Vienne : Kunst Haus Wien : Hundertwasser et Tiffany

MITTELEROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE

Hundertwasser haus

Métro puis tram jusqu’à la place Radetzky.  Un itinéraire fléché mène aux maisons colorées de Hundertwasser.

Les maisons colorées Hundertwasser (carte postale puisqu’il pleuvait)

Le temps s’est couvert. Il commence à pleuvoir. C’est tout à fait dommage ! Je me faisais une fête de photographier ces curieux immeubles multicolores décorés de pilastres géants en céramique, de mosaïques et de miroirs où les terrasses arborées font entrer les végétaux à tous les étages. Il fait si sombre que les couleurs ont l’air passées et on se contentera de cartes postales.

WC remarquables!

Hundertwasser : toilettes remarquables

Dans la galerie marchande de l’Art Moderne les WC sont remarquables. C’est la première fois que je paye pour entrer dans des toilettes publiques sans les utiliser ! Elles méritent la photo avec leur carrelage à damier, les bandes rouges et bleues et les miroirs encadrés brisés.

Exposition Tiffany 


Exposition Tiffany : lampes 1900 avec des abat-jours en vitrail aux motifs végétaux Glycine merveilleuse, narcisses et jonquilles, nénuphars ou feuilles de vigne. Autre motif récurrent : les libellules. Je me souviens en avoir vu à l’exposition « 1900 » du Grand Palais. Dans la pénombre, avec des effets de miroir, toutes ces lampes précieuses font un ensemble extraordinaire. Tiffany est un Américain qui a saisi l’opportunité de la découverte de la lampe à incandescence d’Edison pour faire de la lampe électrique un objet d’art .Cette exposition cadre très bien dans notre programme « Art nouveau » ou Sécession prévu pour demain.

Hundertwasser

Hundertwasser maquettes

Le reste du musée est consacré à Hundertwasser : des maquettes présentent son travail d’architecte: des maisons d’habitation mais aussi une usine d’incinération (type de celle du Carrefour Pompadour)toute habillée de couleurs vives de mosaïques et de bulbes dorés.
Architecture écolo
Un village aux forme arrondies à moitié enterré sous des pelouses témoigne de la sensibilité écologique de l’auteur : la terre isolerait du froid comme de la chaleur, on marcherait sur les toits, ce serait la fin de l’architecture verticale, la maître d’œuvre y voit une nouvelle convivialité, également un traitement différent de l’eau.

peintre ou  plasticien?

En plus de cette utopie, nous découvrons un peintre, ou plutôt un plasticien, majeur. Comment nommer celui qui utilise plutôt la sérigraphie, la gravure, un graphiste ? un graveur ?? les titres sont amusants, un peu surréalistes, les couleurs, vives parfois criardes dans les épreuves de sérigraphie avec une utilisation d’encres métallisées, dorées argentées et même violet métallisé. La spirale est un motif récurrent ainsi que les gouttes qui traversent le tableau, gouttes de pluie, pluie de sang, larmes… Les arbres, parfois de simples boules vertes, surviennent dans des situations inattendues : un meuble, un portrait.

On devine une sensibilité écolo très forte, Hundertwasser semble traduire l’air du temps, quand j’examine les dates , je découvre un précurseur « Mehr grün » n’est pas un slogan politique des années 80, le tableau a trente ans de plus, un « garçon aux cheveux verts » baskets aux pieds, tellement actuel a presque 50 ans En tout cas son œuvre me touche beaucoup.  Les pluies de sang, flammes et cendres sont elles des réminiscences des années de guerre Hundertwasser a perdu une partie de sa famille dans les camps ou traduisent elles un état de guerre permanent à travers le monde ?

Selon la biographie de l’artiste (1928  – 2000), il a beaucoup voyagé, Paris, Japon, Nouvelle Zélande, il est d’ailleurs mort en mer à bord d’un paquebot. Curieuse idée d’inventer des drapeaux ! Pour Israël la moitié du Magen David au dessus d’un croissant vert allongé sur le même fond blanc, une curieuse spirale verte pour la Nouvelle Zélande, un rocher rouge sur fond bleu pour l’Australie.
La visite se déroule dans le calme, nous sommes presque les seules visiteuses. Il y a des bancs pour s’asseoir. Nous passons une excellente après midi.

