Pizzo

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Pizzo : château aragonais

Pizzo, comme Tropea est construite sur la falaise dominant la mer. Au programme de la visite : le château aragonais où Murat fut fusillé en 1815, le fameux tartufo : truffe de chocolat glacé qu’on déguste sur les terrasses de la Place de la République et une grotte transformée en chapelle.

Le Centro storico est interdit aux voitures qu’il faut laisser au parking. Un parcours piétonnier est balisé par des sentes et escaliers. La ville est petite, j’arrive rapidement à la Fontaine Garibaldi – autre figure historique avec Murat. Garibaldi, ce n’est pas très original, j’ai même vu la maison où il a fait une sieste !

Dans les rues sans voitures, les habitants ont sorti des chaises sur le pas de la porte et installé de grosses potées de plantes vertes ou fleuries. Comme à Tropea, les porches des maisons et des palais sont sculptés et imposant. Quand ils sont en granite c’est souvent un bossage en pointe de diamant ; Devant le Palazzo Zimatore (hôtel) des jasmins grimpent à la façade et embaument.

Le Corso Garibaldi est animé avec quelques boutiques pour touristes avec des oignons de Tropéa en guirlandes avec les piments rouges de Calabre. Joaillerie à base de corail, des vêtements.  Les chaussures sont particulièrement bon marché. Il y a des sandales pour 20€ et des robes de plages pour 10€, si les valises étaient moins pleines, je me laisserais bien tenter.

La Piazza República est occupée par de belles terrasses où l’ont sert le fameux Tartuffo . Ce n’est pas l’heure, dommage.

Au fond, une petite esplanade avec une estrade pour les festivités. De là, la vue est belle sur le château et la mer.

Le petit château (50mx74mx38m) est situé en contrebas. Ses murs sont agrémentés de plantes qui égaient le granite gris. La première construction angevine ne comprenait que la grande tour et faisait partie du système de défense angevin contre les incursions des Sarrazins. Cent ans plus tard, Ferdinand d’Aragon a continué la fortification de nombreux châteaux de Calabre de 1481 à 1485 lui adjoignant deux tours rondes et des pièces d’artillerie. Une partie du château fut détruite par un séisme en 1783, reconstruit en 1790.

Le procès de Murat

L’épisode de la captivité de Joachim Murat. Succédant à Joseph Bonaparte comme Roi de Naples en 1806, Murat a refusé les conclusions du congrès de Vienne. De Corse, il organisa une expédition militaire pour reconquérir son royaume. Le 8 Octobre 1815, une flotte composée de 3 bâtiments aborda le rivage de Pizzo. Murat voulu se faire reconnaître de ses sujets « vous ne reconnaissez pas votre roi ? ». Il fut capturé et emprisonné. On a reconstitué la cellule où ses compagnons furent incarcérés, celle de Murat et la pièce où le tribunal a siégé. Murat, ayant refusé de comparaître à son procès, il fut condamné par contumace puis fusillé. On peut lire la lettre que Murat écrivit à Caroline Bonaparte, sa femme et à ses 4 enfants. J’aime bien visiter les lieux habités par une histoire.

Piedigrotta

La chapelle est située à 1km au nord de Pizzo. Un grand parking et un escalier sont aménagés. La légende raconte qu’en 1632, un navire venant de Naples transportant le tableau de la Madone fit naufrage pendant une tempête. L’équipage nagea ainsi que la cloche du bateau et le tableau. Malgré deux orages, la Madone retourna à la grotte. (j’ai déjà entendu une histoire similaire !)

Pizzo : piedigrotta

A la fin du 19ème siècle Angelo Baron a élargi la grotte et commencé à sculpter les statues. L’ensemble est saisissant dans le style naïf.

Au pied de la chapelle deux très jolis bassins ronds sont ourlés de sable blanc. L’eau est turquoise et me fait très envie.

PIzzo : piscines naturelles sous la Grotte

Nous allons chercher une plage avec un parking accessible, une terrasse ombragée. Nous remontons sur la S22 et nous trouvons tout de suite le restaurant qui est complètement vide ; je suis surprise qu’on nous accueille et que els plats figurant au menu soient servis. Les gnocchi et les langoustines sont nappés d’une sauce au curcuma savoureuse Les langoustines sont fendues en deux. Mes pâtes sont enveloppées dans une papillote géante en aluminium qui contient beaucoup plus de fruits de mers que pâtes (linguines) couteaux que ne n’avais jamais goûtés, un peu élastiques mais bons, de nombreuse peties palourdes (vongole) des moules , 4 crevettes roses et des poulpes très tendres.

 

 

 

 

Un jour à Lens

ESCAPADE NORDISTE

La Gare de Lens et son beffroi

1h10 de TGV : un saut de puce! Depuis longtemps, l’idée de visiter le Louvre-Lens faisait son chemin. 

Les mineurs mosaïque Gare de Lens

A la sortie du train, en Gare de Lens, je suis surprise :

Les terrils de Lens

me voici loin de la Région Parisienne, le paysage a changé, les maisons de brique, les terrils qui se profilent, l’accent des gens à qui je demande mon chemin. Me voici en voyage!

Street Art : mineur et foot

25 minutes à pied, à travers Lens et un parc arboré qui remplace le site minier. Je marche commodément sur ce qui était un chemin de fer : le Grand Cavalier, des panneaux jalonnent la promenade et rappellent le passé minier.

Le Louvre-Lens

Le musée construit par une agence japonaise, très contemporain, sobriété horizontalité, métal et verre, bordé par un parterre d’herbes folles et de fleurs jaunes. Au sol, des formes arrondies, des graviers noirs entourés de petits talus rappellent le charbon et l’emplacement des fosses. En face, la bande horizontale des corons. On a pensé à installer des transats de bois, classiques où je m’installe pour attendre l’ouverture à 10 h.

