peuplé d’autres oiseaux, Dominique applique sa nouvelle méthode de chasse photographique .
Malheureusement, le soleil baisse, la lumière est très belle . Il faut nous hâter si nous voulons rejoindre Trinidad avant la nuit .
Encore une fois nous avons perdu la route . Dans le village suivant, je demande mon chemin à un vieil homme assis sur le bord de la route . Ce dernier nous impose deux jeunes gens à bord de la voiture « vous n’avez pas confiance ? » lance-t il à Dominique qui n’a pas confiance du tout Nos passagers nous guident et nous quittent rapidement. Comme le deuxième descend, une femme avec une petite fille se précipite, elle ne va pas loin à 8 km à la clinique .
Dans la lumière du couchant, la montagne violette est très belle . Nous aurions pu faire de bien belles photos : une aigrette sur une chevrette ; des homes qui rentrent à cheval coiffés de leur sombrero de paille qui ont fière allure . Certains rentrent les vaches . Cela fait western .
safari-photo : chercher le colibri!
J’attends avec impatience la Mer des Caraïbes, toute proche ; Enfin ! la voilà au coucher du soleil . Nous ne résistons pas à la tentation de faire un détour et nous arrêtons devant une maison très simple où on élève des chèvres . Une chèvre essaie de manger une orange, trop grosse, elle la presse dans sa gueule en relevant la tête comme pour en extraire le jus .
Il reste une vingtaine de km à parcourir pour arriver à Trinidad . Nous longeons la mer .La nuit tombe vite à Cuba . Quand nous sommes aux portes de Trinidad, il fait nuit noire. Des cyclistes se relaient pour nous conduire à l’hostal Rioja chez Térésita que tout le monde connaît. Il y a plein de monde dans les rues sombres . Nous rencontrons deux ivrognes soutenus par leurs amis. La première impression de Trinidad n’est sans doute pas la meilleure . Cela ressemble au Cap Vert en plus sordide ?
Le soleil se couche sur la Mer des Caraïbes : nous arriverons de nuit!
Nous ne logerons pas chez Térésita (bonne référence d’après le Routard). Nous sommes logées en « catégorie coloniale » Térésita enfourche son vélo nous la suivons. Nous découvrons notre Maison Coloniale avec son salon immense ses plafonds très hauts, son grand patio. Avant de s’installer, il faut mettre la voiture au garage .Les voiture n’ont pas droit de cité .
Nos voisins sont italiens, un couple et leur bébé de trois mois, très très italiens.
Maria Héléna nous sert un dîner léger dans le patio : une soupe de légume délicieuse, de la salade de tomates et des choux râpés, du riz blanc, des bananes frites et une coupe de fruit : bananes et goyave.
Je termine la soirée à écrire dans un fauteuil dehors sous les étoiles .