Retour vers 7h30 à la pension Kraml après avoir acheté des poissons chez Nordsee (très chers pour un fast-food mais délicieux)

Vienne : Schoenbrunn

MITTELEUROPA 2001 -un mois en AUTRICHE, HONGRIE, CROATIE

Schoenbrunn

Le petit déjeuner buffet de la Pension est tout à fait roboratif avec plusieurs sortes de charcuteries, des petits pains variés des yaourts aux fruits. Il permet d’envisager un déjeuner tardif et léger .

Métro viennois

Le métro  nous mène à Schönbrunn en 3 stations. Les transports en commun viennois sont vraiment remarquables : rapides propres, fréquents et peu bondés. Avec notre Vienna card de 72 heures, nous ne nous privons pas et utilisons toutes les ressources du réseau, de plus ils sont équipés d’ascenseurs ou d’escaliers roulants.

Schönbrunn- Versailles

Schönbrunn est l’équivalent de Versailles : construit à la même époque, un parc à la française, un bassin de Neptune, un labyrinthe… la gloriette analogue à Trianon, une orangerie. Mais en moins beau.

Dans l’intimité des Habsbourg

François Joseph et Sissi

En revanche, l’intérieur est beaucoup mieux conservé et plus vivant. Ce palais a été habité jusqu’en 1918, il a conservé beaucoup plus de meubles et d’accessoires. Nous pénétrons dans l’intimité des Habsbourg dans les détails les plus triviaux (WC de François Joseph, salle de bain de Sissi). L’audio guide est très bien fait, le commentaire, agréable et intéressant.

A Schönbrunn donc, leçon d’histoire. Tout d’abord, François Joseph et Sissi, dans leur décor familier avec les journaux d’époque, la coiffeuse de Sissi, ses brosses, son pèse personne… la table est dressée pour leurs repas.

Avant cette visite, Vienne m’évoquait surtout la période 1900 avec Freud, Schnitzler, les intellectuels juifs ou les musiciens : Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Mahler? Schönberg dont les statues sont dispersées dans Vienne.

Schoenbrunn : la grotte

Marie Thérèse 1717 -1780

Marien Thérèse d’Autriche

Un  autre personnage essentiel que j’avais oublié : Marie Thérèse qui, en plus d’avoir embelli Schönbrunn, d’avoir gouverné l’empire d’une main de fer, a eu 16 enfants

Les appartements de François Joseph sont plutôt laids avec les murs tendus de marron, les meubles lourds (sauf un joli secrétaire arrondi). La partie du château de Marie Thérèse, en revanche, est très sophistiquée, les motifs chinois ou indiens sont délicats. Des aquarelles peintes par la famille royale sont encadrées dans de la porcelaine bleue. Tout cet ensemble rococo est extrêmement raffiné.

Le parc – la Gloriette

Schönbrunn : fontaine



Nous montons à la Gloriette dans le parc. Des touristes asiatiques très excentriques en chapeau de paille, auraient fait de beaux figurants sur une photo, je réagis trop tard. De la Gloriette, la vue sur Vienne est magnifique : Je reconnais la flèche du Stefansdom, de nombreux parcs et des collines boisées.

Parc botanique

Schoenbrunn : serres

Nous redescendons par le parc botanique avec des essences rares étiquetées. Notre carte d’entrée VIP très chère (175 ats) ne nous donne pas accès aux serres de la Palmeraie, dommage! nous passons par un joli jardin japonais aux structures de bambous et par la roseraie.

Chère saucisse!

Schoenbrunn : parc

Sur un banc devant les tonnelles, nous devons nous contenter du plus cher hot-dog de ma vie, tout ce qu’il y a de plus ordinaire !

 

 

L’inconnu du Grand Canal – Donna Leon

LIRE POUR VENISE

DL

Je suis une fan de Guido Brunetti, j’ai vu ses enfants grandir, j’ai partagé les repas gastronomiques préparés par Paola….la signorina Elettra, Vianello, Foa les équipiers du commissaire sont de vieilles connaissances. J’ai lu au moins 7 épisodes de la série.