Louvre-Lens, parc et transats

L’exposition Homère qui a motivé mon voyage m’a occupée presque trois heures. J’en sors éblouie et je fais une pause3 à la cafétéria déjeuner (plats et surtout desserts très originaux).

Homère

La moitié du Louvre-Lens est occupée par la Galerie du Temps, promenade chronologique à travers l’Europe et le Moyen Orient (jusqu’en Iran) de l’Antiquité à la période classique. Chaque objet mérite qu’on s’y arrête. Il n’y a que des chefs-d’oeuvres. Mais l’exposition Homère m’a tant occupée que je n’ai plus le courage de prendre des notes: la synthèse est difficile aussi, tant il y a de temps et d’espace parcouru. Sur un blog ami j’ai trouvé un diaporama tout à fait extraordinaire. CLIC ICI.

Mithra

Il reste encore une exposition à ne pas manquer celle d‘Hicham Berrada.

Hicham Berrada

Lens vaut une promenade dépaysante avec ses maisons de briques, ses façades Art Déco, ses souvenirs ouvriers, maison des syndicats, maisons de bienfaisance. L’Office de Tourisme m’a donné un plan des façades remarquables en centre-ville et j’en profite pour faire les soldes.

Façades Art Déco

 

Tropea et autres plages

CARNET DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Tropea sur sa falaise

En suivant la côte tyrrhénienne nous avons vu de nombreuses stations balnéaires d’un tourisme familial sans prétention. Tropea, sur sa falaise, se distingue, jolie, chic, chère.

Ses rues piétonnes sont bordées de boutiques de luxe : épiceries de luxe alignant pâtes colorées, conserves gastronomiques. La spécialité des bijouteries est le corail rouge qui se décline en pendentifs, colliers de grosses perles, bracelets fins, boucles d’oreille, camées, chapelets et rosaires et même cornes pour écarter le mauvais œil. Jolie robes, foulards de mousseline, maillots de gains assortis à la robe, je me régale en faisant du lèche-vitrines.

Les oignons de Tropea

Dans les rues étroites je collectionne les photos de portes des palazzi 15ème, 17ème, 18ème siècle. Les belles demeures ont des entrées monumentales. J’aimerais bien entrer dans les cours souvent investies par des restaurants, ou B&B et je me contente des façades.

Au bout du Corso, un belvédère face à la mer et à Santa Maria dell’ Isola perchée sur son rocher,  encadrée par la mer turquoise. La cathédrale et le Musée diocésain ont belle allure en pierre claire  érodée qui laisse voir des frises . C’est une cathédrale normande du 12ème siècle de dimensions bien inférieures à celles de Bari ou de Trani. Tropea était une ville plus modeste. L’intérieur est dépouillé.

Palazzo avec son porche de collection

Après avoir flâné dans les ruelles, nous laissons la voiture dans le vaste parking au pied du rocher qui est bien encombré puisqu’il dessert deux plages : Marina dell’Isola et la Rochetta. Tout le monde se tasse à l’abri du rocher et il n’y a personne sur la longue plage battue par les vagues je grimpe à l’église qui me paraissait beaucoup plus imposante et presque prétentieuse vue de la ville. Quand j’y parviens, je découvre une église toute petite. Elle paraissait neuve, elle est très ancienne d’époque byzantine mais a été remaniée et très restaurée à la suite d’un séisme qui l’a endommagée au début du 20ème siècle. A l’arrière on a aménagé un jardin (entrée payante 2€). On peut s’y reposer de la montée en plein soleil et surtout jouir de la vue exceptionnelle sur la ville perchée sur sa haute falaise et sur les environs.  Les figuiers de barbarie sont des premiers plans du meilleur effet sur les photos.

La madonna dell’ Isola siur son rocher

Déjeuner sur notre terrasse au gite, des tranches d’espadon au poivre rose et des épinards. Cela change des pâtes ! Quelques longueurs à la piscine, et un peu d’internet au bar.

Nous allons chercher des plages sur la côte sud après avoir traversé les villages de Brivadi et de Ricadi à l’heure de la sieste ils sont déserts. Nous descendons par des lacets serrés à la baie de Santa Maria. La côte a été colonisée par els hôtels clubs qui accaparent les accès à la plage. Nous trouvons une place au parking Galea au-dessus du Scoglio Galea où se trouve le club de plongée. Comme je vois du monde dans l’eau, je me précipite. Les apparences sont trompeuses ; les baigneurs sont équipés de masques tubas et palmes, souvent en combinaison. Ils ont peint des numéros sur la peau. Il s’agit d’une sorte de compétition. Ce ne sont pas des baigneurs ordinaires ; Autre apparence : la bande de sable blanc s’arrête au niveau de l’eau,  en-dessous ce sont des rochers. J’aurais dû au moins chausser les chaussons. Au niveau de l’hôtel-club on a installé un cheminement sous-marin avec ds dalles qui sont des sacs remplis de sable. Sous le pied c’est agréable et doux, avec les vagues je ne suis pas sûre de retrouver ce chemin, par ailleurs, l’eau est peu profonde et j’ai peur de me râcler les jambes en nageant. Il existe un autre accès : une digue flottante construite avec des polygones plastiques avec une échelle ; un ruban rouge en barre l’entrée. Trempée mais un peu dépitée je renonce.