Les enquêtes m’ont conduite dans les ruelles, les calli, les canaux et les places de Venise que notre enquêteur parcourt le plus souvent à pied au pas de la promenade. Les sujets abordés ont été variés , patriciens quand l’enquête touchait la famille de Paola, artistiques ou plus triviaux. Et chaque fois, j’étais enchantée de découvrir le Venise des vénitiens et pas celui des touristes. Enquêtes tranquilles pour prendre le temps de flâner.

Mais cette fois-ci, ce n’est plus de la promenade, l’enquête fait du sur-place, pendant les 100 premières page on tourne en rond, et même pas dans les canaux vénitiens, Guido traîne à la questure devant son nouvel ordinateur et quand il quitte enfin son bureau c’est pour aller à Mestre. Embouteillages et visite d’un abattoir – pas glamour du tout.

L’intrigue s’anime un peu dans la deuxième moitié du livre, je m’ennuie un peu moins mais la solution est téléphonée et je me doute bien à l’avance de ce que le commissaire va mettre au jour. Corruptions à tous les étages.

Beau final, original. Ne pas le louper en abandonnant trop tôt.

Arrivée à Vienne

MITTELEUROPA – 2001 –  un mois en AUTRICHE,  HONGRIE, CROATIE

Les musiciens en vitrine

Arrivée en Autriche   par une autoroute  encombrée de camions,  désagréable, mais bien roulante. Le Danube est très large et impressionnant. De part et d’autre la plaine du Danube est cultivée de maïs et de pommes de terre. Au loin, des montagnes se détachent.
A Passau le passage de la frontière est peu visible : même signalétique sur la route, rien d’évident du point de vue de la géographie, seul changement  : l’autoroute est enclose par un grillage comme chez nous.

L’arrivée sur Vienne surprend : nous roulions dans une montagne boisée de résineux quand la pancarte nous a surprises. Pas de banlieues ou de zones industrielles ! Nous entrons de plain pied dans la ville résidentielle. Nous trouvons en face d’un beau bâtiment jaune : Schönbrunn ! Nous n’avons pas le temps de réagir nous l’avons déjà dépassé. Dominique refuse de faire demi-tour et prétend faire « le tour du pâté de maison ». Ce qui fait un certain nombre de kilomètres quand la « maison » en question possède un parc comparable à celui de Versailles !

Pension Kraml

Pension Kraml

Après des embouteillages sur l’artère commerçante de Mariahilfer – réputée mais fort laide – nous trouvons finalement la Pension Kraml. Bonne pioche : la voiture sera garée à l’intérieur de la cour.
Notre chambre est très belle , vaste et meublée avec goût . C’est une adresse à recommander.

Pension Kraml cour

Vienna card

Il nous faut d’abord acquérir notre sésame : la « Vienna Pass » qui nous permettra de circuler gratuitement et d’obtenir des réductions dans les musées.  En vente dans les bureaux de tabac selon nos guides. Après en avoir visité 4, il faut se rendre à l’Office de tourisme . Nous arpentons Mariahilfer : magasins de fringues, c’est le moment des soldes, restauration rapide : MC Do, des pizzerias et une chaîne spécialisée dans le poisson Nordsee. Nous  ne mourront pas de faim !
A Karlplatz l’office de tourisme est introuvable. Marche à pied jusqu’à l’Opéra… A cinq heures seulement nous achetons la précieuse carte. Nous sommes flapies et optons donc pour le tour du Ring en tramway.

Tour du ring en Tramway

Tram viennois pour découvrir la ville

Reposant  et spectaculaire : toute une collection de monuments énormes et pompeux défilent devant nos yeux.»Historicisme » du règne  François Joseph. Copie de l’antiquité, une statue « chryséléphantine » de Minerve ressemblant à celle de l’université d’Athènes. Copie gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Un temple grec ionien. Théâtres très ornés. Palais énormes.  Même une caserne orientalisante! C’est pompier, pompeux, trop tout…Malgré de jolis jardins, le Ring ne réussit pas à nous séduire. C’est amusant de jouer  à reconnaître les bâtiments reproduits sur le guide Gallimard. Surtout agréable d’être assises !

Après le tour complet du Ring nous descendons visiter un parc : la statue de Mozart est en ravalement, devant elle une grande clé de sol en bégonias roses, encore du kitsch !