Nous partons à la recherche d’une autre plage, peut être plus abritée ou plus praticable. Une flèche blanche peinte en bleu indique Porticello. La Spiaggia Porticello figure sur la carte. Nous descendons une petite route bien pentue(plus de 30% d’après la signalisation routière) et très très étroite ; Pourvu que personne ne vienne à notre rencontre ! La petite route asphaltée devient chemin et zigzague dans la campagne. Enfin : une maison et en face un panneau peint sans doute par les occupants de la maison « NE PAS DESCENDRE PLUS LOIN EN VOITURE ! ». Il faut faire demi-tour, c’est étroit, pas impossible mais très pentu. Les pneus patinent et fument. La conductrice transpire. Je retiens mon souffle. La manœuvre est délicate. Enfin ! nous remontons, nous promettant de ne plus recommencer.

Et pourtant, une nouvelle petite route descendant à la mer nous tente. Hors carte détaillée. Petit parking. Un sentier franchit un petit pont et conduit sur le bord de l’eau à des maisons minuscules, presque des cabanes. Les rochers sont de granite ici avec des inclusions noires et des filons blancs. L’eau est tranquille dans la petite anse. Il suffirait de se laisser glisser sur les blocs ronds. Deux femmes flottent les pieds chaussés d’épaisses sandales de caoutchouc. Elles doivent connaitre la sortie ! A regrets, je ne les imite pas. De l’autre côté du parking, des gens se prélassent sur des fauteuils pliants sur une plage de galets. Impossible d’imaginer étendre une serviette : les galets sont très gros et très ronds.  Au fond de la plage des marches conduisent à la niche de la Madone, derrière une rambarde métallique sécurise un sentier qui va à une autre plage, jolie mais courte promenade. Une jeune femme plu hardie que moi remonte de l’eau et se sèche.

Nous terminons notre exploration par la plage qui se trouve au bas du Limoneto, là où se jette dans la mer un ruisseau plutôt trouble et malodorant : La Fumara Vaticana della Ruffa qui a entaillé la colline. De part et d’autre du ruisseau, des hôtels-clubs ont organisé la plage avec des chaises longues. Une sorte de digue protège un bassin où l’eau est très calme mais peu profonde. Avec des chaussons, on peut se tremper debout, nager un mètre ou deux mais pas plus. Il faudrait passer la vague et aller nager plus loin, personne ne le fait.  Encore une fois, je manque de hardiesse. Je pourrais terminer cette après-midi un peu frustrante à la piscine. Je préfère faire la lessive et lire sur la terrasse.

Pour dîner, concombre du jardin et ricotta.

Félix Fénéon – Les arts lointains au Quai Branly

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 29 septembre 2019

Fénéon par signac

En plus des collections permanentes, le Musée du quai Branly propose des expositions fort intéressantes, l’Exposition Félix Fénéon, Les Arts lointains, pourrait s’apparenter à La Peinture des Lointains ou Picasso Primitif. 

Félix Fénéon (1861 -1944) est un collectionneur, découvreur de talents et défenseur de l’art africain. Il est célébré cette année par plusieurs exposition, une à venir du 16  Octobre 2019 au 27 janvier  à l’Orangerie.

Ce collectionneur, critique, anarchiste est une personnalité attachante et cette exposition est une rencontre que j’espère bien approfondir !

Le Quai Branly a mis l’accent sur les collections exotiques et sur  la promotion de l' »Art Nègre » au début du 20ème  siècle comme l’a fait Apollinaire. Déjà, dès les années 1890, Fénéon dénonce les exactions de la colonisation. Il mène une enquête inédite « faut-il craindre l’immigration? » interviewe Jules Verne et Elisée Reclus. Plus tard en 1920, il fait une nouvelle enquête « seront-ils admis au Louvre? », les réponses seront partagées.

Lucie Cousturier

Autour de Fénéon, des artistes s’intéressent à l’Afrique : Lucie Cousturier achète en 1913, à Fréjus, une propriété proche du camp des tirailleurs sénégalais leur apprend à écrire et fait de beaux et émouvants portraits « des inconnus chez moi ». EmileCompard

La revue nègre : Joséphine Baker

expose grâce à Fénéon  et la Revue Nègre en 1926 .

poulie de métier à tisser

Fénéon le collectionneur, à côté de sa collection de peinture, il collectionne divers objets africains dont des objets d’usage quotidien comme les extraordinaires poulies de métier  à tisser.

Les statuettes sont présentées en compagnie des œuvres de peintres que Fénéon soutenait.

 

 

La côte tyrhénienne de Maratea à Tropea, arrivée à Ricadi

CARNET  DU MEZZOGIORNO (CALABRE)

Plages de Tropea

Les propriétaires ont eu la gentillesse de venir tôt.

Départ à 8h45, le GPS annonce 208 km et 3h20 de route. Simplissime , nous suivons la statale 18 le long du littoral et ne la quitterons qu’aux environs de Vibo Valentia.

Nous entrons en Calabre en franchissant le pont sur le Noce. La route est perchée dans la colline passe plusieurs galeries et ne redescend au niveau de la mer qu’à Scalea qui est une grosse agglomération. Entre Scalea et  Diamanti, nous roulons tout près de la côte rectiligne entre les résidences balnéaire (souvent décaties), les hôtels-clubs pas très chics, les installations de plage pour des vacances familiales et populaires. Les boutiques ont suspendu des bouées colorées, des flamands roses gonflables, des serviettes bariolées, des parasols multicolores, des chaises pliables en plastique criard. Tout un attirail balnéaire assez hideux mais joyeux anticipant des vacances ou des week-ends de détente ; Les établissements balnéaires ne font pas recette ; Les familles ont plutôt choisi d’emporter leur propre matériel sur le sable ou les galets. Une baignade ? propose Dominique. Personne dans l’eau, je ne suis pas tentée. Autant je me sens à l’aise dans une petite crique où l’eau est calme, autant je me méfie des grandes plages ouvertes s’il n’y a personne. La route remonte à flanc de colline vers les Belvédère Martino (le bien-nommé) Elle est proche des montagnes escarpées (2000 m de dénivelé en10 km à vol d’oiseau). Dès qu’il y a du relief et des rochers, le paysage devient plus intéressant. Jusqu’à Marina de Fuscaldo la SS18 est coincée entre villages et montagne.

Au milieu du trajet, il faut faire une pause. Pour retrouver la mer il « suffirait » de trouver une sortie sur la grande route et un tunnel sous la voie ferrée ; Théoriquement c’est simple, en pratique plus compliqué. Une urbanisation désorganisée barre l’accès aux plages. On emprunte des voies étroites encombrées de dépôts sauvages de toutes sortes de déchets et de sacs d’ordures qui occupent le bas-côté de la rue et débordent sur la chaussée. La Calabre semble avoir un problème avec les poubelles. Cela nous surprend d’autant plus qu’à Maratea nous nous étions heurtées à une sévère récolte différenciée avec 4 poubelles distinctes ; umido (compostable) dans un sac lui-même compostable, seco indifferenziato pour les emballages divers dont on ne sait que faire, plastique et canettes dans une troisième, et papiers-cartons dans la 4ème sans oublier le verre à part. Il nous semblait que tout était bien respecté, un jour sur deux pour les épluchures, un jour par semaine pour les autres déchets qui peuvent se garder sans fermenter. Il semblait que c’était bien respecté. Mon cœur écolo s’était réjoui d’une si belle organisation. Alors qu’ici, en bord de mer, des m3 de déchets s’accumulent ; les éboueurs ne semblent pas en grève, mais plutôt dépassés avec leurs petits camions. Les gros qui existent chez nous ne pourraient pas se faufiler dans les ruelles.

Pauses énervantes et peu reposantes. Nous renouvelons l’expérience près d’un aéroport. Ici ce sont les indications qui sont déficientes : on ne trouve la mer que des kilomètres plus loin après avoir erré dans une campagne déserte où poussent surtout des roseaux.

Vibo Valentia est un gros port qui se voit de loin avec des installations industrielles imposantes. 12h35, arrivée à Tropéa, pour trouver l’Office de Tourisme je branche Googlemaps qui nous conduit sans tenir compte es interdiction de circulation en centre-ville, je fonce à pied. ProLoco vient de fermer il y a 5 minutes !

Facile de trouver à Tropea un restaurant de plage, nous avons l’embarras du choix. L’Albatros fera l’affaire : belle terrasse en bois, tables carrées, nappes en tissu jaune en revanche menu plastifié traduit en deux langues pour les touristes. Pour les Italiens, il y a une ardoise qui propose des spécialités plus intéressantes. Le Maître d’hôtel est aux petits soins. Dominique commande un « filey » qui n’est pas du tout conforme à la description en anglais, pas de courgettes et d’aubergines grillées comme écrit mais des pâtes épaisses et courtes avec quelques légumes. Le serveur apporte deux assiettes au lieu d’une commandée. Les moules de l’ardoise sont cuisinées avec de l’ail et du persil et des tomates fraîches et des croutons, belles tranches de pain grillé.  C’est délicieux. Entourloupette avec l’addition, le maître d’hôtel embarque la monnaie(21€) que le serveur vient de rapporter. « C’est une blague ? », pas si sûr ! Il recommence la même opération à la table voisine où il y a des anglais.

La baignade des bien agréable ; Je savoure la vue sur la belle falaise claire, soubassement de la Ville Haute. Les installations de plage sont de bon goût. Une surprise, la pluie s’invite quand je nage. Cinq minutes de très grosses gouttes.

Il Limoneto : verger

Notre gîte, à la Résidence Il Limoneto, est à Ricadi dans un vallon creusé par un ruisseau dans la colline.  Il Limoneto est construit sur deux niveaux. En bas, la réception, le bar et la piscine et quelques appartements dans des immeubles plutôt miteux. 160 marches plus haut (mais on peut arriver en voiture) deux groupes d’immeubles d’un étage avec de petites terrasses carrelées, une table ronde et des chaises de jardin.

Une porte verte aux volets orientables s’ouvre sur un petit appartement : salle à manger/cuisine et une chambre à un grand lit et salle d’eau. Aucun décor superflu, murs blancs, mobilier fonctionnel, très simple. Tout le nécessaire y est, une gazinière avec 4 feux et des allumettes, casserole, poêle…La vaisselle est rangée dans l’égouttoir-placard au-dessus de l’évier typique des maisons méditerranéennes. Pas de torchon puisque la vaisselle sèche toute seule, rangée.

Charmante attention : dans un saladier, deux courgettes, deux concombres deux tomates et des oignons rouges du jardin.

Si aucun effort particulier n’est porté à la décoration intérieure le charme du Limoneto réside dans le jardin. Une rangée de bougainvillées rose-violet borde l’allée. Les massifs de lauriers roses taillés en boule ne sont pas encore fleuris, il y a plusieurs sortes de palmiers, cycas, yuccas et beaux arbres feuillus. Bordant notre balcon, les hibiscus ont été taillés avec précision, troncs épais, branches tordues, fleurs rouges ou jaunes. Avant de rejoindre notre maison je découvre une rangée de kiwis formant un tunnel, des orangers, des citronniers, tout un verger en face de notre terrasse.

Le jardin du bas, à l’étage de la piscine est un potager très soigné. En pleine terre poussent persil, courgettes et melons. Les propriétaires semblent experts en jardinage.