On a installé devant l’Hôtel de Ville un écran géant pour la  projection de films musicaux gratuits. Nous nous mêlons à une foule qui engloutit des nouilles dans des barquettes comme à Ratisbonne. L’attente de 3 heures avant la séance, nous décourage.

Les boutiques ferment tôt!

Recherche d’une carte de téléphone, d’urgence. Mariahilfer, si animée à 16 heures, est maintenant déserte alors qu’il est tout juste 19 heures. Tabacs fermés ainsi que la plupart des fast- food. Je suis bien déçue pour le dîner. . Il faudra se contenter des restes!

Vers l’Est : de Créteil à Ratisbonne

MITTELEUROPA 2001 – UN MOIS EN AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE 

Ratisbonne et le Danube

Vue de  l’autoroute : la forêt
Départ de Créteil 7h

Première surprise : des montgolfières  survolent la Montagne de Reims! La Lorraine est très boisée, nous ne quitterons la forêt que beaucoup plus tard, en Allemagne. Par la fréquence des sorties, nous devinons les villes et les activités industrielles (Opel, Bosch,…) sans jamais les voir.

Rhénanie : vignes

Vers Kaiserslautern nous roulons dans des vignes plantées dans le sens de la pente. Sommets sont assez pointus. Villages proprets au bas des côtes avec de jolies églises.

Ensuite :  vergers, champs de patates et de choux. Traversons le Rhin sur un pont haubané de filins d’acier très élégant. Passons dans le Bade Wurtemberg :un paysage de collines riantes en évitant les villes

Passons en Bavière.

Ratisbonne, clocher

 

15h15 : Ratisbonne.

La ville est fermée à la circulation automobile : c’est la fête. Une foule dense est rassemblée sur les bords du Danube et dans les petites rues aux façades multicolores. Partout, des fanfares en costume folklorique. Plus que la fête de la musique, c’est la fête de la bouffe : des tables en bois et des bancs sont installés sur toutes les places, dans les cours et dans les rues. Des stands proposent toutes sortes de nourriture : plats turcs, thaïs, pizzas, des nouilles dans des barquettes, des poissons grillés enfilés sur des bâtons.

Dans la cour de l’Evêché des serveurs apportent des bocks de bière et des portions de choucroute, un groupe de musiciens joue des airs folkloriques, les spectateurs sont d’âge très mûr. Image très « typisch » sortie d’un magazine touristique, qui mériterait la photo. Je me ravise, je n’ai vraiment aucune sympathie pour ces buveurs de bière. De l’autre côté du Danube des babas, rockers dans une sorte de foire moyenâgeuse me paraissent plus proches et moins suspects. Les chapeaux de feutre avec leur plume de faisan et lederhose m’effraient. Nous déambulons dans la foule, difficile de faire du tourisme dans une telle ambiance, les fumets des étals nous distraient des façades, impossible de nous livrer à notre habituel safari photo.
J’entre quand même dans la cathédrale gothique illuminée de beaux vitraux colorés et dans une autre église baroque –pas trop- avec un orgue orné d’angelots musiciens. Dominique, en bermuda n’entre pas dans les églises. Tout le monde est endimanché, quelques dames mûres arborent des tenues folkloriques : jupe longue froncée, corsage blanc à manches bouffantes et chaussettes blanches. A part un groupe de cyclotouristes en cuissards, personne n’est en short.

Ratisbonne nous laissera le souvenir d’une villes aux façades peintes en jaune, rose, vert pale, bleu, aux rues étroites bordées de maisons anciennes très variées certaines ornées de sculptures de la Vierge, d’autres de têtes grotesques, de styles et d’époques diverses : une bâtisse étroite comme une tour avec de petits balconnets à balustre rappelle la Toscane. Juste à côté, un hôtel  XVIIIème siècle peint en crème et orange, décoré de moulures délicates  avec des bow- windows carrés….

Pont sur le Danube

Le débit du Danube qui s’engouffre entre les piles du pont de pierre en tourbillonnant est impressionnant. On ne peut pas bien se rendre compte de sa largeur puisqu’il se divise en multiples bras, certains canalisés.
Mon rejet des bavarois en costume m’inquiète un peu pour la suite du voyage ;  difficile d’aborder une civilisation étrangère avec suspicion. En général, j’aime me laisser aller à la sympathie sinon ce n’est pas la peine !