Il Limoneto : piscine

160 marches pour descendre à la piscine, rectangulaire, plutôt grande. Au bord de la piscine on peut capter la Wifi. Je surveille les données mobiles, je ne suis pas sûre de mon forfait. Pour nager, malheureusement, elle n’est pas très profonde dans le petit bain je manque de cogner mes genoux contre le carrelage

 

Révisions et Lectures : Roger II de Sicile Pierre Aubé

CARNET DU MEZZOGIORNO

J’aime bien ces jours de révisions qui permettent de profiter des lieux que nous avons découverts, de nous les approprier. Nous sommes donc retournées pour se baigner aux trois petites plages de Marina Maratea. Avec une mer d’huile, j’ai nagé jusqu’à l’intérieur de la grotte. Quel émerveillement.

Nous sommes allées directement au Lido di Roberto à Praia a Mare face à l’île Dino. La plage st plus jolie que dans ma première impression, je nage avec précaution entre les rochers, certains affleurent. .

Déjeuner sans surprise, nous avons commandé les mêmes plats.

Je lis Roger II de Sicile de Pierre Aubé : livre d’histoire plutôt difficile pour moi qui connais mal le Moyen Âge. L’auteur s’attache à décrire en détail tous les épisodes de la conquête du Mezzogiorno de de la Sicile par les Normands. Il nomme chaque chevalier. Il s’attache à montrer les subtils équilibres de pouvoirs entre Normands, Grecs et Arabes et rapports de force dans une géopolitique plus étendue : entre les papes, les empereurs romains-germaniques, les Normands, Venise….C’est passionnant.

Quand il raconte les luttes, les jalousie et les traîtrises29 entre les chevaliers normands, les deux papes et antipape Anaclet(1130-1138)et Innocent II , je m’y perds un peu. Je jubile quand il cite les villes où nous sommes passées : Bari, Trani, Taranto (où nous irons) mais aussi Palerme et même Mahdia et Sfax en Tunisie. Ce genre de lecture anime les châteaux et les églises normandes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Christophe Colomb et autres Cannibales – Jack D. Forbes

MASSE CRITIQUE de BABELIO

Encore une surprise de la Masse Critique! Je ne m’attendais pas du tout à lire cet essai , merci à Babélio et au Passager clandestin (l’éditeur).

Paru en français en 2018, cet ouvrage a connu diverses versions en anglais, la première en 1979, en 1992 puis révisée en 2008. Le texte est précédé de la Présentation de l’éditeur d’une trentaine de pages qui contextualise le texte en le résumant un peu trop à mon goût. On perd le plaisir de la découverte.

Dans l’introduction, l’auteur se pose les questions cruciales :

« ….pourquoi la culture dominante estelle animée d’une passion destructrice aussi atroce, aussi implacable, aussi démentielle, génocidaire, écocidaire, suicidaire? »

et, un peu plus loin:

«  Comment un groupe d’individus, quels qu’ils soient et quel que soit leur degré de folie et de stupidité peut-il arriver à détruire la plan_te sur laquelle il vit? »

Questions malheureusement d’une urgente actualité. 

Celui qui les pose se situe du côté des Amérindien, ce ceux que Christophe Colomb et les conquistadors ont décimé les tribus qu’ils considéraient « sauvages ». Pour Forbes, la sauvagerie, qu’il qualifie de cannibalisme, est du côté du colonisateur. Seule, la folie, la démence peut expliquer les méfaits de la colonisation. Et à cette démence, il donne nom wetiko. 

Si l’histoire est écrite par les vainqueurs (les colonisateurs) Forbes va écrire une autre histoire, du point de vue des colonisés, des exterminés, des Amérindiens, mais pas seulement.

Et, cette démence wetiko a des conséquences incalculables. Détruisant le rapport que les hommes ont à la Terre-mère, à la nature, les conséquences sont politiques et sociales, mais aussi religieuses, écologique, asservissant les « primitifs » et les femmes.

En 17 chapitres, l’auteur aborde aussi bien le cannibalisme « consommer la vie d’autrui » avec pour symptôme le plus flagrant, la colonisation, le génocide des Amérindien et l’esclavage. Il décrit le colonisateur comme brutal, cupide, arrogant. Il montre ensuite comment les peuples colonisés ont contribué à leur propre destruction en perdant leur culture et en se laissant européaniser. 

Il généralise son analyse au terrorisme. Les véritables terroristes ne sont peut-être pas ceux qu’on pense?

Par le même raisonnement il s’attaque au patriarcat « violence masculine, subordination féminine »

Sans oublier le rapport à la nature et à la problématique de l’écologie!

On ne peut que souscrire à cette analyse de la par des victimes de la colonisation.

Cependant, les bonnes intentions ne font pas toujours la meilleure littérature. Beaucoup de redites. Surtout le concept wetiko me semble un peu trop étendu. Une fois qu’on a constaté la folie, que fait-on? En revanche j’ai beaucoup aimé les passages faisant allusion aux mythes amérindiens, j’aurais aimé en apprendre plus.

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Rivello le jour de la fête de Saint Antoine de Padoue

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE)

Rivello, vu de la route

Ce matin par ciel couvert, il fait plus frais (23°C) les genets ne sentent rien. Rivello est le village que nous avons photographié de la route. La « forteresse » est une église grecque donc au plan de croix byzantine. Je n’arrive pas à y accéder : la route est barrée aux voitures et une palissade interdit le passage piétonnier.