 

Art Nouveau – Paul Greveillac – Gallimard

BUDAPEST 1896 – 1914

Rentrée littéraire 2020. J’ai trouvé la référence sur le blog de Matatoune.

Un  voyage livresque à Budapest m’a tenté et la réflexion sur lArchitecture m’intéresse! Il y a tout juste un an, à la Cité de l’Architecture,  j’ai visité l’Exposition Otto Wagner

J’aime beaucoup le style Art Nouveau que j’ai appris à connaître à Paris avec Guimard puis à Vienne, le mouvement Sécession, à Riga, et dans nombreuses villes hongroises. 

Le héros du roman, Lajos Ligeti,  jeune architecte viennois, arrive à Budapest lors de l’inauguration du métro par François Joseph. Il entre comme apprenti au cabinet d’architecte d’ Ödön Lechner, le célèbre bâtisseur de l’Institut de Géologie, de la Caisse d’Epargne de la Poste de Budapest, du Musée d’Art décoratif et de nombreux édifices Art Nouveau en Hongrie. Il rencontre tous ceux qui comptent dans le mouvement de la Sécession hongroise. Je me suis promenée avec grand plaisir dans le Budapest du Millenium. Le fonctionnement d’un cabinet d’architecte est raconté: dessin des plans, choix du matériel, début de l’architecture en béton, mais aussi intrigues pour obtenir les commandes…L’auteur décrit en détail les bâtiments construits ainsi que les maquettes de ceux qui ne seront pas retenus. 

La seconde partie du roman intitulée  Le Chevalier raconte les succès du cabinet de Ligeti et de son associé Barnabas Kocsis, conducteur de travaux. Quand les commandes de prestige viennent à manquer Ligeti dessine des pierres tombales ou des immeubles de rapport. Ce dernier est même décoré et fonde une famille. 

La chute viendra d’un projet pharaonique, un complexe industriel près de Prague. Jalousies et intrigues, nationalisme des tchèques dans l’Empire Austro-Hongrois qui va se déchirer – la Cacanie – Ligeti est juif, cela n’arrange rien. J’ai moins aimé cette partie qui fait la part belle aux tractations avec moins d’éléments concrets décrits. On visite à Vienne les réalisations d’Otto Wagner. On croise Egon Schiele, furtivement Belà Bartok. 

Il ne s’agit toutefois pas d’un traité d’architecture, mais bien d’une fiction. Ligeti emprunte beaucoup à son maître Ödön Lechner (qui lui, est bien réel). Il y a aussi une histoire d’amour, un destin tragique. Le style un peu trop recherché de Greveillac m’a parfois agacée : on ne pend pas ses vêtements à une patère, on les append.

Une lecture qui m’a donné envie de revenir à mes photos de Hongrie, et à mes carnets Mitteleuropa.

Mon père et ma mère – Aharon Appelfeld

LITTERATURE ISRAELIENNE

marc chagall

30

Le voyage de l’écriture ressemble, par bien des aspects, au voyage que je faisais en été avec mes parents pour me rendre dans la maison de mes grands-parents, dans les Carpates.

 

Un regard d’enfant est indispensable à tout acte créateur. Lorsque vous perdez l’enfant qui est en vous, la pensée
s’encroûte, effaçant insidieusement la surprise du premier regard ; la capacité créatrice diminue. Plus
grave encore : sans l’émerveillement de l’enfant, la pensée s’encombre de doutes, l’innocence bat en retraite,
tout est examiné à la loupe, tout devient contestable, et l’on se sent contrarié d’avoir simplement aligné des mots.

Je retrouve toujours avec un grand plaisir l’écriture nostalgique et intime d’Appelfeld qui, encore une fois, a choisi un enfant-narrateur pour évoquer ses souvenirs et un monde disparu. Mon père et ma mère se déroule pendant les vacances d’été 1938 sur les bord du Pruth (affluent du Danube) dans un pays qui a disparu  : la Bucovine, entre Roumanie et Ukraine, Czernowitz est maintenant ukrainienne. De nombreux juifs sont en villégiature à la veille de la catastrophe. Certains se baignent, bronzent, piqueniquent mais

Les rumeurs sur la guerre bruissaient dans le moindre recoin. On aurait cru que les gens étaient dans une cage
dont ils essayaient d’écarter les barreaux. Le fleuve coulait, prêt à accueillir encore de nombreuses personnes
sachant nager ou ramer, mais les gens couraient dans tous les sens.