Une rampe carrossable fait le tour du village. Quelques places de parkings se trouvent près d’un belvédère à l’ombre. J’entre dans le village par la Porte des jardins et découvre un véritable labyrinthe de ruelles et escaliers, passages étroits, marches qui descendent raide ; une véritable ville-fantôme. Je ne rencontre qu’un chat. Pourtant, les pots de fleurs, géraniums rouges et blancs potées de fougères, hortensias, les terrasses bien entretenues, les maisons crépies montre que le village est bien habité. Où sont les gens ? Vétusté ou séisme, certaines façades sont soutenues par des étais, portes et fenêtre sont encadrées par des poutres tandis que derrière tout s’écroule.

En montant, j’arrive devant la grande église Saint Nicolas de Bari au moment où les cloches sonnent dix heures. Un escalier double théâtral conduit à un porche baroque et à une belle porte en chêne, fermée. Un peu plus loin par une rampe on parvient à une chapelle dans la verdure au sommet de la colline.

Rivello vu du belvédère

Au lion, résonne une fanfare. Du haut du village, je cherche l’harmonie et la trouve : sur 5 rangs une fanfare défile en ordre militaire et barre la route principale dans la ville basse. Une procession se dirige vers le cloître Saint Antoine. Un petit groupe de musiciens la suit au son de la cornemuse et d’instruments traditionnel. Un chœur de femme prend le relais.

Les cierges de la procession

La procession porte quatre piles formées de cierges blancs rouge et jaunes qu’on aligne à ‘l’entrée de l’église. La fanfare joue encore ; la foule attend la messe de 11 heures. Voilà pourquoi le village était désert ! Tout le monde est ici. Il y a aussi le camion des légumes, une estrade pour les festivités, une table avec des nappes brodées au point de croix. Le 13 juin est la fête de Saint Antoine de Padoue.

J’entre dans la grande église blanche décorée avec des stucs assez discrets (église franciscaine) . Je ne prends pas le temps d’examiner les tableaux 18ème siècle. La statue de Saint Antoine est parée de fleurs. Avant que l’office ne commence nous entrons dans le cloître renommé et tout peint à fresques.

Histoire du cloître

Au 9ème -10ème siècle, suivant les invasions arabes de Sicile, des moines basiliens trouvent abri en Calabre et en Lucanie où ils installent une communauté. A Rivello, ils ont installé une petite église dédiée à St Giovanni, c’est le premier bâtiment du monastère actuel. Les bénédictins arrivèrent vers le 9ème  siècle introduisant le culte à Sainte Rosalie. Les Franciscains en 1260, ils construisirent le cloître en 1550.

Fresque du cloître

Les fresques sont l’œuvre de Giovanni et Girolamo Todisco, réalisées de 1559 à 1634. Les voûtes furent décorées par Girolamo avec des festons , feuilles, fruits et fleurs .

Au retour, nous nous arrêtons à Trechina que le GPS nous faisait toujours éviter. C’est plutôt une petite ville qu’un village. Le « centro storico » n’est pas si ancien que cela : une grande place avec une grande église sans charme particulier, la Villa communale, un jardin public occupe les deux côtés de la rue principale avec des arbres et es massifs de fleurs. Plusieurs glaciers et pizzerias s’y sont installés. Cela doit être bien animé le soir.

les plages au sud de Maratea

CARNET DU MEZZOGIORNO (BASILICATE- CALABRE)

Dépassant la Plage Noire, nous explorons chacune des petites criques au pied des falaises. Le panneau Sette Ponti/Cala citro, conduit à  un restaurant dans une petite calanque étroite entre des rochers clairs, minuscule plage au bout d’un fjord vert clair dans les rochers. Le restaurant est luxueux sous l’ombre épaisse de grands chênes. Pas de menu affiché, ni de prix. D’ailleurs ce n’est pas l’heure.

Quittant la statale 16 pour passer sous la voie ferrée à côté de la gare de Marina de Maratea  nous trouvons de minuscules et très jolies criques séparées par des rochers. De la route, on descend au Lido de Tarzan par de nombreuses marches : établissement classieux, pelouse verte lits beiges, sable grossier gris. Des rochers noirs isolent une autre plage plus loin avec le Lido des Pirates (sorte de bateau à voile coincé contre la falaise à l’écart). De l’autre côté, le restaurant La Bussola a déjà déplié lits et parasols sur plusieurs niveaux tellement serrés qu’on ne voit plus la plage. La navette d’un hôtel y a déversé ses nombreux touristes. Du parking, une petite allée se faufile entre des haies et des grillages pour parvenir à une jolie plage tranquille abritée entre deux bancs de rochers noirs. L’eau est transparente, menthe glaciale. Je nage tranquillement jusqu’au large sous le ballet gracieux des hirondelles qui ont investi une grotte. Arrivée dans la mer libre, j’hésite à contourner les rochers pour rejoindre la plage de la Bussola. Nager vers le large a été très facile, revenir un peu plus difficile, une houle imperceptible mais bien présente contraire mes efforts.

Je retourne sur les autres plages, rassurée par la présence d’autres baigneurs ?

Sur la statale 16, en corniche, il y a peu d’occasions de s’arrêter pour admirer le paysage. Au dernier parking, nous découvrons une petite île et le bras de mer de la Secca au pied d’une grosse tour ruinée.

De l’autre côté du cap, changement total de morphologie : la côte est plate et rectiligne à l’embouchure du fleuve Noce à Castrocucco. Changement du paysage : au lieu des montagnes abrupts du Golfe de Policastro, une plaine cultivée avec des serres (en mauvais état, elles paraissent abandonnées). Les lidi ont colonisé la longue et large plage de sable. On a installé des piquets pour tendre les filets qui feront de l’ombre aux parkings. De petits bars de plage exploitent les installations balnéaires : parasols et lettini. C’est encore trop tôt dans la saison, les plagistes sont plus nombreux que les estivants. Les bars ne proposC’esent que des rafraîchissements, des glaces et des chips. Rien pour déjeuner. Dommage ! De grands campings occupent l’espace compris entre la plage et la voie ferrée.