Erwin, 10 ans 7 mois, fils unique, choyé par ses parents est curieux de cette société. L’auteur brosse des caractères originaux comme Rosa Klein qui lit les lignes de la main, ou Karl Koenig, l’écrivain, ou l’homme à la jambe coupée,  le docteur Zeiger,  d’autres plus ordinaires qui cancanent ou geignent.

Atmosphère idyllique dans la montagne après une chevauchée,  simplicité de ces Juifs paysans et pieux : les parents de la mère. Mais aussi un pogrom villageois, tentative d’extorsion du cocher ukrainien. Erwin redoute le retour à l’école sous la menace de Piotr. L’antisémitisme diffus est bien présent mais personne ne se doute de ce que la guerre apportera.

Un récit tout en finesse et en tendresse. Moins impressionnant  et tragique que Les partisans, Tsili ou Le garçon qui voulait dormir mais encore un grand livre.

La Femme Abandonnée – Honoré de Balzac

LECTURE COMMUNE

« La vicomtesse leva ses beaux yeux vers la corniche à laquelle sans doute elle confia tout ce que ne devait pas
entendre un inconnu. Une corniche est bien la plus douce, la plus soumise, la plus complaisante confidente que
les femmes puissent trouver dans les occasions où elles n’osent regarder leur interlocuteur. La corniche d’un
boudoir est une institution. N’est-ce pas un confessionnal, moins le prêtre ? »

Continuons d’explorer l’œuvre de Balzac ensemble, seule je m’y perdrais.

Je n’aurais jamais choisi par moi-même « La Femme Abandonnée » à cause du titre désespérant. Peu de femmes triomphantes au XIX ème siècle dans les romans écrits par des hommes, j’imagine la misogynie de l’époque.

Et pourtant c’est cet abandon qui justement a donné à Claire de Beauséant tout son charme, son mystère, qui ont attiré l’attention de Gaston de Nueil. Le jeune homme de 22 ans, est envoyé près de Bayeux pour sa convalescence après une maladie inflammatoire. La société qu’il fréquente est étriquée et vieillotte. Balzac qualifie une des famille de fossile, les « astres secondaires », plus occupés de leur cidre que de monarchie », deux ou trois vieilles filles et deux ou trois ecclésiastiques.

La somme d’intelligence amassée dans toutes ces têtes se compose d’une certaine quantité d’idées anciennes
auxquelles se mêlent quelques pensées nouvelles qui se brassent en commun tous les soirs. Semblables à l’eau
d’une petite anse, les phrases qui représentent ces idées ont leur flux et reflux quotidien, leur remous perpétuel,
exactement pareil : qui en entend aujourd’hui le vide retentissement l’entendra demain, dans un an, toujours.
Leurs arrêts immuablement portés sur les choses d’ici-bas forment une science traditionnelle à laquelle il n’est
au pouvoir de personne d’ajouter une goutte d’esprit. La vie de ces routinières personnes gravite dans une sphère
d’habitudes aussi incommutables que le sont leurs opinions religieuses, politiques, morales et littéraires.

Femme mariée qui a pris un amant, abandonnée par ce dernier, Madame de Beauséant vit recluse dans son domaine. Gaston de Nueil qui s’ennuie est intrigué par cette femme abandonnée 

Madame de Beauséant contrastait trop vivement avec les automates parmi lesquels il vivait depuis deux mois
d’exil au fond de la Normandie,

Contre toute attente, une passion lie Monsieur de Nueil et Madame de Beauséant. Ils filent le parfait amour pendant 9 ans. 

Mais les histoires d’amour finissent mal, en général… surtout quand la femme a dix ans de plus que son amant, et qu’elle n’est pas libre.

La chute est inattendue, mais je ne vous la révèlerai pas. Encore une fois Balzac a réussi à me surprendre dans cette courte nouvelle.

lire aussi chez Maggie

Dans la Forêt – Jean Hegland

APRES LA CATASTROPHE…..