Le fleuve Noce fait la limite du Basilicate et de la Calabre. Nous avons quitté la Statale 16 perchée sur un haut viaduc pour entrer dans les agglomérations, Tortora puis Praia a mare, pas très chic si on compare à Maratea. Sur le bord de la rue des magasins vendent des articles de plage très ordinaires (3€ le parasol pour le pare-brise de la Polo, chez un Chinois) . Le lungomare n’est pas très brillant (ou plutôt il l’est trop) avec des installations voyantes aux couleurs criardes, des jeux pour enfants en structures gonflables, des centaines de parasols repliés aujourd’hui qui n’attendent que la saison pour se déployer et cacher le sable. Cela ne fait pas tellement envie.

Praia a mare Lido di Roberto

Au bout de la très longue plage de Praia a Mare, il y a une tour carrée, un bosquet de pins et en face une petite île. Après avoir contourné le petit cap nous trouvons enfin ce que nous cherchons : un restaurant avec une terrasse confortable, bien à l’ombre donnant sur une plage agréable. Les rochers du cap cassent l’ennui des plages interminables que nous venons de longer. Sable gris-noir en très gros graviers. C’est amusant de nager entre les rochers. Des jeunes plongent. Je découvre la Tour Fiuzzo (18ème siècle) et l’Isola di Dino où Ulysse et ses compagnons auraient fait escale et, surtout la Grotta Azzura. En me retournant vers la terre, je découvre un joli château normand (12ème – 13ème siècle) avec deux tours rondes bien conservées dans un bouquet de pins. Plus haut sur la colline un village de vacances a des façades bien colorées et un curieux bâtiment circulaire. De loin les couleurs sont gaies.  De près, tout ce ciment nous effraie. Le train entre dans une galerie, cela m’amuse.

Menu très réduit (juin encore) friture de crevettes, poupes minuscules, anneaux de calamar pour moi, escalope milanaise pour Dominique, une vraie escalope de veau bien rose et très fine.

La petite église Piedigrotta

Praia a Mare la petite église Piedigrotta

Après plusieurs baignades et un café serré nous partons à la recherche de la petite église jaune entrevue sur la route ; toute petite, mignonne, blottie dans la falaise. Comment la retrouver ? Nous ne savons ni son nom ni même la ville où elle se trouve. Tortora ou Praia a Mare, peut être Castrocucco ? Nous montons sur la Statale qui domine le paysage, pensant l’apercevoir. Invisible. Du Lungomare aussi. J’arrive à douter de son existence. Pourtant nous l’avons vue toutes les deux ! Nous montons au Centro storico , logiquement les églises anciennes devraient s’y trouver, passons devant un Parc archéologique qui aurait pu m’intéresser. Passons le fleuve Noce espérant avoir une vue dégagée…Retour à Tortora. Finalement au détour d’une rue au centre de Praia a Mare, la voilà ! Je fais une photo pour la montrer aux passants à qui je demanderai notre route. Justement le nom de la rue Via Grotta et l’église Piedigrotta !

Bie sûr il faut monter à pied une rampe de galets qui passe sous des arbres (c’est bien agréable par cette chaleur). La chapelle est fermée.

Selon le Guide Bleu (p542)  c’est Le santuario della madona delle Grotta : « 1326, sous la pression des matelots, le capitaine fut contraint de débarquer la statue de la Vierge qui était à son bord. Placée dans une église voisine, la statue revint miraculeusement dans la grotte où l’avait laissée le capitaine… »

Nous rentrons par une artère agréable bordée de belles maisons, de magasins et de banques ombragée de grands arbres qui change complètement de la mauvaise impression que nous avions ce matin de Praia a Mare. Il suffisait de se décaler d’une rue pour découvrir els beaux quartiers et, encore une fois, se méfier des jugements rapides. Finalement Praia a Mare mérite bien ses deux étoiles au Guide Bleu !

 

 

 

 

 

 

 

 

le site de Grumentum

CARNET DU MEZZOGIORNO(BASILICATE)

Le site de Grumentum

Grumentum est l’unique site archéologique des environs. Sa visite est recommandée par le Guide Bleu et le Guide Vert. Nous avons visité des sites romains, du Maroc à la Jordanie, en passant par la Bulgarie, la Tunisie…Même un peu éloigné, Grumentum mérite la visite!

Nous aurions pu y passer en quittant Padula, proche, hier. Mais La Chartreuse de Padula était une grosse visite .

Nous avons repris la  SP3 sous les chênes près de Maratea, forêt touffue. Plus haut il y a surtout des châtaigniers avec des noisetiers (ou des charmes) et des acacias en fleurs. Les crêtes rocheuses sont entourées de prés, encore verts en cette saison, qui me rappellent le Dévoluy. Quand la route sort de la forêt, les genêts en gros buissons délivrent leur parfum puissant. Je me grise de ces senteurs comme l’an passé à Naxos. Juin est le mois idéal autour de la Méditerranée. Avec la chaleur, les fleurs exhalent des parfums puissants et la nature n’est pas encore grillée par l’été ? Les bas côtés des routes resplendissent avec les sauges bleues, les cistes roses.

Sur la carte, le trajet semblait facile, SP585 SS 19, SS 103 et nous avons le Navigatore si nous nous perdons.