Avant la pandémie de Covid, je lisais peu de dystopies, préférant les romans qui s’ancrent dans le réel.  La Science-Fiction m’agace . La réalité depuis quelques mois est devenue si bizarre que je me suis lancée dans la lecture de livres que j’aurais évités auparavant. 

Le peu de goût pour les romans post-apocalyptiques  m’a fait reculer la lecture de Dans la Forêt, malgré les critiques élogieuses des blogueuses que je lis. Qu’écrire après 598 critiques sur Babélio?

Sorti en 1996 en anglais, et en 2017 chez Gallmeister, il est d’une criante actualité. Je n’aurais jamais imaginé  l’Effondrement de notre civilisation envisageable dans un futur proche. Les survivalistes s’installant en autarcie au fond des forêts me semblaient de doux dingues. La forêt qui a brûlé en Californie, en Australie en Amazonie, les inondations ravageuses, les cyclones, les canicules et maintenant la pandémie sont-ils les préliminaires de la Catastrophe?

L’auteur ne décrit pas les circonstances de cette effondrement,  seulement les effets que  Nell et Eva perçoivent de loin : pannes d’électricité,  du téléphone, du carburant, fuite des habitants des villes, maladies mortelles….Les parents des deux jeunes filles ont acquis une maison en pleine forêt loin de la civilisation, ils n’ont pas scolarisé leurs filles, cultivent un potager, ont prévu une citerne et une récupération des eaux de pluies et du ruisseau. Elles sont moins tributaires que d’autres de la disparition  des services modernes. Pour elles, la catastrophe, c’est la perte  de leur mère morte du cancer, puis, quelques mois plus tard l’accident qui coûte la vie à leur père. Elles ont du bois, des conserves, un générateur pour tenir des mois. Le temps que la situation reviennent à la normale. Pensent-elles.

Le roman est le journal de bord de Nell, qui prépare les test d’entrée à Harvard. Il commence le jour de Noël quand sa sœur Eva lui a offert un cahier retrouvé derrière une commode. Les deux sœurs tentent de maintenir la routine quotidienne : Nell lit l’encyclopédie, Eva s’entraine à danser. Elles évoquent le temps « d’avant », leurs parents, leurs sorties…font l’inventaire des ressources. L’ancien amoureux de Nell partage quelques jours avec elles avant de lui proposer de rejoindre la Côte Est où – paraît-il – la vie normale serait revenue. Va-t-il séparer les deux sœurs? Nell laissera filer l’amoureux pour rester avec Eva. Alors que les vivres vont manquer, elle font revivre le potager.

On s’attache à ces deux jeunes femmes, à leur complicité, leur tendresse, leurs disputes parfois. On découvre avec elles toutes les richesses de la forêt qui devient nourricière. On rencontre aussi d’autres femmes – des indiennes – qui y ont survécu en solitaires.

Poétique, tendre, inventif….

J’ai adoré.

La fin, en revanche m’a un peu gênée. mais je n’en dirai pas plus.

 

 

Botticelli -Revue DADA, la première revue de l’art

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

 

REVUEDADA

 

J’ai gagné un joli cadeau à la dernière MASSE CRITIQUE une revue d’Art destinée « à toute la famille » . Illustrations de très bonne qualité et abondantes, plaisir de feuilleter encore et encore (et de retrouver la belle Simonetta que j’avais admirée dernièrement à Chantilly). Des chapitres courts et variés nous conduisent à Florence au Quattrocento, puis racontent l’apprentissage de Botticelli, comme orfèvre d’abord puis dans l’atelier de Filippo Lippi. Portraitiste , de beaux portraits illustrent la revue) . Il était une fois raconte les grandes œuvres religieuses,  ou mythologiques. Nous entrons ensuite Dans l’atelier de Botticelli où les secrets de fabrication sont dévoilés : œuvres en série, assistants qui peignent les parties moins importantes du tableau. Grands et petits pourront s’essayer en suivant les conseils du maître dans la réalisation des drapés ou des boucles, et même point par point réaliser un « poncif » en 6 étapes.

Et comme c’est une revue d’art : il y a aussi toute l’actualité des expositions importantes de 2020 (s’il n’y avait pas eu de confinement!).  Je chercherai le autres numéros.

Et si vous cherchez un cadeau de Noël pour les petits et les grands, pourquoi pas un abonnement?