Jusqu’à Rivello, sur la Statale 585, tout va bien. Aux abords de Lagonegro tout se complique. Lagonegro est une petite ville perchée.Des ponts très hauts franchissent des ravins. Là, Madame Navigatore se met à dire n’importe quoi. Nous passons le Noce arrivons sur une petite route qui passe sous l’autoroute. Un raccourci ? brusquement les ordres se contredisent, « à droite » « à gauche » nous nous retrouvons sur le même viaduc en direction de Maratea. Nous  repassons sur ce même viaduc arrivons à Lagonegro, ville tout à fait inadaptée au trafic automobile. Les commerçants qu’on interroge sont dubitatifs. Ils n’ont jamais entendu parler de Grumentum. Selon eux il faut prendre l’autoroute et sortir à Castelbueno. On s’entête et se retrouve sur la statale 19 – droite sur le papier mais qui tortille dans la réalité. Le paysage est montagneux la route monte et descend.  Seul avantage ! avec l’altitude, il fait plus frais. Quand enfin nous atteignons Montesano nous avons roulé 2h et sommes à bout de patience. Ma confiance dans le Navigatore s’est érodée.

11 heures,  nous arrivons sur le site de Grumentum envahi par une  végétation luxuriante. Deux jardiniers tentent de dégager le parking à la débroussailleuse. La saison touristique n’a pas encore commencé. « Pour les tickets s’adresser au Musée ! « .

Musée de Grumentum

Au musée, personne au guichet, il faut sonner. Le musée est vaste, moderne, sur trois niveaux : Préhistoire, période Grecque et Hellénistique, période romaine. Musée riche en panneaux (italien exclusivement) mais pauvre en objets.

La Vallée de l’Agri est peuplée depuis le Paléolithique. A l’âge de Bronze, les hommes vivaient essentiellement d’activités pastorales. On a retrouvé sur divers sites des restes de céramique noire (beaucoup moins qu’à Pulo) . Une vitrine contient des fossiles : dents d’Elephas antiquus (éléphant à défenses droites qui ont peut-être été chassés par des hommes).

De la période grecque ou hellénistique : des céramiques provenant de diverses nécropoles de la région. Une ferme lucanienne a été reconstituée (photo sur un panneau) . Certains vases sont beaux. Un sanctuaire à Artemis, une autre divinité féminine recelait de nombreuses statuettes féminines en terre cuite.

La période romaine offre plus à voir : des mosaïques(géométriques en noir et blanc) quelques marbres, deux nymphes sans tête, un torse de Dionysos, Aphrodite et un dauphin portant Eros (ou plutôt les jambes d’Aphrodite un dauphin et un morceau d’Eros) . Urnes funéraires grossières ; Une collection numismatique (à réserver aux numismates spécialistes). Les fouilles de la villa de Caius Bruttus Praesens  ont livré des pressoirs à huile, des citernes, un pressoir à vin, des poids de métier à tisser. On présume que l’exploitation pratiquait l’élevage ovi-caprin et  tissait la laine.

Musée décevant pour les objets. Les panneaux préparent à la visite du site (très détaillés).

Le site de Grumentum

Dalles antique et floraison sauvage

Sous l’abondante végétation, je ne retrouve rien. Je suis plus attentive à regarder où je mets mes pieds qu’à imaginer une ville perdue. Les lézards bruissent tout près de moi. Qui dit vieilles pierres, dit aussi vipères…je ne voudrais pas en rencontrer une de trop près.

Le théâtre  a des beaux restes. Il a été reconstruit en bois pour voir y présenter des représentations actuelles. Les vestiges sont occultés par les planches. Derrière se trouve une estrade de pierre, sans doute le temple A dédié au jeune Harpocrate, un dieu égyptien dont le culte remonte à la période hellénistique. Une rue est bordée de colonnes. La Maison des mosaïques mériterait un sérieux désherbage !

orchidées

Les panneaux étaient très complets à l’intérieur du Musée, ils brillent par leur absence sur le site. Seules quelques flèches indiquent la direction de monuments énigmatiques. Enfin un écriteau! Bien décevant : « Interdit de monter sur les murs ! »Malgré notre longue expérience de sites antiques je ne retrouve pas grand-chose. L’amphithéâtre est le monument le plus spectaculaire mais il se trouve enfermé derrière un grillage de l’autre côté de la route.

En revanche, la promenade sur les grosses dalles de la via romaine est très plaisante et se transforme en promenade botanique quand je découvre au moins 4 variétés d’orchidées, blanches magnifique, ophrys abeille, des fleurs d’ail en grosses boules blanches et mauves ? Les cerisiers portent des cerises ? La luzerne est en fleur. Au lieu de photographier les ruines, je m’intéresse aux fleurs.

Le village de Grumento Nova

A la recherche d’un restaurant : l’agriturismo, à l’entrée du site est fermé. Au village de Grumento Nova, perché sur la colline, nous ne trouvons rien. Rien non plus dans les villages que nous traversons. Les restaurants routiers sur le bord de la statale 19 ne nous inspirent pas.

Tant pis si c’est tard, nous déjeunerons à la mer à la même pizzeria qu’hier. On nous reconnaît. Ils nous servent malgré l’heure tardive (il est passé 15h). Spaghetti aux anchois et au fenouil. Très bon choix ; En fait de fenouil, ce sont les fanes qui sont cuisinés au beurre. L’imagination des Italien en matière de pâte est illimitée. Pourquoi se contenter de carbonara ou bolognese ?

« A  la cuisine ferme à 16 h, mais vous pouvez rester tout le temps que vous voulez et même faire la sieste sur les lits de plage » propose la dame. Belle baignade, aujourd’hui ne dépasse l’église et nage jusqu’au kiosque.